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Full text of "Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, Guberet"

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HARVARD    UNIVERSITY 


L  1 B  R  A  R  V 

PEABODY  MUSEUM  OF  AMERICAN 
AEOHiEOLOGY  AND  ETHNOLOGY. 


keceivéd    IJO^      UO  6" 


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MÉMOIRES 


DE  LA 


JN[aTOI(ELLES    &   y^^I^CHÉOLOGIQUËS 


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Za  Société  n'entend-  être  responsable  ni  des  opinions 
émises  par  les  auteurs  des  Mémoires,  ni  de  la  forme  de  leur 
rédaction. 

MM.  les  Membres  de  la  Société  sont  priés  d'adresser  au 
Président,  avant  le  \^^  Avril,  les  Mémoires  qu'ils  se  propo- 
seraient de  faire  insérer  dans  le  BULLETIN. 


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MÉMOIRES 


DE    LA 


fÎATURELLES     &    y^RCHÉOLOGIQUES 


FONDÉE  EN    1832 


DEUXIÈME   SERIE.  —  TOME  NEUVIÈME 

(XIV«  de  la  Colleotion) 

PREMIÈRE       PARTIE 


Gî^è>^ 


hT"^ 


GUÊRET 
Imprimerie  P.  AMIAULT,  Place  du  Marché. 

1903 


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s OMTÉ  DE  Ia  IeUILLABE 


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CHAPITRE  VII.  —  Les  seigneurs,  puis  comtes 
DE  LA  Feuillade  (sutie) 

XII.—  François  I  d'Aubusson,  chevalier^  seigneur  de  la  Feuillade, 
de  Pellelanges,  de  Youhet,  du  Soulier  ou  de  Solier,  est  ainsi  dési*- 
gnè  au  procès-verbal  de  rassemblée  de  Tarrière-ban  de  la  province 
de  la  Murcbe  lenue  à  Guérel  le  6  juillet  1553,  parmi  ceux  choisis 
pour  servir  :  «  Le  seigneur  de  la  Feuillade,  pour  servir  et  fournir 
d'homme  en  estai  de  sallade  et  cheval  légier,  de  son  chief  et  pour 
la  valieur  de  ses  flefs  »  (1).  Il  était  guidon  d'une  compagnie  d'hom- 
mes d'armes  des  ordonnances  du  roi,  lorsque  Honoré  de  T^ge, 
seigneur  de  Puylaurens,  son  beau-frère,  lui  donna  quittance,  par 
acte  du  19  décembre  1569,  de  la  somme  de  cinq  cents  livres,  pour 
solde  des  quatre  mille  livres  qui  avaient  été  promises  en  dut  i  Anne 
d'Aubusson  par  Jacqueline  de  Dienne,  sa  mère,  à  condition  que 
ladite  Anne  d'Aubusson  renoncerait  à  tous  les  droits  qu*elle  pouvait 
prétendre  eu  la  succession  de  Jean  d'Aubusson,  son  père,  et  en 
celles  de  Jean  d'Aubusson  et  de  Jeanne  de  Vouhet,  ses  aïeoi  pa- 
ternels (2). 

Le  15  mars  1879,  François  d'Aubursoii  fut  désigné  par  Jeaii  de 
Dienne,  dans  son  testament,  comme  son  exécution  testamentaire  (3). 

(1)  Mémoires  de  la  Société  des  Sciences  Naturelles  et  Archéologiques 
de  la  Creuse  II,  135. 

(2)  Nobiliaire  du  Limousin  I,  4. 

(8)  Bouillet,  Nobiliaire  d'Auvergne  11,848. 


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—  c  — 

On  le  trouve  en  1580  conseiller  et  chambellan  de  François  de 
France,  duc  d*Anjou.  Le  23  juin  1586  il  était  tuteur  des  enfants 
mineurs  de  feu  François  de  La  Trémoille,  chevalier»  seigneur  de 
Fontmorand  (1). 

En  1588  il  se  trouvait  aux  Etats-Généraux  tenus  à  Blois  comme 
député  de  la  noblesse  de  la  sénéchaussée  de  la  Haute-Marche  (2). 
Au  mois  d'août  1591JI  fut  envoyé  à  Bourges  par  le  duc  de  Mayenne 
pour  féliciter  le  duc  de  Guise  sur  son  évasion  du  château  de  Tours, 
où  il  était  prisonnier  (3). 

François  d'Aubusson  était  chevalier  de  Tordre  du  roi,  gentilhom- 
me ordinaire  de  sa  chambre,  lorsqu'il  reçut  le  7  août  1600  son  acte 
d'indemnité  de  Guillaume  Pot,  seigneur  de  Rhodes,  son  beau-frère, 
prévôt  des  ordres  du  roi  et  grand-mailre  des  cérémonies  de  France. 
Le  3  septembre  1609  il  donna  quittance  à  Jehan  Bonnet,  notaire 
royal  à  Chastaing,  dt-s  lods  et  ventes  d'une  acquisition  faite  par  ce 
dernier,  et  ne  pouvant  signer  «  à  cause  de  la  débilité  de  sa  veue  », 
il  fit  signer  dame  Louise  Pot,  sa  femme. 

Le  25  avril  1610  ce  seigneur  rendit  au  roi  aveu  et  dénombrement 
de  la  terre  et  seigneurie  de  La  Feuillade,  mouvante  du  comté  de  la 
Marche  et  de  la  châlellenie  d'Aubusson,  mais  il  ne  put  signer  l'acte 
pour  cause  d'indisposition  et  sa  sœur  signa  pour  lui. 

François  1  d'Aubusson  mourut  le  21  mai  1611,  laissant  un  testa- 
ment du  12  juillet  1607.  Il  signait  :  «  Daubusson  ». 

Il  avait  épousé,  par  contrat  du  30  juillet  1554,  Louise  Pot,  fille  de 
Jean  Pot,  chevalier,  seigneur  de  Rhodes,  Chemeaux,  Hontceaux» 
Gendreville,  Menotou,  Salle,  grand  -  maître  des  cérémonies  de 
France,  premier  écuyer  tranchant  du  roi  et  porte-cornette  blanche, 
et  de  Georgette  de  Balsac,  dame  de  Saint-Chamant,  en  Auvergne. 
Le  15  juin  1605  lesdits  époux  léguèrent  une  rente  de  seigle  à  une 
chapelle  qu'ils  avaient  fait  élever  joignant  l'église  de  Vouhet.  Après 

(1)  Beauchet-Filleau,  Dieiionnaire  Historique  et  Généalogique  des 
Familles  du  Poitou  I,  160. 

(2)  Poulbrière,  Les  Députés  du  Limousin  et  de  la  Marche, 
(S)  Nobiliaire  du  Limousin  I,  60. 


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—  7  — 

la  morl  de  son  mari,  Louise  Pot  augmenta  encore  cette  dotation  (1), 
En  1613,  elle  demeurait  au  château  de  VouheL  Elle  signait  t 
((  Loyse  Pot  ». 

De  ce  mariage  naquirent  : 

i*^  Georges  I,  qui  suit; 

2o  Guillaume  d'Âubusson  de  la  Feuiliade,  chevalier,  seigneur  de 
Soliers  ou  Souliers,  qui  épousa  :  1^  Louise  de  La  Trëmoflle,  dame 
deChâtelet,  de  Chassingrimont,  de  Honimes  et  de  la  [leiiousière, 
fille  de  François  de  La  Trémoille,  seigneur  de  FoiUmorand,  de 
Châtelet  et  de  Chassingrimont,  et  de  Marguerite  Pot,  ilame  de 
Chassingrimont;  i""  Avant  1630  Jeanne  du  Brudieu  ou  de  Ditdieui 
fille  de  Gaspard  de  Laage  du  Brudieu  ou  Bridieu,  ècuyer,  seigjieur 
de  TÂge,  du  Brudieu  et  de  Feydet,  baron  de  Giat  en  partie,  et  de 
Charlotte  de  La  Faye;  suivant  partage  avec  son  frère  Gaurges  du 
19  novembre  1613,  il  lui  fut  attribué  la  terre  et  seigneurie  de 
Soliers  on  Souliers,  en  Basse-Marche  (2)  ;  il  fut  la  tige  de  la  branche 
des  seigneurs  de  Chassiugrinioiit,  qui  s^éteigoit  en  1675; 

3»  François  d'Âubusson  de  la  Feuiliade,  prévôt  cottventuel  de 
Sainl-BenoIst-du-Sault,  au  diocèse  de  Bourges,  depuis  reljgieui 
recollet  sous  le  nom  de  Pierre  Raphaël  ; 

4"^  Robert  d'Aubusson  de  la  Feuiliade,  prieur  de  Dutiet  et  de  la 
Charpaigne  en  i60S,  prévôt  de  Téglise  collégiale  de  Sciint-UenoIU 
du-Sault,  par  résignation  de  son  frère  en  1619,  conseilter  du  roi  et 
son  aumônier,  abbaye  commendataire  de  Tabbaye  du  Palais-Saînte- 
Uarie  le  M  décembre  1623;  il  assista  le  16  deceiubre  163Ï  au 
contrat  de  mariage  de  Charles  de  Pierrebufflère,  fils  du  seigneur 
de  Runger,  Tandu,  en  Berry,  avec  Calherine-Arabroise  d'Âubusscn, 
fille  de  François  d*Aubusson,  seigneur  de  Poux,  et  de  Jeanne- 
Suzanne  de  Froment;  le  18  août  1645,  au  lieu  noble  du  Palais- 
Sainte-Marie,  il  déclare,  pour  obéir  à  Tordonnance  de  S.  M^  le 
revenu  de  Tabbaye  du  Palais  :  il  prend  quarante-cinq  seliers  sur  la 

(1)  Beauchet-Filleau,  Dictionnaire  Historique  et  Généalûgiqua  du 
Famille»  du  Poitou  1, 160. 

(3)  La  Cbe»naye-DeâbQi8)  Dictionnaire  de  la  Noblme  I,  937. 


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-8  - 

revenu  du  grand-prieur  d'Auvergne,  soixante-dix  qnaites  de  fro- 
ment, plus  certaine  rente  sur  le  village  du  Mont,  qui  aurait  appar- 
lenu  à  ladite  abbaye  (i)  ;  mort  en  septembre  1651  ; 

5o  Hardouin  d'Âubusson  de  la  Feuillade,  chevalier  de  Saint-Jean- 
de-Jérusalem,  commandeur  de  Sainte-Anne  en  162i;son  père  lui 
avait  légué  par  testament  quatre  cent  cinquante  livres  de  pension 
payables  par  Georges  et  Guillaume,  ses  frères,  jusqu'à  ce  qu'il 
fut  pourvu  d'une  commanderie  de  l'ordre  de  Malte;  tué  au  combat 
de  Casteluaudary  le  1«'  octobre  163i  ; 

6"*  Anne  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  mariée  :  1"*  le  27  août  1580 
à  François  Faulcon,  écuyer,  seigneur  de  Saint-Pardoux,  fils  de 
François  Faulcon,  chevalier,  seigneur  de  Saint-Pardoux,  Chasseneuil, 
chevalier  de  l'ordre  du  roi,  et  de  Jeanne  Frolier  de  la  Messeiière, 
qui  mourut  jeune  (2)  ;  "i*"  par  contrat  du  12  novembre  1580,  à  Rigal 
ou  Kigaud  de  Scorailles,  seigneur  de  Roussiile  et  de  Philippie,  en 
Limousin,  chevalier  de  Tordre  du  roi,  fils  d'Antoine  de  Scorailles, 
seigneur  de  Roussiile  et  de  Montpensier,  et  d^Anne  de  Sedières, 
lequel  donna  le  10  juillei  lt07  quittance  à  son  beau-frère  du  reli- 
quat de  la  dot  de  sa  femme  ;  elle  testa  le  18  octobre  1631  (3)  ; 

1"*  Madeleine  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  mariée  par  contrat  du 
25  janvier  1587  à  Gabriel  de  Soudeilles,  seigneur  de  Lieulrec,  de 
Fessac,  de  Senales  et  de  Lespiuasse,  demeurant  à  Lieutrec,  pa- 
roisse de  Darne,  en  lias-Limousin,  ressort  de  Tulle,  fils  de  Jean  de 
Soudeilles  et  de  Jeanne  de  Saint-Georges  ;  elle  était  veuve  en  l5V)i, 
et,  comme  tutrice  de  ses  enfants,  elle  nomma  le  prêtre  (ilulaire  de 
la  vicairie  de  la  Vergne  dans  la  chapelle  de  la  Sainte-Vierge  de 
l'église  de  Soudeilles^  archiprètré  de  Gimel  (4)  ;  elle  lesta  le  7  mai 
1620; 

(1)  Notes  de  feu  M.  Etienne  Berger,  communiquées  par  M.  Lucien 
Berger,  son  fils. 

(2)  Beauchet-Filleau,  Dictionnaire  Généalogique  des  Familles  du 
Poitou  lit,  353.^ 

(3)  Nobiliaire  du  Limousin  IV,  157.  —  De  son  petit-fils  naquit 
Marie-Angélique  de  Scorailles  de  Roussiile,  duchesse  de  Fontanges, 
maîtresse  de  Louis  XIV,  née  en  1661,  morte  le  28  juin  1681. 

(4)  Qôment-Simon,  Archives  Historiques  de  la  Corrèze, 


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8o  Honorée  d'Aubusson  do  la  Feuillade,  mariée  :  !<»  le  29  février 
1588  à  François  de  Lezay,  seigneur  de  Ueauregard,  en  Basse- 
Marche,  veuf  d'Anne  d'Allery,  fils  de  Maihurin  de  Lezay,  seigneur 
des  Marais  el  en  partie  de  Lezay,  el  de  PerreUe  de  Rouhy  (i)  ; 
â*"  p.ir  conlral  du  9  novembre  1593  à  Louis  d'Oyron,  écuyer,  sei- 
gneur d'Ajain,  dans  la  Haule-Marcbe,  veuf  de  Claude  de  Colem- 
berg(â);fils  de  Jacques  d'Oyron  et  Gabrieile  d'Aubusson  ;  elle 
apporta  à  Louis  d'Oyron  une  dot  de  dix  mille  livres,qui  fut  payée  en 
mars  1619  par  les  lièriliers  de  son  premier  mari  ; 

9o  Jacqueline  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  mariée,  par  contrat  du 
29  juin  1590,  à  Ik)naventure  de  liazés,  écuyer,  seigneur  de  Monimes, 
de  Dessines  et  d'Abloux,  avec  lequel  elle  vivait  le  20  juin  iQi\  ; 
veuve  le  27  avril  1625  ; 

10^  Jeanne  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  mariée  :  i^  par  contrat 
du  17  octobre  1605,  à  Guy  Brachet,  baron  de  Pérusse,  chevalier  de 
Tordre  du  roi,  duquel  elle  était  veuve  le  21  décembre  1613; 
2^  par  contrat  du  0  juin  1614,  à  Gabriel  de  Pierrebuflière-Gliâteau- 
neuf,  chevalier,  baron  de  Lostanges  et  de  la  Villeneuve,  seigneur 
de  Nedde,  chevalier  de  l'ordre  du  roi,  fils  de  Gabriel  de  Pierrebuf- 
flère- Château  neuf,  chevalier,  baron  de  la  Villeneuve-au-Comle, 
seigneur  de  Nedde,  et  de  N...  de  Bianchier,  dame  et  baronne  de 
Lostanges,  en  Bas-Limousin;  elle  demeurait,  lors  de  son  second 
mariage,  an  bourg  de  Saint-Dizier^  en  Poitou;  elle  y  testa  le  29 
mai  1619,  et  était  morte  le  9  mars  1620;  elle  signait  :  «  Janne 
Daubusson  »  ; 

11®  Françoise  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  co-adjutricede  Suzanne 
d'Aubusson,  sa  tante,  en  l'abbaye  de  Bugue,  ordre  de  Saint-Benoit, 
diocèse  de  Périgueux,  abesse  de  ce  monastère  en  1608. 

XIII.  —  Haut  et  puissant  seigneur  Georges  I  d'Aubusson,  cheva- 
lier, comte  de  la  Feuillade,  seigneur  de  Vouhet  et  de  Courpalay,  et 
par  sa  femme  seigneur  de  la  Grange-Bléneau,  fut  pourvu  en  1609 
par  Hem  i  IV  de  i'ofUce  de  sénéchal  de  la  Basse-Marche.  Il  présida, 

(1)  La  Chenaye-Desbois,  Dictionnaire  de  la  Nobleêse  XII,  572. 

(2)  Nobiliaire  du  Limouiin  II,  25. 


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—  10  - 

en  teiie  qualité,  la  dernière  assemblée  des  Etais  provinciaux  de  la 
Dusse-M^trche  qui  eut  lieu  en  1615,  au  Dorât,  pour  la  nomination 
lies  dé]iut8s  (les  Etals-Généraux  (1).  Il  fut  nommé  chevalier  du 
SaiiihEsprit  et  fil  ses  preuves  de  noblesse  le  19  février  1614.  On  le 
trouve  vers  cette  époque  chevalier  de  Tordre  du  roi,  conseiller  du 
ruî  en  ^es  conseils  d'Etat  et  privé,  capitaine  de  cinquante  hommes 
d'armes  de  ses  ordonnances,  capitaine-iieuienant  des  chevau-légers 
de  la  reine  Marie  de  Médicis,  maréchal  de  camp  des  armées  du  roi. 

Par  lettres  données  à  Bordeaux  en  novembre  1615,  le  roi  érigea 
eu  Uunv  de  Georges  d'Aubusson  la  baronnie  de  la  Feuillade  en 
coiuiè  il),  H  demeurait  alors  au  bourg  de  Vouhel,  en  Basse- 
Marche. 

L'urinée  suivante,  il  fut  nommé  à  l'ambassade  d'Espagne,  mais  la 
morl  du  maréchal  d'Ancre  (14  avril  1617)  ayant  obligé  de  sortir  de 
la  Cour  ceux  qui  étaient  attachés  à  la  reine-mère,  le  comte  de  la 
Feuillade  se  retira  dans  ses  terres. 

Le  ^1  avril  1621,  Georges  d'Aubusson  transigea  avec  Hobert 
d'Aubusson,  son  frère.  Il  testa  le  21  août  i626,  et  mourut  en  1628 
à  Grenulile  (3). 

11  uv;i]t  épousé  :  1<>  par  contrat  du  21  mai  1595,  Jacqueline  de 
Li^niiies  ou  Liniéres,  dame  de  la  Grange-Bleneau,  en  Brie,  Iroi- 
hmue  nile  d'Antoine  de  Ligniëres  ,  seigneur  de  Ligiiiéres ,  en 
Coiiitït aille,  chevalier  de  Tordre  du  roi,  capitaine  de  cinquante 
hotinnes  d'armes  de  ses  ordonnances,  gouverneur  de  Chartres  et  du 
pays  Cliarirain,  et  de  Françoise  de  Courlenay,  dame  de  la  Grange- 
Bleneau  (4),  laquelle  mourut  en  février  1610;  2'»  par  contrat  du 
7  lioverabre  1615,  Olympe  Green  de  Saiut-.Marsault,  vicomtesse  de 
Bochenieaux,  fille  de  Jean  Green  de  Sainl-Marsaull,  seigneur  de 
Parcouf,  de  Malliancy  et  de  Pondrie,  gentilhomme  ordinaire  de  la 
cliambre  du  roi,  gouverneur  de  la  ville  et  château  de  Dijon,  et  de 

(1)  Joulietton,  Histoire  de  la  Marche  I,  348. 

(2)  Lu  Ghenaye-Desbols,  Dictionnaire  de  la  IÇoblesse  VII,  97fl. 
(S)  Sûbiliaire  du  Limouiinl,  59. 

(4j  Cauillet,  Nobiliaire  d* Auvergne  III,  419. 


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_  u  - 

Françoise  de  Sain le-Maure.  Olympe  Green  do  Saint-Marsaull  èUit 
veuve  :  1°  dMsaac  de  Salagiiac,  bamn  de  l\ocheforL  et  des  Ëlangs  el 
vicoinle  de  Hocheraeaux;  2^  et  de  Jean  de  Permisse,  comte  des 
Cars  et  de  Beauforl  et  banni  d\4ixe*  liiie  lesta  le  2  ou  iO  décetiibre 
1633»  et  luourut  à  Paris  t-ii  février  1634(1), 

Du  premier  tuariage  ria(juire[»t  : 

1«  François  II,  qui  suit; 

2«  Louis  d'Aubusson  de  la  Feu  il]  ad  e,  itè  te  iO  septembre  1002, 
bapliî^è  à  la  Granclie-niétieau,  le  tU  janvier  !G03,  prévôt  coinuien- 
datcjire  (]e  IVglise  de  ta  SouLerraijie  en  1013,  prieur  corn niendu luire 
de  la  Villedieu  eu  10^9  ;  ses  neveuï  Ueou  et  Georges  d'Aubussou 
lui  payaient  une  pensiou  de  cent  livres;  eu  10 11),  il  résigna  le 
prit'uré  de  la  Viltedieu  en  faveur  de  Georges,  son  neveu,  el  devint 
èvéque  de  Metz  (2), 

3^  Jacqueline  d'Aubnssou  de  la  Feuillade,  mariée,  par  cotitiat 
du  21  décembre  1613,  j^assé  au  diâleau  de  Vouhet^  eu  présence  t]e 
Louise  Pol,  sa  grandVnère,  à  Louis  Ajasson,  sei^jneur  de  Vot  el  de 
Villebuffiêre  ou  Villebussière,  eu  îlarcbe; 

4^  Marie  d'Aubussou  de  la  Feuiliadc,  religieuse  carmélite  à  Ypres^ 
en  Flandre,  eu  1621  ; 

5*>  Louise  d'Aubusson  de  la  Feuillade^  mariée,  par  conlrat  du 
^U  jniri  1021,  à  Louis  de  CUauveron,  seigneur  de  la  Molle-sur-Itidre 
et  du  Puy,  eu  la  paroisse  de  Villebernon,  eu  Touraiuo,  ills  de 
François  de  Cbauverou,  seigrteur  des  mêmes  lieux,  et  dMsabelle 
Berruyer,  lequel  en  l(>i2  succéda  à  son  beau^père  comme  sènècbal 
delà  Basse-Marche,  oflice  qu'il  résigna  Ift  9  août  tr>34  à  Paul  de 
Noilet^  écuyer,  seigneur  de  Lèpaud  et  du  Mas-du-Boîs  (3); 

Du  second  : 

G""  Jean-Marie  Greeu  de  Saint-MarsauU  d*Aubusson,  vicomtô  de 

(1)  Nobiliaire  du  Limomin  I,  392, 

(%  Nùbiiiaire  dt*  Limotiiin  1,  60. 

(3)  Joulieltouj  UUloin  de  Ui  MarchB  II,  353. 


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—  12  — 

Rochemeaux,  subslilué  par  le  leslamenl  d'Olympe  Green  de  Saint- 
Harsaull,  sa  mère,  aux  bieos  des  Greeii  de  Sainl  -  Marsaiilt,  à 
coudilion  d'eu  porter  le  oom  et  les  armes  ;  mort  sans  postérité 
en  1635  ; 

70  Jacqueline  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  née  le  21  mars  1621, 
baplisée  à  Vouhet.  Elle  prit  Thabit  de  Sainte-Claire  à  Limoges  le 
7  octobie  1035.  Quoique  son  frère  germain,  le  vicomte  de  Roche- 
meaux, fut  mort  trois  ans  auparavant  et  qu'elle  recueillit  toute  sa 
succession,  elle  ne  changea  point  de  dessein  et  fit  profession  le 
19  mars  1037.  Elle  voulut  être  déclarée  fondatrice  de  ce  couvent 
des  Urbanistes,  «que  ses  armes  fussent  gravées  èz  lieu  éminents  de 
Teglise  »,legua  aux  religieuses  quarante-neuf  mille  livres,  dont  vingt- 
trois  mille  furent  effectivement  payées,  donna  encore  deux  mille 
livres  aux  Cordeliers  de  Limoges,  qui  avaient  alors  la  juridiction  spi- 
rituelle sur  ce  couvent,  et,  pour  tout  le  reste  elle  lit  héritier  Achile 
de  ::^alaignac,  comte  de  Uochefort,  piès  Aixe,  son  frère  utérin.  Julie 
de  Salaignac,  femme  de  Hiilippe,  marquis  de  Mciilai  s,  sœur  utérine 
de  Jacqueline  d'Aubusson,  fut  reçue  en  1639  aux  Requêtes  du  Palais 
à  vériiier  la  suggestion  et  captation  de  ce  testament.  JustiQcalioa 
fut  fournie  qu'il  avait  été  dicté  et  porié  tout  dressé  par  le  couvent 
des  religieuses,  et,  par  sentence  du  "ii  juin  161tU,  malgré  les  sollici- 
tations en  faveur  du  couvent  et  du  comte  de  Rochefort,  le  testa- 
ment fut  cassé.  Le  comte  de  Rochefort  lit  en  1641  appel  au  parle- 
ment de  cette  sentence.  Le  custode  des  Cordeliers,  malgré  l'opposi- 
tion de  I  ofllcial,  déclara  nuls  les  vœux  de  Jacqueline  d'Aubusson 
comme  faits  par  crainte,  violence,  défaut  d*âge  lors  de  la  profession. 
Philibert  de  Lu  Roche-Aymon,  marquis  de  Saiut-Maixent,  baron  de 
Vie,  fils  de  Perrol-Ceoffroi  de  la  Roche-Aymon,  marquis  de  Saint- 
Maixent,  sénéchal  de  la  Haute-Marche,  et  de  Suzanne  des  Serpens, 
qui  avait  assassiné  sa  femme  Anne  de  Saint-Julien,  et  qu'on  sur- 
nomma le  Grand  Diable  de  Saint-Maixent,  séduisit  Jacqueline 
d'Aubusson,  et,  avec  Taide  de  son  frère,  Hélie  de  La  Roche-Aymon, 
baron  de  la  Farge,  Tenleva  de  son  couvent.  Un  prêtre  qui  n'avait 
aucune  juridiction  maria  le  ^8  septembre  1644,  dans  Teglise  Saint- 
Pierre  de  Limoges,  Philibert  de  La  Roche-Aymon  et  Jacqueline 
d*Aubusson,  Leur  contrat  de  mariage  et  en  date  du  même  jouri 


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-  13  - 

28  septembre  1644  (1).  Poursuivis  pourcrirae  de  rapt,  le  marquis 
de  Saînt-Maixent  et  le  baron  de  la  Farge  furent  condamnés  à  ruort 
comme  ravisseurs  par  arrêt  du  parlement  de  Paris.  Mais  €ei  arrêt 
fut  cassé  par  le  Conseil  du  Roi,  et  la  cause  renvoyée  (levant  le 
parlement  de  Toulouse.  Par  arrêt  de  ce  dernier  parlement  PhiiihËrt 
et  Hélie  de  La  Roclie-Aymon  furent  absous,  et  le  mnriaj^e  de 
Philibert  de  La  Roche-Âynion  et  de  Jacqueline  dWubussoa  déclaré 
valablement  contractéi2).  Le  Grand  Diable  de  Saint-Matxenl  ne  jouit 
pas  longtemps  du  fruit  de  ses  attentats  :  il  mourut  en  1648,  à  peine 
âgé  de  trente-cinq  ans,  étant  né  le  19  avril  1613.  J:jrqihHLtta 
d'Âubusson  se  remaria  le  20  août  1650  à  François  de  BeaupoiL  de 
Sainte-Aulaire,  marquis  de  Lanmary,  seigneur  de  Coulures,  fils  de 
Marc-Antoine  de  Beaupoil  de  Sainte-Aulaire, seigneur  de  Lanmary  et 
de  Coutures,  et  de  Gabrielle  d*Alègre,  dame  de  Chabannes  ^i  de 
Sorges,  lequel  mourut  sans  poslérilé  le  2  septembre  1705,  à  quatre* 
vingts  ans;  Jacqueline  d'Aubusson  était  morte  en  janvier  170^,  an 
château  de  Lanmary,  en  Périgord(3); 

S"*  Marie  d'Aubusson  de  la  Feuillade. 

XIV.  —  François  II  d'Aubusson,  chevalier,  comte  de  la  Feuiilade, 
seigneur  de  Vouhet,  de  la  Grange-Bléneau  et  de  Courpalay,  en  Brie, 
et  par  sa  femme  baron  de  Pérusse,  fut  élevé  enfant  d'honneur  du 
roi  Louis  XIII,  et  devint  gentilhomme  ordinaire  de  la  chamlire  du 
roi,  conseiller  et  premier  chambellan  de  Gaston  de  France,  duc 
d'Orléans,  par  provision  du  16  janvier  1627,  maréchal  des  caraps 
et  armées  du  roi.  Il  rendit  aveu  au  roi  de  la  seigneurie  de  Pt^russe, 
mouvante  de  la  Tour  de  Maubergeon,  à  Poitiers. 

Il  suivit  le  parti  de  Gaston,  duc  d'Orléans,  et,  lors  de  la  disgrâce 
du  fameux  Puyiaurens,  son  parent,  en  mars  1631,  de  concert  avec 
quelques  autres  parents  dudit  Puyiaurens,  il  leva  des  tronpes  en 
Limousin,  comme  s'il  avait  eu  commission  du  roi.  Mai;;  le  raî, 
Payant  appris,  fit  déclarer  à  Dijon  le  30  mars  1631  criminels  de 

(1)  Archives  de  la  Creuse  B,  34. 

(2)  Nobiliaire  du  Limousin  I,  60. 

(3)  Nobiliaire  du  Limousin  1, 60  et  161. 


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—  u  - 

lëze-majesté  Puyiaurens  el  tous  ceux  qui  étaient  avec  lui  (1).  Néan- 
moins le  comte  de  la  Feuiliade  se  joignit  dans  sa  révolte  au  duc  de 
Monimorency  et  se  trouva  le  1*'  octobre  1632  au  combat  de  Castel- 
naudary  :  il  y  fut  tué,  après  s'y  être  distingué  (2).  Le  15  septembre 
suivant,  le  parlement  de  Toulouse,  à  la  requête  du  procureur  géné- 
ral, déclara  tous  les  biens  du  comte  de  la  Feuiliade  acquis  et  confis- 
qués au  profit  du  roi  :  et  c'est  ainsi  sans  doute  que  la  seigneurie  de 
Vouhet  sortit  de  la  maison  d'Aubusson  de  la  Feuiliade.  François 
d'Aubusson  fut  exécuté  en  effigie. 

Le  comte  de  la  Feuiliade  avait  épousé,  par  contrat  du  24  septem- 
bre 1611,  Isabeau  Drachet,  dame  et  baronne  de  Pérusse  et  dé  Saint- 
Dizier,  fille  unique  de  Guy  Bracbet.  chevalier,  seigneur  baron  de 
Pérusse,  et  de  Diane  de  Maillé  de  La  Tour-Landry.  Le  3  octobre 
1634,  ngissanl  tant  en  son  nom  que  comme  tutrice  de  ses  enfants, 
héritiers  sous  bénéfice  dinveiitaire  de  Georges  d'Aubusson,  comte 
de  la  Feuiliade,  leur  aïeul,  elle  rendit  au  roi,  comme  comte  de  la 
Marche,  aveu  et  dénombrement  du  châtel,  de  la  seigneurie  el  du 
comté  de  la  Feuiliade,  mouvant  de  la  cbâtellenie  d'Aubusson.  Elle 
signait  :  «  Ys.  Bracbet  ».  Elle  afTerma  la  terre  et  seigneurie  de  la 
Feuiliade  à  Joseph  Picbard,  seigneur  de  l'Eglise  au  Bois,  el  à  Gabriel 
Forest,  notaire;  les  cbeplels  cdnflés  aux  fermiers  furent  estimés 
quinze  cenls  livres.  En  1635,  1636  et  1637  Joseph  Pichard  habitait 
le  château  de  la  Feuiliade.  Gabriel  Forest  y  demeurait  en  1638  et 
années  suivantes. 

Isabeau  Bracbet  se  remaria,  par  contrat  du  21  juillet  1637,  à 
Renard-Gaspanl  de  La  Croix,  comte  de  Gaslries,  en  Languedoc, 
gouverneur  de  la  ville  et  citadelle  de  Montpellier,  fils  de  Jean  de 
La  Croix,  comte  de  Gaslries,  et  de  Louise  de  rHôpital-Choisy,  el 
mourut  en  couches  en  novembre  1638  (3). 

Du  mariage  de  François  d'Aubusson  et  d'Isabeau  Bracbet  naqui- 
rent : 

1**  Léon,  qui  suit  ; 

(!)  Nobiliaire  du  Limousin  I,  5. 

(2)  Nobiliaire  du  Limousin  I,  7. 

(3)  Nobiliaire  du  Limousin  I,  236, 


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—  15  -- 

2**  Georgfs  H,  qui  vient  ensuite  ; 

>  Gabriel  Brachet  trAubusson,  liamn  rie  Moiitaîgu,  par  donalinn 
(h  Léon  Bracbet,  êcMyer,  h'AVon  tie  Monlaigu  et  rfe  Saint- Avît,  son 
gramî-oncle,  à  condition  de  j^orter  le  nom  et  les  armes  de  Bractiel 
dès  le  Jour  du  dérë^  tlu  donalâur;  comme  tuteur  dudit  Gabriel, 
baron  de  Montaîgn,  François  d'Anljusson,  son  père,  reçut  de  Léon 
du  Rieiix  ttomrïiage  lige  el  aveu  de  la  seigneurie  deVilleprèanx  (1); 
Gabriel  Brachet  d'Aulnisson  fut  nommé  à  Tabhaye  de  Charlreuse  te 
28  novembre  163!  ;  il  était  premier  cbambellan  de  Gaston  de 
France,  duc  d'Orléans,  forsqu'it  fui  lue  en  1638  à  l'altaqiie  du 
fort  de  WaL  pendant  le  siège  de  Saint-Omer;  il  n'avait  pas  ètè 
marié  ; 

4*  Paul-Françnis  d'Anbosson  de  la  Feuî4ade,  connu  sous  le  nom 
de  M.  de  Verdille,  chevalier  île  Saint-Jean  de  Jérusalem,  baplisé  Ih 
18  mtn  IG'22  en  l'église  de  Nnlriî*Damo  de  la  Grange- Dléneau 
(parrain  Rnl)ert  rrAubussoiK  prévôt  de  Saint-Benoîl),  page  du 
Grand-Maître  de  Tordre  de  Saint-Jean  dp  Jérusalem  par  lerîre  du 
2^  février  1631;  dans  le  combat  où  les  galères  de  la  Beligion  pri- 
rent Ib  grand  galiori  lirs  Turcs,  le  chevalier  d'Aubusson  de  la 
Penîllade  monta  le  premier  a  i'abordage,  reçut  trois  blessures, 
s'eiuf^ara  du  Grarid  Eiendard  et  fit  prisonnier  le  frère  dti  <(  Grand 
Tnrc  »,  qui  embrassa  la  religion  chrèlienne  el  se  fiï  jacolnr»  sous  le 
nom  de  pêreOihoman;  îe  clievalier  dVVubussorh  cajiitaine  d'une 
compagnie  de  chevau- légers  dans  le  régiment  du  duc  d'Orléans, 
fut  ttïè  le  t=^  août  1616  an  siège  de  Mardick^  à  T^ge  de  viiigl-quatre 
ans;  son  corps  fut  enterré  à  Arras,  en  face  de  celui  de  sou  frère 
GabrieL  lue  huil  ans  auparavant  ; 

5*  François  IIK  donl  l'art,  viendra  après  colui  de  Georges; 

6*  Elisabelh  d'Anbusson  de  la  Feuiïfade.  prieure  des  religieuses 
de  Notre-Dame  à  Riom,  puis  abbessa  de  Saint-Jnlieii-du-rré^ 
diocèse  du  Mans,  enlin  abbesse  de  la  Règle,  ordre  de  Saint-Benolt, 
à  Limoges,  le  SI  avril  1679;  morte  le  13  mars  1704;  c'est  sous  son 
administration  que  fut  reconstruit  le  monastère,  aujouni  hui  grand 

(1)  Archhei  de  la  €reu»B  Ë»  40. 


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—  16  — 

séminaire  de  Limoges;  on  voit  sur  cet  édifice  les  armes  des 
d'Aubusson,  avec  la  crosse  posée  en  pal  derrière  l'écu,  et  au  bas  de 
Tune  des  piles  du  cloilre,  on  lit  :  «  D.  Abbatissinia  Elisab.  d'Aubus- 
son  de  La  Feuiliade  »  ; 

T"  Isabeau  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  baptisée  le  12  mai  1624  à 
la  Grange-Biéneau.  religieuse  chez  les  Grandes-Claires,  à  Limoges  ; 

8""  Marie-Thérèse  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  qui,  le  7  juillet 
1646,  étant  novice  au  couvent  de  Notre-Dame  de  Riom  et  âgée  de 
dix-sept  ans,  sous  Tautorisalion  de  Jacques  Mil  langes,  mandataire 
de  Robert  d'Aubusson,  abbé  de  Notre-Dame  du  Palais  et  prévôt  de 
réglise  collégiale  de  Sainl-Benott-du-Sault,  grand-oncle  et  tuteur 
honoraire  de  ladite  Marie-Thérèse,  fil  donation  de  tous  ses  biens 
présents  et  à  venir  à  Léon  d^Aubusson  et  à  Paul-François  d'Anbus- 
son,  ses  frères,  et  à  Guy  de  Fayollc,  sieur  de  Monlenon  (1  j  ; 

9^  Ciaudine-Elisabelh  d'Âubusson  de  la  Feuillade,  qui  fut  nom- 
mée en  167C  à  fabbaye  de  Long-Champs,  diocèse  de  Paris,  par  le 
roi,  qui  voulait  priver  les  religieuses  urbanistes  du  droit  d'élire, 
mais  qui  ne  suivit  pas  son  dessein; 

10*  Anne  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  abbesse  de  Réal-Lieu  en 
1682. 

XV.  —  Haut  el  puissant  seigneur  Léon  d'Âubusson,  chevalier, 
seigneur  comte  de  la  Feuillade,  baron  de  Pérusse  et  de  Montaigu, 
seigneur  de  la  Grange-Bléneau,  de  Courpalais,  de  Vicq,  de  Saint- 
Dizier,  des  Pons  el  de  Roignes,  fut  tonsuré  à  Paris  le  16  mars  i624, 
mais  renonça  peu  après  à  la  carrière  ecclésiastique.  Au  «  Rolle  des 
nobles  defaillans  à  la  convocation  du  ban  et  arrière-ban  faict  le 
premier  septembre  1635  en  Pauditoire  royal  de  ceste  ville  de 
Guéret,  par  nous,  Louis  Reydier,  et  assistants  les  s'*  lieutenant 
particulier,  advocat  et  procureur  du  roy  »,  il  est  porté  ainsi  : 
9  Messire...  d'Aubusson,  chevalier,  s""  comte  de  la  Feuillade,  a 
cause  de  ladite  comté  sise  en  celte  province  de  la  Marche,  tenu  de 
fournir  deux  chevauxlégiers  ».  Le  5  août  1636  il  est  porté  au  rôle 
fait  à  Guéret  des  nobles  de  la  châtellenie  de  Felletin  qui  doivent 

(1)  A  rchives  de  la  Creuse  B,  35. 


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servir  le  roî.  Au  rôle  àè  toute  la  noblesse  de  la  sénéchaussée  de  la 
Marche  et  chàleilenies  eu  flèpen^lant  coiivoqinfîe  à  Guéret  le  20 
aoùl  i&36,  messire  d'Auhussori ,  chevalier,  sieur  couiLe  di*  la 
Feiiillaiie,  esL  porté  parmi  les  UéfuiUauis  ut  taxé  à  une  contribution 
de  trois  bomines  (t).  Lorsque  îe  b;nJ  conserili  à  Joseph  Piclianl  et 
Gabriel  Foiest,  prit  tiu,  Joseph  Pichar:!  se  trouva  redevable  à  Léon 
d'Aubussoii  de  la  sotnme  de  quinze  cenTs  livres.  Et  pour  s'en  bhèrer, 
ledil  Joseph  Pi(!hard,  demeurant  an  lîeu  noble  du  Ferniigîer,  pa- 
roisse de  TEgEise  au  Bois,  en  Limousin,  vendit  au  comte  <le  la 
Feiilllade,  représenté  par  l'agent  de  ses  affaires  honorable  Guy  de 
Fayolles,  sieur  de  Monienon,  juge  sénéchal  dti  Monlaigii,  demeurant 
à  Saint-Dizier,  en  Poitou,  les  cens,  renies,  droits  et  devoirs  en 
directe  el  foncière  seigneurie  qu'il  possédait  sur  le  bourg  de  Ougeat 
et  les  villages  du  Coudert  el  du  Massoulrot,  paroisses  de  Pêrols  et  de 
Bugeat,  justice  du  comte  «le  la  Feuillade,  sous  facullé  de  rachat 
peudanL  cinq  ans  (rachat  qui  ne^ut  pas  eflecLuè).  La  transaction  fut 
passée  à  la  Villedieu,  eu  Marclie,  le  19  avril  i645,  en  présence  de 
M'  Anloine  Barjand,  greffier  de  la  comté  de  la  Feuiîlade  el  de 
M*  Est  Jeune  Dubayle,  praticien,  du  bourg  de  Faux,  devant  Duhayle, 
notaire  royal.  Ce  conînil  fut  ralifié  îe  10  juillet  1615  Dubsiyle, 
notaire  royal,  en  présence  de  Léonard  Delarfeulllère,  sergent  royal, 
et  de  JeaiL  Lachaud,  bosLe,  par  Guy  de  Kayolles,  sieur  de  Montenon, 
mandataire  du  seigneur  coiuie  de  la  Feuillade,  en  veriu  de  sa  pro- 
curation faite  a  Oourijon  rArcltumbaNlt  le  24  avril  1&15,  qui  lui 
donnait  aussi  [louvoir  de  poursuivre  lesniLs  Picliard  et  Gabriel 
Foresl,  ci-devant  fermiers  de  la  comté  de  la  Feuillade,  et  Yrieîx 
Bandy,  alors  fermier  de  ladite  comié  (^),  Eti  1049  Gabriel  Forest 
èUit  redevenu  fermier  et  habitait  le  château. 

Léon  d'Aubussou  obtint  le  25  sepLemhre  1038  la  charge  de 
conseiller  et  preEUier  cbambeïian  de  Gaston  de  France,duc d'Orléans, 
qu'avait  eue  sou  père.  En  !64ô,  il  «lait  mestre-de-camp  du  règi- 
meni  d'infanterie  entretenu  pour  le  comte  de  la  Marche,  et  le 


(1)  Mérmires  de  la  Société  Arûhêologique  de  la  Creuie  IL  143,  148, 
(3/  Archives  du  château  de  Villemoutiers, 


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-  18  - 

21  mars  1643  maréchal  des  camps  et  armées  du  roi.  En  récompense 
de  ses  services  pendant  les  campagnes  de  Flandre,  il  fut  pronf)u  le 
16  août  1646  au  grade  de  lieutenant-général  des  armées  du  roi  et 
au  gouvernement  de  la  Basse-Auvcrgue.  Il  se  qualifiail  lieutenant* 
générai  de  la  compagnie  de  chevau-iégers  du  duc  d'Orléans  et 
conseiller  du  roi  en  ses  conseils. 

Le  comte  de  la  Feuillade  fut  blessé  mortellement  devant  Lens, 
d'un  coup  de  mousquet  à  la  tète,  le  vendredi  27  septembre  1647  et 
mourut  le  vendredi,  4  octobre,  âgé  de  trente-cinq  ans  environ  :  il 
fut  apporté  le  12  octobre  au  château  de  la  Grange-Bléneau.  Il  n'avait 
pas  été  marié. 

XVI.  —  Georges  II  d'Aubusson,  comte  de  la  Feuillade,  baron  de 
Pérusse  et  de  Montaigu,  conseiller  d'état  d'église,  fui  un  des  hom- 
mes distingués  de  sa  maison.  Il  naquit  en  1613  et  prit  d'abord  Phabit 
de  jésuite.  Il  se  qualifiait  abbé  d^  la  Souterraine  et  bachelier  de 
Sorbonne  le  2^)  avril  1639,  dans  Pacte  où  il  promit  à  son  frère 
Léon,  comte  de  la  Feuillade,  de  l'indemniser  de  la  pension  viagère 
de  cent  livres,  que  leur  père  s'était  obligé  de  payer  à  leur  oncle 
Louis  d'Aubusson,  prieur  de  la  Villedieu.  Après  avoir  piit  à  Paris 
le  bonnet  de  docteur  de  Sorbonne,  il  fut  pourvu  en  1643  de  l'abbaye 
de  Solignac,  ordre  de  Saint-Benoit,  au  diocèse  de  Limoges,  et  ne  la 
garda  que  cinq  ans,  comme  abbé  commendataire.  ((  Il  nous  voulut 
molester  pour  nos  pensions  et  droits  de  pèche,  mais  le  tout  se  passa 
doucement  et  à  notre  avantage.  Il  nons  donna  un  encensoir  d'argent 
à  la  sollicitation  du  R.  P.  dom  Martin  Deiiesme,  qui  avoit  demeuré 
en  ce  monastère  et  savoit  le  besoin  que  nous  en  avions  ;  la  navette 
fut  achetée  à  nos  dépens  et  coûta  dix  écus  ».  Ainsi  parle  la  chroni- 
que du  monastère  de  Saint-Pierre  de  Solignac,  publiée  par  l'abbé 
Lecler(l). 

Député  à  l'Assemblée  du  Clergé,  qui  se  tint  à  Paris  en  1645, 
Georges  d'Aubusson  en  fut  élu  promoteur.  En  1648,  Louis  XIV  le 
nomma  à  l'évèchè  de  Gap,  à  la  place  d'Artus  de  Lyonne,  nommé  à 
Tarchevèché  d'Embrun,  mais  sur  le  refus  de  ce  dernier,  il  devint 

(1)  Bulletin  de  la  Société  Archéologique  du  Limousin  XLIII,  671. 


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-19  - 

archevêque  d'Embrun  et  fut  sacré  à  Paris  le  H  septembre  1649. 
Vers  celte  époque,  il  se  démit  de  son  abbaye  de  Solignac,  qui  fut 
donnée  à  i'évéque  de  Gap,  mais  il  obtint  le  prieuré  de  la  Villedieu, 
par  la  résignation  que  son  oncle  Louis  (i'Ai\busson  flt  en  sa  faveur. 

Député  pour  la  seconde  fois  à  l'Assemblée  du  Clergé  en  1650,  il  en 
fut  d'abord  second  président,  puis,  vers  la  fin  de  la  même  année, 
premier  président,  à  cause  de  la  maladie  de  Tarchevèque  de  Reims. 
Il  eut  riionneur  de  porter  quatre  fois  la  parole  au  roi,  au  nom  du 
Clergé  de  France,  mission  dont  il  s'acquitta  brillamment.  Il  pro* 
nonça  aussi  l'oraison  funèbre  de  Tarclievêque  de  Reims. 

En  1650  Georges  d'Aubusson  prit  possession  de  son  archevêché 
d*Embrun.  Le  9  octobi^  1653,  il  obtint  l'abbaye  de  Saint-Jean  de 
Laon  et  peu  après  celle  de  Saint-Loup  de  Troyes.  En  1658,  il  était 
en  outre  prévôt  de  la  Fonteraie. 

Le  il  septembre  1659,  l'archevêque  d'Embrun  fut  envoyé  en 
ambassade  à  Venise.  Il  s'y  soutint  dignement  contre  les  entreprises 
du  nonce  Altoviti,  qui  lui  refusait  le  titre  d'Excellence  et  voulait 
l'obliger  à  ne  |K)int  paraître  en  public  avec  le  rochet  découvert, 
prétendant  qu'il  devait  porter  comme  lui  la  mantelette,  suivant 
l'usage  d'Italie. 

Ambassadeur  extraordinaire  en  Espagne  le  31  juillet  1661, 
Georges  d^Aubusson  fut  créé,  durant  son  absence  et  le  31  décembre 
de  la  même  année,  commandeur  de  Tordre  du  Saint-Esprit.  Ce  fut 
pendant  son  ambassade  que  le  comte  d'Estrades^  ambassadeur  de 
France  à  Londres,  fut  insulté  par  l'ambassadeur  d'Espagne;  l'arche- 
vêque d'Embrun  en  demanda  réparation  au  nom  du  roi,  son  maître, 
et  ménagea  si  bien  l'esprit  du  roi  catholique  qu'il  le  détermina  à 
envoyer  à  Paris  le  marquis  de  Fuentès.  ambassadeur  extraordinaire, 
qui  en  1662  déclara  que  le  roi  d'Espagne  ne  disputerait  jamais,  ni 
par  lui  ni  par  ses  ambassadeurs,  le  pas  au  roi  de  France. 

En  1668,  Georges  d'Aubusson  fut  nommé  évêque  de  Metz.  A  cette 
dignité  était  attaché  le  titre  de  prince  de  l'Empire.  Il  mourut  dans 
cette  ville  le  12  mai  1697.  Il  était  tombé  en  enfance  plus  d'un  an 
avant  sa  mort.  En  1696,  le  duc  de  la  Feuillade,  son  neveu,  en  allant 
à  l'armée  d'Allemagne,  passa  le  voir  à  Metz.  Comme  l'oncle  était 


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fort  riche,  le  nevea,  à  ce  que  dit  Saint-Simon,  enfonça  bravement 
les  coffres-fort  et  y  prit  trente  mille  écus  en  or,  beaucoup  de 
pierreries,  et  laissa  l'argent  blanc.  Le  roi  s'expliqua  fort  durement 
et  fort  publiquement  sur  cet  étrange  avancement  d'hoirie  et  eu 
garda  longtemps  rancune  au  duc  de  la  Feuillade.  Saint-Simon  dit 
de  Georges  d'Aubusson  :  «  H.  de  Metz  était  un  homme  de  beaucoup 
d'esprit,  avec  du  savoir,  qui  avoit  toujours  fort  été  du  grand 
monde...  Il  eut  grande  part  à  la  fortune  de  son  frère  qui  lui  défé- 
roit  beaucoup...  Le  roi  lui  parloit  toujours  et  plaisantoit  avec  lui; 
il  mettoit  d'autres  seigneurs  en  jeu,  et  cela  faisoil  des  conversations 
souvent  fort  divertissantes.  On  Paltaquoit  fort  sur  son  avarice.  Il  en 
rioit  le  premier,  et  jamais  le  roi  ne  le  put  rérduire  à  porter  un  Saint- 
Esprit  sur  sa  soutanelle  comme  les  autres.  Il  disoit  que  la  vanité 
avoit  mis  cela  à  la  mode.  Les  autres  lui  répondoient  qu'il  n'en 
vouloit  point,  pour  épargner  deux  écus  que  cela  cou  toit  sur  chaque 
soutanelle;  et  c'étoit  ainsi  des  prises  sur  sa  chère,  sur  son  équipage 
et  sur  tout,  qu'il  soutenoit  avec  beaucoup  d'esprit,  et  se  ruant  à  sou 
tour  en  attaques  fort  plaisantes.  Il  conserva  un  grand  crédit,  el  une 
grande  considération  jusqu'à  sa  mort,  et  les  ministres  le  ména- 
geoient.  Il  étoit  bon  évèque,  résidant  et  fort  appliqué  à  ses  devoirs. 
Il  laissa  un  riche  héritage  à  sou  neveu  (!)».  On  a  de  lui  des  oraisons 
funèbres  de  Mazarin,  de  Marie-Thérèse  d'Autriche  et  des  haran- 
gues (2). 

Etant  encore  évêque  de  Gap,  Georges  d'Aubusson  avait  vendu  en 
1649  la  terre  de  Monlaigu-le-Bianc,  en  Limousin,  à  Philippe  Chapelle 
de  Jumilhac,  sieur  de  Viville  (3).  Par  acte  passé  à  Paris  le  6  mai 
1658,  il  avait  partagé  avec  François  d'Aubusson,  son  frère  cadet, 
les  biens  dépendant  des  successions  de  leurs  père  el  mère,  frères 
et  sœurs,  qui  furent  évalués  sept  cent  soixante-seize  mille  deux 
cents  livres,  lui  avait  cédé  son  droit  d'aînesse  et  lui  avait  fait  dona- 
tion de  la  terre  et  comté  de  la  Feuillade. 

XVIL  —  François  III  d'Aubusson,  chevalier,  vicomte  d'Aubusson, 

(i)  Mémoires  du  duc  de  Saint-Simon  I,  269. 

(2)  A.  Tardieu,  Grand  Dictionnaire  de  la  Haute- Marc  lie,  382. 

(3)  Nobiliaire  du  Limousin  I,  358. 


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-21  - 

?âc  de  Roanues,  marquis  de  Boisy,  comte  de  la  Feuillade,  baron  de 
la  Borne  et  premier  baron  de  la  Marche,  baron  de  Pérusse,  de 
Pelletanges,  de  Honlcoutour  et  de  Cursay,  seigneur  de  la  Grange- 
BléDeau,  de  Courpalay,  d'Oiron,  de  Boismont,  de  Maulevrier,  de 
SuriiiODt,  de  Saiut-Dizier,  seigneur  châtelain  des  villes  d'Ahuo, 
Felletin,  Chéuérailles,  Jarnages,  Brouilles,  Cerviëres,  Saint-Haon, 
Saint-Maurice  et  Crozet,  pair  et  maréchal  de  France,  connu  sous  le 
nom  de  duc  de  la  Feuiliade  et  enfin  de  maréchal  de  la  Feuillade,  fut 
riri  des  plus  vaillants  hommes  de  guerre  de  son  époque.  Il  naquit  à 
Courpalay,  diocèse  de  Sens,  le  21  août  1631.  Il  débuta  comme 
capitaine  au  régiment  de  Monsieur,  duc  d^Orléans.  Le  11  juin  1644, 
faisant  travailler  à  la  contr'escarpe  du  fort  Saint-Philippe  à  Grave- 
lines,  il  fut  blessé  au  talon  d'un  coup  de  mousquet.  En  1646,  il  se 
signala  au  siège  de  Mardick;  en  1647,  au  siège  de  Lens,  il  se 
conduisit  avec  sa  valeur  ordinaire,  il  se  trouva  le  15  décembre 
1650,  à  la  bataille  de  Réthel,  où  M.  de  Turenne,  alors  engagé  dans 
le  parti  des  Princes,  fut  battu  parle  maréchal  du  Plessis-Praslin,  il  y 
reçut  un  coup  de  pislojet  dans  la  cuisse.  Le  28  septembre  1653, 
servant  comme  mestre-de-camp  de  cavalerie,  il  fut  blessé  à  la  tête 
au  siège  de  Mouzon.  En  1654,  au  siège  d'Arras,  qu*assiégeaient  les 
maréchaux  de  Turenne  et  de  La  Ferté,  son  régiment  poussa  si  bien 
les  ennemis  qu'il  força  des  premiers  les  retranchements.  En  1655, 
au  siège  de  Landrecics,  voulant  passer  durant  la  nuit  de  Sl-Quentin  à 
rarmée,il  tomba  dans  un  parti  ennemi  et  fut  encore  blessé  à  la  tète; 
en  lui  plaçant  le  premier  appareil  pour  le  trépaner,  les  chirurgiens 
lui  dirent  que  le  coup  était  dangereux  et  qu'on  voyait  sa  cervelle  : 
a  Âhl  parbleu  »,  dit-il,  <x  messieurs,  prenez-en  un  peu,  et  renvoyez 
dans  un  linge  au  cardinal  Mazarin,  qui  me  dit  cent  fois  le  jour  que 
je  n'en  ai  point  ».  Au  mois  d'octobre  1662,  il  alla  rejoindre  sur  la 
frontière  les  troupes  commandées  pour  Iltalie.  En  1664,  il  condui« 
sil,  avec  le  titre  de  maréchal-de-camp,  le  secours  de  quatre  mille 
hommes  d'infanterie  et  de  deux  mille  hommes  de  cavalerie,  que  le 
roi  de  France  envoyait  à  l'Empereur  Léopold  extrêmement  pressé 
par  les  Turcs,  dont  les  progrès  commençaient  à  alarmer  les  princes 
chrétiens.  Ou  lui  doit  la  gloire  de  la  fameuse  victoire  de  Raab  ou  du 
Saint- GolUard,  en  Hongrie  ;  il  y  fut  &  la  fols  brave  soldat  et  habile 


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-  sa  - 

capitaine.  Son  exemple  fit  tant  d'impression  sur  les  Français  que, 
malgré  leur  petit  nombre,  ils  rompirent  les  rangs  des  infidèles; 
passant  comme  la  foudre  à  travers  leurs  escadrons,  ils  en  firent  un 
grand  carnage  et  achevèrent  leur  défaite.  Cinq  mille  ennemis 
restèrent  sur  le  carreau  ;  cinq  pièces  de  canon,  tous  les  étendards 
et  toutes  les  timbales  furent  pris  par  La  Feuillade,  qui  les  emporta 
en  France.  A  son  retour,  lorsqu'il  fit  au  roi  le  récit  de  celte  glo- 
rieuse action,  ce  dernier  lui  adressa  les  éloges  que  méritaient  sa 
vaillante  conduite.  La  Feuiiiade  avait  déployé  en  même  temps  les 
talents  d'un  général  et  fintrépidité  d'un  soldat. 

La  guerre  ayant  recommencé  contre  TEspagne,  La  Feuiiiade  se 
trouva  aux  sièges  de  Berglies,  de  Founes  et  de  Courlray. 

Lors  du  siège  de  Candie  par  les  Turcs,  il  se  rendit  à  Toulon  avec 
deux  cents  gentilhommes  et  quatre  cents  soldats  qu'il  entretenait 
à  ses  propres  frais.  Ce  secours,  dont  il  était  le  chef,  arriva  à  Candie 
en  1668.  Malgré  des  prodiges  de  valeur,  la  place  dut  succomber 
devant  la  mullitude  des  ennemis.  La  Feuiiiade,  qui  avait  fait  dans 
celte  guerre  tout  ce  qu'on  pouvait  espérer  des  meilleurs  capitaines, 
ne  ramena  que  deux  cent  trente  hommes  de  tous  ceux  qu'il  y  avait 
conduits. 

En  i67i,  La  Feuiiiade  se  signala  dans  la  guerre  contre  la 
Hollande  et  l'Espagne  et  se  trouva  aux  sièges  d'Orsoi,  de  Rhimberg 
et  de  Doesburg.  En  1674,  il  suivit  le  roi  à  la  conquête  de  la 
Franche-Comté.  Le  6  mars^  il  ouvrit  la  tranchée  devant  Besancon 
avec  deux  balailions  de  gardes  françaises  qu'il  commandait;  il 
attaqua  le  fort  Saint-Ëlieime  par  un  chemin  presque  impraticable 
et  l'emporta  l'épée  à  la  main.  Au  siège  de  Dôle,  il  fut  presque 
toujours  de  tranchée.  Le  22  juin,  il  prit  Salins  après  huit  jours 
de  tranchée  ouverte. 

En  1675,  La  Feuiiiade  fit  la  guerre  aux  environs  de  Louvaln,  de 
Malines  et  de  Bruxelles.  En  1676,  il  se  trouva  au  siège  de  Condé. 
En  1677,  il  commanda  Tassant  de  la  citadelle  de  Cambrai. 

Vice-roi  de  Sicile  en  1678,  en  remplacement  du  maréchal  de 
YlvoQuet  ne  pouvaul  compter  sur  lea  babilanls,  il  évacua  Hessiod 


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-23- 

et  effectua  la  retraite  des  troupes  françaises  dans  les  meilleures 
conditions. 

François  d^Aubusson,  comte  de  la  Feuillade,  reçut  la  récompense 
de  ses  brillants  services.  On  le  trouve  gouverneur  îles  villes 
d'Eyinouliers,  Bourganeuf  et  Saint-Léonard  en  1653(1),  lienLenant- 
général  des  camps  et  armées  du  roi,  tant  sur  mer  que  sur  terre, 
en  1666,  chevalier  des  ordres  du  roi  et  colonel  des  gardes  françaises 
en  1672.  En  1675,  il  fut  promu  à  la  dignité  de  maréchal  de  France 
et  devint  en  1681  gouverneur  de  Grenoble  et  du  Dauphinè. 

Par  acte  du  6  mai  1658,  François  d^Âubusson  pni  tngt^a  avec 
Georges  d'Aubusson,  archevêque  d'Embrun,  son  frère  afiiè,  les 
biens  dépendant  des  successions  de  leurs  père  et  mère,  frères  et 
sœurs  :  Georges  d'Aubusson  lui  céda  son  droit  d'atnesse  el  lui  fit 
don  de  la  terre  et  comté  de  la  Feuillade. 

En  avril  1667,  lors  de  son  mariage  avec  Charlotte  Gouffier,  le 
comte  de  la  Feuillade  at.lieta  d'Arlus  Gouffier,  frère  de  s;i  femme, 
duc  de  Roannès,  marquis  de  Boisy,  gouverneur  du  Poitou,  le  dEicliè 
de  Roannès  et  le  marquisat  de  Boisy,  moyennant  quatre  cents  mille 
livres.  Cette  vente  fut  approuvée  par  le  roi,  qui  érigea  celle  terre 
en  duché-pairie  par  ses  lettres  datées  d^avril  1667.  Cela  {larlir  de 
cette  époqiKi  que  François  d'Aubusson  fut  connu  sous  le  norn  de 
duc  de  la  Feuillade  :  après  sa  promotion  au  maréchalat,  on  le 
nommait  le  maréchal  de  la  Feuillade. 

Dans  le  rôle  de  la  première  convocation  et  monstre  des  nobles 
du  ressort  et  sénéchaussée  de  la  Haule-Marche  et  Francaleu  faite  à 
Guéret  le  30  août  1674  par  François  Mérigot,  seigneur  de  Saîrtte^ 
Feyre,  conseiller  du  roi,  sénéchal  de  la  province,  on  lit  :  «  Gliàtel- 
lenies  d'Aubusson  et  de  Fellelin.  Messire  François  (.rAiibussan, 
chevalier,  seigneur  duc  de  Roannais,  comte  de  la  Feuillade*  ^ 
Pour  le  nef  de  la  Feuillade  x»  (2). 

En  1668,  on  trouve  uu  château  de  la  Feuillade  comme  receveur 

(i)  Documents  histoHques  sur  Eymoutiersy  publiés  par  M.  Joseph 
Dubois* 
(3)  Mémoires  de  la  Société  Archéologique  de  la  Creuse  II,  174 


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Léonard  Dalesme,  sieur  de  Chaban,  bourgeois  de  Saint-Léonard. 
Il  y  mourut  le  21  septembre  1678.  Son  (ils  Henri  Dalesme,  sieur  de 
Chaban,  lui  succéda  et  se  Irouvail  encore  à  la  Feuillade  en  1684. 
Il  avait  épousé  Jeanne  Darfeuille  de  Roubeyne.  Il  n'y  était  plus  en 
1691  et  habitait  alors  Saint-Léonard.  Jean  Gay  était  fermier  de  la 
Feuillade  en  1675  et  1676.  En  1685,  Antoine  de  Truffy,  notaire 
royal,  de  la  Villedieu,  était  fermier  de  la  Feuillade. 

En  1682,  François  d'Aubusson  rendit  aveu  au  roi  de  la  baronnie 
de  Cursay  et  de  la  terre  et  seigneurie  de  Maulevrier,  acquises  de 
Charles-Léonard  et  Louis  GoufOer,  enfants  de  Louis  GoufOer,  comte 
de  Gonard,  le  tout  mouvant  de  la  châlelienie  de  Loudun.  Vers  la 
même  époque,  il  était  seigneur  de  Surmont,  terre  relevant  du 
marquisat  de  Brézé(l). 

Nous  approchons  du  moment  où  le  comte  de  la  Feuillade  allait 
occuper  dans  nos  contrées  une  situation  en  rapport  avec  son 
illustre  origine.  Le  rétablissement  de  la  vicomte  d'Aubusson  à  son 
profil  parait  avoir  été  préparé  de  longue  main  par  François  d'Au- 
busson.  En  167:2  il  donna  son  appui  aux  habitants  d'Aubusson  à 
l'occasion  de  la  translation  du  chapitre  de  Houtier-Rozeille  à  Notre- 
Dame  du  Mont.  Il  créa  à  ses  frais,  à  Aubusson,  une  manufacture  de 
tapisseries  dont  Tinfluence  fut  des  plus  heureuses  pour  Tindustrie 
de  la  cité.  Dans  un  rapport  daté  de  1686  un  intendant  de  Moulins, 
M.  d'Argonges,  dit  que  «  M.  de  la  Feuillade  fait  faire  à  Aubusson 
de  fort  belles  tapisseries  par  la  précaution  qu'il  a  eue  de  donner 
des  dessins  et  de  fournir  des  laines  ».  Il  compare  ces  produits  à 
ceux  des  fabriques  de  Flandre.  Par  acte  du  4  février  1682,  le 
maiéchal  de  la  Feuillade  fit  de  Robert  d'Oyron,  seigneur  de 
Charnhac,  héritier  de  Jeanne  de  Froment,  sa  mère,  baronne  de  la 
Borne,  Tacquisilion  du  droit  que  ledit  Robert  d'Oyron  avait  de 
rentrer  en  possession  de  la  baronnie  de  la  Borne  vendue  par  Jeanne 
de  Froment  aux  Religieuses  du  prieuré  de  Blessac.  La  communauté 
de  Blessac  ne  voulut  avoir  aucune  difficulté  avec  le  duc  de  la 
Feuillade  et  céda  au  maréchal  ses  droits  sur  la  Borne,  suivant  acte 

(1)  De  Bethanoourti  noms  féodeaui. 


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-26- 

passé  au  parloir  du  couvent  le  U  février  1684.  A  la  suite  de  côUe 
acquisition,  François  d'Aubusson,  déjà  comte  de  la  Feuillade  et 
baron  de  Pérusse,  prit  possession  do  la  baronnie  de  la  Borne, 
regardée  comme  la  première  baronnie  de  la  Haute-Marche. 

Enfin,  par  contrat  du  14  juin  1686,  en  échange  de  la  terre  et 
seigneurie  de  Saint-Cyr,  près  Versailles,  Louis  XIV  céda  au  maré^ 
chai  de  la  Feuillade  la  vicomte  d'Aubusson,  la  chàtellenid  de 
Feiietin^  la  baylie  du  Masvoudier,  terres  de  l'ancien  domaine  ife  la 
maison  d'Aubusson,  et  les  cbâtellenies  d'Ahun,  de  Chènérailles,  de 
Jarnages  et  de  Drouilles,  en  Marche,  et  celle  de  Cervières,  en 
Forez  (1).  Par  suite  de  cet  échange  tous  les  officiers  de  ces 
cbâtellenies  ne  demeurèrent  juges  royaux  que  jusqu'à  ce  qu'il  piùt 
au  duc  de  la  Feuillade  de  rembourser  leurs  finances.  La  cbâLellenie 
de  Chènérailles  avait  été  auparavant  engagée  à  M.  de  Monlargnac 
d'Etansannes,  conseiller  au  parlement  de  Paris,  par  contrai  du 
3  mars  1677,  mais,  par  le  contrat  d'échange  entre  le  rot  et  le 
maréchal  de  la  Feuillade,  il  fut  donné  pouvoir  à  ce  dernier  de 
retirer  ladite  châlelienie,  après  que  liquidation  de  sa  finance  en 
aurait  été  faite  par  les  commissaires  du  roi  et  qu'il  serait  temps  de 
payer  (2). 

A  la  suite  de  cet  échange,  et  avec  l'autorisation  du  roi,  le  uiaré-- 
chal  de  la  Feuillade  releva  le  titre  de  vicomte  d'Aubusson,  si 
longtemps  porté  par  ses  ancêtres,  et  entra  en  possession  de  la 
vicomte.  Très  jaloux  de  ses  nouveaux  droits,  il  fit  réunir  les  terriers 
de  ses  domaines  de  la  Marche  et  collationner,  par  les  notaires  du 
Châtelet  de  Paris,  les  chartes  de  franchises  que  ses  aïeux  avaient 
octroyées  (1). 

Voulant  témoigner  sa  reconnaissance  au  souverain  qui  l'avait 
comblé  d'honneurs,  le  maréchal  de  la  Feuillade  acheta  l'hôtel  Jq 
Seuneterre,  l'un  des  plus  beaux  de  Paris,  le  fit  abattre  pour  foniier 
la  place  des  Victoires,  et  sur  cette  place  fit  ériger  en  1686  la  statue 

(i)  Cyprien  Pérathon,  Histoire  d*Aubus8on,  76. 

(2)  Le  Verger,  Mémoire  sur  la  généralité  de  Moulins, 

(i)  Cyprien  Pérathon,  Histoire  d'Aubusson,  153. 


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-  20  - 

en  hronze  de  Louis  XIV  ;  à  celle  occasion  il  se  rendit  célèbre  par  sa 
courlisanerie  et  sa  plaie  adulation.  Comme  la  statue  du  Roi  Soleil 
était  l'objet  d'une  illumination  continuelle,  un  gascon  flt  ces  vers 
connus  : 

<  La  Feuillade,  sandis,  je  crois  que  tu  nous  bernes 
«  De  mettre  le  Soleil  entre  quatre  lau ternes  d. 

En  mémoire  de  cette  érection,  le  chef  de  la  maison  d'Âubusson 
présentait  tous  les  cinq  ans  au  roi  régnant  une  médaille  d'or, 
portant  pour  légende  :  t  PiUri  exercilunm  et  Ductori  semper  felici  »; 
et  {luis  Texergue  :  ff  Franc.  Vie,  Com.  (TAubusson  posait  in  arca 
puldira.  Lu/e/iVirum,  nnno  1686  ».  Au  revers  était  la  tète  de 
Louis  XIV  (1). 

k\)vh%  avoir  réuni  sur  sa  tète  la  plus  grande  partie  des  biens  que 
pûsyêdait  jadis  la  maison  d'Aubusson  au  temps  de  sa  puissance,  le 
UKinxîial  de  la  Feuillaôe  voulut  en  assurer  la  conservation  dans 
ceLItî  maison.  Par  contrat  du  20  juin  1687,  confirmé  par  lettres 
p^ttintes  du  roi  en  forme  d'édit  de  juillet  suivant  portant  déroga- 
tion nux  ordonnances  et  coutumes  y  contraires,  enregistrées  au 
Partt'ijjent  le  4  dudit  mois  de  juillet  1687,  il  flt  donation  à  son  fils 
Louis  du  comté  de  la  Feuillade,  de  la  vicomte  d'Aubusson,  de  la 
t>;itoniiie  de  la  Borne,  qui  était  la  première  du  comté  de  la  Marche, 
i\û  \'â  (  iiâtellenie  de  Felletin,  en  la  même  province,  de  la  baronuie 
dtt  Parusse,  en  Poitou,  mouvant  du  roi,  toutes  terres  de  Tancien 
L!om;>Jne  de  la  maison  d*Âubusson,  ainsi  que  des  cb&lellenies 
d'Aliiiu,  Cbénérailles,  Jarnages  et  Drouilles,  situées  aussi  dans 
ta  Marcbe,  échangées  avec  le  roi,  le  tout  valant  vingt-deux  mille 
livres  de  rente.  Cette  donation  fut  consentie  à  condition  de  substi- 
tution graduelle  et  perpétuelle  à  l'infini  de  mâle  en  mâle,  en  gardant 
toujouts  Tordre  de  primogéniture.  Le  donateur  stipula  que,  dans  le 
cas  on  sa  postérité  masculine  viendrait  à  s'éteindre,  les  biens 
substitués  passeraient  avec  les  mêmes  conditions  aux  descendants 

(IJ  Sulnt-Allais,  Nobiliaire  universel  de  France^  1, 110. 


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-  27  - 

en  ligne  masculine  de  Guy  d'Aubusson,  seigneur  de  Villac,  à 
commencer  par  Jean  d*Aubusson,  marquis  de  Miremont,  en 
Périgord,  et  son  fils  Jacques  ou  ses  autres  enfanls  mâles  el  leurs 
descendants,  par  le  même  ordre;  en  cas  de  défaillance  de  la  ligne 
masculine  de  Jean  d'Aubusson,  marquis  de  Miremont>  qui  était 
alors  l'aîné  de  la  branche  de  Guy  d'Aubusson,  les  biens  substitués 
passeraient  à  la  ligne  masculine  de  Guillaume  d'Aubusson,  seigneur 
de  Poux  et  de  Banjeux,  à  commencer  par  François  d'Aubusson, 
comte  de  Banson,  en  Auvergne,  el  tous  ses  descendants  mâles,  ledit 
comte  étant  Talné  de  cette  ligne  séparée  de  celle  du  donateur 
depuis  1330;  lesdits  Guy,  seigneur  de  Villac,  et  Guillaume,  seigneur 
de  Poux,  étant  descendus  de  Renaud,  vicomte  d'Aubusson,  duquel 
les  comtes  de  la  Feuillade  étaient  descendus  par  les  aînés  en  ligne 
directe  et  masculine  (1).  Il  exclut  de  toute  substitution  :  l*"  les 
mâles  en  quelque  degré  et  en  quelque  ligne  que  ce  fut  qui  se  trou- 
veraient engagés  dans  les  ordres  sacrés,  religieux  profès  ou  cheva- 
liers de  Malte,  et  ceux  qui  dans  la  suite  prendraient  ces  engage- 
ments; 2<*  ceux  qui  auraient  épousé  avant  l'ouverture  une  femme, 
dont  le  père  n'aurait  pas  assez  de  noblesse  pour  faire  ses  enfants 
chevaliers  de  Malte  et  les  enfants  qui  en  naîtraient  ;  3<>  les  filles  de 
tous  les  substitués.  Il  chargea  à  perpétuité  les  possesseurs  des 
biens  substitués  de  faire  redorer  tous  les  vingt-cinq  ans  la  statue  de 
Louis  XIV  et  les  ornements  à  Tentour,  si  le  prévôt  des  marchands 
et  les  échevins  le  jugeaient  nécessaire,  et  d'y  faire  las  réparations  (i). 
Il  stipula  en  outre  que  toutes  les  branches  masculines  de  la  maison 
d^Aubusson  venant  à  finir,  faute  de  mâles,  les  filles  et  leurs  des- 
cendants en  étant  exclus,  toutes  les  terres  substituées  appartien- 
draient pour  toujours  à  la  Ville  de  Paris,  sous  la  charge  d*entretenir 
les  ouvrages  détaillés  au  contrat,  et  qu'elle  ne  pourrait  vendre, 
échanger  ou  hypothéquer  ces  terres  et  seigneuries,  dont  les  fonds 
et  revenus  demeureraient  perpétuellement  affectés  à  la  conservation 


(1)  Voyez  la  généalogie  complète  de  la  maison  d'Aubusson  dans 
VHistoire  d*Aubu88on,  par  M.  Cyprien  Péralhon. 

(2)  Quelques  années  après  la  mort  du  maréchal  de  la  Feuillade,  la 
roi  dispensa  son  fils  de  faire  ces  réparations  et  s'en  chargea  lui- 
même* 


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-  28,- 

et  à  rentrelien  des  ouvrages  et  des  lumières.  Enfin  le  donateur  prit 
la  précaution  de  déclarer  que,  dans  le  cas  où  une  partie  de  ces 
terres  vint  à  être  aliénée  à  la  requèle  de  ses  créanciers  ou  autre- 
ment, la  valeur  de  celte  portion  serait  reprise  sur  le  duché  de 
Roannës  et  le  marquisat  de  Boisy,  achetés  par  lui,  valant  dix-neuf 
mille  livres  de  rente,  sur  les  châiellenies  de  Saint-Haon,  de  Saint- 
Maurice,  de  Crozet  et  de  Cerviéres,  en  Forez,  du  revenu  de  six  mille 
livres,  sur  la  terre  de  la  Grange-Bléneau,  en  Brie,  rapportant  neu 
mille  livres  par  an,  sur  celle  de  Boismont,  en  Poitou,  du  revenu 
annuel  de  douze  cents  livres,  sur  ses  manoirs  de  Saint-Germain  et 
de  Versailles  et  sur  un  brevet  de  la  somme  de  deux  cent  soixante- 
dix  milles  livres  qu'il  avait  sur  sa  charge  de  colonel>général  des 
Gardes- Françaises. 

Le  maréchal  de  la  Feuillade  fut  honoré  du  collier  de  Tordre  du 
Saint-Esprit  le  31  décembre  1688,  et  à  cause  de  cette  nouvelle 
dignité  il  imposa  une  taille  sur  ses  hommes  serfs  des  châtellenies 
d'Aubusson,  Fellelin,  Ahun,  Chénérailles,  Jarnages  et  Brouilles  : 
c'était  Tapplication  de  la  taille  aux  quatre  cas.  Les  taxes  en  furent 
1res  modérées,  et  le  recouvrement  eut  lieu  sans  procès  (1). 

François  d'Aubusson  mourut  subitement  à  Paris  dans  la  nuit  du 
18  au  19  septembre  1691,  et  fut  enterré  à  Saint-Eustache,  sa 
paroisse.  Le  roi,  soupant  à  Marly,  dit  que  Tannée  de  la  prise  de 
Mons(l69t)  lui  fut  heureuse,  qu'il  fui  débari assé  de  trois  hommes 
qu'il  ne  pouvait  plus  souffrir  :  La  Feuillade  en  était  un.  Cependant 
il  perdait  un  bon  et  vaillant  serviteur;  il  ne  lui  tenait  guère  compte 
de  Taltacheiuent  qu*il  avait  toujours  manifesté  pour  sa  personne,  ni 
même  de  l'adulation  à  laquelle  il  s'était  malheureusement  livré. 

François  d'Aubusson,  maréchal  de  la  Feuillade,  fut  en  définitive 
un  homme  de  guerre  remarquable.  Modèle  du  gentilhomme  et  du 
courtisan,  il  fut  surtout  un  homme  d'esprit.  On  lui  attribue  nombre 
de  buns  mots,  celui-ci  entr'aulres  :  Un  évêque  trop  mondain  lui 
demandait  qui  allait  élre  désigné  pour  l'archevêché  de  Paris. 
«  Ça  dépend  »,  répondit-il,  «  si  c'est  le  roi  qui  choisit  ce  sera 

(1)  Cyprien  Pératbon,  HUtoive  d'Aubua$oni  152, 153. 


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-M  - 
Cosnac,  si  c'est  Dieu  ce  sera  Bossuet,  mais  si  c'esl  le  diable,  ce  sera 

TOUS  ». 

Parmi  les  différents  genres  de  mérite  qui  Tont  distingué,  il  en  eut 
un  bien  recommandable  et  qui  est  devenu  bien  rare,  c'est  celui 
d'estimer  et  de  rendre  justice  aux  vertus  de  ceux  qu'il  aimait  le 
moins.  Câlinât  n'était  pas  de  ses  amis  ;  cela  ne  l'empêcha  pas  de 
dire  au  roi,  qui  lui  demandait  ce  qu'il  en  pensait  :  «  Sire,  c'est  un 
homme  que  vous  pouvez  employer  à  tout,  et  qui  réussira  dans 
tout  :  faites-le  votre  chancelier,  donnez-lui  vos  finances  à  régler  ou 
vos  troupes  à  commander,  il  sera  également  propre  à  être  chance- 
lier, contrôleur-général  et  général  d'armée  »  (1). 

François  d'Âubusson  avait  épousé,  par  contrat  du  9  avril  1667, 
Charlotte  Gouffier,  fille  d'Henri  Gouffier,  marquis  do  Boisy,  comte  de 
Maulevrier,  seigneur  d'Oyron,  et  d'Anne-Marie  Hennequin,  dame 
du  Peray.  Elle  lui  apporta  le  duché  de  Roannès  par  la  démission 
volontaire  que  lui  en  fit  Artus  Gouffier,  duc  de  Roannès,  son 
frère  (2).  Elle  mourut  à  Paris  le  U  février  1683,  à  l'âge  de 
cinquante  ans. 

De  leur  mariage  naquirent  : 

!•  Louis-Joseph-Georges  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  dit  le  comte 
de  la  Feuillade,  né  le  10  février  1670,  mort  le  0  août  1680  ; 

2<>  Louis  III,  qui  suit  ; 

3»  François  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  mort  en  bas-âge  ; 

4o  Marie-Thérèse  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  née  le  i4  août 
1671,  morte,  sans  alliance,  le  28  janvier  1692,  à  Paris,  et  inhumée 
le  lendemain  aux  Carmélites. 

XVIIL  —  Très  haut  et  très  puissant  seigneur  Monseigneur 
Louis  III  d'Aubusson,  duc  de  Roannès,  vicomte  d'Aubusson,  mar. 
quis  de  Boisy  et  de  Cervières,  comte  de  la  Feuillade,  baron  de  la 
Borne  et  de  Pérusse,  seigneur  chastelain  des  villes  de  Felletin, 
Ahun,  Chénèrailles,  Jaruages,  Brouilles,  seigneur  du  Breuil,  de 

(1)  Jouilleton,  Hiêtoire  de  la  Marche  II,  G3. 

(2)  La  Chenaye-Desbois,  Dictionnaire  de  la  Noblesse  I,  97G.    • 


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-30- 

Sainl-Généroux,  de  Belleville-en-Thonarsaîs,  de  Meulles,  du  Fief- 
Milon,  de  Miseré,  de  Cursay,  de  Montcontour,  pair  et  maréchal  de 
France,  cbevalier  de  Tordre  du  Sainl-Espril,  connu  sous  le  nom  de 
duc  de  la  Feuillade,  naquit  le  30  mai  1673.  Il  fui  baptisé  par  Bossuet 
dans  la  chapelle  du  Château- Vieux  de  Saint-Gerraain-en-Laye  et 
tenu  sur  les  fonds  baptismaux  par  Louis  XIV  et  la  reine  Marie* 
Thérèse  le  18  novembre  1674(1).  Il  commença  à  servir  en  1685. 
En  1686,  il  servait  en  qualité  de  meslre-de-camp  d*un  régiment  de 
cavalerie.  Le  tl  octobre  1691,  il  succéda  à  son  père  comme  gouver- 
neur du  Dauphiné.  Brigadier  de  cavalerie  le  29  janvier  1702,  il  alla 
servir  en  Italie,  et  fut  déclaré  maréchal-de-camp  en  février  sui- 
vant. En  1703,  il  fut  fait  chevalier  de  Tordre  militaire  de  Saint- 
Louis,  et  le  25  janvier  1704  promu  lieutenant-général  des  armées 
du  roi.  Cette  même  année  1704  il  commanda  un  corps  d'armée  en 
Savoie  et  en  Piémont,  où  il  prit  le  22  juin  la  ville  et  le  château  de 
Suze  et  où  il  s'empara  ensuite  du  val  d'Aoste,  fermant  parla  le 
passage  de  la  Suisse  au  duc  de  Savoie.  Lieutenant-général  comman- 
dant pour  le  roi  dans  le  comté  de  Nice  le  13  février  1705,  il  prit  la 
place  de  Villefranche,  les  forts  de  Honlalban  et  de  Saint-Rospice  et 
la  ville  de  Nice.  La  môme  année  il  défit  un  corps  de  cavaleiie 
allemande  et  piémontaise  à  Selle,  à  deux  lieues  de  Turin  :  ce  qui 
obligea  le  duc  de  Savoie  à  abandonner  Chivasso  et  à  se  retirer  à 
Turin.  En  1706,  La  Feuillade  fui  chargé  de  faire  le  siège  de  Turin. 
Il  échoua  complèleinent  :  les  lignes  de  circonvallaiion  furent  lorcées 
le  7  septembre,  et  La  Feuillade  contraint  de  lever  le  siège. 

Le  13  avril  1700,  le  duc  de  la  Feuillade  vendit  ses  terres  de 
Cursay,  Oiron,  Montcotitour  à  Louis-Henri  de  Pardaillan,  marquis 
d'Atilin  (seul  fils  légitime  de  M»«  de  Montespan),  moyennant  la 
somme  de  trois  cent  quarante  mille  livres  (2). 

De  1687  à  1696,  on  trouve  comme  fermier  de  la  Feuillade  et 
demeurant  au  château  Antoine  ForesL 

En  1697,  demeurait  au  château  de  la  Feuillade  Hyacinthe  Forest, 

(l)  C.  Péralhon,  Histoire  d'Aubusson,  78,  378. 

C2)  Beauchet-Filieau,  Dictionnaire  des  Familles  du  Poitou  I,  160. 


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r 


-31  - 

fils  du  fermier;  de  1702  à  1709,  Marlial  Bénassys,  notaire  royal  de 
Laschaux-Couraud,  demeurait  à  la  Feuillade  comme  fermier.  Il 
était  marié  à  Marguerite  Jagol.  Depuis  1710,  et  peut-être  dès  1701), 
le  duc  de  la  Feuillade  avait  pour  agent  dans  la  Marche  Etienne  de 
Laporte,  sieur  des  Farges,  qui  résidait  à  Felletin  et  était  fondé  de 
la  procuration  générale  du  duc  pour  la  direction  de  ses  affaires  et 
recouvrements  de  ses  revenus  tant  casu3ls  qu'autres.  Par  acte  reçu 
Brissé,  notaire,  le  5  février  1710,  Elienne  de  Laporte,  sieur  des 
Farges,  sénéchal  de  la  Feuillade,  concéda  au  nom  de  Louis  d'Au- 
busson,  duc  de  la  Feuillade,  à  MM.  Jean  Cboupineau  et  Bombrut, 
prêtres,  directeurs  du  collège  de  Felletin,  et  à  leurs  successeurs  le 
terrain  qui  faisait  partie  des  fo.ssés  de  la  ville,  et  qui  était  entre  la 
porte  dite  du  Château,  et  celle  de  l'Horloge,  c'est-à-dire  derrière 
le  jardin  du  collège.  Ce  terrain  contenait  à  peu  près  cinquante- 
einq  toises  de  longueur  et  quatre  toises  et  deînie  hors  des  murs  en 
largeur.  La  concession  eut  lieu  moyennant  «  une  messe  solennelle 
à  diacre  et  sous-diacre,  à  laquelle  assisteraient  chaque  année,  le 
lendemain  de  la  Saint-Louis,  tous  les  écoliers  dudit  collège  pour  la 
prospérité  et  santé  de  mondit  seigneur  le  duc  et  de  madame  la 
duchesse  de  la  Feuillade  ».  Comme  agent  des  affaires  du  duc  dans 
la  province  de  la  Marche,  Etienne  de  Laporte  avait  succédé  à  son 
père  François  de  Laporte,  Meur  des  Farges,  qui  avait  rempli  ses 
fonctions  depuis  1686  jusqu'à  sa  mort,  arrivée  au  commencement  de 
1709.  De  1710  à  1715,  on  trouve  comme  fermier  Antoine  de  Truffy, 
notoire  royal  de  laVilledieu.  Louis  Dubayle,  sieur  de  la  Loy,  notaire 
royal  1716  et  1720,  Jean  de  Trufly,  sieur  du  Meignaud,  bourgeois 
de  la  Villedieu,  petit-fils  d'Antoine  de  Trufly;  en  1720  et  1721, 
Joseph  Tixier,  sieur  de  Tressaigne»,  demeurant  au  château  ;  en  1721 
et  1722,  Léonard  Vareilhe  et  Louis  Dubayle,  sieur  de  la  Loy,  co- 
ferniiers.  Léonard  Mouratille,  sergent  de  la  justice  de  la  Feuillade 
était  en  1713  en  même  temps  garde  des  bois  et  foiêts,  chasse  et 
pèche  du  comte  de  la  Feuillade,  et  demeurait  au  château  ;  de  1714 
a  1727,  il  est  remplacé  par  Claude  Bozon.  (1). 


(1)  Celte  m^me  année  1714  Pierre  Bozon,  frère  de  Claude,  était 
garde  du  duc  à  Àubusson. 


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-32- 

Louis  d'Aubusson  sbtinl  le  i  septembre  1716  Tenregistremeni  au 
parlement  des  lelfres  d'éreclion  en  pairie  du  duché  de  Roannès 
obtenues  par  son  père  au  mois  d'Avril  1667  (1).  Il  .prêta  serment 
et  prit  séance  en  parlement  le  26  novembre  suivant. 

Le  iO  juin  1717  devant  Savaletle  et  Delaleu,  notaire  au  Châleiet 
de  Paris,  le  duc  de  la  Feuillade  donna  sa  procuration  à  Etienne  de 
Laporle,  sieur  des  Farges,  sénéchal  de  la  Feuillade,  pour  t  recevoir 
les  foy  et  hommage  des  vassaux  et  arrière-vassaux  qui  relevaient  de 
sa  vicomte  d'Aubusson  et  châiellenies  de  Felletin,  Ahun,  Chènérail- 
les,  Jarnages  et  Drouilie,  circonstances  et  dépendances,  dans  la  ville 
d'Aubusson,  comme  si  en  personne  y  estoit  ledit  seigneur  le  duc  ». 
Dons  cet  acte  il  se  qualiflail,  «.  gouverneur  et  lieutenant-général 
pour  sa  Majesté  en  la  province  de  Dauphiné  et  nommé  par  le  Roi 
son  ambassadeur  extraordinaire  à  la  Cour  de  Rome  ».  Cette  nomi- 
nation avait  eu  lieu  en  1716. 

Dans  son  mémoire  sur  la  généralité  de  Moulins  en  1698  l'inten- 
dant Le  Verger  estimait  à  dix  huit  mille  livres  de  rente  le  revenu 
que  possédait  dans  la  Marche  le  duc  de  la  Feuillade.  En  y  ajoutant 
le  revenu  de  la  baronnie  de  Pérusse,  située  en  Poitou,  on  voit  que 
cette  évaluation  se  rapproche  beaucoup  de  celle  contenue  dans  la 
donation  du  maréchal  de  la  Feuillade. 

Usant  de  la  faculté  qui  avait  été  accordée  par  rechange  de  1686, 
le  duc  de  la  Feuillade  remboursa  en  1723  aux  officiers  de  la  châtel- 
lenied'Aubussonle  prix  de  leur  charge,  et  celte  année  là  seulement 
la  châlellenie  royale  d'Aubusson  le  prix  de  leur  charge,  et  cette 
année  là  seulemeiil  la  cliâtellenie  royale  d*Aubusson  devint  réelle- 
ment justice  seigneuriale  (2). 

Louis  d*Aubusson  fut  élevé  à  la  dignité  de  maréchal  de  France  le 
2  février  1724,  et  prêta  serment  en  celle  qualité  le  10  du  même 
mois. 

Il  mourut  au  château  de  Marly  dans  la  nuit  du  28  au  29  janvier 
1725,  après  trois  ou  quatre  jours  de  maladie,  «  d'une  fistule  gan- 

(1)  E.  de  Barthélémy,  Les  Ducs  et  les  Duchés  Français. 

(2)  Cyprien  Pérathon.  Histoire  d'Aubusson,  172. 


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grénèe  au  tondemfnl».  Son  corps  fut  porté  à  Paris  et  inhumé  le  30 
dans  l'égHse  des  Tliéatins. 

Couime  capîl aine  il  fut  loin  d'égaler  son  père,  mais  on  a  dit  de 
lui  qu'JI  èLalL  Tliumme  le  plus  aimable  de  son  temps.  Cette  qualité 
en  vaut  breii  une  autre.  Saint-Simon,  qui  ne  Taimait  pas,  le  traite 
furt  durement.  Il  semble  avoir  eu  d'autres  penchants  que  le  pen- 
chant mili[aire,  car,  exécutant  une  idée  de  Pascal,  il  organisa  des 

voiliire^fs  publiques  que  nous  appelons  aujourd'hui  les  omnibus  ;   ce 

premier  essai  èi:lioua  complètement  »  (t). 

Leduc  de  la  Feuillade  avait  épousé:  1°  par  contrat  du  8  mai  1692, 
CliarJLUte-Thfrèse  Phélippeaux  de  la  Vrillière,  fille  <leBallliaziir  Phé- 
li|4ïeaux,  miuquis  de  Chateauneuf  et  de  la  Vrillière,  commandeur 
des  t>nires  du  roi,  secrétaire  d'Elal,  el  de  Marie-Marguerile  de 
Foiifcy.  qui  mourut  à  Paris  le  5  septembre  1697,  à  Tâge  de  vingt- 
deux  »tis,  aprèsi  une  longue  maladie;  2"  le  24  novembre  1701. dans  la 
clmpelif"  du  rhàteau  de  TËsiang.  Marie-Thérèse  de  Chamillart, 
stcantle  fille  de  Mirhel  Chamillarl,  minisire  secrétaire  d'Etat,  con- 
trôleur-général des  Finances,  et  d'Elisabeth  Thérèse  Le  Rebours, 
îiee  lt:2i  se[>teiiibre  1685,  morte  à  Paris  le  3  septembre  1716,  et 
iiihuiuèe  Jiâ  4  à  Sjtnt-Nicoias  du  Dhardonnet. 

Louis  d'Aubusson  ne  laissait  aucun  enfant  de  ces  deux  mariages. 
Par  suite  'a  ducliè- pairie  de  Roannés  demeura  éteinte  et  supprimée, 
<Ëit  vertu  de  la  substitution  établie  par  François  d'Aubusson,  maré- 
dialiitila  Fuui! Inde,  les  terres  substituées  passèrent  à  Jacques  d'Au- 
ijiissuiï,  marquis  de  Miremont,  Jean  d'Aubusson,  son  père,  appelé  à 
Cf^tte  subsiiLution,  étant  alors  décédé.  Mais  tous  les  biens  non  subs- 
iiiués  du  duc  de  la  Feuillade  échurent  à  Hubert-François  d'Aubus- 
sotï,  lih  de  Jïicques  d'Aubusson ,  marquis  de  Miremont,  ledit 
lLjbert*Fraijçois  ayant  été  institué  par  testamentlégataire universel 
de  Louis  d'Aubusson,  duc  de  la  Feuillade. 

XfX,  —  Jacques  d'Aubusson  de  Villac,  chevalier,  marquis  de 
Mir^mom,  baron   de  Villac,  devint  chef  du  nom  et  des  armes  de 

(1)  Raoul  de  Jouvenel,  Nos  Compatriotes  dans  Vhistoire  de  France. 

3 


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sa  maison,  et  vicomte  d'Aubusson,  comte  de  la  Feuillade,  baron  de 
la  Borne  et  de  Pérusse,  seigneur  châlelaiii  de  Fellelin,  Ahiin,  Ché- 
nérailles,  Jarnages  et  Drouille,  par  la  mort  de  Louis  d'Aubusson. 
duc  de  la  Feuillade,  arrivée  le  29  janvier  i7:î5,  la  subsiitution  faile 
par  le  maréchal  de  la  Feuillade  François  d'Anhusson  s'étant  trouvée 
ouverte  à  son  profit  par  la  mort  de  son  père,  qui  y  avait  élé  appelé. 
Il  naquit  à  Hiremont  le  30  mars  1658  et  y  fut  baptisé  le  18  décem- 
bre 1671.  Il  était  fils  de  Jeand'Aubusson,  chevalier, baron  de  Villac, 
marquis  de  Miremont,  près  Périgueux,  el  de  Louise  d*Aubusson  de 
Caslel-Nouvel,  et  le  septième  descendant  de  Guyot  d'Aubusson,  sei- 
gneur de  Villac  el  de  la  Folhade  en  1430  (1).  Il  était  parent  au  dix- 
septième  degré  du  dernier  duc  de  la  Feuillade.  Il  avait  obtenu  le 
grade  de  capitaine  d'infanterie. 

Il  mourut  au  château  de  Villac  le  18  juin  1737  et  fut  inhumé  à 
Miremont,  en  Périgord.  Il  avait  été  marié,  par  contrat  du  19  janvier 
1697,  à  Françoise  de  Chapt  de  Raslignac,  fille  d'André  Jacques  de 
Chapt  de  Rastignac,  seigneur  de  Firbeix,  de  Coupiac  el  de  la  Glon- 
die,  en  Périgord,  et  d'Anne  du  Barry  ;  elle  mourut  au  château  de 
Hiremont,  à  Tâge  d'environ  84  ans,  le  31  Juillet  1750,  el  fut  inhumée 
le  lendemain  à  Miremont.  De  ce  mariage  naquirent  : 

!•  Geoffroy  d'Aubusson  de  Villac,  mort  en  bas-âge; 

2«  Louis-Jean  d'Aubusson  de  Villac,  mort  en  bas-âge  ; 

3*  Hubert-François,  qui  suit; 

4»  Louise  d'Aubusson  de  Villac,  née  à  Miremont  en  1699,  morte 
à  Périgueux  en  la  maison  des  Dames  de  la  Foi  le  6  sepembre  1706; 

5«  Anne  d'Aubusson  de  Villac,  dite  Mademoiselle  de  Miremont, 
mariée  à  Miremont  le  4  janvier  1720  à  Pierre  de  La  Vergue,  seigneur 
de  Serval  et  de  Berzè,  en  Sarladois  ; 

6"*  Catherine  d'Aubusson  de  Villac,  mariée  à  Miremont  le  même 
jour  4  janvier  1720  à  Guillaume  de  Boucher,  seigneur  du  Roc,  en 
Sarladois  ; 


(l)  Voyez  dans  VHisioire  d*Aubusson  de   M.  Gyprien  Pérathon  la 
généalogie  complète  de  la  maison  d'Aubusson, 


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7o  Anne  d'Aubusson  de  Villac,  née  en  1703,  mariée  à  Miremonl 
le  27  juin  1724  à  François  Dejan,  chevalier,  seigneur  de  Pressac  el 
de  Baylie,  morle  à  Périgueux  le  !•'  février  1782,  inhumée  le  2  au 
cimetière  de  Sainl-Hilaire; 

S*"  Jeanne  dWubusson  de  Villac,  née  à  Miremonl  le  25  janvier 
J706; 

9o  Jean  d'Aubusson  de  Villac,  né  et  baptisé  à  iMiremont  1b 
!•'  mars  1709  ; 

lO*"  Nicolas  d'Aubusson  de  Villac,  né  à  Miremont  le  27  février 
nil; 

lio  Elisabeth  d'Aubusson  de  Villac,  religieuse  bénédictine  au 
monastère  de  Bugne,  abbesse  de  ce  monastère  dès  1759  ;  encore 
vivante  en  1789,  elle  survit  quelque  temps  à  sa  sortie  du  couvent. 

XX.  —  Hubert-François  d'Aubusson,  vicomte  d'Aubusson,  comte 
de  la  Feuillade,  marquis  de  Miremont,  baron  de  la  Borne  et  de 
Pérusse,  premier  baron  de  la  Marche,  seigneur  châtelain  des  villes 
et  châ'ellenies  de  Felletin,Ahun,Chéi)érailles,Jarndges  et  Brouilles, 
seigneur  du  Duché  de  Roannès,  marquis  de  Boisy  et  de  Cervièrejî, 
en  Forez,  seigneur  de  Villac,  appelé  le  comte  de  la  Feuillade,  naquit 
le  22  août  1707.  Il  fut  reçu  page  du  roi  en  sa  grande  écurie 
le  8  mai  1723,  chevalier  des  ordres  de  Notre-Dame  du  Mont-Canne! 
et  de  Saint  Lazare  de  Jérusalem  le  6  décembre  1724.  Le  3  juin 
1725,  il  fut  fait  mestre-de-camp  du  régiment  de  Boyal-Piémoui 
cavalerie. 

Institué  légataire  universel  par  Louis  d'Aubusson,  dernier  duc  de 
la  Feuillade,  Hubert-François  hérita  du  duché  de  Roannès,  du 
njarqnisat  de  Boisy,  de  quatre  châlellenies  et  de  deux  autres  terres 
non  substituées  à  son  père,  le  tout  évalué  en  1687  à  trois  cent 
cinquante-deux  mille  livres  de  rente.  Par  la  mort  de  son  père,  îl 
succéda  en  1727  aux  biens  substitués  de  la.  Marche.  En  1733,  il 
avait  pour  intendant  Gabriel  Laboreys  de  la  Pigue,  châtelain  et 
lieutenant-général  de  police  d'Anbusson.  En  1728,  Jean  Gipoulou, 
bourgeois  de  Felletin,  était  fermier  de  la  terre  et  comté  de  la 
Feuillade  et  habitait  le  château.  Il  Tétait  encore  en  1743.  Comme 


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garde  des  bois  et  forêts,  chasse  et  pèche,  on  trouve  en  1738  Antoine 
MarLinaud,  en  niême  temps  sergent  de  la  justice  de  la  Feuillade; 
il  exerçait  encore  les  fondions  de  garde  en  1745,  e(  habitait  le 
cb&leau. 

Le  comle  de  la  Feuillade  mourut  le  9  juin  1735  à  Cavallara,  près 
Guiislalla,  en  Italie,  et  fut  inhumé  dans  Ins  caveaux  de  Téglise. 
Il  avait  était  accordé  le  11  avril  1725  avec  Marie-Victoire  de  Prie, 
née  à  Turin  le  29  novembre  1717,  tenue  sur  les  fonds  baptismaux 
par  le  roi  de  Sardaigne  et  Madame  Royale,  fille  de  Louis,  marquis 
de  Prie,  chevalier  des  ordres  du  roi,  lieulenant-général  au  gouver- 
nement de  Languedoc,  et  d'Agnès  Berthelot  de  Pléneuf,  dame  du 
palais  de  la  reine.  La  future  n'ayant  que  sept  ans  révolus,  ce 
mariage  ne  devait  être  réalisé  que  plus  tard.  Il  fut  rompu,  et 
Hubert' François  d'Aubusson  épousa,  par  contrat  du  23  et  célébra- 
tion du  28  avril  1727,  Catherine-Scholaslique  Bazin  de  Bezons, 
vicomtesse  de  Mably,  dame  de  Coriiillou,  Commières  et  Maltaverne, 
née  le  10  février  1706,  fille  de  Jacques  Bazin  de  Bezons,  maréchal 
de  France,  chevalier  des  ordres  du  roi,  grand-croix  de  Tordre  de 
Sailli-Louis  et  gouverneur  de  Cambrai,  et  de  Marie- Marguerite 
Le  Ménestrel  de  Hauguel.  En  1748,  la  vicomtesse  d'Aubusson  fut, 
avec  Louis-Charles-Armand-Rose,  son  fils,  comme  parrain,  marraine 
de  la  cloche  de  Téglise  de  Sainte-Croix  d'Aubusson  (1). 

De  ce  mariage  naquii*ent  : 

1*^  Jean-François-Marie  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  né  le  30  jan- 
vier 1728,  et  mort  le  même  mois; 

2"*  Hubert-Louis-Gabriel,  qui  suit; 

3°  Louise-Anne-Gabrielle  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  née  le 
31  janvier  1731; 

A"*  Françoise-Catherine-Scholaslique  d'Aubusson  de  la  Feuillade, 
née  â  Miremont  le  11  août  1733  (parrain  Armand  Bazin  de  Bezons, 
èvt^que  de  Carcassonne;   marraine   Louise -Madeleine   Le  Blanc, 

(i)  Cyprien  Pérathon,  Histoire  (TAubusson,  2G5. 


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veave  d'Esprit  Jouvenel  de  Harville  des  Ursins,  marquis  de  Trais- 
Del)«  appelée  Mademoiselle  de  la  Feaillade,  mariée  le  13  Juin  1752, 
par  Tévêque  de  Carcassonne,  son  oncle,  à  François-Henri  d'Har- 
conrl-Beuvron,  appelé  le  comie  de  Lillebonne,  brigadier  de  dragons 
el  mestre-de-camp  du  régiment  d'Harcourt,  fils  aîné  d'Anne-Pierre 
d'HarcourI,  inarquis  de  Beuvron  et  duc  dHarcourt,  et  de  Tbérèse- 
Eulalic  deBeaupoil  de  Sainte-Aulaire,  depuis  duc  dHarcourt,  comte 
de  Lillebonue,  pair  de  France,  marquis  de  Saint-Bris,  baron  de 
Cbitry,  en  Auxenois,  lieutenant-général  des  armées  du  roi  en  1762, 
lieutenant-général  de  Normandie  en  1764,  chevalier  de  Tordre  du 
Saint-Esprit  le  1«' janvier  1785,  reçu  le  2  février  suivant,  gouver- 
neur du  l)aupbiné  le  17  décembre  1786,  né  le  12  janvier  17i6,  mort 
à  Staine  (Angleterre)  le  22  juillet  1802;  la  duchesse  d'Harcourt 
mourut  à  Paris  le  12  novembre  1815  ; 

S""  Louis-Charles-Armand-Rosc,qui  viendra  après  son  frère. 

Les  enfants  mineurs  d'Hubert-François  d'Aubusson  eurent  pour 
tuteur  honoraire  François  Cadot,  bourgeois  de  Paris. 

XXI.  —  Huberl-Louis- Gabriel  d'Aubusson,  vicomte  d'Aubusson, 
comte  de  la  Feuillade,  baron  de  la  Borne  et  de  Parusse,  premier 
baron  de  la  Marche,  seigneur  châtelain  de  Felielin,  Ahun,  Chéné- 
railles,  Jarnages  et  Brouilles,  seigneur  du  duché  de  Roannès, 
marquis  de  Boisy  et  de  Cervières,  naquit  le  3  août  1729.  Bu  vivant 
de  son  père,  il  était  connu  sous  le  nom  de  vicomte  de  la  Feuillade. 
Il  mourut  de  la  petite  vérole,  à  Paris,  dans  le  mois  de  janvier  1742. 

XXIL—  Louis-Charles-Armand-Rose  d'Aubusson,  vicomte  d'Au- 
busson,  comte  de  la  Feuillade,  baron  de  la  Borne  et  de  Pérusse, 
premier  baron  de  la  Marche,  seigneur  châtelain  de  Felletin,  Ahun^ 
Chénérailles,  Jarnages  et  Brouilles,  seigneur  du  duché  de  Roannès, 
marquis  de  Boisy  et  de  Cervières,  naquit  posthume  à  Carcassonne 
le  S7  août  4735.  Il  fut  connu  sous  le  nom  de  comte  de  la  Feuillade. 
En  qualité  d'alné  de  la  maison  d^Aubusson,  il  eut  l'honneur  d'offrir 
le  13  septembre  1750  au  roi  Louis  XV,  dans  son  cabinet,  une 
médaille  d'or,  représentant  d'un  côté  le  groupe  de  la  place  des 
Victoires,  que  le  maréchal  do  la  Feuillade  avait  fait  élever  en  1686 
en  rhoaueur  de  Louis  XIV;  on  lisait  autour  :  «  Patri  exercUuum  et 


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ductori  semper  felici  »,  et  dans  l'exergue,  «  F)raiic.  Vie.  Corn. 
d^Aub%is$on  posuii  in  arcn  publica  Lutetiaruniy  anno  1686  »  ;  au 
revers,  la  tête  de  Louis  XIV.  Les  aînés  de  la  maison  d'Aubusson 
devaient  rendre  au  roi  cet  hommage  tous  les  cinq  ans. 

Celait  la  comtesse  douairière  de  la  Feuillade  qui  administrait  la 
terre  et  comté  de  la  Feuillade.  En  1747,  elle  avait  au  château  de  la 
Feuillade  pour  régisseur,  receveur  ou  fermier  Jean-François  Martin, 
qu'on  y  trouvait  encore  en  1753.  En  1770,  ce  Martin  hahitaitVallière. 

Mousquetaire  du  roi  de  la  première  compagnie,  Louis-Charles- 
Armand-Rose  d'Aubusson,  mourut  à  Paris,  le  27  janvier  1752,  des 
suites  de  la  pelile  véiole,  sans  avoir  été  marié.  Avec  lui  finit  sa 
branche. 

A  la  mort  de  Louis-Charles-Arniand-Rose  d'Aubnsson  la  branche 
d'Aubusson  de  Villac  faisant  défani,  la  substitution  établie  par 
François  d'Aubusson,  maréchal  de  la  Feuillade,  eut  lieu  une  seconde 
fois,  et  le  comté  de  la  Feuillade,  ainsi  que  les  autres  biens  substi- 
tués, passèrent,  en  la  personne  de  Pierre-Arnaud  d'Aubusson, 
marquis  de  Castel-Nouvel  et  de  Saint-Paul,  à  la  branche  des  sei- 
gneurs de  Deauregard  et  de  Castel-Nouvel,  sortie  de  la  branche 
des  seigneurs  de  Villac,  marquis  de  Miremonl. 

XXIH.  —  Pierre-Arnaud  d'Aubusson,  marquis  de  Castel-Nouvel 
ou  Novel,  de  Saint-Paul  de  Serre  el  de  Meizèard,  seigneur  de  Jaure 
ou  Jars,  Maiconnay,  Sansay,  Gouges,  Servière  et  autres  lieux, 
devenu,  après  avoir  recueilli  la  substitution  de  sa  maison  (1752), 
vicomte  d'Aubusson,  comte  de  la  Feuillade,  baron  de  la  Borne  et  de 
Pérusse,  premier  baron  de  la  Marche,  seigneur  des  villes  et  châtel- 
tellenies  d'Aubusson,  Felletin,  Ahun,  Chénérallles,  Jarnages  et 
Brouilles,  naquit  au  château  de  Meizéard  le  18  janvier  1717  et  fut 
baptisé  le  surlendemain  en  r.èglise  paroissiale  de  Paizay-le-Tort. 
Il  était  le  fils  cadet  d'André-Joseph  d'Aubusson,  chevalier,  marquis 
et  comte  d'Aubusson,  marquis  de  Castel-Novel  (i)  et  de  Saint-Paul 

(1)  Caslel-Novel,  paroisse  de  Varetz,  en  Limousin,  est  cité  parmi 
les  terres  titrées  du  Limousin  dans  le  Mémoire  sur  la  Uénérahlé  de 
Limoges  dressé  en  1698  par  Louis  de  Beriiage,  intendant  (Mémoire 
publié  par  M.  Alfred  Leroux  dans  le  Bulletin  de  la  Société  Archéolo* 
gique  el  Uisturique  du  Limouin^  tome  XXXU. 


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de  Serre,  seigneur  de  Jaure,  lieutenant-général  des  armées  du  roi, 
chevalier  de  Tordre  militaire  de  Saint-Louis,  appelé  te  marquis  et 
le  comle  d'Âubusson,  et  de  Jeanne-Baptiste-Elisabetli-Gharlotte  de 
Vernon  de  Bonneuil,  marquise  de  Meizéard,  dame  de  Marconnay, 
Sansay,  etc.  et  le  huitième  descendant  de  Guyot  lî'Âubuf^son,  sei* 
giieur  de  Villac  et  de  la  Folhade  en  1420(1).  Il  était  t^^tent  au 
dix-huilième  degré  de  Louis  d*Aubusson,  second  duc  de  la  Feuîllade. 
Sa  branche  avait  fait  ses  preuves  de  noblesse  en  1666. 

Pierre-Arnaud  fut  d'abord  connu  sous  le  nom  de  chevalier  d*Au' 
busson.  Lorsqu'il  fut  devenu  chef  de  nom  et  d'armes  de  sa  maison, 
on  rappela  le  vicomte  d'Aubusson.  En  1741  il  ét^ùt  inousquelaîre 
du  roi,  seconde  compagnie.  On  le  trouve  plus  lard  capilaitie  au 
régiment  de  Bezons  cavalerie. 

Pierre-Arnaud  avait  un  frère  aine  Louis-Charles  d'Aubusson, 
marquis  de  Castel-Novel  et  de  Saint-Paul,  dit  le  marquis  d'^ubus* 
son,  né  à  Périgueux  le  I  i  janvier  1710,  qui  était  capîlaîjie  au  régi- 
ment de  Hoyal-Piémont  cavalerie  en  1734  ;  Piëire-ÂiJiaud  fut 
nommé  tuteur  de  ce  frère  aine,  dont  Tintelligence  s'elait  obscurcie 
et  qui  mourut  à  Château-Thierry  le  17  avril  1751,  sans  avoir  éle 
marié.  Ils  avaient  une  sœur  Marie-Elisabeth  d'Aubusson,  née  au 
château  de  Meizéard  le  19  août  1712,  mariée  dans  la  chapelle  du 
château  des  Ouches  le  !«■*  juillet  1737  à  Louis-Charles  de  Crussol 
d'Uzès,  marquis  de  Monlausier,  seigneur  de  Salh-s,  inesire -de- 
camp-lieutenant  du  régiment  de  Bourbon  cavalerie,  né  le  28  octo- 
bre 1706,  mort  au  château  de  Salies  le  2  septeiiibre  1769;  elle 
mourut  à  Tours  le  23  avril  1796  (4  floréal  an  IV). 

Le  vicomte  d'Aubusson  demeurait  ordinairement  à  Paris,  rue  du 
Bac.  En  17S9  il  habitait  la  ville  de  Périgueux.  Depuis  1751  il  avail 
pour  fermier  à  la  Feuillade  Mathieu  Foucaud,  sieut' de  la  Salasse ^ 
époux  de  Marie-H&deleine  De  Bord  qui  habitait  le  cliâleau  et  qui 
en  1762  était  lieutenant  de  la  justice  de  la  Feuillade.  Ce  dernier 
resta  fermier  de  la  Feuillade  jusqu'en  1775.  Suivant  acle  du  31  mai 


(1)  Voyez  dans  VHlatoire  d'Aubuêson  de  M.  Cypiien  Pérathûn  la 
{énéalogie  complète  de  la  maison  d'Aubusson. 


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-40- 

1774  Coatisson  et  Barjaud,  notaires  royaai,  passé  au  cbàteao  de  la 
Feoillade,  messire  Jacques  de  Gain,  chevalier,  seigneur  comte 
d'Enval,  baron  de  Teyssonnière,  seigneur  de  Goursolles  et  autres 
ses  places,  ancien  lieutenant  de  dragons  d*Abson,  résidant  en  son 
château  d*Enval,  paroisse  de  Charaberet,  en  Limousin,  ce  voulant 
donner  des  marques  de  sa  tendresse,  afeclion  et  de  son  amitié 
pour  demoizelle  Claudine  Foucaud  de  la  Sallesse  de  Bord  sa 
cousine  germene  et  sa  filleule  fille  a  messire  Malhieui  Foucaud 
de  la  Salesse  et  de  dame  Marie-Magdelaiene  de  Bord  »,  lui  fit 
donation  entre-vifs  de  la  somme  de  cinq  mille  livres,  payables 
seulement  après  le  décès  du  sieur  de  Gain,  donateur.  Cette  même 
Claudine  fut  mariée,  suivant  contrat  du  l***  avril  1775  Barjaud, 
notaire  royal,  à  Jean  Nicollet,  seigneur  de  la  Grillière  et  la  Peyre^ 
résidant  à  La  Peyre,  paroisse  de  Sondeyre,  en  Limousin,  en  pré- 
sence de  M*  François  Ruyneau  de  Saint-Georges,  seigneur  de  Saint- 
Georges-Nigremont,  président  châtelain  de  la  ville  et  châtellenie 
royale  de  Felletin,  y  demeurant,  de  H*  Jean-François  de  Trufiy  du 
Heignaud,  avocat  en  parlement,  procureur  fiscal  de  la  justice  de  la 
Feuillade,  demeurant  au  bourg  de  la  Villedieu,  de  messire  Pierre 
de  Gain,  chevalier,  seigneur  de  Laverrière,  Theil,  Joulages  et 
autres  lieux,  résidant  en  la  ville  de  Treignac,  du  baron  de  Tarnac, 
de  Darfeuille  de  Rubeyne  et  de  Daiidaleix  de  Vaux,  prêtre. 

A  fin  de  bail,  en  1775,  Mathieu  Foucaud  de  la  Salesse  se  trouvait 
débiteur  du  seigneur.  Des  saisies  furent  pratiquées,  à  la  requête  de 
ce  dernier,  sur  les  débiteurs  de  la  succession  de  Mathieu  Foucaud 
de  la  Salesse,  alors  décédé.  Cependant  le  vicomte  d'Aubusson  fut 
probablement  dè^intéressé,  car  par  acte  du  5  juillet  1785  Barjaud, 
notaire  royal,  Claude-François  de  Lapone  de  Lamorie,  avocat  en 
parlement,  mandataire  dès  1783  du  vicomte  d'Aubusson;  comte  de 
la  Feuillade,  donna  main-levée  des  dites  saisies. 

De  1769  à  1776  Léonard  Delaurent  ou  Delaron,  demeurant  à  la 
Villedieu,  était  garde  de  la  Feuillade. 

En  177:2  le  vicomte  d*Aubusson  habitait  le  château  de  Castel- 
Movel,  près  Drive.  Depuis  1763  il  était  associé  correspondant  du 
bureau  d'agriculture  de  Drive  et  publia  cette  année  1772  à  Amsler* 


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^41  - 

dam  un  a  Modèle  d'un  nouveau  ressort  d'économie  polilique  ou 
projet  d'une  nouvelle  espèce  de  banque  qu^ou  pourra  nitmmer 
banque  rurale  (1). 

Quoiqu'il  n'habitai  pas  la  province,  U  vicomte  trAubussori  se 
tenait  toujours  en  rapports  bierïveiHHiits  avec  ses  vassaux,  La  ville 
d'Âubusson  ayant  besoin  de  fonds  pour  exécuter  divers  travaux, 
son  maire,  le  marquis  de  Gimel,  s'adresse  au  vicomte,  qui,  par  un 
acte  donné  à  Paris  le  !•'  sepleraljre  1767,  déclare  que  t  son  inten- 
tion étant  de  saisir  toutes  les  occasions  de  marquer,  selou  ta  mesure 
de  son  pouvoir,  son  affection  pour  la  ville  d'Aubussim  et  d*;tillf;urs 
se  trouvant  très  flatté  d'obliger  encore  en  cela  M*  le  marquis  de 
Giinel,  il  fait  don  à  ladite  ville,  pour  qu'elle  l'applique  à  s<ui  [Ous 
grand  avantage,  du  canon  rompu,  écUnls  et  morceaux  d'iceluî  qui 
y  sont  actuellement,  lesquels  eu  noire  quulilè  de  seigneur  vicomte 
d'Àubusson  nous  apparliennenl  ».  La  vente  de  ce  canon  produisit 
douze  cent  quarante-buit  livres  quatre  sols  (â). 

On  trouve  en  1775  comme  ft^rmier  général  du  vicomte  d*Aubus- 
son  Joseph  Tixier  du  Dreuil,  bourgeois  de  Felletin.  El  n'haljitnil  pas 
le  château  de  la  Feuillade,  mais  il  j  avait  pour  reprèst  iiTant  en 
1775  Jean  Boutbonnet,  marchmid,  en  1776  Antoine  Divern^resse  de 
Lamornaix,  qui  était  en  même  temps  procureur  près  la  justice  de 
la  Feuillade. 

Léonard  Courtois,  soldat  invaliile,  était  garde  des  bois,  eaux  et 
forêts  du  comte  de  la  Feuillade  ^n  i778  et  bril>itait  leclïâteau;  it 
occupait  encore  ce  poste  eu  1785.  Laurent  Petit  remplissait  aussi 
ces  fonctions  en  1780. 

En  1780  le  vicomte  d'Aubusson  bubitait  Paris,  rue  du  Marais,  et 
avait  pour  mandataire  dans  la  Marche  nohie  Monsieur  Maître 
François  Ruyneau  de  Saint-Georges,  seigneur  de  Saint-Georges- 
Nigremont,  conseiller  du  roy,  président  ctiâtetain,  tieulenattt* 
général  de  police  et  lieutenant  criminel  au  siège  royal  de  Felletin, 
y  demeurant,  paroisse  de  Beaumont, 

(1)  Archives  Historiques  du  Limousin  111,  210. 
(3)  Cyprien  Pérathoni  Hiêtcire  d'Aubusson,  79, 


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-  42  - 

Eli  1782  Anioine  Diverneresse  demeurait  au  château  de  la 
Feuillade  en  qualité  de  fermier.  A  partir  de  4783,  il  exerça  les 
fonctions  de  notaire.  Suivant  contrat  du  19  janvier  1785  Jagot, 
notaire  royal  à  Villemoneix,  il  maria,  de  concert  avec  Marie  Dumas, 
sa  femme,  sa  fille  Léonarde  Diverneresse  à  Jean-Bapliste  Deguil- 
laume,  bourgeois  de  Prevenchère.  Le  18  mai  1788  devant  Barjaud, 
notaire  royal,  et  en  présence  d'Etienne  Courtaud,  sergent  de  la 
justice  de  la  Feuillade,  et  de  Diverneresse,  curé  de  Sainte-Feyre, 
fut  passé  le  contrat  de  mariage  de  Françoise  Diverneresse,  son 
autre  fille,  avec  Emmanuel  Courtaud,  marchand  à  Faux. 

Pierre  Foussadier  en  1785  était  garde  des  bois,  forêts,  chasse  et 
pêche  du  comte  de  la  Feuillade  ;  on  le  trouve  encore  dans  ce  poste 
en  Tan  IV;  Etienne  Bargoin,  en  même  temps  huissier  ordinaire  ou 
sergent  de  la  justice,  remplissait  aussi  ces  fonctions  en  1786  et 
encore  en  1792  :  tous  deux  habitaient  le  château  de  la  Feuillade. 

Le  vicomte  d'Aubusson  est  qualifié  «  très  haut  et  très  puissant 
seigneur,  Monseigneur  »,  dans  la  procuration  par  lui  donnée  à 
messire  Louis-Armand-François  de  Seiglière  de  Boery  pour  le  re- 
présenter à  TÂssemblée  de  la  noblesse  de  la  Haute-Marche  tenue  à 
Guéret  le  16  mars  1789;  mais  Tordre  de  la  noblesse,  par  mesure 
générale,  ne  reconnut  que  la  qualité  de  «  haut  et  puissant  seigneur, 
mt^ssire  ».  Il  donna  également  procuration  pour  le  représenter 
à  TAssemblée  de  la  noblesse  du  Bas-Limousin  tenue  à  Tulle  le 
même  jour  :  dans  celte  procuration  il  est  simplement  qualifié 
a  Monseigneur  ». 

Par  acte  du  3  avril  1790  Fourret  et  son  confrère,  notaires  au 
Châtelet  de  Paris,  le  comte  de  la  Feuillade  vendit  la  coupe  de  la 
forêt  de  la  Feuillade  aux  sieurs  Pierre  Mourrier,  Constantin  et  C^«, 
négociants  de  Limoges.  Il  leur  afferma  en  même  temps  la  terre  de 
la  Feuillade,  le  château  et  les  préclôlures,  ne  se  réservant  qu'un 
logement  dans  le  château  pour  ses  gaides.  Ces  fermiers  eurent 
de  1791  à  1794  pour  agent  au  château  Jean-Joseph  Prieur,  dit 
Verdain. 

Quoiqu'il  ne  fut  plus  fermier,  Antoine  Diverneresse  habitait 
encore  le  château  en  1791  £a  1789  il  était  greffier  en  chef  de  la 


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—  43  — 

cbâtellenie  de  Fellelin.  En  Tan  XI,  il  était  juge  de  paix  de  Felletin. 
Eii  Tau  iV  Jean  Boissoui  était  garde  à  la  Feuiilade. 

Pierre>Arnau(t  d'Âubusson,  vicomte  d'Aubusson,  comte  de  la 
Feuilbde,  mourut  au  château  de  Meizéard  le  4  décembre  1797 
(U  frimaire  an  YI), 

Il  avait  épousé  :  1**  dans  la  chapelle  du  château  de  Vaudre,  en 
Perigord,  mariage  béni  par  Tabbé  de  Bourdeille,  le  14  mai  1754 
fconlrat  si^^riè  )'ar  Ui  roi  et  la  famille  royale  le  10  avril  précédent), 
Jeanne-Marie  d'Hautefort  de  Vaudre,  née  le  6  mai  1734  au  château 
de  Vaudre,  Ûlle  de  Jean- Louis  d'Hautefort  (1),  chevalier,  comte  de 
Vaudre,  marquis  ite  Bruzac  et  de  Douleviile,  baron  de  Harquessac, 
seigneur  de  la  Rnsoire,  la  Marche,  Saint-Jorry,  etc.  et  d'Anne- 
Marie  de  La  Daufjie-Forsac,  morte  à  Pêrigueux  le  21  juin  1760, 
sans  laisser  d'enfants  ;  2**  à  Paris,  en  Téglise  de  Saint-Sulpice,  le 
3  février  l7ti-2,  Cialherine  Poussemolhe  de  l'Estoile  de  Graville, 
dame  ei  comtesse  de  Graville,  baronne  d'Héricy,  dame  du  Mesnil, 
Les  Dordtis,  Tréchy,  La  Brosse,  elc,  née  à  Paris  le  7  janvier  1742, 
fille  de  feu  Charles  Poussemolhe  de  TEstoil  %  chevalier,  sire  et 
comte  de  Gruville,  baron  d'Hericy,  etc.,  lieutenant-général  et  cordon 
rouge,  et  de  Callierine-Olive  de  la  Salle,  dame  des  terres  de  la 
Freïaie,  de  la  Grande-Rivière,  du  Corail,  du  Trou  d'Enfer  et  de  la 
Place-à-Daniel  sur  le  territoire  de  Léogane  à  Saint-Domingue, 
remariée  à  Jean-Georges-Julie  de  Talleyrand-Périgord,  vicomte  de 
Talltiyrand-F^erigord,  baron  de  Beau  ville,  brigadier  des  armées  du 
roi  et  chevalier  de  Saint-Louis.  Le  17  octobre  1789  le  district  de 
Felletin  voLa  d^s  remerciements  à  la  vicomtesse  d'Aubusson,  qui 

Bv:ni  envoyé  irois  mille  livres  pour  les  pauvres.  Elle  mourut  à  Paris 

le  34  février  1801  (5  ventôse  an  IX). 

Du  second  mariage  naquirent  : 

1<>  Pierre-Jacques-Alexandre-Hubert,  qui  suit; 

2^  Pierre- Ray  moud- Victor,  qui  viendra  ensuite. 


(±)  Jean-Louis  d'Hautefort  était  de  la  maison  de  Gontaud-Badefol, 
qui  depuis  environ  quatre  cents  ans  portait  le  nom  d'Uautefort. 


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-  u  - 

XXIV.  —  Pierre -Jacques- Alexandre- Hubert  d'Aubusson  de  la 
Feuillade,  vicomle  d^Aubusson,  comte  de  la  Feuillade,  baron  de  la 
Borne  et  de  Pérusse,  marquis  de  CasleUNovel,  de  Sainl-Paul  et  de 
Heizèard,  appelé  le  marquis  de  la  Feuillade,  naquit  à  Paris  le 
16  mars  1763  el  fut  baptisé  le  lendemain  en  TEglise  de  Saint- 
Sulpice.  Enseigne  aux  gardes  françaises  le  8  novembre  1778,  sous- 
lieutenant  le  15  décembre  1782,  capitaine  au  régiment  d'Artois 
infanterie  le  25  mars  1787,  il  devint  chevalier  de  Saint-Louis,  et 
plus  tard  chevalier  de  la  Légion  d'honneur. 

Par  acte  du  24  avril  1822  Jean -Baptiste  Ronchon,  notaire,  le 
marquis  de  la  Feuillade,  demeurant  alors  à  Paris,  rue  du  Bac,  ûl, 
afferma  pour  cinq  années,  moyennant  deux  mille  quatre  cents  francs 
par  an,  aux  frères  Thomas  la  terre  de  la  Feuillade,  comprenant 
alors  des  domaines  à  Laleux  et  au  Monteil.  Mais,  pour  cause  que 
nous  ignorons,  ce  bail  fut  résilié.  Et,  par  acte  du  26  avril  suivant 
Lepetit-Laforest,  notaire  au  Monteil-au- Vicomte,  le  marquis  de  la 
Feuillade  afferma,  pour  quarante-cinq  années,  à  Antoine  Biaise- 
Léonard  Guyonie,  bourgeois  de  Valiière,  demeurant  alors  à 
Aubusson,  tous  les  bâtiments,  domaines,  héritages  et  étangs  com- 
posant la  terre  de  la  Feuillade,  même  le  pourpris  de  la  forêt,  le 
tout  situé  dans  retendue  des  communes  de  Faux  et  de  la  Villedieu, 
plus  les  coupes  des  bois  taillis  de  Châtre  et  de  Roche-Taillade  situés 
dans  les  environs  de  la  ville  d'Aubusson,  plus  encore  les  biens  et  do- 
maines de  Clupeau,  situés  dans  la  commune  de  Tarnac,  moyennant 
trois  mille  cinq  cents  francs,  payables  annuellement  et  d'avance. 

Antoine-Biaise-Léonard  Guyonie,  nouveau  fermier  de  la  terre  de 
la  Feuillade,  était  né  le  29  octobre  1777.  Il  était  fils  de  Léonard* 
Michel  Guyonie,  sieur  d'Ars  en  1772,  et  de  Marie-Joséphine  Bandy, 
bourgeois  de  Valiière.  Il  avait  épousé  le  16  novembre  1806  (contrat 
du  3  novembre  18C6  Barraband,  notaire),  Marie-Catherine  Coiitis- 
son  du  Mas,  née  le  16  mars  1778,  fille  cadette  de  feu  Jean-Baptiste 
Coulisson  du  Mas,,  représentant  du  peuple  à  la  Convention  nationale 
et  ensuite  au  Conseil  des  Anciens,  et  de  Marie-Madeleine  de  la 
Farge,  sa  veuve.  U  avait  pour  frère  Gabriel  Guyonie^  qui  en  1806 
habitait  Valiière. 


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-45- 

Antoine-Blaise-Léonard  Guyonte  n'habita  pas  la  Feuillaiief  où^ 
depuis  ilncatulje  du  cliâleau  donL  nous  parlerons  plus  loiit,  ne  sa 
trouvait  pas  de  logis  convenabl<i,  Alais,  après  sa  mort  et  vers  1832^ 
Marie  Coiilisson  du  Mas,  sa  veuve,  el  ses  enfauts,  Heiié  Cuyonie  et 
Marie-Madi^leiua  GuyotȔe,  vinieiil  habiler  la  Feuilladc,  avnc  Gabriel 
Guyonie,  leur  beau-frereet  oncle.  C'tst  donc  à  cette  époque  que  fut 
cfuistruile,  avec  les  iiiatériau3£  du  cliàteau,  la  maison  d'tiabi(atîon 
des  fil  milles  Guyonie  el  Vij^er, 

Suivant  acte  du  11  janvier  1837  reçu  par  SN  Antoine  Bert;er, 
notaire  â  Bourgnitjrîuf,  le  juar^uis  de  la  PVuillade,  par  Teritreiuise 
de  Léonard- Michel  Bouchon,  nul  aire  à  liourgaiieuf,  son  manda  la  Ire 
spécial,  vendit  à  Gabriel  Guyonie.  derneurarU  à  Ui  Feuillade» 
moyennant  la  somme  lie  huit  mille  francs:  1»  i'èîang  de  Maude, 
converti  en  pacage,  d'une  èlendne  sufierficieile  de  vingl-hnil  hec- 
tares, situé  au  territoire  de  Tlaz^net;  ^^  ïéyung  de  FauK,  aussi  en 
pacage,  d'une  conleuMOce  de  douze  lieriare?,  situé  entre  Faux  et 
Thèziltat;  3' rèlang  de  Dessas,  aussi  en  parage,  d'uite  contennnce 
de  vingt-trois  hectares,  situé  au  lerritoirti  de  Bessas;  4^  le  pré  du 
Seigneur,  ^h  à  Faux  ;  5"  et  le  petit  domaine  du  Maly,  diuit  les 
bâ'iments  étuieul  alors  eu  maiïurrs.  si  lue  au  territoin!  du  M^ly  et 
de  la  Villedieu,  Celle  vejile  fut  raliiiée  par  Betiè  Guyunie.  nègoeiaut, 
demeurant  à  Limoges,  où  il  avait  éimusè  en  1833  Amélie  Ghàtenel, 
et  par  Jeau-Jacques  Vigier,  négociant  à  Aubussau,  époux  de  Marie- 
Madeleine  Guyonie,  tous  deui  se  poriant  fort  pour  Marie-Catberine 
Coutisson,  veuve  Guyonie,  leur  niereet  belle-mére. 

Pierre-Jacques-Aleiandre-Huberl  d'Aubusson  sembla  prendre  i 
làclie  de  détruire  cette  belie  situation  de  grartd  seigneur  el  de 
grand  propriétaire  terrien  qu'avait  créée  Tiilustre  François  d^Aubus- 
sou,  comte  de  la  Feuillade,  pair  et  maréchal  de  France,  Snns  nous 
occuper  de  ses  aulres  Liens  de  la  Marche,  qu'il  aliéjia  également  à 
vil  prix,  disons  seuïemenl  qu'il  vendit  et  détnembra  une  partie 
nulable  de  la  terre  de  la  Feuillade  par  divers  actes,  el  notamment 
par  ceux  des  11  juin,  17  et  20  décembre  1840,  Os  ventes  furcjjt 
consenties  à  des  prix  dérisoires.  Comme  ces  aliénations  nuisaient  à 
la  jouissance  des  héritiers  Guyonie,  il  y  eut  procès  avec  eux.  Enûu, 


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-46- 

pour  roeltre  fin  au  débat  et  par  acte  sous  seings  privés  en  date  à 
Paris  du  !^  novembre  1841,  le  niarquls  de  la  Feuiilade  vendit  à 
René  Guyonie,  agissant  tant  en  son  nom  personnel  qu'au  nom  et 
comme  mandataire  spécial  de  Jean-Jacques  Vigier  et  de  Harie- 
Hadeieine-Guyonie, épouse  de  ce  dernier:  1<>la  totalité  lui  restant  de 
la  \erve  de  la  Feuiilade,  d'une  étendue  totale  d'environ  deux  cent 
quarante  cinq  hectares,  joignant  au  levant  les  prés  des  habitants  de 
Laleux,  les  pelades  de  Villesaini  appartenant  à  Gabriel  Guyonie,  au 
midi  les  bois  des  habitants  de  Mercier,  au  couchant  les  communaux 
de  la  Villedieu,  et  d'autre  part  les  portions  déjà  acquises  par  Gabriel 
Guyonie  ;  2^  la  totalité  des  bois  d*Aubusson,  les  terres  et  pacages, 
appelés  des  Châtres,  des  Corades  et  les  bois  de  la  Roche-Taillade. 
Le  prix  de  cette  vente,  fixé  à  quarante  mille  francs,  fut  payé 
comptant. Cette  acte  sous  seings  privés  fut  déposé  le  4  décembre  1842 
en  rétude  de  M'  Vigier,  notaire  à  Vallière,  et  transcrit  au  bureau 
()es  hypothèques  d'Aubusson  le  20  décembre  1842. 

Le  marquis  de  la  Feuiilade  mourut  à  Champrosay,  près  Draveil 
(Seine-et-Oise),  le  2  août  4847.  Il  n'avait  pas  été  marié. 

XXIV  bis.  —  Pierre- Raymond-Hector  (i'Aubusson  de  la  Feuiilade, 
vicomte  d'Aubusson,  cotnle  de  la  Fviuillade,  baron  de  la  Borne  et 
de  Pérusse,  marquis  de  Castel-Nove!,  de  Saint-Paul  et  de  Melzéard, 
naquit  au  château  de  Casiel-Novel  le  11  janvier  1765  et  fut  baptisé 
le  lendemain.  Du  vivant  de  son  frère  aîné,  il  était  connu  sous  le 
nom  de  comte  d'Aubusson  de  la  Feuiilade. 

Lieutenant-colonel  d'infanterie  de  ligne,  colonel-inspecteur  des 
gardes  nationales  de  l'arrondissement  de  Neufchâtel-en-Bray, 
ministre  plénipoleniiaire  à  Florence  et  ambassadeur  à  Naples, 
chambellan  de  l'impératrice  Joséphine,  puis  de  Napoléon,  pair  de 
France,  grand-croix  de  Tordre  de  la  Fidélité  de  Baden  et  de  Tordre 
des  Deux-Siciles,  officier  de  la  Légion  d'honneur,  Pierre-Raymond - 
Hector  mourut  à  Paris  le  7  mars  1848. 

Il  avait  épousé  :  i»  à  Paris,  en  Téglise  de  Saint-Gervais,  le  12 
février  1791,  Agalhe-Renée  de  Lz  Barberie  de  Reffuveille,  dame  de 
Reiïuveille,  Hercatel,  Riberpré,  etc.  née  à  Paris  le  12  novembre 


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r 


-17- 

1772,  fille  de  Jacques-Augustin  de  La  Barherie^  marquis  de  ReITU' 
veille,  seigneur  el  patron  de  Reffuveille,  seigneur  de  Mercalei,  Vil- 
lers-Verraont,  Doudeanville,  etc.,  maréchal  des  cani[ïs  et  années  du 
roi,  capitaine  des  grenadiers  au  régiment  des  gardes  françaises, 
chevalier  de  Tordre  militaire  de  Sainl-Loiii!;,  et  d'Elisabeth  Le  Clerc 
de  Grandmaison,  dame  de  Riberpré,  Le  Hamel,  La  Saiiss*»ye,  elc; 
morte  à  Florence  le  22  mai  1803  ;  2»  à  Paris,  civilement  le  10  et 
religieusement  en  l'église  de  Saint-Louis  d'Atilin,  le  11  oclobnî  \Sfi^ 
Jeanne-Pauline-Louise  Randon  de  Pully,  née  au  château  de  Pully 
le  12  janvier  1776,  veuve  de  Jean-Louis-Hp^nri  de  GreRulhe,  \mr  de 
France,  fille  de  Charles-Joseph  Randon,  Marquis  et  comie  de  Pully, 
général  de  division,  comte  de  TEmpire,  chevalier  de  Saint-Louis, 
grand  officier  de  la  Légion  d'honneur^  décoré  de  U  Couronne  de 
fer,  gouverneur  du  palais  de  Meudon,  gouverneur  du  roi  de  Rome, 
et  de  Marie-Anne-Joséphine  Desmiérs  d' A rchiac;  morte  à  Paris  le 
2t  mai  1859.  Il  n'eut  pas  d'enfant  du  second  mariage.  Du  premier 
naquirent  : 

1»  Augustin-Pierre,  qui  suit  ; 

2»  Raymond,  comte  d'Aubussou  de  la  Feuillade,  né  à  Passy-Paris» 
le  27  juin  1794(9  messidorean  H),  sous-lieuienant  au  7"^''  rfVgirnent 
de  chasseurs  à  cheval  le  18  août  1811,  tué  devant  PoloLsk  le  3  sep- 
tembre 1812,  sans  postérité; 

3»  Henriette-Blanche  d'Aubusson  de  la  Feniliade,  née  à  Pas^sy- 
Paris  le  12  octobre  1795  (20  vendémiaire  an  [V),  mariée  à  Paris 
civilement  le  21  et  religieusement  en  legline  de  Saini-Tliomas 
d'Aquin  le  22  avril  1812  à  Augusle-Jean-Galn  iel,  comte  de  Caulain- 
court,  général  de  division,  gouverneur  des  pageïi,  giand  cordon  de 
l'ordre  de  la  Réunion,  commandeur  de  la  Le^^ion  d'iior^nenr^  né  â 
Caulaincourt  le  16seplend)re  1777,  tué  à  la  Moskowa  le  7  septem- 
bre 1812;  elle  mourut  religieuse  à  Paris  le  ^  décembre  1835; 

4t^  Marie-Calherine-Amanda  d'Aubussou  de  la  Fi*ni1)ade,  née  au 
château  de  Riberpré  le  4  juin  1799(16  [>rairia)  an  VII),  liaptisèe  par 
le  cardinal  Caprara  à  Paris,  dans  la  chapelle  de  la  Nonciature,  le 
21  avril  1800,  mariée  à  Paris  civilement  i«  ^7  el  rt^ligieui^emenl^  en 
l'église  de  Saint-Vincent-de-Paule,  le  28   mars   1821   à  Gaslon- 


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-48- 

François-Chrislophe-Victor  de  Lévis,  duc  de  Lévîs  et  de  Venladour, 
coloael  du  54°>*  régiment  d'infanlerie  de  ligne  en  1828,  aide-de- 
camp  tlii  Dauphin,  chevalier  de  Saint-Louis,  officier  de  la  Légion 
d'Uotiïjeur,  né  à  Richmond  (Angleterre)  le  10  avril  1794,  mort  à 
Veiïlse,  au  palais  Cavalli,  le  9  février  1863  ;  elle  était  morte  à  Paris 
le  28  avril  1854. 

XXV.  —  Augustin-Pierre  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  comte 
d'Anltiisson  de  la  Feuillade,  naquit  à  Paris  le  26  avril  1793.  Il  fut 
promu  lieutenant  le  14  janvier  1811,  capitaine  le  9  février  I8î3, 
aide-ite-camp  du  maréchal  Ney  le  29  mars  1813,  chefde-hataillon 
U  â3  décembre  1813,  lieulenant-colonel  le  23  décembre  1817, 
coloitfl  du  17™«  régiment  d'iiifanlerie  de  ligne  le  14  août  1822» 
ctiavali*.^-  de  Saint-Louis  le  14  juin  1820,  officier  de  la  Légion 
d'hntiijfur  le  22  aoûl  1823,  chevalier  de  Saint-Ferdinand  d'Espagne 
le  2:j  novembre  1823,  chevalier  de  l'ordre  de  Malte  le  20  avril  1827. 

Il  nuuirut  à  Paris  le  21   décembre  1842  et  fut  inhumé  an  Père 

Lachaiî^e, 

Il  îivnil  épousé  à  Paris,  civilement  le  27  et  religieusement,  en 
IVgitîie  (1b  Saini -Vincent -de- Paule,  le  28  mars  1821  Blanche- 
Calh(*riiit:-Honorine  Rouillé  de  Doissy  du  Coudray,  née  à  Paris  le 
12  mai  1^02  (22  floréal  an  X),  fille  d'Hilaire  Rouillé,  marquis  de 
homy  i\\i  Coudray,  comte  de  Boissy,  seigneur  de  Forifry,  Douy-la- 
Rainè^.  Bourneville,  elc  capitaine  de  cavalerie,  pair  de  France, 
chevallier  de  Saint-Louis  et  de  la  Légion  d'honneur,  et  de  Catherine- 
Etitiimu-Claude  d'Aligre.  Elle  mourut  à  Auteuil,  près  Paris,  le 
110  novembre  1855. 

De  ce  mariage  naquirent  : 

!•  Augustine-Calherine-Marie  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  née  à 
Toulon  le  23  septembre  1824,  baptisée  à  Téglise  de  Notre-Dame  le 
30  du  même  mois.  Elle  épousa  au  château  de  Sainte-Assise,  le 
26  Jiovembre  18W,  Marc-René-Antoine-Viclurnien  de  Beauvau, 
prince  de  Beauvau-Craon,  grand  d'Espagne  de  première  classe, 
anoiett  député  et  conseiller  général  de  la  Sarihe,  officier  de  la 
Légion  d'honneur,  grand-croix  de  Tordre  du  Christ  de  Portugal, 


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—  49  - 

né  à  Paris  le  29  mars  1846.  Elle  mourut  au  château  de  Sainte- 
Assise  (Seine-et-Marne)  le  27  juillet  1862  et  fut  inhumée  à  Harouë- 
Craon  (MeurIhe-et-Moselle).  Le  prince  de  Beauvau  se  remaria  le 
Î9  septembre  1875  à  Marie-Jeanne-Louise-Caroline-Adèle-Viane  de 
Gontaut-Biron ,  fille  du  vicomte  Elle  de  Gontaut-Biron,  ancien 
ambassadeur  de  France  à  Berlin  ;  le  prince  Marc  de  Beauvau  mort 
le  30  mars  1883. 

2o  Henriette-Pauline-Hilaire-Noémi  d'Aubusson  de  la  Feuillade, 
née  à  Paris  le  12  janvier  1826,  baptisée  en  Téglise  de  Saint- 
Germain-des-Prés  le  28  février  suivant.  Elle  épousa  à  Paris,  civi- 
lement le  3  et  religieusement,  en  Téglise  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  le  4  juillet  1842,  Anne-Antoine-Gontran  de  Bauffremont, 
prince  de  Bauffremont  -  Courtenay,  depuis  duc  de  Bauffremont, 
ancien  officier  de  cavalerie  au  service  de  Piémont,  grand-croix 
de  Tordre  royal  et  distingué  de  Charles  III  d'Espagne,  grand-croix 
de  Tordre  de  la  couronne  dllalie,  chevalier  de  Tordre  des  Saints 
Maurice  et  Lazare,  membre  du  conseil  général  de  TAube,  né  à  Paris 
le  '.6  juillet  1822,  aujourd'hui  (1900}  décédé.  H««  la  duchesse 
douairière  de  Bauffremont  habile  actuellement  (1900)  le  château  de 
Brienne-le-Châleau  (Aube)  :  c'est  le  seul  rejeton  vivant  de  Tillustre 
maison  d'Aubusson. 

XXV.  —  René  Guyonie  et  les  époux  Vigier,  nouveaux  propriétai- 
res de  la  Feuillade,  firent  construire  aux  dépens  du  vieux  château, 
incendié  en  Tan  IV,  comme  nous  le  raconterons  plus  loin,  une 
grande  maison,  contenant  deux  logements  complètement  séparés. 

Par  de  nombreuses  ventes,  ils  détachèrent  des  tronçons  assez 
considérables  de  la  forêt  de  la  Feuillade.  Il  serait  oiseux  d'indiquer 
ces  aliénations;  citons  seulement  en  1846  une  vente  de  onze 
hectares  aux  Côtes  de  Mande  au  profit  de  M.  Léonard  Lestrade,  de 
Lachaud-Fauveix,  et  la  même  année  une  vente  de  dix  hectares 
dans  le  même  canton  au  profit  de  Jac({ues  Mian,  de  Vauvelx. 

A  la  suite  de  mauvaises  affaires,  tous  les  biens  de  la  famille 
Guyonie,  y  compris  ceux  de  Gabriel  Guyonie,  furent  vendus  en 
justice,  à  Texception  d'une  maison  d'habitation  et  de  quelques 
héritages  que  conserva  M"*  Vigier. 

4 


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-  50  - 

René  Guyonie  mourut  à  Faux-Ia-Montagne  le  9  août  1861,  à  Page 
de  cinquante  et  un  ans,  sans  laisser  de  poslérilé. 

La  terre  de  la  Feuillade,  rëdiiile  à  ce  que  possédait  la  famille 
Guyonie,  moins  le  petit  lot  réservé  à  H"**  Vigier,  avait  été  adjugée 
à  M.  Petit,  ancien  fournisseur  des  armées.  Il  la  conserva  quelques 
années,  puis  la  vendit  à  M.  Genevois,  négociant  à  Guéret.  Les  deux 
gendres  de  ce  dernier,  MM.  Delord,  de  Limoges,  et  Léon  Rousseau, 
de  Guérel,  possédèrent  cette  terre  par  indivis  durant  quelques 
années.  Par  suite  de  traité  avec  son  beau-frère,  M.  Léon  Rousseau 
en  devint  seul  propriétaire. 

M.  Rousseau  y  adjoignit  les  communaux  de  la  Villedieu,  dont  il 
s'était  rendu  adjudicataire,  et  en  1882  il  vendit  cette  terre  et  forêt 
de  la  Feuillade  à  H.  Maignol,  propriétaire  au  château  de  Concise, 
prés  Montroarault  (Allier). 

H.  Maignol  a  acquis  des  héritiers  Vfgier  le  petit  lot  qu'ils  avaient 
conservé.  Les  plantations  considérables  qu'il  fait  exécuter  depuis 
longtemps  et  chaque  année  dans  tous  les  cantons  de  la  forêt  trans- 
formeront ces  bois  dévastés  depuis  un  siècle  ;  un  jour  ils  feront 
Tadmiration  des  forestiers. 


CHAPITRE  VIII.  —  Le  Château 


Par  acte  du  14  novembre  1311,  le  couvent  de  Biessac  avait  cédé  à 
Guillaume  I  d'Âubusson,  seigneur  de  la  Borne,  du  Monteil  et  de  la 
Feuillade,  la  grange  ou  maison  que  ce  cotivenl  possédait  au  lieu  de 
la  Feuillade. 

Cette  grange  ou  maison  devint  naturellement  un  rendez-vous 
de  chasse  pour  le  seigneur,  qui  habitait  le  château  de  la  Borne.  La 
forêt  de  la  Feuillade,  où  Ton  a  trouvé  des  bois  de  cerf,  était  peu- 


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—  51  — 

plée  de  grosses  bêles,  cerfs,  chevreuils,  sangliers^  loups,   dont  la 
chasse  était  au  xiv*  siècle  le  principal  délassement  des  seigneurs. 

Tout  porte  à  croire  que  le  château  fut  édifié  vers  1420,  époque  du 
partage  entre  les  enfants  de  Guy  I  d'Âubusson,  seigneurde  la  Borne, 
du  Monleil,  de  la  Feuillade  et  delà  Villeneuve.  Un  simple  re:'dez- 
vous  de  chasse  ne  pouvait  être  une  habitation  suffisante  pour  les 
deux  frères  Guillaume  et  Guyot  d'Aubusson,  apanages  de  la  terre 
et  seigneurie  de  la  Feuillade. 

Le  château  fut  élevé  sur  une  motte,  en  partie  naturelle,  en  partie 
artificielle,  qui  dominait  le  cours  du  ruisseau,  au  point  où  il  se 
trouve  le  plus  resserré  entre  les  pentes  de  la  forèl.  La  façade  regar- 
dait la  forêt,  dont  elle  était  séparée  par  une  cour  assez  spacieuse. 
Dans  cette  cour  se  trouvait  la  grande  écurie,  qui  existe  encore  et 
sert  aujourd'hui  d'étable  pour  les  bestiaux  de  la  ferme.  Comme 
tous  les  châteaux  de  ce  temps,  le  château  de  la  Feuillade  était  flan- 
qué de  tours. 

Nous  n'avons  trouvé  qu'un  seul  acte  ayant  trait  aux  réparations 
que  durant  le  cours  des  siècles  on  fit  exécuter  au  château.  Le  9 
juin  1710  Etienne  de  Laporte,  juge  sénéchal  de  la  Feuillade 
et  mandataire  de  Louis  d'Âubusson,  duc  de  la  Feuillade,  fit  dresser 
le  devis  des  réparations  à  faire  au  château,  devis  qui  s'éleva  à  onze 
cents  livres.  Les  réparations  furent  exécutées  par  Léonard  Poutout, 
mallre-charpenlier  et  couvreur  ;  Il  répara  les  tours,  la  toiture, 
carella  les  planchers  des  chambres  et  des  greniers,  recouvrit  et 
latta  la  grande  écurie  de  devant  le  château,  refit  la  porte  et  les 
fenêtres  et  autres  ouvrages. 

Comme  les  réparations  à  faire  au  château  étaient  à  la  charge  des 
fermiers,  la  somme  de  onze  cents  livres  fut  payée  moitié  par  chacun 
des  deux  co-fermiers  ;  la  moitié  à  la  charge  de  Louis  Dubayle,  sieur 
de  La  Loy,  fut  payée  par  Marie  Champeaux,  sa  veuve,  suivant  acte 
du  2  octobre  1730,  Joullot  et  Guerre,  notaires. 

Le  château  ne  fut  habité  que  par  ses  premiers  seigneurs.  Dès  les 
premières  années  du  xvi«  siècle,  les  seigneurs  de  la  Feuillade, deve- 
nus possesseurs  de  châteaux  plus  riches,  situés  dans  des  climats 
moins  mdes,  y  firent  leur  résidence   habituelle.  Hais,  jusqu'au 


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-  5Î  - 

momenl  de  sa  deslruclion,  le  château  de  la  Feuillade  fut  habité 
par  les  fermiers  de  la  terre  et  seigneurie  et  par  les  gardes  du  sei- 
gneur. En  1745,  Etienne  Dubois,  notaire,  qui  dcmtMirail  alors  au 
château,  est  qualifié  «  capitaine  du  cliâleau  de  la  Feuillade.  » 

Un  incendie  détruisit  ce  château  durant  la  Uévolution.  Dans  la 
nuit  du  18  nivôse  an  IV,  vers  deux  heures  après  minuit,  le  feu  se 
déclara  dans  le^corps  de  logis  placé  au  fond  de  la  basse-cour,  qui 
servait  de  logement  à  Pierre  Foussadier,  garde  et  homme  de  con- 
fiance du  comte  de  la  Feuillade.  Comme  ce  corps  de  logis  était  atte- 
nant à  un  autre  placé  à  la  droite  en  entrant  dans  la  cour,  qu'habi- 
taient les  gens  des  fermiers  Mourier,  Constantin  et  C*%  et  où  ces 
derniers  logeaient  eux-mêmes  quand  ils  venaient  à  la  Feuillade,  le 
feu,  vers  huit  heures  du  matin,  se  communiqua  au  second  corps 
de  logis,  et  ces  deux  corps  de  logis  furent  complètement  détruits. 
Tous  les  meubles  du  propriétaire  furent  brûlés,  ainsi  que  tous  les 
grains  en  seigle  et  blé  noir  des  fermiers.  Ces  derniers  firent  cons- 
tater le  tout  par  procès-verbal  dressé  le  21  nivôse  an  IV,  par  Bar- 
jaud,  notaire  public  à  Faux. 

Tous  les  bâtiments  actuels  ont  été  construits  avec  les  matériaux 
du  château.  Aussi  du  château  lui-même  il  ne  reste  aucun  vestige. 


CHAPITRE  IX.  —  Le  domaine  utile  et  la  directe 

FONDALITÉ  DU  COMTÉ  DE  LX   FeUILLADK 


§  I''.  —  DomaiDe  utile 

Outre  le  château  de  la  Feuillade  et  les  prairies  au-dessous,  les 
comtes  de  la  Feuillade  étalent  propriétaire  de  la  forêt  de  la  Feuillade, 
qui  originairement  devait  avoir  une  contenance  de  quinze  cents 


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-53'- 

beclares  environ.  Neuf  cenl  cinquante  hectares  environ,  y  compris 
les  prairies,  apparliennont  encore  au  châieau.  Dans  Pincendie  des 
Monédiëres,  qui  fut  allumé  pendant  les  guerres  de  religion  en 
septembre  1575,  la  forêt  de  la  Feuillade  fut  atteinte,  mais  les 
vassaux  delà  comté  arrêtèrent  les  progrès  du  feu.  Cette  forêt  a 
évidemment  donné  son  nom  à  la  terre  et  seigneurie.  Beaucoup  de 
riveraius  y  avaient  des  droits  d'usage.  Mentionnons  seulement  les 
actes  suivants,  que  nous  avons  recueillis  : 

Par  contrat  du  30  septembre  1420,  les  habitants  du  Monlbuchoui 
avaient  droit  de  mener  pattre  dans  la  forêt  de  Faux  et  delaFeuillade 
tous  les  animaux,  bœufs,  vaches,  porcs  et  truies,  brebis,  moulons 
et  autres  sortes  d'animaux  qu'ils  pourraient  tenir  audit  lieu  et 
village  du  Montbuchoux,  comme  aussi  de  prendre  dans  iesdits  bois 
et  forêts  du  bois  sec  et  vert  tant  pour  le  besoin  et  chauffage  des 
habitants  du  Honlbuchoux  que  pour  les  besoins  de  leurs  édifices 
S'ils  voulaient  construire  ou  bâtir  dans  ledit  mas  et  tenue  et  qu'ils 
eussent  besoin  d'une  grosso  pièce  de  bois,  telle  qu'une  poutre,  ils 
devaient  le  notifier  au  forestier  chargé  de  la  garde  du  bois.  Cette 
coucessiou  avait  été  consentie  par  Guillaume  et  Guyot  d'Aubusson, 
seigneurs  de  Faux  et  de  la  Feuillade.  Les  sieurs  Mourier 
et  Conslan.in,  étant  devenus  acquéreurs  de  la  coupe  de  la  forêt, 
leur  garde  s'opposa  au  droit  d'usage  des  habitants  du  Montbuchoux. 
Ces  derniers  firent,  par  acte  du  17  juin  1791,  Barjaud,  notaire  royal, 
donner  sommation  aux  sieurs  Mourier  et  Constantin  de  laisser 
exécuter  le  contrat  du  30  septembre  U20. 

Suivant  contratdu  6  mars  1656,  Lemoyne  et  son  confrère,  notaires 
au  Châtelet  de  Paris,  François  d'Aubusson,  comte  de  la  Feuillade, 
constitua,  au  profil  de  Théophile  de  Ulanchier,  marquis  de  Lostan- 
ges,  la  Villeneuve  au  Comte  et  Nedde,  une  rente  de  quarante-cinq 
arbres  «  fayols»  à  prendre  tous  les  ans  dans  la  forêt  delà  Feuillade. 
Celte  rente  fut  rachetée  par  noble  Jean-Daptistc-François  Marais, 
écuyer,  seigneur  de  Ueauchnmp,  avocat  en  parlement,  gouverneur 
pour  Sa  Majesté  des  ville  et  ch&iellenie  d'Aubusson,  résidant  & 
Aubusson,  stipulant  pour  cl  uu  nom  de  très  haut  et  très  puissant 
seigneur  Pierrâ-Artiaud  d*Aubus8on,  vicomte  d'Aubusson,  comte 


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-  54  - 

de  la  Feuillade,  chef  alQë  de  la  maison  d'Aubusson  et  en  cette  qua- 
lité reprèseu  tant  François  d'Aubusson,  décédé  duc,  maréchal  et 
pair  de  France,  moyennant  la  somme  de  deux  mille  livres,  qui  fu- 
rent versées  à  Raymond  Garât,  chevalier,  seigneur  de  Nedde, 
demeurant  au  château  noble  de  Nedde,  acquéreur  du  marquisat  de 
la  Villeneuve  au  Cumle  et  Nedde,  comme  étant  aux  droits  de 
Théophile  de  Blanchier.  Ce  rachat  fut  effectué  suivant  acte  passé 
aux  Fargelies,  en  Marche,  paroisse  de  Nedde,  le  4  mars  1768 
devant  liarjaud,  notaire  royal. 

Sur  le  bord  du  ruisseau  de  la  Feuillado,  au-dessous  des  prés, 
furent  établies  des  forges.  Nous  n'avons  Irouvé  aucune  pièce  indi- 
quant la  date  de  leur  établissement,  mais  nous  sommes  porté  à 
croire  qu'il  ne  remonte  qu'aux  environs  de  Tannée  1730. 

En  1740,  figure  dans  un  acte  de  baptême  Charles  Pallard,  régis- 
seur des  forges  de  la  Feuillade.  Eu  1743,  on  trouve  parmi  les  habi- 
tants du  bourg  de  Faux,  Charles  Lynge-Combe,  garde  fourneaux  des 
forges  de  la  Feuillade.  Le  10  septembre  1743  mourut  à  la  Feuillade 
Pierre  Faure,  iravalllant  à  la  forge  de  la  Feuillade,  originaire  de 
la  paroisse  de  Nantiat,  en  Perigord,  âgé  d'environ  vingt-trois  ans  ; 
présents  à  son  enterrement  le  11  dans  le  cimetière  de  Faux,  Jean 
lieausin,  marleleur,  Charles  Combe,  Uarthéiemy  Serval  et  François 
Beausin,  tous  forgerons,  qui  signèrent  Tacle  de  sépulture.  A  la 
même  époque,  travaillait  aussi  à  la  Feuillade  Hugues  Combe,  du 
lieu  de  Nanieuil-sur-Marne.  Entre  1740  et  1760,  on  remarque  que 
plusieurs  jeunes  gens  de  la  paroisse  de  Lubersac,  en  Bas-Limousiu, 
se  sont  maries  à  Faux.  C'étaient  peul-êlre  des  ouvriers  de  la  forge. 
Un  jugement  des  commissaires  du  Conseil  du  Roi  en  date  du  7 
juillet  1744  porte  défense  à  toutes  personnes  de  quelque  qualité  et 
condition  qu'elles  soient,  de  prendre  et  enlever  quoi  que  ce  soit  en 
fer,  mines,  charbon  et  autres  ustensiles  des  forges  de  la  Feuillade 
ni  retenir,  cacher  ou  receler  les  bois  de  flottage  provenant  des 
forêts  dudil  lieu,  envoyés  à  Limogés  par  le  ruisseau  de  la  Villedieu 
et  la  Vienne  (i).  Il  devait  y  exister  unebabilation,cardans  plusieurs 

(1)  Yoy.  cette  pièce  à  Tappendice. 


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-58- 

actes  uolariés  de  1754  Anloine  Harlineau,  sergent  de  la  justice  de 
la  Feuillade,  est  mentionné  comme  demeurant  aux  forges  de  la 
Feuillade.  La  tradition  parle  de  ces  forges  :  on  raconte  que  le  grand 
marleau  des  forges  de  la  Feuillade  s'entendait  jusqu'à  Saint-Amand- 
le-Pelit  ;  on  prétend  enfin  qu'il  existe  à  VaUière  deux  énormes 
cheuets  qui  ont  éié  forges  à  la  Feuillade.  Ces  forges  étaient  exploitées 
par  une  société,  dont  les  affaires  n'étaient  pas  prospères  en  174i.  Il 
esi  propable  que  cet  établissement  iudustriei  a  cessé  de  marclier 
après  la  dèconlilure  de  la  société  qui  l'exploitait.  Quoiqu'il  eu  soit, 
en  chcrcliant  bien,  on  reconnaît  auj3urd'kui,  au  milieu  des 
broussailles  et  des  ronces,  l'emplacement  de  ces  forges  :  quelques 
pierres,  quelques  débiis  de  fer  ou  de  fonte,  et  c'est  tout. 

Le  comte  de  la  Feuillade  était  propriétaire  à  Faux  d'un  pré,  dit 
du  Seigneur,  d*uu  moulin  et  d'uu  étang.  Il  possédait  aussi  un  étang 
sous  le  château,  l'étang  Neuf,  qui  existe  encore,  et  un  étang  à 
Uessas;  eu  1766,  Jean-Uapiiste  Marais  de  Oeaucliamp,  juge  sénéchal, 
fit  réparer  les  chaussées  de  ces  étangs,  il  y  avait  eu  outre  un  étang 
dans  la  forêt. 

Les  moulins  banaux  du  seigneur  étaient  à  Villesainl  :  il  y  avait 
luouliu  à  blé,  moulin  à  draps  et  moulin  à  chanvre,  l^ar  acte  du 
9  août  17iO  Darfeuille  et  Joullot,  nouires,  M.  Frogier  de  Villeram- 
bault,  lieutenant- général  de  la  Marche,  comme  procureur  du 
maréchal  duc  de  la  Feuillade,  afferma  ces  moulins,  les  près,  terres  et 
jardins  en  dépendant,  moyennant  un  fermage  annuel  de  soixante- 
dix  livres  et  trente  seliers  de  blé,  mesure  de  la  Feuillade  ;  en 
1768  ils  furent  aQermès  moyennant  un  fermage  annuel  de  soixante 
livres,  soixante  setiers  seigle,  mesure  de  :a  Feuillade,  six  poulets, 
ciuq  livres  de  beurre  et  à  la  charge  de  moudre  gratuitemeul  pour 
le  château. 

L'élang  de  Mau^e,  propriété  du  seigneur  au  territoire  de  Plazanet , 
était  rompu  eu  1767  et  converti  en  pré;  on  le  disait  mauvais  pré, 
dont  partie  en  bruyère.  Il  ne  s'est  guère  amélioré. 

Le  comle  de  la  Feuillade  était  propriétaire  du  village  entier  de 
Laleux,  composé  de  six  métairies,  du  village  entier  du  Monteil, 
compose  de  six  métairies,  le  tout  paroisse  do  Faux,  d'une  métairie 


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-86- 

au  Maly,  paroisse  de  la  Yilledieu,  et  à  Clupeaui,  paroisse  de 
Tarnac,  d*un  domaine  faisant  la  moitié  du  village.  Enfin,  il  était 
propriétaire  à  Hyvernaux,  paroisse  de  Beaumont,  de  terrains,  à 
raison  desquels  il  payait  quarante  sol  de  rente  annuelle  au  baron 
de  la  Villeneuve  au  Comte  (1). 


§  1—  Directe  foodalilè 


Le  comte  de  la  Feuillade  était  seigneur  direct  et  foncier  des  lieux 
et  villages  suivants,  sur  lesquels  il  percevait  la  rente  féodale  : 

Paroisse  de  Faux  :  1°  en  serve  condition  :  le  bourg  de  Faux,  le 
Monteil.Laleux,  Plazanet,  le  lènemenl de  Lanougeas  au  Bonmarlin(2) 
Larfeuillère  ;  le  tènement  de  Pelvezi  à  Truffy  (3). 

2»  En  franche  condition  :  Vervialle,  Jalagnat,  Laudouéneix  (en 
partie)  (4)  le  Bonmartin  ; 

Paroisse  de  Gentioux  :  le  Mont  (en  partie)  ; 

Paroisse  de  Saiiit-Marc-à-Loubaud,  en  franche  condition  :  Pelle- 
langes,  Neypoux,  un  lènemenl  du  bourg  de  Saiul-Marc;  et  en 
condition  serve,  un  lènemenl  de  Lavaud-Gelade  : 


(i)  Bulletin  de  la  Société  archéologique  du  Limouiin  XXXVII,  399. 

(2)  Aux  termes  d'une  sentence  de  1779  Ruyneau  de  Saint-Georges, 
mandataire  du  comte  delà  Feuillade,  fit  reconnaître  que  le  village 
et  tènement  du  Bonmartin  était  en  justice  et  directe  franche  et  le 
tènement  de  Lanougeas  en  directe  serve. 

(3)  Pierre  Duranly,  marchand,  un  des  auteurs  de  LéonardeDurantys, 
épouse  de  iMathieu  Baubiat,  propriétaire  à  Truffy,  avait  rendu  hom- 
mage déclaration  à  la  seigneurie  de  la  Feuillade  pour  le  tènement  de 
Pelvezi  et  les  droits  d'usage  et  de  pacage  dans  la  grande  forêt  de  la 
Feuillade  {Archives  de  la  Creuse,  E,  48). 

(4-)  Le  30  avril  1768  devant  Barjaud,  notaire  royal,  les  tenanciers 
de  Laudoueineix  nommèrent  François-Placide  Jammet  du  Villard, 
arpenteur  juré  de  Royère,  pour  fau-e  i'arpenlement  de  leurs  fonds. 


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-  87  - 

Paroisse  de  la  Nouaille,  en  serve  condition  :  le  Monifranc, 
Bourbonnèchas  et  le  lènement  de  Mongelis  (1),  Troupiat,  des 
tènemcnls  au  Villard  ; 

Paroisse  de  Tarnac,  en  serve  condition  :  Clupeaux  ; 

Paroisse  de  Bugeat  :  le  bourg  de  Bugeat  (en  partie),  le  Massou- 
trot  (2)  : 

Paroisse  de  Pérols,  en  franche  condition  :  le  Coudert  (en  partie, 
le  surplus  à  H.  de  la  Yareille)  (3)  ; 


(1)  La  rente  féodale  était  due  en  vertu  de  reconnaissance  du  17  mai 
1686.  En  1759,  Léonard  Jagot  de  la  Planche,  notaire  royal  de  Ville- 
moneix,  était  propriétaire  à  Bourbonnèchas  d'un  petit  bien.  Il  eut 
procès  avec  Mathieu  Foucaud  de  la  Salesse,  fermier  de  la  FeuiUade,  au 
sujet  de  la  vinade  que  lui  réclamait  ce  dernier  pour  tout  le  village;  les 
tenanciers  soutenaient  qu'elle  n'était  due  qu'au  seigneur  lui-môme 
quand  il  habitait  son  château.  Néanmoins  Léonard  Jngotdela  Planche 
lit  offre  de  sa  part  de  ladite  vinade  ;  ce  qui  fut  refusé  par  Mathieu 
Foucaud  de  la  Salesse  suivant  acte  du  26  octobre  1759  Joullot,  notaire, 
et  Barjaud,  notaire  royal. 

(2)  Dès  1694  la  fondante  du  Massoutrot  était  disputée  au  parlement 
de  Paris  entre  le  comte  de  la  FeuiUade  et  le  commandeur  de  la 
Vinadière. 

(3)  Par  exploit  du  5  février  17î^  de  Léonard  Mouratilhe,  sergent 
ordinaire  d§  la  justice  de  la  FeuiUade,  demeurant  à  Tarnac,  Jean  de 
TrufTy,  sieur  du  Meignaud,  fermier  de  la  terre  et  comté  de  la  FeuiUade, 
pelil-fils  et  héritier  de  feu  Antoine  deTrutîy,  ci-devant  co-fermier  de 
ladite  seigueurie,  fit  commandement  aux  tenanciers  du  Coudert  de 
payer  de  rente  à  ladite  seigneurie  seigle  vingt-deux  seliers,  dont  trois 
émines,  mesure  de  la  FeuiUade,  et  le  surplus  mesure  de  Treignac, 
avoine  onze  setiers  trois  éminaux,  dont  trois  éminaux,  mesure  de  la 
FeuUlade,  et  le  surplus,  mesure  de  Treignac,  argent  cinq  livres 
dix-sept  sols  six  deniers,  poules  deux,  guet  cinq  sols  chaque  feu  et 
la  moitié  d'une  vinade.  Les  tenanciers  refusaient  en  1720  de  payer  les 
rentes  de  1717,  1718  et  1719,  à  moins  que  le  duc  de  la  FeuiUade  ne 
fit  cesser  les  poursuites  des  dames  du  Verdier  et  du  commandeur  de 
la  Vinadière  pour  le  fait  des  rentes  di.-'ectes  et  foncières  par  eux 
demandées.  Il  fit  par  le  même  acte  commandement  aux  tenanciers 
du  Massoutrot  de  payer  de  rente  directe  seigle  vingt-deux  setiers, 
dont  trois  émines,  mesure  de  la  FeuiUade,  et  le  surplus,  mesure  de 
Treignac,  avoine  onze  seliers  trois  éminaux,  dont  trois  éminaux, 
mesure  de  la  FeuiUade,  et  le  surplus,  mesure  de  Treignac,  argent 
cinq  livres  dix-sept  sols  six  deniers,  poules  deux,  la  moitié  d'une 
vinade,  guet  cinq  sols  par  chaque  feu,  et  ce  pour  chacune  des  mêmes 
années.  Les  tenanciers  du  Massoutrot  firent  la  même  réponse.  Une 
sentence  de  la  justice  de  la  FeuiUade  rendue  le  5  février  1740  donna 
gain  de  cause  au  oomle  de  la  FeuiUade  et  à  son  représentant, 


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-  58  - 

Paroisse  de  Royère  :  La  Mazure  (en  partie).  Ce  tènemenl  devait 
une  reule  annuelle  de  trois  livres  argent. 

Paroisse  de  Saint-Pierre-ie-Bost  :  en  franche  condition,  Cbam- 
predon. 

Le  comte  de  la  Feuillade  percevait  les  dîmes  de  la  Fouillade,  du 
Monteil  de  Lateux,  du  tèneuient  de  la  Yiroile  à  Truffy.  Il  percevait 
pour  droit  de  guet  :  cinq  sols  à  Champredon,  paroisse  de  Saint- 
Pierre-le-Bost,  à  Cessinas,  à  Pellelanges,  paroisse  de  Saint-Marc- 
à-Loubaud,  à  Bourbounécbas,  Banise,  Troupiat,  paroisse  de  la 
Nouaille;  dix  sols  au  Montfranc  et  quarante  sols  au  Saintoux, 
même  paroisse  de  la  Nouaille. 

Ce  seigneur  exerçait  au  bourg  de  Faux  le  droit  de  leyde  et  de 
péage.  François  Delaurent,  du  bourg  de  la  Villedieu,en  était  fermier 
en  1720.  Le  16  octobre  de  ladite  année  1720^  au  bourg  de  Faux, 
devant  Joullot,  notaire.  M*  Louis  Tixier,  sieur  de  Tressaignes, 
marchand  bourgeois,  demeurant  au  château  de  Lavaublanche, 
paroisse  de  Saint-Ëloy,  eu  exécution  des  ordres  de  Monsieur  M* 
Jean-Baptiste  Frogier,  sieur  de  Villerambault,  conseiller  du  roi, 
lieutenant-général  de  la  sénéchaussée  et  siège  présidial  de  la 
Marche,  habitant  de  la  ville  de  Guérei,  mandataire  spécial  de 
Monseigneur  le  duc  de  la  Feuillade,  afferma  à  Louis  de  Guimont 
et  Léonard  Neoller  dit  La  Marche,  son  gendre,  marchand  et  maré- 
chal au  bourg  de  la  Yilledieu,  le  droit  de  leyde  et  péage  dudit 
mois  d'octobre,  tout  ainsi  que  lesdits  droits  étaient  perçus  d'habi- 
tude par  les  ci-devant  fermiers  aux  foires  de  Saint- Luc,  et  ce 
pour  la  prochaine  foire  seulement,  moyennant  la  somme  de  huit 
vingt  livres.  En  1776,  Antoine  Diverneresse,  pour  Joseph  Tixier 
du  Breuil,  fermier  général  du  vicomte  d'Aubusson,  afferma  le  droit 
de  leyde,  que  le  comte  de  la  Feuillade  avait  continué  de  percevoir 
sur  les  bestiaux  et  les  bancs  qne  tenaient  les  marchands  aux  foires 
de  Faux,  moyennant  cent  livres  et  deux  livres  de  sucre  par  an, 
à  charge  de  livrer  au  preneur  trois  charretées  de  branchages  pour 
faire  les  cloisons  à  la  foire  de  Saint-Luc. 


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CHAPITRE  X.  —  Principaux  fiefs  relevant 

DU   COMTÉ    DE    LA    FeUILLADE 


§  I*'.  —  La  eouimaDiierie  de  Genliont 

Nous  avons  dit,  au  coinmeucement  de  ce  travail,  que  Gciilioux  au 
xiiP  siècle  était  le  chef-lieu  d'une  préceptorerie  de  roniid  du 
Temple.  Cet  ordre  fut  supprimé  au  concile  de  Vienne  dn  131  (,  et 
les  biens  des  Templiers  furent  remis  aux  chevaliers  du  luj ilre  de 
Saint-Jean  de  Jérusalem,  appelés  aussi  Hospitaliers  H  plus  lard 
chevaliers  de  Malie,  en  vertu  de  lettres  patentes  du  rm  du  ^8  mars 
1312  (nouveau  style  1313).  Les  Hospitaliers  réunirent  hi  pnceplo- 
rerie  de  tientioui  à  leur  coinmanderie  de  Charrières^  tini  porta 
depuis  le  nom  de  dommanderie  de  Charrières  et  Geniloux.  cl  dans 
les  derniers  temps  de  commanderie  de  Charrières  sitnpkmeut* 
De  celle  préceptorerie  ou  commanderie  de  Gentioux  dèpendaiénl 
le  membre  de  Gentioux  et  le  membre  de  Royère. 

En  1684,  le  commandeur  possédait  :  l""  dans  la  paroisse  de 
Gentioux  :  Téglise  paroissiale  ;  une  maison  pour  ses  fermiers, 
située  au  bourg;  l'étang  de  Tras-la-Sagne,  rapportant  virigL  iîvres; 
rètang  de  la  Ctiandoube,  rapportant  quarante  livres;  et  Tetaug 
des  Salles  (aujourd'hui  desséché),  rapportant  cinquante  livres  - 
f*  à  Pallier,  réglise  paroissiale. 

Le  18  juillet  1777  devant  Barjaud,  notaire  royal,  Jean-Françoîs 
Lacoste,  procureur  fiscal  de  la  ville  et  bailliage  de  fiourgaueuf,  y 
habitant,  paroisse  de  Saint-Jean,  au  nom  du  chevalier  de  Murcel- 
langes,  commandeur  de  Charrières,  fll  prix  pour  la  coiii^lrucLiun 
d'une  grange  au  bourg  de  Gentioux,  dans  le  jardin  de  la  m^ison^ 
qui  servait  dd  presbylèrei  du  côté  du  pré  du  sieur  Coulisâou, 


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~  60  - 

Elaienldans  la  directe  et  fondalilé,  en  franche  condition,  du 
commandeur  de  Charrières  et  Genlioux  :  dans  la  paroisse  de 
Genlioux,  le  bourg,  Prevenchëre,  Moulièras  (1),  Cliaumonl, 
Verzinas»  CliezGorce  (en  partie,  le  surplus  au  seigneur  de  Saint- 
Quentin),  le  moulin  de  Tras-ia-Sagne  (en  partie,  le  surplus  au 
seigneur  de  Sainl-Quentin),  le  Mont  (en  partie),  la  Villalte(en  partie) 
Senoueix  (2),  Villemoneix,  La  Lézioux  (3),  Orluguet,  Joux,  les 
Salles,  le  Vallenet,  laYareille,  Laschaux-Courraud;  dans  la  paroisse 
de  Faux,  Yervialle  ;  le  bourg  de  Pallier;  dans  la  paroisse  de  Royère, 
Yerdinas,  Uoudaressas,  Hautefaye  (en  partie),  Ruheyne,  (en  partie), 
Vincent,  Lascoux,  Vergnolas  (en  partie).  Le  Feix  (en  partie).  Les 
Bordes  (en  partie);  dans  la  paroisse  de  Saint-Pierre-le-Bost,  La 
Prade  et  Beauvais. 

En  1684,  les  rentes  du  membre  de  Gentioux,  dans  lequel  Pallier 
était  compris,  montaient,  pour  le  seigle,  à  sept  cent  quatre- 
vingt-deux  livres,  et,  pour  Tavolne,  à  quatre  cent  sept  livres,  et 
consistaient  en  outre  en  cinquante-cinq  livres  argent,  trente-trois 
poules,  trente  arbuns,  trois  seiiers  de  fèves  et  des  œufs  ;  les  rentes 
du  membre  de  Royère,  dans  lequel  étaient  compris  La  Prade  et 
Beauvais,  étaient  estimées  deux  cent  vingt-deux  livres. 


(1)  Le  10  septembre  1777  devant  Barjaud,  notaire  royal,  tes  tenan- 
ciers de  Prevenchère  et  de  Moulièras  noniinèrenl  François-Placide 
Jammet  du  Villard,  arpenteur  juré,  du  bourg  de  Magnat,  en  Haute- 
Marche,  pour  procéder  au  nouvel  arpentemeiit  et  à  Fégalement  de 
la  rente  qu'ils  devaient  au  seigneur  commandeur  de  Charrieras  et 
Gentioux, 

(2)  Le  village  de  Senoueix  était  divisé  en  deux  lènements  ; 
Senoueix-les-Banneaux  et  Senoueix-Chabarlin,  tous  deux  dans  la 
directe  du  commandeur  de  Gentioux.  Reconnaissance  séparée  fut 
faite  par  les  tenanciers  de  ces  deux  tènenients  au  terrier  de  ia  com- 
manderie  de  Charrières  et  Gentioux  le  15  février  1767. 

(3)  Par  acte  du  12  avril  1781  Coutisson  et  Jagot,  notoires  rovaux,  les 
propriétaires  et  tenanciers  du  village  de  La  Lézioux,  enVautres 
Jean-Baptiste  Coutisson  du  Mas,  avocat  en  parlement,  nommèrent 
Louis  Legrand,  arpenteur-juré,  de  la  ville  d*Kymoutiers,  pour  faire 
rarpenlenient  et  également  de  la  rente  due  sur  ledit  vilhige  au  com- 
mandeur de  Charrières  et  Gentioux  Ils  s^obligèrent  à  payer  à  Tarpen- 
teur  six  sols  par  setérée,  mesure  de  rente,  outre  quinze  livrei  pour 
rexpédltion  dQ  la  grosse, 


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-  61  - 

Le  comroandeur  percevait  les  (Hmes  (lu  bourg  de  Gentioux,  qui 
valaient  soiiante-quinze  livres,  celles  d*Orluguet  quinze  livres, 
celles  du  Luc  et  de  Villemoneix,  cent  vingt-cinq  livres,  celles  de 
Joux  et  des  Salles  cent  douze  livres,  celles  de  Mouliéras,  de  Préven- 
chcres,  du  Mont  et  du  Vallenel  cent' quatre-vingt-sept  livres,  celles 
di  AInzel,  de  Senoueix  et  de  La  Lèzioux  cent  soixante-quinze  livres, 
celles  de  la  Yillatle  cinquante-deux  livres,  celles  de  Chauniont 
soixante-deux  livres,  celles  de  la  Yareille,  de  Yervialle  et  de 
Tliézillat  cent  Irente-sept  livres,  celles  de  Laschaux-Couraud  et 
Laschaux-Fauveix  cent  soixante-deux  livres,  celles  de  Yerzinas 
soixante-quinze  livres,  et  celles  de  ♦lIiezGorce  soixante-deux  livres. 

Les  dîmes  de  Pallier  lui  produisaient  cent  trente-sept  livres. 

Dans  la  paroisse  de  Royère,  le  commandeur  percevait  des  dîmes 
sur  les  villages  de  Verdinas,  Roudaressas,  Haulefaye,  Rochas, 
Arpeix,  Rubeyne,  Yincenl,  Lascoux,  Yergnolas,Le  Feix,  Langladure, 
Auzoux,  Yillecros,  Soumeix  ;  dans  la  paroisse  de  Saint-Pierre-le- 
Bost,  sur  les  villages  de  La  Pradeet  de  Beauvais;  et  dans  la  paroisse 
de  Saint-Yrieix,  sur  les  villages  du  Theil-Haut  et  du  Theil-Bas.  Les 
dîmes  de  ces  trois  paroisses  valaient  trois  cents  livres  ;  la  dime  des 
agneaux  et  de  la  laine  était  affermée  cent  quarante  livres. 

Les  évaluations  ci-dessus  furent  faites  en  1684. 

Sur  cet  ensemble  de  revenus  le  commandeur  était  tenu  de  prélever 
pour  la  portion  congrue  des  curés  de  Gentioux,  Pallier  et  Royère, 
une  somme  de  quatre  cents  livres.  Cette  charge  acquittée,  les  mem- 
bres de  Gentioux  et  Royère  valaient  en  1684  trois  mille  soixante- 
dix-neuf  livres,  sur  lesquelles  le  commandeur  devait  payer  une 
certaine  somme  pour  responsions  au  Trésor  de  Malte,  et  contribuer 
aux  réparations  des  églises  de  Gentioux,  Pallier  et  Royère  (i). 

Nou»  connaissons  comme  fermiers  des  revenus  de  la  comman- 
deiie  pour  les  menibrch  de  Genlioux  et  de  Royère  :  1638  François 
Parricon,  de  Felletin  ;  vers  1640  Estienne  de  Chadoullenas  ;    1644 


(1)  A.  Vayssière,  L'Ordre  de  Saint-Jean-de-Jérusalem  ou  de  Malte 
en  Limousin  et  dans  l'ancien  diocèse  de  Limoges.  —  Z.  Toumieux, 
Royère  ^ jadis,  aujourd'hui). 


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Lëonard  et  Jehan  Darfeuille  h*ères,  notaires  à  Royëre,  sons-fermiers 
du  membre  de  Royère  ;  1652  Chastelard  ;  i66l,  i663  Barthélémy 
Juge,  sieur  du  Masbillier  ;  1681, 4685  François  Gay  ;  1686  Margue- 
rite de  Lagarde,  veuve  de  François  Gay,  bourgeoise,  demeurant  à 
Genlioux  ;  1691, 1695  Etienne  Laite,  sieur  de  Chassagnas,  nolaire 
à  Orladeix,  paroisse  de  lioyëre,  et  Antoine  Leblanc,  nolaire  à 
Royère,  sous-fermiers  du  membre  de  Royère  ;  1704  Dubayle  ;  vers 
1710  Léonard  Gay  ;  enlre  1710  et  1716  Pierre  Gay  ;  17111728 
Denis  Faure^  notaire  à  Royère,  sous-fermier  du  membre  de  Royère  ; 
1716,  1719  François  Jabouille,  notaire  royal  à  Pallier;  1720  Jean 
Bachellerie  d'Eymouliers  ;  1723  Guillaume  Perron,  sieur  des 
Isles(l);  1729,  1730  Jean  Laborne  et  Jean  Fourest  ;  1735  Jean- 
Bapliste  Jabouille,  nolaire  royal  à  Pallier  ;  1735  Denis  et  Léonard 
Faure,  père  et  fils,  de  Royère,  sous-fermiers  du  membre  de  Royère; 
1739  Marie  Dubayle,  veuve  de  Jean-Bapliste  Jabouille,  de  Pallier; 
1741»  1745  Léonard  Darfeuille  de  Rochas,  bourgeois  de  Royère, 
sous-fermiers  du  membre  de  Royère;  1758  Martin  Coulisson,  notaire 
royal  à  Royère,  et  Etienne  Coulisson,  notaire  royal  à  Genlioux  ; 
1759,  1770  Alexis  Jabouille,  bourgeois  de  Pallier,  et  Jacques 
Aubusson  du  Piat  ;  1778,  1781  Alexis  Jabouille  et  Jean-François 
Thézillat  ;  1787  Alexis  Jabouille  et  Léonard  Jagot  de  la  Planche. 

Voici  les  noms  des  commandeurs  de  Charrières  et  Gentioux   que 
nous  avons  pu  recueillir  : 

Guillaume  de  Rouer gue  1420; 

Louis  d'Aubusson  1424,  1445  ; 

HéliedeLaPeyrel459; 

Louis  d'Aubusson  1468  ; 

Guy  d'Aubusson  1470  ; 

Geoffroy  Ducrot  1470  ; 


(1)  Guillaume  Perron,  sieur  des  Isles,  habitait  à  Genlioux  la  maison 
dite  de  chez  Pierre  Malledent,  appartenant  à  Catherine  de  Cbannpeaux, 
veuve  d'Antoine  Sallandronze,  de  la  Seauve,  paroisse  de  Vallière,  et 
à  Léonarde  Malledent,  veuve  de  Léonard  Darfeuille,  de  Royère,  qui 
par  procès-verbal  du  14  juillet  1732  Joullot,  notaire  firent  constater 
qu'il  l'avait  laissée  en  mauvais  état,  sans  en  faire  la  remise. 


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—  63  — 

ElieDne  de  La  Pierre  i497  ; 

Guy  de  Blanchefort  1504  ; 

Jean  Galbert  des  Fonds  1548,  1550  ; 

Jacques  de  Dyo,  baron  de  la  Roche  1579, 1588; 

Claude  d'Uguié  1599; 

De  Beauforl  1600  ; 

De  Bréchard  1608  ; 

Claude  de  Guy  1610  ; 

Just  de  Fay  de  Gerlande  1616  ; 

Claude  de  Moiilaigiiac  de  Larfeuillcre,  procureur  génère!  au 
grand-prieuré  d'Auvergne,  à  cause  de  la  vacance  ttl  mortmrum 
1644; 

Le  chevalier  de  Yallauray,  cardinal  1615  ; 

Jean  de  Fay  1647  ; 

Jean  de  La  Baume -Fourssat  1662,  1663  ; 

Le  même,  grand-prieur  d'Auvergne  1673,  1674; 

Charles  de  Fassion  de  Sainte-Foy  1683, 1689; 

Henry  Dolmieux  1692; 

Léonard  de  Chauseyr,  commandeur  de  Puy-de-Noiï^  gérant 
i  e93  ; 

Jean  de  Lomdeux  1720  ; 

De  La  Rigaudie  1737  : 

Léonard -François  de  Chevriers  de  Saint-Maiiris,   (^rand-pricur 
cl'Auvergne  1727,  morl  en  1729  ; 

Louis-Nicolas  Rollalde  Marsay  1729,  1767,  grand-croix  de  Tordre 
de  Sainl-Jean-de  Jérusalem  ; 

De  Marcellanges  1772-1777. 


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-  64  - 


§  2.  —  Le  prieuré  de  la  Yilledien 


Dès  le  xu*  siècle  il  existait  un  prieuré  à  la  Yilledieu^  relevant  de 
Tordre  de  Sainl-Benoit.  Le  prieur  avait  droit  de  nomination  du 
curé.  Il  prétendait  avoir  un  droit  d'usage  dans  la  forêt  de  la  Feuil- 
lade  :  ce  droit  lui  fut  contesté  par  Rainaud  VI,  vicomte  d'Aubusson. 
Pour  terminer  ce  différend,  en  1245,  l'évoque  de  Limoges. 
Almeric  de  Malemort,  se  trouvant  à  Aubusson,  le  vicomte  et  le 
prieur  (probablement  un  d'Aubusson,  dont  le  prénom  n'a  pas  été 
conservé)  firent,  en  présence  dudit  évêque,  un  acte  de  Iransaction, 
par  lequel  Rainaud  d^Aubusson  reconnut  le  prieur  de  la  Villedieu 
pourèlrede  son  lignage,  et  lui  accorda  le  droit  de  pacage  et 
d'usage  dans  la  forêt  de  lu  Feuillade^  à  la  condition  qu'il  lui  paierait 
à  l'avenir  soixante  sols  de  rente  annuelle  à  prendre  sur  la  foire  de 
Felletin,  et  cinquante  sols  chaque  fois  qu'il  arriverait  que  lui  ou 
ses  successeurs  allât  outre  mer,  mariât  sa  fille,  fut  pris  ou  obligé 
de  se  racheter,  ou  qu'il  fut  fait  nouveau  chevalier  (1).  Depuis  cette 
transaction  le  prieur  de  la  Villedieu  devait  à  la  justice  d'Aubusson 
une  rente  annuelle  de  trois  livres,  payables  à  la  St-Michel. 

Le  prieur  était  propriétaire  au  bourg  de  la  Villedieu  d*un  pré,  dit 
du  Prieuré,  qui  en  1769  était  affermé  soixante  livres  par  an.  Il  était 
aussi  propriétaire  du  grand  moulin  de  la  Villedieu.  Par  sentence 
du  45  mai  17:26  des  Requêtes  du  Palais  le  meunier  tenant  les  moulins 
de  la  Villedieu  fut  condamné  à  payer  chaque  année  an  prieur  vingt- 
deux  setiers  seigle,  deux  setiers  froment,  mesure  du  prieuré,  et 
deux  chapons,  sans  préjudice  d'autres  droits  et  devoirs  seigneu- 
riaux. Pierre  Pinton  et  Philippe  Dumont,  sa  femme,  fermiers  des 
dits  moulins,  ayant  laissé  tomber  un  des  moulins  et  déménagé 
l'autre,  s'en  allèrent  sans  avertir  personne  et  sans  payer  la  ferme. 
Le  prieur  commendataire  Henri-Marien  Joly  de  Chavigny  présenta 
requête  au  juge  sénéchal  de  la  Feuillade  pour  lui  permettre  de  faire 

(i)  Paul  Mignaton,  Histoire  de  la  maison  (T Aubusson. 


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-  68  - 

consloler  par  un  notaire  commis  Tétai  des  moulins  abandonnés. 
Celle  requête  fut  répondue  de  Ruyneau  de  Saint- Georges,  juge 
sénéchal,  par  ordonnance  du  !•'  avril  1776,  et  le  3  avril  suivant,  à 
la  requèle  d'Antoine  Diverneresse,  procureur  du  prieur.  M* 
Barjaud,  notaire  royal  à  Faux,  se  transporta  au  Grand  Moulin  de  la 
Villedieu,  etconstala,  en  présence  de  Léonard  Delaron,  garde  du 
vicomte  d'Aubusson,  et  d'Elienne  Dutreix,  sergent  de  la  justice  de 
la  Feuiliade  :  \^  que  le  moulin  à  chanvre  était  en  très  mauvais  étal  ; 
2o  que  le  moulin  à  blé,  couvert  à  paille,  n'avait  aucune  planche, 
aucun  ferrement,  les  portes  sans  serrures,  d'ailleurs  le  moulin 
et  la  maison  en  assez  bon  étal;  S'^que  Taulre  moulin  étaii  totalement 
en  ruines,  sans  portes  ni  fenêtres,  les  murs  par  lerre.  Ces  moulins 
banaux  furent  donnés  en  emphythéôse. 

Le  prieur  possédait  encore  un  autre  moulin  banal  à  grains  et  à 
draps  à  Haulebesse,  sur  le  ruisseau  du  Cruzeau  ;  en  1477,  il  en  fut 
rendu  déclaration  au  prieur  François  d'Ussel.  J 

Pour  s'opposer  à  la  concurrence^que  les  assujettis  voulaient  faire  i 

aux  moulins  banaux  du  prieur,  les  fermiers  de  ce  derniers  oblin-  à 

rent  en  1781  une  sentence  du  juge  de  la  Feuiliade  défendant  de 
construire  un  autre  moulin  dans  la  banlieue  de  la  Villedieu  au 
préjudice  de  ceux  existants  (i). 

Le  prieur  percevait  la  dîme  des  grains  et  agneaux  à  la  Ville- 
dieu,  au  Maly,  à  la  Ribière,  paroisse  de  la  Villedieu,  et,  dans  la 
paroisse  de  Faux,  au  bourg  de  Faux  (dime  des  grains  affermée  en 
1639  vingt-cinq  setiers  de  grains,  les  detr\  tiers  seigle,  l'aulre  tiers 
avoine,  mesure  du  prieuré),  à  Plazanet  (en  outre  une  rente  en 
^roment  ;  en  1773  les  tenanciers  plaident  pour  ne  pas  payer  la  dlme 
des  laines  qu1ls  prétendent  ne  pas  devoir),  au  Bonmarlin  (outre 
des  rentes),  à  Trufly  (de  onze  gerbes  une),  à  Landoueineix  et  sur  le 
lènement  de  Feyligoux,  à  Arzalier,  à  Jalagnat,  au  Monlbuohoux  (en 
1649  dime  affermée  huil  vingt  quinze  setiers  de  grains,  dont  deux 
tiers  seigle  et  un  tiers  avoine,  mesure  du  prieuré),  à  L'Age,  à 
Mercier-Férier  (en  outre  une  renie  en  froment),  aux  Bordes  et  sur 

(1)  Mchi^es  de  la  Creuse  g,  134. 


i 


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—  ce- 
lé tènement  du  Clonp,  à  Broussas  de  Maudc  et  à  Rëgeat.  En  1658  les 
dimes  du  prieuré  furent  affermées  moyennant  neuf  cent  soixante- 
neuf  setiers  de  grains  et  cent  soixante-cinq  livres  d^argent. 

Etaient  dans  la  directe  et  fondalilé  du  prieur  de  la  Villedieu,  en 
franche  condition,  en  totalité  ou  en  partie.  Dans  la  paroisse  de  la 
Yilledieu  :  le  bourg,  le  Grand-Moulin  de  la  Villedieu,  le  Maly, 
Hautebesse,  la  Ribiëre  ; 

Dans  la  paroisse  de  Nedde  :  Donzenac,  les  Fargettes  ; 

Dans  la  paroisse  de  Faux  :  le  Monlbuchoux,  le  Bonmartin,  Trnffy, 
Trijouleix,  Besses,  Arzalier,  Châtain,  Larfeuillërc,  Laudoucineix, 
L'Age,  Réjat,  Jalagnat,  Plazanet,  les  Bordes,  La  Loy,  Hercier- 
Férier, 

L  —  Louis  d'Aubusson  était  prieur  do  la  Villedieu  vers  1440. 

IL  —  En  U77  on  trouve  comme  prieur  de  la  Villedieu  François 
d'Ussel. 

IIL  —  Guyot  d'Aubusson,  prieur  de  la  Villedieu  en  1509, 
commence  la  série  non  interrompue  des  prieurs  commendatnires. 

IV.  —  Le  13  mai  1549,  au  bourg  de  la  Villedieu,  pardevant 
François  Malledent  et  Antoine  Haulme,  notaires  royaux  au  pays 
et  comté  de  la  Marche,  comparut  noble  et  vénérable  personne 
maistr«)  François  Dusset,  protonotairo  du  Saint-Siège  apostolique, 
prieur  commendataire  du  prieuré  de  la  Villedieu,  requérant  H* 
Claude  Granchier,  son  procureur  et  conseil,  lequel  présenta  les 
lettres  royaux  obtenues  du  roi  ordonnant  vaquer  à  faire  la  recon- 
naissance des  cens,  rentes  et  devoirs  dépendant  du  prieuré  de  la 
Villedieu.  Le  prieur  possédait  à  la  Villedieu  :  lo  «  une  belle  maison 
haulte  et  basse,  avec  cour  el  basse-cour,  renfermée  de  murailles  »; 
i  un  jardin,  joignant  à  laiite  maison,  contenant  «  trois  éminées 
de  terre,  mesure  d'Aubusson  »;  V  un  pré  dit  le  Gran<l  Pré,  conte- 
nant c  cinq  journaux  de  pré  ».  Les  tenues,  en  directe  f  >ndalité 
dudit  prieur,  étaient  situé js  à  la  Ribiëre,  le  Montbiichoux,  la 
Villedieu,  Merciel,  Donzenac,  le  Bonmartin,  les  FargeUes,  Jalagnat, 
Plazanet,  Hautebesse,  Besscs,  Arzalior,  Chastaing,  Larfeuillère, 
Laudoueiiieix,  l'Age,  Broussas,  Réjat,  le  Maly,  Trnffy,  les  Bordes. 


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—  67  — 

V.  —  Bonavenlure  d'Aubussoii  de  Chassingrîmonl,  raori  vers 
1620,  était  prieur  de  la  Villedieu. 

VI.  —  Louis  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  prieur  de  la  Villedieu 
eo  1629,  résigna  en  1649  ce  prieuré  en  faveur  de  Georges  d'Aubus- 
son,  son  neveu,  ainsi  que  nous  Tavons  déjà  énoncé  à  rarlicle  de  ce 
dernier,  comte  de  la  Feuillade  après  Léon,  son  frère  aîné. 

En  1639  il  avait  pour  fermiers  du  revenu  du  prieuré  Yrieix  Bandy 
et  Yrieix  Barjou,  bourgeois  de  Fellelin. 

VIL  —  Georges  d'Aubusson  de  la  Feuillade,  prieur  de  la  Villedieu 
en  i649,  parla  résignation  de  Louis  d'Aubusson,  son  oncle,  avnil 
celte  même  année  pour  fermier  du  prieuré  Gabriel  Forest,  en  1658. 
Léger  de  la  Rebière,  notaire,  et  Robert,  son  fils,  praticien.  Il  consen- 
tit le  18  octobre  1666,  étant  archevêque  d'Embrun,  bail  du  revenu 
temporel  du  prieuré  de  la  Villedieu,  pour  quatre  ans,  moyennant 
seize  cents  livres  par  an,  à  Léonard  Dalesme,  de  Saint- Léonard, 
représenté  par  Jacques  Dalesme,  escuyer,  conseiller  du  roy,  séné- 
chal du  Dognon. 

Le  même  Georges  d'Aubusson  consentit  le  24  juillet  1671,  bail  du 
même  revenu  temporel,  pour  cinq  ans,  moyennant  dix-sept  cents 
livres  par  an,  à  Louis  MaileJent,  sieur  du  Mas,  juge-châtelain  de 
Fèniers,  demeurant  à  Gentioux.  Le  30  mai  1687,  le  même  Georges 
d'Aubusson  consentit  bail  du  même  revenu,  pour  cinq  ans,  moyen- 
nant dix-sept  cent  cinquante  livres  par  an,  à  Antoine  de  TrufiTj, 
notaire  royal  de  la  Villedieu  :  Georges  d'Aubusson  était  alors 
évèque  de  Mi^tz.  Le  27  mai  1692,  il  renouvela  ce  bail  à  Antoine  de 
TruflTy  sous  les  mêmes  conditions. 

En  1686  une  nouvelle  cure  fut  érigée  à  la  Villeneuve-au-Comle 
en  faveur  de  Jean  Lagrange,  prieur  de  Nedde.  Ce  dernier  et  Jeati 
Mercier,  curé  ou  vicaire  perpétuel  de  la  paroisse  de  Nedde  assignè- 
rent le  prieur  de  la  Villedieu  pour  qu'il  contribuât  à  la  pension 
congrue  du  nouveau  curé  de  la  Villeneuve,  à  cause  des  dimes  que 
ledit  prieur  de  la  Villedieu  percevait  dans  la  paroisse  de  Nedde  ; 
mais  le  18  août  1688  il  intervint  un  arrêt  du  parlement  de  Paris  qui 
débouta  les  demandeurs. 


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-68- 

Des  dirflcultës  sVtaiil  élevées  au  sujet  du  payeinenl  des  pensions 
congrues  du  curé  et  du  vicaire  de  Faux,  et  des  réparations  de 
Téglise  paroissiale  de  Faux,  une  fentonce  de  la  sénéchaussée  de 
Monlmorillon  en  date  du  0  août  1687,  condamna  à  y  contribuer, 
chacun  au /rorn/a  des  dîmes  qu'il  percevait  dans  la  paroisse  de 
Faux,  Louis  Lascaris  d'Urfé,  seigneur  évoque  de  Limoges,  Georges 
d'Aubusson,  prieur  de  la  Villedieu,  et  Jean  de  Lagrange,  prieur  de 
Nedde,  dont  le  prieuré  dépendait  de  Tabbiiye  de  S  )lignac,  ordre  de 
Suint- Benoit. 

VIL  —  Louis  Coursier,  prôlre,  chanoine  de  Téglise  Notre-Dame 
de  Paris,  succéda  à  Georges  d'Aubusson,  comme  prieur  commen- 
dataire  de  la  Villedieu.  Le  4  janvier  1098,  par  François  de  La  Porte, 
sieur  des  Farges,  advocat  en  la  Cour,  sénéchal  du  comié  de  !a 
Feuillade,  résidant  à  Aubusson,  son  mandataire,  il  consentit  bail 
du  revenu  temporel  du  prieuré,  pour  six  ans,  moyennant  seize 
cent  cinquante  livres  par  an,  à  Antoine  de  TiuiTy,  noliâre  royal  de 
la  Villedieu,  et  à  Louis  de  Truffy,  son  fils.  Le  4  janvier  1705,  par  le 
même  mandataire,  il  consentit  aux  mêmes  un  nouveau  bail  de  six 
ans,  moyennant  quinze  cent  cinquante  livres  par  an.  Le  29  avril 
1709,  toujours  par  le  même  mandataire,  Louis  Coiiri'ier,  qualiûé 
alors  docteur  de  la  maison  et  faculté  de  Sorbonne,  consentit  bail  du 
môme  revenu,  pour  cinq  ans,  moyennant  quatoize  cent  cinquante 
livres  par  an,  à  Martial  Bénassys,  sieur  de  Lapleoux,  notaire  royal 
et  procureur  d'office  de  la  justice  du  marqui,<at  de  la  Vi!leneuve-au- 
Comte  et  Nedde.  Louis  Dubayle,  sieur  de  la  Loy,  notaire  royal, 
était  fttrmier  du  revenu  du  prieuré  depuis  1714  et  le  resta  sans 
doute  jusqu'à  sa  mort  arrivée  en  17:^2.  En  1725,  il  n'y  avait  pas 
de  fermier  ;  Pierre  Mazau,  curé  de  Faux,  était  receveur  des  revenus 
du  prieuré. 

Comme  le  commandeur  de  Charrières  et  Genlionx  et  le  curé  de 
Royère  étaient  codécimateurs  de  la  paroisse  de  Faux,  pour  une 
faible  partie,  il  est  vrai,  le  prieur  Louis  Coursier  leur  intenta  en 
1720  un  procès  pour  les  faire  condamner,  en  cette  qualité  de 
co-décimateurs,  au  payement  des  pensions  congrues  du  curé  et  du 
vicaire  de  Faux  et  des  réparations  de  réalise  de  cette  paroisse. 


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-69- 

Ce  procès  dura  longtemps,  et  ne  fut  terminé,  ainsi  que  nous  le 
dirons  plus  loin,  que  sous  le  dernier  successeur  de  Louis  Coursier. 
Ce  dernier  était  encore  prieur  commendataire  de  la  Yiilediea 
en  1728. 

Vin.—  Nicolas  de  Janson,  prêtre,  chanoine  de  l'église  de  Troyes, 
èlail  prieur  commendataire  de  la  Villedieu  en  1730.  Le  8  octobre 
dite  année  il  fit  dresser  par  Guerre,  notaire,  et  Barjaud,  notaire 
royal,  de  nouvelles  reconnaissances  des  cens,  rentes,  droits  et 
devoirs  seigneuriaux  dus  par  les  tenanciers  au  prieuré  de  la 
Villedieu. 

Trouvant  sans  doute  que  les  fermiers  de  tout  le  revenu  temporel 
tendaient  de  plus  en  plus  à  diminuer  le  prii  de  leur  bail,  il  voulut 
essayer  des  baux  particuliers.  Le  27  août  1733,  il  consentit  donc 
pour  sept  ans  des  baux  particuliers,  à  partir  du  1*' janvier  1734, 
Son  essai  réussit,  car  le  total  des  fermages  s'éleva  pour  chaque 
année  à  deux  mille  deux  cent  quatre-vingt-cinq  livres.  A  l'expira- 
tion de  ces  baux  particuliers,  il  en  consentit  un  général  à  Jean  de 
Truffy,  sieur  du  Meignaud.  A  la  mort  de  ce  dernier,  Anne  Vareilhe, 
sa  veuve,  continua  son  bail.  Le  !fO  février  1747,  le  prieur  Nicolas 
de  Jauson  consentit  bail  du  revenu  temporel  du  prieuré,  pour 
sept  ans,  moyennant  deux  mille  cent  livres  par  an,  à  François  de 
Truffy  du  Meignaud  et  à  Madeleine  Dessariaud,  son  épouse,  de  la 
Villedieu.  Nous  trouvons  ensuite  comme  fermiers  du  revenu  tem- 
porel du  prieuré  :  en  1761,  Léonard  Hergoux,  bourgeois,  originaire 
d'Âubusson  ;  en  1764,  Jean-François  Thézillat,  bourgeois  de  Thé- 
zillaL 

Nicolas  do  Janson  est  qualifié  docteur  de  Sorbonne  en  1736. 
En  1747,  il  était  chanoine  théologal  et  sous-chantre  de  Téglise 
Notre-Dame  de  Paris.  Il  était  encore  prieur  comoiendataire  de  la 
Villedieu  en  1764. 

IX.  —  Henry-Marie  Joly  de  Chavigny  fut  le  dernier  prieur  com- 
mendataire de  la  Villedieu.  Il  eut  des  démêlés  avec  Jean^François 
deTruQy,  sieur  du  Meignaud,  alors  fermier  de  la  seigneurie  de  la 
Villedieu;  le  11  avril  1768  intervint  entr'eux  sentence  du  sénéchal 
.de  la  MarcUe.  Le  20  décembre  1768,  le  prieur  consentit  bail  da 


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revenu  temporel  du  prieuré,  pour  neuf  nns,  moyennant  trois  mille 
livres,  à  François  Tixier,  bourgeois  de  Felletin.  Hais  ce  bail  dut 
èlre  résilié  bientôt,  si  tant  est  que  le  fermier  se  mit  en  possession, 
car  on  trouve  comme  fermiers  du  prieuré,  en  1769  Antoine  Lenoble 
de  Basseaud,  bougeois  de  Felletin,  demeurant  ordinairement  à 
Fiayal,  et  en  1773  Joseph  Lenoble,  avocat  en  parlement  et  pro- 
cureur en  la  justice  de  la  Feuillade,  demeurant  à  Felletin^  paroisse 
de  Beaumont.  Alexis  Jabouiile,  de  Pallier,  et  Jean-François  Tlié- 
zillal,  de  Thézillat»  associés,  étaient  fermiers  du  prieuré  en  1778  et 
le  restèrent  jusqu'à  la  Révolution. 

Le  procès  entre  le  prieur  de  la  Villedieu,  d'une  part,  et  le  curé 
de  Royère  et  le  commandeur  de  Cbarrières  et  Gentioux,  de  l'autre, 
commencé  en  1720,  se  termina  sous  le  prieur  Henry-Marie  Joly  de 
Cbavigny.  Par  transaction  du  il  mars  1779,  le  curé  de  Royère 
consentit  de  payer  au  prieur  de  la  Villedieu,  par  chaque  anuèe, 
la  somme  de  vingt  livres,  pour  sa  quote-part  dans  les  pensions 
congrues  du  curé  et  du  vicaire  de  Faux  et  dans  les  réparations  de 
réglise  de  Faux,  à  raison  des  dîmes  que  ledit  curé  percevait  sur 
Broussas  de  Haude.  Et  par  sentence  des  Requêtes  du  Palais  en  date 
du  6  décembre  1779,  le  commandeur  de  Cbarrières  et  Gentioux  fut 
condamné  à  payer  annuellement,  pour  sa  quote-part  dans  les 
mêmes  dépenses  au  prieur  de  la  Villedieu  la  somme  de  quaraute- 
deux  livres  quinze  sols. 

Malgré  la  sentence  intervenue  le  9  août  1687  entre  le  prieur  de 
la  Villedieu,  Tevéque  de  Limoges  et  le  prieur  de  Nedde,  les  Reli- 
gieux bénédictins  de  Sulignac,  de  qui  dépendaient  ce  dernier  prieur, 
se  refusaient  à  contiibuer  au  paiement  des  pensions  congrues  du 
curé  et  du  vicaire  de  Faux  et  des  réparations  à  Téglise  de  Faux,  et 
le  prieur  de  la  Villedieu  se  trouvait  forcé  d'acquitter  la  quote-part 
à  la  charge  de  Tabbaye  de  Solignac  dans  ces  dépenses.  Pour  mettre 
lin  à  cet  éial  de  choses,  le  prieur  de  la  Villedieu  intenta  un  nouveau 
procès  aux  Religieux  Bénédictins.  L'instance  était  pendante  aux 
requêtes  du  Parlement  de  Paris,  lorsque  par  acte  sous-seing  privés 
fait  à  Paris  le  24  janvier  1780  les  prieur,  sous-prieur,  sénieur  et 
syndic  de  Tabbaye  de  Solignac,  d'une  part  et,  le  prieur  commeudû* 


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-  71  - 

taire  de  la  Yillediea  Henry-Marie  Joly  de  Chavigny,  de  Taulre,  tran- 
sigèrent aux  conditions  suivantes  :  les  Bénédictins  de  Solignac 
abandonnèrent  au  prieur  de  la  Villedieu  toutes  les  dimes  et  novales 
de  ia  paroisse  de  Faux  et  lui  payèrent  la  somme  de  deux  cent  qua- 
rante livres  pour  les  arrérages  des  pensions  du  curé  et  du  vicaire  et 
autres  frais  qui  auraient  pu  être  à  leur  charge;  de  son  côté,  le  prieur 
<le  la  Villedieu  resta  seul  chargé  des  pensions  congrues  du  curé  et 
dn  vicaire  de  Faux  et  des  réparations  à  faire  à  Téglise  paroissiale 
de  celte  paroisse. 

Le  26  février  1791  Alexis  Jabrouille,  Tun  des  fermiers,  dressa 
pour  rÂdministralion  la  liève  des  rentes  du  prieuré.  Il  résulte  de 
cet  état  que  le  prieur  de  la  Villedieu  percevait  annuellement  de 
renies  : 

Sur  ia  Villedieu  :  froment  onze  seliers  trois  quartes,  seigle  neuf 
seliers  trois  quartes,  avoine  dix-neuf  seliers  trois  quartes,  argent 
treize  livres  onze  sols  sept  deniers,  gélines  sept,  arbans  quatorze  ; 

Sur  le  Maly  :  froment  deux  quartes  une  coupe  et  demie,  seigle 
deux  seliers,  argent  neuf  sols  quatre  deniers,  géline  une  ; 

Sur  Haulebesse  :  froment  un  setier,  seigle  huit  seliers,  avoine 
quatre  seliers  trois  quartes  deux  coupes,  argent  deux  livres  quatre 
sols,  gélines  deux,  arbans  trois  ; 

Sur  la  Ribière  :  froment  un  setier  une  coupe,  seigle  trois  seliers, 
avoine  deux  setiers  un  ras,  argent  dix-huit  sols  trois  deniers, 
arbans  trois  ; 

Sur  Donzenac  :  froment  deux  quartes,  seigle  dix-huit  seliers, 
avoine  huit  seliers,  argent  quatre  livres  douze  sols  six  deniers, 
gélines  six,  arbans  trois  ; 

Sur  les  Fargelles  :  froment  une  quarte  deux  coupes,  seigle  dix- 
huit  setiers  trois  quartes  trois  coupes  et  demie,  avoine  vingt-six  las 
un  quarlon,  argent  trois  livres,  gélines  six,  arbans  cinq  ; 

Sur  leUonlbuchoux  :  seigle,  y  compris  le  froment,  quatre  seliers* 
avoine  dix  quarlons,  argent  une  livre  six  deniers  ; 


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-72  - 

Sur  le  Bonmartin  :  avoine  cinq  seliers  ,  argent  Irois  livres 
quinze  sols  ; 

Sur  Truffy  :  froment  deux  quartes  une  coupe,  seigle  quaire  setiers, 
avoine  six  ras,  argent  quinze  sols,  géline  une,  arban  un  ; 

Sur  Trijouleix  :  Troment  deux  quartes  ; 

Sur  Besses  :  Troment  un  setier  ; 

Sur  Arzalier  :  froment  un  setier  ; 

Sur  Châtain  :  froment  trois  seliers  ; 

Sur  Larfeuillère  :  froment  un  selier  ; 

Sur  Laudoueincix  :  froment  deux  seliers  ; 

Sur  TAge  :  froment  un  setier  ; 

Sur  Réjat  :  froment  deux  setiers  ; 

Sur  Jalagnat  :  froment  trois  setiers  ; 

Sar  Plazanet  :  froment  quatre  seliers  ; 

Sur  les  Bordes  :  froment  un  setier  deux  quartes  ; 

Sur  la  Loy  :  froment  un  selier  ; 

Sur  Mercier-Férier  :  froment  un  selier. 

Tous  ces  grains  élaient  à  la  mesure  du  prieuré  de  la  Villedieu,  à 
l'excepllon  des  grains  perçus  sur  les  villages  des  Bordes,  de  la  Loy 
et  de  Mercier-Férier,  qui  étaient  à  la  mesure  du  chapitre  de  Téglise 
cathédrale  de  Limoges. 

Le  pré  de  la  Yilledieu  élait  affermé  soixante-douze  livres  et  le 
moulin  quaire  vingt-dix  livres. 


§  5.  —  PelletâDges 


Le  fief  de  Pelletanges,  relevant  du  comté  de  la  Feuillade,  com- 
prenait :  i""  dans  la  paroisse  de  Saint-Marc-à-Loubaud,  Pelletanges, 
Lavaud-Gelade  (en  partie),  Cessinas  et  Neipoux,  probablement  aussi 
les  parties  du  bourg  de  Sa^iut-Marc,  de  Train  el  de  CbierlraiOi  sises 


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-  73  - 

dans  le  ressort  de  la  Feuillade  ;  i'*  dans  la  paroisse  de  Saint-Pierre- 
le-Bost,  le  village  de  Cbampredon  ;  S®  dans  la  paroisse  de  Royère, 
un  lènement  dépendant  de  La  Hazore. 

En  1458  Geoffroy  de  Rocheforl,  chevalier,  était  seigneur  de 
Saint-Angel  et  de  Pelletanges.  Par  acte  du  4  juillet  1458  il  acensa 
à  perpétuité  à  Martial  et  André  de  Neipoult  le  village  de  Neipoult, 
le  moulin  de  Neipoult  et  la  banlieue  de  ce  moulin,  le  tout  en  con- 
dition Tranche,  moyennant  une  rente  en  grains,  à  la  mesure  du 
Monteil,  prés  de  la  Borne,  payables  à  Polietanges,  et  les  quatre  cas, 
en  présence  de  nobles  hommes  messires  Jean  de  Rochefort,  cheva- 
lier, seigneur  de  Saint-Maixent,et  Antoine  de  Chizadour,  damoiseau, 
seigneur  d'Aubepeyre,  près  Vallière  (1). 

Le  même  Geoffroy  de  Rochefort,  seigneur  de  Saint-Angel  et  de 
Pelletanges  ;  fit  donation  au  couvent  de  Blessac,  pour  Tâme  de  sa 
sœur  Philippine  de  Pelletanges,  morte  religieuse  à  Ulessac,  de  deux 
setiers  seigle  de  rente  sur  le  village  de  Pourcheyroux,  paroisse  de 
Saint-Uarc-A-Laubaud  (2). 

Noble  et  puissant  Jean  I*^  d'Aubusson,  chevalier,  seigneur  de  la 
Dorne,  du  Monteil-au-Vicomte,  de  la  Feuillade  et  de  la  Villeneuve 
en  1374,  est  aussi  qualifié  seigneur  de  Pelletanges.  Il  mourut  le  5 
octobre  1420.  Par  suite  du  partage  entre  ses  enfants,  la  seigneurie 
de  Pelletanges  échut  à  Renaud  III  d*Aubusson,  chevalieri  apanage 
eu  outre  de  la  seigneurie  du  Honteil-au-Vicomte. 

Antoine  P'd*Aubusson,  fils  de  Rainaud  III,  seigneur  du  Monteil- 
au- Vicomte  et  de  Pelletanges»  vendit  le  fief  de  Pelletanges  à  son 
oncle  Louis  d'Aubusson,  chevalier  de  Saint-Jean-de-Jérusalem, 
commandeur  de  Charriëres  et  Gentioux  eu  1445  et  1468. 

Louis  d'Aubusson  fit  donation  de  cette  seigneurie  à  son  frère 
Guillaume  II  d'Aubusson,  seigneur  de  la  Feuillade. 

A  la  mort  de  Guillaume,  seigneur  de  la  Feuillade,  le  fief  de  Pelle- 
tanges n'échut  pas  à  Louis  II,  son  fils;  du  moins  on  ne  le  trouve 


(1)  Ce  litre  lalin  a  été  imprimée  à  la  suite  de  notre  Notice,  intitulée 
La  baronnie  de  la  Farge, 


{2)  Note  Bosvieuxy  sans  date. 


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> 


-  74- 

pas  qualifié  seigneur  de  Pelielanges.  Et  d'ailleurs,  il  est  reconnu 
que  Ji>an  II  d'Aubusson,  chevalier,  seigneur  de  ia  Feuillade,  de 
Pelklanges,  de  la  Villedleu  et  de  Genlioux,  fil  en  15^1  Tacquisition 
de  la  lerre  de  Pullelar.ges  :  ce  qui  prouve  bien  que  ledit  Jean  II 
n'avait  pas  recuilli  cette  seigneurie  dans  la  succession  de  Louii  II, 
son  père.  Il  est  vraisemblable  que  le  fief  do  Pelielanges  avait  été 
VL^idi]  par  Guillaume,  seigneur  de  la  Feuillade,  à  Geoffroy  de 
[{«xlieFort,  seigneur  de  Saiut-Angel.  Quoiqu'il  en  soit,  nous  ignorons 
carniueut  ce  fief  passa  dans  la  maison  de  Rochefort  et  comment  il 
en  sortit. 

Depuis  cette  date,  1521,  le  fief  de  Pelielanges  suivit  le  sort  du 
comté  de  la  Feuillade,  dont  il  ne  fut  plus  distrait. 


CHAPITRE  XI.  —  Armorial 


Ajasson  —  Berry  —  De  sable,  à  la  fasce  fuselée  d'argent. 

D  Aubusson  —  Haute -Marche  —  D'or,  à  la   croix  ancrée   de 

gueul4:s. 

De  Bauffremont  —  Lorraine  et  Barrois  —  Vairé  dor etde gueules. 

Dazîii  de  Bezons  —  —  D*azur,  à  trois  cou- 

roijiies  ducales  fleuronnéesde  cinq  pièces  d'or,  2,  2  et  1. 

De  Beaufort  —  Auvergne  ^  D'or,  à  la  fleur  de  lis  de  gueules. 

Dl'  Bjaupoil  de  Sainle-Aulaire  —  Bretagne  —  De  gueules,  à  trois 
couples  de  chênes  d'argent,  mis  en  pal  2  et  1,  les  laisses  d'azur 
tournées  en  fasce. 

De  Deauvau  —  Anjou  —  D*argent,  à  quatre  lionceauide  gueules, 
mm^S  lampassés et  couronnés  d'or. 


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-  78- 

Brachet  ou  de  Brachet  —  Haute-Marche  —  D*azur,  à  deux  chiens 
braques  d'argent,  posés  Fun  sur  l'autre  et  passant. 

De  Caulaincourt  —  Picardie  —  De  sable  au  chef  d'or. 

De  Chamborant—  Poitou  —  D*or,  au  lionranipant  desable,  armé 
et  lampassé  de  gueules. 

Chaïuillart  —  Normandie  —  D'azur,  à  la  levrette  d'argent,  col- 
letée de  gueules  ;  au  chef  d'or,  chargé  de  trois  étoiles  de  sable. 

De  Chapt  de  Rastignac  —  Limousin  —  D*azur,  au  lion  d'argent 
lampassé  et  couronné  d'or. 

De  Chauverou  ou  Chouveron  —  Basse-Harche  —  D'argent,  au  pal 
bandé  d'or  et  de  sable. 
De  Crussol  —  Vivarais  —  Fascé  d'or  et  de  sinople. 

De  Dienne  —  Haute-Auvergne  —  D'azur,  au  chevron  d'argerU 
accompagné  de  trois  croissants  d'or  posés  deux  en  chef  et  un  en 
pointe. 

Estourneau  —  Basse-Morche  —  D'or,  à  trois  chevrons  de  sablo 
accompagnés  de  trois  étourneaux  de  méme^  deux  en  chef  et  un 
pointe. 

Faulcon  de  Saint-Pardoux  —  Limousin  —  D'azur,  au  faucon  d'or, 
perché  sur  un  bâton  de  même. 

De  Goutant-Biron  —  Guyenne  —  Ecarlelé  d'or  et  de  gueules. 

Gouffler  —  Poitou  —  D'or,  à  trois  jumelles  de  sable  en  fasce. 

Green  de  Saint- Marsault—  Limousin  —  Parti,  au  1  de  gueules, 
à  trois  demi-vols  d'argent,  2  et  i  ;  au  2  aussi  de  gueules,  à  onze 
clochettes  d'argent  bataillées  de  sable,  4^  4  et  3. 

D'Harcourt  —  Normandie  —  De  gueules,  à  deux  fasces  d'or. 

D'Hautefort  de  Vaudre  —  Périgord  —  D'or,  à  trois  fasces  de  sable, 
deux  en  chef  et  une  en  pointe. 

De  La«ge  du  Brudieu  —  Bourbonnais  —  D'argent,  au  chevron  de 
gueules,  à  la  bordure  de  sable. 

De  L'Âge  de  Puyiaurens  —  Berry  —  D'or,  à  la  croix  de  gueulais 
brisée  d'au  lambel. 


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A 


-.76- 

De  La  Pivardière  —  Berry  —  D'argent,  à  trois  molettes  de  sable, 
posées  ^  et  i. 

De  La  Koche-Aymoii-Saint-Maixent  —  Combrailie  —  De  sable,  au 
liun  d'or,  semé  de  trèfles  du  même. 

De  La  Tour  (d'Auvergne),  sires  de  La  Tour,  comtes  —  Auvergne 
—  De  gueules,  à  la  tour  d'argent  maçonnée  de  sable. 

De  La  Trémoille  —  Poitou  —  D'or,  au  chevron  degueules,  accora- 
p:igné  de  trois  aigletles  d'azur,  becquées  et  membres  de  gueules. 

De  Lezay  de  Beauregard  —  Basse  Marche  —  Burelé  d'argent 
ei  il'azur  ;à  l'orle  de  huit  merlettes  de  gueules;  au  franc  quartier 
du  même. 

De  Levis  —  Hurepoix  —  D'or,  à  trois  chevrons  de  sable. 

De  Lignières  —  Berry  —  D'or,  au  chef  de  vair;  au  lion  de  gueules, 
couronné  d'or,  brochant  sur  le  tout. 

De  Halieret,  seigneur  de  La  Roche-Guillebaud  —  Bourbonnais  et 
Combrailie  —  D'or,  au  lion  de  gueules. 

De  Monteruc  —  Limousin  —  De  gueules,  au  chevron  d'argeni, 
accompagné  en  chef  de  deux  étoiles  et  en  pointe  d'un  rocher,  le 
tout  du  même. 

D'Oyron  —  Poitou  —  D'argent,  à  trois  roses  de  gueules,  ligées  et 
fouillées  de  sinople,  2  et  1. 

Phélippeaux  —  Blois  —  Ecarleié,  aux  1  et  4  d'azur,  semé  de 
quutre  feuilles  d'or  ;  au  franc-canton  d'hermine  ;  aux  2  et  3  d'or 
à  trois  maillets  de  sinople. 

De  IMerrebufflère  —  Limousin  —  De  sable,  au  lion  d'or,  armé  et 
lampassé  de  gueules. 

Pot  de  Rhodes  —  Berry    -  D'or,  à  la  fasce  d'azur. 

Poussemolhe  de  l'Estoile  de  Graville  —  Béarn  —  D'azur,  à  trois 
jh  de  jardin  d'argent,  grenés  d'or,  tiges  et  feuilles  de  sinople,  la 
pointe  de  i'écu  enlée  de  sable,  à  une  étoile  d*or. 

Dd  Razës  —  Limousin  —  Pallé  d'argent  et  de  gueules  à  sept 
pilles,  au  chef  d'or. 


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—  77  - 

De  Rochecbouart  —  Poitou  —  Fascé,  onde  d'argent  et  de  gueules 
de  six  pièces. 

De  Rocheforl-Saint-Angel  —  Haute-Auvergiie  —  Fascé  d'or  et  de 
gueules  de  six  pièces. 

Rouillé  (le  Boissy  du   Coudray  —  —  De  gueules,  à 

trois  mains  scne^tres  d'or;  au  chef  du  même,  chargé  de  trois  nio- 
letUiS  de  gueules. 

De  Saint-Âman.i,  depuis  Saint-Chamans  ^  Bas-Limousin  —  De 
sinople,  à  trois  fasces  d'argent  ;  au  chef  engresié  du  même. 

De  Saint-Julien  —  Combraille  —  De  sable,  semé  de  bllleltes  d'or, 
au  lion  grimpant  d'or,  lampassé,  armé  de  gueules,  brochant  sur  le 
tout. 

De  Scorailles  —  Haute- Auvergne  —  D*azur,  à  trois  bandes  d'or. 

De  Soudeilles  —  Bas-Limousin  —  Echiquetè  d'azur  et  d'argent  à 
cinq  pilles. 

DeTalleyrand-Périgord  —  Périgord  —  De  gueules,  à  trois  lions 
d'or,  armés,  laropassés  et  couronnés  d'azur. 

De  Touzel  ou  Touzelles  —  Auvergne  —  De  gueules,  à  la  tour 
d'argent,  maçonnée  de  sable,  accompagnée  de  six  fleurs  de  lis  dor, 
3  à  dextre  et  3  à  senestre. 

D'Ussel  —  Bas-Limousin  —  D'azur  à  Thuis  ou  porle  d'or,  cloué 
verrouillé  de  sable  et  accompagné  de  trois  étoiles  d'or. 

De  Ventadour  —  Bas-Limousin  —  Ecliiqueté  d'or  et  de  gueules. 

Dî  Vouhet  — Berry  —  D'azur,  au  chevron  d'argent,  accompagné 
de  trois  flt-urs  de  lis  d'or,  ï  en  chef  et  i  en  pointe. 


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—  78- 


APPENDICE 


/.  —  3  octobre  4121 .  —  Exécutoire  pour  IHene  Joullot, 
notaire  et  procureur,  cimtre  Jean-Yareilhe,  sieur  de 
LêLtchaux.  —  Original. 


Joseph  Babert,  sieur  de  la  Pillatièie  conseiller  du  roy  et  son  lieu- 
tenant général  criminel  de  la  sénéchaussée  de  Montmorillon  com- 
missaire en  cette  partie  de  nos  seigneurs  de  la  Cour  de  PaiMement 
Mendons  au  premier  huissier  ou  sergent  royal  sur  ce  requis. 

A  la  requête  de  Pierre  JouUot  noltaire  et  procureur  en  la  justice  de 
la  Feuillude  demeurant  au  bourg  et  paroisse  de  Faux  et  de  Jean 
Joullot  praticien  fils  contraindre  par  touttes  voys  dbue  et  raisonna- 
bles nonobestant  opposition  ou  appellation  quelconques  faitles  ou  a 
faire  et  sans  preiudice  d'icelle  Jean-François  Vareilhe  sieur  de  Las- 
chaux  et  de  lu  Salle  advocat  en  parlement  bailler  et  payer  aux  dits 
sieurs  Joullot  père  et  fils  chescun  la  somme  de  vingt  deux  livres  dix 
sols  pour  chescun  sept  journée  par  eux  employée  pour  uenir  seiour 
et  retour  de  leur  demeure  en  cette  ville  distant  de  tranle  lieux  pour 
déposer  pardevant  nous  en  Tinformation  que  ledit  sieur  de  Laschaux 
a  fait  faire  contre  Arnaud  Benassis  et  Léonard  Goumy  compris  en 
icelle  somme  le  coust  et  lieue  des  présentes  de  ce  faire  donnons 
pouvoirs. 

Donné  et  fait  au  dit  Montmorillon  par  nous  lieutenant  général 
criminel  et  commissaire  susdit  le  troisiesme  jour  d'octobre  mil  sept 
cent  vingt  sept. 

(Signé  :  )  Babert,  Durand. 


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-  79  - 


//.  —  46  décembre  1121.  —  Lettres  de  provision  acconféf^s 
par  le  comte  de  la  Feuillade  à  Jean  Joui  loi  pour  tes 
charges  de  procureur  et  de  notaire.  —  Original. 


Nous  Hubert  vicomte  d'Aubusson  comte  de  la  Feuillade  marquîs 
de  Miremont  et  de  Villac  seigneur  du  duché  de  Ruanes  et  chatellents 
y  reunis  et  mestre  du  camp  du  régiment  Royal  Piémont  cau^lerie 
sur  le  bon  et  fldelle  raport  qui  nous  a  été  fait  de  la  personne  de 
ninUre  Jean  Joulot  praticien  du  bourg  de  Faux  de  la  probilé  capacité 
et  surOsance  dans  les  afTaires  de  la  religion  catholique  apostolique  aL 
romaine  nous  avons  au  dit  Joulot  donné  et  octroyé  donnons^el 
octroyons  par  ces  présentes  les  charges  de  procureur  et  notaire  dans 
notre  comté  et  terre  de  la  Feuillade  pour  y  exercer  les  dites  charges 
de  procureur  et  notaire  tant  qu'il  nous  plairat  seulement  enjoinutns 
aux  justiciables  de  notre  comté  de  le  reconnoitre  en  cette  qualité, 
après  quil  aura  prclé  le  serment,  été  reçu  et  instale  dans  les  dits 
ofTices  par  le  juge  ou  autre  ancien  aux  quels  nous  mondons  de  le 

recevoir  et  instaler  en  foy  de  quoy  nous  avons  signé  ces  présentes 

de  notre  main,  fait  contre  signer  par   notre  secrétaire   ordinaire  el 

foii  apposer  le  seau  de  nos  armes. 

Kaît  en  notre  château  de  la  Feuillade  le   seize   décembre  mil   sept 
cent  vingt-sept. 

(Signé:)  La  Feuillade,  et  par  mon  dit  seigneur  Lachaud. 

Au  bas  rst  un  cachet  de  cire  violette,  sur  lequel  sont  gravées  les 
ar/Jies  de  la  maison  d'Aubusson. 


^f^,  —  y/  avril  mo.  —  Prise  de  possession  par  Mekhiw 
rf«  Lagrange.  baron  de  Tarnac,  de  la  seigneurie  dirrcïe 
rf  «^  Village  de  Çhastain,  paroisse  de  Faux.  —  OrigimiL 


^^jourd'hui  onze  jour  du  mois  d'avril  mil  sept  cent  soixante  dix 
apt*^^  midy  au   village  de  Chastain   paroisse  de  Faux  en  Marche 


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-  80- 

pardevant  les  noteres  soubsignés  y  transportés  pour  les  Ans  cy  après 
déclarée  et  en  présance  des  témoins  bas  nommés. 

Est  comparrus  messire  Melchior  de  Lagrange  chevalier  seigneur 
baron  de  Ternac  demeurant  en  sont  chasteau  dudit  Ternac,  pareille- 
ment transporté  audit  prcsant  lieu  pour  les  mesmes  lins  cy  après 
déclarée.  Lequel  nous  a  dit  que  le  troisième  du  mois  de  janvier  der- 
nier il  auroit  acquis  de  messire  Alexandre  Laurand  Tiveau  seigneur 
du  Mazeaud,  habitant  en  sa  maison  noble  du  Mazeaud  paroisse  de 
Rennat  tous  les  cents  renies  foncières  directes  et  solliderres  droit  et 
debvoirs  seigniaureaux  en  dépandantdus  par  les  habitans  du  presant 
village  auce  tous  les  accessoires  depandances  privilèges  droits  et 
deuoirs  seigniaureaux  enlierrement  et  sans  rezerue  ainsy  que  le 
tout  est  plus  enplemant  expliqué  dans  le  conctract  de  Taduente  en 
date  du  susdit  jour  relenut  et  expédié  par  melre  Plazanet  notaire 
royal  du  lieu  lieu  de  Chouzioux  duement  controllé  au  bureaud  de 
Meymac  par  Artatid  Duquel  contract  ledit  seigneur  nous  auroit  mis 
en  main  une  expédition  en  velluin.  El  comme  il  est  porté  entre  autre 
chozes  par  icellui  quil  pourat  prandre  la  possession  réelle  actuelle  et 
corporelle  ainsy  et  quand  il  avizeroit  a  cet  ellet  ledit  seigneur  baron 
de  Ternac  nous  a  requis  comme  il  nous  requiert  acte  de  ladilte  prize 
de  possessions  réelle  et  actuelle  qu'il  entend  prendre  tout  présanle- 
mant  des  diUes  rentes  et  chozes  a  lui  uandue  par  ledit  seigneur  du 
Mazeaud  dans  le  susdit  contract. 

En  conséquance  après  avoir  fait  apeler  tous  les  habitans  et  tenan- 
tiers  dudit  village  sur  la  places  publique  dicellui  qui  ont  tous  com- 
parus au  nombre  de  six  qui  sont  Jean  Dubayle  marchand  tenantier 
du  bourgt  de  Faux  et  thaslain  Etienne  Peyrouly  laboureur  dudit 
village  Jean  Peyret  marchand  dudil  village  Pierre  Pelibout  ausy 
laboureur  dudil  village  Léonard  Maniaval  ausy  laboureur  dudil  village 
et  de  Martial  Le  Boeuf  faisant  tant  pour  luy  que  pour  Jean  Lascbaux 
sont  beaufrère  tous  ienanciers  et  colenantiers  dudit  village  de  Clias- 
tain  paroisse  de  Faux. 

Nous  a  requis  de  leurs  faiere  tout  presantemant  lecture  du  susdit 
contract  de  uenle  a  haute  et  inteligibles  \oix  dé  même  i(ua  Etienne 
Dulreix  sergent  de  la  juslice  de  la  Feuillade  demeurant  au  bourgt  de 
Faux  et  de  Léonard  Deberlrand  marchand  du  village  de  Jatagniat 
paroisse  de  Faux  ici  presant  tesmoins  soubsignés  pareillement  ici 
presant  a  tous  lesquels'  et  a  nombre  dautre  personnes  assemblés  sur 


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-  81  — 

ladille  places  publique  dudit  presant  village  de  Chastain  nous  notaires 
susdit  et  soubsignés  en  ad'hérant  aux  réquisition  dudit  seigneur 
baron  de  Ternac  auons  fait  lecture  a  haute  et  intelligible  voix  dudit 
contract  d'acquisition,  Et  ladilte  lecture  ayant  été  faiete  tous  lesdits 
susnommés  ont  déclarés  en  être  déjà  pieinemant  instruit  par  la 
Renommée,  néanmoins  pour  leur  en  donner  une  plus  grande  connois- 
sance  ledit  seigneur  baron  leur  a  déclaré  quil  leur  avoit  fait  faiere 
ladite  lecture  et  publication  en  signe  et  marque  de  la  prises  de  pos- 
session réelle,  actuelle  et  corporelle  qu'il  entendoit  tout  presaniemant 
prandré  des  dittes  rentes  et  chozes  a  luy  vandue  par  ledit  seigneur 
du  Mazeaud  dans  le  susdit  contract,  sonmant  lesdits  tenantiers  dudit 
présant  village  de  ne  reconnetre  a  lavenir  d'autre  seigneur  foncier  et 
direct  que  luy  et  de  ne  payer  a  lavenir  a  dautre  que  luy  ou  a  ses 
fermiers  receveurs  ou  agens  les  dites  rentes  droit  ou  devoirs  Et  pour 
preuves  de  sa  dominité  foncierre  il  a  fossoyé  de  la  terre  rompu  des 
petites  branches  d'aibres  arachés  des  bled  en  herbes  dans  plusieurs 
fonds  héritages  dudit  presant  village  de  Chastain  et  a  fait  nombre 
dautres  actes  de  seigneur  foncier  et  direct  en  signe  de  sa  prises  de 
possession  réelle  corporelle  actuelle,  pure  et  simple  disant  publique- 
ment et  a  haute  voix  et  à  tous  les  susnommés  quil  setoit  transporté 
exprès  avec  nous  pour  faiere  les  dits  actes  et  prendre  la  dite  posses- 
sions réelle  actuelle  et  corporelle  Dont  et  de  tout  quoy  il  nous  a 
requis  acte  que  lui  avons  octroyé  sans  le  moindre  oppozilon  de  la 
part  de  personne.  Le  tout  en  présance  de  tous  les  susnommés  habi- 
tans  et  tenantiers  du  présant  village  ou  paroissien  de  Faux  et  encore 
en  présence  de  mètre  Etienne  Courtaud,  sergent  de  la  justice  de  la 
Feuillade  demeurant  au  bourgt  de  Faux,  témoin  soubsigné,  et  de 
Léonard  Laschaud  marchand  habitant  de  ce  bourgt  de  Faux  témoin 
Lequel  avec  lesdits  Peyrouty  Peyret  Petiboud  Maniaual  et  Leboeuf 
ont  déclaré  ne  scauoir  signer  de  ce  enquis,  Ledit  seigneur  baron  de 
hernac  cest  soussigné  avec  nous  ledit  Dubay  le  Dutreix  Courtaud  et 
ledit  Bertrand,  a  tous  lesquels  a  esté  fait  lecture  dudit  presant  acte 
de  prise  de  possession. 

(Signé:)  de  Lagrangc de  Tarnac,  Dubele,  Dutreix,  Courtaud,  Ber- 
trand, Dubois  notaire,  Barjaud  notaire  royaL 

Courtrolle  a  Felletin  le  treize  avril  1770.  R.  Cinquante  deux  sols 
(Signé:)  Sandon. 


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-  82  - 


IV.  —  JUGEMENT  de  Nosseigneurs  les  Commissaires 
généraux  du  Conseil,  députez  par  sa  Majesté  pour  juger 
en  dernier  ressort  les  affaires  concernant  la  discussion  des 
biens  du  sieur  Trémizard  et  compagnie. 


Portant  défenses  à  toutes  personnes,  de  quelque  qualité  et  condi- 
tion quelles  soient,  de  prendre  et  enlever  aucuns  fers,  mines,  char, 
bons  et  autres  ustensiles  dépendant  des  forges  de  la  Feuillade. 
Paysac  et  ChofTailles  ;  et  à  tous  habitants  riverains  desdites  forêts  de 
la  Feuillade,  bois  de  Forsat  et  Montai,  ruisseau  de  la  Vitledieu  et 
rivière  de  Vienne,  et  à  tous  autres,  de  retenir,  enlever,  cacher  ou 
réceller  aucuns  des  bois  de  flottage  et  autres  provenons  des  coupes 
desdites  forêts  et  bois,  à  peine  de  mille  livres  d'amende,  de  tous 
dépens,  dommages  et  intérêts  et  déplus  grande  peine  s'il  y   échoit. 


du  7  Juillet  1744 

Les  Commissaires  généraux  du  Conseil  députez  par  sa  Majesté 
pour  juger  en  dernier  ressort  les  affaires  concernant  la  discussion  des 
biens  et  le  recouvrement  de<  effets  de  la  succession  du  sieur  Gally 
de  Turqueville,  Louis  Copin  de  Palaupuy,  Simon  Piant,  Jean  Trémizard 
et  autres  associés  en  Texploitation  des  bois  de  Bourgogne  et  Cham- 
pagne. 

Vu  la  requête  à  nous  présentée  par  le  sieur  contrôleur  général  des 
restes  de  la  Chambre  des  Comptes  et  bons  d'élals  du  Conseil,  chargé 
du  recouvrement  des  somms  dues  à  Sa  Mnjeslé  par  le  sieur  Trémi- 
zard et  consorts;  contenant  que  l'exploitalijn  des  forjçes  et  bois  du 
comté  de  la  Feuillade  et  lieux  circonvoisins.  fait  partie  des  efîets 
dudit  Trémizard  ;  que  cette  exploitation  est  troublée  et  totalement 
dérangée  par  les  vols  continuels  qui  se  font,  tant  des  fers,  mines, 
charbons  et  ustensiles  dans  les  forges  de  la  Feuillade,  Paysac,  Chof- 
faill^s  et  autres,  que  des  t)oi$  des  forêts  de  (a  Feuillade,  Forsat   ^t 


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-83- 

Montal,et  des  bois  de  flottage  qui  sont  conduits  par  le  ruisseau  de 
la  Villedieu  et  la  rivière  de  "Vienne  en  la  ville  de  Limoges,  dont  les 
riverains  s'emparent  journellement,  même  de  ceux  qui  ont  été  empilez 
au  moulin  de  Laiseau,  près  le  château  de  Brugnac,  et  au-dessous  de 
Saint-Léonard,  à  trois  à  quatre  lieues  de  Limoges,  lesquels  vols  et 
dépradations  causent  un  préjudice  notable,  tant  au  Roy  qu'aux 
créanciers  dudit  Trémizard  :  à  quoy  étant  nécessaire  de  pourvoir,  il  a 
recours,  à  notre  autorité  ;  ladite  requête  signée  Tartarin.  Ouï  le  rap- 
port du  sieur  de  Maslon  de  Bercy,  chevalier,  conseiller  du  Roy  en  ses 
conseils,  maître  des  requêtes  ordinaires  de  son  hôtel,  commissaire 
à  ce  député,  Tun  de  nous  ;  ouï  son  rapport,  et  tout  considéré  : 

Nous,  Commissaires  généraux  susdits  en  vertu  du  pouvoir  à  nous 
donné  par  Sa  Majesté,  faisant  droit  sur  ladite  reuuête,  faisons  défenses 
à  toutes  personnes,  de  quelque  qualité  et  condition  qu'elles  soient 
de  prendre  et  enlever  aucuns  fers,  mines,  charbons  et  autres  usten- 
siles dépendans  des  forges  de  la  Feuillade,  Paysac  et  Choffailles,  hors 
la  présence  et  sans  le  consentement  des  commis  et  préposés  auxdites 
foi*ges,  à  peine  de  mille  livres  d'amende,  de  tous  dépens,  dommages 
et  intérêts  et  de  plus  grande  peine  s'il  y  échéoit.  Faisons  pareille- 
ment défenses  à  tous  habitans  riverains  desdites  forêts  de  la  Feuillade 
bois  de  Forsat  et  Montai,  ruisseau  de  La  VillBdieu  et  rivière  de  Vienne, 
et  à  tous  autres,  de  retenir,  enlever,  cacher  ou  receler  aucuns  des 
bois  de  flottages  et  autres  provenans  des  coupes  dpsdites  forêts  et 
bois,  à  peine  de  mille  livres  d'amende,  de  tous  dépens,  dommages 
et  inléiéls,  et  de  plus  grande  peine  s'il  y  échéoit.  Autorisons  les 
commis  et  préposés  à  la  conduite  desdites  forges  et  bois,  les  gardes 
desdites  forêts,  de  faire,  à  la  requi^le  dudit  sieur  contrôleur  général 
des  restes,  les  visites  dans  les  moulins,  granges,  habitations,  maisons, 
et  autres  lieux  avoisinans  lesdites  forêts,  bois,  ruisseaux  et  rivières 
pour  y  faire  la  recherche  des  fers,  charbons  et  autres  ustensiles  des 
forges  et  bois  qui  pourraient  y  être  cachez,  auxquelles  visites  et 
recherches  ils  se  feront  assister  par  le  premier  huissier  ou  sergent 
royal  sur  ce  requis,  lequel  en  dressera  son  procès-verbal  ;  pour» 
ledit  procès-verbal  fait  et  rapporté,  être  par  nous  ordonné  ce  qu'il 
appartiendra.  Et  sera,  notre  présent  jugement  publié  et  afflché,  tant 
en  la  ville  de  Limoges,  qu'aux  paroisses  et  lieux  de  la  Villeneuve, 
Neide,  Esmoulier  (sic),  Lartige,  Saint-Léonard,  Thaurion,  le  Puids- 
Mouliniers,  la  Feuillade  et  autres  lieux  avoisinants  lesdites  forêts, 
ruisseau  de  la  Villedieu  et  rivière  de  Vienne,  h  l'issife  de  la  n^QSg^ 


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-  84  - 

paroissiale  desdit  lieux,  et  lesdites  tiffiches  mises  dans  les  parcs, 
chantiers  ou  magasins  dans  lesquels  lesdits  fers  et  bois  sont  ou 
seront  déposez,  et  sera  notra  présent  jugemei.t  exécuté  nonobxlant 
oppositions  ou  autres  empêchements  généralement  quelconques, 
pour  lesquels  ne  sera  différé.  Fait  en  rassemblée  desdits  sieurs 
Commissaires  généraux  tenue  à  Paris  le  septiesme  juillet,  mil  sept 
cent  quarante-quatre.  Signé  :  Ghastriot,  avec  paraphe. 

Paris,  de  Vimprimerie  royale^  il  A4. 

Archives  de  la  Creuse,  —  (E.  suppl.  Société  des  forges  de  la  Feuil 
lade. 


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-88- 


ADDITIONS  ET  CORRECTIONS 


Curés  de  Genlioox 

CORRECTIONS 

Au  iiea  de  «Chambon  1682-1718  t,  lire  :  m  Chamboai  1682- 
1718». 

Yicaires  de  GeBlioox 

CORRECTIONS 

Aa  lieu  de  (c  Degaiihauine  1775  ;  Léonard  Dandaleit  de  Vaut 
1776»,  lire  :  «  Léonard  Deguilhaume  1774-1777  (en  môme  temps 
vicaire  de  Faux)  ». 


Bourgeois  de  Genlion 


!•  ADDITIONS 

1671-1676  Louis  Malledent,  sieur  du  Mas,  juge  cbftlelain  de 
Féniers. 


2«  CORRECTIONS 

Au  lieu  de  a  1698  Léonard  Malledeni,  sieur  de  Noulièras  »,  lire  : 
a  1688-1698  Léonard  Ualledeut,  sieur  de  Uoulièras  »« 


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86- 


Boorgeois  de  la  Yveille,  (taroisse  de  GeHliMix 

ADDITIONS 

1661  François  Vareilhe  ;  1679  Léonard  Vareilhe,  advocat  ;  1707 
Jean  Vareiihe,  advocaU 

Notaires  royaux  de  GeiUoDx 

ADDrriONS 

François  Halledent  1549. 

Curés  de  Pallier 

CORRECTIONS 

Au  lien  de  a  Bailly  1707  )),  lire  :  «  Martin  Baliit  1707, 1714  ». 

Au  lieu  de  <f  Biaziot  1784-1790  »,  lire  :  a  François  Diaziot  1784- 
1790  ». 

Domaioes  ou  Hélairies  de  la  paroisse  de  Pallier 

ADDITIONS 

Après  Gabriel  Chenaud,  sieur  de  Palliers  ;  ajouter  :  <r  mort  le  23 
décembre  1659,  inhumé  le  lendemain  dans  Téglise  de  Faux  ». 

dorés  de  Fan 

CORRECTIONS 

Au  lieu  de  a  Louis  Chamboux  1666-1694  »,  lire  :  «  Louis  Cham- 


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-  87  - 

boax  1654,  mort  le  16  octobre  1691,  à  soixante-sept  ans,  enterré 
le  17  dans  Tégiise  ». 

Au  lieu  de  a  Pierre  Mazau,  docteur  en  théologie  1703  1725  »,  lire 
c  Pierre  Mazau,  docteur  en  théologie  1692-1733.  » 

Au  lieu  (le  (H  Jean-Buplisle  Binet  du  Jassonneix  1735,  mort  en 
1773  »,  lire  :«  Jean-Daptiste  Binet  du  Jassonneix  1734,  mort  en 
1773». 

Au  lieu  de  «  Henry  Joullot  1778-1785  ;  François  Blaziot  1783- 
1790,  lire  :  «  Henry  Joullot  1778-1792  ». 


Vieaires  de  Faax 

1*  ADDITIONS 

{0  Dabayle  1656  ;  Baislc  17l6*17i0  ;  Grellet  1740  ;  Michel  Rosier, 
docteur  en  théologie  1742  ;  Marboutin  1750  ;  Thiveau  1754  ; 
Bènet  1764,  1766. 

On  trouve  comme  prêtres  de  celte  paroisse  ;  Léonard  Jarry,  prôlre 
de  Marcieiz,  mort  le 30  mars  1660  ;  Jehan  Courtaud,  prêtre  de  Faux, 
1661,  mort  à  quatre-vingt-deux  ans,  et  enterré  dans  Téglise  de 
Faux  le  1*^  juin  1073  ;  Jehan  Dubayle,  prêtre  de  la  Loy,  1656,  mort 
le  26  avril  1681,  enterré  le 28  dans  Péglise  de  Faux  ;  Jean-Baptiste 
Barjaud  de  la  Fermerie,  prêtre  à  Faux  en  1716  ;  Toussaint  Thézillat 
missionnaire  à  Thézillat  en  1786. 

i^  CORRECTIONS 

Au  lieu  de  «  Jean-Baptiste  Forest  1758-1762  »,  lire  :  a  Jean* 
Baptiste  Forest  1758-1763  Jt). 

Au  lieu  de  a  François  Âudin  1771  »,  lire  :  <(  François  Audin  1768« 
1771  ». 

Au  lieu  de  a  Léonard  Deguilhaume  1776-1777  x),  lire  :  a  Léonard 
Deguilbaume  1774-1777  (en  mémo  temps  vicaire  de  Genlloux)  »• 


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-88- 


Villages  de  la  paroisse  de  Faox 


ADDITIONS 


Après  «  Mercier-Férier  »,  ajouter  :  «  en  1660  Harcieiz  ». 


Notaires  royaui  et  seigoeoriaBi  de  Faux 

CORRECTIONS 

Au  lieu  de  «  Jehan  Barjaud  R  1618-1640 1>|  lire  :  «  Jehan  Barjand 
R  1618,  mort  le  28  juin  1658  ». 


Nolaires  i  la  Loy,  paroisse  de  Faux 

1«  ADDITIONS 

Louis  Dubayle,  sieur  de  la  Loy  R,  époux  de  Marie  Charapeanx; 
1704,  mort  le  5  novembre  1722. 

2*  CORRECTIONS 

Au  lieu  de  <r  Pierre  Dubayle  R  1642-1655  »,lire  :  a  Pierre  Dubayle 
R 1642-1661  ». 

Au  lieu  de  «  Louis  Dubayle,  sieur  de  la  Loy  R  16931730  »,  lire  : 
a  Louis  Dubayle,  sieur  de  la  Loy  R.  époui  de  I^éonarde  Tiveau, 
1692,  mort  le  22  novembre  1694,  à  Lrenle-deui  ans  d. 


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Notaires  au  château  de  la  Feuillade 

CORRECTIONS 

Aa  liea  de  «  Marital  Bènassys,  sieur  de  Lapleoui  R  1701-170^  i>, 
lire  :  c  Marliai  Bènassys,  sieur  de  Lapleoux  R  i704-i7i3  *. 

Notaires  à  Arzalier,  paroisse  de  Faux 

!•  ADDITIONS 

Pierre  Faure  R.  1693-1699,  qui  était  mort  en  1716. 

2*  CORRECTIONS 

Au  lieu  de  <!(6araud  R 1678-1695»,  lire  :  « Garaud  R  1(»78-I670  ». 


Maîtres  ehirurfpens  de  Faui 

1^  ADDITIONS 

Nicolas  Dubuysson,  mort  le  10  février  1680  ;  Anloitic  Meauime 
1692,  mort  le  16  août  1705,  à  trente  ans. 

2<>  CORRECTIONS 

Au  lieu  de  «  Claude  Pommier  1719-1743  »,  lire  :  a  Cliimie  Pom- 
mier 1714-1743  ». 

Au  lieu  de  «  Martin  de  Truffy  1751-1752»,  lire  :  of  Mai  tin  dB 
Trufly  1732-1752». 


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-  90 


Boirgeois  de  Faox 

1*  ADDITIONS 

Après  Pierre  Barjaud,  époux  de  Françoise  Vangiaot,  ajouter  : 
c(  laquelle,  devenue  vêuve,  mourul  le  25  mai  1675.  » 

2<»  CORRECTIONS 

Au  lieu  de  «  1538-1659  Antoine  Barjaud,  ëpoui  l""  d'Anne  Yan- 
ginot,  2®  de  Marie  Chauseyr,  flis  de  Jehan  Barjaud,  notaire  royal  d, 
lire  :  «  1638-165.)  ;  Antoine  Barjaud,  sieur  de  la  Fermerie,  flIs  de 
Jehan  Barjaud,  notaire  royal»  et  époux  i^"  d'Anne  Vanginot,  i^  de 
Marie  Chauseyr,  laquelle  mourut  le  8  mars  1676  >. 

Au  lieu  de  «  1669-1688  François  Joullot,  praticien,  époux  de 
Marie  Barjaud  »,  lire  :  «  1661-1688  François  Joullot,  praticien  de 
Crabanat,  marié  le  33  janvier  1661  à  Marie  Barjaud,  de  Faux  ». 

Au  lieu  de  (y  1684-1690  Léonard  Barjaud,  sieur  de  Lafont  »,  lire  : 
a  168i  Léonard  Barjaud,  sieur  de  LafonI,  mort  le  28  avril  1709.  » 

Au  lieu  de  c  Pierre  Barjaud,  sieur  de  la  Fermerie,  mort  en  1716, 
fils  du  précédent  »,  lire  :  «  Pierre  Barjaud,  sieur  de  la  Fermerie, 
fils  du  précédent  1716,  mort  le  9  avril  1720,  à  soixante-dix  ans  b. 


Bourgeois  de  la  Fermeriet  paroisse  de  Faux 

ADDITIONS 

Honorable  Jacques  de  Chouly,  sieur  de  Beaune,  de  la  ville  de 
Bourganeuf,  marié  le  20  février  1667  à  Jehanne  Barjaud,  fille  de 
feu  Barjaud  de  la  Fermerie,  en  présence  de  Pierre  Chauseyr,  sieur 
de  la  Prade,  de  M.  de  Puymoreau  et  du  chevalier  du  Repaire,  de 
Hoissaones, 


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-  91  — 


Boorieois^  de^li  Loy»  luroissede  Faux 


CORRECTIONS 


Au  lieu  de  «  avant  1714  Louis  Dubayle,  sieur  de  la  Loy  »,  lire 
{¥  1713-1714  Elienne  Dubayle,  sieur  de  la  Combe. 


'ijt^»>j>- 


Soorees  non  iidiquées  dus  le  conr  de  roavnge 


Ae^îâtres    paroissiaux  de   Genlioux,  Pallier,   Faux-la-Moiilagne, 
lioyère. 

Uinute^sdes  notaires  de  Faux,  La  Loy,  La  Feuillade,  La  Villedieu, 
Gt5rt  lioux,  Villeraoneix,  Royère,  le  Monteil-au-Vicomle,  Vallière. 

Père   A^nselme,  Histoire  des  Grands  officiers  de  U  Couronne. 

tlip r î  e  n  Péralhon,  Histoire  d'Aubusson. 

HfuH  mwes  de  la  Creuse^  Fonds  des  prieurés. 

ZENON  TOUMIEUX. 


Ts$zr 


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kmim  À  h  Seipm  dMefaja 


Issoudun^  cheMieu  de  commune  du  canton  de  Chènérailles,  dans 
raiTondissementd'Aubusson,  faisait  partie  delà  Haute-Marche,  de 
la  généralité  de  Moulins,  de  la  sénéchaussée  et  élection  de  Guéret. 
Son  nom  primitif,  Exoldunum,  se  transforma  en  celui  d^Ëssodu, 
puis,  au  XY*  siècle,  en  celui  d'Issouldun  ou  Issoudun. 

On  trouve  dans  un  procès-verbal  de  H.  d'Argouges,  intendant  de 
Moulins,  rétat  de  la  paroisse,  en  1686^  «  Issoudun.  —  Seigneurs  : 
le  lioy  et  M.  de  La  Feuillade  ;  il  y  a  les  fiefs  de  Trémolinas,  de  la 
Cour,  du  Chiron  et  du  Planchât.  Bon  pays  de  seigle  et  maçons. 
Gouvernement  de  la  Marche,  Evêché  de  Limoges,  201  feux.  Il  y  a  un 
prieuré  de  500  livres  de  rentes.  Taille  des  années  1683  à  1687  : 
4005  livres  ;  4050  livres  ;  3700  livres  ;  34(K)  livres  ;  3420  livres,  jo 
M.  d'Argouges  ne  mentionne  pas  le  fief  d'Hautefaye,  pour  lequel, 
cependant,  Jean  Garreau,  écuyer,  avait  fait  aveu  au  roi,  en  1669, 
d'après  les  Noms  féodaux. 

Au  point  de  vue  ecclésiastique,  Issoudun  était  une  paroisse-cure 
de  Tarçhiprêtré  de  Combraille  et  de  Tofficialiié  de  Cbénérailles, 


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On  y  comptait,  an  siècle  dernier,  960  communiants  (environ  1280 

/raiii iants).  [^  fêle  patronale  était  celle  de  Tlnvention  des  reliques 

de  Saint-Etienne,  le  3  août.   L'évèque  de  Limoges  y  nommait  les 

Curés.  Auprès  de  Tèglise  paroissiale  existait  une  chapelle  de  Saint- 

Mnriiii  qui  était  déjà  en  mine  en   1636.  Une   vicairie  appelée  des 

Cha lirais  y  avait  été  fondée,  et  Tévèque  de   Limoges  nommait  les 

t/(ui «tires  ;  maison  en  faisait  loffice  dans  Téglise  d'Issoudun  (1) 

L.e  village  de  Vallansange  possède  une  chapelle  dédiée  aux  saints 
C6iije  et  Damien  ;  on  y  célèbre  leur  fôte  le  27  septembre.  Une 
eu  ri  o  il  se  p'îinture  placée  au  retable  de  Taulel  représente  les  saints 
patrons  revêtus  du  costume  de  cérémonie  des  médecins  du  xviP 
siècle. 

Lo  territoire  de  la  commune  était  traversé  par  la  voie  qui  se  diri- 
geai t  de  la  station  de  Fines  à  celle  (VAcilodnnnm  (Ahun).  On  y 
relnoti^e  de  nombreux  vestiges  de  l'époque  gallo-romaine,  particu- 
lière tnent  des  urnes  en  terre  ou  en  verre  contenant  des  ossements 
humains  incinérés  et  renfermées  elles-mêmes  dans  un  réceptacle 
de  gfanit.  Au  village  de  Fontanas,  on  a  recueilli  une  coupe  en  terre 
samioone  rouge  ayant  la  m^irque  du  potier  CVSIANI,  et  des  mon- 
naies de  bronze  du  haut  empire.  A  la  Villette,  un  petit  bronze 
gaulois  présentant  au  revers  un  cheval  galopant;  un  souterrain 
refuse  àHautefaye,  etc. 

L.e  monastère  de  Bonlieu  possédait  des  biens  considérables  dans 
la  paroissed'Issoudun;  plusieurs  dénominations,enlre  autres  celle  de 
^^-^^^Tëgdes  moines,  en  conservent  le  souvenir.  L'importance  de  ces 
propriétés  avait  engagé  les  Cisterciens  de  Bonlieu  à  établir  une 
grange  au  village  de  la  Chassagne,  paroisse  d'Issoudun,  «  Grangia 
^^  Ga^^sanea  »  en  1193.  Le  mot  grange,  «  villa  rnslica  »  d'après  Du 
Gang^^  qui  servait  à  désigner  une  construction  destinée  à  l'agricul- 
Vv\Te^  était  également  usité  pour  désigner  le  centre  d'exploitation 
Qes  terres  d'une  abbaye. 

^^     grange  de  la  Chassagne  se  composait  non  seulement  des 
)  ^\X    ^-  l'abbé  Lecler,  Dictionnaire  archéologique  et  historique  de 


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biens  situés  en  ce  lieu,  mais  aussi  des  mas  de  Tremolïnelas  (Tri- 
moulines),  de  Viilemarmi,  commune  d'Issoudun  ;  de  Berlignae 
(Berlignal),  commune  de  Saint-Pardoux-lesCards  ;  de  Monlevada 
(Donlevade)  ;  de  las  Maurelas,  avec  ses  près  el  appartenances  ;  de 
la  Vergne  ;  des  borderies  de  Rochefort  et  de  Cherchauret  ;  plus  de 
trois  setérées  de  terre  sur  le  mas  de  Langlade  (1). 

Le  cartufaire  de  Bonlieu  fait  mention,  en  Tannée  1197,  de  Géraud 
du  Cher,  prêtre  d'Essoda  (Issoudun),  vocable  qui  s'est  conservé 
dans  le  patois  de  nos  jours. 

En  1202,  Roger  et  Etienne  d'Hautefaye  donnent  à  Bonlieu  un 
quartier desdimes  et  moulins  deTremolinas,  plus  une  pièce  de  terre. 

Eu  la  même  année  1202,  Mathieu  du  Planchât  fait  donation  aux 
mêmes  religieux  d'une  rente  sur  le  mas  de  Lascoux,  avec  le  consen- 
tement d'Adhémar  d'Aubusson  dans  le  fief  duquel  la  rente  était  assise. 

En  123i,  Geoffroy  (Plssoudun  était  prieur  de  l'abbaye  de  Bon- 
lieu  (2). 

Au  moyen-âge,  en  dehors  des  villes  et  des  bourgs  qui  avaient 
obtenu  une  sorte  d'autonomie,  il  y  avait  les  paysans  libres  qui 
avaient  échappé  en  grand  nombre  à  la  servitude  de  corps,  ou  ser- 
vage de  personne,  bien  diQérent  du  servage  d'héritage  auquel  ils 
étaient  assujèlis  lorsque  tes  héritages  qu'ils  possédaient  étaient  de 
la  condition  serve  ou  mortaillable.  La  plupart  des  seize  mille  parois- 
ses de  la  France  possédaient  une  certaine  organisation  muni- 
cipale (3). 


(1)  M.  G.  Martin,  Les  moines  cisterciens  et  ragricuUure.  Bulletin 
de  la  Société  des  Sciences  naturelle»  et  archéologique  de  la  Creuse^ 
1893.  tom.  VIII,  p.  68. 

(2)  M.  AuTORDE,  Archives  de  la  Creuse^  série  II.  Abbaye  de  Notre- 
Dame  de  Bonlieu. 

(3)  Le  procès-verbal  d*une  assemblée  des  habitants  de  Tenclave  de 
Vitrat-le-Dognon,  commnne  de  Saint-Manrice,  canton  de  la  Souter- 
raine, du  6  septembre  174*2,  montre  qu'il  existnii  dans  ce  village  une 
colleolivité  à  laquelle  la  coutume  et  la  législation  reconnaissaient  une 
existence  propre  et  des  droits  particuliers.  Le  village  avait  ses  inté- 
rêts spéciaux  et  il  pouvait  délibérer  <c  en  état  de  commun.  »  (M- 
Tabbé  Lecler,  Dictionnaire  Historique  de  la  Creuse^  AnnHair$  d$ 
la  Creuse^  année  i90l*î>age  i65,) 


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Les  plus  anciennes  communes  de  la  HauleHarche  étaient,  par 
ordre  de  leurcréaiion,  celles  d'Aubusson,  de  Chénéraiiles,  d'Ahun, 
de  Fellelin  el  de  Guéret.  En  outre,  deux  associations  de  nature 
particulière  qui  s*clendaient,  non  pas  aune  ville  seule  mais  à  plu- 
sieurs villages,  et  qui  étaient  connues  sous  la  dénomination  de 
/Aii7t>5du  Masvoudier,  et  de  Saint-Feyre  et  Saiiit-Sulpice  (l),  for- 
maient avec  les  cinq  communes  proprement  dites  que  nous  venons 
de  nommer,  le  contingent  des  établissements  municipaux  du  comté 
de  la  Marche  (2).  M.  Bosvieux  ne  mentionne  pas  séparément  Cha- 
vanat,  Saint-Martial-le-Mont  et  Issoudun  qui  dépendaient  de  la 
franchise  d'Ahun. 

Ces  trois  localités  avaient  été  affranchies  par  les  comtes  de  la 

Marche  en  même  temps  que  la  ville  d'Aliun.   Les  consuls  d'Ahun 

avaient  le  droit  de  s'y  rendre  tous  les  ans,  le  jour  de  la  fête  votive 

du  hourg  et  d'y  nommer  les  quatre  collecteurs  de  la   paroisse  qui 

^lalein  tenus  de  donner  à  ces  consuls  :  20  sous  tournois  à  Saint- 

tfarlial-le-Mont,  20  sous  tournois  à  Chavanat,  et  10  sous,  tournois 

^/ssoudun.  Plus  tard,  Chavanat  fil  partie  de  la  châtellenie  de  la 

^orne .  Les  privilèges  de  celle  association  sont  mentionnés  dans  un 

''/re  de  Tannée  4321,  d*après  un  inventaire  des  papiers  de  la  com- 

^utiG  d'Ahun  dressé  le  20  juillet  1790.   Malheureusement,  cette 

P/éce  a  disparu  (3). 

^u   rnois  de  jui»)  1379,  les  consuls  d'Ahun  furent  inquiétés   dans 

6Jfor-e:ice  de  leurs  droits  par  Jean   !•»•  de   Bourbon,   comte  de   la 

^^''oli^^  Le  procureur  de  ce  prince  se  rendit  à  Ahun  :  il  fit  appeler 

^s  cro  t  j  suis  gt  se  plaignit  particulièrement  que  eux-mêmes  et  leurs 

'^'^^^  ^ cr  esseurs  eussent  levé  des  tailles  et  des  contributions  sur  la 


Mén^  ^^.  H.  Delannov,  la  paroisse  de  Saint-Sulpice-le-Guéretois, 
P  ^*  ^  »*e«  de  la  Société  des  Sciences  naturelles  et  archéologiques  de  la 
tre«^^^  ,  tome  XII,  1899. 

del\^^'*  BosviEUX,  rapport  au  Conseil  général  de  la  Creuse,  session 

J^'^?  .  ^1.  A.  Mazet,  contribution  à  Thistoire  d'Ahun,  Mémoires  de  la 
So  9-^1^  des  >ciences  naturelles  et  archéologiques  de  la  Creuse^  ^om§ 
N^i  ^V^uée  1892. 


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-  96  - 

ville  de  Salnl-Martial-le-MonI,  la  ville  de  Chavanal,  la  ville  cTYssou- 
dun,  sans  en  rendre  comple  à  leur  seigneur.  Les  consuls  répondi- 
rent :  «  Et  quant  estoit  d'avoir  receu  de  leurs  libériez  el  franchises 
les  personnes  et  lieux  et  choses  foreuses  (sic),  situées  au  dehors 
de  ladite  ville  d'Ahun,  ils  disoient  que  fère  le  povoient,  et  que 
einssi  ilh  Tavoienl  fait  et  usile  au  temps  ça  en  rières  par  vertu  et 
josle  et  selon  la  teneur  de  leurs  diz  privilèges».  En  dèfinilive,  le 
procureur  du  comte  de  la  Marche  mainlint  les  consuls  d'Ahun  dans 
leurs  anciens  droits,  moyennant  finance,  et  à  la  condition  qu'à 
ravenir  les  collecteurs  et  autres  leveurs  de  taille  «  seront  tenuz  à 
rendre  compte  et  responsion  à  monseigneur  on  à  ses  genz...  ci 
Nous,  ic<'ux  conssouls  avons  receuz  à  composicion  pour  Monsei- 
gneur à  la  somme  de  vint  francs  d'or  à  paier  par  une  foiz  à  mon- 
seigneur ou  à  son  trésorier  (i).  * 

Un  aveu  rendu  par  les  consuls  des  ville  et  franchise  d'Ahun  à 
Charles  de  France,  duc  d'Orléans,  comte  de  la  Marche,  le  22  avril 
1545,  fournit  des  détails  sur  les  nombreuses  dépendances  de  la 
franchise  qui  se  trouvaient  situées  hors  de  ses  limites.  Parmi  les 
localités  qui  payaient  une  redevance  aux  consuls  pour  la  jouissance 
de  la  franchise  tenue  d'eulx^  les  consuls  de  Sanit-Martial-le-Mont 
devaient  20  s.  tournois  ;  il  était  dû  10  sons  tournois  à  Issoudun  (2). 

Le  rôle  de  la  taille  franche  due  par  les  forains  de  la  ville  d'Ahun, 
appartenant  aux  consuls  de  cette  ville,  pour  Tannée  1577,  fixe  au 
même  chiffre  que  précédemment  la  contribution  des  consuls  de 
Chavanal,  des  consuls  de  Saint-MartiaNe-Mont  et  des  habitants 
dlssoudnn  (3).  Il  semble  en  résulter  qu'Issondun,  qui  avait  le  litre 
de  ville  en  1379,  ne  se  régissait  plus  par  des  consuls  électifs,  au 
xvr  siècle. 

D'après  une  assiette  d'impôt  faite  à  Ghénérailles,  le  18  janvier 
1441,  Issoudun  et  Hautefaye  dépendaient  de  la  châtellenie  d'Ahun  ; 


(1)  M.  A.  Leroux,  Archives  historiques  du  Limousin,  tome    VI, 
Limoges  1895. 

(2)  (Ibidem)  page  373. 

(3)  Archives  de  la  Creuse^  série  E.  ' 


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loais,  undocutnenl  de  1776,  qui  est  aux  archives  départementales 
delà  Creuse,  montre  que  ces  localités  faisaient  alors  partie  de  ia 
châiellenie  de  Cliénérailies.  En  i6i6,  Marie,  mère  du  roi,  comtesse 
de  la  Marche,  décharge  les  habitants  de  ia  ville  d'Âhun  et  autres 
lieux  («le  la  franchise)  de  payer  les  droits  de  guet  au  capitaine  du 
château  d'Atiuo. 


II 


HAUTEFAYE 


V^  châieau  d'Hautefaye (on  écrivait  Aultefaye  au  xvp  siècle)  s'élève 
à  seize  cents  mètres  du  bourg  d'Issoiidun.  Il  a  été  remplacé  par  une 
couslruclion  moderne  ;  quelques  tours  rappellent  seules  son  origine 
féodale.  Il  est  toujours  entouré  de  ces  hautes.fulaies,  à  la  végétation 
vigoureuse,  dont  il  avait  jadis  pris  le  nom.  Comme  la  plupart  des 
châteaux  de  notre  région  il  n'a  pas  d'autre  histoire  que  celle  bien 
effacée  de  ses  seigneurs. 

Les  plus  anciens  seigneurs  d'IIautefaye  connus  jusqu'à  ce  jour 
étaient  de  la  laniille  noble  de  PiTpirolle,  aujourd'hui  éteinte,  qui 
lirait  son  nom  d*un  village  de  la  commune  de  Saint-Médard,  dans 
lecaiiionde  Chénérailles.  Le  3  janvier  1401  (1402  N.  S.),  au  pont 
delioniieu.  pardevant  Jean  de  Perpirolle,  châtelain  du  Breuii, 
seigneurie  de  la  maison  ce  Saint-Julien, et  Philippe  Roux  dudit  lieu, 
notaire  en  la  chancellerie  de  la  Marche,  un  accord  fut  conclu  entre 
les  religieux  lie  Bonlleu  et  Régnier  de  Saint-Julien,  au  sujet  de  la 
franchise  de  la  métairie  de  la  Porte  par  le  seigneur  de  Saint-Julien. 

Une  ordonnance  de  Jacques  II  de  Bourbon,  comte  de  la  Marche, 
en  date  (lu  28  mai  1426,  obligea  les  habitants  d'IIautefaye^  qui 
avaient  été  tenus  jusqu'alors  à  faire  le  guet  aux  châteaux  d'Aubus- 

7 


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-  98  - 

son  et  d'Ahun,  à  faire  ]e  guet  et  garde  de  nuit  à  Chénérailles  (1). 
Celle  ville  ruinée  quelques  années  auparavant  par  les  Anglais, 
venait  d'être  rebâtie  et  fortifiée. 

Jean  Cedon,  châtelain  d'Aubusson  et  de  Fellelin,  en  1430  etl43i, 
était  procureur  général  de  la  Marche  en  1450.  Après  sa  mort,  Jean 
de  Perpirolle,  seigneur  d'Hautefaye,  licencié  en  lois,  fut  délégué 
pour  remplir  ces  fonctions  par  Bernard  d'Armagnac,  comte  do  la 
Marche,  et,  en  1455,  il  en  portait  le  lilre.  I^e  procuntur  général  de 
la  Marche  remplissait  les  fonctions  du  roinislère  public  dans  les  as- 
sises tenues  par  le  sénéchal  du  comté  (2). 

Le  6  avril  1455,  Pierre  Autort,  bachelier  en  décret,  châtelain 
deGuéret,  et  Jean  Delort,  licenciées  lois,  commis  par  le  comte  de 
la  Marche,  condamnent  Jean  dePerpirolle,Jicencié  es  lois,  à  payer 
aux  religieux  de  Bonlieu  une  rente  sur  le  lieu  de  la  Chassaigne- 
Moustier,  paroisse  de  Peyrat-la-Nonière. 

Jean  Piédieu,  lieutenant  du  sénéchal  de  la  Marche  rend  une  sen- 
tence, le  16  septembre  1455,  sur  un  procès  entre  les  habitants  de 
la  Borne  et  Jean  III  d'Aubusson,  leur  seigneur,  à  la  requête  de  Jean 

de  Perpirolle,  procureur  général  du  comté. 
■ 
En  1457,  le  même  procureur  du  comte  Jacques  d'Armagnac  et 

Pierre  Lamy,  châtelain  dAubnsson  et  de  Fellelin,   sont  nommés 

commissaires  députés  par  de  Reneyro,  sénéchal  de  la  Marche,  pour 

répartir  certaines  redevances  dues  à  l'abbaye  de  Notre-Dame  d'Au- 

bignac  (3). 

Aux  assises  de  la  sénéchaussée  tenues  à  Aubusson,  le  29  septem- 
bre 1462,  Jean  de  Perpirolle,  procureur  général  pour  le  comte  de 
la  Marche,  «  a  commandé  au  clerc  du  guet  de  faire  venir  gueyter 
les  hommes  de  Flayat  au  cliâlel  d'Auhusson.  »  —  Opposilion  du 
procureur  de  Gabriel  de  Bonnoval. 

(1)  Archives  communales  de  Chénérailles. 

("2)  M.  A.  Thomas,  Assisses  dehi  sénéchaussée  de  la  Marche,  tenues 
à  Aubusson,  le  29  seplenil)ie  l\&2.  Bulletin  de  la  ^Société  des  sciences 
naturelles  et  arrhéologigues  delà  Creuse,  loni(;  VII,  1891. 

(3)  Archives  départementales  de  la.Creuse,  Abbaye  d'Aubignac, 


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Lors  de  la  convocalion  de  la  noblesse  du  comU^.  de  la  Marche  el 
duCorabraille,  pour  «  être  passée  ù  inonlre  el  reçue  à  Guérel,  le  17 
décembre  1470,  fut  présent  Jean  de  Perpeyrolles  («te),  seigneur 
d'Aullefaye(!).  » 

Un  débat  exislail,  en  1477,  entre  les  consuls  de  Felletin  et  Anloine 
Deschamps,  bourgeois  de  celle  ville,  au  sujet  de  la  possession  de 
certains  héritages  silués  au  tcrriloire  de  Beaumont  lès-Fellelîn. 
Les  parties  intéressées  désignèrent  pour  arbitres  en  premier  et 
deniier  ressort  «  vénérables  et  discrèles  i>ersonnes,  maislres  Jehan 
de  Perpirolles,  procureur  général  de  la  comté  de  la  Marche,  et 
Jehan  Froment,  chastelain  <Ie  Felletin  »,  qui  firent  connaître  et 
accepter  leur  compromis,  le  il  juin  de  Tannée  1477  (2). 

On  lit  dans  les  Matinées  du  Parlement  :  «i  18  novembre  1482. 
Feu  Barihélemy  Chauveau  mist  en  procès  Perpirolle  qui  estoit  pro- 
cureur de  feu  Nemoux  {$ic\  pour  xv«  escuz  ;  il  fut  condamné  et 
quand  il  vid  qu'il  falloit  qu'il  payast,  il  allégua  une  faulselé  et  flst 
on  adjourner  Chauveau  à  comparoir  en  personne  ;  comparut,  mais 
fut  mis  prisonnier,  dont  il  appelle.  Nonobstant  il  fut  condamnée 
Tamende  à  xiv»»  liures. 

«  Âppoincté  est  à  mettre  les  procès  pardevant  la  court  poup 
ordonner  sur  la  conclusion  dudit  procès  (3).  » 

En  U83,  différend  entre  les  Célestins  des  Ternes  et  le  comman- 
deur de  Chamberaud  ;  il  est  réglé  par  sentence  arbitrale  de  Jean 
Baquet,  trésorier  de  la  Marche,  arbitre  choisi  par  le  commandeur 
et  Jean  de  Perpiroles,  licencié  en  lois,  procureur  général  de  la 
Marche,  arbitre  des  religieux  (4).* 

Le  4  avril  1502,  Anloine  de  Perpiroles,  curé  de  Cressal,  et  Pierre 


(1)  Abbé  Pataux,  Généalogie  de  la  maison  de  Brachet-Floressac  ; 
documents. 

(2)  M.  AuTORDE,  Les  Charités  de  Felletin.  Mémoirea  de  la  Société 
des  Sciences  natui*eUe$  et  archéologique  de  la  Creuse,  t.  IX. 

(3)  Gommunicalioii  de  M.  Antoine  Thomas,  archives  nationales. 

(4)  Communication  de  M.  DELANNOY,fonds  des  Célestins  des  Ternes, 


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S: 


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de  Perpiroles,  curé  de  Saint-Méard  (1),  oncle  et  neveu,  font  un 
accord  avec  les  Céleslins  des  Ternes,  «  tant  en  lenr  nom  que  pour 
Jacques  de  Perpiroles  et  autres  consorts.  »  Il  s'agissait  de  Tindera- 
nilé  que  les  religieux  des  Ternes  devaient  à  Jacques  de  Perpiroles, 
seigneur  d'Hautefaye,  pour  le  <ioinniage  que  Teuude  leur  êlang  de 
Balezines  causait  à  ses  héritages  et  à  ceux  de  ses  hommes  de  la 
Valazaise  (2). 

L'abbé  Nadaud  a  trouvé  dans  un  manuscrit  un  abbé  de  Bonlieu 
du  nom  de  Perpirolle,  en  1506.  Pourtant,  à  celte  date,  Guy  de 
Saint-Avit  était  abbé  commendataire  de  l'antique  abbaye  cister- 
cienne :  peut-être  était-il  aussi  seigneur  du  village  de  Perpirolle 
dans  la  paroisse  de  Saint-Médard  ?  (3). 

Jeanne  de  Perpirolle  avait  épousé  Jean  d'Aubusson,  écnyer,  sei- 
gneur du  Puy-Mesgres,  paroisse  de  Boussac-Bourg.  En  1516»  elle 
et  son  mari  vendent  à  Fortuné  de  Courjat,  écuyer,  28  sols  de  rente 
sur  un  serf  du  village  de  Villaud,  dans  la  même  paroisse.  On  ne 
connaît  pas  la  filiation  du|seigneur  du  Puy-Mesgres,et  nous  ignorons 
à  quelle  branche  de  la  maison  d'Aubusson  il  pouvait  appartenir  (4). 

Pierre  de  Perpirolle,  seigneur  d*Haulef.iye,  fut  convoqué  à  Guéret 
le  !^7  avril  1521,  en  sa  qualité  de  membre  de  la  noblesse,  pour  la 
rédaction  de  la  coutume  de  la  Marche.  Il  s'y  fit  représenter  par  Jean 
de  la  Viergne.  bachelier  es  lois,  procureur  en  la  châlellenie  de 
Chénérailles.  Son  parent,  Jean  de  Perpirolle,  prieur  de  Chéné- 
railles,  fut  invité  à  se  rendre  à  la  même  assemblée,  comme 
dignitaire  ecclésiastique.  A  cet  effet,  il  donna  sa  procuration  à  son 
frère,  PVançoisde  Perpirolle,  que  Ton  trouve  jugechâlelain  d'Ahun, 
en  1540  (,5). 

Jacques  Fnrgaud,  receveur  des  tailles  en  réieclion  de  Combraille, 
est  qualifié  sieur  de  Perpirolle  en  1648  et  165! . 

(1)  Lire  :  Saint-Médard,  canton  de  Chépéruilles. 

(2)  M.  Delannoy.  Fonds  des  Céleslins  des  Ternes.  -  Vallaise, 
commune  de  Sainl-Pardonx-les-Cards. 

(8)  RoY-PiERRKFiTTK,  les  nioiiaslères  du  Umousin  el  de  la  Marche. 

(4)  M.  A.  Thomas,  honirnapje  d»;  la  spijïiieiirie  de  Boiis^ac,  Archives 
.  historiques  de  la  Creut^e^  tunie  V,  Liiiit)ges  1893. 

(5)  Procè»- verbal  de  la  rédaction  de  la  coutume  de  la  Marche. 


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-  101  — 

3  décembre  1533,  reconnaissance  pnr  noble  honatne  Pierre  de 
Perpirolle,  ècuyer,  seigneur  de  laGhassagne-Moustier,en  la  paroisse 
de  Peyral-la-Nonièro,  aux  religieux  de  Bonlieu,  d'une  renie  de  75 
suiis  tournois,  à  raison  de  la  cession  par  voie  (Pechangti  à  lui  faite 
par  les  religieux  «  du  boys,  prè  et  oulclie  appelés  Ghainbiu,  situés 
au  territoire  el  franchise  de  Cliarnailles,  (1)  tenant  à  la  place  publi- 
que du  cimetière  de  Ciiaruailles,  d'une  part,  d'autre  au  chemin 
allant  de  Chamailles  à  Télang  de  Voulques,  et  d'autre  à  la  garenne 
(luditde  Perpirolle  {2).  » 

Le  même  jour,  3  décembre  1533,  Pierre  de  Perpirolle,  avoue 
auxdils  religieux  une  rente  annuelle  de  25  sous  tournois,  et  5 
setiers  de  seigle  à  la  mesure  de  Saint-Julien-le-Châtel,  sur  son 
lieu  nuble  appelé  la  Chassagnq  Moustier,  en  la  paroisse  de  Peyrat- 
la-Nonière  (3). 

Pierre  de  Perpirolle,  qualifié  élu  au  comté  de  la  Marche,  figure 
comme  témoin,  le  24  avril  1530,  dans  une  déclaration  rendue  au 
roi  par  les  consuls  et  habitants  de  Chénérailles.  Le  4  novembre 
1S30,  il  lionne  quittance  à  Loys  Kaquet,  écuyer,  sieur  de  Mouy, 
trésorier  de  la  Marche,  à  Guéret,  u  de  la  somme  de  60  livres  tour- 
nois, montant  de  ses  gages,  pour  avoir  mis  sus  Péquivalent  ayant 
cours  en  ladite  élection  (4).  » 

a  Le  6  juillet  1553,  Assemblée  de  Tarrière-ban  de  la  province  de 
la  Marche,  à  Guéret,  avec  les  aydesà  eulx  baillez  et  le  taux  d'icelles 


(1)  Dans  une  transaction  de  1492,  on  lit  ;  a  Charnailhef  sive,  chemin 
ancien,  t  II.  y  a  lieu  de  rapprocher  cette  expression  de  celle  de 
Cliarnailhas,  forme  paloise  du  nom  de  Chénérailles,  ville  où  Ton  a 
trouvé  des  médailles  romaines  et  qui  était  située  sur  le  parcours  de 
la  voie  antique  qui  conduisait  d'Ahun  à  Evaux.  On  écrivait  en  1265, 
ChanalheUut.  Chirnaitlias  est  également  le  nom  d'un  village  de  la 
commune  d*Ëymoutiers  où  passait  la  voie  romaine  qui  se  dirigeait 
vers  Clermont. 

(2)  Archives  de  la  Creuse,  abbaye  de  Eonlleu. 

(3)  Ibidem. 

(i)  Archivée  de  la  Creuse,  série  C,  complément,  -»  LouU  Raque  t 
(ut  plus  tard  sénéchal  de  la  Marche. 


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—  102  — 

aydes  selon  la  valeur  de  leurs  fiefs  :  le  sieur  d'Aullefaye,  près  Ché- 
nèrailles,  Irente-lroys  livres,  six  sols,  huict  deniers  (i).  » 

Gilbert  de  Perpirolleesl  élu  en  la  Marche,  en  1585.  Le  sénéchal 
du  conilé  rend  une  ordonnance  contre  lui,  au  profit  des  religieux 
du  Moulier-d*Ahun. 

Le  5  avril  de  la  môme  année,  une  sentence  est  rendue  par  maîtres 
Pierre  Aulort  et  Jean  Borde,  portant  condamnation  au  profit  de 
Tabbaye  de  Bonlieu,  contre  défunt  maître  Jean  de  Perpirolle,  déten- 
teur du  lieu  de  la  Chassagne-Mouslier,  dont  le  père,  ou  un  des 
auteurs,  noble  Pierre  de  Perpirolle,  avait  reconnu,  le  3  décembre 
1533^  devoir  la  susdite  rente  aux  religieux  de  Bonlieu  {±). 

F...  de  Perpirolle,  ècuyer,  sieur  d'Aultefaye,  est  convoqué  à 
Tarrière-ban  de  la  sénéchaussée,  le  20  août  1636. 

Dame  Barbe  de  Perpirolle  était,  en  1634,  veuve  de  Jean  Peschanr, 
sieur  d'Ecurat,  paroisse  de  St-Hédard.  Elle  rend  compte  de  sa  ges- 
tion à  Jacques  Peschant,  sieur  de  Bartignat,  élu  en  Télection  de  la 
Marche,  tuteur  de  Jean  et  Antoine  Peschant,  enfants  mineurs  de 
feu  Jean  Peschant,  sieur  d'Ecurat,  son  frère.  En  1636,  acques  Pes- 
chant, en  qualité  de  tuteur  de  ses  neveux,  donne  quittance  de  la 
somme  de  sept  cent  vingt  livres  à  Antoine  et  Gabriel  de  Perpirolle, 
héritiers  de  feu  Gabriel  de  Perpirolle,  sieur  d*Estlergues,  leur 
père  (3). 

A  la  suite  de  son  alliance  avec  les  de  Perpirolle,  la  famille  Pes- 
chant hérita  du  certains  droits  sur  le  bourg  d'Issoudun.  En  1702, 
Jean  Peschant,  sieur  d'Hérédet,  conseiller  au  présidial  de  Guéret, 
vend  à  Antoine  Redon,  notaire  royal  au  bourg  de  Saint-Médard,  une 


(i)  BosviEUX,  Mémoires  de  la  Société  des  Sciences  naturelles  et 
archéologique  de  la  Crevse,  tome  II,  p.  138. 

(2)  Archives  de  la  Creuse,  abbaye  de  Bonlieu, 

(3)  Archives  de  la  Creuse,  famille  Peschant. 

Cette  famille  est  indiquée  comme  originaire  d'Auvergne  et  de 
noblesse  d'épée.  Peschant  d'Héiédet,  seigneur  delà  Pouzerie,  épouse 
Jeanne  Uissandes  de  Bosgenêl,  iilie  de  Jean  Dissandes  de  Bosgenôt, 
marié  le  11  janvier  1717,  à  Gubrieile,  fille  de  Legrand,  seigneur  de 
Corbillon.  [M^  Henri  de  Lavillaite,  La  Château  de  Bosgenet). 


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103 


renie  en  grains  et  en  argent,  en  directe  seigneurie  et  franciie  condi- 
tion, à  percevoir  snr  les  habitants  du  bourg  d'Issoudun,  pour  la 
somme  de  6,900  livres  (i). 

Pierre  de  Lauzanne,  écuyer,  seigneur  du  Puy-Malsignat  et  de 
TEtang,  épousa  Louise  d'Haulefaye,  le  14  janvier  1618.  Il  figure,  en 
1636,  au  rôle  des  nobles  de  la  cbâtellenie  d'Âhun  qui  doivent  se 
présenter  à  fa rrière -ban.  En  1642,  il  fait  soa  testament  et  nomme 
Louise  d'Hautefaye,  sa  femme,  tutrice  de  ses  enfants.  Cette  dernière 
mourut  le  7  janvier  1651. 

Elle  avait  eu  huit  enfants.  Le  sixième  fut  Philibert  de  Lauzanne, 
vicomte  de  Vaurousset,  tué,  le  il  avril  1661,  dans  le  canton  de 
Friboui*g,  à  Tâge  de  32  ans. 

Gabrielle  d'Haulefaye,  sœur  de  Louise  d'Hautefaye,  était,  en  1607, 
(emme  de  Gabrielle  Le  Groing,  écuyer  (2).  Elle  épousa,  en  secondes 
noces,  Gabriel  de  Thianges,  seigneur  du  Mansat  (3).  Nous  voyons 
celai-ci  obtenir,  en  1638,  une  sentence  de  la  sénéchaussée  de  la 
Marche,  au  sujel  du  douaire  de  Gabrielle  d'Hautefaye,  son  épouse, 
contre  Gabriel  Mérigot,  seigneur  de  Sainte-Feyre(4). 

Le  30  août  1674,  parait  au  rôle  du  ban  et  de  Tarrière-ban  des 
nobles  de  la  sénéchaussée,  à  Guéret  :  «  N  ...  de  Thianges,  seigneur 
de  Valligiiy,  pour  le  flef  d'Aultefaye,  dans  la  paroisse  d'Issoudun  ; 
DeValligny  fournit  un  homme.  »  A  cette  époque,  Hautefaye  devait 
avoir  des  coseigneurs,  car,  en  1669,  Jean  Garreau,  écuyer,  fait  aveu 
au  roi  pour  le  ûef  d'Hautefaye,  d'après  les  Noms  féodiux.  Dès  ce 
moment,  cetle  terre  reste  la  propriété  de  la  famille  Garreau,  jusqu'à 
la  Révolution,  sans  qu'il  soit  question  des  droits  seigneuriaux 
de  la  famille  de  Thianges. 

{\)  Archives  de  la  Creuse^  famille  Redon. 

(2)  En  1519,  More  Le  Groing,  chevalier,  fait  foi  et  hommage  pour  la 
maison,  lien  et  flef  noble  de  la  Motte-iu-Groing  qu'il  possède  par 
succession  dans  lu  paroisse  de  Leyrat,  |)rès  Buussac. 

(3)  La  maison  de  Tliianges.orisrinaire  diiGombraille,a  fournisix  che- 
valiers de  l'ordre  de  Malte,  de  1534  à  1701.  Elle  a  possédé  la  seigneu- 
rie de  Lussut,  près  Chambon,  de  163i  jusqu'à  la  Révolution. 

(4)  Archives  de  la  Creuêê» 


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—  104  — 

Une  vicairie  dile  d'Hautefaye,  ou  d'Etansannes,  existait,  en  1460, 
«  liors  et  près  la  ville  de  Chènérailles.  »  Vers  !7i8,  le  service  en 
fut  transporté  dans  la  chapelle  du  château,  dite  de  Sainle-Catheiine. 
On  relève  parmi  les  patrons  qui  nommaient  à  cette  vicairie  :  noble 
Pierre  de  Perpirolle,  sieur  d'Hautetaye,  en  1658;  autre  Pierre 
d'Haulefaye,  ècuyer,  en  1606  ;  Gabriel  Legroing,  écuyer,  avec 
Gabrielle  d'Hautefaye,  sa  femme,  i607  ;  Marguerite  Foureton  de 
Hargeleix,  veuve  de  Gabriel  Garreau,  sieur  d'Hautefaye  et  du 
Planchât,  contrôleur  général  ancien  des  finances,  bois  et  domaines 
en  la  généralité  de  Moulins,  comme  tutrice  de  ses  enfants,  1718  ; 
noble  François  Garreau,  contrôleur  des  finances,  à  Moulins,  1740; 
noble  Nicolas  Garreau,  sieur  d'Hautefaye,  conseiller  du  roi,  contrô- 
leur des  finances  en  la  généralité  de  Moulins,  1759  ;  noble  François- 
Laurent  Léonard  Garreau,  1764  (1). 

La  famille  Garreaa  est  le  type  de  ces  familles  de  bourgeois  d'au- 
trefois, marchands,  mattres  de  métier,  fonctionnaires  subalternes, 
habitués  à  la  vie  simple  et  à  l'épargne  persévérante,  qui  s'enrichis- 
saient dans  le  commerce  et  devenaient  acquéreurs  de  terres  que 
beaucoup  de  gentils-hommes  étaient  forcés  d'aliéner.  A  Aubusson 
et  à  Felletin,  en  particulier,  on  voit  de  modestes  tisserands  ou  des 
tapissiers  travailler  dans  leurs  boutiques  avec  leurs  enfants  et  quel- 
ques apprentis.  Plus  tard,  quelques-uns  de  leurs  descendants  con- 
tinuent à  exercer  la  profession  ancestrale  ;  mais  d'autres  Tont 
abandonnée  et  remplissent  certaines  fonctions  administratives  qui 
avaient  le  privilège  de  conférer  la  noblesse  à  la  troisième  généra- 
tion (2). 

Jehan  Garreau  faisait  le  commerce  des  draps  à  Aubusson,  en  1422. 

Il  eut  un  premier  différend  avec  Jehan  Faure,  marchand,  de  la 
ville  de  Felletin.  Celui-ci  ayant  fait  appel  d'une  sentence  du  séné- 
chal de  la  Marche,  l'affaire  fut  renvoyée  devant  le  juge  de  Felletin. 


(i)  M.  TAbbé  Lecler,  loc.  cit. 

(S)  Les  armes  de  la  famille  Garreau  sont:  d'azur^  à  trois  anneletê 


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Peu  après,  Jean  Carreau  plaide  de  nouveau  contre  un  autre 
marchand  de  Fellelin,  Jean  Fabre,  dit  Ben-li-vienhe  (l),  alias 
Duraille.  La  sentence  du  châtelain  ayant  élè  rendue  en  faveur  de 
Carreau,  son  adversaire  fait  appel  au  parlement.  Le  14  août  i45!5, 
un  arrêt  de  la  Cour  confirme  le  jugement  du  châtelain  de  Felletin 
ou  (le  son  lieutenant,  déclare  que  Jean  Duraille  a  mal  appelé,  le 
condamBe  aux  dépens  et  remet  le  jugement  définitif  au  15  septembre 
suivant  (2). 

En  1515,  un  autre  Jean  Carreau  est  marchand  tapissier  et  Tun 
des  notables  habitants  de  la  ville  d'Aubsson.  —  Antoine  Carreau, 
marchand,  bourgeois,  sieur  de  la  Buxerette  dès  1005,  consul  d'Au- 
busson,  en  1614.  —En  1664,  Jacques  Carreau,  sieur  de  Salvert, 
président  châtelain  d'Aubusson. 

L  —Jean  Carreau,  écuyer^  seigneur  de  Saint- Avit-sur-Tarde 
en  1665,  fait  aveu  pour  le  fief  d'Hautefaye,  en  1669.  Il  était  avocat 
en  parlement,  banquier  expéditionnaire  en  cour  de  Rome,  et  syndic 
du  temporel  du  couvent  des  Recoilets  d'Aubusson.  Il  avait  épousé 
Jacqueline  Robichon  (3).  Leur  fille,  Eléonore  Carreau,  fut  mariée, 
le  5  septembre  1688,  à  Abdon-Renè  Couturier,  écuyer,  seigneur 
de  Fournoûe,  des  Forges,  de  Verrière,  d'Ardillat,  de  Roumeilles  et 
de  Soumande.  Jean  Carreau  mourut  au  mois  de  sep.tembre  1707. 

II. — Cabriel  Carreau,  fils  du  précèdent,  résidait  à  Aubusson 
en  1700.  On  le  trouve,  en  1709  et  1714,  qualifié  seigneur  d'Hautefaye 
et  du  Planchât,  contrôleur  général  ancien  des  finances,  bois  et 
domaines  de  la  généralité  de  Moulins.  Il  fut  aussi  président  de  la 
juridiction  des  dépôts  de  sel  des  villes  d'Aubusson,  Cbénérailles  et 


•(1)  Cette  famille,  en  se  fixant  à  Aubusson,  transforma  son  nom  en 
celui  de  Biennousvienne.  Elle  a  fourni  plusieurs  notables  entrepre- 
neurs de  Tancienne  manufacture  royale  de  tapisseries. 

(2)  Commun  de  M.  Antoine  Thomas,  loc.  cit. 

(3)  En  1528,  Gilles  Robichon  était  appurenli  tapissier  à  Aubusson  . 
Au  siècle  suivant  (16i4),  autre  Gilles  Robichon,  conseiller  du  roi  et 
procureur  en  la  chàtellenie,  devient  acquéreur  de  la  seigneurie  d  e 
Poux,  paroisse  de  Saint«Amand,  ancienne  terre  de  la  maison  d'Aubus* 
000. 


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-106  - 

Aliiin.  Il  épousa  Marguerite  Foureton  de  Margcleix  (1)  et  mourut 
avant  1718,  année  où  sa  veuve  nommait  le  desservant  de  la  vicairie 
d'Haulefaye,  comme  tutrice  de  ses  enfants  mineurs.  Celle-ci  était 
exemple  de  la  taille  en  sa  qualité  de  noble,  en  17â5;  elle  vivait 
encore  en  1729. 

III.  —  François  Carreau  d'Haulefaye,  conseiller  du  roi;  contrô- 
leur des  finances  en  la  sénéchaussée  de  la  Marche  à  Guéret.  Sa  fille, 
Marie-Rose  Carreau,  épousa  Jean-Louis  de  Myomandre,  écuyer^ 
seigneur  d'Âlleyrat  et  de  Laubard,  mort  en  1729.  Le  il  avril  1730, 
en  la  maison  noble  du  lieu  de  Laubard,  noble  François  Carreau 
d'Haulefaye,  tant  en  son  nom  comme  créancier  privilégié  de  la 
terre  et  seigneurie  de  Laubard  que  comme  père  et  udminislrateur 
de  dame  Marie-Uose  de  Myomandre,  donne  son  domaine  de  Héouse 
à  titre  de  bail  perpétuel  et  emphytéotique. 

Marie-Rose  de  Myomandre  épousa  en  secondes  noces  Jean-Silvain 
Rondeau  du  Saillant  qui  éiait  mort  en  1747.  François  Carreau 
d'Hautefaye  et  sa  fille,  Marie,  veuve  Rondeau,  étaient,  en  17i7,  co- 
seigneurs  d'ÂlIeyrat  et  de  Laubaid. 

En  1736,  François  Carreau  d'Hautefaye  joignait  à  ses  titres  celui 
de  seigneur  de  Pimpérigeas. 

IV.  —  LÉONARD-ANTOINE  Garreau,  écuyer.fils  deCabriel  Carreau, 
dès  1734,  conseiller  du  roi,  président  juge  de  ses  fermes  aux  Dépôts 
des  sels  d'Aubusson,  Chènérailles  et  Ahun,  habitait  Aubusson.  Il  est 
qualifié  sieur  du  Planchât  en  1753,  sieur  de  la  Seiglière  en  1756, 
seigneur  d'Hautefaye,  en  1766,  et  prési  Jent  trésorier  de  France  au 
bureau  de  la  généralité  de  Moulins.  Le  10  novembre  1772,  il  fut 
nommé  par  Louis  XV  maire  de  la  ville  d'Aubusson. 


(1)  Les  Foureton,  primitivement  fabricants  de  tapisserie  à  Aubus- 
son, étaient  seigneurs  de  Margeleix  dès  1639.  En  1684,  Laurent  Fou- 
reton, écuyer,  gentiUiomme  de  la  manche  du  roi,  fait  aveu  pour  les 
nefs  de  Mai-geleix  et  de  Comborl.  M.  Foureton  de  Margeleix,  garde 
du  corps,  fut  chargé  de  l'éducation  militaire  du  marquis  de  La 
Fayette,  qui  visita  Margeleix  avant  d'être  le  héros  de  la  guerre  de 
rindépendnnce  américaine.  V.  notre  étude  sur  le  Puy-MaUignat  et 
ses  environs.  Mémoirei  de  la  Société  deê  Scienceê  do  la  Cnuiê.  tome 
V.  Guéret.  1886,  p.  216. 


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—  107  - 

V.—  Nicolas  Carreau,  fils  du  précédent,  sieur  d'IIautefaye, 
conseiller  du  roi,  contrôleur  desfinancesen  la  généralité  deHoulins, 
nommait  à  la  vicairîe  d'Hautefaye  en  1759.  Il  mourut  sans  enfants 
avant  1784. 

VI.  —  François-Laurent-Léonard  Carreau,  sieur  d'Haulefaye, 
frère  de  Nicolas  Carreau,  qui  précède,  fut,  lui  aussi,  contrôleur  des 
finances  en  la  généralité  de  Moulins.  Il  vivait  encore  en  1786,  et  il 
mourut  sans  postérité. 

Sa  sœur,  Gabrielle  Carreau  épousa  Augustin  Mage,  sieur  de  la 
Chezolle,  près  Aliun,  avo&'it  à  Paris.  Son  père,  Pierre  Mage  de  la 
Chézolte,  originaire  d'Aubusson,  avait  un  important  magasin  de 
tapisseries  à  Paris,  rue  de  la  Huchette  (1).  Il  était»  en  réalité,  com- 
missionnaire en  tapisseries  et  tapis.  Il  mourut  en  1760,  et  son 
gendre,  Jean-Louis  Rogier,  continua  son  commerce  après  lui. 

Augustin  Mage  eut  de  sa  femme,  Cabrielle  Carreau  : 

l'»  Abdon -Jean  René  Mage,  sieur  d'Hautefaye  et  de  Vallansange, 
qui  suit  ; 

S^Ceneviève  Mage,  qui  épousa  François  de  La  Porte,  médecin  à 
Aubusson  ; 

3«  N...  Mage,  mariée  à  Cilbert-Pierre  Bussière,  notaire  à  Chéné- 
raiiles  ; 

4*  Marie-Thérèse  Mage,  religieuse  au  couvent  de  Blessac,  près 
Aubusson.  Après  la  fermeture  des  monastères,  en  1790,  elle  se 
retira  dans  sa  famille,  au  château  d'Hautefaye,  où  elle  avait  un 
petit  oratoire,  et  où  elle  mourut,  en  1835. 


(1)  Pierre  Mage  de  la  Ghézotte  épousa  Geneviève  Piilon,  dont  il 
eut: 

i«>  Augustin  Mage,  époux  de  Gabrielle  Garreau  ; 

29  Marie-Louise  Mage,  mariée  à  Paris,  le  30  décembre  i745,  à 
Michel  Laboreys  de  Châteaufavier,  inspecteur  des  manufactures  de 
tapisseries  d'Aubusson  el  de  Felletin  ; 

3'»  Mario-Anne,  qui  épousa,  le  15  mars  1733,  Ranon  de  la  Vergne, 
châtelain  d'Ahun  ; 

4**  Geneviève,  mariée  le  22  juin  1761,  à  Jean-Louis  Rogier,  avocat  à 
Paris,  successeur  de  Pierre  Mage,  son  beau-père,  comme  négociant 
de  tapisseries  à  Aubusson  et  à  Paris. 


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—  108  - 

Le  partage  de  la  succession  (rAugiislin  Mage  et  de  Gabrielle  Car- 
reau, futfail  à  Paris,  devant  maîtres  Choron  et  Lecau,  notaires  au 
Châlelet,  le  29  novembre  1784,  entre  Abdon-J^an-Uenè  Mage,  les 
enfants  mineurs  de  feue  M"«  Mage,  veuve  Bnssière,  et  Geneviève 
Mage,  épouse  de  Françoise  de  La  Porle. 

Abdon-Jean-René  M'ige,  avocat  en  parlement,  lienlenanl-général 
de  police  à  Aubnsson,  eut  dans  son  lot  la  terre  dllaulefaye,  après 
le  désislement  de  son  oncle,  François- Léonard  Carreau,  frère  de  sa 
mère,  Gabrielle  Carreau,  qui  n'avait  pas  d'enfant.  Il  fut  Tun  des 
députés  de  la  ville  d'Aubusson  qui  se  rendirent  àGuérel,  au  mois  de 
mars  n89,  pour  la  rédaction  du  cahier  du  tiersrélat  de  la  séné- 
chaussée de  la  Marche.  l\  avait  épousé  Marguerite  Prugnier,  et  il 
faisait,  sous  le  nomdesa  femme  un  important  commerce  de  sel  à 
Aubusson.  Leurs  enfants  furent  : 

{<^  Jean-Uaplise-Toussainl  i/ajfc  d'IIautefaye,  qui  fut  agent  muni- 
cipal à  Anbusson,  à  Tepoque  du  Directoire.  Il  épousa  M"»»  Leclerc, 
fllle  de  Gaspard  Leclerc  du  Drillel,  entreposeur  des  tabacs  à  Aubus- 
son et  de  Gilbeite  Paris.  De  ce  nlariage,  un  fils  et  Irois  filles  ; 

2°  Abdon-Jeau-nené  iiiige,  capitaine  retraité,  chevalier  de  la 
légion  d'hoimeur  qui  s'allia  à  une  lamille  du  Derry.  Il  eut  de  cette 
union  deux  fils. 

L'aîné,  maître  de  pension  à  Paris  et  à  Saint-Denis,  où  il  dirigeait 
une  école  préparatoire  pour  la  marine,  fut  père  d'Abdon -Eugène 
Mage,  né  à  Paris,  le  30  juillet  1837.  Aodon-Eugène  Mage  entra  dans 
la  marine  dans  sa  quatorzième  annéeetilélait  enseigne  de  vaisseau 
le  !•''  septembre  1855.  Décoré  à  Wans,  il  fut  bientôt  promu  lieute- 
nant de  vaisseau.  Son  grand  voy.ige  du  Sénégal  au  Niger  Ta  placé 
au  rang  des  plus  célèbres  explorateurs  de  TAfrique.  M.  Mage  allait 
être  promu  capitaine  de  frégate,  lorsqu'il  périt  avec  la  Gorgone  et 
tout  l'équipage  qu'il  commandait,  dans  la  nuit  du  18  au  19  décembre 
1869,  dans  une  tempête,  à  l'entrée  du  goulet  de  la  rade  de  Brost. 

Le  château  d'Hautefaye  est  actuellement  la  propriété  de  la  famille 
Colaud, 

Cyprien  PÉRATHON, 


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DU   MOUTIER-D'AHUN 


1.  —  Fondation  de  TAbbaye 


t-'*«ji  M\  mil  approchait.  L'an  mil  qui  devait  amener  la  fin  du  monde! 
I^es  c^  onalions  aux  églises  et  aux  monastères  affluaient  de  toutes 
parl^^  cliacun  espérant  ainsi  fléchir  les  rigueurs  de  la  justice  divine. 
Boso  XI,  comte  de  la  Marche,  se  décida,  en  997.  à  suivre  l'exemple 
généîti-al. 

Pc^  \\r  le  salut  <ie  son  âme  et  de  celles  de  ses  parents,  sur  Texhor- 
la'  îo  m  \  de  son  fidèle  Hugues  de  Gareill,  il  transforma  en  monastère, 
avec^  Tassentinient  de  Tévêque  Alduin  (dit  aussi  Hilduin),  une  église, 
^^n^^erée  à  Noire- Dîime,  que  sa  famille  possédait,  près  d'Ahun,  de 
"^"  M^^3  antiquité.  Boson  donna  à  Dieu  et  au  couvent  de  Saint-Pierre 
^^ «Torche  le  nouveau  monasière,  qui  fut  soumis  à  la  règle  de  Saint- 
^  *^  ^:^îtel  placé  sous  Panlorilé  dWdalbaldus,  abbé  d'Uzerche,  et  de 
^  "^^  uccesseurs.  Quand  celui  qui  sera  à  la  lôte  du  monastère  viendra 
ourir,   Tabbé  d'Uzerche  choisira  un  des  siens  pour  le  rem- 


^,^-^\  ^  ^  Pièces  juslilicalives,  n®  I.  «  On  a  dit  que  l'évoque  lliliuin 
j.'^^^^^^^sa  les  moines  (i'Aliun,  Irois  jours  ;ivanl  sa  mort  arrivée  en  i0l4, 
<^^^"^  *-  une  erreur.  Ce  sont  les  moines  d'Kynioutiers  qui  furent  chassés, 
\»^  ^  ^<:ti  Stephani  Ahenti^  au  lieu  (|ue  la  Sainte- Vierj^e  est  patronne  de 
^^Xise  abbatiale  d'Ahun  ».  (Pouîllé  de  Nadaud). 


V 


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-  iiO  - 

Le  monastère  da  Moutier-d'Ahun  èlait  donc  subordonné  à  celui 
d'Uzerche,  En  quoi  consistait  cette  dépendance?  Entrainaît-elie 
des  redevances  en  argent  ou  en  nature?  Je  ne  sais;  cependant  ce 
n'est  guère  probable,  car  les  droits  pécuniers  ne  se  perdaient  pas 
facilement,  et  il  en  serait  resté  traces. 

Quand  et  comment  cette  dépendance  prit-elle  fin?  Je  ne  saurais 
le  dire  avec  une  complète  certitude.  Elle  se  maintint  au  moins 
jusqu'à  la  fin  du  xii«  siècle.  En  effet,  une  bulle  de  Lucius  II  (15  juil- 
let lUi)  (i),  rappelle  que  les  monastères  de  Tourtoirac  et  d'Ahun 
dépendent  de  celui  d'Uzerche,  D'autres  bulles  d'Eugène  III  (30  jan- 
vier 1145)  (2),  d'Alexatidre  II  (vers  1178)  (3),  confirment  à  l'abbaye 
d'Uzerclie  la  propriété  de  tout  ce  qu'elle  possède  justement  et 
canoniquement,  notamment  les  monastères  de  Tourtoirac  et  d'Ahun 
avec  toutes  leurs  dépendances.  I^a  fréquence  même  de  ces  bulles, 
le  besoin  qu'éprouvait  l'abbaye  d'Uzerche  de  faire  constater  ses 
droits  prouvent  qu'ils  étaient  contestés  et  méconnus  par  les  moines 
du  Houtier-d'Ahun. 

Les  religieux  d'Uzerche  avaient  recours  aux  évoques  de  Limoges, 
aussi  bien  qu'aux  papes.  En  1185,  Sebrand,  êvèque  de  Limoges, 
leur  confirme  la  pro|)rièlé  des  monastères  et  des  églises  qu'ils 
possèdent  dans  son  diocèse,  notamment  les  monastères  d'Ahun  et 
de  Maymac,  avec  tout  ce  qui  en  dépend,  monastères  qui  sont  à 
perpétuité  soumis  à  relui  d'Uzerche  comme  une  fille  à  sa  raère 
<c  ul  fiUa  malri  ».  Mais  dans  cette  même  charte  (4),  l'évoque  re- 
connaît aux  moines  d'Ahun  le  droit  d'élire,  parmi  eux,  leur  abbé, 
avec  le  consentement  de  l'Abbé  d'Uzerche  et  sous  la  Seule  condition 
que  l'élu  fera,  avant  ou  après  Téleclion,  profession  au  monastère 
d'Uzerche. 

Ce  droit  d'élection  semble  avoir  déjà  été  reconnu  par  le  pape 
Lucius  III  dans  sa  bulle  du  I»»"  juin  !18i.  C'était  le  premier  pas  vers 

(1)  Carlulaire  d'Uzerche  n<»  2. 

(2)  id.  n"  104. 

(3)  id.  no  123. 

(4)  id.  n»  105. 


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—  m  - 

l'indépendance,  qui  doit  être  devenue  complète  dès  le  xiiP  siècle, 
car  nous  ne  trouvons  plus  traces  de  relations  entre  les  deux 
monastères. 

Cependant  une  bulle  de  Paul  II  (146(>),  confirme  Tapprobalion 
donnée  en  1462  par  son  prédécesseur  Pie  II  à  une  bulle  de 
Grégoire  VIII  qui  aurait  concédé,  en  1190,  à  Tabbaye  d'Uzerche 
le  monastère  «rAbun  avec  toutes  les  églises  ou  terres  qui  en  dé- 
piindenl  (i).  Nous  devons  faire  remarquer  que  celte  date  de  1190, 
est  sûrement  inexacte.  Grégoire  VIII  a  été  pape  en  1187,  et  son 
ponlificat  n'a  duré  que  deux  mois,  du  20  octobre  au  17  décembre. 
C'est  peut-^tre  le  cas  d'appliquer  le  proverbe  limousin  :  Menteur 
comme  le  cariulaire  d'Uzerche. 


li.  —  Eglise  et  Râtiments  de  lAbbaye 


L'église  donnée  par  Boson  servit  certainement  pour  les  exercices 

reJigieuxiln  nouveau  monastère;  plus  tard  on  en  construisit  une, 

^/2s  doute  plus  vaste  et  plus  luxueuse.  La  partie  romane  conser- 

vê€    de   l'église  actuelle  du  Moutier-d'Ahun   porte  le    cacbet  du 

x^///»    siècle  (2). 

/.'«!:>  baye  eul,  comme  le  reste  du  pays,  à  subir  les  ravages  des 
^ng-f^is  et  des  routiers  (3);  son  église  fut  en  partie  détruite. 
0/1  oi-cîonna,  en  1489,  de  la  reconstruire.  Les  religieux  durent  se 
"ieii,«-«r5    de  suite  à  l'œuvre,  car  le  porche,  qui  subsiste  encore,  est  du 


(O  ^  -  ...  Concessit  Aldeberto,  abbati,  et  monasterio  Usercensi  mo- 
nasL^ï-i  urn  Agedunense  cum  omnibus  ecclesils  sive  terris  ad  idem 
perL%.n^nlibus  (CartuUU'e  d'Uzerche  !io  1042). 

('^^  V^ar  son  testament,  l'ait  à  Kvanx,  le  10  des  calendes  d'avril  1263, 
iVini^ï-îc  de  la  Serre,  évêque  de  Limoges,  légua  à  l'abbaye  d'Ahuii 
'300O  2SOUS  pour  bàlir  un  cloître  et  le  mur  de  clôture  de  l'abbave 
I^BuiCc^ein  du  Limousin,  IV.  130). 

^^  -^"  trouve,  dans  le  (Uirtulaive  dca  Temm,  des  testaments  des 
^^Vi*i^^t*^5res  années  du  xv®  siècle,  qui  contiennent  des  legs  pour  les 
^;>>jv\,*54.tiorjs  du  monastère  du  Moutier-d'Abun. 


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-  112  - 

XV  siècle,  ainsi  que  les  deux  chapelles,  placées  à  droite  et  à  gauche 
de  Tabside.  Ce  nouvel  édifice  n'eut  pas  longue  durée  ;  les  guerres 
religieuses  ne  furent  pas  moins  funestes  à  Tabbaye  que  la  guerre 
de  Cent-Ans. 

Eu  1591,  un  parti  de  ligueurs,  commandé  par  de  Toirac,  est 
poursuivi  par  Foucaud,  comte  de  Saint-Germain,  gouverneur  de  la 
Marche.  Ces  ligueurs  se  jettent  dans  Tabbaye,  qui  est  entourée  de 
fossés,  s'y  fortifient  et  sont  assiégés  par  Foucaud.  Plusieurs  assauts 
sont  donnés;  dans  Tun  d'eux  le  comte  de  Saint-Germain  est  blessé 
d'une  arquebusade  à  la  tète  —  blessure  dont  il  mourut  quelque 
temps  après  —  l'abbaye  est  incendiée  et  ruinée  à  peu  près  complè- 
tement (1).  La  nef  de  l'église  s'écroule,  les  transepts  sont  éventrés, 
les  bâtiments  des  religieux  sont  entièrement  détruits:  Il  ne  reste 
debout  que  le  porche  et  la  partie  romane  de  l'église,  les  murs  du 
réfectoire  et  une  partie  du  logement  de  l'abbé. 

Les  religieux  ne  sont  pas  assez  riches  pour  reconstruire  une 
seconde  fois  leur  éj^lise,  ils  se  contentent  de  faire  déblayer  rempla- 
cement de  la  nef  et  de  boucher  les  brèches  du  transept,  dont  les 
bras  disparaissent.  Privés  d'abris,  ils  se  dlspers3!ït  dans  les  maisons 
du  bourg,  où  plusieurs  avaient  leur  famille.  C'est  seulemenl  en 
1610  qu'ils  reprennent  ta  vie  commune;  ils  s'inslallenl  dans  la 
partie  rotiservée  du  logement  de  Tabbé,  consistant  en  une  petite 
chambre  de  do;nestique,  une  cuisine,  une  écurie  qu'ils  transforment 
en  réfectoire,  à  Télage  deux  grandes  chambres,  dont  une  seule 
habitable  sert  de  dortoir  commun. 

Telle  était  la  situniion  en  1611  quand  dom  Marcaille  visita 
Tabhaye,  qui  venait  d'être  annexée  à  l'Ordre  de  Cluuy.  Ce  visiteur 
constate,  dans  son  procès-verbal,  que  les  religieux,  autrefois  au 
nombre  de  13,  ne  sont  plus  que  8,  novices  compris;  que  le  chœur 


(1)  En  1619,  les  religieux  font  rebâtir  la  grange,  qui  est  vis-à-vis  la 
grande  porte  de  Téglise  et  dans  l'enceinte  de  la  basse-cour  do 
l'abbaye,  à  leurs  f'*ais  et  dépens,  lacpielle  aurait  été  brûlée  et  ruinée 
en  1501,  avec  la  plus  grande  partie  de  ladile  al)baye,  après  avoir  été 
prise,  assiégée  et  reprise  et  enlièrenient  pillée  avec  les  litres  et  en- 
sei<rnements  d'icelle  (tl.  48,  c'est-à-dire  dossier  48  de  la  série  H,  tonds 
ecclésiastiques,  des  Archives  Départementales  de  la  Creuse). 


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-  113  — 

deTéglise  est  sans  treillis  ni  clôture;  les  maraiiles  sont  crevassées, 
les  fenêtres  sans  vitres.  «  Au  lieu  où  eslayenl  les  cloîtres,  qui  sont 
à  présent  ruynès,  il  ne  reste  que  dix  piliers  encore  debout;  du  coslé 
du  chœur  de  Péglise  on  trouve  les  marques  seullement  de  quatre 
chambres,  entièrement  ruynèes  et  par  terre,  et  de  l'autre  coslé  du 
grand  logis,  trois  autres  chambres  entièrement  ruynèes,  réservé 
quelque  peud  de  muraille  et  leur  enceinte,  lesquelles  ruynes  on 
nous  a  dict  être  arrivées  par  les  soldats  des  guerres  dernières  de  ce 
royaume,  les  religieux  estans  sans  dortouer  et  habitations  régu- 
lière, logeans  pesle  mesie,  despuys  un  an  en  ça  qu'ilz  se  sont  rangés 
à  vivre  en  communauté,  au  logis  et  chambre  du  sieur  abbé.  » 
(H.  21). 

Don  Marcaille  prescrivit  de  construire*  au-dessus  du  réfectoire, 
huit  chambres  pour  le  dortoir  des  religieux.  Cette  construction  ne 
fut  faite  que  près  de  40  ans  plus  tard,  en  1648.  Hais,  en  outre  des 
cellules,  les  moines  firent  élever  tous  les  bâtiments  accessoires, 
nécessaires  pour  rendre  leur  installation  aussi  confortable  que 
possible. 

Voici,  d'après  un  procès-verbal  de  1656(1),  quelle  était  la  disposi- 
tion de  ces  bâtiments  neufs  : 

Parallèlement  à  la  nef  ruinée,  dont  ils  sont  séparés  par  une  cour 
ou  cloître,  se  trouvent  le  réfectoire  et  la  cuisine,  au-dessus  desquels 
il  y  a  sept  cellules  pour  les  religieux  et  une  grande  chambre  où 
habile  le  prieur.  Toutes  ces  pièces  donnent  sur  une  belle  galerie, 
aboutissant  à  un  escalier  en  pierre  qui  conduit  dans  la  cour; 

En  équerre,  entre  ce  bâtiment  et  Téglise,  un  petit  corps  de  logis 
contenanl  le  cabinet  du  prieur  et  un  aulre  cabinet  ou  garde-robe, 
d'où  Ton  descend  dans  la  cour  par  un  escalier  en  bois.  Cet  escalier 
communique  avec  l'escalier  en  pierre  par  une  galerie,  ce  qui  per- 
met aux  moines,  sortant  de  leur  dortoir,  de  se  rendre  à  couvert 
jusqu'à  une  porte  de  Téglise.  Sur  un  palier  de  l'escalier  .en  bois, 


(1)  Ce  procès- verbal  est  celui  de  la  division  des  biens  et  revenus 
de  Tabbaye  en  trois  lots  égaux,  dont  il  sera  pirlé  plus  loin. 

8 


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-  114  - 

86  IroQve  une  fenèlre  qui  a  vue  sur  Téglise  pour  la  commodité  des 
malades; 

Dans  la  deuxièuie  cour  est  adossée  au  piguoii  de  la  cuisine  une 
salle  dont  la  destination  n'est  pas  indiquée.  On  se  rend  de  la  cuisine 
dans  cette  salle  par  un  vestibule,  aux  deux  côles  duquel  sont  deux 
garde-mangers.  On  descend  de  celte  salle  dans  la  seconde  cour  par 
un  perron  eu  pierre,  et  Ton  entre  dans  deux  petits  caveaux 
voûtés  ; 

Adossé  au  pignon  de  cette  salle  est  un  autre  petit  corps  de  logis, 
dans  lequel  il  y  a  d*un  côté  une  écurie  à  deux  rangées,  et  de  Tautre 
un  fournil  ou  boulangerie,  placée  dans  une  ptUile  tour  carrée. 
Au-dessus  du  fournil,  un  passage  communiquant  avec  une  autre 
tour  carrée,  au  coin  de  la  sacristie;  le  tout  nouvellement  construit; 

Le  logement  de  Tabbé,  situé  du  côlé  du  porche  en  avant  des 
bâtiments  que  nous  venons  de  décrire,  n'avait  pas  été  modifié  sauf 
quelques  réparations  faites  en  1631;  son  état  de  dégradation  alla 
même  en  augmentant,  les  abbés  commendataires,  qui  en  générai  ne 
résidaient  pas,  ayant  cessé  de  Pentretenir. 

De  1673  à  1681,  les  religieux  s'occupèrent  de  !*ornementation 
intérieure  de  leur  église;  ils  tirent  exécuter  les  belles  boiseries,  qui 
sont  aujourd'hui  classées  comme  monument  historique.  Ils  traitè- 
rent, moyennant  800  livres,  avec  Simon  Bouer,  «  scrupteur  <»,  rési- 
dant à  Menât  en  Auvergne,ponr  la  confection  du  niagniflque  retable 
qui  s'étend  à  droite  et  à  gauche  du  luailre-autel  ;  les  panneaux 
sculptés,  qui  garnissent  les  murs  latéraux  sont  peut-être  aussi 
l'œuvre  du  même  artiste;  les  stalles  et  la  grille  à  claire-voie,  qui 
sépare  le  chœur  de  la  nef,sont  également  ornées  de  sculptures,  tuais 
inférieures  à  celles  du  retable  (I). 

L'abbaye  n'avait  jamais  été  bien  riche,  ses  revenus  allèrent  en 
diminuant,  elle  ne  put  donc  relever  les  [lariies  détruites  de  sou 
église;  elle  dut  se  contenter  d'entretenir  tant  bien  que  mal  les 


(!)  Les  boiseries  du  Moutier-d*Ahiin,  par  M.  Autorde.  Bulletin  de 
la  Société  des  Sciences  Naturelles  et  Archéologiques  de  la  Creuse, 
YIII,  219. 


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-  115  - 

portions  sabsistantes.  Une  visite,  faile  en  1770,  constate  que  la 

^oùie  et  les  murs  de  la  sacristie  ont  besoin  d'être  refaits,  les  grands 

^''ceaux  du  chœur  ont  fléchi  de  six  pouces,  la  toiture  du  chœur  a 

besoin  d*une  forte  réparation,  estimée  700  livres;  le  clocher,  en 

pierres  de  taille,  est  en  bon  état,  il  suffit  de  le  repiquer. 

^ous  voyons  aujourd'hui  Téglise  telle  qu'elle  existait  au  xvu* 
S'ecje  :  le  portail,  dont  rorneroentation  est  si  élégante  ; 

l^'^e  cour  de  24  mètres  de  longueur,  représentant  remplacement 
'"ancienne  nef,  dont  il  ne  reste  que  quelques  nervures  ; 

.       Partie  romane,  qui  sert  d'église  paroissiale  depuis  1846.  Cette 
^  ^^a  plus  que  Fabside,  le  chœur,  le  transept  sans  bras,  un 
tlC^MV^V central  ;  «  le  tout  se  distingue  par  la  grande  simplicité  des 
V\{nes  et  rex.cessive  sobriété  de  Tornementation  (1)  ». 

Dans  une  autre  circonstance  Pabbaye  fut  encore  victime  des  excès 
des  gens  de  guerre;  mais,  cette  fois  du  moins,  les  bâtiments  n'eu- 
rent pas  à  souffrir,  le  dommage  se  réduisitaa  pillage  de  quelques 
objets  et  surtout  des  provisions  de  bouche. 

Le  i6  avril  1640,  arrivèrent  au  Moutier-d'Âhun  sept  compagnies 
de  gens  de  pied,  du  régiment  du  duc  d'Ënghien,  sous  la  conduite  du 
capitaine  Lescot;   les  habitants  de  la  paroisse  du  Houtier-d'Ahun, 
ayant  entendu  dire  que  ces  soldats  vivaient  licencieusement,  avaient 
déserté  leurs  maisons;  ces  soldats,  au  nombre  de  700,  sous  la 
conduite  de  leur  capitaine,  pénètrent  de  force  dans  Tabbaye,  entrent 
dansTéglise  et  volent  différents  objets,  dont  un  calice  d'argent, 
«  les  dicts  soldats  pillèrent  les  caves  et  emportèrent  deux  lars,  (2) 
dix  jambons,  une  poitrine  de  bœuf  salé,  huit  grands  pains  bis,  de 
chacun  nu  boisseau  de  bled  ;  .  .  .  emportèrent  un  petit  coffre  dans 
lequel  estaient  les  litres  de  lad.  abbaye  ...  ;  emportèrent  une  arque- 
buse que  les  religieux  avait  pour  la  garde  de  leur  maison  ...  ;  rom- 


(1)  L'église  du  Moulier-d'Ahun,  par  M.  Autorde.  Bulletin  de  la 
SocUté  des  Sciences  naturelleit  et  archéologiques  de  la  Creuse  VII.  429. 

(2)  On  appelait  un  lard  le  porc  entier  moins  la  tète,  les  membres  et 
les  entrailles,  et  qu'on  salait  dans  une  caisse  en  bois  ayant  la  forme 
de  celle  dépouiUe.  ^ 


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-  116- 

pirent  aussy  la   porte  de    leur  collomber  et  Ihuërent  tous  les 
pigeons  etc.  (3)  ;  » 

Le  sceau  de  Pabbaye  était  losange  d*ur  et  de  gueules  à  un  éciissou 
d'argent  brochant  sur  le  tout,  chargé  d'une  Notre-Dame  de  carna- 
tion, velue  de  gueules  et  d'azur,  tenant  le  pelit  Jésus  de  carnation 
{Bulletin  du  Limousin  XXIV,  p.  94). 

L'église  du  Moutier-d'Ahun,  qui  avait  une  fort  belle  sonnerie, 
perdit  trois  de  ses  cloches  en  1793. 


III.  —  Oi^nisalion  intérkure  de  l'AbiNiye 


±^  Les  Abbés 

Nous  avons  vu  que,  d'après  la  charte  de  fondation  de  997,  les 
premiers  abbés  d'Ahun  ctaiont  nommés  par  Tabbé  d'Uzerche,  qui  les 
choisissait  parmi  les  religieux  de  son  monastère.  Dès  le  commence- 
ment du  xiP  siècle,  les  moines  d'Aliun  prétendaient  que  c'était 
parmi  eux  que  ce  choix  devait  être  fait.  L'abbé  d'Uzerche,  sur  les 
instances  de  l'évêque  de  Limoges,  donna  satisfaction  à  leur  désir  et 
nomma  l'un  d'eux,  Clarus,  qui  lui  avait  promis  obéissance.  Bientôt 
ils  poussèrent  plus  loin  leurs  prétentions,  ils  réclamèrent  le  droit 
d'élire  eux-mêmes  leur  abbé.  Comme  nous  l'avons  dit,  ce  droit  leur 
fut  reconnu,  vers  la  fîn  du  xir  siècl(%  par  le  pape  Lucius  III,  et 
par  révoque  Sebrand  sauf  l'assentiment  de  l'abbé  d'Uzerche,  assen- 
timent qui  ne  larda  sans  doute  pas  à  ne  plus  être  exigé,  car  à  partir 
du  siècle  suivant,  nous  ne  trouvons  aucune  pièce  mentionnant 
l'intervention  de  l'abbé  d'Uzerche. 

Les  moines  altachaieul  une  grande  importance  à  ce  droit  d'élec- 
tion, qu'ils  regardaient  comme  nécessaire  à  leur  indepemlance.  De 
temps  en  temps  l'aulorilé  civile   tâchait  de  peser  sur  la  décision, 

(3)  Knquôte  par  EUeniie  îSeiglière,  sieur  de  Jouhet,  vice  sénéchal  de 
la  Marche  (H.  27)^ 


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-  H7- 

elle  leur  imposa  même,  en  1469,  un  abbé  commendataire  :  Jean 
d'Armagnac^  fils  <lu  comte  de  la  Marche  ;  mais,  après  sa  mort, 
Tancien  usage  fut  remis  en  vigueur,  les  moines  élurent  leur  cbam- 
brier,  Jean  d'Aubusson. 

L'élection  de  Tabbè  était  faite  par  les  religieux,  capilulairement 
assemblés.  Nous  pensons  que  les  prieurs  dépendant  de  Tabbaye 
devaient  être  convoqués  à  ce  chapitre,  car  Pierre  de  la  Marche, 
iluiil  nous  allons  parler,  se  dit  élu  «  amajori  parle  totius  conveiUus 
tandis  que  de  Saint-Marcel  Ta  été  par  religieux  non  profès,  ymo  par 
cotninendataires.  »  Citte  qualiQcation  ne  peut  s'appliquer  qu'aux 
lllulaires  des  bénéfices,  qui  parfois  étaient  pris  en  dehors  des  reli- 
gieux du  Mouiier-d'Ahun.  Du  reste  c'est  ce  qui  se  pratiquait  à  Saint- 
Martial,  dont  Tabbé  était  élu  non  seulement  par  les  moines  présents 
à  Limoges,  mais  par  les  abbés,  prévôts  et  prieurs  qui  dépendaient 
du  monastère. 

Les  élections  donnaient  lieu  parfois  à  de  regrettables  dissenti* 
nients,  ilse  produisait  des  compétitions  ardentes  qui  entraînaient 
de  graves  désordres.  C'est  ce  qui  arriva  en  I0O8,  àla  mort  de  Martial 
iJillou.  Nous  allons  donner  le  récit  détaillé  de  cette  élection  mouve- 
mentée : 

Les  religieux  s'assemblent  pour  étire  le  successeur  do  Martial 
Blllon,  les  voix  se  partagent  entre  Pierre  de  la  Marche  et  Guillaume 
de  Saint-Marcel,  qui  fait  conQrmer  son  élection  par  l'évèque  de 
Limoges.  Pierre  de  la  Marche  en  appelle  au  Métropolitain  et  la  con- 
firmation de  rélection  est  annulée. 

De  Saint-Marcel  avait  pris  possession  de  l'abbaye  ;  il  en  est  chassé 
par  ses  opposants,  dirigés  par  deux  d'entre  eux,  Jacques  de  Monta- 
gnac  et  Pierre  Redier,  auxquels  les  moines  confient  l'administration 
du  temporel.  De  Saint-Marcel  •  va  aux  officiers  de  la  Marche  »  et 
fait  ajourner  Montagnac  et  Redier  devant  le  sénéchal,  qui  les  somme 
de  rendre  (X  certaines  clefs  et  biens.  »  Ils  s'y  refusent,  disant  que 
a  ils  les  ont  par  le  couvent  qui  a  l'administration.  »  Le  sénéchal  les 
condamne  à  restitution^  ils  se  déclarent  appelants. 

D'autre  part,  Philippe  de  Dillon,  trésorier  du  comte  de  la  Marchai 


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était  venu  du  vivant  du  défunt  abbé  —  son  parent  probablement  — 
s'installer  à  Tabbaye  avec  sa  femnie  et  ses  enfants  <r  parce  qu*on  se 
mourait  à  Guéret.  »  Il  voulut  faire  nommer  abbé  c  un  sien  neveu  »^ 
les  religieux  n*y  ayant  pas  consenti,  il  persuade  à  la  comtesse  de  la 
Marche  qu'elle  a  droit  de  garde  sur  Tabbaye  pendant  la  vacance 
du  siège  et  obtient  commission  de  main-mise  sur  les  revenus  de 
la  dite  abbaye.  Les  commissaires  Philippe  Aulort  et  Jacques  Doizon, 
sieur  de  la  Journalière,  se  présentent  devant  le  monastère;  les 
portes  leur  sont  fermées,  on  leur  tire  même,  à  ce  qu'ils  disent, 
«  de  Tartillerie  p.  Ils  reviennent  à  la  téie  de  gens  armés,  mettent  le 
siège  devant  Tabbaye,  un  prêtre  est  tué  d'un  coup  d^arquebuse. 
Eutrésdans  le  monastère,  ils  s'emparent  de  tout  ce  qu'il  renferme, 
obligent  les  fermiers  et  censiers  à  renouveler  leurs  baui  ou  à  en 
verser  le  montant  entre  leurs  mains.  Le  syndic  fait  opposition  et  dit 
que  le  couvent  a  radminisiration,le  siège  vacant.  Le  sénéchal  main- 
tient la  main-mise  et  défend  de  s'opposer  aux  actes  des  commis- 
saires ;  le  syndic  fait  appel.  Les  religieux,  auxquels  on  ne  laisse 
rien  pour  vivre,  sortent  de  l'abbaye. 

Les  commissaires  avaient  fait  venir  devant  eux  Georges  Boirat, 
prêtre,  ce  chargé  de  publier  le  jour  où  sont  donnés  les  fermes  et 
cens.  »  Comme  il  n'avait  pas  voulu  se  prêter  à  leurs  exigences,  ils 
font  piller  ses  biens  et  enlever  ses  bestiaux.  Boirat  se  plaint  au 
sénéchal  de  la  Marche,  qui  refuse  de  lui  faire  droit  ;  le  prêtre  se 
déclare  appelant. 

De  Saint-Marcel,  de  son  côté,  fait  appel  contre  la  main-mise 
(qu'il  avait  sollicitée,  au  dire  de  Pierre  de  la  Marche),  mais  seule- 
ment en  novembre  1508,  plus  de  quatre  mois  après  rexéculioii. 

Toute  cette  série  d'appels  vint  devant  la  cour  de  l'archevêque  de 
Bourges,  qui  rendit  son  jugement  le  mardi  22  mai  1509  : 

La  Cour  décide  que  la  main-mise  a  été  abusive  et  condamne  la 
comtesse  de  la  Marche  aux  dommages  et  intérêts  soufferts  à  cause 
de  cette  main  mise  ; 

Un  notable  personnage  lai  sera  chargé  de  Tadminislration  du 
temporel,  il  fournira  aux  religieux  les  vivres  et  le  nécessaire; 


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Deux  religieux  non  suspccls^  ni  favorables  à  Tune  ou  à  Taulre 
parlie,  seront  chargés  de  radininislraiion  da  spirituel  ; 

Les  religieux  seront  contraints  de  rentrer  à  Tabbaye  ; 

La  Cour  verra  les  informations  pour  excès  et,  en  attendant, 
Autort  et  Doizon  seront  mis  prisonniers  en  la  conciergerie  ; 

Le  couvent  de  Tabbaye  se  réunira  pour  procéder  à  une  nouvelle 
élection  (H.  4). 

Le  dossier  ne  nous  f«iitpas  connaître  le  résultat  de  cette  élection. 
Ce  fut,  je  crois,  la  dernière.  En  1516,  survint  entre  Léon  X  et  Fran- 
çois I"*  le  Concordat,  qui  donnait  au  roi  le  droit  de  nommer  les 
évèques  et  les  bénéficiaires,  rinslitution  canonique,  étant  exclusive- 
ment réservée  au  Saint-Siège.  A  partir  de  cette  époque  les  abbés 
li'Aliun  furent  tous  commendataires.  Le  premier  de  ces  abbés  com- 
mendataires est  Philippe  Billon,  elle  dernier  Jean-Elie  de  Nesmond, 
qui  vit  supprimer  Tabbaye  en  1789,  en  même  temps  que  les  autres 
monastères  de  l'ancienne  observance  d3  Cluny.  La  plupart  de  ces 
abbès  prirent  un  «  vicaire  général  ès^spirituel  et  temporel,  qui 
était  leur  procureur  fondé  par  lettres  de  procuration  à  lui  baillées  et 
passées  par  devant  notaire.  » 

Les  abbés  commendataires  étaient,  en  général,  considérés  comme 
ff  la  ruine  des  monastères,  beaucoup  n'ayant  en  vue  que  leurs  inté- 
rêts propres  et  augmentation  de  leurs  rentes  et  revenus  d  (i).  Ce  ne 


(i)  Les  abbés  commendataires..:  Encore  bien  qu'il  s'en  trouve 
ayant  l'honneur  de  Dieu  en  recommandation  et  le  bien  et  a\ance- 
menl  de  leur  monastère,  comme  nous  l'avons  expérimenté  en  celui- 
ci  et  en  plusieurs  autres,  néanmoins  parlant  universellement  c'est  la 
ruine  des  monastères,  car  s'il  s'en  trouve  un  qui  soit  porté  d'un 
saint  zèle  pour  ce  qui  touche  le  service  de  Dieu,  il  s'en  trouve  d'au- 
tres qui  n'auront  en  vue  que  leurs  intérêts  propres  et  augmentation 
de  leurs  rentes  et  revenus  ;  car  n'étant  pas  les  vrais  pères  de  leurs 
religieux  ils  les  traitent,  au  moms  pour  la  plupart,  non  pas  en 
enfants,mais  ea  esclaves,  retenant  pour  eux  le  meilleur  des  revenus, 
ne  donnant  aux  relipieux  que  ce  qu'ils  ne  peuvent  pas  leur  ôter.  Et 
de  là  procède  lu  chûie  des  bâtiments,  la  démolition  des  temples  qui 
ont  été  si  magnifiquement  b&lis,  où  Dieu  a  été  si  fidèlement  servi 
aulrefois,ei  plusieurs  autres  calamités  que  nous  voyons  tous  les  jouri. 

Ainsi,  le  bien  qui  avait  été  donné  autrefois  si  libéralement  par  les 
rois,  princes  et  grands  seigneurs,  pour  l'entretien  et  augmentation  du 
ëervice  divin  et  pour  le  salut  de  leurs  ftme0|  goit  à  prdéent  b  oo  quo 


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fut  pas  le  cas  pour  le  Moulier-d'Ahun,  dont  la  plupart  des  abbés 
coiuiueiidalaires  se  sont  montrés  assez  peu  intéressés.  Cependant 
il  s'en  est  rencontré  quelques-uns  qui  s'efforcèrent  de  réduire  la 
part  de  revenus  appartenant  aux  religieux.  Ceux-ci  avaient  une 
mense  monacale  qui  leur  était  propre  et  recevaient,  en  outre,  de 
Pabbé  une  pension  en  blé. 

En  1638,  Tabbé  Thomas  Coquille  plaida  avec  ses  religieux  au 
sujet  de  cette  pension,  il  fut  condamné,  par  sentence  des  Requêtes 
du  Palais,  à  leur  payer  une  pension  annuelle  de  7i  setiers  de  fro- 
ment. Sou  frère  et  successeur,  Louis  Coquille,  reprit  le  procès  en 
1651. 

Un  arrêt  du  grand  Conseil  (il  février  1656)  décida  que,  pour  les 
années  échues  depuis  1851,  Louis  Coquille  paierait  aux  religieux 
les  arrérages  de  leurs  pensions  accoutumées  à  raison  de  2i  setiers 
de  blé,  mesure  d'Aliun,  et  8  poinç)ns  de  vin,  mesure  de  St-Amand 
(Cher),  au  prieur;  12  setiers  de  blé  et  4  poinçons  de  vin  à  chaque 
religieux;  6  setiers  de  blé  et  2  poinçons  de  vin  à  chaque  novice; 
enfin  i  poinçons  de  vin  pour  fentrelien  de  la  sacristie.  Pour  l'avenir, 
«  partition  sera  faicte  de  tous  les  biens,  domaines  ou  revenus  de  la 
dite  abbaye  en  trois  lots  esgaux,  dont  l'un  sera  pour  ledit  abbé, 
l'autre,  exempt  de  toutes  charges  ordinaires  et  extraordinaires, 
pour  les  religieux,  et  le  troième  demeurera  affecté  aux  dites  char- 
ges. »  Ledit  abbe  mettra  en  bon  état  le  lot  des  religieux,  ceux-ci 
Tentretiendront  à  l'avenir  «  et  ce  à  la  charge  de  remplir  le  nombre 
de  huict  religieux  et  plus,  si  le  revenu  de  leurs  terres  le  peut 
porter.  » 

La  division  en  trois  lots  fut  faite  par  Jean  de  Bernage,  seigneur 
d'Avrigny  «  conseiller  du  roy  en  son  Grand  Conseil  et  commissaire 
par  icelluy  députté  en  cette  partie.  »  Son  procès-verbal,  contenant 
1058  feuillets,  est  aujourd'hui  conservé  dans  la  bibliothèque  de  la 
Société  des  Sciences  naturelles  et  archéologiques  de  la  Creuse.  Lors 


Messieurs  les  Abbés  soient  superbement  traités  et  pour  se  faire  traî- 
ner dans  des  carosses,  el  à  la  mienne  volonté  qu'il  ne  fût  pas  employé 
en  choses  pires....  (Chronique  de  monastère  de  Solignac,  par  dom 
Suma&,  publiée  par  M.  l'abbé  Lecler;« 


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-  iîi  - 

de  rétablissement  de  ce  procès-verbal,  les  religieux  et  Tabbë  furent 
loin  de  se  montrer  conciliants,  ils  se  traitaient  même  avec  peu  de 
convenance  par  Torgane  des  avocats  qui  les  assistaient,  aucune  des 
parties  ne  voulait  rabattre  de  ses  prétentions  et,  chaque  jour, 
Jean  de  Bernage  était  obligé  de  leur  donner  acte  de  leurs  dires  et 
de  les  renvoyer  au  Grand  Conseil  pour  être  fait  droit.  Un  nouveau 
procès  devint  donc  uécessairei  il  fut  réglé  par  un  arrêt  du  Grand 
Conseil,  en  date  du  23  juin  1658.  En  voici  les  principales  disposi- 
tions : 

La  collation  des  bénéQces  dépendant  de  Tabbaye  appartiendra  à 
Tabjé  et  «  s*il  y  en  a  aucuns  dépendant  des  offices  dudit  monastère, 
la  présentation  ou  collation  d'iceux  demeurera  auidits  religieux  ; 

c  Le  nombi'e  de  huit  religieux  sera  incessamment  rempli,  et 
appartiendra  à  l'abbé  la  iiominalion  desdits  religieux,  lesquels 
néanmoins  seront  reçus  à  profession,  après  Tannée  de  probation, 
s'ils  en  sont  jugés  capables  par  lesdils  religieux  capitulairement 
assemblés,  à  la  pluralité  des  voix  »  ; 

Le  partage  des  logements  de  Tabbaye,  fait  par  le  commissaire, 
demeurera  définitif  (1)  ; 

Les  portions  congrues  des  curés,  les  pensions  d'oblats,  les  répa- 
rations aux  bâtiments,  les  deux  aumônes  générales,...  seront  com- 
prises dans  le  lot  des  charges;  en  cas  d'insuffisance,  le  surplus  sera 
pris  par  moitié  sur  chacun  des  deux  autres  lots.  L'adjudication  du 
lot  des  charges  sera  faite  par  Tabbè  en  présence  des  religieux  ; 

La  sacristie  sera  fournie  des  livres  et  ornements  nécessaires  au 
service  divin,  sur  le  revenu  des  places  monacales  vacantes,  jusqu'à 
ce  qu'elles  aient  été  rempiles  ; 


(1)  L'abbé  eut  l'ancien  logement  que  les  moines  avaient  occupé 
piovisoiremeni  en  1611  ;  touiefois  la  seconde  grande  chambre,  en 
mauvais  état  à  cette  époque,  fut  déclarée  commune  et  destinée  au 
logement  des  iiôieâ  et  religieux  étrangers.  L'abbé  et  les  religieux  lu 
meubleront  à  frais  communs,  s'ils  le  jugent  convenable.  Tous  les 
autres  looaux  furent  attribués  aux  religieux  (procès-verbal  de  division 
en  trois  lots). 


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-  122  - 

Ed  ce  qui  concerne  les  demandes  de  8000  et  de  10000  livres  (1), 
les  parties  sont  mises  hors  de  cour  et  de  procès,  saus  dépens  (H.  8). 

Louis  Coquille,  atteint  de  démence  eu  1662,  mourut  eu  1704 
sans  avoir  recouvré  la  raison.  Pendant  tout  ce  temps,  ses  curateurs 
ne  troublèrent  en  rien  les  religieux  ;  cette  période  de  tranquillité 
se  prolongea  encore  pendant  plus  de  soixante  ans,  les  abbés  Jean 
Geneys  et  Jean  François  de  TKglise  ayant  abandonné  aux  moines 
tous  les  revenus  de  Tabbaye  moyennant  une  pension  nette  de  900, 
puis  de  1200  livres. 

En  1769,  le  nouvel  abbé  Jean  Ëlie  de  Nesmond  reprit  les  liosti- 
lités  avec  les  religieux.  Suivant  lui,  les  églises  et  les  bâtiments 
avaient  été  mal  entretenus,  les  religieux  avaient  construit  sur  son 
terrain  des  bâtiments  neufs,  qui  par  suite  devaient  lui  appartenir  ; 
il  réclamait  les  deux  tiers  des  biens  rachetés,  etc.  De  là  un  long 
procès  qui  ne  fut  terminé  qu^en  1782  par  un  arrêt  du  Grand  Con- 
seil disposant  ainsi  qu'il  suit  : 

L'abbé  prendra  Técurie  construite  sur  son  terrain,  sauf  à  en 
payer  la  valeur  constatée  par  experts  ; 

Il  choisira  la  partie  des  caves  qui  lui  convient  ; 

Il  jouira  de  tous  les  bâtiments,  biens  et  revenus  compris  dans  les 
2  >  et  3<»  lots  (le  3«  est  celui  des  charges)  ; 

Les  religieux  rendront  les  dîmes  qu'ils  ont  perçues  dans  ces 
deux  lots  ; 

L'abbé  sera  tenu  des  charges  des  biens  et  domaines  compris  dans 
ces  deux  lots,  et  les  religieux  de  celles  du  {•'  lot  ; 

Les  religieux  jouiront  des  biens  rachetés  compris  dans  ces  deux 


(1)  Les  religieux  avaient  demandé  que  Tabbé  fût  condamné  à 
rétabhr  le  cloître  elle  chapitre  de  Tabbaye  et,  e  i  outre,  à  i-embourser 
aux  religieux  les  deniers  par  eux  avancés  pour  la  construction  de 
leurs  b&timents  neufs,  jusqu'à  concurrence  de  8000  livres.  Pur  contre 
labbé  demandait  que  les  religieux  fussent  condamnés  soit  à  réédiûer 
la  chapelle  Sainte-Catherine,  soit  à  lui  paver  lOOOJ  livi-es  pour  avoir 
démoli  cette  chapelle  et  en  avoir  employé  les  matériaux  dans  leur^ 
constructions  neuves.  Cette  ciiapelle  était  restée  en  ruines  depuis  le 
siège  et  rincendie  de  1591. 


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-  123- 

lols,  jusqu'à  ce  que  Pabbé  leur  ait  remboursé  les  deux  tiers  du  coût 
des  rachats  et  améliorations  ; 

Les  religieux  et  fabbé  acquilteronl  respeclivemeut  les  décimes 
imposés  sur  la  mense  conventuelle  et  sur  la  mense  abbatiale  : 

Les  religieux  contribueront  au  paiement  des  portions  congrues, 
à  proportion  des  dîmes  quils  possèdent  dans  le  territoire  de  chaque 
paroisse...  (H.  li). 

Nous  avons  dit  que  le  pape  s*était  réservé  rinstitul ion  canonique 
des  évèques  et  des  bénillciaires;  c'était,  pour  le  Saint-Siège,  une 
source  de  revenus.  Aiiisi,  nous  voyons  en  15^8  Mathieu  Dubois, 
nommé  abbé  d'Ahun  par  suite  de  la  démission  de  son  oncle  Fran- 
çois Billon,  payer  3S5  écus  d'or  pour  les  frais  occasionnés  par  la 
délivrance  de  ses  bulles  (1)  (H.  C). 

Les  bulles  une  fois  obtenues,  l'abbé  prenait  possession,  soit  en 
personne  comme  Louis  Coquille,  soit  le  plus  souvent  par  procureur. 
L'installation  était  constatée  par  le  procès-verbal  d'un  notaire.  Elle 
se  faisait  suivant  un  cérémonial,  qui  nous  est  décrit  par  un  acte  du 
11  mai  1572  :  Prise  de  possession  de  l'abbaye  par  Messire  Jean  de 
Monimnult,  abbé,  lequel  s'est  fait  représenter  par  M*  Léonard 
Johannaud,  prêtre,  curé  de  Blessac.  Ledit  Léonard  Johannaud, 
revêtu  d*un  surplis,  se  présente  devant  tous  lesreligieux  assemblés 
dans  \â  salle  du  chapitre,  il  requiert  et  somme  le  prieur  de  Four- 
noue  c  de  le  mettre,  au  nom  dudit  de  MontmauU,  abbé  susdit,  en 
la  possession  réelle  et  actuelle  dlcelle  abbaye.  »  Après  avoir  pris 
connaissance  de  ses  bulles,  le  prieur  claustral  installe  Léonard 
Johannaud  «  dans  la  chieze  abbatiale  dudit  chapitre,  et  d'icelle  l'au- 
rait conduit  à  la  porte  d'icelle  église  du  Moutier-d'Ahun,  et  en 
chantant,  tant  par  luy  que  par  les  autres  religieux,  vmi  creator 
spirilus  et  liegiwt  cœli  iœlare^  et  en  entrant  dans  ic3lle  église  aurait 
conduit  ledit  Johannaud  au  cœur  d'icelle,  et  estans  devant  le  grand 
bostel,  tous  à  genoulx,  auraient  parachevé  le  dit  hymne  et  dit  plu- 


(1)  Pour  un  évêque,  c'est  bien  autre  chose.  L'institution  canonique 
d'Antoine  de  Charpin  de  Genétines,  nommé  évoque  de  Limoges,  ne 
lui  ooûta  pas  moins  de  143;i3  livres,  d'après  un  état  de  frais  établi 
vers  1700  (H.  110). 


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-  m  - 


sieurs  autres  oraisons  eIsuSraiges  et,  après  avoir  baissé  la  voix, 
estant  sur  ledit  hoslel,  le  dit  de  Fournoulx  aurait  installé  ledit 
Johannaud  au  dit  nom  au  siège  abatlal  d'icelle  église...  »,  le  lont 
en  présence  desdits  religieux  et  de  plusieurs  autres  notables  per- 
sonnes et  habitants  dudit  lieu  du  Houtier-d*Aliun  (H.  7). 


Liste  des  abbés  (I) 

!•  Adulbaldus,  091 -998  (2),  nomiué  en  998  abbé  de  Saint-Martial 
(cartulaire  d*Uzerche,  n®  46). 

2*  Guillaume,  vers  1048  {cartulaire  d'Uzerche  n*  498). 

3*»  Géraud,  1055  (H.  46). 

4»  Gaucelin,  vers  1070  (cartulaire  tFUzerche,  n«  289). 

5'  Archimbault,  entre  1071  et  1092  (H.  46). 

6*  Aimon,  vers  1092  {Cartulaire  d'Vzerche,  n**  318,  443). 

7*  Gaubert,  1106-//0*  +  (Cartulaire  (Tllzerche,  n«  18). 

S*"  Clarus,  après  1113-1124  (Mabillon  et  H.  78). 

9*  Géraud,  1141-1147  (H.  2  et  Cartulaire  d'Uzerche  n^  2  bis). 
IQo  Bernard,  après  1147-//*/  (H.  2-1). 
11«  Bertrand,  1182  (H.  1). 
120  Philippe,  1196  (Gaignières). 
13«  Laurent,  1217  (H,  3,46). 
14'»  Pierre,  1211-1247  (Gallia-Chriëtiana  et  H.  363) 


(1)  Nous  avons  donné,  dans  le  Bulletin  de  1902,  une  liste  critique 
des  abbés  du  Moulier-d*Ahun,  avec  une  courte  notice  sur  chacun 
d'eux. 

(2)  Les  nombres,  placés  à  la  suite  de  chaque  nom,  n'indiquent  pas  la 
durée  des  fonctions,  mais  les  dates  extrènoes  auxquelles  nous  avons 
constaté  lu  présence  du  litulaii-e.  Nous  les  inscrivons  en  italiques, 
quand  ces  dates  ^ont  celles  de  la  nominaiion  ou  de  la  cessation  des 
fonctions.  La  date  du  décès  est  suivie  d'une  croix. 


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-  128  - 

IS^ 1285.  Od  ne  nomme  pas  Tabbè  qui,  le  22  juillet  1285, 

reçut  rarchevôque  de  Bourges,  visitant  les  monastères  de  sa  pro- 
vince {Balte se^  Uiscellanées,  t.  IV,  p.  275). 

16«  Jean,  1309-1311  {Roy-P^errefilleeCu.  3). 

17*  Guillaume,  1340  (H.  72) 

18»  Guillaume  de  Sainl-Domet,  avant  1386  (H.  3). 

19»  André  de  Sainl-Domet.  13861390  (H.  3  et  Roy-PierrefiUe). 

20»  Jean  Bourgeois,  1419-1424  {Roy -Pierre fille  ei  H.  106). 

21»  Airaeriç  Barlon  (1),  1145-1155  {Roy-Pierre/iUe). 

2*»  Jean  d'Armagnac,  1469-/495  +  {Roy-PierreflUe). 

23"  Jean  d'Aubusson  ii93  {Roy  Pierre  fil  le). 

24"  Martial  Billon,  1508  +  (H.  4). 

25»  Jean  Perrier  ?  1510  {Roy-Pierrefille  et  H.  4). 

Abbés  commendatalres 

26*  Philippe  Billon,  1535-1529  (H.  73,  5). 

27»  François  Billon,  1543-/547,  se  démet  (H.  6). 

28*»  Mathieu  Dubois,  1547-1565  -h  (H.  6). 

29<»  Jean  Jacquet,  1565-1571,  se  démet  xRoy-Pierrefille  et  H.  7). 

30»  Jean  de  Monlmaull(3)  1571-/577,  se  démet  {Roy- Pierre  fille 
et  H.  75). 

31'»  Mathieu  Augier,  /J76'.i6l8,  {Roy-PierrefiHe  e\  H.  82  . 

32*  Louis  Chalîiigner,  1627-1633,  se  démet  (H.  28,  131). 


(I)  Il  est  fait  mention  d'Aymeric  Barton,  abbé  d'Ahun,  dans  une 
enquête  relative  à  Féiang  de  Valensanges  (Fonds  des  Ternes).  Je 
n*avais  pas  encore  étudié  ce  fonds,  quand  je  disais  n'avoir  trouvé 
aucune  pièce  relative  à  cet  abbé. 


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—  126  — 

33«  Claude  delà  Croix  (1)  1634-1635,  se  démet  {Roy-Pierrefilte). 

34*  Thomas  Coquille (2),  1636-/650  +  {noy-Pietrefilte  et  procès- 
verbal  de  1656). 

35»  Louis  Coquille  1650^'llOi  +  (Procès- verbal  de  1656  et  H. 
139). 

36«  Jean  Geneys,  1704-1741  -f-  (Roy-Piêrre/iUe  et  H.  \8). 

37*  Jean  Franc )ls  de  l'Eglise,  1747-1768  +  {Roy-Pierrefille  et  H. 

96). 

38*  Jean  Elle  de  Nesmond,  116^-1789  {Rùi-PierrefllU  et  H.  29). 


2*  Les  dignitaires  claustraux 

«  Dans  un  grand  monastère  bèiiëdiclin,  les  différents  détails  de 
Tadministration  étaient  répartis,  comme  on  sait,  en  de  nombreux 
offices  claustraux.  Leur  multiplicité  n'entraînait  généralement  aucun 


(1)  On  remarqnera  deux  petites  modiflcalions  &  la  liste  publiée  Tan 
dernier  (XIII,  3o8)  :  JMnscris  les  dates  après  le  nom  de  Claude  de  la 
Croix  et  je  reporte  à  1636,  au  lieu  de  1635,  Favènement  de  Thomas 
Coquille.  J'ai  pu  faire  ces  modifications  grâce  à  Tobligeance  de  M. 
Gabriel  Martin,  qui  m'a  adressé  la  lettre  suivante  : 

<r...  A  propos  de  Claude  delà  Croix  vous  exprimez  le  regret  de 
n'avoir  rien  trouvé  sur  cet  abbé.  Voici  un  petit  renseignement  très 
modeste,  qui  vous  sera  peut-être  agréable.  Dans  la  collection  Gai- 
gnières,  tome  245,  on  lit,  au  folio  8,  la  copie  textuelle  d'une  lettre 
écrite  par  le  roi,  le  8  septembre  1634,  au  comte  de  Noailles,  son  am- 
bassadeur à  Rome,  pour  lui  recommander  d'insister  auprès  de  Sa 
Sainteté  afin  de  faire  admettre  la  résignation  que  M*  Louis  Ghastai- 
gner,  abbé  commendataire  de  l'abbnye  du  Moutier-d'Âhun  a  faite  de 
la  dite  ubbaye  en  faveur  et  au  profitde  M«  Claude  de  la  Croix,  clerc 
du  diocèse  d'Àutun,  et  de  faire  expédier  les  bulles  à  celui-ci. 

Au  folio 9,  lettre  du  même  au  même  pour  demander  de  pourvoir 
M«  Thomas  Coquille,  clerc  du  diocèse  de  Paris,  de  l'abbaye  du  Mou- 
tier-d'Ahun vacante  par  la  résignation  que  M«  Claude  de  la  Croix  a 
faite  en  sa  faveur.  Cette  lettre  du  roi  est  du  23  janvier  1636  ;  il  y  a 
donc  contradiction  avec  l'assertion  de  Nadaud,  que  cet  abbé  aurait 
reçu  ses  bulles  le  8  mars  1635  ;  il  faut  lire  sans  doute  1636... 

(2)  M.  Tabbé  Leclerc  veut  bien  me  faire  connaître  que  les  armes  de 
Jean  de  Montmault  étaient  :  losange  d'argent  et  d*azur. 


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-  127  - 

inconvénient,  car  plusieurs  de  leurs  lilulaires  occupaient  des  fonc- 
tions assez  modestes,  et  se  distinguaient  à  peine  des  autres  moines. 
Iten  élait  ainsi  à  Sainl-Marlial.  L'on  ne  doit  pas  être  surpris  de  voir 
^ue  l'abbaye,  au  début  du  xiii*  siècle,  comptait  3i  fonctionnaires 
«ur90  moines  résidant  à  Limoges  ;  certains  d'entre  enx,  en  effet, 
comme  le  sous-bibiiotliècaire,  le  maitre  d'école,  le  jardinier,  etc., 
étaient  des  personnages  de  fort  mince  importance,  qui  n'avaient  ni 
prérogatives,  ni  privilèges  spéciaux  (i)  ». 

Comme  on  le  pense  bien,  ce  n'est  pas  dans  la  petite  abbaye  du 

Voutier-d'Abun  que  l'on  trouve  un  pareil  luxe  de  personnel.  Elle 

^^  comporte  que  les  offices  les  plus  nécessaires  à  son  administration  : 

prieur,  prévôt,  procureur-syndic,  cellérier,  pitancier,  chambrier, 

aumônier,  sacristain,  chantre,  infirmier.  A  partir  du  xvii*  siècle,  le 

nombre  des  religieux  est  toujours  inférieur  à  huit,  aussi  la  plupart 

des  offices  restent-ils  bientôt  sans  titulaire.  Le  cbantre  et  l'aumônier 

sabsisteni  encore  en  1611  ;  mais  en  1703,  nous  ne  retrouvons  plus 

Ifie  le  prieur,  le  procureur-syndic,  le  cellérier  ou  grainelîer  et  le 

P^'iancier  ou  dépensier,  encore  ces  deux  derniers  offlces  sont-ils  con- 

^^s  au  même  religieux. 

^  chaque  oflice  claustral  était  attaché  (probablement  depuis  le 
^'1"  sîèole)  un  revenu  particulier^  qui,  à  dater  de  161îf,  fut  réuni 
^  'a  rnense  conventuelle.  C'est  ainsi  que  des  rentes,  dîmes,  etc.,  que 
nous  voyonsen  1545  (H.  18)  accensées  au  nom  du  sacristain,  sont 
payées   en  ^625  à  la  communauté  (H.  98). 

"^^•^dsint  plusieurs  siècles,  les  dignitaires  claustraux  furent  nom- 
mes   pai-   les  abbés  ;  les  dernières  nominations,  que  nous  ayons 
reirouv€ies,  ront  celles  de  Louis  Pailleron,  auîuônier,  en  1571; 
Clatide  clu  Couderl,  chanibrier,  en  1577  ;  Antoine  Vincenot,  chantre 
ea  l60;i  ;  le  novice  Jean  Rour^eau.  pitancier,  en  1610.  A  propos  de 
^^^^  «lernière,  l'abbé  Mathurin  Augier  rappelle  que,   quand  cette 
place    devient  vacante,  «  la  prèsentalion,   provision,  collalion  et 
toutes  autres  dispositions  lui  appartiennent  à  cause  de  sa  dignité 

,^*^    J^*ahhaye   de   Saint-Martial  de   Limoges,    par    M.    Charles   de 
lAsieyrie,  p.  210. 


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—  128  - 

Après  rannexion  du  Moulier-d'Ahun  à  TOrdre  de  Cluny,  en  1611, 
les  religieux  capiluiuirement  assemblés  élisent  les  dignilaires  claus- 
traux, à  Pexception  du  prieur  dont  Tabbé  général  de  Cluny  s'est 
réservé  la  nomination.  Nous  donnons,  dans  les  pièces  juslificalives, 
le  procès-verbal  d'éleclion  du  12  juillet  1704  (1)  ;  cet  acte  ne  fait  pas 
seulement  connaître  le  n>m  des  dignitaires  élus,  il  indique  en 
détail  la  nature  de  leurs  fonctions.  En  1703,  les  dignitaires  n'étaient 
nommés  que  pour  un  an. 

Quand  un  religieux  prenait  possession  d'un  ofOce,  le  prieur,  en 
l'absence  de  l'abbé,  le  prenait  par  la  main,  le  conduisait  dans 
l'église,  an  grand  autel  que  le  religieux  baisail,  puis  dans  la  Cham- 
bre affectée  à  l'office,  où  le  religieux  faisait  «  les  actes  et  solennités 
au  cas  requis  ».  Alors  le  prieur  le  mettait  en  possession  de  l'office 
en  présence  de  lémoins  laïques  et  d'un  notaire,  qui  dressait  procès- 
verbal  de  l'opération. 

Nous  allons  indiquer  sommairement  la  nature  des  différents  offi- 
ces claustraux  et  donner  la  liste  des  titulaires.  Nous  n'avons  retrouvé 
qu'un  bien  petit  nombre  de  noms,  surtout  pour  la  période  du 
Moyen-Age  ;  nous  croyons  cependant  utile  de  les  faire  connaître, 
étant  doimé  qu'ils  n'ont  jamais  été  publiés  et  qu'ils  peuvent  servir 
à  dater  certaines  chartes.  * 

Le  Prieur  gouvernait  le  monastère  en  l'absence  de  l'abbé;  il 
surveillait  les  détails  de  Tadminislration  intérieure  de  l'abbaye, 
assurait  le  maintien  de  la  discipline  et  du  bon  ordre  parmi  les  reli- 
gieux. 

Les  prieurs,  longtemps  nommés  parles  abbés  du  Moutier-d'Ahun, 
le  furent  ensuite  par  l'abbé  général  de  Cluny.  Dès  l'annexion  de 
1611,  le  prieur  Louis  Pailleron  ayant  été  révoqué,  Claude  de  Guise, 
abbé  de  l'onire  de  Cluny,  délivre  à  dom  Jean  Viilatte  des  lettres  de 
provision  de  rofnv:e  de  prieur  claustral. 

Pailleron  fait  appel  (1612),  devant  la  cour  de  Rome,  de  la  sen- 
tence qui  l'a  destitué  de  ses  fonctions  (11.17).  Il  est  invité  par  Louis 

(1)  Pièces  justificatives,  n«  IL  * 


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de  Lorraine  archevêque  (le  Reims,  supérieur  général  de  Tordre  de 
C\m\%  à  comparaître  devant  les  commissaires  de  l*ordre  nommés 
pour  prononcer  le  jugement  dans  son  procès  avec  Tabbé  et  les  reli- 
gieui  du  Moutier-d'Ahun  (H.  80).  L^année  suivante,  Pierre  Joly- 
maistres  est  nommé  prieur  en  remplacement  de  Pailleron.  Jolymais- 
tre  quitte  le  monastère,  sans  avoir  pris  possession  et  Jejjin  Villatte 
reste  déûniiivement  prieur  jusqu'à  sa  mort,  en  1516.  Papou,  grand 
prieur  de  Tordre  de  Ctuny  écrit,  le  15  décembre  1613,  aux  religieux 
du  Moutier-d'Ahun:  «  J'ai  chargé  le  père  Marcaille,  par  lettre  et 
maniement  exprès  de  faire  exécuter  le  jugement  par  nous  donné 
coiUre  ledit  Pailleron,  sçavoir  de  le  loger  ailleurs,  sll  ne  se  veult 
reoger  à  son  devoir,  ou  le  renvoyer,  pour  lui  donner  telle  maison 
que  verrons  estre  propre,  désirant  votre  repos  aulant  et  plus  que 
vous  mesmes;  que  s'il  (ait  du  cheval  eschappé  pendant  son  service, 
vous  le  tiendrez  fermé  en  la  prison  pour  y  manger  du  pain  de 
(balle?). Quanta  Jolymaistre,  qui  a  quitté  le  clollre,  je  vous  engage 
à  ne  pas  le  recevoir  à  nouveau.  » 

On  trouve,  dans  le  fonds  du  Moutier-d'Ahun,  plusieurs  commis- 
sions de  prieur  claustral  délivrées  par  Tabbé  général  de  Cluny, 
eiilre  autres  celle  de  Jean  Lemoine  (1640),  signée  :  <k  Armandus  de 
Bourbon  »,  abbé  de  Cluny  (1). 

Guillaume  Bernard,  1340  (H.  72). 

André  de  Saint-Domet  iS82  (Bulletin  du  Limousin  XXX,  72). 

Pierre  Vallemier,  1417  (H.  116). 

Pierre  Diane,  1424  (H.  106). 

Guillaume  Bézu,  le  jeune  1508  (H.  16). 

Martial  Sillon,  1545-1547  (H.  18). 

Louis  de  Montaignac,  1563-/570  +  (H.  73,  30). 

Gilbert  de  Luchapl,  1570  (H.  14). 

Gilbert  de  Fournoue  1571-1572  (H.  119,  7). 

Louis  Pailleron,  1610-1611  (H.  17),  destitué. 

(i)  Pièces  justiftcatives,  n«  IH. 


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lî^. 


-  130  - 

Pierre  Jolymaistre,  1613  (H.  17)  n^a  pas  pris  possession. 

Jean  Villale,  1611-1616  +  (H.  17,  28). 

Jean  Jabin,  161616 f S  +  (H.  17, 28). 

Antoine  Vincenol,  1623-1624  H-  (H.  28). 

Jean  Rondeau,  /^:?^.1638  (H.  28,  107). 

Jean  Leraoyne,  1646-/tfP5  +  (H.  17,  120). 

Etienne  de  Nesroond,  1695-17/2  (II.  Ui,  142). 

François  Peschani,  /7/5-1739  (H.  18, 136). 

François  Hidre  1745-1748  (H.  96, 10). 

Alexis  Couturier  de  Saint-Fiel,  1749-1761  (H.  96.  138),  a  dû  se 
dëmellre,  car  en  1764,  il  est  qualifié  ancien  prieur  (H.  105). 

Joseph  Gilbert  Poncet,  1763-/7W(H.  99,29). 

Le  Prévoil  était  le  représentant  particulier  de  Tabbé.  Je  ne  con- 
nais pas  au  juste  la  nature  de  ses  fonctions. 

Geoffroy,  1200  (carinlaire  d  Ponlieu,  p.  181). 

Philippe  1217  (H.  3). 

Jean  Lévéque  1320  ("carlulaireJes  Ternes,  t.  I). 

Pierre  de  Forges  1386-1410  (H.  3,  cartnlaire  des  Ternes,  1. 1). 

JeanPailleronl417(H.  116). 

Louis  Bézut  deFournoux  1452  (H.  105)  et  procureur-syndic. 

Jean  de  Hiorgues,  alias  de  Beaiimoiit  \508  (H.  16)  se  déuiet. 

GuilhiumeBézu,  Tainé  150^  (M.  16). 

Louis  de  Monlagnac  1562  (H.  17). 

Antoine  Delys  1563-1577  (H.  16, 18). 

Jacques  Alaraarie  1609  (H.  16)  se  démet. 

Léonard  Dalaille/fftf!?  (H.  16). 

Silvpin  Pailleron  1610  (H-  140), 


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-  131  - 

Le  Procureur 'tyndic  élail  chargé  dedèrendre  les  intérëls  du  mo- 
naslère  et  de  représenter  les  religieux  dans  les  affaires  ruigieuses(l), 
ce  qui  parfois  robligeait  à  de  bien  longues  absences.  Ainsi  Gilbert 
Siinounel,  interrogé  sur  certains  faits,  répond  qu*il  n'en  a  pas  con- 
naissance, parce  qu'en  1630  a  il  estait  syndic  de  ladite  maison,  qu  il 
ailaitça  et  là,  et  estait  quelquefois  dix-huit  mois  ou  deux  ans  hors 
(le  la  maison,  sans  leur  communiquer  (2)  ». 

En  i703,  le  procureur  faisait  la  recette  de  tous  les  revenus  de  la 
communauté,  à  l'exception  des  grains  provenant  des  dîmes,  métai- 
ries et  moulins.  Quant  à  la  recette  des  grains  et  autres  redevances 
provenant  de  cens  et  rentes,  elle  était  faite  conjointement  par  le 
procarenr  et  le  prieur,  qui  se  rendaient  compterun^àPautre,  «  pour 
ensuite  après  être  donné  un  état  par  le  procureur  tant  de  la  recepte 
qiiedu  débet.  » 

Pierre  la  Sale  1340  (H.  72). 

Louis  Bézut  deFournoux  1452  (H.  105)  et  prévôt. 

Guillaume  Redon  1509  (H.  4). 

Gilbert  Simonnet,  1630-1657  (H.  105). 

Pierre  Coustnrier  1694-1713  (H.  60,49). 

Symphorien  Robert  1717  (H.  52). 

François  Midre  1724-1748  H.  (131  142). 

Jean  Alexis  Chorllon  de  Cherdemont  1749-1758  (H.  142-96). 

Gilbert  Poncet  1759-1762  (H.  78,84). 

Pierre  Pages  de  l'IIerme  /7ffM765  (H.  119,  84). 

Louis  Périgaud  de  Rocheneuve  1766-1769  (H.  33,  83). 

Jean  Baptiste  Bès  de  Saint-Just  1770-1780  (H.  99). 

Le  Cellérier,  désigné  en  1703  sous  le  nom  de  grainetier,  «  faisait 
ta  icceple  des  grains  provenant  des  diimes,  mestéries  et  moulins,  à 

(1)  Le  procureur-syndic  suivait  les  procès,  mais  les  procureurs 
laïques,  placés  près  des  divers  tribunaux,  accomplissaient  leur  œuvre 
ordinaire  et  rédigeaienl  les  pièces  de  procédure. 

t3)  procès-verbal  de  la  formation  des  lots  en  1656,  folio  8*^. 


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U  charge  de  remeltre,  toas  les  ans,  toutes  les  obligations  provenant 
à  cause  de  la  vente  du  bled  entre  les  mains  du  procureur,  et  eu 
prendre  un  récépissé  de  luy,  comme  aussi  de  remettre  en  dépost 
Targent  qu'il  recevra  du  bled  vendu  des  greniers  et  de  rendre 
compte,  tous  les  ans,  à  la  communauté  de  la  recepte  et  consom- 
mation. > 

Pierre  Monlet  1340  (H.  72). 

Jean  Hérigot  156M564  (H.  140,  105). 

JeaQjabini61i(H.2i). 

Léonard  Pailleron  1655  (p.  v.  de  formation  des  lots,  f^"  515), 
économe. 

Jean-Bapliste  Laurent  1696-1702  (H.  58,  141). 

François  Boéry  1703  (H.  15),  grainelier. 

Pierre  Lombard  1730-1736  (H.  49,  U2). 

Etienne-Alexis  Chorllon  de  Cherdemont  1745-1747  (II.  U2,  48). 

Louis  Périgaud  de  Rocheneuve  1767  (H.  24). 

Le  Pilancier^  appelé  dépensier  en  1703  «  faisait  la  dépense  pour 
Tachap  des  denrées  nécessaires  pour  chaque  semaine,  et  avait  soin 
du  vin  ». 

La  pitancerie  avait  un  setier  de  seigle  c  sur  le  grand  dixme  de 
Pionnat,  appartenant  à  messieurs  les  douyen  et  chanoynes  de  la 
Chapelle  Taillefer  »  (H.  89);  des  cens  et  rentes  sur  un  pâlural 
d'Epit  (H.  106)  et  des  droits  sur  le  pâturai  de  Pale,  paroisse  du 
Moulier-d'Ahun.  Il  est  bien  certain  que  la  pitancerie  avait  d'autres 
revenus.  Nous  n'en  avons  pas  trouvé  traces,  bon  nombre  de  pièces 
ayant  disparu  soit  dans  les  villages  <lu  monastère,  soit  en  1793 
quand  les  archives  de  Tabbaye  furent,  en  grande  partie,  versées  à 
la  municipalité  dWhun,  pour  être  brûlées  (H.  145). 

Bochal317(H.  3). 

Thomas  Dubois  1340  (H.  72). 

Allard  1386  (H.  3). 

Louis  de  Montagnac  1531  (H.  140), 


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—  i33  — 

Charles  Brachet  1563  (H.  16). 

Jean  Rouiieau  1610  (H.  18). 

François  Boêiy  1703  (H.  15),  dépensier. 

Le  CJyimhrier  s'occupait  de  toutes  les  questions  concernant  le 
vestiaire  des  religieux.  Il  avait  droit  à  40  sols  sur  les  redevances 
payées  au  sacristain  par  certains  villages  (1).  Nous  ferons  les  mêmes 
observations  que  pour  les  revenus  de  la  pilancerie. 

Dans  son  procès-verbal  de  visite  de  1686^  doin  Claude  de  Bron 
constate  que  le  prieur  «  fait  fournir  aux  religieux,  par  un  ofQcier, 
les  vestemens  et  chaussures  nécessaires  (H.  2i).  En  1760,  les 
religieux  reçoivent  une  somme  d'argent  pour  leur  vestiaire  (H.  98). 

Jean  Normand  1340  (H.  lï). 

Pierre  Gommin,  alia$  Gibordelie  1424  (H.  106). 

Jean  d'Aubusson  1493  {Roy-PierrefUlé). 

Jacques  Alamarie  1563  (H.  73). 

Antoine  de  Perpirolle  1564-/577  (H.  lo5-18)  se  démet. 

Claude  du  Couderl  157Î  (H.  18). 

V Aumônier  était  chargé  de  distribuer  les  secours  journaliers 
«  aux  pauvres,  mallades,  passans,  mandians  et  autres,  sellon  Tintan- 
tion  des  fondateurs.  »  En  outre  des  aumônes  courantes,  il  y  avait, 
le  Mardi-Gras  et  le  Jeudi-Saint,  deux  aumônes  générales,  qui  s'éle- 
vaient à  30  setiers  de  blé.  Ces  deux  aumônes,  à  la  charge  de  Tabbé 
jusqu'en  1658,  furent  ensuite  supportées  par  le  lot  des  charges. 

L'aumônerie  avait  une  rente  d'une  quarte  de  seigle  sur  les  héri- 
tages de  Chantemille  (H.  89),  une  rente  d'un  setier  de  seigle  sur  la 
terre  de  la  Constellas  (H.  139),  des  droits  sur  le  prédelaPale(H.140). 
Certains  héritages  étaient  tenus  de  l'aumônerie  en  franche  condi- 
tion (H.  132). 


(I)  Ceci  semble  indiquer  qu'il  en  fut  au  Moutier-d'Ahun  comme  à 
Saint-Martial,  c'est-à-dire  que.  à  l'origine,  le  sacristain  était  charffé  du 
vestiaire  et  que  plus  tard  lu  chambrene  fut  érigée  en  office  indepen^ 
dant  (en  1909  à  Suint-Martial). 


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-  134  - 

Pierre  Béraud  1340  (H.  72). 
Pierre  1386  (H.  3). 
Jean  Bourgeois  1424  (H.  106). 
François  de  Mon tagnac  1531  (H.  140). 
Gilberl  de  Fournoux  1564  (H.  i05). 
Louis  Pailleron  1571  (H.  129). 
JeanVillalel611(H.  21). 

Le  Sacrùlain  dlrigt^ail  les  offlces  religieux,  avait  la  garde  et  i  en- 
tretien des  vases  sacrés  et  des  ornements  nécessaires  à  Texercice  du 
culte.  Le  sacristain  avait  droit  à  une  quarte  de  seigle  «  sur  le  grand 
dixme  de  Pionnat  (H. 89)  ».  Il  percevait,  en  i5i5«  sur  18  villages  : 
21  setiers  i|2  de  seigle,  2  setiers  d*avoine,  1  quarte  de  froment, 
2  poules,  10  livres  deux  sous  trois  deniers  d'argent  (IL  18). 

Jean  Lavaud  1340  (H.  72) 

De  Mornac  1385  (H.  3)  et  inflrmier. 

André  Périer,  1417  (H.  116). 

Antoine  de  la  Honte  1424  (H.  106). 

Louis  de  Cliâteauneuf  1545-1547  (H.  18). 

Jacques  Alamarie  1564-1572  (H.  18,  89). 

Léonard  Bataille  1611  (H.  21). 

Le  Chantre  était  chargé  de  diriger  le  chant  des  offices. 
Jean  Nesniond  ^fibi  {carlulaire  (TAnbignac  f«  149  bis). 
Firmin  Masnes,  1564  (H.  105). 
Antoine  Vincenot  1603-1611  (H.  21,  121). 

L'Infirmier  était  chargé  des  soins  à  donner  aux  malades  et  aux 
infirmes.  Au  Moyen-Age,  l'assistance  publique  était  à  peine  ébauchée. 
Les  quelques  hôpitaux  existants  étaient  dirigés  par  le  clergé  et  des- 
servis par  les  différents  Ordres  hospitaliers.  Dans  presque  tous  les 
monastères,  un  local  spécial  était  aff^^cté  à  la  réception  des  malades 
et  dcl  infirmes,  soit  passant,  soit  résidant  dans  la  iocallié.  Daus  le 


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-  135  — 

courant  du  xvi«  siècle,  la  geslioti  des  maisons  de  charité  fut  conflée 
aux  municipalités;  aussi  ne  retrouvons-nous,  au  Moutier-d*Ahun, 
le  nom  d'aucun  InQrmier  après  1564. 

Pierre  de  Néoux  (de  Neomio)  1340  (H.  72). 

De  Mornac  1386  (H.  3)  et  sacristain. 

Jean  Barra  Ui4  (H.  i06). 

Claude  deChavanat  1564  (H.  105). 

Bien  que  le  Mnitre  des  uovtcei  ne  soit  pas  compris  parmi  les  digni- 
taires claustraux,  ses  fonctions  n'en  étaient  pas  moins  importantes 
Dom  Marcaille  recommande  de  veiller  avec  soin  sur  Tinstruction 
des  novices,  de  leur  donner  un  maître  idoine  et  capable  pour  les 
redresser  à  la  piètié, crainte  de  Dieu  et  autres  choses  nécessaires  à  la 
perfection  de  leur  étal.  Quand  les  religieux  ne  trouvaient  pas  dans 
le  couvent  un  maître  remplissant  ces  conditions,  ils  le  cherchaient 
dans  les  autres  monastères  de  TOrdre.  Dans  une  lettre  (1632)  au 
prieur  dom  Roudeau,  un  sieur  Fayet,  après  s'être  excusé  de  n'avoir 
pas  trouvé  plus  tôt  un  maître  pour  Tinstruction  des  novices,  ajoute  : 
a  Enfin,  Dieu  favorisant  notre  dessein,  m'a  fait  connaistre  le  pré- 
sent porteur,  qui  est  très  bon  religieux,  vertueux,  et  qui  a  bienestu* 
dié,  ayant  vu  sa  rhétorique  fort  sérieusement,  qui  est  ce  qu'il  faut 
pour  enseigner  vos  novices...  Il  parait  jeune,  néanmoins  il  ne  l'est 
pas  tant,  ni  d'espiit  ni  d'aage  ;  il  pourra  dire  sa  première  messe  à 
Pasques  prochènes...  Il  vous  sera  recommandé  par  le  R.  P.  Lucas, 
qui  est  en  grande  considération,  tant  par  son  mérite  que  à  cause 
du  rant  qu'il  tient,  non  seulement  en  ceste  maison,  mais  en  tout' 
Tordre...  » 

Il  me  semble  que  l'instruction  et  la  rhétorique  étaient  Taccessoirei 
la  maturité  d'âge  et  la  fermeté  de  caractère  étaient  beaucoup  plus 
nécessaires;  car,  ainsi  que  nous  allons  le  voir,  le  maître  des  novices 
avaitsouvent  sous  sa  direction  dos  religieux  assez  âgés,  provenant 
d'autres  Ordres,  ou  même  des  moines  de  TOrdre  de  Quny,  dont  la 
couduite  avait  besoin  d*élre  rëforméet 


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D?^-  - 


—  136  — 


^a'- 


3^  Les  Moines 


A  Torigiae,  le  nombre  des  religieux  fut  assez  élevé.  Ea  outre  de 
ceux  qui  résidaient  à  Tabbaye,  il  dut  y  en  avoir  au  moins  un  dans 
chaque  prieuré  —  et  peut-être  dans  chaque  église  —  dépendant  de 
Tabbaye.  Le  Cartulaire  de  la  Chapelle-Aude  nous  apprend  quil  y 
avait  un  moine  d'Ahun  près  de  Téglise  d'Ëslivareille,  que  l'abbaye 
du  Moutier-d'Ahun  avait  usurpée  sur  les  moines  de  Saint-Denis. 
Ce  moine,  nommé  Humbaut  de  Paci,  fut  sommé  de  comparaître 
devant  Tarchevèque  de  Bourges  Vulgrin  (1 1:20- 1136),  €  pour 
avoir,  devant  Tautei,  porté  des  mains  sacrilèges  sur  un  clerc  de  la 
Chapelle-Aude  ». 

Une  charte  de  1340  (H.  72)  mentionne  la  présence,  dans  le 
monastère,  de  neuf  dignitaires  claustraux  et  de  moines,  dont  elle 
n'indique,  pas  le  nombre.  Dans  le  cours  du  xvp  siècle,  Tabbaye 
complaît  encore  13  religieux  ;  mais  en  1611,  après  la  dispension,  ce 
nombre  était  réduit  à  6  profès  et  2  novices,  il  ne  fut  plus  dépassé 
à  TavenJr  et  parfois  se  réduisit  môme  à  5. 

Le  personnel  du  monastère  se  recrutait  en  partie  dans  les  familles 
d'Ahun  ou  des  environs  ;  pendant  longtemps  nous  retrouvons  les 
noms  des  Pailleron,  Rondeau,  de  Hontagnac,  etcQuand  un  membre 
de  ces  familles  voulait  embrasser  Pélat  monastique,  il  se  présentait 
devant  le  Chapitre  du  couvent  «  requérant  le  prieur  de  lui  vouloir 
donner  Thabit  religieux  et  une  place  dans  le  couvent,  désirant  vivre 
religieux  en  ladite  abbaye  avec  les  autres  religieux  d'icelle,  confor- 
mément aux  statuts  et  ordonnances  dudit  Ordre  ».  Les  religieux 
votaient,  au  scrutin,  sur  Padmission  du  candidat,  et  le  prieur  le 
revêtait  d'un  habit  religieux,  sauf  Tapprobalion  de  l'autorité  supé- 
rieure. En  effet,  il  avait  été  décidé  en  1641  que  a  désormais  il  ne 
sera  reçu  ni  novice,  ni  religieux  en  ladite  abbaye  que  par  le 
commandement  de  l'abbé  général  de  Cluny,  sous  peine  de  nalUlé  et 
de  punition  ordonnée  par  les  supérieurs  ï). 


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—  137  - 

Pour  que  radmission  fût  prononcée,  les  parents  devaient  prendre 
rengagement  c  de  fournir  tous  les  frais  nécessaires,  tant  pour  la 
pension  du  candidat  pendant  son  noviciat  que  pour  le  surplus  de 
son  entretien  et  voyages  pour  les  ordres,  et  lui  fournir  un  ammeu- 
blement  de  chambre  et  linge  suivant  sa  condition  ». 

La  prise  d'Iiabit  était  constatée  par  un  procès-verbal  que  rédigeait 
un  notaire  en  présence  de  témoins  laïques  et  des  religieux. 

Les  novices  remplissant  ces  conditions  étaient  naturellement  peu 
nombreux  à  Akun.  La  plupart  des  novices  arrivaient,  munis  d*un 
ordre  de  Tabbé  de  Cluny,  prescrivant  de  les  admettre  à  faire  leur 
noviciat  dans  Tabbaye  du  Houtier-d^Ahun  «  une  de  celles  qui  ont 
été  désignées  dans  les  derniers  Chapitres  de  TOrdre  pour  recevoir 
les  novices.  »  Nous  pourrions  eu  citer  de  nombreux  exemples, 
nous  nous  bornerons  à  résumer  le  procès- verbal  de  prise  d*babit  de 
Jean  de  la  Tour  d'Auvergne  : 

«  Jean  de  la  Tour  d'Auvergne,  clerc  tonsuré  du  diocèse  de 
Clermont,  pourvu  par  S.  A.  le  cardinal  de  Bouillon,  d'une  place  de 
religieux  dans  le  doyenné  de  Valensolle,  membre  de  l'Ordre  de 
Cluny,  s'est  présenté  avec  un  ordre  de  S.  A.  de  le  recevoir  à  prendre 
i'babitet  faire  son  noviciat  dans  notre  abbaye.  Nous  avons  prié  dom 
Pouget,  visiteur  de  notre  Ordre,  qui  était  présent  et  avait  accompa- 
gné ledit  de  la  Tour  d'Auvergne,  de  lui  donner  l'habit.  A  quoi 
adhérant  ledit  dom  Pouget,  il  aurait  donné  l'habit  à  Jean  de  la 
Tour  d'Auvergne  dans  le  chœur  de  notre  église,  à  l'issue  de  vêpres, 
en  faisant  toutes  les  cérémonies,  disant  toutes  les  prières  et 
oraisons  prescrites  dans  le  rituel  de  notre  Ordre.  En  conséquence 
avons  reçu  ledit  de  la  Tour  d'Auvergne  à  commencer  son  noviciat 
de  ce  jourd'hui  (9  septembre  1704),  dans  noire  abbaye,  pour  ledit 
doyenné  de  Vallensolle  d. 

Parfois  aussi,  le  novice  avait  déjà  pris  Thabit  dans  une  autre 
maison  de  l'Ordre  et  était  envoyé  faire  son  noviciat  au  Moutier- 
d'Ahun.  Ainsi  nous  voyons  se  présenter  frère  François  de  Tliiange, 
pour  la  maison  et  prévôté  de  Cliambon,  où  il  aurait  pris  l'habit; 
Forissier,  pourvu  d'une  place  monacale  dans  le  prieuré  de  Notre- 
Dame  des  Ris,  diocèse  de  Clermont,  où  il  a  prit  Tbabit,  etc. 


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—  138  - 

Les  religieux  d'autres  Ordres,  qui  passaient  dans  celui  de  Cluny 
pour  y  obtenir  un  office  ou  uu  bénéfice,  étaient  a^streints  à  faire  un 
nouveau  noviciat  dans  une  dos  maisons  désignées    à  cet  effet. 
L*abbaye  du  Moulier-d*Abun  recevait  souvent  des  novices  de  cette  , 
catégorie.  Par  exemple  : 

Frère  Bernard,  transféré  de  TOrdre  de  Citeaux,  pourvu  de  l'office 
de  chanlre  dans  Tabbaye  de  Moulierneuf,  diocèse  de  PoilierSy  est 
envoyé  dans  Tabbaye  du  Moutier-d'Ahun  pour  y  faire  une  année  de 
noviciat; 

Tarlet,  transféré  du  grand  Ordre  de  Saint-Benoit,  sacristain  de 
Sainl-Suuveur  de  Nevers,  reçoit  Tordre  de  se  retirer  au  Moût ier« 
d'Ahun  pour  y  faire  son  noviciat  ; 

c  Thomé,  preblre  revestu  de  Tbabit  de  TOrdre,  ci-devant  Char- 
treux, transféré  dans  TOrdre  de  Cluny,  en  conséquence  de  la  place 
que  S.  A.  lui  a  donnée  dans  son  doyenné  de  Yalensolle  et  de  l'Ordre 
qu'il  a  eu  de  S.  A.  pour  se  rendre  dans  notre  abbaye,  nous 
demande  à  y  estre  admis  pour  faire  sou  noviciat,  pour  la  maison  de 
Yalensolle.  t 

Pour  les  novices  appartenant  ainsi  à  d*autres  maisons  de  TOrdre, 
c'étaient  ces  maisons  qui  payaient  les  frais  de  noviciat. 

Après  dix  mois  de  séjour  au  moncistère,  le  novice  se  présente 
devant  les  religieux  capitulairement«issemblés,  demande  c  qu'il  lai 
soit  donné  acte  du  temps  qu'il  a  demeuré  dans  la  maison,  au 
noviciat,  et  qu'on  lui  accorde  sa  réception  et  approbation  dans 
TOrdre  de  Cluny  ».  Après  l'avoir  fait  retirer  et  «  avoir  Conféré  sur 
sa  remontrance  et  bonnes  vie  et  mœurs  »  les  religieux  procèdent  au 
vote.  S'il  est  défavorable,  le  novice  est  invité  à  quitter  immédiate- 
ment l'abbaye  et,  s'il  ne  le  fait  volontairement,  l'acte  de  refus  d*ad« 
mission  lui  est  signifié.  Quandi  au  contraire,  Tavisest  favorable,  les 
religieux  concluent  à  la  réception  et  en  font  dresser  procès-verba| 
par  un  notaire. 

Parfois  ils  apportent  des  restrictions,  ainsi,  ils  déclarent  que  le 
novice  Damon  de  Cbavannes,  sacristain  du  prieuré  de  Saiul* 
ReoeTien,  diocèse  de  Nevers,  est  jugé  capable  de  faire  professioot  i 


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-  139- 

condilion  que  les  grands  vicaires  de  S.  A.,  ou  la  maison  de  frère 
Damon  trouve  à  propos  de  pnsser  sur  une  faiblesse  de  vue,  que  les 
religieux  ont  remarquée.  L*œil  gauche  est  fort  altéré,  un  occulisle 
croit  qn1l  peut  être  réUibli  par  des  médicaments. 

Souvent  aussi  ils  exigent  que  les  parents  du  novice  s'engagent  à 
lui  faire  une  pension  de  400  livres,  jusqu'à  ce  qu'il  ait  un  bénéfice 
permettant  de  le  nourrir,  c  A  défaut  de  quoi,  il  ne  pourra  se  pré- 
valoir de  ce  qu'ils  se  sont  assemblés  eapitulairement  pour  savoir 
s'ils  le  jugent  capable  de  faire  profession,  et  ne  pourra  en  tirer  pro- 
fit à  moins  que  S.  A.  n'en  juge  autrement.  » 

Le  procès-verbal  du  notaire  est  envoyé  à  l'abbé  général  de  Cluny, 
qui  donne  Tautorisation  de  faire  profession  après  que  l'année  de 
noviciat  sera  complètement  révolue.  Alors  le  novice,  s'il  appartient 
à  una  aoire  maison  de  l'ordre,  demande  généralement  à  s'y  retirer 
pour  y  faire  profession.  Les  religieux  lui  délivrent  un  cerlificat 
constatant  a  qu'il  a  fait  tous  les  exercices  religieux  avec  les  autres 
novices,  et  vécu  suivant  et  conformément  aux  statuts  de  l'ordre 
avec  toute  la  régularité  et  exemple  possible,  dont  le  couvent  à  été 
fort  édifié.  » 

Quelquefois  aussi  la  profession  a  lieu  au  Moulier-d'Ahun.  En  tout 
cas  le  cérémonial  est  toujours  le  même  : 

Après  les  prières  prescrites  par  le  rituel,  le  novice  prête  serment 
de  suivre  la  règle  de  Saint-Benott  :  FromiUo  stahiUutlem^  corner^ 
iionem  morum  meorum^  obedientiam  et  reverenliam  secundum  regn^ 
lam  Benelicli  et  slalula  ordinis  Cluniacmsis  coram  Dec  et  sathUis 
éju$^  quorum  i  eliquiœ  habetUur  in  hoc  monaslerio  Beatœ  Mariœ  de 
Ayeduno.  Puis,  le  récipiendaire,  à  genoux,  les  mains  dans  celles  du 
prieur,  jure  obéissance  jusqu'à  la  mort  à  Tabbè  de  Cluny  et  à  ses 
successeurs.  Le  prieur  le  déclare  alors  moins  profés  de  l'Ordre  de 
Cluny,  auquel  ilTaggrège,  voulant  qu'il  jouisse  à  l'avenir  de  tous  les 
privilèges  et  avantages  de  l'Ordre  accordés  aux  profès.  Il  est  dressé 
procès- verbal,  signé  par  tous  les  membres  présents  et  par  le  réci- 
piendaire. 

Nous  n^avons  parlé  jusqu'ici  que  des  novices  proprement  dils^ 
aspirant  à  faire  profession  ;  ils  avaient  parfois  pour  compagnons  des 


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-  140  — 

religieux  envoyés  ea  panilion.  \insi,  doin  François  Malhurin  Pellis- 
son,  religieux  profès,  hôtelier  de  Houlierneuf,  reçoit  Tordre  de  se 
transporter  à  Tabbaye  du  Moutier-d*Ahun,  pour  y  vivre  sous  la 
conduite  du  maître  des  novices  m  dans  rexéculion  et  la  pratique  des 
règlements  du  noviciat,  pour  y  reprendre  Tespril  de  régularité.  » 
Le  dit  Mathurin  recevra  50  livres  pour  ses  frais  de  voyage  et  Tabbaye 
de  Houtierneuf  paiera  au  cellérier  du  Moutier-d'Âliun  une  somme 
annuelle  de  400  livres  pour  sa  nourriture  et  son  vestiaire.  La  puni- 
tion de  Pellisson  dura  quatre  ans,  de  1713  à  1717.  (H.  19). 

En  1714,  dom  Vincent,  aumônier  du  prieuré  de  Bauny,  diocèse 
d'Auxerre^qui  résistait  à  ses  supérieurs  et  refusailde  rendre  compte 
de  l'argent  qui  lui  était  versé,  est  envoyé  dans  Tabbaye  du  Moutier- 
d*Ahun,  où  il  restera  jusqu'à  ce  que  Tabbé  de  ce  lieu  ait  fait  connaî- 
tre quil  s'est  amendé.  (H.  18). 

Le  maître  des  novices  avait  besoin  d'autant  de  tact  que  de  fermeté, 
pour  ramener  à  leur  devoir  ces  natures  indisciplinées. 

L'abbaye  avait  aussi  des  moines  lais.  C'étaient,  comme  on  le  sait, 
de  vieux  soldats  invalides  auxquels  on  donnait  asile  dans  les  monas- 
tère. En  1630,  Louis  XUI  donne  provisions  do  la  place  de  religieux 
lai,  vacante  par  le  décès  de  Jean  Couturier,  à  Pierre  Guérin  de  Beau- 
mont,  en  considération  de  ses  blessures  et  <le  trente  années  de  ser- 
vies aux  chevau-légers  ;  ledit  Pierre  recevra,  sa  vie  durant,  a  ses 
vivres,  logis,  vestement,  chauffage  et  autres  nécessités  corporelles 
comme  un  des  religieux  ;  »  s'il  est  marié,  il  n'habitera  pas  l'abbaye 
et  recevra  de  l'abbé  une  pension  de  60  livres.  (H.  19).  Ces  moines 
lais  disparurent  après  la  création  de  l'Hôtel  des  Invalides  par 
Louis  XIV. 

L'abbé  de  Cluny  faisait  visiter  périodiquement  les  monastères  de 
rOrdre.  La  première  visite  de  l'abbaye  d'Ahun  fut  faite,  en  1611, 
par  dom  Sébastien  Marcaille,  avec  plein  pouvoir  de  faire  toutes 
réformes  qu'il  jugera  nécessaires.  Dom  Marcaille  donna  le  règle* 
ment  suivant  «  pour  le  restablissement  des  mœurs  :  » 

Tous  les  religieux,  sans  exception,  assisteront  à  l'office,  c  aux 
heures  quils  le  doivent  dire  et  célébrer,  avec  les  inclinaisons,  prof« 


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-  141  - 

ternations,  révérences  et  cérémonies  accoutumés...,  sans  que  per- 
sonne, durant  icelluy,  y  puisse  parler  d'aucunes  affaires,  resceindans 
toutes  sortes  de  riz  et  de  indévotions  ; 

«  Que  tous  escoutent  ot  prestent  Toreille  à  celui  qui,  à  raison 
du  chant,  commande  au  cœur,  pour  obvier  aux  dissonances  ou 
tumultes  qui  y  arriveraient,  où  Dieu  seroyt  offancé  et  le  prochain 
peu  édyffiè  ; 

a  Si  quelqu'un,  par  paresse,  arryve  tard  à  Pesgiise  aux  heures 
canoniales  du  divin  service,  qu'il  se  mette  point  au  chœur  en  son 
ordre,  mais  aux  liasses  formes  s*il  est  prehtre  et,  s'il  est  novice,  au 
lieu  où  le  supérieur  luy  prescrira,  affin  qu'il  soit  veu  de  tous  et 
aye  honte,  et  soyt  plus  diligent  et  se  corrige  à  l'advenir  ; 

c(  Que  celluy  qui  aura  faist  faulte  publicq,  qu'il  recongnoisse  sa 
faulte  au  chapitre  ou  au  reffectouer,  sejettantau  pieds  da  supérieur, 
lui  requérant  sa  bénédiction  ; 

c  Que  les  aulmones  soient  distribuées  Hdellement,  tant  généralles 
que  journalières,  aux  pauvres,  malades,  nécessiteux  passans, 
mandians  et  autres,  sellon  l'intantion  des  fondateurs; 

€  Que  personne  à  l'advenir  ne  playde  plus  pardevant  juges  sécul- 
liers,  soyt  tant  pour  leurs  vestures,  alimans,  que  pour  aultres  sujets, 
l'ung  entre  l'autre,  ains  s'addressent  par  devant  Monseigneur  de 
Cluny,  pour  luy  requérir  justice,  et  ce,  sur  peyne  d'excommuni- 
cation ; 

9  Que  personne  ne  soyt  sy  hardy  d'introduire  aucunes  filles  ou 
femmes  dans  l'encloz  de  la  maison  de  céans,  ou  les  fréquenter  ail- 
leurs, sur  la  mesme  peine; 

<  Que  tous  portent  leur  couronne  en  la  manière  qu'on  la  porte 
en  Tordre,  le  chapper<«n  en  tète,  et  l'habict  régullier  avec  la  robe 
ceincte  ; 

c(  Qu*il  ne  soyl  permis  à  qui  que  ce  soyt  de  tenir  armes,  en 
sa  chambre,  et  d'aller  à  la  chasse,  à  peyne  d'être  chastié  sellon 
la  rigueur  des  statuts  de  l'ordre  ; 

«  Quand  ils  yront  sur  les  champs,  qu'ilz  portent  leurs  habitz 
régulliers  et  conversent  le  plus  modestement  que  (aire  se  pourrai 


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-  142  - 

avec  les  séculliers,  et  qu'ils  se  donnent  garde,  par  leurs  déporle- 
ments,  de  les  scandaliser;  qu'ils  fuient  et  évitent  toutes  sortes  de 
devys  mondaiiis,  tous  jeuz  de  caries  et  de  dez  et  autres  dissolutions 
où  Ih  prochain  pourrait  estre  scandalisé; 

«  Deffandons  très  expressément  de  se  injurier  ou  semer  noises, 
faulz  rapports  des  ungs  contre  les  autres,  ainsi  les  exortons  tous 
ensemble  de  vivre  en  bonne  paix  et  concorde,  sans  murmure, 
envyeni  division; 

«Que  personne  ne  présume deffandre  ou  prendre  la  parolle  pour 
ceux  qui  seront  repris  de  leurs  faultes  parle  supérieur  ou  quelqu'un 
des  autres  et,  pour  esviler  à  scandale,  que  nul  présume  attenter 
pour  espérance  de  quelque  proflct  temporel,  faveur  ou  autre  bien, 
recepvoir  religieux,  borgnes,  bossus,  bastardz  ou  nottés  de  quelque 
autre  insigne  déformité  ou  infamye  ; 

«  Que  personne  ne  se  trouve  aux  no|)ces,  es|)ousaille8,  compaler- 
nilés,  danses  et  antres  assemblées,  peu  décentes  à  leur  profession, 
sur  payne  de  punition  régulière.  )i>.  (I). 

Ces  sages  prescriptions  semblaient  devoir  assurer  Tordre  et  la 
régularité  dans  le  couvent,  dont  cependant  la  tranquillité  ne  tarda 
pas  a  être  troublée  par  un  religieux  indiscipliné.  En  1626,  le  prieur 
Houdeau  porte  plainte  à  Tabbé  de  Cluny  contre  le  frère  Silvain  de 
Champesme»  prieur  de  la  Cour,  qui  a  quille  le  monastère  sans  congé 
et  a  perçu  la  plus  gratide  partie  des  revenus  de  Tabbaye,  donnant 
quittance  en  s*atlribuant  la  qualilé  de  grand  vicaire,  «  les  consom- 
mant en  desbauches  et  actes  indignes.  »  Il  Tavàit  fait  appréhender 
c  à  Taide  du  bras  séculier  et  mettre  dans  une  chambre  du  couvent 
la  plus  commode,  pour  quinzaine  seulement,  en  satisfaction  de  ses 
faulles  ;  ceste  douceur  ne  peust  deslourner  son  courage  et  mauvais 
desseing,  car  y  ayant  demeuré  seullement  qudTtre  ou  cinq  Jours, 
aurait  instamment  forcé  et  rompu,  par  Tayde  d'aulcuns  siens  faul- 
teurs,  ta  feneslre  de  la  dicte  chambre,  descend  et  sort  avec  escbel  les 


(t)  Il  approuve,  en  outre,  sur  la  demande  des  religieux,  que  tous 
les  reveniis  soient  mis  en  commun,  et  que  chacun,  pourvu  ou  non 
U'olUoe,  ix\*oive  la  mèuje  prébende. 


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-  143  - 

et  linceulx  rompus  de  dedans  icelle,  et  s'eyvade,  etpoor  marque  de 
son  évasion,  escril  d'ung  charbon,  au  paroitet  muraille  de  la  dite 
rliambre,  des  causes  de  sa  détention  cy  vylaine  et  odieuse  que  ne 
vous  DSC  déclarer,  t 

Quelle  suite  fut  donnée  à  cette  plainte  ?  Le  dossier  ne  le  dit  pas. 
Hais  Chaiiipesmi'!  devait  avoir  un  esprit  fin  et  insinuant,  car,  cinq 
ans  plus  tard,  il  sut  gagner  les  bonnes  grâces  du  visiteur  Crespiat. 
Cedernier  fut  mal  accueilli  dans  Tabbaye  et  n'ayant  pu  y  prononcer 
lui-même  ses  ordonnances,  cr  à  cause  des  insultes,violances  et  récu- 
sations à  luy  faictes  y>  il  les  envoie  signifier  par  dom  Champesme. 

Voici  ces  ordonnances  de  1631  : 

c  Les  novices  qui  auront  al  teint  Taage  compétent  pour  se  faire 
promoveoir  à  Tordre  de  prêtrise  s'y  feront  promovoyr  dans  Tannée, 
si  faire  se  |>eult,  à  tout  le  moins  post  tervaia  iutenlUia^  attendu  le 
manquement  du  service  divin  dans  ladite  abbaye  et  acquittement 
des  fondations  à  faulte  de  prostrés  ou,  à  défault  de  ce,  seront  privés 
du  quart  de  leur  prébende  ; 

«  Les  processions  qu'on  a  obmises,  au  scandale  du  peuple,  et 
antres  cérémonies  qu'on  avait  accoustumé  d'observer  seront  faittes 
et  entretenues  à  peine  de  privation  de  prébende  d'une  semaine  ; 

<*  Le  procureur-syndic  sera  nommé  chaque  année  le  jour  de  la 
Saint -Jean  ;  dom  Si!  vain  Champesme  est  provis<.  irement  pourvu  de 
cesle  charge  ; 

€  Lesdits  religieux  entretiendront  les  bonnes  coustumes  qu'on 
avait  anciennement  de  recueillir  les  processions  estrangères,  qui 
vont  dans  leur  églize,  et  notamment  le  jour  nommé  Noire -Dame  des 
Miracle,  et  ce,  à  cause  des  conséquences  ; 

<  Le  quart  des  revenus  de  toutes  natures  sera  mis  entre  les 
mains  de  dom  Champesme  et  dom  Simonnet,  qui  rempliront  alter- 
nativement, pendant  une  semaine,  les  fonctions  de  prieur  jusques  à 
ce  que  les  supérieurs  ayent  pourveu  autrement  ;  ordre  aux  novices 
de  leur  obéir,  et  à  tous,  de  vivre  en  bonne  paix  et  concorde,  sous 
paynede  privation  de  leur  prébende.  »  (H.  22), 


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-  144  - 

Nous  croyons  qae  ces  ordonnances  ne  reçurent  pas  Tapprohation 
de  Tabbé  de  Cluny,  car  Rondeau,  qui  avait  été  nommé  prieur  en 
i62i,  exerça  ses  fonctions  jusqu'à  sa  mort,  en  1638. 

Les  ordonnances  du  visiteur  Antoine  Debaile,  en  1676,  contien- 
nent de  nombreuses  prescriptions  relatives  à  la  célébration  des  ofQ- 
ces  :  «  de  Pâques  à  la  Saiiit-Rémy,  les  matines  seront  sonnées  à 
quatre  heures  du  matin,  à  cinq  heures  le  reste  deTannée^Bn  entrant 
à  Téglise,  les  religieux  resteront  à  genoux  jusqu'à  ce  que  le  prieur 
ait  donné  le  signal  de  se  lever,  et  s'estans  levés,  ils  s'inclineront, 
non  seulement  de  la  teste,  mais  encore  des  épaules,  etc.  »  (H.  23). 

En  1686,  la  visite  est  faite  par  dom  Claude  de  Brou,  vicaire  géné- 
ral de  rOrdre  deCiuny  pour  la  province  d'Avergne.  Il  constate  que 
les  religieux  malades  <c  sont  servis  de  médecins  et  apothicaires  ;  » 

«  Il  renouvelle  Tinterdiction,  sous  les  peines  portées  par  les 
canons  et  statuts  de  l'Ordre,  de  laisser  entrer  les  femmes  dans  les 
chambres,  réfectoire,  cuisine  et  jardin,  et  de  leur  donner  à  manger 
dans  le  monastère  ; 

«  Défense  aux  religieux  de  sortir  du  monastère,  sans  Tautorisa- 
tion  du  prieur.  » 

En  1767,  visile  de  Charles  d'Haulerives,  prieur  titulaire  de  Notre- 
Dame  de  Montluçon,  visiteur  dans  la  province  d'Auvergne.  Il  se 
déclare  édifié  «  de  l'exactitude  avec  laquelle  TofÛce  divin  est 
acquitté.  ».(H.  24). 

Nous  avons  dit  que,  en  1686,  la  communauté  assurait  le  traite- 
ment des  religieux  malades,  cette  bonne  habitude  fut  maintenue 
jusqu'à  la  suppression  de  l'abbaye.  Nous  trouvons,  en  effet,  dans 
ses  comptes  (1759 -1772)  les  dépenses  suivantes  :  un  lavement  pur- 
'  gatif,  1  livre  ;  un  vésicatoire,  1  livre  ;  deux  onces  de  mauve,  un 
gros  do  rhubarde  et  cinq  grains  de  tartre  stibié,  1  livre  10  sous  ; 
une  chopine  de  vin  stomachique  et  fébrifuge,  2  livres  ;  une  once  de 
«  quinat  »  4  livres  ;  deux  pansements,  2  livres  ;  une  saignée,  10 
sous  ;  (c  pansé  M.  de  Rocheneuve  d'une  morsure  considérable  de 
chien,  fournie  les  médicamens,  12  livres  ;  »  etc.  —  En  1772, 
lidgrange,  chirurgien-juré,  prend  l'engagement  de  soigner,  sa  vie 


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-  145  - 

durant,  tous  les  religieui  «  mensionnaires  »  de  Pabbaye,  moyennant 
le  payement  annuel  de  8  seliers  de  blé  seigle  (H.  90).  Si  les  médie- 
cios  se  contentaient  d'Iionoraires  assez  modestes,  i|  n'en  était  pas 
de  même  des  apotiiicaires,  qui  produisaient  des  notes  justifiant  le 
nom  qu^elles  ont  conservé. 

Quand  la  maladie  avait  une  longue  durée,  le  religieux  était  par- 
fois autorisé  à  «e  retirer  chez  st5S  parents,  pour  se  faire  traiter. 
Ainsi  en  1768,  l'abbé  de  Cluny  accorda  à  dom  Pêrigaud  de  Roche- 
neuve  une  permission  de  cette  nature,  valable  pendant  un  an  ;  elle 
fut  même  prolongée  pour  une  nouvelle  durée  d'une  année.  (H.  87). 

Les  chartes  de  Tabbaye  font  aussi  mention  d*une  autorisation 
atialogue  aceordée  à  4jn  «noine  très  âgé  :  Dame  Claude  Dupuy,  dame 
d'Abiuet  de  CliantemiUn,  ayant  pouvoir  exprès  de  Tabbé  du  Hou- 
tier-d'Ahun,  accorda,  en  1608,  à  frère  Jacques  Alamarie,  religieux 
prévôt,  âgé  de  90  ans  et  plus,  r^ulorlsation  de  se  retirer,  à  cause 
de  son  grand  âge  et  de  ses  infirmités,  chez  Léonard  Alamarie,  et 
Ysabcau  Vourry,  sa  femme,  qui  s'engagent  à  lui  donner  des  soins 
jusqu'à  la  fin  de  sa  vie.  Ces  derniers,  pour  indemnité  de  nourriture 
et  tf  eniretenement  »  recevront  la  prébende  et  pension  du  frère 
Alam;irie,  et  outre  ce,  après  son  décès  conserveront  ses  meubles 
eslimés  12  livres  par  le  châtelain  d'Ahun,  et  consistant  en  un  «  mes- 
cbant  »  lit  garni,  quatre  «  lincieuix  »,  une  charge  de  bois  etquelque 
t  petite  vesselle  »  d'étain.  (H.  19). 

Sauf  Je  rares  exceptions,  les  moines  du  Moulier-d'Ahun  se  mon- 
trèrent fidèles  observateurs  de  leur  règle,  TOrdre  de  Cluny  n'eut 
pas  à  regretter  l'annexion  de  1611.  1^1  quand  Louis  XVI  demanda 
au  pape  la  suppression  de  la  mense  conventuelle,  ce  fut  ujuquentent 
parce  que  les  revenus  de  l'abbaye  étaient,  comme  nous  allons  le  voir, 
devenus  insuffisants. 


lY.  —  Temporel  de  l'Abbaye 

Du  X*  au  xiit*  siècle,  bien  rares  étaient  ceux  qui  ne  faisaient  pas 
quelque  donation  à  Dieu  et  à  un  monastère.  Qui  donne  un  champ, 

10 


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l'v' 


-  U6- 

qui  une  rente  foncière,  un  autre  donne  une  dtroe  inféodée  ou  un 
domaine  et  souvent,  avec  la  terre,  celui  qui  U  cultive.  I.es  pauvres 
donnent  parfois  leur  propre  personne. 

[.es  motifs  de  ces  donations  sont  des  plus  variés.  Tantôt  elles 
sont  faites  à  Tarticle  de  la  mort;  lanlôt  à  litre  de  restitution,  les 
hiens  ayant  été  autrefois  usurpés  sur  Téglise;  ou  bien  encore,  c'est 
un  chevalier  qui,  partant  pour  la  Croisade,  veut  obtenir  des  prières, 
et  aussi  de  Targent,  pour  son  expédition. 

Le  temporel  du  Moutier-d'Âhun  doit  avoir  eu  semblable  origine, 
mais  nous  ne  pouvons  en  fournir  les  preuves,  le  Cartulaire  de 
Tabbaye  ne  nous  étant  pas  parvenu.  Il  reste  seulement,  dans  les 
archives,  quelques  chartes  isolées;  bien  que  peu  nombreuses,  elles 
présentent  la  plupart  des  cas  de  donation  que  nous  avons  énu- 
mérés  : 

Avant  son  départ  pour  la  Terre-Sainte,  ttnoul  Delchaine,  cheva- 
lier, cède  (1189)  ses  trois  parts  de  dime  sur  Colombier  (1);  la  moitié 
de  la  cession  en  pure  aumône,  le  reste  moyennant  paiement  de 
300  sous  tournois  ; 

Raymond  de  Hontfaucon,  seigneur  de  Charenton,  donne  (vers 
1217)  une  terre  ayant  appartenu  à  Raymond,  prêtre,  le  pré  et  le 
bois  de  la  Chanal,  ainsi  que  la  dime  de  Colombier  (H.  46)  ; 

Donation  (1217)  par  P.  Ebrard  de  la  Rarde,  de  tous  ses  droits  sur 
la  personne  et  les  biens,  présents  et  à  venir,  de  Renoit  de  Relelfe; 

Donation  (1329),  par  R.  de  Hridiers,  de  tous  ses  droits,  tant  sur 
les  terres  que  les  hommes  de  Coiifolent,  paroisse  de  Banise  ;  en 
retour  de  sa  libéralité,  le  donateur  reçoit  M  sous  marchols; 

Donation  (1247),  par  Ktienne  du  Pin,  chevalier,  d'une  rente 
annuelle  et  portable  de  3  seliers  de  seigle,  mesure  d'Ahun,  et  de 
5  sous,  assise  sur  les  terres  du  Pin  et  de  Cliaumeix,  paroisse  de 
Sainl-Yrieix,  et  du  Couderl,  paroisse  d'Âhun; 


(t)  Colombier,  près  Drevanl  (Cher). 


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^  147  - 

Viditnm  (1379),  d'on  extrait  du  testament  de  Pierre  Mouhet, 
prélro  ^t  religieux  du  Moulier-d'Aliuii,  par  lequel  celui-ci  lègue  à 
fabbayo^  ,en  reconnaissance  des  bienfaits  reçus,  une  renie  de 
ih  se  I  i^i's  de  seigle  sur  la  lerre  de  Fontigier,  paroisse  de  Cressac; 

Doffiaiion  (1317)  d'une  rente  d'un  setier  de  seigle  sur  la  Roche- 
NoQzil,  faile  à  Tabhaye  pur  Illiier  Brachet  et  Perrot  Carentena, 
damoiseaux,  pour  le  salut  de  Tàme  d'Agnès,  veuve  de  Pierre 
Gare»  leiia  (i),  chevalier. 

Apaii:*l.irdu  xiv*  siècle,  les  donations  de  celte  nature  devinrent  de 
plus  G  n  plus  rares.  La  dernière  que  nous  ayons  trouvée  est  de  1502  : 
<r  Dort <At ion  par  Guillaume  Desfossez  et  son  frère  Jean  Oesfossez, 
accolythe,  de  six  septiers  bled  seigle  et  cent  sols  d'argent.  »  A  des 
dates  f>ostérieures,  on  ne  voit  plus  que  des  dons  en  argent  pour 
anniversaires  ou  fondations  de  messes.  Nous  citerons  seulement  le 
plus  i  ff  u  |)ortant  de  ces  dons  : 

Eli       #  7i4,  François  Cousturier,  prieur  curé  de  Champsanglard, 
donne    2.000  livres  pour  la  fondation,  à  perpétuité,  de  deux  messes 
par  se  Enaine,  à  célébrer  après  s(»n  décès  pour  le  repos  de  son  âme 
«  et     SI  ussy  pour  le  repos  de  dom  Alexis  Cousturier,  son   frère, 
religieux  en  ladite  abbaye,  de  deffunte  damoiselle  Marie  Chorlon, 
Uur  mère,  de  *!•  Jean  Cousturier,  leur  père,  et  aussy  pour  celle  de 
dcQviiit   iiiaitre  Jean-Baptisle-Alexis  Chorlon,  président  au  présidial 
deG%iêrel,  de  défunte  Marie-Valérie  Bourgeois,  leur  ayeulle  mater- 
nelle^   el  de  tous  leurs  anlres   parenis.  »   Les  religieux   paieront 
400  II  vr«sd1nlérèt  jusqu'au  décès  du  fondateur,  mais  à  partir  d'un 
délai    de  5  ans  seulement,  attendu  la  difficulté  de  trouver  actuelle- 
nieni  un  placement  aux  fonds.  On  lui  payait  encore  cette  rente  de 
100  livres  en  1759. 

Les  religieux  ne  pouvaient  exploiter  eux-mêmes  les  terres  qu'on 
leur  avait  données,  el  qui  se  trouvaient  disséminées  dans  des 
vi/iages  forts  distants  les  uns  des  autres.  Ils  les  accensèrent  à  per- 

0^  Il  était  probablement  seigneur  de  la  maison  noble  des  Qunran- 
\aines,  située  entre  Ah  un  et  Chanlemille  (Bulletin  de  la  Société  dçi 
:^çmc^^  Naturelle*  et  Archéologiques  dç  la  Creuae  XII,  249), 


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-  148- 

péloitë,  selon  la  coulume  en  usage  au  Moyen-Age.  Le  pays  élait 
pauvre,  dépourvu  de  moyens  de  communication,  par  suile  Targent 
était  rare  chez  les  tenanciers  ;  la  m:sjeure  partie  des  accaisemeiils 
se  fit  moyennant  une  redevance  en  nature.  Ce  fut  un  bonheur  pour 
Tabbaye,  que  n'atteignit  pas  trop  sensiblement  rabaissement  de  la 
valeur  de  Targent. 

Avec  le  temps,  les  cens  en  argent  étaient  devenus  presque  insi- 
gniflants.  Pour  en  donner  une  idée,  un  cens  de  10  livres  en  1200 
représentait,  d'après  M'  d'Avenel,  915  francs,  valeur  actuelle, 
tandis  qu'en  1789  il  ne  valait  plus  que  19  francs.  Par  contre,  le 
selier  de  seigle,  qui  coûtait  6  sous  en  1200,  était  monté,  en  1789,  à 
10  livres  en  moyenne.  On  voit  combien  étaient  favorisés  les  héritiers 
des  propriétaires  qui  avaient  fait  leurs  accensements  en  nature. 
Supposons  deux  terres  d'égale  valeur,  accrnsées  en  1200,  l'une 
moyennant  une  livre  en  argent  =  91  fr.  50  de  nos  jours,  l'autre 
moyennant  3  setiers  1/3  de  seigle;  le  revenu  de  la  première,  en 
1780,  n*éiait  plus  que  de  1  fr.  90,  tandis  que  la  seconde  rapportait 
encore  62  fr.  70.  La  rente  en  grains  avait  diminué  aussi,  mais  33 
fois  moins  que  celle  en  argent  (1). 

Les  religieux  comprenant  combien  ces  accensements  à  perpétuité 
leur  étaient  préjudiciables,  les  rachetèrent  toutes  les  fois  que  cela 
fut  possible.  Mais  on  conçoit  que  les  tenanciers  ne  se  prêtaient  pas 
volontairement  à  de  pareils  rachats  ;  il  fallait  pour  cela  des  circons- 
tances toutes  particulières.  Ainsi  les  religieux  rachetèrent  (1661), 
moyennant  500  livres,  de  Antoine  Douéry,  lieutenant  des  Eaux  et 
Forêts  de  la  Marche,  le  moulin  de  Pontsebrot,  «  situé  sur  la  rivière 
de  Crenze,  estant  à  présent  en  ruisne  par  l'accident  des  inondations 
des  eaux  avenu Thiverl  dernier;  lequel  moulin  estait  tenu  par  le 
sieur  Bouêry  on  emphitéozo  des  dits  sieurs  prieur  et  religieux. 


(1)  Un  phénomène  analofriie  sVst  produit  de  fios  jours.  Il  y  a  une 
quarantaine  d'années,  100  0(X)  francs  en  argent  ou  en  valeurs  mobi- 
lières donnaient  un  revenu  de  5  à  6  000  francs,  et  100.000  francs  en 
propriétés  rapportaient  de  2.000  à  2  500  francs.  Aujourd'hui  te  revenu 
est  le  même  dans  les  deux  cas,  un  peu  inlérieur  à  3.000  francs.  Le 
revenu  des  valeurs  mobilières  a  diminué  de  moitié,  tandis  que  celui 
des  propriétés  a  augmenté  d'un  cinquième. 


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-  149  - 

à  la  charge  de  14  septiers  de  bled  seigle,  mesure  de  Jarnages.  » 
(H.  136). 

Les  religieux  sollicilèreiit  des  lettres  royaux  les  autorisaut  à 
poursuivre  le  recouvrement  des  biens  vendus  par  leurs  prédéces- 
seurs, sans  cause  ni  autorisation,  sous  prétexte  d'arrentemeni  et 
d'emphyléose. 

Ils  faisaient  valoir  ce  qne  le  revenu  de  la  dicte  abbaye  en  est  gran- 
dement altéré  et  diminué  et  ne  sufQst  pour  subvenir  à  leur  nourri- 
lure,  enlretènoment  et  autres  nécessitez,  pour  acquitter  le  service 
divin  et  antres  charges.  »  Ils  signalaient  notamment  le  pré  de  la 
Pale,  délaissé  en  emphythéose  pour  52  sols,  et  qui  valait  plus  de  15 
livres  de  revenus  ;  Télang  du  pré  des  Vergues,  délaissé  pour  7  livres 
et  qui  en  produisait  plus  de  100. 

En  1630,  Louis  XIII  leur  accorda  Tautorisation  demandée.  Ils  en 
proGtèrent  immédiatement.  En  1598,  Mathurin  Mérigot,  lieutenant 
criminel,  avait  acheté,  de  Tabbaye,  Tétang  de  Cherpont  et  divers 
cens  et  rentes  sur  les  villages  de  Marzan,  les  Fosses,  paroisse  du 
Moutier-d'Ahun,  Thérat,  paroisse  de  la  Sauniére,  Villeservine, 
paroisse  de  Saiule-Feyre.  A  la  môme  époque,  Christophe  Garron, 
président  en  Téleclion  de  la  Marche,  avait  acheté  un  pré  et  des  cens 
et  rentes  à  Saint-Laurent.  Les  religieux  en  demandèrent  le  rachat 
en  1630.  Les  héritiers  Garron,  après  s'être  laissés  condamner  par 
défaut,  finirent  p.'^r  consentir  au  rachat.  Gabriel  Mérigot,  lieutenaot- 
gènéral,  héritier  de  Mathurin,  se  montra  plus  récalcitrant.  Condamné 
en  1631,  à  restituer  les  biens  acquis,  il  épuisa  tous  les  degrés  de 
juridiction  et  la  série  des  procès  ne  prit  On  qu'en  1653.  En  1556,  le 
montant  des  rachats  était  déjà  de  9817  livres  18  sols  7  deniers  (pro- 
cès-verbal de  division  en  3  lois,  ^  600). 

Lorsque  los  religieux  n'avaient  pas  les  fonds  nécessaires,  ils  n*hè« 
sitaient  pas  à  effectuer  les  rachats  qui  se  présentaient,  sauf  à  payer 
rinlérêt  des  sommes  dues  ou  à  les  emprunter.  Ainsi,  dans  son 
procès-verbal  de  visite  de  1703,  djm  Charles  de  Gonnet  dit  :  c  Les 
religieux  ont  acheté,  depuis  noire  dernière  visite,  du  duc  de  la 
Feuillade,  une  forest  et  une  maison  dans  la  dicte  forest,  pour  3800 
lirres,  dont  ils  payent  les  intérêts.  »  (H.  24). 


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-  160- 

El)  17()4,  rachat  de  Tétang  d*Epit,  qui  avait  été  aliéné  par  sen- 
tence judiciaire  enl564,  alors  qu'il  était  en  pré  par  suite  de  la 
rupture  de  la  chaussée.  Depuis  cette  époque^  la  chaussée  avait  été 
refaite  et  on  avait  construit  des  moulins  à  farine  et  à  chanvre  ;  le 
rachat  eut  lieu  moyennant  3000  livres,  qui  furent  prêtées  par  les 
religieuses  hospitalières  de  Guéret. 

Une  des  grosses  dépenses  de  Tabbaye,  c'étaient  les  frais  de  pro- 
cédure. Nous  avons  vu  précédemment  certains  procès  ayant  une 
durée  de  dix  à  vingt  ans;  il  yen  avait  beaucoup  d'autres  plus  courts, 
qui  n'étaient  pas  moins  fort  onéreux  par  leur  multiplicité  : 

Procès  avec  les  curés  au  sujet  des  novaies  et  du  paiement  des 
portions  congrues  ;  (H.  53,  îi%  133,  136...) 

Procès  avec  des  voisins  pour  usurpations  de  terres  (I)  ;  (H.  131). 

Procès  avec  les  habitants  de Drevant,  qui  ne  se  conforment  pas 
aux  bans  de  vendange  ;  (H.  54). 

Procès  de  pèche  (H.  93,  94,  95,  123).  Les  religieux  prétendaient 
avoir  le  droit  de  pèche  sur  la  rivière  de  Creuse  «  pour  la  partie  qui 
coule  dans  l'étendue  de  leur  mouvance  et  directe  seigneurie.  »  Ils 
poursuivaient  impitoyablement  les  habitants  qui  péchaient  dans  ces 
limites.  De  son  côté,  Hérigot  disait  que  les  religieux  faisaient  pécher 
dans  rétendue  de  sa  justice  de  Chantemille  et  leur  intentait  des 
procès  à  ce  sujet. 

Malgré  ces  dépenses,  les  religieux  arrivaient  à  faire  de  petites 
économies,  qu'ils  employaient  à  acheter  des  lopins  de  terre  ou  quel- 
ques cens  et  rentes.  Ainsi,  de  1686  à  1694,  ils  achetèrent  une  terre 
moyennant  66  livres,  plusieurs  près  payés  respectivement  450,450, 
120,  190, 200  livres  (H.  Ui);  Achat,  en  1743,  d'un  jardin  joignant  la 
grange  de  Tabbaye,  moyennant  la  somme  de  400  livres  (H.  133)  ; 
etc.  Ces  achats  n'étaient  pas  le  seul  moyen  qu*eussent  les  religieux 
de  placer  leurs  économies.  Dien  que  l'église  défendit  le  prêt  à  inté- 


(1)  Les  usurpations  avaient  commencé  dès  le  xiii«  siècle.  Une  bulle 
d'Urbain  IV,  du  15  décembre  12(53  excommunie  ceux  qui  détiennent 
des  cens,  dîmes,  ou  terres  appartenant  à  Tabbaye.  Pièces  jusUfica- 
tives,  n»  IV,  ' 


^!ii 


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-loi- 

réls,  nous  Irouvohs,  de  1680  à  1715  (II.  125)  d*assez  nombreuses 
cunslitulionsde  renies  5  •/•  ^u  profil  des  religieux  du  Moulier- 
d'Ahnn  en  paieuienl  des  sommes  prêtées  par  eux:  200  livres  de 
rente,  par  Gabriel  Bertrand,  écnyer  ;  25  livres,  par  noble  Jean 
bonnet,  sieur  des  Mas  ;  105  livres  par  Gilbert  Pailleron,  bourgeois 
du  Moutier-  i'Âbun  ;  300  livres,  par  noble  François  de  Nesmond, 
conseiller  du  roi  au  siège  prèsidial  de  Guéret,  Etienne  et  Annet  de 
Ncsmond,  sieurs  de  la  Betoulle  et  de  la  Chassagne,  avocats  ;  100 
livres  par  noble  Philippe  Tournyol,  sieur  de  Uournazeau,  président 
en  IVIeclion  delà  Marche,  à  Guèret  ;  etc. 

Il  arrivait  aussi  que  Tabbaye  rentrait  en  possession  de  certains 
biens,  par  application  du  droit  de  mortallle.  Ainsi,  en  1679,  M* 
Jean  Koudeau  étant  décède  sans  descendants,  le  domaine  à  4  bœufs 
qu'il  possédait,  en  mortaillable  condition,  dans  le  village  de  Bordas 
Tut  remisa  Tabbaye  en  vertu  d'une  ordonnance  du  lieutenant  parti- 
_  culier  de  la  sénéchaussée  (11.  103). 

Certains  mortaillables  cherchaient  à  éluder  les  dispositions  de  la 
coutume  de  la  Marche.  Dans  une  supplique  aux  c  gens  lenaAts  le 
siège  prèsidial  de  la  Marche  à  Guèret  »  les  religieux  exposent  que 
Marien  Villatte,  homme  mortaillable  de  leur  directede  Villeservine, 
se  voyant  atteint  d'une  maladie  mortelle,  céda  deux  héritages,  mo- 
yennant une  somme  modique,  à  François  Simonnet,  son  beau  frère 
et  que  le  vendeur  mourut  peu  de  temps  après.  Ils  font  remarquer 
que  la  coutume  de  la  province  interdit  à  Piiomme  tenant  mortaiU 
lablement  son  héritage  de  le  vendre  ou  d'en  disposer  en  faveur 
d'autres  personnes  que  celles  de  leur  condition,  que  l'acquéreur 
n'étant  pas  homme  mortaillable  de  la  même  directe  n'a  pas  qualité 
pour  acquérir.  Ils  sollicitent,  en  conséquence,  l'autorisation  d'assi- 
gner ledit  Simonnet,  pour  voir  déclarer  les  deux  héritages  à  eux 
acquis  par  droit  de  commise,  et  s'entendre  condamner  à  la  resti- 
tution  des  fruits  iu'Iuement  perçus  et  à  tous  dommages,  intérêts  et 
dépens  (H.  118). 

Pour  tous  les  biens  nouvellement  acquis  ou  recouvrés,  l^abbaye 
se  garda  bien  de  faire  des  arreniemenls  perpétuels.  Le  dernier,  que 
U0U8  ayons  reucunirê,  est  de  1564,  Il  est  relatif  à  une  portion  de 


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terre  sise  dans  le  bois  d'Epeisse  et  arrenlée  moyennant  12  sois  par 
an.  Les  religieux,  instruits  par  Texpérience,  passèrent  des  baux  à 
ferme  de  5à  9  ans  au  plus,  ou  à  défaut  des  baux  de  métayage  de 
même  durée.  Parfois  le  nouveau  métayer  était  si  pauvre  que  Ton 
devait,  à  son  entrée  en  jouissance,  lui  prêter  une  certaine  somme 
(300  livres),  remhuursable  seulement  à  Texpiration  du  bail. (H. 115). 

Il  nous  reste  à  faire  connaître  les  biens  et  revenus  de  Tabbaye. 
Ici  encore  Tabsenee  de  Terriers  est  des  plus  regrettables.  Heureuse- 
ment le  procès-verbal  de  1656  nous  a  été  conservé.  Pour  former 
trois  lots  égaux,  il  fallait  bien  connaître  la  totalité  de  ce  qui  appar- 
tenait à  Tabbaye  ;  les  déclarations  de  Tabbé  et  des  religieux  sont 
aussi  détaillées  qu'on  peut  le  désirer  (1). 

L'abbaye  percevait  des  dîmes,  des  cens  et  renies  sur  une  centaine 
de  villages  des  paroisses  d'Ahun,  Banise,  la  Chapelle- Saint-Martial, 
Cressat,  Drevant,  Fransèches,  Genouillat,  Mazeirat,  Houtier-d'Âlion, 
Pionnnt,  Saint-Laurent,  Saint-Marlial-le-Mont,  Sainl-Mèdard,  Saint*- 
Pardoux-les-Cards,  St-Sulpice-les-Champs,  Saint-Sulpice-le  Donzeil, 
Saint-Yrieix-li*s-Bois,  la  Saunière,  Vidaillat,  Vigeville,  etc.  L'abbaye 
possédait,  en  outre,  des  domaines  exploités  par  fermiers  ou  par 
métayers  ;  ils  furent  vendus,  comme  biens  nationaux,  à  Tépoque  de 
la  Uévolnlion.  Nous  en  faisons  connaître  plus  loin  remplacement  et 
la  valeur. 

Les  ravenns  de  Tabbé  étaient  : 

En  dîmes  :  argent  ^06  livres,  seigle  878  setieis  ; 

En  rentes  :  argent  96  livres^  froment  25  setiers,  seigle  IGO  se- 
tters, avoine  61  setiers. 

Les  religieux  jouissaient,  par  fermiers  ou  métayers,  de  deux  près 
sis  au  territoire  du  Moutier-d'Ahun,  du  bois  d*Epeisse  (paroisse  de 
S^int-Trieix*les-Bots),  des  Etangs  de  Lubeix  (paroisse  de  Fransè- 
ches), d'Epeisse  et  de  Cberpont  (paroisse  de  SaiQte-Feyre)^  qu'ils 
empoissonnaient  et  faisaient  pôcber  régulièrement. 


(1)  Plôces  ]u9tiflcativèS|  a"»  V. 


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—  153  - 

Ils  avaieut,  en  outre  : 

l''  Dîmes  :  224  setiers  seigle,  27  seliers  avoine,  plus  des  char- 


2''  Cens  et  rentes  :  argent  11  livres,  froment  4  seliers,  seigle  198 
setiers,  avoine  13  setiers  ; 

Z^  Rentes  sur  les  biens  rachetés:  argent  3i  livres,  froment  12  se. 
tiers,  seigle  58  setiers,  avoine  24  setiers. 

4<'  Obils  et  fondations  de  messes  :  argent  7  livres,  seigle  40 
setiers. 

Le  revenu  total  de  Tabbayc  était  donc,  en  1656>  de  :. 

354  livres  argent,  41  setiers  froment,  4558  setiers  seigle,  125  se- 
liers avoines  plus  des  charnages  et  environ  50  poinçons  de  vin, 
provenant  des  dîmes  de  vignobles  de  Drevant  (Cher). 

On  voit  que  les  rentes  en  argent  étaient  insignifiantes,  compara- 
tivement aux  rentes  en  nature.  » 

Les  religieux  reçurent  le  tiers  de  la  totalité  de  ces  revenus; 
pendant  la  démence  de  l'abbé  Louis  Coquille,  ils  prirent  à  ferme  le 
lot  des  cliarges,  et  durant  les  deux  premiers  tiers  du  xvfii*  siècle, 
ils  jouirent  même  de  la  totalité  des  revenus  de  Tabbaye,  sauf 
une  pension  payée  à  leur  abbé.  Celle  pension  fut  de  9(K)  livres, 
par  an,  de  1704  à  1748,  puis  de  1200  livres,  de  1748  à  1768, 
l'abbé  étant  uniquement  tenu  à  rentretien  du  logis  abbatial.  Ces 
clauses  étaient  avantageuses  pour  les  religieux  si,  comme  le  dit 
plus  lard  Tabbé  Elle  de  Nesmond»  le  revenu  net  de  Tabbé  valait 
4.000  livres. 

Pendant  une  centaine  d'années,  le  revenu  des  religieux  fut  plus 
que  suffisant  ;  c'est  alors  qu'ils  effectuèrent  les  achats,  dont  nous 
avons  parlé.  Mais  après  leur  long  procès  avec  Elle  de  Nesmond,  ils 
furent  condamnes  à  solder  les  réparatioirs  qui  devenaient  néces- 
saires dans  leur  lot,  à  i)ay6r  les  pensions  congrues  des  curés^  des- 
servant les  églises  dont  ils  étaient  dècimatdors.  Et  ces  pensions, 
qui  étaient  de  209  puis  300  Uvres^au  xvil^stèelef,  s*étai9nt  élevéei 


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pour  quelques  curés,  à  700  en  1782  (1).  Les  décimes  payés  par  la 
raeiise  convenluelle  élaieiit,  en  1789,  de  787  livres  4  (H.  83);  elc... 

Toutes  ces  charges  accumulées  ne  laissaient  pas  aux  religieux  de 
quoi  subsister^ (2);  il  en  était  de  même  dans  les  autres  monastères 
de  Tancienne  Observance  de  Cluny.  On  en  demanda  la  suppression 
au  pape  Pie  VI;  elle  fut  prononcée  par  un  bref  du  4  juillet  1788. 
Le  roi,  pour  prévenir  la  ruine  de  Tordre  de  Cluny,  autorisa,  par 
lettres  patentes  du  19  mars  1789,  Texéculion  de  ce  bref  dans  le 
royaume;  l'étroite  Observance  fut  seule  conservée  (H.  29). 

Au  moment  de  la  suppression,  il  n'y  avait  que  5  religieux  dans 
Tubbaye  du  Moulier-d'Âhun  :  Joseph-Gilbert  Poucet,  prieur  claus- 
Irat,  Pierre- François-Régis  Forestier  d*5  Villeneuve,  Julien  Mary, 
Jean  de  Peyroux  el  Jean-Baptiste  Dés  de  Saint-Just.  Il  fut  alloué 
une  pension  annuelle  de  1.700  livres  au  prieur,  et  de  1.400  à 
chacun  des  quatre  autres  religieux.  Ils  furent  libres  de  conserver 
leur  logement  dans  le  monastère,  jusqu'à  ce  qu'il  fût  uni  à  un  autre 
établissement  (3);  ce  dernier  leur  paierait  alors  une  indemnité  de 
logement  égale  au  sixième  de  la  pension. 

Ces  religieux  ne  jouirent  pas  longtemps  de  leur  pension.  La 
Révolution  allait  à  grands  pas,  les  mesures  contre  le  clergé  régulier 


(1)  D'après  le  traité  passé  avec  Fasse,  représentant  de  l'abbé  de 
Nesmond.  les  religieux  paient  i/3  de  la  pension  congrue  de  700  livres 
du  curé  de  Saint-Yrieix  et  i/3  de  celle  de  î^ôO  livres  de  son  vicaire  ; 
5/9  de  la  portion  congrue  de  700  livres  du  curé  du  Moutier-d'Aun  :  etc. 
(H.  13). 

(2)  Dans  une  lettre  adressée  au  bureau  de  la  régie  à  Limoges,  le 
syndic  de  Tabbaye  demande  un  délai.  Les  revenus  de  Tabbaye  ne 
suffisent  pas  pour  payer  les  curés  et  les  vicaires  et  pour  vivre.  Afin 
de  payer  Tannée  de  pension  du  défunt  abbé  Jean  de  l'Eglise  et  Tannée 
de  régale,  il  faut  vendre  un  elTet,  mais  on  ne  peut  le  faire  sans 
Tagrément  des  supérieurs  (H.  83). 

(3)  ((  En  attendant  que  les  dites  unions  aient  eu  lieu,  les  biens  de 
Tancienne  Observance  seront  régis  par  le  receveur  des  décimes  de 
chaque  diocèse.  Les  fermiers  et  débiteurs  des  d.  biens  paieront  à  ces 
receveurs.  La  disposition  des  cures  dépendant  des  conventualités 
supprimées  appartiendra  aux  archevêques  ou  évoques  des  diooètes 
dan»  lesquels  les  d.  cures  seront  situées.  9  (H.  29). 


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-  158  - 

el  séculier  se  succèdaieut  avec  une  terrible  rapidité.  Pensions,  et 
auvent  pensionnés,  ne  tardèrent  pas  à  disparaître. 

Les  propriétés  de  l'abbaye  furent  vendues  aux  enchères,  comme 
biens  nationaux,  par  le  directoire  du  district  de  Gnéret  : 

Le  U  février  1791,  le  domaine  de  Bordai,  paruisseCressat,  adjugé 
à  Louis  et  Pierre  Bernard,  qui  en  jouissaient,  comme  métayers, 
moyennant 9. 125  livres. 

Le  25  février  1791,  le  moulin  et   Tétang  d'Epy, 
plus  un  petit  pré  et  une  petite  terre  les  joignant,  (la 
terre  dépendait  de  la  vicairie  de  Sainte-Catherine) 
adjugés  à  Jean  Auppy 48.100     — 

/L.e  domaine  delà  Barrière 35.000     — 

I^e  4lomaine  et  métairie  de  la  Vaurelte 22.500     -— 

Lm^  pré  du  Nouaud  ;  maisonnette  et  jardin  appelés 
^e  ClAezFaure;  grange,  dite  de  la  Communauté, 
siltiê^  sur  la  place  devant  la  maison  abbatiale  et  petit 
Jard  i  &i  joignant  la  dite  grange 21.000     — 

L^     parc  ou  enclos 4.000     — 

*!*«->  mjs  ces  biens  adjugés  à  Louis  Jorrand. 

L-^    pré  du  Colombier,adjugé  à  Silvain  Giry,  notaire 
^  A  »B  un 3.500     — 

^^  pré  Bagnaud,  adjugé  à  Denis  Lobligeois,  mar- 
cba»^clàAhun , 1.200     — 

I-^  pré,  appelé  du  Curé,adjugé  à  Louis  Mazaureix         600     — 

L-^  moulin,  appelé  du  Houiier,  et  celui  de  Pont- 
^^A  ^  Ijrot,  adjugés  à  Jorrand,  et  à  Léonard  l^érichon, 
lie ixfc curant  à  Saint-Martial-le-Mont,  conjointement.     13.000     — 

ï-^  pré  de  la  Pale,  la  pelade  appelée  de  la  Gar- 
go^ii  1  le  et  le  pré  appelé  de  l'abbé,  adjugés  aux 
"^^*»^  «s,  conjointement 2.700     — 


A  reporter 130.725  livres. 


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-  186  - 

Report 130.725  livres. 

Maison  conventuelle  et  abbatiale,  coar  et  jardins 
situés  autour  des  bâtiments,  pré  appelé  la  Garenne, 
bois  appelé  Jeune,  jardin  en  diènevière,  appelé  de 
Tabbaye,  adjugés  à  Ranon  du  Mas  du  Teil  et  à  de 
Combredet  des  Plas,  citoyens  de  la  ville  d'Âliun, 
conjointement 9.100     — 

Le  15  mars  1791,  domaine  de  Puyparaud,  paroisse 
de  Saiut-Lauresit,  adjugé  à  Pierre  Guillot,  habitant 
de  Puyparaud 13.600     — 

Le  13  avril  1791,  pré  appelé  de  la  Cure,  pré  du 
Vivier  et  un  petit  bois  y  joignant,  paroisse  de  Saint- 
Laurent,  petit  étang,  appelé  des  Bouilles,  paroisse 
de  Sainl-Yrieix-les-Bois,  adjugés  à  Jacques  Boyer, 
demeurant  à  Viliasprouas  et  Pierre  Âmathieu,  de- 
meurant au  moulin  du  Chier,  paroisse  de  Sainte- 
Feyre,  conjointement 5.005     — 

Le  20  avril  1791,  moulin,  étang  et  jardin  du 
Cherpont,  adjugés  à  François  Dumaresl,  juge  au 
tribunal  du  district 12.000     — 

Deux  prés,  moitié  d'un  petit  bois  et  un  petit  étang 
i  St-Laurent,  adjugés  à  Nicolas  Pénot  habitant  à  la 
Pouyade,  prés  Guérel 1.475     — 

Etang  de  Villecourt,  paroisse  de  Saint-Yrieix-les- 
Bois,  aojugé  au  même 1.850     — 

Le  3  mai  1791,  Moulin,  étang  et  terre  d'Epeisses^ 
paroisse  de  Saint-Yrieix-les-Bois,  adjugés  à  Laurent 
Hougier  de  Beaumont 650     -^ 

Le  22  mai  1791,  Pré  du  Nouaud  ou  de  la  Poul  ^rie, 
situé  à  Fontigier,  paroisse  de  Cressat,  dépendant 
de  la  vicairie  de  Sainte-Catherine,  adjugé  à  Léo.iard 
Garda vaud,  demeurant  à  Azayet 245    ^ 


A  reporter. ..........  174.050  livres. 


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—  157  - 

Repart 174.6^10  livres. 

Le  28  mai  1792/deux  parties  de  terrains  en  côtes, 
situées  près  du  bourg  du  Moutier-d'Ahun,  adjugées 
à  Jorrand 81     -« 

Le  9  uiars  1791,  le  pré  de  las  Pradas,  paroisse  de 
Vidaillat,  adjugé  par  le  district  de  Bourganeuf  à 
Jean  Cliansard,  notaire  à  Vidaillat 4.?H0     — 


Le  total  de  ces  adjudications  s'élevait  à 475.U8I  hvres. 


L'abbaye  possédait  deux  domaines  à  Paizat  et  Prèbourgnon 
(commune  de  GenonilInt)  (H.  112).  Nous  n'avons  pas  trouvé  i'imlï- 
calion  de  leur  vente. 

Le  29  brumaire  an  X,  Louis  Jorrand  acheta,  moyennanl  700  fn 
les  chapelles  Saint-Jean  et  Sainte-Catherine,  attenant  à  règti^e  de 
l'abbaye,  sous  la  condition  de  les  faire  démolir  et  de  clore  les 
ouvertures  de  communication  avec  réglisc»  par  un  mur  de  deux 
pieds  au  moins  d'épaisseur. 


V.  —  Prieurés,  Gires  et  Vicairies  dépendant  de  l'At^bye 

A  quelle  époque  et  par  qui  les  églises  dépendant  de  r^jbUùytï  lui 
furent-elle  données?  Naus  ne  le  savons  que  pour  quatre  d'entre 
elles  :  l'église  do  Drevant  (diocèse  de  Bourges),  les  ègljîios  de 
Houtiers,  Saint-Paixent  et  Luchapt  (diocèse  de  Poitiers). 

lin  1055,  Ebraud  et  W.  de  Saint-Amand  donnèrent  à  Tabbayt!  du 
Moutier-d'Ahun  l'église  de  Drevant  et  ses  dépendances,  avf^c  Tautû- 
risation  de  Aimoii  de  Bourbon,  archevêque  de  Bourg^'s,  i^L  du 
consentement  de  tous  les  chevaliers  qui  pourraient  avoir  i\es  liroils 
sur  la  susdite  église.  Une  composition  de  100  livres  (Por  sera  payés 
par  quiconque  ira  à  l'enconire  de  la  présente  donation  (H>  46). 

En  1124,  Guillaume  Adhelelme,  évêque  de  Poitiers  (Il ii  il îo) 
donna  à  l'abbé  Clarus  l'église  de  Houtiers  et  confirma  la  dotialion 


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-  158- 

des  églises  de  Saint-Paixent  et  de  Lucbapt  faite  par  Pierre  (1087* 
1115),  Tun  de  ses  prédécesseurs,  à  charge  d'une  redevance  annuelle 
de  3  sous  poitevins  ou  de  6  sous  angevins  au  profit  de  l'église 
paroissiale  de  Saint-Pierre  de  Polders  (H.  78). 

En  lUi,  Géraud,  évèque  de  Limoges,  conQrma  à  Tabbaye  du 
Houlier-trÂliun  le  droit  <le  propriété  sur  diverses  églises,  reconnu 
par  Eustorge,  son  prédécesseur  (H.  2).  Nous  ne  connaissons  pas 
Torigine  de  ce  droit  de  propriété.  Il  doit  provenir  de  donations 
analogues  aux  précédentes.  Mais  parfois  les  moines  du  Houtier- 
d'Âbun  se  montraient  peu  scrupuleux,  quand  il  s'agissait  d'étendre 
les  possessions  de  leur  abbaye;  ils  prenaient  leur  bien,  non  seule- 
ment où  ils  le  trouvaient,  mais  là  même  où  ils  n'avaient  aucun 
droii.  Nous  en  donnerons  comme  exemple  leurs  démêlés  avec  le 
prieuré  de  la  Chapelle-Aude. 

Les  Mérovingiens  avaient  fait  de  nombreuses  donations,  en  Berry 
et  ailleurs,  à  l'abbaye  dti  Saint-Denis,  qui  en  avait  été  dépouillée  à 
la  suite  des  troubles  du  royaume.  Le  prieuré  de  la  Chapelle-Aude, 
dépendant  de  Saint-Denis,  ayant  été  fondé  vers  le  milieu  du  xi*  siè- 
cle, l'occasion  parut  favorable  pour  recouvrer  les  biens  usurpés. 
Conformément  à  une  bulle  du  pape  Alexandre  II,  l'archevêque  de 
Bourges,  lUchard,  déclara  le  2  juin  1088,  officiellement  restituées  à 
Saint-Denis,  les  églises  de  Viplaix,  Estivareilles,  etc..  Restait  à  faire 
exécuter  la  décision  de  l'archevêque.  Les  seigneurs  laïques  ne  se 
montrèrent  pas  trop  récalcitrants.  Les  plus  grandes  difficultés 
vinrent  de  TEglise,  notamment  des  moines  d'Ahun^  Chambon  et 
Evaux. 

L'église  de  Viplaix  avait  élé  rendue  par  les  seigneurs  du  pays  aux 
moines  de  Saint- Dt^nis,  qui  y  mirent  un  sergent  commendataire. 
Ce  vassal  s'entendit  avec  les  religieux  du  Montier-d'Ahun,  et  ceux- 
ci  obtinrent  de  l'archevêque  Léger,  qui  ne  connaissait  pas  les  droits 
de  Saint-Denis,  la  possession  de  l'église  de  Viplaix.  De  là,  plainte  de 
Raoul,  prieur  de  la  Chapelle-Aude.  Les  moines  du  Montier-d'Ahun, 
convoqués  à  quatre  reprises  différentes  devant  l'archevêque,  ne  se 
présentèrent  pas;  à  force  de  délais,  de  défauts  et  de  remises,  ils 
parvinrent  à  faire  traîner  l'affaire  pendant  deux  ans.  Le  jugement 


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-189- 

fut  prononcé  en  1113  :  Tarchevèquè  déclara  qae,  en  leur  donnanC 
celle  église,  ii  n'avail  pas  eu  inlenlion  de  porter  atleinle  au  droit 
d*aulruî,  et  décida  que  l*église  de  Viplaix  serait  rendue  aux  moines 
de  Saint-Denis. 

Quelque  lemps  après,  Vulgrin,  successeur  de  Léger,  eut  à  jnger 
une  affaire  de  même  nature,  relative  à  l'église  d*Eslivareillef»  que 
l^s  moines  du  MoulierdWIiun  avaient  usurpée.  Ils  recommencèrent 
leur  système  de  défauts  et  de  délais;  enfin,  Vulgrin  les  condainaa  à 
resliluer  (1123).  Chirus,  abbé  d^Âliuii  ne  céda  qu^après  avoir  été 
menacé  d'excommunication  par  deux  lègals  différents.  Toutefois  les 
moines  d'Âhun  ne  renoncèrent  pas  à  leurs  injustes  prèleiiti::}as. 
Avec  l'aide  de  laïques,  ils  s'emparèrent  de  nouveau  de  Teglise 
d'Eslivareilles,  et  Suger  dut  demander  à  Pierre  de  la  Châtre,  arclie- 
vèque  de  Bourges  (1141-1171),  de  faire  rendre  cette  église  à  l'alïbaye 
de  Saint-Denis.  La  reslitulion  définitive  dut  enfin  avoir  lieu«  car 
au  xviii*  siècle,  le  prieuré  de  la  Cliapelle-Âude  possédait  encore 
Tèglise  d'Estivareilles  (i). 

Une  bulle  de  Lucius  III,  du  i*' juin  l\8i  (â)  confirma  l'abhaye 
du  Moutier-d'Ahun,  d  ins  la  propriété  de  tout  ce  que  le  monastère 
possédait  justement  et  canoniqueiuent,  en  particulier  des  églises 
indiquées  ci-'après  : 

Dans  le  diocèse  de  Limoges  : 

Les  églises  de  Saint-Silvain  d'Aliun,  Saint-Murlialle-Mont,  la 
Kochette,  Notre-Dame  de  la  Cour  (Aubnsson),  Banise,  Saint-Avil- 
le-Pauvre,  Vidaillal,  Saint-Sulpice-les-Champs,  la  Chapelle-SMint- 
Mania),  le  Secq  (paroisse  de  Saint-Sulpice-lc-Donzeil),  Lépinas, 
Saint- Yrieix-les-Bois,  la  Saunière,  Fransèches,  Saint-Laurent  ; 

Les  chapelles  du  château  d'Aliiin,  Chantaud  (paroisse  de  Suint- 
Marlial-le-Hont),  Beanbiat  (paroisse  de  Banise). 

Dans  le  diocèse  de  Bourges  : 

Les  églises  de  Drevant  et  de  «  Pazat  ». 


(1)  Carlulaire  dp  la  Chapelle- Aude,  p.  47,  85,  104,  108,  J24,  12%. 

(2)  Pièces  justificatives,  n''  VI. 


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-  160  - 

Dans  le  diocèse  de  Poitiers  :  • 
Les  églises  de  Saitit-Paixent,  Lucbapt,  Mouliers  ; 
Les  chapelles  de  Saliil-Elierine  de  la  Barbade  et  de  la  Foré*. 
  ces  églises  vinrent  s'ajouter  plus  tard  : 
Dans  le  diocèse  de  Limoges  : 

Les  églises  de  Cressat,  Saint-Crislophe,  Saint-Pardoui-les-Cards; 
La  chapelle  de  Sainte-Berthe  (paroisse  de  Gartempe). 
Dans  le  diocèse  de  Bourges  : 
L'église  de  Colombier  (près  Drevani). 

Il  fut  fondé,  en  outre,  diverses  vicaiiies  ou  commissions  de 
messes,  dont  nous  parlerons  tout  à  Theure  : 

l«  Prt>nr^i. —Toutes  ces  églises  possédaient  des  dîmes  et  des 
dépendances.  A  Torigine,  Tabbaye  détacha,  près  des  mieui  dolèes, 
un  de  ses  moines  chargé  d'en  percevoir  le  revenu  et  d'assurer  le 
service  divin  (I).  Ce  fut  Torigine  des  prieurés.  Plus  tard,  quand  les 
moines  furent  moins  nonibreui,  il  n'en  fut  plus  envoyé  au  dehors 
de  Tabbaye.  Les  prieurés  n'en  subsistèrent  pas  moins,  à  l'état  de 
bénéflces,  accordés  le  plus  souvent  à  des  religieux  du  IlouUer- 
d'Âhun,  mais  parfois  aussi  à  des  prèlres  séculiers  ou  à  des  religieux 
d'antres  monastères. 

Le  prieuré  conserva  son  ancienne  dota'ion,  moins  une  certaine 
quantité  de  grains,  prélevée  pour  le  traitement  du  desservattt  de 
réglise.  Le  prieur  n'ofOcinit  qu'aux  quatre  fêtes  annuelles  et  le  jour 
de  la  fête  du  patron  de  l'église.  Ces  jours  là,  il  percevait  tes  oflraii- 
des,  et  le  curé  l'assistait  comme  diacre. 

L'abbé  du  Montter-d'Âhun  avait  le  droit  de  rfommer  les  prieurs. 
Il  élai».  quelquefois  porté  atteinte  à  ce  droit,  tantôt  pa^  le  pape, 
tantôt  par  l'évèque,  sans  que  i*on  sache  pour  quel  motif,  si  ce  n'est 
celui  de  percevoir  la  taxe  altacliée  à  la  délivrance  du  titre  de   noiui- 


(1)  «  Autrefois  les  religieux  de  la  dite  abbaye   du  Moutier-d'Ahun 
avoyent,  en  qualité  de  curé,  déservy  la  dicte  église  d'Ahun  »  (H.  3a). 


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-  161  w 

nalioii.  I/exempte  le  plus  lypiquc  est  celui  de  la  nomination  du 
prieur  d*Âiiun  en  1658;  nous  voyons  cinq  candidats  simultanés. 

Auslriile  Tibord,  religieux  profës  de  Tabbaye  avait  été  pourvu,  le 
15  juillet  1658,  du  prieuré  de  Saiiit-Silvain  d'Aliuu,  par  signature 
(le  la  cour  de  Rome,  visée  par  Tévèque  de  Limoges.  Le  13  décembre 
1858,  le  sénéchal  de  la  Marche  rendit  une  sentence  reconnaissant  le 
sieur  Taquenet,  écuyer,  prêtre,  pour  prieur  de  Sainl-Silvain  d'Âhun 
«  comme  aiantle  plus  apparent  droit»  et  iuterdisant  à  Messire 
Auslriile  Tibord,  dom  Léonard  Pailleron,  tous  les  deux  religieux 
profés  du  Moutier«d*Ahun,  Léonard  Musiiier,  prêtre  communaliste 
et  dom  Jean  Lemoine,  qui  se  prétendaient  aussi  canoniquement 
pourvus,  (le  troubler  ledit  sieur  Taquenet  dans  Texercice  de  ses 
droits.  Ce  jugement  fut  cassé,  le  18  janvier  1659,  par  sentence  du 
Grand  Conseil,  sur  la  requête  de  dom  AustrilleTibord.  (H.  30). 

Eu  cas  de,  vacance  du  siège  abbatial,  la  nomination  des  prieurs 
appartenait  à  révêque,  comm;  suppléant  de  Tabbé,  et  non  au  pape, 
sinon  au  cas  de  prévention,  l/abbè  générât  de  Cluny  n^avait  le  droit 
de  nomination  que  dans  le  cas  de  dévolution,  c'est-à-dire  lorsque  le 
collateur  avait  négligé,  pendant  six  mois,  d'user  de  son  dndt. 

Le  prieur,  nouvellement  nommé,  prenait  possession  de  son  béné- 
fice, à  la  manière  accoutumée  (1). 

Les  prieurés  étaient  au  nombre  de  cinq  (2)  : 

Le  prieuré  de  Saint  Silvain  d'Âhun.  Son  revenu,  eu  1656,  était 


(1)  Prise  de  possession  (27  septembre  1748)  du  prieuré  d'Ahun  par 
dom  Pierre  Lombard  :  «  élaiit  entré  duns  ladite  église,  led.  sieur 
Lombard  aurait  pris  de  Teau  bénite,  étant  conduit  par  vénérable  Dom 
Alexis  Couturier,  prêtre,  religieux  de  lad.  abbaye  du  Moutier-d'Ahun, 
se  serait  approché  du  maître  bôtel  qu'il  aurait  baisé,  après  avoir  fait 
sa  prière  et  adoré  le  très  Sainl-Sacrement,  et  de  là  conduit  comme 
dessus,  se  serait  placé  dans  la  place  destinée  au  prieur  de  lad. 
église,  les  cloches  sonnantes,  et  a  déclaré  à  haute  voix  que,  par  tout 
ce  que  dessus,  il  prenait  possession  réelle  et  corporelle  et  actuelle 
dud.  prieuré  de  Saint-Silvain  de  l'église  paroissiale.  »  (H.  32). 

(2)  Il  parait  que,  postérieurement  à  1580,  Tabbé  du  Moutier-d'Ahun 
eut  le  droit  de  nommer  le  prieur  d'Ajain  (Ajain  par  M.  Tabbé  Dardy, 
p.  18). 

11 


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—  i62  - 

de  60  seliers  de  seigle  et  10  seliers  d'avoine,  prélevés  sur  la  dime 
d'Abun  ; 

Le  prieuré  de  Sainl-Jean  de  la  Cour  : 

Le  prieuré  de  Beaubial.  En  1229  R.  de  Brndieu,  prévôt  de  Pon- 
tarion,  avait  donné  à  ce  prieuré  tout  ce  qu'il  possédait  (terres  el 
hommes)  dans  le  mas  de  Confolens,  paroisse  de  Danise  ; 

Le  Prieuré  de  Saint-Paixeni  (1)  ; 

(Nous  ne  connaissons  pas  le  revenu  de  ces  trois  prieurés). 

Le  prieuré  de  Drevanl.  Il  avait  été  uni,  dès  1329,  à  la  niense 
abbatiale  du  Moulier-d'Ahun,  par  Guillaume  de  Brosse,  archevêque 
de  Bourges  (H.  46).  Le  16  janvier  1650,  il  fut  affermé,  pour  5  ans, 
à  un  laïque,  qui  était  tenu  de  faire  assurer  le  service  divin,  et  de 
payer  300  livres  par  an,  plus  1o  tonneaui  de  vin  aux  religieux  du 
Moulier-d*Ahun  (H.  51). 

Le  revenu  de  ces  prieurés,  si  vivement  disputés,  était  donc  peu 
considérable;  encore  arrivait-il  que  le  titulaire,  qui  résignait  un 
prieuré,  se  réservât  une  petite  pension  annuelle  (II.  37, 87). 

2<>  Curei.  ^  L'abbé  du  Houlier-dAhun  était  curé  primitif  d® 
toutes  les  églises  dépendant  de  Tabbaye,  les  desservants  n'en 
étaient  que  vicaires  perpétuels. 

D'après  la  bulle  de  Lucius  III,  du  1*"*  juin  1182,  Tabbé  avait  le 
droit  de  présentation  et  de  nomination  à  toutes  ces  cures,  la  colla- 
tion et  rinstilulion  canonique  appartenaient  à  Tévèque  du  diocèse. 
En  1656,  les  religieux  du  Mouti(*r-d*Aliun  prétendaient  avoir  droit 
de  nommer  aux  cures  de  Vidaillat,  Siint-Sulpice-les-Champs,  la 
Chapelle-Saint-Martial,  «  et  même  à  tous  b*8  bénéQces  se  tenant 
dans  la  dépendance  des  dismes  dont  ils  jouissaient  ».  L'abbé  leur 
déniait  ce  droit,  dont  ils  ud  durent  sans  doute  pas  justifier,  car 
nous  n'avons  trouve  aucune  nomination  f;iite  par  les  religieux,  bien 
qu'un  arrêt  du  (Irand  Conseil  leur  en  eût  donné  l'autorisation, 
condilionnellement  comme  nous  l'avons  dit. 


(1)  pièces  juslincativcs,  n«  VII. 


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-  I&3  - 

Le  Irailemeiil  des  curés  des  paroisses  consistait  en  un  cerlain 
nombre  de  seliers  de  blé,  prélevés  sur  les  dimes,  savoir  : 

Ahuii,  20  setiers  de  seigle  ; 

Moutier-d'AhuD,  20  seliers  de  seigle; 

SaiDt-Harlial-le-Monl,  45  seliers  de  seigle  ; 

Sailli- Yrieix,  30  seliers  de  seigle  ; 

Saint-Laurent,  40  setiers  de  seigle  ; 

La  Saiinière,  20  seliers  de  seigle  ;  etc. 

Toutes  ces  dimes,  mesure  d*Aliun. 

Ces  revenus  en  grnins  étant  souvent  insufQsants,  plusieurs  curés 
rèclamèrenl  la  portion  congrue,  bien  qu'elle  fut  seulement  de  ^00 
livres  jusqu'en  168G.  A  celle  date,  elle  fut  portée  à  300  livres,  la 
plupart  des  curés  renoncèrent  alors  à  leur  part  de  dimes.  Kt  cepi'H- 
daiil  celte  portion  congrue  èhiit  si  modique  que,  par  extension, 
Texpression  est  devenue  synonime  de  traitement  ou  salaire  à  peine 
suffisani  pour  vivre.  Malgré  le  peu  d'élévation  de  cette  pensiuiii 
Tabbé  ne  la  payait  pas  tonjiurs  très  régulièrement  ;  il  arrivait 
maintes  fois  que  les  curés  élaienl  forcés  de  s'adresser  à  la  justicH 
etd'inlenler  des  procès,  pour  en  obtenir  le  paiement  (H.  44,77,  82J. 

A  ces  revenus  en  seigle  ou  à  ces  portions  congrues  venaient 
s*ajouler,  il  est  vrai,  les  revenus  de  quelques  morceaux  de  terre  ou 
de  prés,  les  offrandes  et  le  casucl.  Mais  dans  nos  paroisses,  petites 
et  pauvres,  tout  cela  ne  constituait  pas  un  gros  revenu.  L'existence 
malérielle  des  curés  devait  être  peu  différente  de  celle  de  leurs 
paroissiens;  leur  logement  était  souvent  une  vraie  maison  de 
paysan. 

Ainsi,  en  !67à,  on  conslruisit'la  maison  presbytérale  de  Saint- 
Georges- la- Pouge,  «  couverte  à  paille,  et  ycelle  composée,  comme 
eshijcl  celle  du  sieur  curé  de  la  Cliapelle-Saint-Marcial,  d'un  bfis  tle 
maison,  chambre  et  un  grenier  audessus,  un  petit  estable  à  rùté, 
ccuiyenable  |)0ur  loger  le  cheval  dudict  sieur  curé,  outre  un  petit 
sellier  pour  mettre  son  vin.  »  Le  tout  coûta  420  livres,  fourniture 
des  ûjatériaux  comprise.  (H.  74). 


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S^  Vicairiei.  —  Des  vicairies  ou  commissions  de  messes  avaient 
été  fondées  dans  diverses  églises  ou  chapellesdépendanl  de  l'abbaye; 
chacune  d^elles  était  dotée  de  quelques  seliers  de  si  igleet  de  menues 
renies  en  argent.  Le  titulaire  élail  tenu  de  célébrer  un  certain  nom- 
bre de  messes  et  d'anniversaires,  aux  intentions  du  fond:4leur. 

Ces  vicairies  constituaient  des  bénéflces  qui,  malgré  leur  revenu 
très  modeste,  ne  manquaient  pas  de  compétiteurs  s*en  disputant 
la  possession.  Ainsi,  en  1630,  Jean  Rondeau,  pricnr  de  Tabbaye  du 
Moulier-d'Ahun,  avait  été  pourvu  de  la  vicairie  de  Sainl-Jean-Bap- 
liste,  comme  étant  un  bénéfice  régulier,  et  d'autre  [)ai  l  Jean  Coul- 
hornet,  prêtre,  avait  été  pourvu,  par  la  cour  de  Rome,  de  la  dite 
vicairie,  à  titre  de  bénéfice  séculier.  De  là  procès.  Le  sénéchal  de 
la  Marche  «  avait  adjugé  la  recréance  audil  Coullionnet.  » 

Appel  avait  été  interjeté  devant  la  cour,  mais  une  transaction  eut 
lieu  :  Rondeau  se  désista  de  l'appel  et  reconnut  Coulhonnel  pour 
légitime  titulaire  de  la  vicairie  ;  ce  dernier  fll  remise  de  tous  les 
frais  et  renonça  à  tous  dommages  et  intérêts.  (H.  36). 

Les  gradués  avaient  droit  aux  bénéfices  devenant  vacants  pendant 
certains  mois  déterminés.  Le  fonds  de  l'abbaye  C(»ntient  un  grand 
nombre  de  demandes  réclan.ant  le  privilège  accordé  aux  gra- 
dués (i). 

Nous  ne  connaissons  partiellement  les  dotations  aflectées  «n  ces 
vicairies  que  pour  cinq  d'entre  elles  :  Sainle-ùillierine-la-Basse. 
SaiiKe-Madeleine,  Cbantemille,  Saint  Jean-du-Bost-la-Lierre,  et 
Sainte-Croix. 

Le  revenu  de  la  vicairie  de  Sainte- Catheiine-la- Basse  consistait 


(1)  Fillionx,  curé  de  Jarnnges,  maître  ès-arls,  gradué  «  nommé 
en  l'université  de  Bourges  sur  les  bénéfices  dépendant  de  Tabbaye 
du  Moiilier-d'Ahun,  l)ien  ei  duement  quiiliné,  insinué  et  notifié  sur 
la  dite  abbaye  d  fait  établir,  par  procès-verbul  d'un  nolair»^.  qu'il  per- 
siste K  dans  ses  précédentes  informations  et  insinualions  de  ses 
nom,  surnom,  grades,  qualités,  capacités,  requiérant  Tabbé  de  le 
faire  jouir  des  privilèges  accordés  aux  gradués  en  conséquence  du 
concoriat  et  ordonnances  royaux,  ce  faisant  que  vacance  arrivant 
des  bénéfices  dépendant  de  ladite  abbaye  ès-mois  affectés  aux  gra- 
dués. »  (H.  121). 


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-  168  - 

en  c<7  seliersl  boisseaux  1/3  qnarle  el  i  écucllées  de  seigle,  mesure 
de  Janiage3,  sur  les  villages  do  Valeize,  h  Coussedtèrc,  Bordas  et 
i<\>iiligier,  paroisses  d'Âhuii  et  de  Cressal  ;  plus  en  un  pettl  pré 
irenviron  une  cliarlée  de  foin,  appelé  du  Nouaud,  situé  à  Fonti- 
gier,  «{ni  a  été  nolableraeni  amélioré  par  le  déclarant  ;  plus  en  une 
terre  appelée  du  moulin  d'iilpy,  contenant  6  boisseaux.»  Le  tout 
alTcrn)ë60  livres  par  an,  suivant  bail  du  6  février  1787  (déclaration 
faitoje  18  octobre  1790,  au  directoire  du  district  de  Guèrel,  par 
Julien  Mary,  titubire  delà  vicairie  H,  14&). 

Le  vicaire  de  Sainte-Madeleine  prélevait  6  seticrs  de  seigle  sur 
ladiine  de  Cbantand,  il  avait  sans  doute  quelques  autres  rentes,  Je 
ne  les  connais  pas. 

La  vicairie  de  Chantemille  avait  17  soliers  de  seigle,  à  prendre 
^m  ladlme  de  Chantcoiille  ; 

Le  titulaire  «le  la  vicairie  de  Saint-Jean-du-Bost-la-Lierre  perce, 
voit  un  quartier  de  (lime,  d'environ  3  sel iers  de  seigle,  sur  la  sei- 
gneurie de  Cressat,  plus  10  sois  sur  chacun  des  paroissiens  de 
Saint-Pardoulx-les-Canisr,  qui  avaient  droit  sur  le  pâturai  des 
Vergues.  Cette  vicairie  devait  avoir  quelques  autres  rentes,  dont 
le  détail  ne  nous  est  pas  connu  ; 

De  toutes  ces  vicairies,  la  mieux  d  )tée  était  celle  de  Sainte-Croix. 
Le  titulaire  recevait  une  prébende  complète  de  pain,  une  demi- 
prébende  de  vin,  20  setiers  de  seigle,  mesure  d'Ahun,  sur  le  mas  de 
Valaise,  plusieurs  menues  renies  en  argent,  etc.;  une  maison  était 
affectée  au  logement  du  vicaire  et  pourtant,  en  1010,  les  revenus  de 
cette  vicairie  n'étaient  affermés  que  80  livres  par  an. 

La  nomination  à  ces  diUérentes  vjcairies  appartenait  en  géné- 
ral à  l'abb),  quelquefois  au  fon<lateur,  rinstitutlon  canonique  étant 
réservée  à  Tévèque.  Pour  la  vicairie  de  Sainte-Croix,  d'après  la 
charte  de  fonlation  (H.  li),  le  droit  de  collation  appartient  à 
Tabbédu  Moutler-d'Âhnn;  s'il  néglige  de  pourvoir  à  la  vacance 
dans  le  délai  de  quinZ)  jours  lorsqu'il  sera  dans  le  diocèse,  et 
dans  le  délai  d*un  mois,  lorsqu'il  en  sera  absent,  ses  pouvoirs  pas^ 
leroDl  an  prieur,  cl  ensuite  du  prieur  à  révôqiie  do  Limoges.  Gelto 


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-  166  — 

charte  do  foudalion  esl  la  seule  qui  nous  soil  parvenue  pour  les 
vicairies  déi>endanl  de  Tabbaye  du  Uoutler-d'Aliun. 

Ces  vicairies  étaient  au  nombre  de  «neuf,  savoir  :  la  vicairle  de 
Saint-Jeaii-Baplisle,  fondée  en  Tégiise  paroissiale  d*Ahun.  Gti^es 
Rondeau  fut  nommé  à  ce  bénéflre,  en  IGii,  par  Charles  de  Châ- 
leaubodeaux,  écuyer,  patron  et  fondateur,  à  cause  de  sa  seigneu- 
rerie  de  Malleret; 

I^  vicairie  de  Saint-Pierre  et  S  lint-Philippe,  i  Tautel  de  Saint- 
Pierre  de  rêglise  d'Âhun.  Cette  vicairie  et  toutes  les  suivantes 
étaient  à  la  nomination  de  Tabbé  du  Mou!ier-d'Ahun  ; 

La  vicairie  de  Saint-Jacques  et  Suint-Philippe,  à  Taotel  de  ce 
nom  dans  Téglise  d'Ahun.  Elle  fut  fondée  en  1302  par  testament  de 
Hugues  le  Drun,  comte  de  la  Marche; 

La  vicairie  de  Sainte-Madeleine,  dans  la  chapelle  de  Ghanlaud, 
paroisse  de  St-Marlial-le-Mont  ; 

La  vicairie  dç  Sainte-Radegonde,  fondée  en  1512  dans  la  Chapelle 
de  Chanlemille,  paroisse  d'Ahun.  Cette  chapelle  était  en  ruines, 
Joachim  Mérigot,  sieur  de  Chantemilian,  la  lit  réparer  en  1618  et 
rétablit  Tancienne  vicairie  de  Sainte-Radegonde,  conformément  aux 
intentions  de  son  père,  Léonard  Mérigot; 

i^a  vicairie  de  la  Forêt,  c  vulgairement  appelée  de  St-Hibo  h 
(Saint-Thibaud),  paroisse  de  Hillac  (Vienne); 

La  vicairie  de  Sainte-Calherine-La-Basse,  fondée  dans  la  chapelle 
sise  à  droite  du  maître  autel  de  Téglise  abbatiale  de  Notre-Dame  du 
Houtier-d'Ahun  ; 

La  vicairie  de  Ste-Croix,  fondée  en  1340  par  Guillaume,  abbé  du 
Houtier- d'Ahun,  du  consentement  de  tous  les  religieux  de  la 
communaulé,  capitulairement  assemblés.  Cette  vicairie  était  ins- 
tituée dans  Tèglise  abbatiale  à  Tautel  de  Saint-Jean  ; 

La  vicairie  de  Sainl-Jean  du  Bost-la-Llerre,  fondée  dans  Téglise 
abbatiale, 

Nous  voilà  arrivé  au  terme  de  noire  lAche.  Nous  avons  donné  bien 


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r 


-  167  - 

des  détails  —  trop  peul-èlrc  —  et  pourtant  notre  historique  [^résenle 
des  lacunes,  que  la  destruction  de  documents  très  iniporUnts  as 
nous  a  pas  permis  de  combler. 

Notre  petite  abbaye  a  subsisté  pendant  près  de  800  ans  (991-1789  ; 
elle  n*a  pas  fait  grand  brnit  dans  le  monde,  mais  elle  a  fait  un  peu 
de  bien  autour  d'elle,  dans  la  mesure  de  ses  ressources,  (t) 

DELANNOY. 


(I)  En  outre  des  aumônes  générales,  les  monastères  foisoienL  des 
aumônes  journalière?,  d'autre  part  les  revenus  de  la  meiise  conven- 
tuelle se  consommaient  sur  pi:ice,  et  les  moines  restituaient  ainsi  à 
la  région  ce  qu'elle  avait  produit. 


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—  168  — 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES 


y. —  Charte  de  fondalioi  du  monastère  du  Moutier-d'  Ahun  (0 


Privilegiuru  Bosonis,  conilis  Narcliie,  de  monaslerio  Agidoncosi 


Ego,  in  Dei  nomine,  Boso,  Cornes,  pro  remedio  animne  meœ  et  pro 
remedio  animarum  genitris  et  genitricis  meœ,  necnon  et  dilecti  frairis 
mai  Gaubei'li  cujus  desiderio  et  voluntate  hujus  privilegii  tenorem 
stabilare  decrevi,  ad  hortationem  et  petitionem  nobilissimi  viri  ac 
fidelis  nostri  lliigonis  Gareill,  transfundo  quandam  ecclesiam,  quam 
olim  a  parentibus  meis  jure  scimus  antiquitatas  possessam,  in  honore 
Sanclœ  genetricis  Dei  Mariœ  consecralani.  Eam  igitur  in  cœnobio 
et  religione  monachali  transvertimus,  quatenus  per  snccedenlia 
tempora  monasticus  ordo  et  religionis  observanlia  sub  régula  Sanc- 
tissimi  Benedicli  ibi  teneatur  et  cuslodiatur,  eo  tenore  ut  deinceps 
nutlus  successor-  meus  qui  fuerit,  aut  aliquis  jure  consanguinatis 
propinquus,  licentiam  habeat  alienandi  ab  ordine  monastico. 

Est  aulem  hœc  ecclesia,  in  honore  Sanctœ  Dei  genitricis  Mariœ 
consecrata,  in  pago  Lemovicino  sila^  a  vico  Agiduno  non  longe  sita  : 
ex  una  parte  fluvius  Grosa  decurrendo  amœ  la  prata  cing  t,  ex  altéra 
vero  ex  qua  eminens  prospicitur  viens  fonlium  decurrentium  et  vinea- 
rum  copia  uberius  fluit,  ex  quibus  hibitatores  huuriendo  utrinque 
refici  possunt.  Hune  ergo  locum  Deo  et  Sancto  Petro  Usercensis 

(1)  Cmulaire  d'Vurche. 


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-  169  - 

cœnobii  tradimus,sub  dominatu  domni  Adalbaldii  abbatis  successorum 
que  ejus,  utunitas  fiât  cœnobionim,  quatenus  hic  et  illic  met  animœ 
Ildeberti  fralris  mei  memoria  dat,  pariter  que  patris  et  matris  meoe 
omnium  que  parentum  meorum,  ut  precibus  servoi*um  Dei  ibi 
manentium  scdem  refrigerii  consequi  valeamus.  ConsUtuimus  ergo 
hoc  priviiegium  firmum  etstabile,  egoBoso  etfrater  meus  Gaubertus, 
ob  concensum  Alduini,  et  consilio  Hotgerii  de  Leron,  ac  voluntaie 
Hugonis  Grareill,  ita  ut  nuilus  ex  hœredibus  nostris,  propinquus, 
ut  extraneus,  cleiicus,  sivelaicus,  alienare  piœsumat  hune  locum  a 
suprddicto  loco  ex  polestale  abbatis  qui  prœerit  ;sed  liccat,  posses- 
sore  loci  defunoto,  abbati  Usiarchico  eligere  uiium  ex  suis,  qui  sub 
regulari  norma  locum  provideiit  at  que  gubernet.  Testes  hujus  privi- 
leg>i  :  ipse  Boso  Gomes  Marchioe,  qui  hoc  priviiegium  firmavit,  et 
Gaubertus  fratet*  ejus,  Âlduinus  Episcopus^domnus  AdalbatdusÂbbas, 
Hugo  Gareill,  Hamnulfus  fiater  ejus,  Rotgerius  de  Leron,  Boso  de 
Turre,  Guido  frater  ejus.  Allô  de  Salaniac.  Igleiius  de  Magnac, 
Umbertus  Drut,  Geraidus  IIII*'*  Mal,  Ancelius  de  Pairac,  Gaucelinus 
monachus,  Josue  monachus,  Radulfus  monachus,  qui  hoc  priviiegium 
sciipsit,  anno  incarnationis  douiinicœ  997.  Indictione  10,  régnante 
rege  Roberto. 


//.  —  Nomination  de  Dignitaires  Claustraux  (1) 


Aujourd'hui  i*^  juillet  1703,  nous  Prieur  et  religieux  capitulairement 
assemblés  pour  délibérer  de  nos  affaires  temporelles  et  procéder  à  la 
nomination  des  officiers  manuels  de  notre  communauté,  savoir  :  d'un 
procureur,  d'un  grainetier  et  d'un  dépensier. 

Par  le  procureur  sera  fait  la  recepte  de  tous  les  revenus  dépendans 
de  notre  communauté,  hors  les  bleds  provenans  des  dixmes,  mesteries 
et  moulins,  dont  le  greneti*>r  sera  chargé,  et  à  la  charge  aussi  que  la 
recepte  des  grains  tant  en  argent,  froment,  seigle  et  avoine,  poules 
et  vinades  provenans  des  rentes  deubea  par  les  \illages  dépendans 

(1)  Archivée  Départ9menicHe9  de  la  Crexm,  H.  10. 


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-  170  - 

de  noire  communauté  sera  faite  conjoinctement  tant  par  le  prieur 
que  par  le  procureur,  qui  se  rendront  conte  l'un  k  Tautre,  pour 
ensuite  après  être  donné  un  estât  par  le  procureur  tant  de  la  recepte 
que  du  débet. 

Pour  la  recepte  des  rentes  tous  les  ans,  que  les  comptes  qui  seront 
faits  par  les  mesteyers  avec  le  procureur,  pour  les  débour^és  et 
profit  de  bestail,  seront  rendus  en  présence  du  prieur  et  du  grene- 
tier,  pour  le  gain  en  venant  estre  rendu  compte  à  la  communauté  par 
le  procureur.  Qu'il  sera  mis  tous  les  ans  à  la  un  des  foires  grasses 
par  le  procureur  dans  le  dépost  de  la  communauté  la  somme  de 
1500  livres  pour  meubler  les  mestéries.  Que  le  procureur  se  chargera 
de  toutes  les  obligations,  billets  et  argent  dont  il  rendra  compte  à  la 
communauté  tous  les  6  mois,  et  au  bout  de  Tan  le  dict  procureur  sera 
obligé  de  mettre  son  compte  dans  le  dépost,  pour  y  avoir  recours 
quand  besoin  sera. 

Par  le  grenetier  sera  faite  la  recepte  des  grains  provenans  des 
dixmes,  mestéries  et  moulins,  à  la  charge  de  remettre  tous  les  ans 
toutes  les  obligations  provenant  à  cause  de  la  vente  du  bled,  entre 
les  mains  du  procureur  et  en  prendre  un  récépissé  de  luy,  comme 
aussi  de  remettre  au  dépost  l'argent  qu'il  recevra  du  bled  vendu  des 
greniers^  et  de  rendre  compte  tous  les  ans  à  la  communauté  de  la 
recepte  et  consommation. 

Et  par  le  dépensier  sera  faite  la  dépense  pour  l'achap  des  denrées 
nécessaires  pour  chaque  semaine,  et  aura  soin  du  \in. 

La  présente  élection  faite  pour  un  an,  a  été  eslu  pour  procureur 
dom  Pierre  Cousturier,  et  pour  grenetier  et  dépensier  dom  François 
Boëry.  Fait  et  arresté  les  jour  et  an  que  dessus. 

Signé  :  de  Nesmond,  prieur,  Cousturier,  Bonnet,  Boôry. 


IIL  —  Commission  de  Prieur  claustral  W 

Ârmandus  de  Bourbon,  princeps  de  Conti,  Dei  et  sanclœ  sedis 
apostolica  gratia  abbas  Cluniacensis  necnon  toUus  sui  ordinis,  caput 

(1;  Archives  départêmenU^leê  de  la  Crème  E  !?• 


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-  m  - 

etsuperior  geneialis,  dilecto  nobis  in  Christo  venerabilî  viro  domno 
Johanni  Lemoyne,  presbitero,  leligioso  expresse  professe  abbatiœ 
seu  monasterii  Beatœ  Mariœ  du  Moustier-d'Ahuii,  diocesis  Lemovi- 
censis,  dicti  nostri  ordinis,  salutem.  De  luis  inorum  honestate,  obser^ 
vancia  regulari«  sufQcientia  et  erga  tunm  professionem  zelo,  teque 
pluribus  etiam  anuis  in  dicta  abbatia  du  Moustier-d'Ahuti  pie  et  lau- 
dabiliter  vixisse  certiores  plurimun  facli,  hiiic  est  quod  le  priorem 
clauslralem  in  prœfata  abbaiia  instituimus  et  committimus,  dantes 
tibi  potestatem  omnes  religiosos  in  prœdicta  abbatia  manentesguber- 
nandi,  regendi  et  conigendi,  et  Fecundum  staluta  dicli  nostri  ordinis 
et  sanctionesecclesiasticas  puniendi,  etsi  opus  fuerit  interdicendi, 
suspendendi  et  excommunicandi  et  incarcerandi,  deinde  pœnitentes 
imposita  salutari  pœnitentia  absolvendi,  cœtera  que  omnia  quœ  ad 
dictum  officium  seu  digiiitatem  prions  claustralis  pertinent  faciendi, 
et  ejus  honoribus,  fruciibus,  prœminenliis  annexis  et  de  more  debitis 
fruendi  et  gaudendi,  tibi  in  Domino  impertinentes  presentibus  quamdiu 
nobis  placuerit  valiturts.  Quare  omnibus  religiosis  dictœ  abbatiœ  du 
Moustier-d'Ahuh  et  aliis  in  eo  manentibus  mandamus  ac  striclissime 
prœcipimus  qualenus  te  venernbilem  domnum  Johannem  Lemoyne 
tanquam  suum  priorem  clauslralem  etsuperiorem  legitimum  recipiant, 
tibi  honorem  et  obedientiam  reddant  et  reddi  faciant  sub  pœnis  inobe- 
dientibus  de  jure  inflictis  et  infligi  solilis.  In  quorum  fldem  ipsis 
subscripsimus  et  ea  sigilli  nostri  afflxione,  secretarii  que  nostri  chiro- 
grapho  muniri  jussimus.  Datum  Parisiis  die  duodecima  mensis  junii 
annoDomini  millésime  sexcentesimo  quadragesimo  sexto. 

Armandus  de  Bourbon. 

Demandato  serenissimi  principis,  domini  nostri. 

Roger. 


IV.  —  Bulle  d'Urbain  ly  (15  décembre  1265)  (D 


Urbanus,  episcopus,  servus  servorum  Dei,  dilecto  fllio  priori  de 
Caslanea,  lemovicensis  diocesis,  salutem  et  apostolicam  benedio- 
tionem. 

(i)  Archiva  dâpartementaleê  de  la  Creuêe  H.  i. 


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-  172  - 

Dilecti  fllii  abbas  et  conventus  monaslerii  Ageduiiensis,  sancU 
Benedicli  ordinis,  lemovicensis  diocesis,  nobis  significare  curaverunt 
quod  nonnulli  iniquitatis  filii,  quos  prorsus  ignorant,  diversos  reddi- 
tus,  census,  décimas,  terras,  donios,  nemora  et  qiiedam  alla  bona  ad 
dictum  monuslerium  spectantia  temere  occuUare  et  occulte  detinere 
presumunt,  iti  animarum  suarum  periculum  et  dicti  monnsterit  non 
modicam  lesionem. 

Quare  idem  abbas  et  conventus  nobis  humiliter  supplicaverunt  u  t 
providere  super  hoc  ipsi  monasterio  paterna  sollicitudine  curaremus 
Quocirca  discrétion!  tue  per  aposloiica  scripta  mandamus  quatinus 
omnes  hujnsmodi  occultos  detentores  reddituum  et  aliorum  predic- 
torum  publice  in  ecclesiis,  coram  populo,  per  te  vel  per  alium  moneas 
ut  supm  competentem  terminum  a  te  prefigendum  eisdem  anledictis 
abbati  et  convenlui  a  se  débita  manifestent  et  plenam  ac  debitam  de 
hiis  satisfaclionem  impendant.  Alioquinin  eos,si  post  alium  terminum 
peremptum  competentem  quem  eis  ad  hoc  duxeris  prefigendum 
monilis  tuis  parère  contempserint,  generalem  excommunicationis 
sen ten  tin  m  proferas  et  eam  facias  ubi  et  qnundo  expedire  videris, 
usquead  salisfactionem  condignamsoUemniter  publicari.Datum  apud 
Urbem  veterem,  XVIII  Kalendas  januarias,  pontiûcatus  nostri  anno 
tertio. 


^A^WWWM" 


V.  —  ExlraU  du  procès-verbal  de  16&6  (folio  859) 


En  suit  la  teneur  des  eslats  des  biens,  domaines  et  revenus  de  la 
dicte  abbc«ye,  fournis  respectivement  par  les  dits  abbé  et  religieux, 
de  sur  lesquels  les  dits  lots  de  partage  ont  estes  dressez  par  les  dicts 
experts. 


Uixines...  déclarés  par  Tabbé 


Le  dlxme  d'Abun,  sur  lequel  le  curé  de  la  ville  du  dit  Abun  a 
di*olct  prendre  annuellement  20  septiers  de  bled  seigle,  b  la  dite 


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-173  - 

mesure  ;  le  prieur  du  dit  lieu  60  septiers  seigle  et  10  avoine  ;  le 
prieur  de  las  Fons  5  septiers  seigle  à  la  dite  mesure,  lesquelles  quan- 
lilés  sont  annexées  et  incorporées  de  tout  temps  à  leurs  bénétlces, 
comme  le  propre  fonds  d*iceux  ;  lequel  dixme  en  son  total,  y  compre- 
nant le  fonds  des  dits  bénéfices,  a  eslé  :  Tannée  1650,  de  la  valeur  et 
quantité  de  sept  vingts  septiers,  argent  26  livres;  en  i65l  à  95 
sei  tiers,  argent  16  livres  ;  en  1652,  80  septiers  et  14  livres  en  argent  ; 
en  1633,  six  vingts  septiers  et  1  septier  bled  noir,  argent  20  livres  ; 
en  1054,  six  vingts  et  5  septiers  et  27  livres  de  dépense  ;  en  1655, 
à  six  vingts  septiers  ;  en  1G56,  à  105  septiers  et  de  dépense  8  livres. 

Le  dixme  de  Buccaux  :  en  1650,  à  57  septiers,  argent  17  livres  ; 
en  1651,  56  septiers  et  19  livres  5  sols  argent  :  en  52,  40  septiers  et 
i  septier  bled  noir  et  19  livres  5  sols  argent  ;  en  53,  h  48  septiers  et 
i  émine  bled  noir,  argent  38  livres  10  sols  ;  en  5'i,  à  75  septiers 
et  24  livres  de  dépense  ;  en  55,  à  72  septiers  éminée  bled  seigle  et 
28  livres  argent. 

Le  dixme  de  Lnvau  le  Couder  :  en  1650,  à  32  septiers,  argent 
13  livres  ;  en  51,  à  21  septiers  bled  et  10  livres  argent  ;  en  52,  à 
21  septiers  seigle;  en  53,  à  28  septiers  ;  en  54,  à  28  septiers  et  6  livres 
d'argent  ;  en  55,  à  28  septiers  et 20  livres  argent  ;  en  56,  à  20  septiers 
et  8  livres  argent. 

Le  dixme  de  Pierrefltte  :  en  1650,  à  3  septiers  et  argent  6  livres; 
en  51,  à  37  septiers,  1  émine  bled  noir  et  6  livres  argent  ;  en  52, 
à  23  septiers  seigle  et  6  livres  5  sols  argent  ;  en  54,  à  26  septiers 
émine  et  16  livres  argent;  en  55,  à  29  septiers  et  10  livres  argent  ; 
en  56,  à  19  septiers  émine  et  8  livres  tournois  argent. 

Le  dixme  de  Masganachon  :  en  1650,  à  38  septiers  et  6  livres 
5  sols  argent  ;  en  51,  à  26  septiers  et  10  livres  5  sols  argent;  en  52, 
à  21  septiers  et  6  livres  5  sols  argent;  en  53,  à  31  septiers  et  7  livres 
argent;  en  54,  à  31  septiers  et  7  livres  argent  ;  en  55,  à  31  septiers 
et  12  livres  aigent  ;  en  56,  à  25  septiers  émine  et  argent  6  livres. 

Le  dixme  de  Yillemerle  :  en  1650,  à  30  septiers  et  argent  9  livres 
10  sols;  en  51,  à  19  septiers  et  8  livres  5  sols  argent  ;  en  52,  à  22 
septiers  et  12  livres  argent;  en  5:-$,  à  18  septiers  esmine  et  7  livres 
argent  ;  en  54,  à  24  septiers  et  6  livres  argent  ;  en  55,  à  26  septiers  ; 
en  56,  à  23  septiers  et  8  livres  16  sols  argent. 

Le  dixme  du  Moustier,  sur  lequel  le  curé  du  dit  Moustier-d'Ahun  a 
droit  de  prendre  annuellement  20  septiers  de  bled  seigle  à  la  dicte 


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-^  174  - 

mesure..,  lequel  dixme  en  son  total  a  esté  :  en  1650,  de  la  valeur  de 
93  septiei*s  et  25  livres  5  sols  argent;  en  51,  à  62  sepliers  et  18  livres 
argent  ;  en  52,  à  60  septiers  et  10  livres  argent;  en  53,  à  78  septiers 
et  18  livres  argent  ;  en  54,  à  82  septiers  et  22  livres  argent  ;  en  55,  à 
k  72  septiers  et  10  livres  argent  ;  en  56,  à  78  septiers  et  10  livres 
argent. 

Le  dixme  d'Ayen  :  en  1651,  à  28  septiers  et  6  livres  urgent  ;  en  52, 
à  35  septiers  bled  seigle  et  22  livres  15  sols  argent  ;  en  53,  à  48  sep- 
tiers et  34  livres  argent  ;  eu  &4,  à  44  septiers  et  18  livres  argent;  en 
55.  à  48  septiers  et  22  livres  argent  ;  en  55,  à  46  septiers  et  16  livres 
tournois  argent. 

Le  dixme  de  Saint-MartiaMe-Mont,  sur  lequel  le  curé  du  dit  lieu  a 
droicL  de  prendre  annuellement  45  septiefs  de  bled  seigle  à  la  dite 
mesure  d'Ahun,  lequel  dixme  eu  son  total  a  esté  :  en  1650,  de  la 
valeur  de  six  vingts  3  septiers  et  23  livres  5  sols  argent  ;  en  51,  à  71 
septiers  ;  en  52,  à  85  septiers  et  6  livres  argent  ;  en  53,  à  six  vingts 
quinze  septiers  et  21  livres  argent  ;  en  5i,  à  105  septiers  et  6  livres 
argent  ;  en  55,  à  98  septiers. 

Le  dixme  de  Chantaud,  sur  lequel  le  vicaire  de  Sainte-Madeleine 
du  dict  lieu  à  droit  de  prendre  annuellement  6  septiers  de  bled  sei- 
gle à  la  dicte  mesure  d'Ahun,  lequel  dixme  en  son  total  a  esté:  en 
1650,  de  la  valeur  de  84  septiers  et  25  livres  5  sols  argent;  en  5!,  à 
51,  à  55  septiers  et  18  livres  argent  ;  en  5â,  à  j66  sepliers  et  20  livres 
5  sols  argent;  eu  5S,  à  75  sepliers  et  18  livres  argent  ;  en  54,  à  78  sep- 
tiers et  6  livres  5  sols  argent  ;  en  55,  à  65  sepliere  et  10  livres  argent  ; 
en  56,  à  70  septiers  et  10  livres  argent. 

Le  dixme  de  Fournoux  :  en  1650,  à  10  septiers;  en  51,  à  5  septiers 
et  3  quartes  ;  en  53,  à  10  septiers. 

Le  dixme  de  la  paroisse  de  Saint-Yrieix,  sur  lequel  le  curé  du  dit 
lieu  a  droit  de  prendre  airnuellement  30  septiers  de  bled  seigle  à  la 
dite  mesure  d'Ahun,  lequel  dixme  en  son  total  a  esté  :  en  1650,  de  la 
valeur  de  sept  vingts  19  sepliers  et 40  sols  argent  ;  en  53,  à  six  vingts 

14  septiers  et  23  livres  10  sols  argent  ;  en  54,  à  sept  vingts  septiers  et 
20  livres  argent;  en  55,  à  sept  vingts  septiers  et  43  livres  argent. 

Le  dixme  de  Bourlat,  en  la  paroisse  de  Saint- Pardoux-les-Cards  : 
en  1650,  à  24  septiers  bled  seigle  et  argent  6  livres  6  sols  ;  en  51,  à 

15  septiers  émine  et  6  livres  arge  il;  en  5*2,  à  18  sep-tiers  et  6  livres 
argent  j  en  53,  [i  24  septiers  et  7  livres  argent;  en  54,  à  23  septiers* 


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-  175  - 

6  livres  argent  ;  en  55,  à  13  septiers  et  de  despense  8  livres  ;  en  56, 
à  i6  septiers  et  3  livres  argent. 

Le  dixme  de  la  paroisse  Saint- Laurent,  sur  lequel  le  curé  du  dict 
lieu  a  droict  de  percevoir  annuellement  40  septiers  bled  seigle  et 
10  septiers  nvoine  à  la  dite  mesure  d'Ahun,  lequel  dixme  en  son 
total  a  esté  :  en  1650,  de  la  valeur  de  1 10  septiers  et  30  livres  argent  ; 
en  5i,  à  78  septiers  et  24  livres  argent;  en  54  à  100  septiers  ;  en  55, 
à  90  septiers  ;  en  56,  à  80  septiers. 

Le  dixme  de  la  Saunière,  sur  lequel  le  curé  du  dit  lieu  a  droit  de 
prendre  annuellement  20  septiers  bled  seigle  à  la  dite  mesure  d*Ahun, 
lequel  dixme  en  son  total  a  esté  :  en  1650,  de  valeur  de  75  septiers 
et  argent  24  livres  2  sols  ;  et  depuis  le  dit  sieur  abbé  est  convenu 
avec  le  dict  sieur  curé,  moyennant  certaine  quantité  de  grains  qu'il 
debvoit  rendre  conduicts  à  Tabbaye  au  dit  sieur  abbé,  à  le  tenir  quitte 
de  toute  pension  congrue,  à  luy  adjugée  par  arrest  de  Nosseigneurs 
du  grand  Conseil  à  Paris. 


Charges 


La  charge  de  12  septiers  annuelle  pour  les  mestairies  du  sieur  de 
Massenon,  dessuz  Trident  et  Beauregard. 

Autre  charge  du  dixme  de  4  septiers  esmine  de  bled  pour  le  dixme 
de  Pierregrosse  en  la  paroisse  de  Saint-Yrieix-les-Bois. 

L*amphitéose  des  moulins  du  Moustier  à  60  septiers  de  grains. 

Et  les  rentes  mentkes  assignées  aux  religieux  suivant  les  livres  de 
rçceple. 

A  été  ordonné  par  monsieur  de  Bornage  que  les  dites  charges 
seront  partagées. 

L'abbé  ajoute  qu'il  n'a  pas  déclaré  la  dîme  de  Saint-Sulpice-le- 
Donzeil,  sur  laquelle  le  curé  avait  droit  de  prendre  30  septiers  de 
seigle,  attendu  qu'il  l'a  abandonnée  tout  entière  au  curé  en  échange 
de  sa  portion  congrue. 


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-  m  - 


Rentes,  Gens  el  Be\eBns  déclarés  par  labbé 


Saint-Yiieix  :  argent  5  livres  ;  fromeni  9  boisseaux  ;  seigle  4  septiei-s 

6  boisseaux  ;  avoine  13  ras. 

Beaumont  :  argent  3  livres  12  sols  10  deniers  ;  froment  tiers  de 
boisseau  quartière;  seigle  8  septiers  1  boisseau  ;  avoyne  1  ras. 

Rigoullet  :  argent  6  livres,  seigle  3  boisseaux. 

Le  Chesaud  :  seigle  1   seplier  5  boisseaux  ;  avoyne  6  ras  1  bois- 
seau 1/2. 

Le  Chiron-du-Bost  :  argent  2  sols;  seigle  1  boisseau  i/3;  avoyne 
3  ras. 

La  Charce  :  argent  3  sols;  seigle  7  boisseaux;  froment  2/3  de 
coupe. 

La  Saulnière  :  argent  13  sols  7  deniers  ;  froment  îî  boisseaux  1/2  ; 
seigle  11  boisseaux  1/2  ;  avoyne  4  septiers  6  ras  1/3. 

Lutte  :  seigle  quarte. 

La  Miizeire  :  argent  4  sels  ;  froment  1  boisseau  et  1/2  coupe  ;  seigle 
5  boisseaux  1/3  et  1/2  coupe;  avoyne  1  ras. 

Bantardeix  :  argent  4  sols  8  deniers  ;  seigle  9  boisseaux. 

Villechaud  :  argent  5  livres  17  sols. 

La  Villatte  Sainte-Marie  :  argent  9  livres  2  sols  ;  seigle  16  septiers 

7  boisseaux  ;  avoyne  5  septiers  1  ras. 

La  Villetelle  :  seigle  3  septiers  1  boisseau  ;  avoyne  2  septiers  4  ras 
1  boisseau  ;  argent  2  sols  8  deniers. 

Le  Chiron  Kedouillat  :  seigle  2  septiers. 

Maisonnisses  :  argent  5  sols  9  deniers  ;  seigle  12   septiers  esmine  ; 
avoyne  2  septiers. 

Chanibereau  ;  argent  15  sols  ;  seigle  30  septiers  ;  avoyne  22  setiers 
esmine. 

Monigermain  (sur  le  dixme):  seigle  3  setiers. 

Le  Moustier  :  argent  3  livies  15  sols  8  deniers  ;  fromeni  3  septiers 


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3 


—  477- 

eaux  coupe  ;  avoysa  6  ras  1/2.  seigle  6  septiers  3  boisseaux 


^fl    \     ■^^nge-aux-Belles  :  argent  25  sols  6  deniers  :  froment  5  bois- 
^^^  ^^^upe  ;  seigle  3  septiers  esmine. 

^  ^^  >^^^ux  :  argent  21  sols  8  deniers.;  fromerot  î  septier  8  boisseaux 
^  14  ;  seigle 6  septiers  7  boisseaux  ;  avoyne  11  ras. 


V 


tarais  :  argent  41  sols  ;  froment  1   septier  7  boisseaux  1/2  ; 
seigle  8  septiers  quarte. 

Mourinat  :  argent  27  sols  6  deniers  ;  froment  5  boisseaux  ;  seigle 
a  septiers  quarte  ;  avoyne  5  ras  1/2. 

Ghantaud  :  argent  8  livres  5  sols,  et  pour  la  Chaume  5  livres  ;  fro- 
ment 12  septiers  esmine  ;  seigle  6  septiers  ;  avoyne  9  septiers. 

Le  Gluzeau  :  argent  2  sols  6  deniers  ;  seigle  3  boisseaux  ;  avoyne  4 
ras. 

Âzayé  :  argent  4  sols  4  deniers  ;  seigle  2  septiers  quarte. 

Bellut  :  seigle  1  septier. 

Azat,  ViUetelle  et  les  Rues  :  argent  7  deniers  ;  seigle  6  quartes 
coupe  1/4  ;  avoyne  4  ras  1/2. 

Epy  :  argent  26  sols  5  deniers  ;  seigle  1  septier  7  boisseaux  ;  avoyne 

4  ras, 

Fontigier  :  argent  5  sols  6  deniers  ;  seigle  4  septiers  7  boisseaux  ; 
avoyne  2  ras. 

Bordas  :  argent  48  sols  2  deniers  ;  seigle  7  septiers  coupe  1/4  ; 
avoyne  3  esmines. 

Ayen  :  seigle  6  septiers  ;  avoyne  2  septiers  esmine. 

La  Cheize  :  seigle  3  septiers  3  quartes  ;  avoyne  3  septiers  3  quartes  ; 
argent  15  deniers  et  une  poule. 

La  Naulte  :  argent  25  sols  ;  seigle  1  septier  ;  avoyne  4  ras. 

St-Médard  :  seigle  9  boisseaux  couppe. 

Villemigoux  :  seigle  9  boisseaux* 

La  Yaulresse  :  argent  30  sols  ;  seigle  20  septiers  5  boisseaux  1/3  ; 
froment  2  septiers  ;  avoyne  3  ras  1/2. 

plus,  par  augmentation,  le  pré  du  curé  de  St-Laurent 
el  celui  du  curé  du  Moustier. 

12 


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-  478- 

Augmentation  encore,  Ayen  :  seigle  5  septiers  3  boisseaux  ;  avoyne 
10  ras. 


Reites,  ceis  et  reveins  dédarts  f»r  les  reliai 

Sur  le  moulin  du  Moustier-d'Ahun,  pour  raison  du  droit  de  mana- 
des,  abonné  40  sols  et  2  gasteaux  de  febve  des  Roys  d'une  quarte 
de  fleur  de  farine  de  froment. 

Item  sur  les  héritiers  de  feu  Léonnet  Pailleron  :  argent,  à  cause  de 
la  terre  du  Mosnas,  35  sols. 

Item  sur  le  dixme  du  Moustier  :  8  pintes  de  vin  et  100  paillassins. 

Item  sur  le  village  de  Margnat  :  argent  5  sols  9  deniers  ;  seigle  3 
8eptiei*s  5  boisseaux  1/2  couppe. 

Item  sur  le  village  d'Ecurat  :  seigle  1  septier. 

Les  Villates  :  seigle  5  septiers. 

Le  Breuil  :  seigle  3  quartons  couppe  quarlière;  avoyne  3  boisseaux. 

La  Mazeire  :  seigle  7  boisseaux  2/3. 

Sainl-Yrieix  :  seigle  4  septiers  ;  argent  15  sols. 

La  Gharsse  :  seigle  7  quartes. 

Longeville  :  seigle  4  couppes  ;  argent  8  deniers. 

Les  Ghezades  :  seigle  3  septiers  5  boisseaux. 

La  Vallade:  seigle  3  esmines;  item  seigle  8  septiers  qui  sont  des* 
niez^  pour  lesquels  il  y  a  procès  pendant  au  Parlement  de  Paris. 

Le  Méry  :  seigle  4  couppes. 

Le  Moulin  d*Espy  :  seigle  5  septiers. 

T^  Gluzeau  :  argent  4  sols  3  deniers;  seigle  11  boisseaux  coupe. 

Les  granges  :  seigle  2  septiers. 

Le  Sept  :  froment  3  boisseaux  ;  seigle  5  septiers  3  boisseaux  coupe. 

Sur  le  dixme  de  Saint-Marlial-le-Mont  :  seigle  3  septiers. 

Le  Ghezaud  :  argent  20  sols  ;  seigle  5  septiers. 

Sur  le  dixiae  de  Saint-Jiaurent:  froment  3  esmines;  avoyne t 
esmine. 


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-  179  - 

Pleurfaye  :  seigle  i  septier. 

Freydefont  :  seigle  3  quartes  ;  vin  5  chopines. 

Fier  refit  te  :  seigle  quarte. 

Fournoux  :  argent  7  sols  6  deniers  ;  froment  8  quartes  ;  seigle 
1  septier  ;  1  poulie. 

Ghierdempeaux  :  seigle  1  quarte  ;  avoyne  1  raz  ;  argent  11  sols. 
Âyen  :  seigle  1  boisseau. 
Sur  le  dixme  de  St-Pardoux  :  seigle  1  esmine. 
Chadièras  :  seigle  2  septiers. 
La  Maison-Nefve  dlssoudun  :  argent  ^  sols. 
Massigoux  :  seigle  3  boisseaux. 
Le  thastellus  :  seigle  3  boisseaux  couppe. 
Sur  la  cure  de  Banlse  :  seigle  1  esmine. 
Beaubiat  :  seigle  10  septiers. 

Tialle  :  seigle  5  septiers  ;  avoyne  1  septier  ;  argent  40  sols  ; 
1  poulie. 

Saint-Loup-de-Landes  :  seigle  2  septiers  esmine. 
'  Tidaillat  :  seigle  2  septiers. 
Mazeirat  :   seigle  1  septier  couppe. 
La  Brousse,  paroisse  de  Salnt-Pierre-le-Bost  :  seigle  4  septiers. 

Toutes  lesquelles  rentes  et  debvoirs  cy-dessus,  mesure  d'Ahun,  la 
Borne,  St-Jullien. 

Sur  le  moulin  du  Conte  :  seigle  14  septiers  quarte  ;  argent  22 
deniers. 

Sur  le  moulin  du  Pontsousbrot  :  seigle  14  septiers. 

Sur  le  dixme  du  sieur  de  Gressat,  appelle  le  quarteron  de  Parsac  ; 
.  seigle  16  septiers. 

La  Villatte  Sainte-Marie  :  argent  10  sols  ;  seigle  7  boisseaux  couppe. 

La  Peyre  :  seigle  3  boisseaux. 

Chanon  :  seigle  1  boisseau. 

Bellut  :  seigle  7  septiers. 

Azayet  :  argent  12  deniers  ;  seigle  1  septier  5  boisseaux  ;  ^voyne 
4  raz. 


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Ménardeix  :  seigle  3  esmines. 

Bautardeix,  qui  est  la  charge  deube  sur  le  dixme  ée  Pionnat  :  seigle 
Ssepliers. 

Bordas  :  seigle  2  septiers5  boisseaux. 

Yillemerle  :  seigle  3  sepUers. 

Le  Boueix  :  seigle  3  boisseaux. 

Chassogne  :  seigle  2  septiers  quarte  ;  vin  4chopiQes. 

Goumeneys  :  seigle  1  septier. 

Bostchataignon  :  seigle  8  septiers. 

La  Maison  Neuve  de  Parsac  ;  seigle  1  septier. 

Viergnas  :  argent  34  sols;  seigle  11  septiers  ;  avoyne  1  septier. 

Fontigier  :  argent  12  deniers  ;  avoyne  4  ras. 

Le  Marais  :  seigle  2  boisseaux  coupe. 

Marsan  et  les  Fosses  :  seigle  2  septiers  3  quartes  coupe. 

La  YiUelelle  :  seigle  1  esmine. 

Villechaud  :  argent  17  sols  6  deniers. 

Les  rentes  cy-dessus,  mesure  de  Jarnages,  hors  un  septier  deub 
par  les  habitans  d'Heyra  sur  le  village  des  Fosses. 

La  Chapelle-Saint-Martial  :  argent  5  sols  ;  seigle  1  esmine  ;  avoyne 
2  quartes  ;  1  poulie. 

Genestine  :  argent  20  sols;  froment  1  boisseau  ;  seigle  2  septiers  ; 
avoyne  7  ras. 

Lècuras  :  seigle  7  quartes  1  boisseau  ;  froment  2  quartes  1  bois- 
seau ;  avoyne  8  quartes, 

Rocherolles  :  seigle  9  quartes  ;  avoyne  7  quartes. 

Murât  :  seigle  6  quartes  ;  froment  1  boisseau  ;  avoyne  6  raz. 

La  Faye,  pour  la  Borne  :  seigle  2  septiers  5  boisseaux  ;  avoyne 
2  quartes  1  quarton. 

Ahis  :  seigle  1  esmine. 

La  Feyte  :  seigle  3  septiers  esmine  ;  avoyne  6  quartes  1  quarton. 

Le  Montendier  :  seigle  3  couppes. 

La  Garnayche  :  seigle  2  septiers. 

Eyrenas  :  seigle  1  septier. 

Les  debvoirs  cy-dessus^  mesure  Rocboise,  DroulUesetBourgaiMuf. 


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-I8I~ 


DJines  dèelirés  par  les  nligien 

Le  dîxme  dé  Lavaud  :  seigle  20  septiers. 

Le  dîxme  de  Marais  :  seigle  13  septiers. 

Le  quarteron  de  Fournoux  :  seigle  5  septiers. 

Le  dîxme  du  village  de  Yiergaas,  en  ce  qui  appartient  aux  reli- 
gieux :  seigle  2  septiers. 

Le  quarteron  de  Masganachon  :  seigle  10  septiers. 

Le  dixme  de  Pierrefitte  :  seigle  17  septiers. 

Le  quarteron  de  Fellinas  :  seigle  3  septiers  esmine. 

Le  quarteron  de  Peylet  :  seigle  2  septiers  esmine. 

La  huictiesme  et  demy  saisaine  du  dixme  de  Busaeau  :  seigle 
9  septiers. 

La  demy  seizaine  de  Saint-Yrieix  :  seigle  4  sepUers  esmine. 

Le  dixme  de  Yidaillat,  y  compris  les  dixmes  et  autres  choses 
abandonnées  par  le  curé  de  Vidaillat  :  seigle  75  septiers. 

Le  dixme  de  la  paroisse  de  la  Gtiapelle-Saint-Martial,  y  compris 
Tabandonnement  fait  par  le  curé  :  mesure  Rochoise,  huict  vingts 
septiers,  les  2/3  seigle  et  1/3  avoyne,  revenant  à  la  mesure  d'Âhun 
80  septiers. 

Le  dixme  de  Peytillat,  en  la  paroisse  de  Saint-Sulpice-les*Champs  : 
seigle  10  septiers  le  tout  à  la  dite  mesure  d'Âhun. 


Mnoes  eharnages 


Sur  le  village  de  Rocberolles  :  argent  12  sols, 

La  Cour  :  8  sols. 

Chaussadan  :  0  sols. 

Masneuf  :  6  sols. 

OenesUna  et  la  Chapelle  :  0  sols. 

Le  tout  paroisse  de  la  dite  Chapelle,  avec  les  villages  du  Maxeau 
et  Lécuras  où  le  chamagi  d'«f  neansei  oooboii0  te  prend  en  eipèoes, 


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—  182  — 

savoir  des  cochons  de  lait  en  espèce,  et  des  agneaux  et  brebis  1  denier 
par  teste. 

Gomme  pareillement  sur  lo  bourg  du  Moutier  et  villages  de  la 
Vaurette,  Pourtoux,  le  Marais,  la  Grange-aux-Belles,  Gbantegrèle, 
Pontsousbrot  et  Moullin-du-Gomte,  ou  pareillement  sur  les  villages 
de  la  Vaveix  et  le  Gluzeau,  sur  lesquels  deux  villages  les  cocbons  à 
la  Saint-Michel, 

Item  le  pré  du  Nouhaud,  Tôtang  de  Lubeix,  le  bois  d'Ëpeisses. 

Item  les  aliénations  retirées  par  les  dicts  religieux,  savoii  :  l'étang 
du  Cherpoii,  le  mouUin  du  dict  lieu,  construit  par  les  dicts  religieux, 
le  village  du  Teilloux  :  argent  3  livres  11  sols  ;  froment  i  boisseau  ; 
seigle  5  septiers  esmine  couppe;  avoyne  6  raz;  vin  5  chopines  ; 
1  poulie. 

Villeservine  :  argent,  compris  la  vinade,  9  livres  7  sols  6  deniers  ; 
seigle  7  septiers  1  boisseau  1/3  de  couppe;  avoyne  7  septiers  esmine  ] 
poulies  de  feu. 

Thérat  :  argent  17  livres  5  sols;  seigle  3  septiers  1  coupe  1/3; 
avoyne  25  raz. 

Saint-Laurent  :  argent  27  sols  6  deniers  ;  seigle  5  boisseaux  3/4  de 
coupe  ;  1  poule. 

Puyparaud  :  argent  14  sols  4  deniers  ;  seigle  3  couppes. 

Marsan  et  l^s  Fosses  :  argent  1  escu  et  5  sols;  seigle  11  septiers  ; 
avoyne  6  septiers,  mesure  de  Jarnages,  et  aussi  froment  11  septiers 
7  quartoiis  ;  seigle  16  septiers  esmine  ;  avoyne  6  septiers  6  raz  1/2, 
mesure  d'Ahun. 

(Il  y  avait  procès  avec  les  habitants  au  sujet  de  cette  rente.) 

Le  Boueix  :  seigle,  mesure  Rochoise,  10  septiers  ;  avoyne,  dite 
mesure,  1  septier  ;  argent  5  sols  ;  1  poulie. 

Ajoutent  les  dicts  religieux  le  pré  de  la  Pale. 


Revenus  pour  anniversaires  fondés  par  les  partienliers 

Sur  les  héritiers  de  feu  Léomiet  Pailleron,  du  Houtier  d'Ahun,  de 
rente  52  sols. 

Sur  les  héritiers  de  feu  Gilbert  Bataille;  25  sols. 


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—  183  — 

Sur  le  moullin  du  Moutier  :  1  septier  seigle; 

Sur  les  villages  de  Félinas  et  le  Ghézalet  :  3  septiers  seigle. 

Sur  le  village  d'Epy,  tant  en  rentes  qu'en  dixmes  :  seigle  10  sep- 
tiers ;  argent  13  sols  6  deniers. 

Sur  Pourtoux  :  froment  1  boisseau  ;  seigle  1  esmice  ;  vin  8  pintes  *, 
argent  56  sols. 

Le  quart  du  dixme  de  Pierrefilte,  qui  est  la  moitié  du  dixme  des- 
dits religieux  :  seigle  6  septiers. 

Le  dixme  du  Gloup,  afTermô  conjointement  avec  ledit  dixme  de 
Pierrefitte  :  seigle  6  septiers. 

Le  dixme  du  Mas-du-Teil^  4  septiers  par  an,  Tun  portant  l'autre 

Item  estait  deub  sur  le  grenier  du  sieur  abbé  :  seigle  10  septiers, 
donnez  par  Keynaud  Rimondet,  lesquels  10  septiers  seront  pris  à 
Tadvenir  sur  le  lot  des  charges. 


A  ces  revenus  il  faudrait  ajouter  ceux  de  Drevant,  qui  n'ont  pas  été 
déclarés.  L'abbé  dit  que,  n'en  jouissant  que  depuis  le  siège  de 
Montrond,  il  ne  sait  pas  au  juste  l'importance  de  ces  revenus,  mo- 
mentanément diminués  pai  la  guerre  (la  Fronde)  (i)  ;  mais  que  les 
religieux  devaient  les  connaître,  les  ayant  piis  à  ferme  pendant  plu- 
sieurs années.  Les  religieux  refusèrent  de  faire  uue  déclaration  pour 
des  biens  appartenant  à  l'Abbé.  La  division  en  trois  lots  des  revenus 
de  Drevant  fut  faite,  sur  place,  par  des  experts  pris  dans  la  localité. 

Ces  revenus  consistaient  principalement  en  dîmes  de  vin,  plus 
quelques  menues  dîmes  de  fèves,  pois,  chanvre,  lin  et  charnages  de 
cochons  et  d'agneaux.  Ils  avaient  été  affermés,  le  16  janvier  1650, 
moyennant  300  livres  et  19  tonneaux  de  vin  à   un  sieur  Nizier,  qui 


(I)  A  cause  des  guerres  et  siège  de  Montrond  qui  ont  commencé  au  mois  de 
may  165U  et  continué  jusqu'à  la  tin  de  février  1653,  il  a  esté  fait  si  grande  quan« 
lité  de  désordres,  déuioUtions  et  dégrudatiuns,  nou  seulement  au  dict  prieuré, 
mais  encore  dans  iuute  retendue  du  prieuré  et  revenus  d*iceluy,  qu'il  ne  s'y 
est  rien  recueilli  de  blé  jusqu^à  présent,  à  raison  de  ce  que  les  terres  n*ont 
esté  cultif  ées  et  les  lieux  habiles,  que  messire  l'abbé  a  esté  obligé  de  payer  la 
pension  du  curéi  des  biens  pris  dans  i'abbaye  et  non  du  dict  prieuré  (Procès^ 
vebal,  f»  818) 


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-m- 

était,  en  outre,  chargé  de  foire  assurer  le  service  religieux  dn  prtearé 
et  de  payer  «  les  ctiarges  deubes  à  l'abliaye  cPAbun  et  aeigaenrie 
d*ilyne-U-Viel><B.51), 


VI.  —  Vidimus  de  ta  bulle  de  Lucius  III  (4'' Juin  H8SJ(^) 


Universis  présentes  litleras  inspecturis,  visuris  et  audiluris,  Johan* 
nés  Barlhonis,  condiiar.us  seiinissimi  principis,  régis  Jacobi,  régis 
Ungarie,  Hierusalem  et  Scicilie,  comilis  Marchie  et  Castrensis,  et 
ejus  cancellarius  in  dicto  comilatu  Maiciiie,  salulem.  Noveritis  nos 
vidisse,  tenuiss^^,  legisse  ac  d3  verbo  ac  ad  verbum  per  Guiilermum 
de  Qiiadrumo  et  Petrum  de  Marcilliaco,  commissarios  nostros  sigilli- 
que  canceUirie  dicti  comiiatus  Marchie,  notariés  et  jurâtes  infrascrip- 
tos  transcribi  ac  coUatianari  fecisse  quasdam  patentes  litteras 
quondam  boue  memorie  SaAClisainii  in  Ghristo  Patris  ac  DorQini  Do- 
mini  Lucii  pupe  tertii,  ejus  vera  bulla  plumbi  cum  filis  sericis  rubeis 
et  crocels  bullatas,  sanas  et  intégras,  uoo  rasas,  non  abolitas.  nec 
viciatas,  neqiie  in  aliqua  sui  parte  suspectas,  sei  omni  prorsus  vicio 
et  suspeciione  carentes,  ut  prima  facie  apparebai  Quaruin  littera- 
rum  ténor  de  verbo  ad  verbum  sequitur  et  est  talis  : 

Lucius,  episcopus,  servus  servorom  Dei,  ddecUs  fiiiis  Berirande 
abbati  Agedunensis  monastedi^  ejus  que  fratribus  taoi  presentibus 
quain  futuris,  regularena  viXain  profesais» 

In  P.  P.  M.  Quoliens  illud  a  nobis  petitur  quoi  rationi  et  honesiaii 
convenire  videlur,  animo  nos  deeet  libenii  cenoedere  et  peientiuin 
desidet'iis  congruum  inipertiil  suiïragium.  Quapropter,  dilecti  in 
Domino  (ilii,  vestris  justis  petitionibus  clemenler  annuimus,  et  prefa- 
tum  monaslerium,  in  quo  divine  mancipati  estis  ofûcio,  sub  beat! 


(1)  Archives  Départementales  de  la  Creuse^  H.  1.  Cet  arebivM 
également  deux  chartes  de  conArmttîon  du  droit  de  proptiété  ewr  dive 
églites  du  diocèse  de  Umeg«8  :  riine  donnée  en  U41  par  ftéraud/  évé^tt«  et 
Limoges,  l'aulre  (sans  date),  par  le  même  évéque  (U.  3;* 


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—  MB- 

ftÈti  et  MM9tra  praleoliûiie  aoscif  hmis,  et  preseoits  scripU  privilégie 
communiiDus. 

hipnau9  q«uideiii  slaiuenies  ut  orde  inoaasUcus,  qiû  seeuadam 
Deim  et  beali  Benedicti  regnlam  in  eoclesia  veatra  inaliiutus  esée 
dignosoikir,  perpeto»  ibidem  tei&pof  ibus  tnviolabiliter  obaervetiM*. 

Preterea  quascunniue  possessiones,  quecumque  bona  idem  monae- 
terium  juste  et  canonice  possidet  in  preseiitiarum,  aut  in  futiuiim 
coocessiooe  poaiifQoitm,  largitione  regum  ye\  ptûicipum,  oblatione 
ûdelium,  sea  aMis  justis  modis,  preatante  Domino,  poterit  adipisci« 
firma  vobis  vestrisque  successoribus,  et  iliibata  permaeeant. 

In  quibus  propriis  duximus  exprimenda  voealibus  : 

Locum  ipsum  in  que  monasterium  vestrum  situm  est,  cum  villa 
que  eidem  monasteho  adjacet,  cum  molendinis,  ortis.  pratis  et  omni- 
bus pertinenciis  suis  ; 

Ecciesiam  Santi  Siivani  que  est  in  burgo  Agedunensi,  capellam 
castri  Agedonensis,  ecciesiam  Sancti  Moriialis  de  Monte,  capeMam  de 
Ganiale,  ecciesiam  Santi  Pardulphi  de  Rocheta,  ecciesiam  Sancte  Marie 
de  Curte  (1),  ecciesiam  Sancti  Suipicii  de  Banisa,  ecciesiam  Sancti 
Avili,  ecciesiam  Sancti  Peiri  de  VidalacH.  ecciesiam  Santi  Suipicii 
Superioris,  capellam  de  Bobiac,  ecciesiam  Sancti  Kartialis  de  Capella 
ecciesiam  Sancti  \incentti  de  Gepo  (2),  ecciesiam  Sancti  Peiri  de 
Lespinacy  ecciesiam  Sancti  Aredi,  ecciesiam  Sande  Marie  de  Sauneria, 
ecciesiam  Sancti  Pétri  de  Fransencia  (3),  ecciesiam  Sancti  Laurentii  ; 

In  Bituricensi  quidem  arcfaiepisoopalu  :  ecdesiam  Sancti  Juliani  de 
Dervent,  ecciesiam  Sancte  Marie  de  Paczac  ; 

In  Pictavensi  vero  episcopalu  :  ecciesiam  Sancti  Paxentii  cum  perti- 
nenciis suis,  ecciesiam  Sancti  Hilarii  de  Lupchaco.  ecciesiam  Sancti 
Pétri  de^onasterio,  capellam  Sancti  Stephani  de  Barbada,  capellam 
de  Foresta  cum  onmibus  ad  ipsam  pettinentibus. 

Sane  novalium  vestrorum,  que  propriis  manibus  aut  sumptibus 
colitis,  nullus  a  vobis  décimas  présumât  exigere. 

Liceat  quoque  vobis  dericos  et  laicos  e  seculo  fugientes  liberos  et 


(1)  La  charte  (s.  d.)  ajoute  :  aut  de  Joliaco. 

(2)  La  charte  de  1141  dit  :  deu  Ceps. 

ijH)  La  charte  de  li4t  dit  :  de  Franaetehas»  et  te  dtarté  (*«  d.)  ;  aoeletiam 
StncU  Martialif  de  Gabrtlai« 


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—  186  - 

absolûtes  fidt  conversationem  vestram  recipere  et  eos  absque  conlra- 
dictione  aliqua  relinere. 

In  parrochtalibus  insuper  ecclesiis  veslris.  ad  monasterium  vestrunfi 
spectantibus,  liceat  vobis  personas  eligere  et  diocesano  episcopo 
presentare.  Quibus,  si  idonei  fuerint,  episcopus  curam  animarum 
comiltat,  ut  ei  de  spirilualibus,  vobis  de  temporalibus  debeant 
respondere. 

Gum  autem  générale  inierdictum  terre  fuerit  liceat  vobis,  clausis 
januis,  non  pulsulis  campanis,  exclusis  excommunicatis  et  interdictis, 
submissa  voce  divina  officia  celebrare. 

Sepulturam  quoque  ipsius  loci  liberam  esse  decemimus,  et  eorum 
devoUoni  et  extrême  voluntati,  qui  se  iilic  sepelliri  delit)era vérin t , 
nisi  forte  excommunicati  vel  interdicti  fueiint,  nullus  obstat,  saiva 
tamen  justicia  iilarum  ecclesiarum  quibus  mortuorum  corpora  assu- 
muntur. 

Obeunie  vero  te,  tune  ejusdem  loci  abbate,  vel  tuorum  quolibet 
successoruni,  nullus  ibi  qualibet  surreptionis  abstucia  seu  violencia 
preponatur,  uisi  quem  fratres  communi  consensu  vel  fratrutn  pars 
consilii  sanioris,  secundum  Dei  timorem  et  beati  Benedicti  regulam 
providerinl  eligendum. 

Decernimus  ergo  ut  nuUi  omnino  hominum  liceat  prefatum  monas- 
terium temere  perturbare,  aut  possessiones  ejus  aufferre,  vel  ablatos 
retinere,  minuere,  seu  aliquibus  vexationibus  fatigare.  Sed  omnia 
intégra  conserventur  eorum,  pro  quorum  gubernutione  ac  sustenta- 
tione  concessa  sunt,  usibus  commodis  profutura,  salva  in  omnibus 
sedis  apostoUce  aucloritate  et  diocesanorum  episcoporum  canonica 
justicia. 

Si  qua  igitur  eoclesiastica  secularisve  persona  hanc  nostre  consti  - 
tulionis  paginam  sciens  contra  eam  temere  venire  temptaverit, 
secundo  tertiove  commonita,  nisi  presuinptionem  suam  congrua 
salisfactione  correxeret,  potestatis  honorisque  sui  dignitate  careat, 
reamque  se  dtvmo  judicio  extstere  de  perpetrata  iniquitate  cognoscat» 
et  a  sacratissimo  corpore  et  sanguine  Dei  et  Domini  redemptoris 
nostri  Jesu  Christi  aliéna  fiât,  atque  in  exlremo  examine  divine 
ullioui  subjaceat.  Ciunciis  autem  eidem  loco  sua  jura  seivantibus  si^ 
pax  domini  nostri  Jesu  Cbrisii,  quaiinus  hic  fructum  bone  actionifl 
peroipiant  et  apud  districtum  judicem  premia  eterne  pacis  inventant' 
AM£N.  Amen. 


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■^ 


-487  — 

El  erant  prafate  litière  appstolice  sigaate  etsubscripte  in  margine 
prout  sequilur,  et  earum  datum  erat,  sicut  infra  signa  et  subscrip- 
tiones  immédiate  seriptum  est.  notatum. 

(Suivent  les  signatures). 

DatumVelletri  per  manum  Alberti,sancte  Romane  ecclésie  presbiteri 
cardinalis  et  cancellarii,  indictione  prima,  in  Kalendas  Junii  incar- 
na tioni  s  dominice  an  no  MGLXXXII,  pontificatus  vero  domini  Lucii 
pape  in  an  no  secundo. 

In  quarum  quidem  litterarum  apostolicarum  superius  insertarum 
visionis  et  diligentis  inspectionis  fidem  et  testimonium.  Nos,  prefatus 
cancellarius  predicle  cancellatie  comiiaius  Marchie,  huic  presenti 
transcripto  transcripto  (sic)  seu  vidisse  sigilinm  predicte  cancellarie 
Marchie  duximus  apponendum.  Datum  et  actum,  quanldm  tangit 
hujus  transcrlptum  seu  vidisse,  die  décima  octava  mensis  Junii,  anno 
Domini  millésime  quadringenteslmo  tricesimo  quinto. 

Facta  est  collatio  cum  originali  per  me  Petrum  de  Marcilliaco,  cle- 
ricum  sigilli  cancellarie  Marchie.  notarium  et  juratum,  unacum  Guil- 
lermo  de  Quadrumo,  dicti  sigilli  cancellarie  predicte  notarié  et  jurato 
et  per  me  Guillermum  de  Quadrumo,  cloricum  sigilli  predicte  can- 
cellaiie  Marchie,  notarium  et  juratum  una  cum  predicte  magistro 
Petrode  Marcilliaco,  prelibate  cancellarie  Marchie  notarié  et  jurato. 

Signé  :  P.  de  Marcilliaco  et  G,  de  Quadrumo. 


VIL  —  Prieuré  de  Sainl-Paixenl  d). 


Uéglise  de  Saint-Paixent  fut  un  prieuré-cure  de  TOrdre  de  Saint- 
Benoit,  dépendant  de  Tabbaye  d'Âhun.  Le  prieur  avait  le  titre  de 
curé  primitif  et  présentateur;  le  desservant,  celui  de  vicaire  perpé- 
tuel. Gelui-ci  était  par  conséquent  institué  ou  nommé  par  i'évéque 

(1)  Bulletin  des  Antiquaires  de  TOuest  (année  1844,  page  87)* 


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-  «8- 

snr  la  présentaiiofi  éû  prieur.  Le  prieur,  que  f  en  qiud4€ait  géwénde- 
meiit  de  bénéllcier,  nv9ài  peur  lui  les  revenos  du  prieuré  ou  bénéfice 
et  il  se  débarrassait  sur  le  ricaiPe  perpétuel  du  service  paroissial* 
moyennant  une  rétribution  consistant  en  une  pension  annuelle  de  900 
livres,  dans  les  derniers  temps  portée  à  500. 

Il  y  eut  au  xviii*  siècle  siôde  une  contestation  sérieuse  pour  savoir 
6t  Saint-Paixent  était  en  même  temps  prieuré  et  cure.  Le  prieur 
tenait  pour  le  prieuré  simple  ;  le  service  paroissial  (ut,  durant  un 
temps,  interrompu.  Saint-Paixent  conserva  son  titre  de  prieuré-cure 
jusqu'à  la  réforme  opérée  par  l'Assemblée  constituante. 

L'église  était  dédiée  à  Notre-Dame.  Si  l'oa  en  croyait  certains 
documents,  Me  aurait  été  fondée  et  bâtie  par  Cbarlemagne  et  son 
fils  IiOuis4e-Débonnaire.  EUe  parait  dater  du  xu«  siècle,  elle  oflTre 
tB  effet  un  mélange  du  style  roman  et  du  style  ogival. 

Des  cinq  chapelles,  l'une  avait  eertainemeni  été  édifiée  vers  Hi 
fin  du  XV  siècle.  £n  vertu  d'acte  capitulaire  de  son  abbaye  du  20 
juin  1463,  i'ubbé  d'Ahun  avait  autorisé  cette  fondation»  avec  droit  de 
banc  et  de  sépulture  dans  l'église,  au  profit  d'une  dame  Dubois  de  la 
Vigerie. 

La  dédicace  du  maitre-autel  est  la  même  que  celle  de  Fégllse.  Les 
autres  autels  étaient  dédiés  à  Ste-Made!eine,  Saint-Jean-Baptiste, 
Sainte-Anne  et  Saint-Chistopbe. 

Les  fenêtres  de  l'église  et  du  sanctuaire  sont  en  plein  cintre.  Le 
clocher  est  une  véritable  tour  romane  L'escalier  qui  cc»nduit  au  clo- 
cher est  dans  une  tour  ronde  accolée  à  l'église.  Les  arcs  et  voûtes 
étaient  en  ogive  médiocrement  prononcée.  La  voûte  de  la  nef  n'existe 
plus,  elle  a  été  détruite  pendant  les  guerres  de  Religion. 

Le  prieuré  dut,  dès  ce  temps,  perdre  une  partie  de  son  patrimoine. 

11  parait  que  quelques  immeubles  avalent  fait  partie  des  dotations 
du  prieuré,  qui  consistaient  en  outre,  en  des  rentes  pour  concession . 
de  droits  de  sépulture,  en  des  dîmes  anciennes  et  novales,  menues 
et  vertes  dîmes  (1),  droits  de  charnage,  etc.  Toutes  ces  redevances 
furent  abolies  quand  les  Immeubles  furent  aliénés  comme  biens 
nationaux. 


(1)  Se  percevaiani  mr  tout  ce  qui  •#  consomme  en  vert  ;  légomm,  Mvee, 
tuuricoti. 


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ADDENDA 


Le  n<>  59  des  Annales  du  Midi  m'étant  parvenu  avant  que  Timpres- 
sioD  de  mon  article  fût  terminée,  j'en  proAte  pour  reproduire  ici  les 
érudites  observations  de  M.  Antoine  Thomas,  au  sujet  de  ma  liste 
critique  des  abbés  du  Moutier-d'Ahun.  {Mém.  Soc.  Creuse^  XIII,  343 
à  862): 

Page  349.  Au  lieu  de  Moutier  :  lire  Mouterre  ;  tel  est  le  nom  actuel 
de  la  commune,  canton  de  llsle-Jourdain  (Vienne). 

Page  353.  L'abbé  Aimeric  Barton,  menUonné  en  1445,  est  identique 
au  prieur  de  Guéret,  mentionné  en  1423.  (Mém.  Soe.  Creuse,  XII,  46S). 
Les  plaidoiries  du  Parlement  de  Poitiers  (Arch,  Nat,  X-^,  f*  197  r«), 
à  la  date  du  19  août  1429,  nous  apprennent  que  a  le  prieuré  de 
Guéret  a  vaqué  par  la  promocion  du  ft*ère  Aimery  Barton  à  certaine 
Abbaye.  » 

M.  Antoine  Thomas  signale  une  mention  d'abbé  tout  à  fait  inconnue 
des  historiens  locaux  :  dans  le  nécrologe  de  Saint-Robert  de  Cornillon, 
publié  en  1868,  par  Tabbé  Ulysse  Chevalier,  on  voit  figurer  au  31 
juillet,  Petru9  de  Reovilla^  abbas  Agedunensiêy  Case  Dei  monachus» 
n  est  possible,  dit-il,  qu'il  s'agisse  de  l'abbé  Pierre,  signalé  par 
M.  Delannoy  en  1241  et  1247. 

Page  157  du  présent  Bulletin.  Les  deux  domaines  situés  dans  la 
commune  de  Genouillat  ont  été  adjugés,  le  17  mars  1791,  à  Gilbert 
Nàrbonne,  demeurant  à  Boussac,  pour  le  prix  de  28,100  livres. 


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PLAN    D'AUBUSSON 


1663-1685 


Cette  vue  de  la  ville  d'Aabasson  a  été  lithographièe,  en  1842, 
dans  râtelier  de  Pierre  Langlade,  Fauteur  des  dessins  qui  accompa- 
gnent V Album  historique  el  piiloresque  de  la  Oeuse^  et  publiée  à  la 
même  époque.  Le  dessin  original  avait  été  découvert  dans  les  car- 
tons d'un  ancien  peintre  de  la  manufacture  royale  de  tapisseries  :  on 
ignore  ce  qu'il  est  devenu. 

La  vue  générale  est  prise  du  sommet  du  faubourg  de  la  Terrade, 
à  Touest  de  la  ville  d'Aubusson.  On  volt,  à  droite  et  au  haut  du  des- 
sin, le  temple  des  protestants,  entouré  de  murailles,  avec  une  mai- 
sonnette à  Tun  de  ses  angles.  Ce  temple  fut  construit  en  1663^  à  500 
toises  de  la  dernière  maison  de  la  ville,  auprès  de  la  roule  de  Cler- 
mont,  et  démoli  en  1685.  Ces  dates  nous  permettent  de  préciser 
celle  du  dessin  primitif. 

En  avant  du  temple  des  protestants  est  figuré  le  domaine  du 
Harchedieu,  autrefois  village,  et  à  gauche,  le  château  de  La  Vergue 
avec  ses  deux  tourelles  et  ses  bâtiments  d'exploitation. 

Au  centre,  et  toujours  dans  la  direction  du  levant,  Téglise  de 
Notre-Dame  du  Mont,  siège  du  chapitre  d'une  collégiale  de  Saint- 
Martin  à  dater  de  1674  el  qui  a  été  démolie  en  1808.  Les  ruines  da 


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cbAleaa  féodal  paraissent  plos  importantes  qa'elles  ne  le  sont  de  nos 
jours.  An  bas  et  à  gaacbe  de  la  montagne  du  Cbâteau,  aujourd'hui 
vulgairement  dénommée  le  Chapitre^  à  l'entrée  de  la  route  de 
Clermont,  on  voit  la  tour  du  Milan  restée  légendaire^ 

Au-dessous  des  ruines  de  la  forteresse,  Téglise  paroissiale  de 
Sainte-Croix.  A  gauche,  la  tour  de  Pàuditoire  du  juge  châtelain  et 
celle  de  la  prison  du  comte  de  la  Marche.  En  descendant,  on  recon- 
naît rbôtel  des  Laboreys  de  Cbâteaufavier,  construit  en  4636,  et 
récemment  démoli.  On  remarque  sur  le  versant  du  monticule  du 
château,  du  côté  du  midi,  un  étroit  sentier  dénommé  la  Vedrenne, 
sorte  de  chemin  de  ronde  qui  aboutissait  au  voisinage  du  pont  de 
St-Jean-la-Cour.  Au  premier  plan»  la  place  publique,  la  halle  et 
rbôtel  des  Yallenet. 

Sur  la  rive  droite  de  la  Creuse,  la  rue  des  Tanneurs  avec  son 
lie  et  ses  moulins.  Le  pont  en  pierre  qui  venait  d'être  construit  con- 
duisait au  bourg  de  la  Cour.  On  remarque  la  tour  qui  défendait  l'en- 
trée du  pont  du  côté  de  la  ville.  L'église  et  le  couvent  des  Recollets 
sont  très  exactement  reproduits. 

A  droite  du  dessin,  l'église  et  le  château  de  Saint-Jean:  à  une 
petite  distance,  le  bourg  de  la  Cour. 

Au  dessous  du  pont  est  une  passerelle  qui  conduisait  au  quartier 
de  la  Basse-Terrade.  Plus  à  gauche,  le  pont  de  la  Terraie  avec  ses 
tourelles  du  côté  du  faubourg. 

Il  est  couvert  et  renfermait  des  échoppes  de  cordonniers  dont  on 
voit  les  fenêtres.  Au  bas  du  fauboug  et  auprès  de  la  rivière,  la  mai- 
son Ruben  avec  sa  hante  tour  carrée. 

Sur  la  hauteur,  le  domaine  des  Granges,  et,  sur  la  rive  droite  de 
la  Creuse,  la  rue  Yaveix.  A  son  extrémité,  se  trouve  le  moulin  de 
la  Roche,  aujourd'hui  détruit,  et  au  milieu  de  la  rue,  une  porte  de 
ville  accompagnée  de  deux  tourelles. 

La  tour  de  Thorloge  s'élève  sur  le  versant  de  la  montagne  des 
Granges:  elle  domine  le  centre  de  la  ville,  mais  la  montagne  masque 
complètement  le  faubourg  de  Bat  et  le  quartier  des  Méris  que 


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—  Ma- 
ie detfiiMteor  na  pcmTaU  apercevoir  de  Tendroit  où  il  s*étâii 

An  levant,  et  à  mi-côle  se  trouve  le  fauboarg  de  la  CAte-du-Nont, 
pnis  la  Grande-Rae  que  longe  le  ruisseau  de  la  Ville.  On  voit  que  de 
nombreux  pools  de  bois  étaient  jetés  sur  ce  petit  cours d*eau  qui  cou- 
lait alors  à  découvert,  s^ufdans  sa  partie  inférieure  que  recouvrai! 
une  voûte  en  maçonnerie.  On  reconnaît,  à  rentrée  de  la  rue  Tieille, 
la  petite  chapelle  de  Nolre-Daine-de-la-Ville. 

Ctprien  Pérathon. 


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RAPPORT 

kf  Iss  Fouilles  dieultes*  au  Mi  à  i9mi. 

d'Octobre  1902  à  JuiUet  1903  CSuUeJ 


Dans  iiQ  prèeédenlMéraoire,  j'ai  décrit  tes  découvertes  successives 
opérées  autour  de  la  Montagne  de  Jouer  aux  périodes  les  plus  favo* 
râbles  de  Tannée  qui  vient  de  s'écouler.  Je  dois  dire  que  depuis, 
comme  alors,  les  fouilles  et  recherches  ont  dû  subir  des  arrêts  mul-* 
tipiiés  résultant  de  causes  diverses,  rnais^  particulièrement  de  Tin- 
lempérie  des  saisons  et  de  Tâpreté  du  climat,  parfois  aussi  de  la 
pénurie  d'ouvriers. 

Il  m'a  été  donné  toutefois  d'élargir  assez  considérablement  le 
champ  de  mes  explorations,  et  Texistence  de  plusieurs  autres  bâti- 
ments malheureusement  ruinés  de  fond  en  comble  a  pu  être  cons- 
talée  dans  l'espace  compris  enlre  la  voie  romaine  de  Limoges  et  le 
signal  de  Jouer,  c'est-à-dire  dans  la  direction  du  Sud-Ouest.  J'ai  pu 
notamment  <léblayer  un  vaste  terrfi-plein  platerforme  circulaire  où 
j'ai  rencontré  un  massif  puissant^  bien  compact,  que  je  croirais 
aviûr  été  construit  pour  supporter  une  tour  (1)»  puis,  à  50  mètres 
plus  haut,  une  ruine  de  20  mètres  carrés  environ  où  se  voient  ^uel- 
qu^  traces  de  voûte,  ainsi  que  les  restes  d'un  bâtiment  dont  les 


(1)  Voir  mon  plan. 

13 


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-  19i- 

pierres  paraissent  grossièrement  travaillées  ou  non  appareillées, 
bâliment  contigu  à  celte  même  voûte. 

Le  long  de  la  vole,  et  dans  cette  dernière  direction,  j'ai  pu  cons- 
tater l'existence  de  trois  nouveaux  bâtiments  dont  il  ne  reste  que 
quelques  assises  généralement  informes  mais  qui  sont  rendus  cer- 
tains par  la  présence  d'une  véritable  profusion  de  tuileaux,  clous, 
débris  de  poteries  comme  dans  les  cas  précédents,  les  unes  d'une 
pâte  grossière,  mais  la  plupart  en  terre  rouge  ou  samienne  très 
fine,  quelques  autres  enfin  en  verre  (la  plus  marquante  montre  en- 
core ses  2  anses).  Un  de  ces  débris  en  particulier  semble  représenter 
sur  son  pourtour  quelques  détails  de  la  partie  postérieure  d'un 
griffon.  (Allusion  sans  doute  à  la  destinée  de  l'objet  ou  du  monu- 
ment, les  griffons,  suivant  les  anciens,  étant  chargés  de  veiller  à  la 
conservation  des  choses  cachées). 

J'y  ai  relevé  deux  monnaies  de  bronze  assez  frustes,  mais  laissant 
voir  néanmoins,  la  première  :  Une  tête  laurée  tournée  à  droite, 
auprès  de  laquelle  on  distingue  à  peine  TR]  AIANVS.  Au  revers, 
riei)  de  net.  Elle  est  en  bronze  de  module  moyen,  mais  bien  patinée. 
La  seconde  également  en  bronze,  même  module,  représente  beau- 
coup plus  nette  une  Face  de  Fausline  autour  de  laquelle,  on  lit  FA] 
VSTINA,  le  rcsle  manque.  La  tête  est  tournée  à  droite,  jeune  et 
très  fine  ;  elle  doit  être  conséquemment  de  Faustina  junior. 

Trouvé  là  deux  autres  monnaies  moins  nettes  encore  que  les 
précédentes  et  entièrement  illisibles,  ainsi  que  quatre  silex  qui 
paraissent  avoir  été  taillés  :  ils  appartiennent  sans  doute  à  l'époque 
celtique. 

Sur  ce  même  point,  j'ai  à  enregistrer  une  autre  trouvaille  des  plus 
remarquables.  C'est  un  bout  de  chaîne  en  fer  dont  il  ne  reste  en 
tout  que  six  maillons.  Quoiqu'elle  ait  perdu  par  l'oxydation  beau- 
coup de  sa  force  et  de  son  poids,  elle  est  cependant  assez  nette  et 
distinguée  par  le  genre  de  travail  ou  de  fabrication,  chaque  chainon 
a  la  forme  du  chiffre  arabe  8. 

A  quelle  sorte  d'usage  pouvait-elle  êlre  destinée?  Il  me  semble 
difficile  de  le  déterminer  d'une  manière  certaine.  Toutefois,  l'absence 
de  puits  dans  ces  parages  permettrait  de  supposer  qu'elle  devait 


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-  103  — 

servir  d*at(ache,  peutèlre  à  un  cheval,  peat-étre  aussi  à  une  porte, 
peal-êlre  enfin  à  quelque  prisonnier. 

Deux  nouveaux  sondages  opérés  dans  les  endroits  non  cultivés 
du  (aillis  Volondat,  attenant  à  mes  précédentes  fouilles^  ne  m'ont 
laissé  voir  rien  de  particulier.  J'ai  pourtant  relevé  près  du  mur 
qui  devait  longer  la  voie  une  sorte  d'outil  en  fer  ou  crampon  raesu« 
rant  0  10«  de  pointe  qui  est  carrée,  puis  un  reste  de  boucle 
éinaillée,  ornée  de  2  cramponnets,  qui  me  fait  l'effe  td'un  pendant 
de  breloque.  Ce  dernier  débris,  quoique  assez  minuscule  puisqu'il 
ne  mesure  que  0,04^  de  long  est  des  plus  remarquables  à  cause  de 
son  vernis  de  couleur  verte  et  très  délicat,  vernis  ou  plutôt  émail 
bien  authentique,  car  Tacide  azotique  n'a  pu  l'entamer. 

Relevé  encore  à  ces  endroits  un  débris  de  meule  à  bras,  en  pierre 
Vulcanisée,  clous,  charbons,  etc. 

—  Aux  journées  qui  suivirent  ces  dernières  découvertes,  j'eus 
ridée  de  donner  suite  à  un  projet  formé  depuis  quelque  temps  et 
porter  mes  investigations  sur  un  point  différent  qui  m'a  paru  lon- 
ger une  voie  ancienne  dans  la  direction  de  Poitiers,  voie  déjà  consi- 
gnée dans  mon  premier  mémoire. 

La  position  à  explorer  me  paraissant  des  plus  dignes  d'attention, 
car  la  tradition  du  pays  y  attache  l'existence  d'un  puits,  j'ai  voulu 
diriger  des  recherches  de  ce  côlé.  Autant  que  j'ai  pu  me  faire  ren- 
seigner, M.  Buisson  de  Mavergnier  aurait  fait  jadis  sur  ce  versant  de 
la  montagne  quelques  sondages  qui  furent  d'ailleurs  sans  résultat. 
Mais  les  découvertes  nouvelles  que  j*ai  à  enregistrer  se  voient  quel- 
que peu  au  delà  des  chii^m  s  de  Prataury  dans  la  section  de  la  Por- 
chère. 

Le  puits  cherché  est  enfin  découvert  ;  il  se  montre  bien  net,carré, 
et  taillé  dans  l'épaisseur  du  rocher.  Ses  assises  premières  ont  dis- 
paru entièrement  à  la  margelle  ;  (particularité  des  plus  remar- 
quables) quoique  sur  un  sommet,  il  est  littéralement  plein  d'eau. 
Force  donc  nous  est  d'attendre  la  saison  sèche  pour  le  vider. 

Dans  un  examen  des  plus  minutieux  et  prolongé  à  ces  endroilst 
il  m'est  donné  de  relever  une  pierre  marquante  entre  toutes,  brisée 


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en  3  morceaux,  et  assez  volamineuse,  tonjours  à  sa  place  sur  on 
massif  ruiné,  à  faible  distance  du  puils.  Cette  pierre  ro*a  fait  l'effet 
d*un  ancien  monument  celtique,  peut-être  d'une  antique  table  à 
sacriflce,  car  elle  comprend  un  bassin  ovale  et  bien  dessiné  de  0  m  70 
de  longueur  sur  0,10  de  profondeur.  Les  dimensions  tolales  sont  de 
8«20xi""70. 

La  solitude  de  ce  lieu  profondément  Inculte,  où  elle  repose  préci- 
sément au  sommet  d'un  mamelon  fort  spacieux,  sans  doute  boisé 
Jadis,  le  voisinage  du  puits  (distance  juste  de  S  métrés)  paraîtraient 
bien  favoriser  celte  hypothèse  (i).  Vu  le  peu  de  profondeur  du  bas- 
sin, pourrait-on  supposer  qu'il  ait  pu  être  produit  par  Faction  des 
agents  atmosphériques  ou  encore  lui  attribuer  la  forme  et  la  des- 
tination d'un  bac  creusé  par  le  lavage  ?  cette  double  conjecture  ne 
m'a  semblé  nullement  fondée. 

La  pierre  et  le  puits  sont  situés  pour  ainsi  dire  à  l'eitrémité  ouest 
de  l'immer^se  esplanade  qui  comprend  au  moins  5  hectares,  adossée 
à  un  contrefort  de  la  montagne  de  Jouer  et  surplombant  la  gorge 
étroite  du  Rivaillier  eu  face  de  Friauiouze.  De  là,  en  remontant  vers 
le  point  culminant,  on  se  trouve  généralement  en  présence  de  larges 
pierres  régulières  pour  la  plupart,  et,  plus  loin,  d'une  trace  de  forte 
muraille  occupant  une  ligne  de  faite  rigoureusement  droite  qui 
8*étend  sur  une  longueur  d'au  moins  400  mètres  en  prolongement 
au  sud-ouest  jusque  vers  le  sommet  de  Jouer.  Ces  parages  s'appel- 
lent encore  La  Ville,  mais  jusqu'alors  je  n'ai  pu  y  rencontrer  ni 
tuileaux,  ni  poteries,  des  bruyères  seulement  et  toujours  brous- 
sailles et  bruyères. 

—  Exploration  nouvelle  à  Test  et  à  500  mètres  environ  de  Jouer  : 
Dans  la  section  dépendante  de  la  Chalenède  et  dénommée  les 
Rii)(tiUe$,  très  près  de  l'hôpital  ou  j'ai  découvert  l'an  dernier  une 
construction  à  8  divisions  importantes,  une  fouille,  entreprise  à  la 
vue  de  quelques  débris  de  tuileaux  et  briques,  m'a  permis  de  rele- 
ver l'assise  d'un  nouveau  bâtiment  mesurant  5  m.  60  sur  environ 
4  m.  80.  Je  dis  environ,  car  une  partie  seulement  a  pu  être  bien 

(1)  La  rigole  elle-même  est  quelque  peu  marquée. 


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-197  - 


r 

I  ik^i^rxiinke.  J'y  ai  rencontré  des  clous  rouilles,  du  charbon,  des 

■  (lél>ris  de  poteries  communes  el  de  briques  de  0,10  d'épaisseur  ainsi 

■  (jQ'ijn^  meule  conservée  presque  dans  son  entier.  Elle  est  en  granit 
I  etcf^ti  II  grain  très  fin. 

^  On  clil  qu'en  ce  même  endroit  il  existe  une  cave  ou  souterrain, 

niais  J^  n*ai  pas  eu  le  loisir  d'y  faire  pratiquer  de  nouveaux  sonda- 
ges, t^ftlonné  que  j'étais  par  le  propriétaire  désireux  et  même  ioipa- 
lien  t    c3*eiisemettcer  son  terrain. 

D^  L.£i.îl  :  A  80  mètres  de  là.  Tan  dernier,  à  l'ouverture  de  la  nou- 
velle K*oule  qui  dessert  aujourd'hui  La  Chatenède  et  Lavaud,  sur  le 
pass^a^c  du  mince  cours  d'eau  descendant  du  Châtain  el  de  St-Gous- 
saud  ^  ^[  les  terrassements  achevés,  on  a  employé  à  la  construcliun 
d'un.  [>onceau  quantité  de  belles  pierres  recueillies  à  cette  place. 
Tout  1  ^  monde  s'est  accordé  à  y  voir  des  matériaux  d'antiques  bflti- 
xù^^  ts  .  D'après  tous  ces  indices,  il  y  avait  là  certainement  une  agglo- 
^^^^t  jcn  ou  simplement  une  dépendance  du  Mont  de  Jouer. 

^  ^n  viron  400  mètres  au-dessous  de  THôpilal,  dans  la  section  des 
^^  ^^nnes  (nom  significatif)  j'ai  remarqué  aussi  un  certain  nombre 
^^Vxv^eaux  répandus  un  peu  partout  sur  la  surface  du  sol,  mais  il 
^e  ta*a  pas  été  possible  jusque  là  d'y  pratiquer  des  fouilles. 

Reprenai.t  surle  Mont  Jouer  mes  recherches  un  moment  inter- 
rompues, j'y  ai  tenté  un  nouveau  sondage,  à  la  distance  de  50  mètres 
de  la  voie,  côté  nord,  et  suivant  la  ligne  extrême  formée  par  la 
maraille  d'enceinte.  Il  s'y  est  rencontré,  sur  une  profondeur  de  1 
mètre  à  1  mètre  30  de  terre  végétale,  des  charbons  mêlés  à  de  for- 
tes pierres  régulières,  des  tuileaux  et  fragments  de  poteries  jusque 
à  environ  8  mètres  dans  le  taillis  Voiondat. 

Ces  divers  débris  m'ont  paru  provenir  de  démolitions  de  la  cou* 
verture  et  du  revêtement  du  mur  qui  était  de  forte  épaisseur.  Au 
milieu  de  cette  fouille,  je  relève  une  plaque  en  fer  d'assez  grande 
dimension,  représentant  à  peu  près  exactement  la  batterie  d'une 
arme  à  feu;  mais  il  est  bien  à  présumer  qu'elle  a  dû  servir  à  un 
autre  usage.  Peut-être  y  avait-il  ici  une  porte.  —  Après  avoir  fait 
de  nouveaux  sondages  qui  ne  donnèrent  rien  de  particulier,  Je  dpti* 
Bai  ordre  de  reprendre  lei  recherches  commencées  vers  le  signai  da 


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noire  montagne.  Plusieurs  tranchées  pratiquées  suivant  la  ligne  de 
chute  aux  abords  de  Ténorme  pierre  décrite  dans  mon  premier 
mémoire  n'ont  rien  fourni  d'intéressant,  ni  luileaux,  ni  poteries,  ni 
restes  de  murailles  et  constructions.  Je  me  rapproche  alors  du  bâti- 
ment demi-circulaire  et  à  30  métrés  de  là,  vers  le  nord,  plusieurs 
tranchées  nfont  dévoilé  des  restes  nombreux  et  marquants  d'un 
nouveau  bâtiment  qu'il  m'a  été  cependant  absolument  impossible  de 
déterminer,  car  ces  endroits  paraissent  avoir  souffert  encore  plus 
que  les  autres  de  l'incendie  et  de  la  dévastation.  Plusieurs  très- 
grosses  pierres  ayant  été  taillées  gisent  sous  terre  et  doivent  en 
avoir  contitué  les  premières  fondations  ....  Cette  ruine  est  parse- 
mée de  débris  de  tuileaux  et  poteries,  clous  oxydés  etc.  comme 
dans  les  cas  précédents.  A  ce  même  endroit,  je  découvre  deux  mon- 
naies de  moyen  bronze  dont  l'une  très  fruste  laisse  à  peine  voir  une 
tôle  couronnée.  D'ailleurs  rien  de  lisible  à  la  légende.  La  seconde 
au  contraire  est  fort  nette  ;  on  y  voit  à  la  face  :  IMP.  CAES.  DIVI 
VESP.  F.  DOMITIAN.  AVG.  P.  M.  Tète  laurée  à  droite  avec  grènetis 
au  pourtours,  Revers  :  TR.  P.  COS.  VII  DES.  VIII  P.  P.  S.  C.  Divi- 
nité casquèedebout,  tournée  à  gauche,  tenant  un  foudre  et  unehasie. 
Un  bouclier  parait  dessiné  à  ses  pieds.  C'est  évidemment  Pallas. 
(81  de  J.-C.) 

Rencontré  au  même  lieu  une  petite  boule  de  plomb  avec  plusieurs 
ossements  dont  un  est  assez  bien  conservé  et  semble  avoir  été  de 
l'omoplate,  ou  peut-être  d'un  tibia  (le  point  occupé  par  la  rotule 
demeurant  encore  très  apparent),  quantité  de  clous  oxydés  et 
débris  de  poteries  variées,  deux  fr;>ginents  de  vase  en  verre  bleu 
foncé  orné  de  petits  dessins,  des  morceaux  de  chaux  et  de  mortier, 
ainsi  qu'un  débris  de  tuile  de  couverture  avec  initiales  I  I  E  .  •  ., 
quelques  autres  avec  trois  demi-cercles  concentriques,  plusieurs, 
triangulaires  comprenant  une  petite  croix  creusée  dans  un  carre. 

Le  lendemain  reprise  des  fouilles  sur  un  autre  point  dans  le  taillis 
Yolondat,  le  long  du  mur  intérieur  d*enceinte.  Des  ruines  y  sont 
apparentes  avec  un  amas  considérable  de  tuileaux  à  rebords  de 
belle  épaisseur  et  de  nombreux  clous  ayant  servi  à  fixer  la  couver- 
ture, des  débris  multiples  de  charbons,  chaux  ou  mortier  de  chaux, 
49  paieries  eo  p&le  et  nuauces  dtvmest  quelques-unes  sigillé 


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-  199  - 

avec  dessins  variés  reprësenlaot  lanlôt  anoiseaa,  tantôt  des  flears 
ou  autres  ornements 

Des  couches  de  0"*  40<^  de  lerre  aussi  noire  que  Tencre  et  mêlée  de 
cliarbons,  enfin  une  muraille  de  0^  60  d'ép«'\)sseur,  avec  retraite  de 
0*10,  paraissant  revenir  à  angle  droit  vers  les  constructions  1,  2,  3, 
4,  mises  au  jour  Tannée  passée.  Ce  dernier  mur,  dont  jusqu'alors,  à 
cause  de  la  présence  d'un  bois  taillis,  il  ne  m'a  pas  été  permis  de 
retrouver  la  continuation,  existe  à  40  mètres  de  la  voie  romaine 
indiquée  et  retracée  dans  mon  premier  mémoire  et  me  semble  dés 
maintenant  établir  une  division  dans  le  rectangle  formé  par  les 
deux  côtés  perpendiculaires  du  nord  au  midi. 

Mes  recherches  continuées  la  journée  suivante  sur  ce  même  point 
révèlent  une  nouvelle  monnaie  de  bronze  de  moyen  module,  où 
Ton  voit  :  face,  une  tête  couronnée,  radiée,  tournée  à  droite,  avec 
légende  assez  effacée:  MARC.  AVR.  ANT.  AVG.  CARACALLA?  La 
tète  est  jeune  et  agrémentée  d'une  barbiche  rappelant  sans  doute  les 
mœurs  de  cet  empereur  (de  J.  C  211-217).  Au  revers,  on  peut  dis- 
tinguer un  bateau  dirigé  par  un  personnage  debout  au  gouvernail, 
dans  Tattilude  du  commandement  et  plusieurs  autres  assis  là, 
manœuvrant  les  rames.  Nouvelle  légende  très  effacée. 

A  5  m.  20.  le  mur  revient  à  angle  droit  sur  une  nouvelle  longueur 
de  3  m.  30,  au  bout  de  laquelle,  nouveau  mur  parallèle  au  premier, 
formant  ainsi  avec  les  trois  autres  une  construction  nettement  rectan- 
gulaire. Les  assises  de  ces  murailles,  variant  de  4  à  8,  reposent  sur 
une  retraite  de  0.10^ 

Remarque  :  Le  tond  de  ce  bâtiment  m'a  paru  avoir  été  solide* 
ment  pavé.  Rencontré  au  milieu  des  démolitions  fortes  et  marquan- 
tes 2  cailloux  roulés  du  volume  d'un  œuf  de  cane,  armes  probable- 
ment de  répoque,  destinées  à  la  défense  de  la  place;  (on  sait  qu'au 
nombre  des  machines  de  guerre  en  usage  chez  les  Romains  comp- 
taient en  première  ligne  les  tormenla^  calnpuliœ  et  balislœ  ou 
/rfYiefo? spécialement  destinées  à  lancer  soit  des  flèches,  soit  des 
espèces  de  boulets  ou  des  pierres  de  moyenne  grosseur  contre  les 
assaillants  et  de  plus  fortes  contre  les  remparts  par  un  système  de 
tension  de  cordes  ayant  quelque  rapport  avec  le  moufle  ou  cabestan» 


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— ^-«ÔO— 

'ies^iirft:6Otvaiit8vj*easridé8:d0re^«iirpntiqaer  me  tiotivdie 
fouille  au  \ypini  indiqué  sur  mon  plan  de  Paii  dentier,  par  an  cercle 
ponctué,  à  rintérieur  duquel  est  écrit  le  mot  :  Démolition.  (La 
conflguratioti  du  terrain  et  la  nature  des  matériaux  rencontrés  là 
m*ayant  paru  des  plus  significatives.) 

Bien  m'en  a  pris,  car.  après  deuxjournéesd'un  travaH  excessif  où 
j'ai  rencontré  peu  de  tuileaux  ou  poteries,*  mais,  en  revanche,  plus 
de  60  pierres  énormes  provenant  d'assises  hnporrantes,  sur  la  fin 
'  d«  la  soirée,  je  tire  des  décombres  un  fragment  en  granit  gros 
grain  où  il  reste  «ne  partie  de  tèto  de  statue.  L'ovale  de  la  figure 
est  parfaitcmenl  régl^fier  elbientiessinédu  menton  a  la  iiacrteurdes 
yeux.  Le  reste  manque,  ainsi  que  la  moitié  postérieure  des  oreilles 
qui  sont  encore  un  peu  apparentes.  (Voir  la  figure  ci-contre). 

(  0,50«  de  l'oreille  droite  à  celle  de  gauche. 
Dimensions    i  ^  ^-.  . 

(  0,25«du  menton  aux  yeux. 

L'ouverture  de  la  bouche  et  des  lèvres  est  nette  et  bien  pronon- 
cée, mais  le  nez  est  brisé  en  partie. 

Alors  ma  pensée  se  reporte  involontairen>ent  à  la  hase  destatue 
découverte  Tan  passé,  car  ma  nouvelle  trouvaille  existe  à  60 
mètres  à  peine  de  cet  endroit,  mais  les  proportions  de  l'une  avec 
celles  de  Taulre  sont  bien  diSèrenles  et  la  première  appartient 
évidemment  à  un  bas-rolief,  ce  qui  constitue  deux  statues  tout  à 
fait  distinctes. 

L'artiste  soulpteura  su  tirer  très  bon  parti  de  la  matièreemployèe  ; 
à  en  juger  par  ce  qui  en  reste,  cette  pièce  devait  être  fort  belle  et 
d'un  travail  vraiment  fin  et  délicat.  Nouvelle  fouille,  nouvelles  tran- 
chées et  aussi  nouvelle  découverte,  cette  fois,  c'est  une  main  droite 
embrassant  un  objet  quelconque.  Quatre  doigts,  sur  les  5,  sont  bien 
visibles  et  semblent  dans  les  mêmes  proportions  que  la  lëte  décou- 
verte la  veille.  L'auriculaire  manque,  mais  sa  trace  est  indiquée. 
Tout  mo  porte  à  croire  que  cette  main  fait  partie  de  la  statue  à 
laquelle  appartient  la  tète  décriie  ci-dessus,  et  Tobjet  ou  instrument 
qu'elle  serre  pourrait  bleu  être  un  sceptre,  dont  la  partie  inférieure 


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~  «01  — 

seule  est  visible  sur  une  longueur  de  31  cenlimètres,  y  compris 
répaisMor  des  doigis.  (1). 

Ces  deuils  et  parlicularilés  me  donnent  Tidèe  d*un  Jupiler  Olym- 
pien ou  d*un  Jupiter  Apollon  duquel  notre  montagne  tirerait  sa 
dénomination  de  Jouer.  Jovis...  (^). 

Un  nouvel  élan  s'empare  alors  de  moi,  et  je  fMiille  plus  roînuiieu- 
sement  que  jamais  cet  espace  représentant  une  surface  arrondie  de 
40  mètres  carrés  environ,  me  berçani  constamment  de  res|)oir  de 
rencontrer  le  buste  entier  et  les  jambes  de  celte  belle  statue,  mais 
impossible  d'en  rien  découvrir.  Les  autres  fragments,  très-volumi- 
neux sans  doute,  ont  dil  rester  plus  ou  moins  apparents  sur  les 
terres  et  être  enlevés  autrefois  par  les  propriétaires  avides  de  les 
utiliser  dans  leurs  constructions,  selon  le  dire  de  plusieurs  de  mes 
paroissiens.  Mon  second  travail  de  déblai  n'est  point  toutefois  resté 
infructueux,  car  j'en  ai  sorti  3  monnaies  dont  Tune  est  bien  nette  : 
ANTONINVS  AVG.  PIVS  P.  P.  TR.  P.  XII,  bronze  de  belle 
patine,  module  moyen,  tète  laurée  tournée  à  droite.  Au  revers, 
personnage  debout  tenant  une  haste  de  la  main  droite,  et  de  la 
gauche?...  Quelques  lettres  rares  et  à  peine  distinctes  à  la  légende, 
dans  le  champ  S.  C.  (138  à  161  de  J.-C.)  —  La  2«  monnaie,  même 
module,  ne  donne  qu'un  semblant  d'effigie,  et  la  3*  plus  nette, 
représente  une  figure  fine  et  jeune  qui  ne  peut  ètreque  de  Faustine; 
maliieureusement  la  légende  est  détruite  eu  partie;  j'ai  pu  y  lire 
cependant  assez  clairement  :  DIVA  ANT...  FAVS]  TINA.  Tète  cou- 
ronnée et  radiée  à  droite.  Au  revers  :  La  Liberté  debout  à  gauche 
tenant  une  haste  et  une  couronne?  S.  C.  dans  le  champ  (de  J.  G. 
i41).  Légende  totalement  effacée  ou  à  peu  près. 

Nota.  —  Plusieurs  autres  travaux  non  encore  terminés  feront,  un 
peu  plus  tard,  Tobjet  d'une  nouvelle  communication. 

(1)  Voir  la  figure. 

(2)  Cette  statue,  plus  grande  que  nature,  pourra  sans  donte  fournir 
la  preuve  que  Prœtoriuiii  était  là,  et  quil  ue  constiluaitpas  un  simple 
relais  {mutatio)  comme  d'aucuns  l'affirment,  mais  bien  une  vérituble 
mansio  c'est-à-dire  station,  renfermant  des  statues  et  des  temples, 
par  conséquent  des  plus  importantes. 


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—  202  — 


Elnde  sur  les  voies  romaines  se  birarqnul  à  Pnelorini 


Comme  on  le  sait,  une  voie  unique  partanl  de  Limoges  arrivait  à 
Prœlorium  el  de  là  se  divisait  en  deux  :  l'une  allant  sur  Bourges 
par  Argenton,  Tautre  sur  Clermont  par  Ahun. 

NousaVons  parcouru  la  première  de  ces  voies  depuis  Limoges, 
jusqu'à  Bridiers,  el  nous  donnons  dans  le  présent  article  le  résultat 
de  nos  recherches. 

Il  nous  resle  à  parcourir  la  deuxième  voie  ;  ce  sera  Tobjel  d'une 
nouvelle  communication  qui  paraîtra  dans  le  Bulletin  de  l'année 
prochaine. 


Elide  sv  place  de  la  voie ronalne  de  LimogesBoorges  (4) 


Direction  et  assiette  de  cette  voie 

1*  Du  Mont  Jouer  vers  Limoges.  ^La  voie  militaire  de  Limoges  à 
Prœlorium  paraît  évidente  et  certaine  au  Mont-Jouer.  Je  la  retrouve 
absolument  sur  un  parcours  de  plus  de  800  mètres  entre  mes  deux 
villages  de  la  Ribière  et  de  la  Faite  (du  latin  fasiigiutn)  à  peu  près 
à  égale  distance  de  Tun  el  de  Tautre,  telle  qu'elle  était  remarquée 
de  son  temps  par  Tabbé  Nadaud  et  contrôlée  il  y  a  50  ans  environ 
par  Buisson  de  Mavergnet.  Plusieurs  sondages  faits  un  peu  ça  et  là 
m'ont  révélé,  au  point  de  ne  pouvoir  s'y  méprendre,  des  traces  d'un 
pavage  fort  ancien.  La  largeur  totale  paraît  varier  entre  8  et  10 
mètres.  La  ligne  droite  el  à  mi-côte  est  régulièrement  observée, 
enfin  (détail  particulier)  un  remblai  bien  conservé  sur  une  longueur 
de  60  mètres  demeure  très-visible  et  Indiqué  sur  mon  plan. 

(1)  La  carte  sera  jointe  à  la  deuxième  partie  du  Mémoire  conte- 
nant la  voie  sur  Clermont,  par  Ahun. 


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—  203- 

Cette  voie,  descendant  de  la  montagne  par  une  pente  des  pins 
douces  se  reconnaît  toujours  jusqu'au  dessous  et  à  500  mètres  de 
la  Fatle. 

Perdue  ou  supprimée  sur  quelques  centaines  de  mètres  à  peine, 
à  travers  le  vallon  creux  fertilisé  par  une  source  et  transformé 
depuis  longtemps  sans  doute  en  prairie,  on  la  retrouve  plus  avant, 
au-dessus  des  liauteurs  de  la  Ribière,  à  la  croix  di^e  de  Cbaban  (1). 
A  cet  endroit,  une  route  moderne  l'a  coupée,  mais  la  voie  ancienne 
reste  toujours  distincte  et  remonte  du  côté  sud-ouest  le  long  de  la 
montagne  suivante,  toujours  à  mi-côte  pour  redescendre  ensuite 
très  directement  sur  mon  village  de  Redonde-Sagne(!2)  dont  Pappel- 
lation  très-rare  pour  ne  pas  dire  unique  rappelle  absolument  le 
latin  qui  n'a  pas  souffert  d'altération,  Rotunda-Sagna.  De  là,  elle  se 
dirige  en  ligne  droite  sur  une  autre  village  Millemilange  dont  le 
nom  paraît  aussi  très-signiflcatif  et  doit  rappeler  une  borne  ou 
colonne  militaire. 

Plus  avant,  près  dps  fosses  de  Millemilange  se  voient  les  traces 
d'un  emplacement  que  longeait  la  voie.  Cet  emplacement  a  la  forme 
carrée  et  donne  Tidée  de  quelque  fortification. 

Elle  traversait  ensuite  le  Bois  des  Egaux  (commune  des  Billanges) 
où,  malgré  les  changements  nombreux  survenus  par  suite  des  tra- 
vaux de  culture  pratiqués  là  depuis  longtemps,  sa  trace  paraît 
encore  quelque  peu  marquée,  et  elle  se  continuait  ainsi  jusqu'à 
Limoges  Puy-Imberl,  où  se  sont  rencontrées  deux  voûtes  de  l'épo- 
que romaine,  par  Éntrecolles  {inler  colles)  Cbavanas  et  Auzial, 
Sirieix,  la  croix  du  Cadet,  le  Coussat,  les  Loges,  la  Maisonnette,  le 
Mas-Haynard,  les  bois  de  Tourniol,  un  pont  sur  leRivalet,  la  croix 

(1)  A  environ  500  mètres  de  la  Croix  de  Chaban,  du  côté  sud-ouest, 
se  voit  le  hameau  dit  la  Verdenne,  ou  Védrenne  (via  veterina)  qui 
rappelle  sans  doute  les  temps  de  l'occupation  romaine.  A  quelques 
mètres  de  cette  croix  on  a  trouvé  autrefois  plusieurs  réceptacles 
d'urnes  funéraires. 

(2)  Les  2  constructions  relevées  près  de  Redonde  Sagne  et  des  Gars 
(hôpital)  à  environ  ôOO  mètres  de  la  voie  de  Limoges  et  à  300  mètres 
de  la  voie  de  Test  sur  Clermont  me  paraissent  fournir  une  nouvelle 
preuve  de  la  grandeur  et  de  l'importance  de  l'établissement  romain 
de  Jouer  et  de  la  ville  ancienne  dont  elles  devaient  constituer  des 
dépendances. 


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—  Î04  - 

de  Fressignac,  le  Mas-Lebraud  où  paraissaient  jadis  des  restes  de 
chaussée,  la  fortl  de  St-Prlest-Thaurioii  et  le  Palais  (1). 

J'ai  remarqué  que  le  plus  souvent  dans  ce  long  parcours,  la  voie 
fait  fin  d'héritages.  Tous  ces  passages  sont  indiqués  par  d'Anville 
et  aussi  tout  au  long  dans  Flndicaleur  du  Diocèse  de  TAbbéNadand 
qui  les  avait  lui-même  reconnus  sur  place,  reconnus  de  même  par 
Cornuau. 

Je  ne  crois  point  que  ce  tracé  de  Prœlorium  (Mont  de  Jouer)  à 
Limoges  souffre  de  difflcullé. 

Près  de  nous  maintenant  et  en  retour  dans  la  ligne  d'Argenton, 
je  dois  reprendre,  afin  de  la  fixer,  la  voie  se  profilant  vers  le  nord 
sur  Drelh(Bridiers,  la  Souterraine)  qu'on  est  généralement  d'accord 
à  considérer  comme  étant  la  2«  stalion,  omise  sur  la  Table  de 
Peutinger,  de  Limoges  à  Bourges.  J'ai  vu  aussi  dans  celte  même 
ligne  et  très-clairement  la  suite  de  la  même  voie  militaire.  Il  me 
reste  à  la  définir. 


S"^  Du  Xîonl  Jouer,  assiette  el  direction  de  la  voie  de  Limoges  en 
ligne  de  Breth,  —  Descendant  de  Jouer,  el  toujours  invariablement 
à  mi-côte,  près  d'une  vieille  croix  de  pierre  dont  les  assises  parais- 
sent provenir  des  plus  forts  matériaux  de  démolition  de  la  station, 
au  bord  de  la  route  actuelle  qui  mène  à  Jabreilles,  la  voie  fléchis- 
sait légèrement  vers  IVst  à  travers  un  pacage  où  j'ai  trouvé  des 
restes  de  poteries  et  de  tuileaux,  sur  une  longueur  de  150  à  SOO 
mètres,  sans  nul  doute  afin  d'éviter  le  bas-fond  de  gauche  qui  est 
très-marécageux  et  aussitôt  après  elle  reprenait,  en  remontant,  sa 

(1)  or  Dans  le  bourg  du  Palais  est  aussi  une  colonne  milliaire.....  On 
(r  arrivait  à  Jocondiacum  près  Limoges,  par  une  voye  romaine  qui  de 
a  cette  dernière  ville  conduisait  à  Prœtorium  près  de  St-Goussaud,où 
(T  elle  se  divisait  en  2  branches:  Une  tendait  à  Bourges  par  Argenton, 
a  Tautre  à  Clermont  d'Auvergne  par  Ahun...  Il  ne  reste  oujourd*hiii 
t  que  quelques  vestiges  éparpillés  de  la  voye  romaine  sous  le  nom 
t  ùechcmxn  /"atraf, chemin  ferré...  Depuis  Limoge.?  on  trouve  de  dis* 
K  tance  en  distance  des  vestiges  du  pavé  que  la  solidité  des  ouvrages 
c  romains  a  conservé  jusqu'à  nos  jours.  On  voit  encore  entre  le  Haut 
c  Carrier  et  le  Puy  Moulinier  les  débris  d'un  pont  qui  présente  Tarn* 
f  preinte  de  ce  goût  romain.  9  D'Anvilis.  Notice  de  l'ancienne  gemU, 


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llgoe  droite  un  peo  au-dessous  du  cimetière  actuel  de  St-Goussaud, 
à  la  croix  dite  du  Pouyaud,  pour  la  conserver  conslamnienl  jusqu'au 
village  de  la  Plaud  (lerriloire  d*Arrènes)  sur  une  étendue  totale  de 
4  kilomètres  400  mètres,  tenant  constamment  les  hauteurs.  Dans 
tout  ce  parcours  notre  nouvelle  route  sur  Laurière  Ta  coupée  en 
maints  endroits,  tout  en  lui  restant  parallèle,  malgré  ses  nombreuses 
sinuosités  destinées  à  ménager  une  pente  moins  raide  suivant  le 
système  en  vigueur  à  notre  époque. 

Ainsi  j*ai  retrouvé  ces  sections  aux  points  suivants  : 

A  la  borne  kilométrique  14.300,croix  de  Richard,où  lesdeux  voies 
se  confondent  aujourdMiui  sur  60  mètres  à  peine,  en  face  du  hanteau 
de  Friaulouze.  Plus  loin,  la  voie  ancienne  reste  toujours  très-visible 
sur  les  hauteurs  de  Bossabut  et  du  Fieu  (fief)  à  environ  400  mètres 
à  droite  et  à  gauche  de  Tun  et  de  Tautre.  Les  mêmes  voies  se  cou* 
pent  de  nouveau  plus  loin  vers  la  borne  17  k.  400. 

La  voie  romaine,  en  cet  endroit,  comptait  une  branche  secon- 
daire qui  devait  servir  peut-être  à  relier  un  poste  distant  de  iOO 
à  150  mètres  où  j'ai  relevé  des  traces  de  construction  que  je  me 
pro|>ose  d'explorer  plus  en  grand,  et  continuait  se  dessinant  très 
exactement  en  ligne  droite  suivant  la  coutume. 

Après  un  remblai  de  50  mètres  encore  facilement  reconnaissable 
elle  arrivait  entre  le  village  et  le  Puy-d'Aussagne,  évitant  ainsi  les 
terrains  bas  ou  moins  solides,  d'après  le  mode  adopté. 

Dans  ces  parages,  au  nord  et  au  sud  du  Puy  d'Aussagne  se  ren- 
contrent comme  à  Jouer,  de  véritables  et  d'imposants  amoncelle- 
ments «le  pierres  plus  ou  moins  régulières,  débris  sans  doute  de 
bâtiments  de  l'époque.  Ils  sont  séparés  (le  la  voie  et  à  très-faible 
distance  et  j'y  ai  constaté  à  plusieurs  places  la  présence  de  quelques 
fragments  de  tuileaux  ou  poteries.  Un  propriétaire,  m'a-t-on  dit, 
y  aurait  découvert  il  y  a  quelque  30  ans  dans  une  muraille  en  pier- 
res sèches  servant  de  limites,  un  bras  de  statue  en  bronze  ayant 
appartenu  à  une  divinité  quelconque.  Ce  fragment  était  très-riche- 
ment travaillé.  (le  lieu  s'appelle  aujourd'hui  la  Ville  (Extrait  du 
cadastre  d'Arrènes). 


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-206  — 

De  là,  la  voie  descend  jusqa*au  village  de  la  Pradelle  (1)  où  Ton 
remarque,  après  sa  traversée,  un  chemin  neltement  ferré  dont  le 
pavimentnm  très-bien  conservé  s'étend  sur  une  longueur  d'au 
moins  500  mètres.  Au  bout  de  cecherain  se  voit  le  poteau  de  bois  qui 
établit  la  division  des  deux  départements  ainsi  que  la  route  de  Lau- 
rière  à  Bénévent  qui  l'a  coupée  à  peu  près  à  angle  droit.  Plus  bas 
son  passage  est  marqué  et  se  reconnaît  assez  facilement  à  la  dépres- 
sion de  Tancienne  chaussée  recouverte  aujourd'hui  d'une  pelouse 
fine,  et  les  bas-côtés  en  saillie  et  formant  légèrement  talus.  Elle  se 
prolonge  à  travers  des  châtaigneraies  jusqu'à  la  voie  ferrée  de 
StSulpice  à  Monlluçon  où  se  rencontre  un  énorme  remblai  qui  Ta 
coupée  à  son  tour.  Elle  reste  légèrement  visible  plus  bas  à  travers 
un  pacage  confluant  à  l'Ardour  près  de  Côte  plane  où  on  a  découvert 
jadis  plusieurs  urnes  funéraires  avec  leurs  couvercles  dans  les 
champs  de  Fontballe.  Ce  lieu  est  à  la  hauteur  de  Laurière.  (2) 
A  très  peu  distance,  au  villlage  de  La  Paye  aux  arrêts,  j'ai 
découvert,  sur  l'éminence  dominant  l'Ardour,  quantité  de  fragments 
de  poteries,  quelques  débris  de  tuileaux,  beaucoup  de  charbons,  du 
mâchefer, etc.  On  dit  qu'une  voûte  se  prolonge  sous  la  colline,  allant 
peut-être  dans  le  sens  de  la  voie. 

Après  la  traversée  de  l'Ardour,  sans  doute  par  un  gué  que  je  n'ai 
pu  encore  découvrir,  la  voie  romaine,  contournant  bien  légèrement 
à  droite,  continuait  sur  la  Prade,  la  Cheirade.  entre  Pauilhac  et  la 
Roberterie,  Châtenet,  Fursac  (3),  sur  la  Gartempe  qu'elle  tra- 
versait par  un  pont  à  l'endroit  même  où  fut  rebâti  en  1756  le  pont 

(1)  Au  delà  de  la  Pradelle,  et  à 400  m.  dans  leschampsdu  Nouhaad 
on  a  découvert  une  voûte  en  pierres,  ainsi  que  des  débris  de  toute 
sorte,  tuileaux,  poteries,  etc. 

(2)  <  De  Proetorium  à  Argenton,  la  voye  romaine  passait  à  un  petit 
a  quart  de  lieue  à  Test  de  la  Souterraine  où  Ton  en  voit  quelques 
«  morceaux  en  suivant  le  chemin  traversant  Arrènes,  qui  laisse 
a  quelques  restes  de  cette  voie.  »  D'An  ville.  «  La  voye  romaine  pas- 
sait en  haut  de  St-Michel-Laurière,  du  côté  du  Lovant  pour  aller  à 
Argenton.  t  D'Anville. 

(3)«  Les  anciens  s'étaient  pratiqué  un  mauvais  ponten  bois  pour  rem- 
«  placer  le  vieux  pont  romain  détruit  par  les  eaux  en  1623.  »  (Extrait 
des  archives  municipales  de  Fursac,  délibération  du  1«'  novembre 
1755).  L'ancienne  voie  apparaît  à  égale  distance  environ  de  Fursac  et 
de  Chabannes,  direction  du  nord,  pour  arriver  au  village  de  Gros... 


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-207  - 

actoel  avec  les  matériaux  de  Tancien  détruit  en  1623  et  qui  était 
romain.  Elle  montait  à  la  Chabanne  Judand,  passait  ensuite  près  de 
Hontbraud,  puis  à  Ribe  entre  le  Gros  et  le  Chiron  où  Ton  a  décou- 
vert des  monuments  fort  anciens,  ensuite  à  la  Feuille  de  Saint- 
Priest  (2)  près  d'un  beau  dolmen  décrit  sommairement  ici  en  note, 
puisenGn  à  Brelb. 

Ce  parcours  total  depuis  le  Mont  de  Jouer  représente  environ 
26  kilomètres  que  j'ai  suivis  et  étudiés  aussi  minutieusement  que 
possible. 


I!  ne  me  reste  plus  qu'à  vériGer,  à  contrôler  les  distances  qui  doi- 
vent nous  Gxer  définitivement  sur  le  véritable  emplacement  tant  diF- 
cnlé  de  notre  station. 

La  carte  théodosienne  inscrit  XIIII  lieues  gauloises  d'Augustori- 
tu.D  à  Prœtorîum.  Ce  chififre  coiicorde-t-il  bien  avec  Téloignement 
connu  ou  évalué  à  vol  d'oiseau  ?  C'est  ici  pour  moi  le  devoir  de  rap- 
peler un  travail  mathématique  d'une  célébrité  limousine  publié  en 
i878sur  cette  im|)ortanle  question.  L'auteur  en  est  M.  l'Abbé  Rou- 
gerie  alors  arcbiprôtre  de  Hochechouart,  aujourd'hui  Evoque  de 
Pamiers.  Ce  savant,  sans  s'être  transporté  sans  doute  au  Mont  Jouer, 
simplement  à  l'examen  attentif  d'une  carte  et  s'aidant  du  calcul,  a 
trouvé  que  notre  mqntagne  est  absolument  à  la  distance  des  14 
lieues  de  Peulinger  soit  31  kilomètres  94  mètres,  et  poursuivant 
son  même  calcul.  Monseigneur  de  Pamiers  témoignait  que  des  trois 
points  sérieusements  discutés  :  Breth  (Bridier)  Sauviat  et  le  Puy  de 
Jouer,  ce  dernier  seul  était  bien  dans  les  limites  de  dislance,  Breth 
tropéloigné  de  plusieurs  lieueset  Sauviat  au  contraire  trop  rapproché 
d'autant. 

(i)  A  quelques  centaines  de  mètres  de  ce  hameau  et  du  bourg  de 
St-Priest,  se  volt  une  esplanade  d'une  étendue  de  demi-hectare,  cou- 
verte de  débris  de  tuiles  à  rebords  et  de  poteries  (icaUo-romaines,  au 
centre  de  laquelle  se  détache  un  des  plus  beaux  dolmens  du  pays.  Il 
domine  le  vallon  qui  donne  naissance  à  la  Sedelle.  Sa  table  presque 
ronde  mesure  3">  àO  de  diamètre  et  est  supitortée  par  (>  pierres  très 
élevées.  Au  centre  de  ce  monument  on  a  découvert  une  entrée  de 
souterrain  qu'on  dit  aUer  à  Breth,  sur  une  étendue  de  4  à  5  kilomè-* 
très. 


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A  mon  tour  je  dois  étudior  la  qaegUon  et  apportée  mon  modeste 
contingent: 

La  lieae  gauloise,  quant  à  ses  dimensions,  devait  varier  suivant 
les  provinces  et  les  latitudes.  Le  sentiment  toutefois  le  pins  admis 
lui  altribne  une  longueur  de  1.500  pas  romains.  Or  Je  pasius, 
mesure  qui!  ne  faudrait  pas  confondre  avec  le  gradus  pas  d'un 
homme,  étant,  suivant  l'évaluation  oixlinaire^  de  \  mètre  47«  i/2»  le 
cbiilrede  44  lieues  doit  fournir  à  mon  compte,  une  somme  de  21 .000 
posstu  romains  ou  34  kilomètres  et  80  mètres.  Je  me  rencontre 
donc  avec  le  savant  Evêque  qui,  lui^  accusait  31  kilomètres  94.  Et 
j'affirme  que  c'est  bien  là  en  effet  en  ligne  droite  la  distance  qui 
nous  sépare  de  Limoges  et  je  conclus  qu'il  n'y  a  pas,  qu'il  nesaurait 
y  avoir  erreur,  du  moins  de  différence  notable. 

Remarqua  :  La  tradilion  confirmée  par  la  légende  du  Bréviaire  veut 
que  Saint'Gounaud  soit  venu  de  la  Bourgogne  te  fixer  tur  noire 
montagne.  Or,  à  cette  époque,  c^est-^-dire  au  commencement  du  Vlh 
tiècle,  il  n'y  avait  de  Bourges  à  Limoges  que  la  voie  ancienne  dite 
romaine  qui  passait  par  Alerte  entre  Chdteaureux  et  Ardentes,  Argen- 
ton,  la  Souterraine  et  Prœiorium.  Donc  Prœtorium  devait  être  ici. 
D'ailleurs  le  culte  de  St-Goussaud  est  encore  vivant  dans  Us  parages 
que  je  viens  d'indiquer  et  notamment  à  Saint-Août,  Semur,  etc.,  etc. 

Et  je  me  résume  : 

D'après  toutes  les  données  tant  modernes  qu'anciennes,négligeant 
même  pour  le  moment  le  témoignage  des  découvertes  effectuées 
dans  ces  derniers  temps.  Prœtorium  placé  au  Mont  de  Jouer  paraît 
entièrement  et  absolument  à  la  distance  de  Limoges  assignée  par  la 
Carte. 

Ce  premier  point  est  d'ores  et  déjà  bien  établi. 

P.  DERCIER, 
Curé  de  Saint' Goussaud. 


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Il  RiUlIlUBE  DE  SAIIT-nAIIB 


§  I.  —  Notes  critiques  sur  V élude  de  ce  reliaiMire  mbliée 
par  MM.  Léon  Palustre  et  X.  Barbier  de  Montauk,  dans 
l* Orfèvrerie  et  l'Emaillerie  Limomines,  en  4886. 

On  trouvera  à  ta  saite  de  ces  notes  le  procès-verbal  de  la  transla- 
tion, le  iO  octobre  4790,  d'un  reliquaire  provenant  des  riches 
collections  de  Tabbaye  de  Grandroont  et  qui  avait  été  attribué  par 
révèque  de  Limoges  à  Téglise  de  Saint-Goussaud,  qui  le  possède 
encore  aujourd'hui.  Ce  iiès  cuiieux  document  a  été  communiqué  à 
la  Société  par  M.  Tabbé  Dercier,  qui  en  a  pris  copie  sur  les  registres 
paroissiaux  conservés  aux  archives  de  la  commune. 

A  plus  d'un  titre,  ce  procès-verbal  Intéressera  les  lecteurs  du  Bulle- 
tin; mais,  dans  les  présentes  observations  préliminaires,  mon  inten- 
tion est  seulement  de  signaler  les  rectifications  que  sa  lecture  m'a 
coniiuitàfaireàrarticlequeM«''BarbierdeMontauitetM.  Léon  Palustre 
ont  ccTtisacré,  en  collaboration,  au  reliquaire  dont  il  s'agit  dans  leur 
grande  publication  illustrée  sur  rOrfèvrerie  et  l'Emaillerie  LinwU' 
sines  (1).  11  s'est  trouvé  dans  la  circonstance  que  les  deux  éminents 
èrudits  n'ont  pas  été  servis  par  le  sens  critique  dont  ils  ont  donné 
ailleurs  de  si  bonnes  preuves,  et  se  sont  manifestement  fourvoyés. 

SoîL  qu'ils  aient  négligé  de  prendre  des  renseignements  auprès 
du  titulaire  de  la  cure  de  Saint-Goussaud,  au  moment  où  ils 
co:ii()osaient  leur  ouvrai^e,  soit  que,  d'après  une  méthode,  en 
principe  très  louable.  \\s  sr^  soirht  imposé  de  n*uliliser  que  des 
in<lir;ilions  nuisét's  aux  sour«e>  «Higjnali  s,  des  le  d«  but  de  leurs 
recherches  ils  toiubeienl  dans  une  nn-prise  qui  les  eondamna  à 
commettre  un  nombre  d'erreurs  d  autant  plus  grand  qu'iU  dépen- 
seraient plus  d'érudition  fiour  soutenir  l'exactiuide  du  fait  qu'ils 
avaient  imprudemment  accepté  connue  vrai  à  leur  poinv  de  départ. 
Ignorant  qu'ils  èt.dent  en  présence  d'un  reliquaire  de  Saint  Léohon^ 

(1)  Mélanges  d'Art  et  d'Archéologie  (deuxième  année).  Orfèvrerie  et 
Emailterie  I^imousines,  par  Léon  Palustre  et  Barbier  de  Montault, 
chez  Alp.  Picard,  Paris. 

44 


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-210- 

ils  simaginèrent  avoir  à  étudier  le  reliquaire  désigné  dans  les 
anciens  inventaires  de  Grandmont  sous  le  nom  de  reliquaire  de 
Saint'Cloud,  et,  comme  la  description  empruntée  aux  anciens  textes 
ne  pouvait  s^appliquer  que  partiellement  à  Tobjet  qu'ils  avaient  sous 
les  yeux,  ils  durent  faire  des  prodiges  d'ingéniosité  pour  mettre 
d'accord  les  documents  anciens  et  leurs  propres  constatations.  Hais 
enfln,  à  force  d'hypothèses,  de  rapprochements  et  d'arguments  par 
analogie,  ils  vinrent  à  bout  des  documents  qui  se  raidissaient  contre 
Tassimilation  des  deux  reliquaires,  et  arrivèrent  à  avoir  réponse  à 
tout,  mais  naturellement  au  détriment  de  la  vérité. 

Dès  le  début  de  Particle,  les  auteurs  laissent  entendre  avec 
quelles  difficultés  ils  ont  été  aux  prises;  le  lecteur  est  prudemment 
averti  par  eux  que  pour  se  rendre  compte  de  Tidéntité  du  reliquaire, 
le  reconnaître,  tel  qu'une  belle  reproduction  par  l'héliogravure  le 
représente  en  son  état  actuel,  dans  les  descriptions  empruntées  aux 
inventaires  de  l'abbaye  de  Grandmont,  il  fallait  admettre  préalable- 
ment que  cet  objet  avait  été  transformé.  De  la  transformation,  il  est 
vrai,  on  ne  possède  aucune  preuve  directe,  mais,  avec  cette  théorie 
commode  des  modifications  apportées  au  cours  des  siècles,  ils 
n'éprouvèrent  plus  aucun  embarras  à  faire  appliquer  au  reliquaire 
de  Sain t-Lëobon,  conservé  à  Saint-Goussaud,  ce  qui  concernait  un 
reliquaire  de  Saint-Cloud,  aujourd'hui  inconnu  et  dont  on  verra, 
par  ce  qui  suit,  que  la  composition  architectonique  et  ornementale 
différait  très  sensiblement. 

MM.  Barbier  de  Montault  et  Léon  Palustre  ont  recueilli  dans  les 
inventaires  de  l'abbaye  de  Grandmont,  exactement,  six  mentions 
descriptives  du  reliquaire  de  Saint-Cloud.  Les  articles  qui  lui  sont 
consacrés  ne  sont  pas  tous  d'égale  étendue,  mais,  parles  détails  qu'ils 
contiennent,  il  n'est  pas  douteux  qu'ils  se  rapportent  au  .même  objet. 
Or  tous,  à  l'exception  d'un  seul,  plus  sommaire  que  les  autres, 
indiquent  en  des  termes  peu  variés,  qu'il  a  pour  couronnement 
quatre  petits  clochetons,  au  milieu  desquels  s'élève  à  une  plus 
grande  hauteur  «  un  cristal  garni  d'argent  en  façon  d'une  tour  ». 
Le  reliquaire  conservé  à  Saint-Goussaud,  pour  employer  les  termes 
même  de  l'article,  est  aujourd'hui  coiffé  d'un  lourillon  de  verre 
moderne  embotU  de  deux  douilles  de  cuivre  et  termitié  par  une  croix. 


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n  semble  bien,  m'a-t-on  rapporté,  qne  cette  dernière  partie  est  pins 
r^enteqae  le  pied  sur  lequel  elle  repose;  mais,  ce  point  admis, 
il  n'e^  nullement  démontré  que  cette  simple  thèque  a  remplacé 
Tappareil  ornementai  des  quatre  clochetons  et  de  la  tourelle  qui  les 
dominait  Tout  au  contraire  est  en  opposition  avec  cette  hypothèse, 
et  les  raisons  que  les  auteurs  invoquent  pour  la  justifier  ne  résis- 
tent pas  à  Texamen.  Les  voici  reproduites  textuellement  :  «  les 
«  reliquaires  de  Grandmont,  disent-ils,  ont  été  remaniés  plusieurs 
c  fois,  et  complétés  quand  ils  avaient  subi  des  mutilations  qui  les 
<  déformaient...  Il  n'est  pas  malaisé  en  présence  du  reliquaire  de 
«  Châteauponsac,  qui  offrait  un  type  analogue,  de  restituer  par  la 
ff  pensée  les  clochetons  disparus.  An  centre  se  dressait  un  cylindre 
c  de  cristal  monté  en  argent  et  flanqué  de  quatre  tourelles  de 
c  cuivre  doré.  Ces  cinq  objets  supposent  un  plateau  plus  développé 
c  que  le  disque  à  dents  qui  supporte  la  thèque.  Alors  de  deux  choses 
ff  Tune  :  ou  un  plateau  en  proportion  avec  son  contenu  surmontait 
€  le  second  support,  ce  qui  est  admissible,  puisqu'on  voit  au  reli* 
«  quaire  de  Saint-Michel  un  support  analogue;  où,  en  enlevant  cette 
«  addition,  on  pose  le  plateau  directement  au  sommet  de  la  tige  ». 

Que  les  reliquaires  aient  été  remaniés  plusieurs  fois,  il  n'y  a  là 
rien  que  de  très  possible,  et  même,  on  peut  dire  que  de  très  vrai- 
semblable; mais  il  n'est  pas  douteux  que  ces  réparations  et  trans- 
formations, quand  elles  ont  eu  lieu,  remontent  à  une  date  relative- 
ineut  ancienne;  elles  suppqsent  dans  Tabbaye  une  ère  d*activité  et 
de  prospérité,  une  période  de  fonctionnement  régulier  où  la 
préoccupation  des  chefs  s*étendait  aux  plus  petits  détails  de  Tadmi- 
nistration  ;  si  les  auteurs  de  farticle  avaient  pris  soin  de  remarquer 
que  le  dernier  inventaire  est  de  1666  et  que  la  description  qu'il 
donne  du  reliquaire  nous  apprend  qu'il  avait  toujours,  à  cette 
date,  sa  tour  centrale  et  ses  clochetons,  ils  n'auraient  pas  osé 
avancer  qu'après  être  resté  intact  pendant  plus  de  cinq  siècles  il  se 
soit  tardivement  disloqué,  et  que  les  religieux,  sans  désemparer, 
aient  fait  les  frais  d'une  restauration.  Dans  la  seconde  moitié  du 
XVII*  siècle,  la  plupart  des  abbayes  étaient  en  pleine  décadence  et 
notamment  celle  de  Grandmont,  qui  devait  disparaître  dès  avant  la 
Révolution. 


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-  212  - 

Le  ptas  lOQVênt  alors,  les  bâtiments  d'hdbilation  des  monastères, 
les  églises  elles-mêmes  étaient  dans  un  état  complet  de  délabre- 
ment, quand  ces  édifices  ne  menaçaient  pas  ruine;  les  ressources 
manquaient  pour  les  dépenses  les  plus  urgentes.  C'était  même 
Toecasion  de  discussions  scandaleuses  et  de  longs  procès  entre  les 
religieux  et  les  curés  des  paroisses,  et  lorsque  Ton  voit  les  églises 
mises  en  interdit  parce  que  les  abbayes  refusent  d'y  faire  des  rèpa- 
ralions  les  plus  urgentes  et  de  fournir  les  ornements  et  objets 
sacrés  essentiels  à  la  célébration  du  culte,  on  hésite  à  croire  que 
Ton  ait  distrait  au  xviii*  siècle,  à  la  veille  de  la  suppression  du 
monastère  de  Grandmond,  la  plus  petite  somme  pour  rappliquer 
à  la  réparation  d'un  objet  dont  la  valeur  artistique  avait  cessé 
d'èlre  comprise,  que  Pon  considérait  apparemment  comme  Tœuvre 
d'une  industrie  semi-barbare  et  que  dédaigneusement  sans  doute 
on  qualifiait  de  golhique  suivant  Texpression  de  Tépoque,  en  englo- 
bant dans  ce  terme  tout  ce  qu'avait  produit  le  moyen-âge.  Depuis 
combien  d'années  la  vénérable  industrie  de  l'Orfëvrerie  Limousine 
s'est  elle  relevée  sinon  du  dédain,  du  moins  de  rindîfférence  que 
Ton  avait  pour  elle,  et  s'est-on  avisé  que  ses  travaux  étaient  d'une 
merveilleuse  beauté?  Les  personnes  à  qui  l'étude  des  anciens  textes 
a  rendu  familière  la  vie  des  établissements  religieux  dans  les 
derniers  temps  de  l'ancien  régime,  tiendront  pour  concluant  contre 
la  théorie  de  la  transformation  du  reliquaire,  cet  argument,  qu'elle 
ne  peut  pas  avoir  eu  lieu  depuis  le  dernier  quart  du  xvii*  siècle. 
Au  surplus,  à  ce  premier  argument  d'autres  viennnent  s'ajouter. 

Après  avoir  avancé  que  le  reliquaire  de  Saint  Goussaud  avait  été 
remanié.  MM.  Barbier  de  MontauU  et  Léon  Palustre  ajoutent  qu'il 
n'esl  pas  malaisé  de  le  reconstituer  par  la  pensée,  en  regardant  celui 
de  Châteauponsac.  Le  type  et  l'exemple  ne  pouvaient  moins  heu- 
reusement être  choisis,  et  le  rapprochement  va  à  rencontre  du  but 
que  Ton  voulait  atteindre.  Je  hasarderai,  en  me  gardant  bien, 
d'ailleurs,  d'être  affirmalif,  que  les  deux  pièces  ne  doivent  pas 
être  de  la  même  époque  :  le  reliquaire  de  Châteauponsac  me 
semble  beaucoup  plus  ancien,  il  a  les  caractères  d'une  ornenienta- 
liou  nettement  romane,  tandis  que  celui  de  Saint-Goussaud,  par 
les  détails  et  son  immeuble,  appartient  à  l'époque  gothique;  c'est 
ainsi  «{ue  l'encadrement  de  ses  médaillons  est  formé  par  la  rencontre 


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-  213  — 


■i^ 


de  ^^  brisés.  Quoi  qu'il  en  soit,  les  procédés  de  décoration  tfonl  rien 
dans  les  deux  cas  :  le  reliquaire  de  Châteatiponsac  est 


A^4  '^^llé  de  pierreries  en  relief,  et  ses  émaux  sont  dits  cloisonnés; 
^^  particularité  a  même  conduit  certains  érudrtsà  le  tonsidérer 
tiOinmeune  œuvre  byzantine.  Au  contraire,  celui  de  Saint-Goussaud, 
au  premier  aspect,  donne  Timpression  d'une  œuvre  francbenaent 
limousine;  ses  émaux  champlevés,  ses  rinceaux  et  tous  ses  motifs 
d'ornement  rappellent  exactement  la  décoration  des  pièces  d'orfè- 
vrerie de  cette  époque,  de  la  même  provenance. 


Si  l'on  s^aVisait,  comme  le  demandent  MM.  Darbier  de  MonlauU 
et  Léon  Palustre,  de  placer  au  sommet  du  pied  du  reliquaire  le 


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-414- 

plateau  chargé  de  qaalre  clochers  et  de  la  loarelle,  on  aarail  ttoe 
œuvre  mal  venue  et  dépourvue  de  toute  harmonie. Véritables  artistes, 
ces  orfèvres,  au  moyen-âge,  avaient  un  goût  affiné  et  le  sens  très 
juste  de^  proportions  ;  un  reliquaire  était  traité  par  eux  comme  un 
monument  en  miniature  et  ils  se  seraient  bien  gardés  d'écraser  par 
un  couronnement  trop  lourd,  une  base  frêle  et  délicate;  le  dernier 
plateau  du  reliquaire  de  St-Goussaud  est  un  carré  de  six  cenlimèlres 
de  côté  et  la  plaque  nécessaire  pour  recevoir  Tassembiagede  la  tour  et 
des  clochetons  devrait  être  de  dimensions  sensiblement  plus  grandes. 
Avec  une  pareille  disposition,  aucune  proportion  ne  serait  gardée; 
il  suffit,  pour  se  rendre  compte  de  la  justesse  de  cette  observation, 
de  comparer  entre  eux  les  reliquaires  de  Saint-Goussaud  et  de  Châ- 
teau ponsac.  Le  premier  est  élevé  et  élancé,  parce  qu'il  ne  doit 
supporter,  qu'un  cylindre  étroit  ou  un  petit  récipient;  l'autre^  au 
contraire  est  bas  et  irapu,  parce  qu'il  a  besoin  de  donner  l'idée  de 
force  pour  soutenir  une  ornementation  donnant  impression  d'une 
chose  pesante.  De  même,  les  dimensions  de  la  base  du  premier 
reliquaire  sont  plus  petites  que  celles  du  second,  mais  dans  les 
deux  cas  elles  sont  respectivement  supérieures  à  celles  du  plateau 
terminal  sur  lequel  reposent  les  récipients  qui  renferment  les  reli- 
ques. Celle  disposition  est  en  quelque  sorte  imposée  par  les  lois  de 
Tarchitecture  et  même  simplement  de  l'équilibre;  or  tout  le  contraire 
arriverait  si  la  forme  primitive  du  reliquaire  de  Saint-Goussaud 
avait  été  ce  que  prétendent  les  auteurs  de  la  notice.  De  même 
l'hypothèse,  l'existence,  dans  le  premier  état  du  reliquaire,  d'un 
second  plateau,  plus  vaste,  qui  aurait  été  superposé  au  premier, 
est  condamnée  par  les  précédentes  observations.  Et  en  effet,  plus 
on  donnerait  d'élévation  au  reliquaire  de  Saint-Goussaud,  plus  il 
serait  contraire  aux  principes  élémentaires  de  l'art  de  l'écraser  à 
son  sommet,  et  la  comparaison  avec  le  reliquaire  de  Saint-Michel 
que  l'on  choisi  comme  exemple,  est  précisément  la  condamnation 
de  ce  système;  dans  cette  dernière  pièce  d'orfèvrerie,  il  y  a  dégra- 
dation successive  et  régulière  entre  les  trois  plateaux  du  bas,  du 
milieu  et  du  sommet,  et  si  entre  ces  différents  points  on  a  placé  des 
nœuds  ou  parties  renflées,  c*esl  dans  un  but  de  décoration,  pour 
couper  d'abord  par  une  légère  leillie,  la  courbe  de  la  ligne  partant 


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—  215  — 

da  pied  pour  aboulir  au  premier  plateau,  et  ménager  ensuite,  entre 
ce  dernier  et  la  plate-forme  supérieure,  qui  supporte  une  petite 
statuette  de  la  Vierge,  l'emplacement  d'un  globe  transparant,  dans 
lequel  étaient  exposées  les  reliques. 

Non  contents  de  supposer  gratuitement  et  conlre  les  textes  quMIs 
invoquent  l'existence  des  cinq  clochetons,  MM.  Barbier  de  Hontault 
et  Léon  Palustre  veulent  tirer  de  ce  motif  de  décoration  une  inter- 
prétation symbolique  :  «  11  n'est  pas  impossible,  disent-ils,  en 
manière  de  conclusion,  que  primitivement  la  tourelle  centrale  ait 
reçu  les  reliques  du  Sauveur,  tandis  que  celles  des  évangélistes 
auraient  rempli  les  tourelles  d'angles  ju.  Les  auteurs,  privés  de 
toutes  données  positives,  ne  savent  plus  où  s'arrêter  dans  leurs 
hypothèses,  et  le  pis  est  que,  pour  se  faire  illusion  à  eux-mêmes 
sur  les  fantaisies  de  leur  imagination,  ils  tentent  de  les  appuyer 
sur  un  texte  que  rien  ne  permet  de  rattacher  à  l'objet  spécial  de 
leur  étude.  Us  rappellent  que  des  documents  dont  ils  ne  donnent 
d'ailleurs  ni  la  date,  ni  la  provenance  ont  signalé  l'existence  à 
Grandmont  de  reliques  du  tombeau  du  Christ  et  de  (rois  évangé 
listes,  saint  Mathieu,  saint  Marc  et  saint  Luc;  mais  la  puissante 
abbaye,  si  elle  possédait  réellement  ces  restes  vénérés,  ainsi  qu'un 
grand  nombre  d'établissements  religieux,  au  moyen-âge,  ont  pré- 
tendu en  avoir,  ne  manquait  pas  de  reliquaires  de  matières  plus 
précieuses  et  d'une  ornementation  plus  riche  pour  les  recevoir. 

Dans  l'espèce,  les  seuls  titres  sur  lesquels  les  auteurs  pouvaient 
légitimement  s'appuyer  sont  ceux  qu'ils  citent  et  qui  se  réfèrent  au 
reliquaire  qu'ils  confondent  avec  celui  actuellement  conservé  dans 
l'église  de  Saiut-Goussaud.  Or  le  plus  ancien  de  ces  inventaires, 
qui  est  daté  de  1495,  porte  qu'il  renfermait  des  ossements,  et  les 
deux  inventaires  les  plus  récents,  ceux  de  1629  et  de  1666, 
confirment  que  l'on  y  trouvait  encore  à  cette  époque  des  mor^ 
ceaux  d'ossements,  et  qu'on  les  honorait  comme  des  reliques 
de  saint  Cloud.  Si  les  sources  permettaient  de  remonter  à  des 
temps  plus  éloignés,  tout  porte  à  croire  que  l'on  rencontrerait 
la  mention  des  mêmes  reliques  pour  les  mêmes  reliquaires,  et 
que  des  objets  ou  parcelles  d'objets  considérés  comme  ayant  touché 
ou  appartenu  au  Christ  ou  à  des  évaDgéllstei  n'auraient  pas  cédé 


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-  2!6  - 

h  pla<^e  âtix  reliques  d'un  Saint  dont  le  nom  ne  paratl  pas  a?oir 
été  fréquemment  porté  par  les  fidèles  et  qui  n^esl  pas  particnliëre- 
ment  connu  pour  avoir  été  l'objet  d'un  culte  spécial  dans  la  contrée. 

Le  développement  donné  à  ces  notes  paraîtra  sans  doute  hors  de 
proportion  avec  le  sujets  et  je  ne  dissimulerai  pas  qu'en  commen- 
çant à  les  composer,  je  ne  me  proposais  pas  d'entrer  dans  d'aussi 
nombreux  détails.  Mais  j'y  ai  été  amené  en  quelque  sorte  par 
l'autorité  des  erudits  dont  je  me  buis  permis  de  combattre  l'opinion. 
Même  au  début  j'hésitais  à  entreprendre  ce  petit  travail,  craignant 
de  me  mettre  en  opposition  avec  des  auteurs  dont  la  haute  compé- 
tence est  universellement  r«  connue  et  dont  les  jugements  passent 
communément  pour  échapper  à  toute  critique.  Mais  la  réflexion  n*a 
cessé  de  me  confirmer  toujours  davantage  dans  la  conviction  qu'ils 
s'étaient  té'^lietnenl  fourvoyés.  Au  surplus,  la  rencontre  accidentelle 
de  quelques  inexactitudes  ou,  si  on  le  préfère,  de  simples  inadver- 
tences,  n'a  rien  qui  doive  surprendre  dans  un  ouvrage  de  cette 
importance,  et  surtout  traitant  d'un  sujet  aussi  délicat.  On  peut 
tenir  pour  certain  que  les  personnes  préparées  pour  entreprendre 
un  pareil  travail  et  capables  de  le  conduire  à  bonne  fin  sont  extrê- 
mement rares.  Il  suppose  chez  elles  une  érudition  acquise  par 
l'étude  pentiente  et  raisonnée  d'une  quantité  considérable  de 
pièces  d'orfèvrerie,  qui,  bien  loin  de  se  rencontrer  habituellement 
par  grouix3S,  sont  plutôt  disséminées  par  unités  ^ur  tous  les  points 
de  notre  territoire  et  souvent  à  l'étranger.  Une  pareille  élude  pour 
conduire  aux  i<lées  générales  et  permettre  d'arriver  à  une  classifica- 
tion par  à;;e,  origine  et  attribution  à  telle  ou  telle  école,  a  dû  porter 
sur  des  nuances  presque  imperceptibles,  s'étendre  à  de  menus  détails 
que  seule  une  longue  expérience  apprend  à  discerner.  On  comprend 
par  là  que  c'est  une  bonne  foi  tune  |)our  la  gi*ande  industrie  limou- 
sine d'avoir  rencontré  des  érudits  capables  d*en  foire  comprendre 
toute  la  beauté,  et  dont  la  réputation  a  puissamment  contribué  a  en 
répandre  le  renom  dans  te  monde  savant  et  à  appeler  sur  elle 
Tattention  de  tovs  les  amis  des  arts. 

F.  AUTORDE. 


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—  217  — 


\  IL  —  Procès-verbal  de  la  Translation  de  la  Sainte  Religue 
de  Saint-Léobon,  le  10  Octobre  1190. 

(Copie  communiquée  par  M.  Tabbé  DËRGIER) 


Aujourd*bui,  10  octobre  mil  sept  cent  quatre-vingt-dix,  confor- 
mément à  Tavertissenient  qui  nous  a  été  fait  le  tfois  du  même  mois 
par  notre  pasteur  au  pronne  de  sa  messe  paroissiale,  qu'il  serait 
transporté  sollenneliement  une  relique  de  Saint  Léobon,  solitaire, 
dans  notre  église  paroissiale  y  quiy  munie  de  tous  ses  authentiques,  a 
été  accordé')  à  M.  Ardant,  notre  curé,  par  M.  Duplessis  d*Argentré, 
évéque  de  Limoges,  laquelle  il  lui  a  fait  remettre  par  M.  Jacques- 
Lazare  Sicelier,  supérieur  du  séminaire  des  Ordinans  de  Limoges, 
chargé  de  la  distribution  de  toutes  les  reliques  provenantes  de  la 
communauté  de  rOrdre  cy-devant  abbaye  de  Grandmout,  nous  nous 
sommes  transportés  au  village  de  Frioulouze  en  corps  municipal,  à 
la  suite  d*nne  procession  êolenuêl  à  laquelle  nous  avons  ordonné 
notre  garde  nationale  d'assister  sous  les  armes,  d'accompagner  le 
clergé  et  enlourrer  la  Sainte-Relique  portée  sous  le  dejr, après  avoir 
été  prise  sur  un  autel  dressé  ad  hoc  au  dit  village  de  Frioulouze 
sur  notre  paroisse,  et  de  la  transportée  solennellement  en  notre 
église  et  placée  dans  la  chapelle  érigée  en  Tbonneur  de  Saint- 
Goussaud,  nous  avons  assisté  à  l'office  de  la  translation  où  il  y  a  été 
chanté  une  messe  solemnelle  et  débité  par  noire  pasteur  un  discours 
tel  que  pouvait  l'exiger  la  circonstance.  D'après  quoi,  nous  étant 
retiré  en  notre  chambre  mauicipale,  eu  avons  dressé  le  présent 
procès-verbal  les  dits  jour«  mois  et  an  que  dessus,  pour  servir  de 
plas  ample  autbentiqae»  si  besoin  est,  pour  coopérer  à  la  viniralion 


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-218- 

due  aax  saintes  reliques;  nous  en  fêsanl  une  obligation  aussi 
ndispensable  que  nous  Ta  prouvé  notre  digne  pasteur  dans  son 
discours  en  nous  apprenant  la  manière  pratique  de  nous  acquitter 
de  ce  devoir. 


BATOU,              VACQUIN, 

DEVILLECHABROLLË, 

Procureur.                 Maire. 

Officier. 

REDON, 

BARTOU, 

Officier. 

Officier. 

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^  _    » 


RAPPORT  AU  CONSEIL  GENERAL 


Monsieur  le  Préfet, 

En  réponse  à  votre  lettre  du  13  juin  courant,  j*ai  Tbonneur  de 
Yous  adresser  le  compte-rendu  des  opérations  de  la  Sotiété  des 
Sdenceê  nalurellêê  et  archéologiques  de  la  Creuse^  pendant  l'année 
1902-1903. 

Bulletin.  —  La  publication  du  Bulletin  de  1902  a  élé  fort  retardée 
par  une  longue  maladie  de  Timprimeur.  Il  n*en  sera  pas  de  même 
celle  année  ;  le  volume  de  1903  est  déjà  à  moitié  composé. 
Il  comprendra  la  fin  du  Iravail  de  H.  Toumieux  sur  le  comlé  de  la 
Feuillade;  Issoudun  et  la  seigneurie  d'Hautefaye,  parM.Peyralhon; 
rbistoire  de  Tabbaye  du  Houlier*d'Ahun,  par  M-  Delannoy;  Un 
chef-lieu  de  province  au  xviiP  siècle;  Guéret  capitale  de  la 
Haute-Marche,  par  M.  le  docteur  F.  Villard  (snile);  des  articles  de 
MM.  Autorde  et  Lacrocq  ;  et,  sMI  arrive  à  temps,  un  nouveau 
rapport  de  M.  TAbbé  Dercier  sur  ses  fouilles  fructueuses  jdu  Mont 
de  Jouer;  il  a  découvert  de  nouvelles  médailles,  la  tète  mutilée  et 
une  main  de  statue,  en  granit,  deux  fois  plus  grande  que  nature  ; 
il  a  parcouru,  sur  une  longueur  de  plus  de  20  kilomètres,  les  voies 
romaines  aboutissant  à  la  station  de  Prœtorium*  La  dernière  décou- 
verte me  parait  importante  ;  eliesemble  indiquer  que  Prœtorium 
D*éiait  pas  un  simple  relais  (mii/a<û>),  comme  quelques-uns  l*afflr- 
meut,  mais  bien  une  mansio  renfermant  des  statues  et  sans  doute 
des  temples.  J*espère  que  le  Conseil  général  voudra  bien  nous 
continuer  soa  allocatioa  de  800  francs. 


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-220- 

Dom  nu  Uutée.  »  La  liste  générale  de  ces  dons  sera  insérée  i  la 
fin  du  XIV*  volume  du  Bulletin.  Pour  le  moment,  je  me  bornerai  à 
signaler  les  plus  importants  : 

Avant  tout,  12  cartons  sur  lesquels  sont  collés  des  fragments 
d'étoffes  provenant  des  fouilles  ré/entes  d'Antinoë  ;  ils  nous  ont 
élè  donnés  par  H.  Guimet,  sui*  la  demande  de  H.  Alexis  Rouart. 
Ces  étoffes,  qui  ont  été  fabriquées  il  y  a  près  de  1.800  ans,  sont 
remarquables  par  leur  tissu  et  la  vivacité  de  leurs  couleurs.  De  tous 
les  musées  de  province,  celui  de  Guéret  sera  peut-être  le  premier  à 
posséder  ces  remarquables  produits  de  Tindustrie  égyptienne  au 
II*  siècle  de  notre  ère  ; 

Tableau  de  Kneiss,  intérieur  de  salon  moderne,  donné  par 
M.  Alexis  Rouart; 

Dusles  en  marbre  de  M.  Hasquelez,  récemment  décédé,  et  de  son 
oncle.  Don  de  M.  Hasquelez,  flls. 

Acqnisiiionê.  —  Sans  parler  des  acquisitions  faites  par  la  biblio- 
thèque, je  citerai  parmi  celles  du  Musée  : 

Poignée,  en  os  sculpté,  de  parasol  chinois  ; 

Croix  de  procession,  en  cuivre  fondu,  époque  Louis  XIII; 

Beau  plat  de  porcelaine  de  Cliine,  de  la  famille  verte. 

Nous  avons  dû  restreindre  nos  achats  à  défaut  de  place  dans  les 
salles,  et  aussi  pour  conserver  des  fonds  destinés  aux  installations 
intérieures  du  nouveau  Musée. 

Mt$êie.  —  Grâce  à  ses  actives  démarches,  M.  le  Sénateur  Villard 
vient  enfin  d'obtenir  la  promesse  que  le  décret  d'autorisation  de  la 
loterie  serait  incessament  signé.  Un  traité  a  été  passé  avec  l'Agence 
Fournier  pour  le  placement  des  billets.  Si  Topération  ne  dure  pts 
plos  que  pour  la  loterie  de  Gap  (environ  10  mois),  nous  pouvons 
espérer  que  les  travaux  de  coustruction  commenceront  l'année 
prochaine. 

Veuillez  agréer,  etc.. 

L$  PrisidifU, 
DBLANNOY. 


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(IBSEilTATIlIHS  lÊTËQSQLQGlQQES 

FAITES  PENDANT  L'ANNÉE  1901 


Extrait  du  rapport  dre$sé  le  16  Août  1902  par  M.  Heurtault, 
Ingénieur  en  Chef  des  Ponts  et  Chaussées^  membre  d't  la  Commis- 
sion météorologique  de  la  Creuse. 


La  Comn^ission  mèléorologiqne,  însliluée  par  arrêté  de  M.  le 
Préfel  de  la  Creuse  du  12  mai  1879,  s'est  trouvée  désorganisée  en 
1888  en  raison  de  démissions  ou  de  changements  de  fonctionnaires. 

Le  Conseil  générai  ayant  décidé,  dans  sa  séance  du  20  août  1891, 
que  le  service  serait  réorganisé,  un  arrêté  préfectoral  du  10  mars 
1893  a  reconstitué  cette  Commission,  et  il  serait  désirable,  ainsi  que 
nous  Tavons  demandé,  dans  nos  précédents  rapports,  qu*elle  pût  se 
réunir  régulièrement,  au  moins  une  fois  par  an,  ce  qui  n'a  pas  eu 
lieu  depuis  longtemps. 

Quoiqu'il  en  soit,  nous  présentons  pour  Tannée  1901  le  compte- 
rendu  des  observations  pluvioruétriques,  tliermométriques,  baro- 
métriques et  celles  relatives  aux  orages. 

PLUVIOMÉTRIE 

i^  Quantité  de  pluie 

Les  13  station^,  qui  ont  adressé  des  observations  pluviométriques 
complètes,  comprennent  le  service  spécial  des  Ponts  et  Chaussées  et 
les  station^  (}6  Cbénér^illes  et  de  La  Souterraine. 


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-  222  - 

l.a  hauteur  moyenne  de  plaie  en  1901,  pour  les  13  stations,  est 
de  860-'».9, 

Il  est  tombé  plus  de  1,500""  d'eau  à  Gentiouz  ; 

—  1,000       —       La  Souterraine  ; 

—  900       —       •Ihambon-sur-Voueize; 

—  800       —       Boussac,  Aubusson,  Ponta- 

rion,  Felletin; 

—  700       —       Dun,  Ahun,  Guéret,  Bènë- 

vent. 

Et  630""*.7  à  Auzances,  626"".2  i  Chènèrailles. 

Si  Ton  compare  les  20  années  pour  lesquelles  il  a  été  fourni  des 
relevés  d'ensemble  : 

1881  qui  a  donné 690"*"6 

1883 939  .  1 

1884                     802.  9 

1885                     963  .  3 

1886                     949.2 

1887                     878.  6 

1888                     802.2 

1889 819  .  7 

1890                     791  ,6 

1891                     834.  3 

1892                    917  .  1 

1893 667  .8 

1894                     706.5 

1895                     812  .  4 

1896  84!  •  2 

1897  960  .  2 

1898  645  .  7 

1899  682  .  1 

1900  910.8 

1901  863  . 9 

Moyenne  des  20  années. .  • .  •       823  •  4 


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-223- 

Oo  arrive  i  cette  conciasioo  que  1881,  1893,  1894, 1898  et  1899 
ont  été  des  années  de  sécheresse,  1883,  1885,  1886,  1892,  1897  et 
1900  des  années  pluvieuses,  et,  enOn,  1884,  1887,  1888, 1890, 1891, 
1895, 1896  et  1901  d^s  années  moyennes. 


2<»  Nombre  de  jours  de  pluie 

Pour  les  13  stations  dont  les  observations  sont  complètes,  le  nom- 
bre de  jours  de  pluie  varie  entre  103  et  167. 

La  moyenne  est  de  135,  suit  plus  de  un  jour  sur  3. 

Nous  donnons  d'autre  part  : 

1**  Le  tableau  des  quantités  d*eau  tombées  aux  diflérentes  stations 
pluviométriques. 

2*  Le  relevé  mensuel  des  jours  de  pluie. 


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Février.... 
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Juillet 

Août 

Septembre. 

TOTADX  dis*  trio. 

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—  228  - 


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386.9 
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142.4 
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164.0 
226.3 
238.2 

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16.5 

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80.1 
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200.4 
234.8 
200.1 

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1 

51.0 

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107.0 

00 

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105  5 
192.0 
277.5 
183.8 

00 

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204. 6 
233.5 
330.6 
237.5 

1 

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183.0 
234.0 
197.3 

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32.0 

102  6 

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Octobre . . . 
Novembre . 
Décembre . 

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-  226  - 

Relevé  mensuel  de*  jour»  de  pluie  dant  les  itatiom  qui 
ont  fourni  des  renseignements  complets. 


STATIONS 


Chambon 

Dun 

La  Souterraine. . 

Boussac 

Âabusson 

Âhun 

Guéret 

Pontarion 

BénéveDt 

Chénëraiiles 

Felletin 

Auzances 

Gentioax 


9 

20 
20 
15 
23 

15 
17 
19 
12 
16 
16 
15 
23 


a.-    __ 
cl  i 


TOTAL 
pendant 
l'année 


128 
155 
163 

127 
160 

112 
103 
136 
123 
120 
152 
115 
167 


TEMPERATURE 

Des  observations  thermométriques  complètes  ont  été  faites  dabs 
6  stations  :  La  Souterraine,  Aubusson,  Guéret,  Pontarion,  Auzances 
^t  Gentioux, 


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-227  - 

Les  moyennes  des  iO  dernières  années  ont  été  de  10*  en  i8S2, 
9».2e'n  I893,9^4«•n  I89i.9.2en  1895.  8  .4  en  1896,  I0\2  en  1897, 
10. 1  iM.  1898,  \0\S  .  n  1899  9".8  m  1900  «•!  lo°.4  vn  I9.»i. 

Températures  minima. 


09 

3 

STATIOiNS 

Janvier 

Février 

Mars 

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9.8 

10.4 

11.2 

6.7 

4.0-1.4 

-0.5 

2.7 

4îiAubusson .. 

-i  0-8.0  0.1 

5.0 

5.9 

10.0 

11.6 

11. t> 

9,0 

5.0-1-3 

-O.i 

3.9 

453Guérel 

-2.9-10.9'-O.6 

0.7 

8.4 

12.1 

14  r, 

11.4 

8.8 

3.3-3  0 

-0.4 

3.9 

465Pontahon.. 

-0.3.-7.3  1.4 

5.1 

8.3 

9.8 

10.7 

9.8 

10.8 

3.1-3  4 

-01 

'4.0 

560Âuzances... 

-1.9'-8.3'-l.l 

4.1 

6.5 

10.7 

12  II 

9.8 

91 

.11-2  1 

-0.2 

3.3 

SSOGentioux... 

-4.5-8.5'-1.6 

4.3 

7.1 

11.6 

12.8 

12.3 

10.8  5.1-1.5 

1 

-2.1 

3.8 

l               1 

1 

1 

Température  maxhna  et  moyenne  générale  de  Vannée  4901 . 


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2.9,  8.1 


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18.0 


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-228- 


PRESSION  BAROMÉTRIQUE 


Des  observations  quotidiennes  ont  été  faites  aux  stations  de  la 
Souterraine,  Aubusson,  Guéret,  Pontarion,  AuzancesetGentîoux. 

Le  tableau   ci  -  dessous  montre  que  la  hauteur  barométrique 
moyenne  varie  entre  716.4  à  Gentioux  et  733.6  à  la  Souterraine  : 


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732.» 

727, 

722.» 

720.» 

748.» 


727.»,732.» 

725.D720.» 

719.»|725.» 

7 18.»  725.» 

7l5.»7l9.i^j72l.» 

7i3.i>7l5.»717.» 


733. 

728.» 
727.* 
726.» 


735.»  734.» 736.» 
732.»730.»,732.» 
728.»727.>729.» 


729.»728.» 
722.»72i.« 
7i8.»,7l7.» 


730.» 
722.» 
719.» 


733.»737.»738.ii73Î.J 
728.»732.»'726.»7îfl.2 
724.»728.»721.»,726.0 
726.»|728.»72i.»'725.5 
720.»  722.»  714.»  719.6 


731.» 

729.» 
724.» 
723.» 
718.» 
716.»715.»719.»7lD.ï)71W 


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-  229  - 


ORAGES 


Les  orages  de  1901  ont  été  constatés  soit  sur  des  bulletins,  soit 
sur  des  registres  spéciaux  pour  les  stations  de  Bénévent,  Cbéné- 
railles,  La  Souterraine,  Aubusson,  Abun,  Cbambon  et  Pontarion; 
(i*un  autre  côté,  les  autres  observateurs  ont  aussi  consigné  sur  les 
feuilles  mensuelles  des  renseignements  à  ce  sujet.  Nous  en  donnons 
ci-après  la  nomenclature  : 


DATES 

STATIONS 

OBSERVATIONS 

3  mars 

7  avril 

8  -   

U       ^"^      •  •  .  .  . 

23  -   

24  -   

25  -  

26  -   

27  -  

2  mai 

La  Souterraine,  Saint - 
Maurice,  Saint-Priest- 
la-Feuille. 

Crocq,  Cbénérailles,  La 
Souterraine. 

Cbénérailles,La  Nouallle, 
Crocq,  La  pourtine. 

La  Courtine,  Felletin. 

Felletin. 

A  PEst  de  U  Nouallle. 
Sud  du  département. 

Hontboucber. 

SaInf-Marlial-le  Vieux. 
Monlboucher. 

Orages  de  4  à  5  h.  du 
soir  avec  forte  pluie  el 
grésil. 

Orages  peu  importants. 

Orages  dans  la  soirée. 

Orage  avec  pluie  dans  la 
matinée. 

Temps  orageux. 

Orage  à  3  b.  du  soir. 

Orages  fréquents,  mais 
peu  importants.Un  peu 
de  grêle  à  Gentioux. 

Quelques  coups  de  ton- 
nerre à  2  b.  du  soir. 

Orage  à  1  b.  du  soir. 

Quelques  coups  de  ton- 
nerre &  4  b.  du  soin 

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-m- 


23  ^ 


STATIONS 


OBSERVATIONS 


Chambon,BudeIière,Lus 
satja  SouterraineXhé 
nérailles,  Bénévenl,  la 
Nouaille,  St- Martial- 
le-Vieux. 

Est  du  département. 

Saint-Maurice,  La  Sou- 
terraine, Lizières. 


Saint  -  Martial-le- Vieux, 
la  Souterraine. 

La  Souterraine. 


Est  du  déparlement. 

La  Nouaille. 

Sud  du  département. 

Cliénérailles. 

La  Nouaille,  St-Marlial- 
le-Vieux. 

Tout  le  déparlement. 


Chambon,  Ahun,  la  Sou- 
terraiïie,  Cliénérailles, 
Ponlarion,  Sl-Hilaire, 
Soubrebost.  Savennes, 
la  Chapelle.  St-Marlial- 
le-Vieux.  Gueret,  Gen 
liouii  Auzances. 


Orages  dans  Paprès-midi. 
avec  pluie  et  grésil  à 
la  Souterraine. 


Orages. 

A  Rissac,  commune  de 
&iint-Maurice,  1»  fou 
ore  à  causé  quelques 
dégâts  à  une  maison. 

Avec  forte  pluie,  20"" 
d'eau  à  la  Souterraine 

Quelques  coups  de  ton- 
nerre. 

Avec  fortes  averses  à 
Crocq. 

Orage  peu  împorlanU 

Orages. 

Temps  orageux. 

Orages  dans  la  soirée. 

Orages  fréquents  et  vio 
lents,  avec  pluie  et 
grêle  à  Abun.  A  la 
Verf^ne,  commune  de 
Sainl-FieL  un  homme 
a  été  foudroyé. 

Orages ,  avec  pluie  el 
grél«  à  Chambon,  forte 
pluie  à  la  Chapelle  et 
à  Auzances ,  plus  de 
îlnn  d'eau. 


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—  231  - 


DATES 

STATIONS 

OBSERVATIONS 

24  mai 

Tout  le  département. 

Orages  avec  pluie  torren- 
tielle à  Ahun,  pluie  et 
grêle  à  Savonnes. 

26  - 

Nord,  Est  et  Sud  du  dé- 
partement. 

Séries  d'orages,  avec 
pluie  et  grêle  à  Ahun, 
uetite  grêle  à  Toulx  et 
à  Clugnat. 

26  - 

Tout  le  département. 

Les  orages  continuent 
sans  occasionner  de 
dégâts. 

27  - 

Ghambon,  la  Souterraine, 
Ghénérailles,    Ponta  - 
rion,  La  Nouaille,  Si- 
Martial -le -Vieux,  La 
Gelle-Dunoise,  Savon- 
nes, Felletin,  Guéret, 
Genlioux ,  Auzances , 
Crocq. 

Orages,  avec  forte  pluie 
à  Chambon,  violent  à 
Crocq  avec  pluie  el 
grêle. 

28  - 

La  Souterraine,  la  Nouail- 
le, St-Martial-le-Vieux, 
La  Gelle-Dunoise,  Sa- 
vonnes, Felletin. 

Orages  peu  importants. 

29  - 

Tout  le  département. 

Orages,  violent  à  Guéret 
avec  forte  pluie,  ploie 
torrentielle  à  la  Celle. 
A  Felletin  la  foudre  a 
tué  un  homme  et  pa- 
ralysé un  autre,  qui 
s'étaient  réfugiés  sous 
un  chêne  ;  à  Toulx  la 
grêle  a  causé  des  dom- 
mages importants. 

30  - 

Crocq. 

Orage  de  làSb.da  soir. 

81   - 

Guéret  et  Crocq, 

Quelques  coups  de  ton* 
uerro. 

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-«3« 


l«'Juin. 


4    - 


6  - 

6  - 

7  — 

8  — 


9     - 


10    - 


11     - 


IS 


Chnmbon,  la  Souterraine, 
Versillat,  Chénérailles, 
la  Celle-Dunoise^Gen- 
tioux. 

Sur  tous  les  points  du 
département. 


Pontarion,  Felletin. 

Est  dn  département. 

La  Nouaille ,  Gentioux, 
Hunlboucher. 

Chambon,  Ahun,  Aubus- 
son,  la  Souterraine, 
la  Nouaille,  Boussac, 
Lépaud,  Felletin,  Sl- 
Marlial-le-Vieux,  Au- 
zances,  Chénérailles. 

Nord  et  Est  du  départe- 
ment. 


Aubusson,  Chénérailles, 
laCelle-Dunoise,  Mont- 
boucher. 

Honlboucher. 


Pontarion, 
Boussaq, 


OBSERVATIONS 


Orages  peu  imporlanls. 


Orages  violents.  A  Gué 
ret  la  foudre  tombe  en 
plusieursendroitssan 
causer  de  dégâts;  àPis> 
saloux  la  foudreabrûlé 
une  étableettuéS  boeufs 
ou  vaches;  prcsleCres- 
sat,  deux  femmes  ainsi 
que  leurs  bestiaux,onl 
été  atteintes  ;  à  Grocq 
forte  pluie  et  grêle. 

Orage  dans  la  matinée. 

Orages  peu  importants. 

Orages  avecgrandesaver 
ses. 

Orages,  très  violent  avec 
grêle  à  Chénérailles; 
la  grêle  cause  de  se 
rieux  dommages  i 
Chambon. 


Orages,  grêle  abondante 
à  Saint-Maurice  et 
SaintPierre-le-Bost 

Orages. 


Quelques  coups  de  ton 
nerre  à  8  h.  du  soir. 

Orage  avec  pluie. 

Temps  orageu. 


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—  J33  — 


8     - 


9     - 


STATIONS 


PonlarioD,  Montboacher. 


Crocq,  Saint-Marliai-le- 
Vieux. 

Béiiévenl,  Âubusson, 
Ghènérailles,  la  Sou- 
terraine. 

Nord,  Est  et  Sud  du  dé- 
partement. 


Ahun,  la  Souterraine  , 
Bénévent,  la  Nouaille. 
St-Marlial-le-Vieux,  la 
Gellft-Dunoise ,  Felle- 
tin,  Guèret,  Gentioux, 
Auzances,  Savennes, 
la  Ghapeile. 

Boussac,  Ponlarion. 

La  Souterraine,  Boussac. 


4     —    • ...  La  Souterraine. 


Tout  le  département. 


Presque  tout  ie  déparie- 
ment. 


OBSERVATIONS 


Orages  avec  fortes  aver 
ses. 

Orages. 
Orages. 


Orages   fréquents ,  très 
violent  à  La  Souter 
raine. 

Orages,  avec  grand  vent 

à  la  Ghapeile  où  plu 

sieurs    toitures  sont 
enlevées. 


Orages  peu  importants. 

Orage,  avec]  assez  forte 
pluie. 

Quelques  coups  de  ton 
nerre. 

Orages  violents,  à  Ponta- 
rion  avec  pluie  torren 
lielle  qui  coucha  lei 
blés;  à  Montaigut  un 
homme  a  été  foudroyé 
et  plusieurs  bâtiments 
incendiés. 

Orages  violents,  à  Gham 
bon  une    grange  est 
brûlée;  à  Jalesches  un 
homme  eit  foudroyé 


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—  23i  — 


DATES 

STATIONS 

OBSERVATIONS      i 

iO  juillet.... 

Cliambon,  Abun,  Aubus- 
son,  Ponlarioii ,  Sai- 
dent,  Soubrebost,   La 
Nouailie,  St-Harlîal-le- 
Vieux  Auzauces,Moul- 
boucher. 

Orages  le  soir,  avec  pluie 
torrentielle  à  Abun  ; 
avec  pluie  et  grêle  à 
Hontboucher. 

12     -    .... 

Moniboucher. 

Orage  à  9  h.  du  soir. 

13     —    .... 

La  Noaaille,  Honlbou  - 
cher,  SiMarliaL 

Orages  peu  importants. 

15     —    .... 

Crocq. 

Plusieurs  coups  de  ton- 
nerre. 

21      -    .... 

Ghambon,  la  Nouaille, 
Guéret,  Saiiil-Martiti* 
le- Vieux. 

Orages  insigniflants. 

22     -     •... 

Ponlarion,  Fellelin. 

Orage  dans  la  matinée. 

28     —    .... 

Sud  du  déparlement. 

Temps  orageux. 

29     -    .... 

Aubusson,  la  Nouaille, 
Gliénérailles  et  com- 
munes environnantes. 

Orages. 

30     -    .... 

Felletin,  la  Souterraine. 

Orage  peu  important. 

31     —    .... 

Est  et  Nord  du  départe- 
ment. 

Orages  peu  imporUnts. 

!«'aoûl 

La  Nouaille,  St-Hartial- 
le-Vieux,  Genlioux. 

Orage  dans  la  soirée. 

3    -  

Aubusson. 

Quelques  coups  de  ton- 
nerre. 

9    -  

Salnt-Marlial-le-Vieux. 

Orage. 

10    -  

Boussac. 

Orage. 

Il    -  

SaintHartial-le- Vieux. 

Temps  orageux. 

16  et  17  août. 

Au  Nord  de  Boussac, 

Orage. 

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I 


—  235- 


DATES 

STATlOiNS 

OBSERVATIONS 

18  août 

Boussac. 

Orage  violent  avec  pluie 
et  grêle. 

22    -   

Monlboucber. 

Quelques  coups  de  ton- 
nerre. 

23    -    

Chambon,  Cbénérailles, 

Orages,  avec  forte  pluie 

la  Nouaille,  Crocq,  Si- 

à  Auzances. 

Martial-le-Vieux,  Âu- 

zances. 

U    —  

Nord  et  Est  du  déparle- 
ment. 

Orages  peu  importants. 

26    —  

Tout  le  département. 

Orages  fréquents  et  vio- 
lents ;  à  Ahun  la  fou- 
dre tombe  sur  la  mai- 

son du  docteur  Maumy, 
une  grange  brûlée,  4 
bœufs  tués;  à  Chaires, 
commune  de  Cressat, 
une  maison,  une  gran- 
ge et  deux  écuries  dé- 
truites; au  Liège,  com- 
mune de  Sl-Hilaire-le- 
Châleau,  3  granges, 
une  remise  et  6  écu- 
ries brûlées. 

27    -  

Cbénérailles. 

Temps  orageux. 

31    —  

Crocq,  Fellelin,  Chambon 

Orages. 

l*'8ept«kn... 

Chambon,  Aubusson,  la 
Souterraine,  la  Nouail- 
le, Cbénérailles,  Crocq. 

Orages  vers  midi. 

2     -    ... 

Chambon,  la  Courtine, 

Orages,  très  violent  avec 

Ponlarion,  la  Nouaille, 

grêle  à  la  Souterraine. 

la  Souterraine. 

O         ""        •  •  • 

Chambon,  Ahun,  Pion- 

Orages,  avec  forte  pluie 

nat ,  la  Souterraine  , 

mêlée  de  grêle  à  Cham- 

Aubusson,   BénévenI, 

bon  et  a  Boussac. 

Grand -Bourg,  Ponla- 

rion, la  Nouaille,  Cbé* 

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—  236  — 


DATES 

STATIONS 

OBSERVATIONS 

nërailles,  Boussac,  Sl- 
Harlial-le -Vieux,  Sa- 
vennes,   Guéret,  Gen- 
tioux,  Âuzances,  Dun. 

4  Mpttibn  . . . 

Tout  le  département. 

Orages  plus  violents  qut- 
la  veille.  Au  Bost,  com- 
mune de  Naillat,  mit 
maison,  une  grange  et 
une  batteuse  sont  brû- 
lées; à  Cujasseix,  com- 
mune de  Rougnat.,  3 
maisons, 2  granges  et 2 
écuries  sont  détruites. 

O          ■■"         •  •  • 

Cliambon,  Moniboucher. 

Orage. 

il           ~~          •  •  • 

Cliambon  ,  la  Nouaille  , 
St-MartIal-le- Vieux. 

Orages  peu  importants. 

10      —     ... 

Aliun,  Sous-Parsat,  la 
Souterraine ,    Ponta  - 
rion,  Cbénérailles, 
Crocq,   St- Maniai -ie- 
Vieux,  la  Celle-Duiioi- 
se,  Fellelîn. 

Orages. 

11      —     ... 

Pontarion  et  conomunes 
voisiner,  Ooussac. 

Orages  conliimels  toute 
la  journée  ;  à  Boussac 
Torage  a  été  léger. 

14     —     ... 

La  Souterraine. 

Orage. 

16     -     ... 

Sud-Ouest  de  Chambou. 

Eclairs. 

19     -     ... 

La  Souterraine. 

Légers  orages. 

21     -     ... 

Gentioux. 

Orages  dans  la  nuit. 

26      -     ... 

Feiletin. 

Temps  orageux  toute  h 
nuil. 

16  octobre... 

La  Nouaille. 

Orage  à  8  b.  du  soin 

17     -    ... 

Sl-Harlialle-Yieux. 

Temps  orageux» 

^""^                        ^ 

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PROCÈS-VERBAL 

DE 

L* Assemblée  générale  du  24  avril  1903 


Présidence  de  M,  DELANNOY. 

Sont  présents  :  MM.  Delannoy,  Pineau,  de  Cessac,  Chantrelle, 
Tabbé  Dercier,  Pasquet,  Pineau  de  Montpeiroux,  Lassarre, 
Gallerand,  de  Corbier,  Petit,  D'  Bordier,  Lefour,  D'  Gomot. 

MM.  Martinet,  Lacrocq,  M««  de  Foumoiie,  MM.  de  Nalesche, 
Goubeau,  Germanty  et  de  Beaufort  s'excusent  de  ne  pouvoir 
assister  à  la  séance. 

M,  le  Président  déclare  la  séance  ouverte  ;  le  procès-verbal  de 
la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

M.  Delannoy  prend  alors  la  parole»  et  prononce  en  ces  termes 
reloge  de  MM.  Masquelez  et  Fourest  décédés. 

•  Cette  année  encore  notre  Société  a  été  cruellement  éprouvée, 
et  elle  a  perdu  deux  de  ses  membres  les  plus  distingués  :  MM. 
«  Masquelez  et  Fourest. 

«  Ancien  élève  de  l'école  polytechnique,  ingénieur  en  chef 
m  des  ponts  et  chaussées,  officier  de  la  Légion  d'honneur,  M. 
oc  Masquelez,  en  dehors  des  travaux  ordinaires  de  l'ingénieur,  a 
«  fait  exécuter  des  œuvres  considérables  dans  la  ville  de  Lille  et 
a  à  Tiflis  dans  le  Caucase.  Devenu  notre  compatriote  par  ses 


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—  238  — 

<f  alliances  dans  le  pays,  il  s'est  installé  à  Guéret,  quand  la 
«  limite  d'âge  l'a  fait  admettre  à  la  retraite.  Nommé  membre  du 
«  conseil  municipal  et  du  conseil  d'arrondissement,  il  a  toujours 
«  pris  en  mains  les  intérêts  de  notre  Société  dont  il  était  admi- 
«  nistrateur,  notamment  quand  il  s'est  agi  de  la  construction  du 
m  nouveau  Musée  ;  malheureusement  il  n'a  pu  voir  le  commence- 
«  ment  des  travaux,  sa  science  et  son  expérience  nous  auraient 
«  été  des  plus  utiles. 

«  M.  Fourest  Camille  faisait  partie  de  notre  Société  depuis  le 
«  26  juillet  1893,  il  est  mort  en  son  château  de  Claud,  près 
(C  de  Nouhant  (Creuse),  le  30  mars  dernier.  Né  en  1862,  après 
«  de  brillantes  études  juridiques  couronnées  par  le  diplôme  de 
<  docteur  en  droit,  M.  Fourest  se  fit  inscrire  au  barreau  de 
«  Montluçon  ;  il  possédait  toutes  les  hautes  qualités  de  l'avocat  ; 
«  on  pouvait  lui  appliquer  sans  réserves  la  définition  du  juris- 
<!(  consulte  donnée  par  Gibaut  :  vir  bonus  discendi  péritus  ;  il 
«  avait  aussi  un  talent  remarquable  comme  dessinateur,  et  il 
«  s'était  plû  à  orner  de  ses  œuvres  sa  belle  résidence  du  Claud, 
€  dont  il  poursuivait,  en  artiste  consommé,  la  restauration.  La 
«  mort  la  ravi  bien  jeune  encore,  à  Taffection  de  sa  jeune  femme 
«  et  de  sa  mère  qui  a  tenu  à  honneur  de  remplacer  son  fils,  et  de 
et  se  faire  inscrire  dans  nos  rangs  :  qu'elles  reçoivent  ici  l'expres- 
•  sion  de  notre  bien  vive  et  bien  respectueuse  sympathie. 

((  Notre  Société  a  été  grandement  affectée  par  la  double  perte 
«  qu'elle  vient  d'éprouver,  elle  adresse  ses  condoléances  les 
«  plus  sincères  aux  familles  de  nos  deux  collègues.  » 

M.  le  Gouverneur  de  la  banque  de  France,  a  fait  envoyer  au 
musée  de  Guéret  une  médaille  en  argent  du  centenaire  de  la  ban- 
que ;  des  remercîments  sont  votés  à  M.  le  Gouverneur. 

Dans  la  séauce  du  10  avril  1902,  il  avait  été  question  de  la 
réparation  de  la  tapisserie  :  Le  Martyre  de  Sainte-Barbe ^  et  MM. 
les  conservateurs  avaient  demandé  un  crédit  de  1.400  fr.  environ, 
pour  cette  réparation. 

Depuis  ce  jour,  MM.  Pineau  et  de  Cessac  se  sont  entendus 
avec  M.  Adolphe  Jorrand,  manufacturier  bien  connu  d'Aubusson, 


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—  239  - 

et  la  réparation  va  être  entreprise,  sous  la  direction  de  M. 
Antoine  Jorrand,  conservateur  du  musée  de  cette  ville.  Le  prix 
en  sera  assez  élevé,  mais  la  restauration  sera  faite  d*une  façon 
aussi  complète  qu'artistique,  et  ne  demandera  que  quelques  mois. 
Ce  remarquable  panneau  figurera  avec  honneur  dans  une  des 
salles  du  nouveau  musée  ;  je  vous  proposerais  de  porter  au  bud- 
get de  1903  un  crédit  spécial  de  1,500  francs  pour  cet  objet. 

M.  le  Président  pjésente  alors  le  compte  de  gestion  de  l'exer- 
cice 1902. 

RECETTES 

En  caisse  au  31  décembre  1901 i  «457  » 

Cotisations  des  sociétaires gio  » 

Subvention  du  ministère  pour  les  fouilles    du  Mont 

Jouer 200  )i> 

Mandat  de  la  ville 600  » 

Mandat  du  département 800  » 

Don  de  l'Association  amicale  de  la  Creuse 100  » 

Vente  de  bulletins 173  10 

Total  dts  recettes  fin  décembre  1902 4  240  10 

Le  montant  du  livret  de  la  caisse  d'épargne  réglé  au  31  décem- 
bre 1902,  s'élève  à  1.5  II  francs  28  centimes. 


DEPENSES 

1902.  —  27  Janvier. . .     Rouchette,  libraire 1 1  75 

—  —      ...     Betoulle,  libraire 66  90 

—  17  Mars Busson 8  50 

—  21     —   Mandat  Abbé  Dercier 50    » 

—  i*' Avril Abonnement  ass.  f«,  avan. 

sciences 20    10 

A  reporter 157  15 


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—  240  - 

RepiïH 157  15 

igo2.  —  !•«•  Avril Avances  faites  par  M.  Delan- 

noy • 

—  30    —     .•..  Vincent,  relieur 

—  28  Juin Amiault,  imprimeur.  ••  • 

—  10  Août Ducourtieux,  Limoges  . 

—  30    —     ....  Mandat  Abbé  Dercier  . 

—  30    — Mitterand,  à  Montluçon. . . . 

—  18  Décembre  Avances  faites  par  M.  Pineau 

—  31        —  Lefour  (avances)  fournitures 

—  31        —  Mandat  Rémy 

—  31        —  Mandat  Quincaud 

1903.  —  14  Janvier. . .  Amiault,  imprimeur.. • . 

—  7  Février. . .         —  —        ... 

—  14      —      ...     Avances  faites  par  M.  Delan- 

noy 

—  28      —     ...     Mitterand,  à  Montluçon .... 

—  24  Mars .....     Vincent 

—  25    —   Avances  faite  par  M.  Pineau 

—  9  Avril De  Nussac 

Total  des  dépenses i  .894  50 

Recettes 4.240  10 

Dépenses ^•894  50 


26 

85 

«5  75 

99 

J» 

4 

20 

200 

» 

IIO 

y^ 

'     5985 

»    45 

» 

50 

» 

200 

» 

705 

65 

40 

> 

28 

55 

60 

» 

105 

» 

43  50 

14 

> 

Reste  en  caisse 2,345  60 

Le  livret  de  1.5 11  fr.  28  restant  intact. 

Conformément  aux  Statuts,  ',MM.  Pineau  de  Montpeiroux  et 
Louis  Lassarre  sont  désignés  par  M.  le  président,  pour  vérifier  les 
comptes  séance  tenante.  Les  mandats,  factures  et  quittances  sont 
mis  à  leur  disposition  ;  les  comptes  sont  déclarés  exacts  et 
approuvés  par  l'assemblée. 

M.  le  Président  soumet  ensuite  le  projet  de  budget  pour  1903. 


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RECETTES 

En  caisse  au  V  janvier  1903 ^•MS  ^ 

Cotisations 900    p 

Subvention  de  la  ville • 600    » 

—         du  départemejot 800    » 

Don  de  T Association  an^icale  de  la  Creuse 100    » 

Total  des  recettes 4  545  60 


s 


DÉPENSES 

Bulletin • 1 .000  » 

Gravures » 100  » 

Bulletin  de  correspondance 100  » 

Salaire  des  gardiens  et  du  concierge 250  p 

Abonneijnents  çt  cotisations 40  s> 

Conççrvatipps  des  collections,  ports,  affranchisf.e- 

ments 200  » 

Réparations  de  la  tapisserie  Sainte-  Barbe i .  500  » 

Achats  pour  le  musée t 200  » 

Bibliothèque  achats  et  reliures .    100  d 

Fouilles  et  recherches 150  » 

Dépenses  à  prévoir  pour  Tinstallation  du  r  ou  veau 

musée • 905  p 

Total  des  dépenses 4  545  60 

sssmSKaoBamm 

Le  projet  de  budget  est  approuvé  en  recettes  et  en  dépenses. 

M.  le  Président  donne  la  parole  à  M.  Tabbé  Dercier  pour  une 
communication  sur  la  suite  de  ses  recherches  au  Mont-Jouer, 

M.  le  curé  de  Saint- Goussaud  fait  alors  part  à  l'assemblée  de 
l'étude  qu'il  vient  de  faire  des  voies  Romaines,  étude  tendant  à 
fixer  la  station  de  Prœtorium,  et  il  divise  ce  travail  en  plusieurs 
motifs  :  en  voici  le  résumé. 

16 


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—  242  - 

I  !•  —  D*abord  il  fait  l'exposé  théorique  basé  sur  les  indica- 
tions de  Peutinger. 

De  Limoges,  le  tracé  de  Fauteur  ancien  est  en  ligne  droite  et 
en  direction  du  Nord-Est,  jusqu'à  la  première  station  ou  Prœto- 
rium.  La  position  du  Prœtorium  est  bien  visiblement  sur  ce  par- 
cours de  Limoges  à  Argenton  et  Bourges,  Sauviat  au  contraire, 
existant  à  l'est  relativement  à  Limoges,  ne  saurait  être  Prœto- 
rium ;  car  une  ligne  par  Sauviat  fournirait  un  angle  droit  qu'il 
est  impossible  d'admettre.  En  outre  le  crochet  marqué  de 
Prœtorium  sur  acito  dunum,  cadre  assez  clairement  avec  mon 
itinéraire,  par  Seijoux,  Châtelus,  Bourganeuf,  Pontarion  etc., 
tous  ces  points  ayant  été  vérifiés  et  reconnus.  Enfin  Sauviat  ne 
peut-être  Prœtorium  au  point  de  vue  des  distances,  pas  plus  que 
Bridiers. 

Au  §  IL  —  Il  énumère  et  discute  les  opinions  diverses  au  sujet 
de  l'emplacement  de  Prœtorium. 

Huit  auteurs  principaux  témoignent  en  faveur  de  Mont-Jouer, 
Danville,  Cassimi,  Cornuau,  l'abbé  Nadaud,  Allou,  Jouîlleton, 
Mt'  Rougerie  et  Tabbé  Lecler. 

Neuf  autres  sont  pourGrandqjontou  la  Jonchère,ou  le  Chalard 
ou  Bridiers,  ou  Pourrioux  ou  Sauviat  ou  Pontarion,  ou  Cham- 
pégaud  ;  je  ne  puis  admettre  ni  les  unes  ni  les  autres  de  ces 
diverses  opinions  qui  ne  réunissent  aucune  donnée  suffisante,  ou 
preuves  véritables. 

§  III.  —  Il  indique  aussi  les  études  faites  sur  place  par  lui-même. 

La  voie  militaire  de  Limoges,  jusqu'au  Mont-Jouer  est  certaine. 
Ses  traces  sont  marquées  par  une  infinité  de  points,  par  le  Puy- 
Imbert,  le  Palais,  le  Mas  Cebraut,  etc  ,  le  Mas  Maynard,  les 
Loges,  le  Coussat  Chavannes,  Entrecolles,  les  Egaux,  Millemi- 
langes,  Redoudesagne  et  le  champ  de  mes  recherches.  La  même 
voie  se  poursuit  au  nord  de  St-Goussaud  jusqu'à  Breth,  par 
Friaulouze,  le  Freu,  la  Plaud,  Aussagne,  la  Pradelle,  Côte- 
Plane,  la  Prade,  Panillac,  Fursac  et  la  Feuille.  Dans  tout  ce  par- 
cours qui  est  de  56  à  58  kil,  j'ai  relevé  des  preuves  nombrenses 
de  l'assiette  et  de  la  direction  de  la  voie.  De  distance  en  distance 


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-  443  - 

se  voient  encore  des  vertiges  de  constructions  andiennes,  des 
tuiles  à  rebords,  ainsi  que  des  débris  de  poteries,  des  urnes  funé- 
raires etc.,  etc.  De  place  en  place  aussi  apparaissent  des  traces 
nombreuses  et  certaines  d'un  pavage  antique,  qui  marque  suffi- 
samment le  passage  Romain. 

Cette  voie  de  Limoges  à  Breth  me  paraît  bien  fixée  par  le 
Mont-Jouer  ou  Prœtorium  ;  d'autant  mieux  que  le  chiffre  de  dis- 
tance concorde  absolument  avec  les  indications  de  Peutinger. 

§  IV.  —  Enfin  il  parle  de  la  bifurcation  de  la  voie. 

L'étude  d'une  seconde  voie,  ou  sur  Clermont  est  bien  avancée. 
Le  temps  m'ayant  manqué,  je  réserve  quelques  semaines  encore 
en  vue  de  recueillir  d'autres  documents  et  preuves  à  l'appui. 

Sur  la  demande  du  Président,  l'assemblée  vote  d'enthousiasme 
des  remercîments  à  M.  Tabbé  Dercier  pour  son  intéressante 
communication. 

iM.  le  Préfet  de  la  Creuse  nous  a  fait  savoir  que  le  Conseil 
général  nous  avait  accordé  ^une  subvention  de  800  francs  ;  la 
Société  amicale  de  la  Creuse  nous  a  gratifié  d'un  nouveau  don 
de  100  francs  ;  des  remercîments  sont  votés  à  M.  le  Préfet,  au 
Conseil  général  et  à  la  Société  amicale  de  la  Creuse. 

Depuis  la  dernière  séance  le  bureau  a  admis  10  nouveaux 
membres  :  Mesdames  de  Fournoûè  Larrode  et  Fourest  et  MM. 
Louis  Bion,  de  La  Guerenne,  Tabbé  Louis  Dubreuil,  Lajoix, 
Antoine  Jorrand.  xMaumy,  Mazeron,  Bandy  de  Nalesche  ;  ces 
admissions  sont  ratifiées  par  l'Assemblée. 

Le  Président  propose  l'admission  i"  de  M.  le  vicomte  Fernand 
de  Bonneval  ancien  député,  à  Issoudun,  présenté  par  MM.  Mau- 
rice Pineau  et  Chantrelle  ,  2»  de  M.  Thomas  Arthur,  docteur  en 
droit  à  Gouzon.  présenté  par  MM.  Delannoy  et  Autorde.  Ces 
nouveaux  membres  sont  reçus  à  l'unanimité . 

Sur  la  demande  de  M.  le  Président  des  remercîments  sont 
votés,  pour  dons  faits  au  musée  et  à  la  bibliothèque,  à  M"*"  Bour- 
dery,  à  MM.  Guibert,  Quincaud  père.  Pineau  de  Montpeiroux, 
Gérard,  Louis  Laroche.  A.  Rouart,  Simon  Goumet,  abbé 
Lasnier,  amiral  de  Courtille,  Uucourtieux,  H.  de  Laviilatte, 
Berthomier,  de  La  Guerenne,  l'abbé  Leclerc. 


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-244  - 

Notre  éminent  collègue  M.  Antoine  Thomas  vient  de  recevoir 
la  décoration  de  la  Légion  d'honneur,  récompense  bien  due  à  ses 
savants  travaux. 

M.  le  Président  de  la  Société  française  d'archéologie  nous  a  fait 
parvenir  le  programme  du  Congrès  archéologique*  qui  sera  tenu 
cette  année  à  Poitiers,  du  i6  au  24  juin,  et  nous  prie  de  le  com- 
muniquer :  Les  bulletins  d*adhésion  doivent  être  parvenus  avant 
le  15  mai  à  M,  Arnould,  secrétaire  général  du  Congrès,  4  rue 
du  Château-d'Eau  à  Poitiers. 

La  Société  archéologique  de  Tam-et- Garonne  nous  a  envoyé 
sa  carte  de  nouvelle  année  portant  le  distique  : 

Florida  prospéritas  semper  tibi  Crescat  cundo  : 
Et  spiret  velis  aura  secnnda  iuis. 

Je  lui  ai  adressé  nos  remercîments,que  je  renouvelle  en  séance 
générale. 

J'ai  le  plaisir  de  vous  annoncer  que  M.Gabriel  Martin  va  colla- 
borer de  nouveau  à  notre  Bulletin.  Il  nous  donnera  un  article  sur 
Aigurande  ;  c'est  une  bonne  nouvelle  dont  se  réjouiront  tous  ceux 
qui  ont  lu  ses  travaux  si  remarquables  sur  Malval,  et  sur  les  Cis- 
tériensdans  la  Marche. 

La  question  du  muséeest  enfin  tranchée.  M.  le  maire  de  Guéret 
a  expédié  au  ministère  toutes  les  pièces  demandées  et  attend 
incessamment  Tautorisation  de  lancer  la  loterie  :  il  a  traité 
moyennant  une  prime  4e  20  %  »  il  faut  es[>érer  que,  comme 
pour  la  loterie  de  Gap,  les  billets  seront  placés  jusqu'au  dernier. 

L'ordre  du  jour  porte  enfin,  nomination  d'un  administrateur 
«n  remplacement  de  M.  Masquelez,  décédé. 

Le  vote  a  lieu,  les  bulletins  sont  recueillis  et  dépouillés  :  M.  le 
docteur  Bordier  est  nommé  administrateur  du  musée  à  Tunamité 
moins  une  voix. 

L'ordre  du  jour  étant  épuisé,  .M.  le  Président  lève  la  séance. 

Le  Secrétaire 
Commandant  LAROCHE. 


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NOTES    SUR    GUÉRET 

AU    XVIIP    SIÈCLE 


DEUXIÈME   PARTIE 

(suite) 

§V 
COMMUNAUTÉS    ET  CORPORATIONS 


La  ville  de  Guéret,  siège  des  multiples  juridictions,  dont  nous 
avoDs  précédemment  essayé  de  faire  i'Iiistoire,  comprenait,  en  dehors 
des  officiers  qui  composaient  ces  juridictions,  da  très  nombreuse 
avocats,  et  une  foule  de  procureurs,  d'huissiers,  et  de  clercs,  désî* 
signés  sous  le  nom  générique  de  praliciens  (1).  D*autre  part,  à 
chaque  juridiclion  étaient  aussi  annexés  un  ou  plusieurs  ofOces 
de  greffiers  et  des  emplois  de  commis  greffiers.  L'ensemble  lies 
membres  de  chacune  de  ces  diverses  professions  formait  ce  que  Ton 


(Da  On  nomme  praticiens  les  personnes  qui  fréquentent  ordinal  re« 
ment  le  Barreau,  telles  que  les  procureurs,  les  huissiers  et  les  cleivâ.,* 
Les  procureurs  sont  ie^  premiers  praticiens...  »  {^^  Nisard  —  Q^lUc* 


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-246- 

appelait  alors  nn  Corps  ou  une  Communauté  :  il  en  élait  ainsi  éga- 
lement pour  les  notaires,  les  médecins,  les  chirurgiens  et  les  apo- 
thicaires. —  En  dehors  de  ces  communautés,  les  membres  des 
différentes  professions  des  arts  et  métiers  étaient  constitués,  é  Guèret 
comme  partout  ailleurs,  en  corporations,  qui  avaient  chacune  leurs 
statuts  et  leurs  règlements  particuliers,  vivaient  d'une  existence 
propre,  indépendante,  isolées  les  unes  des  autres,  et  toujours  très 
jalouses  des  prérogatives  dont  elles  pouvaient  jouir. 

Pour  pouvoir  donner  une  idée  aussi  exacte  que  possible  de  la 
physionomie  sociale  de  la  Cité,  il  imf»orterait  de  passer  en  revue  ces 
diverses  communautés  et  corporations  et  d'exposer  avec  quelques 
détails  certaines  pîu  tien  arilé<,  se  r.ittachant  à  chacune  d'elles,  soit 
au  point  de  vue  de  leur  organisation,  soit  au  point  de  vue  de  leur 
fonctionnement.  Malheurenseme.it.  les  documents  sont  rares  sur  ces 
derniers  points,  et,  malgré  des  recherches  prolongées,  le  plus  sou- 
vent infructueuses,  nous  ne  pouvons  fournir  sur  ces  communautés 
ou  corporations  que  d«  s  renseignements  vagues  ou  absolument 
incomplets.  Quoi  qu'il  en  suit,  nous  allons  essayer  de  les  examiner 
successivement,  en  cherchant  à  utiliser  le  très  petit  nombre  de  faits 
les  concernant,  que  nous  avons  pu  recueillir.  Nous  commencerons 
—  à  tout  seigneur,  tout  honneur—  par  la  communauté  des  avocats, 
pour  terminer  par  Ténumération  de  quelques  professions  qui 
n'auront  pu  trouver  place  dans  le  cadre  que  nous  avons  adopté. 


COMMUNAUTÉ    DES    AVOCATS 


«  La  profession  d'avocat  est  très  noble,  dit  Jausse,  et  surpasse 
d'autant  plus  les  autres  qu'elle  est  entièrement  libre  et  indépen- 
dante (1). 

(1)  Jausse  {Traité  de  VAdminiitration  de  la  Justice,  1771). 

.    Pour  devenir  avocat,  il  fallait  être  licencié  en  droit  et  professer  la 
religion  oatholiquei  apostolique  et  romaine  :  ces  deux  coadlUoni 


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-247  — 

La  considération,  qui  s'attacliait  à  lenr  qualité,  donnait  aux  avo- 
cats  le  droit  de  préséance,  en  tout  temps  et  en  toutes  assemblées 
publiques  et  particulières,  sur  les  bourgeois  et  marchands,  a  même 
ceux  qui  avaient  été  marguillers  comptables  »j  et  aussi  sur  les 
notaires,  les  procureurs  et  les  médecins.  Dans  les  cérémonies  publi- 
ques, ils  marchaient  immédiatement  après  les  officiers  de  TEIection 
et  les  officiers  du  grenier  à  sel.  Les  avocats  reçus  en  Parlement  pré- 
cédaient  leurs  confrères,  même  plus  anciens,  mais  reçus  seulement 
devant  le  siège  d*un  baillage  ou  d'une  sénéchaussée. 

A  Guéret,  le  nombre  des  avocats  semble  avoir  toujours  été  relati- 
vement considérable.  Au  cours  du  xviu*  siècle,  ce  nombre  atteignit 
souvent  le  chiffre  de  vingt-cinq  et  ne  fut  jamais  inférieur  à  celui  de 
douze  ou  quatorze.  Voici  les  noms  inscrits  sur  un  certain  nombre  de 
tableaux  de  lordre,  tableaux  relevés  de  17i0à  1789. 

1710.  ~  Annet  Potier; 

Louis  Bourgeois; 

Léonard  Guillon; 
Valérie  Roudeau; 
Jean-Baptiste  Polier; 
Jean  Guillon  ; 
Etienne  Labourgt. 

1720.  —  Jean-Baptiste  Polier; 
Valérie  Roudeau  ; 
Jean  Guillon; 
Etienne  Labourgt; 
François  Rochon; 
François  Dubreuil; 


étaient  indispensables.  Le  titre  d'avocat  s^obtenait  devant  la  cour  du 
Parlement,  ou  devant  le  siège  des  baiilages  et  sénéchaussées.  *-  Avant 
de  plaider,  les  titulaires  prêtaient  serment  devant  le  Parlement  ou  la 
siège  dans  lequel  ils  voulaient  exercer.  —  Ils  ne  pouvaient  postuler  là 
où  il  existait  des  procureurs;  ils  ne  pouvaient  non  plus  être  en  môme 
temps  procureurs,  notaires  ou  greffiers,  ni  exercer  aucun  autre  emploi, 
a  qui  déroge  et  rend  dépendant  d'autruio.  Ils  n'étaient  point  officiers, 
mais  leur  profession  ne  dérogeait  point  à  la  noblesse,  et,  dans  certaN 
nés  ciroonstanres  môme,  en  raison  de  celte  profession,  Us  pouvaient 
prendre  la  qualité  dP  nobles  et  Jouir  des  privilèges  de  la  noblesse, 


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1720'.  -^  Jos($|ih  Jabrillaic; 
François  Voysin; 
A\ei\s  PilBrre  CoottiHér; 
EiieorteNudàud; 
Jean-Josepli-Francéi^  Wdre; 
Jean  Paure; 
Chermatin; 

Jeân-Bapiiste  j^eschend  ; 
Joseph  Peynibhon; 
Gabriel  Coattirier; 
Pierre  Lejeune; 
Aleiis  Gborlibn  ; 
Jacques  Lemoyne; 
François  bejeune; 
Henri  de  Nesmond  ; 
François  Coadert; 
Guillaume  Tournyol  du  Râteau. 

1730.  —  Jean-Baptiste  Polier  ; 
EiienneLabourgt; 
François  Rochon; 
Joseph  Jabrillac; 
François  Voysin  ; 
Etienne  Nadaud; 
Annet  Niveau; 
Jean-Baptiste  Peschend; 
Joseph  Peynichon  ; 
Gabriel  Couturier; 
Pierre  Lejeune; 
Alexis  Cborllon; 
Jacques  Lemoyne^ 
Henrfde  Nesmottd; 
François  Goudert; 
Guillaume  Tournyol  du  Râteau  ; 
Pierre  des  Riergee; 
Jean*Baptirte  Dblafbnd*; 
Jacquea^Aiejds  C&orllou; 


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-.249  — 

1730.  —  Philippe  Dubreaii; 
Etienne  Bonnet; 
Jean-Baptiste  Bonnet; 
Pierre-André  Ca^et; 
Jean-Baptiste  Sudre; 
Louis  Dufour. 

1747.  —  Etienne  Labourgt,  doyen; 

Annel-Niveau  de  Uontlevade  ; 

Pierre  Lejeune; 

Pierre-André  Barret; 

Jean-Bapliste  Sudre; 

Jean-Baptiste  Gentil  Davernet; 

Jean  Dissandes  de  Bosgenet; 

François  Yoysin; 

François  Durnarest; 

Antoine-Annet  Jourdain; 

Pierre-  An net-Geofifroi  de  Hontreuil  ; 

Michel-François-Pineau  du  Montpeyroux; 

Jean-Baptiste  Peyronneau. 

1761.  ^  Annel-Niveau  de  Montievade; 

Pierre-André  Barret  de  Beau  vais; 
Jean-Baptiste  Sudre; 
Jean-Baptiste  Gentii-Duvernet; 
Jean-Dissandes  de  Bosgenet; 
François  Yoysin  de  Gartempe; 
François  Durnarest; 
Jean- Baptiste  Peyrouneau; 
Pierre-Baret  d'Auriole; 
Jean-Baptiste  Boutand; 
Antoine-Isaac  Rochon  de  Valette; 
François-Laurent  Rougter  de  Beatunont; 
Josepb-Lottis  Pichon  de  Bury. 

1772.  ^  Gabriel  Cousturierde  Fournoug,  doyen; 

Pierre-André  Barret  de  Beaurait,  bâtonnier; 
Jean-Bapllsle  Sudre; 


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-  250  - 

1772.  —  Jean-Baptiste  Gentil-Duvernel  ; 

Jean-Dissandes  de  Bosgenet; 

François  Dumarest; 

Jean-Baptiste  Peyronneau  ;  1 

Etienne  Genlil-Duvernet;  , 

Joseph  Dumaresl  de  la  Yilletelle; 

François  Darreau;  j 

Philippe-Jean  Dissandes  de  Bosgenel;  ! 

François  Midrede  la  Chabannes;  j 

Eiie-Bernard  Chabridon;  •  i 

Jean-Baptiste-Gerouilie  de  Beaavais  ; 

Etienne-François  Greilet: 

Jean-Baptiste  Coudert; 

Jean-Baptiste  Venassier  de  Beauvais; 

Léonard  Buteand  du  Poux; 

François  Peyrat. 
1730.  —  Pierre-André  Barret  de  Beauvais,  doyen; 

Jean-Baptiste  Sudre; 

Jean-Baptiste  Gentil-Duvernet; 

Jean-Dissandes  de  Bosgenet,  bâtonnier; 

François  Dumarest; 

Jean-Baptiste  Peyronneau; 

Etienne  Gentil-Duvernet; 

Joseph-Dumarest  de  la  Yilletelle; 

Philippe-Jean-^Dissandes  de  Bosgenet; 

François-Midre  de  la  Ghabanne; 

Jean-Baptiste-Gerouille  de  Beauvais  ; 
Etienne-François  Greilet; 

Jean-Baptiste  Greilet  de  Beauregard; 

Jean-Baptiste  Coudert; 

François  Peyrat; 

Paul-Âmbroise  Sudre; 

Jean-Baptiste  Boyieau  de  la  Riblère; 

Pierre  Peyronneau  de  la  Rue  ; 

Léonard  de  St-Voury; 

François  Dumaresl; 


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-*î5i  - 

1780.  —  Michel  Cornudet; 
Audrè  Purai; 
Louis  Barret  des  Chaises  ; 
Nicolas  Pineau  du  Montpeyroux  ; 
Jacques  Guyès; 
Jean-Baptiste  Meunier; 
Jean-Bapliste  Baret  de  Champegaud; 
Jean-Bapliste  Bazennerie; 
Jean-Baptiste  Voysin  de  Gartempe; 
*   Jean-Baptiste  Rouyère  de  la  Rochelte; 
Annet  Barret  du  Coudert. 

1789.  ^  Jean-Bapliste  Gentil-Duvernet,  doyen; 
Jean  Dissandes  de  Bosgenet,  bâtonnier; 
Jean  Peyronneau,  syndic  du  collège. 
François  Hidre  de  la  Ch'abanne; 
Jean-Bapliste  Coudert,  chanoine  clerc  ; 
François  Peyrat; 

Paul-Ambroise  Sudre,  prêtre,  curé  de  Guérel  ; 
François  Dumarest  ; 
André  Peyrat  ; 

Nicolas  Pineau  du  Montpeyroux; 
Jean-Baptiste  Bazennerie; 
Jean-Baptiste  Rouyère  de  la  Rochette; 
François  Dissandes  de  Lavillatte; 
Jean  Dissandes  deMontlevade; 
Léonard  Bourgeois  ; 
Vaiéri-Jérôme  Voysin  de  Gartempe. 

Malgré  la  multiplicité  des  juridictions  et  la  fréquence  des  procès 
qu^elles  étaient  appelées  à  juger,  la  plupart  de  ces  avocats  ne  parais- 
sent pas  jamais  avoir  mené  une  existence  bien  aclive.  Il  est  vrai  de 
dire  qu'un  certain  nombre  d'entre  eux,  flls,  petits-fils  ou  neveux 
d^ofQciers  de  Tune  ou  de  Taulre  de  ces  diverses  juridictions,  en  se 
faisant  inscrire  comme  avocats,  n'avaient  nullement  Tintenlion  de 
plaider  et  de  chercher  à  exercer  celte  profession.  En  réclamant  leur 
inscription  sur  le  tableau  de  Tordre,  leur  but  étaiten  effet  tout  aulrOi 


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ainsi  qae  cela  ressort  de  la  déclaration  même  de  quelquesHms^ 
doQt  rambition  se  bornait  à  pouvoir  prendre  le  titre  d'avocat,  à 
jouir  des  prérogatives  que  donne  ce  titre  et  à  occuper  ainsi  une 
situation  en  relief,  qui  leur  permit  d*a4teudre  patit-mment  et  sans 
effort  la  succession  d'un  père,  d'un  oncle  ou  d'ua  aïeul. 

Divers  documents  nous  montrent  cependant  que  quelques-uns  de 
ces  avocats,  tout  au  moins,  possédaient  une  science  juridique  con- 
sommée et  que  leur  réputation  s'étendait  au-delà  des  limites  de  la 
Province  (1).  Cette  bonne  renommée  peut  sans  doute  s'expliquer  par 
des  circonstances  que  nous  avons  précédemment  fait  connaître  et  que 
nous  devons  rappeler.  Nous  avons  dit  d'une  part,  qu'à  un  momeiit 
donné,  en  1531,  le  ressort  de  la  sènéciiaussée  de  Guéret  fut  agrandie 
par  l'annexion  de  la  châtellenie  de  Bellegarde  et  du  Pays  de  Franc- 
Alleu,  qui. relevaient  auparavant  de  la  sénéchaussée  de  Riom.  D'au- 
tre part,  nous  avons  exposé  que  le  présidial  de  Guéret,  au  moment 
de  sa  formation,  engloba  dans  sa  circonscription,  oulre  la  sénéchaus- 
sée de  la  Haute-Marche,  les  châtellenies  du  Dorât  et  de  Bellac,  dans 
la  Basse- Marche,  et  celle  de  Bourganeuf,  en  Poitou.  Les  populations 
dés  territoires  ainsi  annexés  à  la  sénéchaussée  et  au  présidial  de  la 
Haute-Marche,  conservèrent  toutefois  Tusage  des  coutumes  des  pro- 
vinces auxquelles  elles  appartenaient  et  ces  deux  juridictions  furent 
ainsi  amenées  à  juger  les  affaires  qui  leur  étaient  soumises,  en  se 
conformant  tantôt  à  la  coutume  de  la  Marche,  tantôt  à  celle  de  l'Au- 
vergne, ou  à  celle  du  Poitou,  suivant  les  régions  du  ressort,  où  sur- 
gissaient les  procès.  Il  y  a  lieu  de  penser  que  les  avocats  de  Guéret, 
soucieux  de  soutenir  et  défendre,  avec  parfaite  connaissance  de 
cause,  les  intérêts  qui  leur  étaient  confiés^  durent  Caire  une  étude 
particulière  des  diverses  coulumes  auxquelles  nous  venons  de  faire 
allusion,  se  les  assimiler»  acquérir  par  suite  une  expérience  juri- 
dique, qui  les  mit  en  vue  et  les  fit  connaître  jusque  au-delà  de  la 
Haute-Marche. 


(i)  a  Les  coutumes  d'Auvergne,  de  la  Marche,  du  Berry  sont  pres- 
que semblables  ;  elles  furent  rédigées  sous  le  môme  comte  et  par  les 
mômes  commissaires...  Lsê  habitante  de$  différente*  prottmeei  tnmih 
nent  êouvent  consulter  les  avocate  de  Guéret,..  »  (Mmoiru  d'un 
Cihfeni  Arch,  dép,  c«  86S)^ 


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-  253  -- 

Certains  de  ces  avocats  se  sont  même  fait  remarquer  par  divers 
travaux  de  jurisprudence,  de  littérature  ou  d'histoire.  Nous  cite- 
rons parliculièremenl  François  Darreau,  qui  était  inscrit  en  1771, 
et  sans  doute  depuis  longtemps  déjà,  au  barreau  de  Guéret,  où  il 
stfroble  avoir  laissé  la  réputation  d'un  juriste  instruit.  Il  est  Pau- 
leur  d'un  7Vaf7^  rf^5 /wjtir^*,  qui  jouit  en  son  temps  d'une  grande 
autorité  et  d'autre  part,  il  collabora  d'une  nianière  active  au  Réper- 
toire général  de  Jurisprudence.  Mais  son  activité  intellectuelle  ne  se 
limitait  pas  à  l'étude  du  droit  ;  il  cultivait  les  lettres  et  s'adonnait 
aussi,  non  sans  succès,  à  la  poésie  (1). 

Un  autre  avocat  de  Guéret,  Louis  Bourgeois  du  Ch&tenet,  qui 
vivait  au  commencement  du  xviir  siècle,  a  publié  plusieurs  volumes 
consacrés  à  Tétude  de  diverses  questions  historiques.  Dans  un  style 
ampoulé  et  plein  de  prétention,  il  essaie  de  faire  VHistoire  du  Uonde^ 
ffloius  soucieux  de  contrôler  l'exactitude  des  faits  qu'il  rapporte, 
que  de  laisser  un  libre  cours  aux  rêves  de  son  Imagination  un  peu 
trop  vagabonde.  Parmi  ses  autres  ouvrages  nous  citerons  encore 
VHisloire  du  Concile  de  Constance. 

Pendant  la  première  partie  du  xvni*  siècle,  nous  ne  trouvons,  en 
ce  qui  concerne  la  communauté  des  avocats,  aucune  particularité 
qui  mérite  d'être  signalée.  Ce  n'est  qu'à  partir  de   1747   que  nous 


(1>  Dareau  faisait  partie  de  la  société  littéraire  de  Clermont-Ferrand 
et  plusieurs  de  ses  poésies  furent  publiées  dans  VAlmanach  dot  Muses, 
A  litre  d'exemple  des  poésies  légères  qu'il  a  données,  nous  reprodui- 
sons un  «r  madrigal  à  une  dame  qui  marquait  à  l'auteur  combien  elle 
serait  étonnée  de  redevenir  amoureuse  à  soixante  ans  d  : 

c  Iris,  Tamour  est  de  tout  âge. 

€  Avec  plus  d'ardeur  ce  volage, 

€  Aux  tendres  cœurs  dans  leur  prinlems, 

€  Oirre,  il  est  vrai,  son  passager  hommage  ; 

c  Mais,  dupe  enfin  de  ses  feux  inconstants, 

c  11  se  sent  fatigné  de  Taile  : 

ff  Auprès  de  sa  maman,  beauté  toujours  nouveUe, 

«  Le  coureur  cherche  à  reprendre  ses  sens  ; 

ff  n  n*a  rien  vu  de  plus  aimable  quelle, 

f  Et  Vénus  doit  avoir  pour  le  moins  soixante  ans.  i 

Bulletin  de  correspondance  de  la  Société  des  Sciences  Naturelles  et 
Archéologiques  de  la  Creuse^  1805,  n®  2. 


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-  J54- 

avons  pu  noter  une  série  d'événements  de  diverses  natures,  événe- 
ments se  rapportant  à  cette  communauté  et  dont  II  esl  Intéressant 
de  présenter  un  exposé  rapide. 

Les  avocats  semblaient  vivre  en  paix,  jouissant  tranquillement 
des  privilèges  attachés  à  leur  profession,  lorsque  au  mois  d'août 
1747  leur  quiétude  fut  désagréablement  troublée  par  une  tentative, 
qui  ne  tendait  à  rien  moins  qu'à  leur  imposer,  ainsi  qu'aux  procu- 
reurs, un  c  tableau  ou  tarif  des  droits  qui  doivent  entrer  en  taxe 
dans  les  déclarations  de  dépens  »,  et  ce,  contrairement  aux  règle- 
ments établis  par  le  Parlement.  Les  avocats  protestèrent  énergique- 
ment  contre  cette  prétention,  qu'ils  considéraient  comme  un  abus 
de  pouvoir  et  portèrent  la  question  devant  la  Cour,  laquelle  par  un 
arrêt  du  4  septembre  suivant,  leur  donna  gain  de  cause,  en  laisant 
<  défense  de  passer  outre  ». 

A  ce  même  moment,  une  grave  querelle  surgissait  entre  les  procu- 
reurs et  les  avocats.  Ces  derniers  accusaient  les  procureurs  d'empié- 
ter sur  leurs  attributions  et  de  chercher  à  usurper  leurs  prérogatives. 
Un  procès  s'ensuivit.  Là,  encore,  les  avocats  l'emportèrent  :  un 
arrêt  du  Parlement  du  11  mai  1748  fît  défense  aux  procureurs  de 
Guért*t<!(  de  faire  même  par  requête  des  écritures  de  la  profession 
d'avocat,  telles  que  celles  qui  se  font  en  exécution  d'appointement 
en  droit,  comme  avertissements  et  contredits,  et  dans  les  cas  d*ap- 
pellalions,  les  causes  d'appel,  griefs,  réponses,  contredits  et  salva- 
tions...,  comme  aussi  de  faire  entrer  en  taxe  les  dites  écritures,  si 
elles  ne  sont  faites  par  un  avocat  et  signées  de  lui....  • 

Dans  les  deux  affaires,  auxquelles  nous  venons  de  faire  allusion, 
les  avocats  se  bornaient  à  défiîiidre  leurs  prérogatives.  C'était  leur 
droit  et  ce  droit,  ils  le  firent  prévaloir,  en  concertant  leurs  efforts  et 
en  restant  unis.  Hais  celte  union  ne  dura  pas  toujours  et  la  discorde 
finit  par  pénétrer  au  sein  de  la  communauté,  à  la  suite  de  circons- 
tances que  nous  allons  faire  connaître. 

En  1789,  au  nombre  des  membn*s  de  cette  communauté,  se  trou- 
vait Antoine  Isaac  Rochon  de  Valette,  inscrit  sur  le  tableau  de 
l'ordre  depuis  l'atmée  1754.  Il  semble  que  ce  dernier  n'eût  pas  le 
don  de  se  concilier  les  bonnes  grâces  de  ses  confrères,  qui  tout 


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-  268  - 

d'abord  trouvèrent  quelque  peu  étrange,  vis-à-vî»  d'eux,  son  atti- 
tude allière  et  ses  manières  arrogantes.  «  Quoique  le  plus  jeune, 
dit  un  document,  il  affectait  dès  lors  des  airs  de  hauteur  et  un  Ion 
de  mépris,  qui  sont  à  peine  concevables.  Il  semblait  que  placé  dans 
une  sphère  supérieure,  Il  fit  grâce  à  ses  confrères  toutes  les  fois 
qu'il  voulait  bien  traiter  avec  eux  et  s'abaisser  à  ces  égards  muluels, 
qui  sont  le  devoir  et  le  lien  de  la  confraternité.  » 

Rochon  perdit  son  père  en  1757,  et  se  fit  aussitôt  pourvoir  des 
deux  chargt'S  qu'il  occupait  :  celles  de  procureur  du  Roy  en  TEIec- 
tion  et  de  procureur  au  siège  des  Dépôts  de  sel,  tout  en  conservant 
sa  profession  d'avocat.  A  partir  de  ce  moment,  «  il  se  crut  encore 
moins  obligé  de  veiller  sur  ses  procédés  envers  ses  confrères  et 
bientôt  les  choses  furent  portées  à  un  tel  point,  qu'il  ne  fut  plus 
possible  à  aucun  d'eux  d'avoir  avec  lui  quelque  relation  à  titre  d'a- 
vocat, sans  compromettre  leur  propre  délicatesse  et  la  dignité  de  la 
profession  ».  La  situation,  comme  on  voit,  était  déjà  plus  que  len« 
due,  lorsqu'un  événement  particulier  fll  éclater  le  conflit. 

«  Le  5  août  1759,  le  Présidial,  qui  assistait  en  corps  au  convoi 
du  sieur  de  Nesmond,  lieutenant  particulier,  avait  invité  les  avocats 
à  se  trouver  à  cette  cérémonie.  L'usage  est  de  tout  temps  que  dans 
ces  occasions  les  avocats  marchent  immédiatement  à  la  suite  du 
Présidial,  comme  ne  faisant  avec  les  officiers  du  siège  qu'une  seule  et 
même  compagnie.  De  manière  que  quand  le  nombre  des  officiers 
est  impair,  le  plus  ancien  des  avocats  se  met  à  côté  du  dernier  des 
conseillers,  et  les  autres  suivent  dans  Tordre  de  leur  réception, sans 
que  personne  leur  ait  jamiis  disputé  cette  place,  depuis  que  la  sé- 
néchaussée existe.  H*  Rochon  s'était  rendu  à  ce  convoi.  Il  ne 
pouvait  y  être  qu'en  qualité  d'avocat,  puisque  l'Election  n'y  avait 
point  été  invitée  et  qu'aucun  des  élus  n'y  assistait.  Aussi,  marcha- 
t-il  jusqu'à  l'église  parmi  les  avocats,  qui  conduisaient  le  deuil. 
Mais  quand  ce  fut  à  l'aspersion,  il  s'avança  brusquement,  tira  le 
bras  de  M*  de  Montievade,  doyen  des  avocats,  voulut  se  placer  entre 
lui  et  le  dernier  des  conseillers  pour  recevoir  le  goupiibm,  immé- 
diatement après  les  officiers  du  Présidial.  M*  de  Montievade  se  con- 
tenta de  représenter  à  H<^  Rochon,  qu'étant  le  plus  jeune,  il  luicon- 


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—  «56  — 

venait  moins  qa'à  un  autre  de  vouloir  précéder  tout  le  Co)lège.  En 
même  temps,  malgré  Tempressement  de  M''  Rochon,  le  conseiller 
remit  le  goupillon  à  H«  de  Hontlevade.  C'était  comme  procureur 
daBoyquc  M*  Rochon  prétondait  avoir  le  pas  sur  les  avocats  les 
plus  anciens.  Hais  deux  raisons  s'y  opposaient  :  Tune  que  rEleclion 
n'assistant  pas  à  ce  convoi,  il  ne  pouvait  faire  valoir  les  droits  de  la 
compagnie;  Taulre  que  les  avocats  étant  à  la  suite  du  Présidial, 
ne  pouvaient  en  être  séparés  et  qu'ils  participaient  à  la  préséance, 
qui  appartient  înconteslabieraent  à  ce  premier  siège  et  surTÉlection 
et  sur  les  autres  corps.  (1)  x> 

Cette  question  de  préséance,  an  sujet  de  <(  Thonneur  du  goupil- 
lon »  aurait  assurément  suffi  pour  amener  une  rupture  définitive 
entre  Rochon  de  Valette  et  ses  confrères  du  barreau,  tant  les  ques- 
tions de  cette  nature  jouaient  un  rôle  capital  dans  les  relations  de 
la  société,  au  cours  du  xviii*  siècle.  Mais,  dans  les  circonstances 
actuelles,  cette  question  ne  fut,  paraît-il,  qu'un  prétexte.  Au  dire  de 
Rochon  de  Valette,  la  véritable  cause  de  cette  rupture  fut  une  surim- 
positi<m  à  laquelle  furent  taxés  les  avocats  au  commencement  de 
Tannée  1759.  Rochon,  nous  l'avons  déjà  dil,  était  procureur  du  Roy  en 
l'Election  :  à  tort  ou  à  raison,  les  avocats  lui  attribuaient  celte  surim- 
position, dont  ils  avaient  été  l'objet  ;  ils  l'accusaient  d'avoir  appelé 
rattention  du  commissaire  départi  de  la  Province  sur  les  taxes  aux- 
quelles ils  étaient  soumis  et  de  les  lui  avoir  représentées  comme  trop 
modérées.  '^  Comme  les  avocats  de  Guéret  tournent  toutes  leurs  vues 
à  leur  commodité  particulière,  ils  ont  fait  un  crime  à  H*  Rochon 
du  travail  même  de  H.  le  commissaire  de  la  Province  :  leur  passion 
n'a  pas  tardé  à  éclater  ». 

Quoi  qu'il  en  soit,  Rochon,  convaincu  qu'en  sa  qualité  de  procu- 
reur du  Roy  en  l'Election  il  aurait  dû  avoir  la  préséance  sur  les 
avocats  à  l'enterrement  du  lieutenant  particulier  de  Nesmond,  sou- 
mit la  question  à  Tappréciatiou  du  Procureur  général,  Joly  de 
Fleury.  Dans  son  exposé,  il  accusait  en  même  temps  ses  confrères 


(1)  Mémoire  signifié  pour  les  avocats  en  la  sénéchaussée  et  siège 
Présidial  de  Guéret  contre  M*  Rochon  de  Valette,  Procureur  du  Roy 
ea  rEleotion,  etc.  —  Imprimerie  de  L.  Gellol,  rue  Dauphine,  1761. 


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da  baffeam  de  Goéret  d'avoir  cessfé  toute  relation'avec  lui  et  formé 
on  complot,  en  vue  de  le  mettre  dans  l'impossibilité  d'exercer  com- 
me avocat.  Il  ajoutait  cfae  les  procureurs  avaient  pris  fait  et  cause 
pour  ses  adversaires  et  s'étaient  engagés  vis-à-vis  d'eux  à  ne  phis  lui 
fournir  aucune  affaire  et  a  conseiller  même  à  leurs  clients  de  lui  reti- 
rer celles  qu'ils  lui  avaient  confiées.  Joly  de  Fleury  donna  tort  à 
Kochon  sur  la  question  de  préséance  et  blâma  les  avocats  de  ne  plus 
vouloir  communiquer  avec  lui;  mais  son  avis,  ainsi  exprimé,  ne 
put  mettre  fin  à  la  dispute,  qui  fut  portée  devant  la  Cour.  ï)e  longs 
mémoires  furent  produfts  à  cet  effet,  mémoires  desquels  il  ressortque, 
de  part  et  d'autre,  on  ne  se  ménageait  ni  les  injures,  ni  les  invectives. 
Un  arrêt  du  Parlement  du  29  août  1761  renvoya  les  pailles  en  les 
condamnant  solidairement  aux  dépens,  mais  sans  donner  satisfac- 
tion ni  à  Tune  ni  à  l'autre. 

La  guerre  continua  sourde,  intestine  et  sans  merci.  Une  accalmie 
se  produisit  toutefois  au  cours  de  l'année  4762,  mais  sans  longue 
durée.  A  ce  moment,  ftochon  venait  d'éfre  ponvu  de  l'office  d'asses- 
seur et  lieutenant  particulier  criminel;  il  vendit  ses  charges  de  pro- 
cureur et  cessa  de  plaider,  car  son  nouvel  office  était  incompatible 
avec  la  profession  d'avocat,  en  raison  de  ce  que,  comme  assesseur, 
en  Tabsence  du  lieutenant  général  et  du  lieutenant  particulier,  il 
pouvait  être  appelé  à  présider  au  jugement  des  affaires  civiles,  à 
l'exclusion  des  autres  conseillers.  Hais  cette  prérogative  de  pouvoir 
présider  au  civil  fut  enlevée  aux  assessteurs  par  lin  édit  de  1764, 
confirmé  par  une  déclaration  de  juillet  de  la  même  année.  Rochon 
songea  alors  à  reprendre  Texercice  de  la  profession  d'avocat,  tout 
en  conservant  son  office  d'assesseur.  Ses  adversaires  se  dressèrent 
de  nouveau  devant  lui,  protestèrent  contre  sa  prétention  et  le 
mirent  en  demeure  d'opter.  Un  nouveau  procès  s'ensuivit,  procès 
qui  fut  porté  devant  le  parlement.  Dans  un  mémoire  produit  à  l'ap- 
pui de  sa  revendication,  Rochon  faisait  valoir  cette  circonstance  que 
d'autres  avocats  de  Guéret  étaient  en  même  temps  officiers.  «  Si 
cette  dernière  qualité,  disait-il,  est  un  obstacle  aux  fonctions 
d'avocat,  presque  tous  ceux  qui  les  exercent  à  Guéret  et  qui  s'élèvent 
cofitre  moi  seraient  dans  It?  cas  de  faire  leur  option.  }A^  Bàret,  l'un 
d'eux,  est  secrétaire  du  Roy,  près  la  cour  des  Aydes  de  Montpellier; 

17 


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-  258-- 

iï«  Peyronneau  est  procureur  en  la  maîtrise  des  Eaux  et  Forêts  ; 
M*  Dissandes  de  Bosgenest  est  roceveur  de  consignations  du  siège  : 
bien  plus,  il  est  commissaire  aux  saisies  réelles,  et  à  ce  dernier  titre 
serait  dans  le  cas  d*èlre  rayé  du  tsbieau  dans  un  barreau  bien  policé, 
parce  qu'il  est  conlraignable  par  corps  (1)  ». 

Malgré  toutes  ces  raisons,  Rochon  ne  put  obtenir  satisfaction  : 
un  arrêt  de  la  Cour,  en  date  du  2  septembre  1764,  le  débouta  de 
ses  prétentions.  Cet  arrêt  ordonnait  en  eilet  «  que  les  ofûciers  de 
la  sénéchaussée  de  Guéret,  soit  titulaires,  soit  honoraires,  ou  ayant 
entrée,  séance,  ou  voix  délibératrive  au  dit  siège,  ne  pourront  s'en- 
tremettre de  postuler,  consulter,  plaider  et  écrire,  ni  faire  aucune 
fonction  d'avocat  au  dit  siège;  —  pourront  néanmoins  exercer  les 
fonctions  d'avocat  en  autre  juridiction  que  celle  en  laquelle  ils  sont 
ofGclers,  sans  néanmoins  être  juges  des  parties  pour  lesquelles  ils 
auraient,  en  qualité  d'avocat,  prêté  leur  ministère...  » 

A  partir  de  ce  moment,  la  situation,  loin  de  s'améliorer,  s'aggrava 
encore.  Deux  camps  se  formèrent  :  d'un  côté  les  partisans  de  Rochon 
de  Valette,  de  l'autre  ses  adversaires.  Les  officiers  de  la  sénéchaus- 
sée et  du  présidial  ne  tardèrent  pas  eux-mêmes  à  se  diviser  et  à 
prendre  parti  pour  ou  contre  Rochon,  de  telle  sorte  c  que  le  Palais 
des  juridictions  d  retentissait  chaque  jour  de  discussions,  dont  la 
cause  n'était  rien  moins  que  le  souci  de  la  justice.  De  là  naissaient 
fréquemment  des  incidents  bizarres,  grotesques,  qui  se  produi- 
saient publiquement  et  n'étaient  nullement  de  nature  à  fortifier  l'au- 
torité des  magistrats  et  à  accroître  le  prestige  de  la  justice.  Nous 
avons  fait  allusion  précédemment,  en  parlant  du  présidial,  à  quel- 
ques-uns de  ces  incidents  :  nous  n'y  reviendrons  pas.  Disons  toute- 
fois qu'il  ne  fallut  rien  moins  que  l'arrivée  des  grands  événements 
de  1789,  et  de  ceux  qui  en  furent  la  conséquence,  pour  modifier 
celte  situation,  en  transformant  les  juridictions  et  en  dispersant  un 
peu  partout  les  juges  existants. 


(i)  Mémoire  signifié  pour  M^  Antoine-Isaac  Rochon  de  Valette, 
conseiller  du  Roy,  procureur  en  TEleciion,  etc.,  contre  les  avocats  de 
Guérçt.  (Imprimerie  d'Houry,  rue  de  la  Vieille-Boucherie,  i76l). 


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-489- 


COMMUNAUTÉ  DES  PROCUREURS 


En  1635,  au  moment  de  la  création  duprèsidialja  ville  de  Gaëret 
ne  complail  pas  moins  de  vingt  offices  de  procureurs  (1).  Il  semble 
que  ce  chiflre  ne  fut  pas  jugé  sufflsant,  car  six  nouvelles  charges 
furent  alors  instituées,  de  telle  sorte  que  le  nombre  des  procureurs 
fut  porté  à  vingt-six.  Par  un  édit  de  1667,  ce  nombre  fut  réduit  à 


(1)  Les  procureurs  étaient  des  officiers  établis  pour  représenter  en 
justice  les  personnes  qui  les  chargeaient  de  leurs  affaires.  Ils  rem- 
plissaient le  rôle  des  avouée  actuels,  c'est-à-dire  qu'ils  défendaient  les 
intérêts  de  leurs  clients,  en  faisant  pour  eux  les  actes  de  procédure 
nécessaires  pouf  mettre  les  juges  en  état  de  décider.  —  «  L'usage 
veut,  dit  Jausse,  que  l'état  de  procureur  déroge,  et  que  bien  qu'il  ne 
soit  pas  vil,  il  soit  incompatible  avec  la  noblesse.  » 

Les  offices  de  procureur  étaient  vénaux.  Pour  Oi:cuper  ces  offices, 
il  fallait  avoir  vingt  ans^  obtenir  des  lettres  de  provisions  du  Roy, 
prêter  serment  et  être  examiné  sur  la  pratique  des  sièges  où  l'on 
devait  exercer,  après  informations  de  bonnes  vie  et  mœurs  et  de 
catholicité. 

Les  frais  de  réception  à  l'office  de  procureur  étaient  assez  élevés, 
ainsi  que  le  démontre  Tétat  suivant  relatif  à  la  réception  de  Silvain 
Moreau  en  176^.  Ces  frais  sont  ainsi  répartis  : 

1»  Conclusions  préparatoires 16  1. 

2®  Ck>nciusions  définitives 32  L 

3^  Information  du  lieutenant  général   ....  72  l. 

4^  Epices  de  la  sentence  préparatoire  ....  32  l. 

5»  Kpices  de  la  sentence  de  réception  ....  64  I. 

•     6»  Droits   du    Roy 33  1.  11  s.    6  d. 

1^  Parchemin  et  papier 2  l.    9  s. 

8»  Sceau  des  deux  sentences 5  l.  13  s.    9  d. 

9®  Epices   des   greffiers 36  l. 

10>  Epices  du  chapellain 3  1. 

11®  Epices  de  l'huissier  audiencier 3  1. 

12®  Epices  du  buvetier 31. 

13®  Enregistrement 2  1.    8  s. 


Total 305 1.    2  s.    3  d. 

Les  procureurs  ne  pouvaient  en  même  temps  être  marchand,  ni 
tenir  boutique  ou  hôtel.  Ils  ne  pouvaient  non  plus  être  en  même 


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leize,  pois  par  un  autre  édil  uliërieur  i  treize,  chiffre  que  nous 
constatons  en  1710  et  qur  parait  avoir  été  ensuite  toujours  maintenu, 
malgré  diverses  tentatives  faites  en  1756,  1779  et  1781  pour  l'aug- 
menter et  provoquer  l'établissement  de  nouveaux  offices.  En  1781, 
notamment,  Musnier  de  Lombard,  conseiller  du  Roy  en  la  séné- 
chaussée et  siège  présidial,  chargé  de  présenter  un  rapport  sur  cette 
question,  demanda  la  création  de  sept  nouvelles  charges  de  procu- 
reur, ff  augrpenlalion  essentielle,  dit -il,  pour  Texpédilion  des 
affaires  9.  Le  U  juin  de  cette  même  année  une  assemblée  fut  con- 
voquée à  la  requête  du  Procureur  Général  pour  délibérer  sur  celte 
ff  augmentation  »,  à  laquelle  la  majorité  des  conseillers  se  déclarè- 
rent favorables.  La  proposilion  fut  toutefois  vivement  combaltue 
par  le  lieutenant  général  criminel,  Gervais  Guillon  de  La  Villalte- 
Billon,  qui  considérait  comme  absolument  inutile  de  nouvelles 
créations.  »  Il  voit,  dit-il,  «avec  surprise  qu'on  tente  de  surprendre 
i  force  de  cabales  et  sous  prétexte  d'intérêt  général,  une  vaiiation 
dans  Fopinion  des  officiers  du  siège,  qui  ont  déjà  attesté  cette  inu- 
tilité, notamment  en  1756  et  en  1779  ».  Il  fait  observer  que 
depuis  le  commencement  du  siècle,  le  nombre  des  procureurs  n'a 
jamais  été  que  de  treize  et  que  cependant  «  le  public  a  été  aussi 
bien  servi  et  que  les  afiaires  n'ont  pas  souffert  de  retard  ».  Il 
ajoute  qu'il  considère  que  la  «  multitude  des  procureurs  peut  don- 
ner naissance  à  des  procès  de  pure  chicane,  qui  ne  verraient  point 
le  jour  si  on  ne  trouvait  des  procureurs  oisifs  qui  les  conseillent  et 
les  entreprennent».  Il  termine  enfin  en  disant  que  :  «  si  les  besoins 
de  l'Etat  ont  nécessité  la  multipliraiion  des  offices  tt  ceux  des  pro- 
cureurs, une  sage  administration  doit  plutôt  les  restreindre  que  les 
augmenter,  comme  cela  se  pratique  journellement,  puisqu'eii  mul- 


temps  notaires  ou  greffiers,  mais  sur  ce  point  les  ordonnances  étaient 
loin  d'ètro  observées.. 

Les  procureurs  avaient  la  préséance  sur  les  huissiers  et  maichaient 
dans  les  cérémonies  publiques  ou  privées  après  les  notaires.  Toute- 
fois, dans  certaines  de  ces  cérémonies,  auxquels  assistuienl  les  juges 
et  les  avocats,  ils  pouvaient  avoir  séance  immédiatement  après  ces 
derniers.  A  l'audience,  ils  étaient  assis,  tandis  que  les  huissiers,  à 
l'exception  du  premier  audiencier,  devaient  se  tenir  debout;  mais  ils 
plaidaient  découverts,  à  la  dillérence  des  avocats. 


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-Î6l- 

tiplianl  des  êtres  inutiles  et  oisifs,  c'est  ôter  aux  autres  parties  de 
l'Etat  des  sujets  qui  pourraient  êtres  utiles  et  agissants  et  qui  faus- 
sent leur  vocation  en  se  livrant  à  une  profession,  qui  est  souvent 
hors  de  leur  sphère,  ce  que  Ton  voit  tous  les  jours  ». 

L'opinion  de  Guillon  de  la  Villatte-Billon  ne  put  prévaloir  et  les 
nouvelles  créations  demandées  furent  autorisées.  Cette  autorisation 
ne  dura  toutefois  que  quelques  années:  en  1786,  un  édit  du  Roy, 
enregistré  en  Parlement  le  21  mars  de  la  même  année,  réduisit  de 
nouveau  à  treize  le  nombre  des  procureurs,  et  ordonna  la  suppres- 
sion  de  tous  les  autres  offlces^  nouvellement  institués. 

Conametous  les  autres  corps  de  la  ville,  la  communauté  des  pro- 
cureurs avait  une  juridiction  correctionnelle  et  de  discipline  pour 
ses  naerabres,  qui  tous  devaient  se  soumettre  à  un  règlement, 
homologué  par  le  siège  présidial,  pour  l'observation  et  le  maintien 
de  cette  discipline.  Mais  ce  règlement,  loin  d'être  suivi,  était  pour 
ainsi  dire  violé  d'une  manière  permanente,  d'où  des  discussions 
incessantes  entre  les  divers  membres  de  la  communauté,  discus- 
sions qui  aboutissaient  à  des  procès,  lesquels  à  peine  terminés 
ne  tardaient  pas  à  recomtnencer,  par  suite  de  la  continuation  des 
mêmes  abus. 

Aux  termes  du  règlement  et  conformément  aux  édits  royaux,  les 
offices  de  procureurs  étaient  incompatibles  avec  les  charges  de  gref- 
fiers et  de  notaires,  et  cependant  le  cumul  de  ces  fonctions  était 
depuis  longtemps,  sinon  accepté,  du  moins  toléré  à  Guéret.  Parfois 
des  plaintes  étaient  formulées  contre  cet  état  de  choses  et  des  protes- 
tations se  faisaient  entrendre;  mais  habituellement  des  arrangements 
intervenaient  entre  les  parties  intéressées  et  les  abus  continuaient 
à  se  perpétuer.  En  1763  cependant  ces  plaintes  revêtirent  un  carac- 
tère plus  aigu:  la  communauté  des  procureurs,  qui  souffrait  de  ce 
cumul  d'offices  entre  les  mains  de  quelques-uns  de  ses  membres 
et  dont  les  intèrêtsse  trouvaient  lésés  par  les  abus  qui  en  résultaient, 
se  porta  partie  dans  la  contestation  par  le  ministère  de  son  doyen, 
Douezard.  Elle  demanda  à  la  Cour  que  les  ordonnances,  art*êts  et 
règlements,  applicables  à  tout  le  royaume  relativement  à  Tincompa' 
tibllité  des  offices^  fussent  exécutés  au  siège  de  Guéret.  La  commu* 


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-Î62- 

naulé  était'  encoaiagée  dans  cette  revendication,  par  c  nombre  de 
jeunes  gens  restés  sans  état,  parce  que  ces  offices  étaient  concen- 
trés entre  les  mêmes  mains  ». 

Le  procès  ainsi  engagé  resta  en  suspens  pendant  longtemps.  En 
1766,  la  plaiite  fut  retirée  et  les  poursuites  cessèrent  à  la  suite  ({e 
démarches  faites  auprès  des  demandeurs  par  les  procureurs  pour- 
vus d'offices  incompatibles.  Ces  deiniers  avaient  fait  espérer  à 
leurs  confrères  qu'à  l'avenir  ils  éviteraient  de  blesser  leur  suscepti- 
bilité, en  se  conformant  aux  règlements.  Cette  promesse  fut  bien 
vite  oubliée  et  les  abus  ne  tardèrent  pas  à  se  reproduire  comme  par 
le  passé. 

Une  nouvelle  action  fut  intentée  en  1769  à  la  requête  de  neuf 
procureurs  contre  quatre  de  leurs  confrères  :  Dissandes,  Bonnyaud, 
Coudert  et  Daret.  Outre  leurs  charges  de  procureur,  ces  derniers 
occupaient  Tun,  Dissandes,  l'office  de  greffier  de  la  sénéchaussée  et 
siège  présidial,  le  second,  Bonnyaud,  celui  de  greffier  des  eaux  et 
forêts  et  de  l'ofUcialité  :  les  deux  autres,  Coudert  et  Baret,  étaient  en 
même  temps  procureurs  et  notaires.  Comme  moyens  de  défense, 
ces  quatre  procureurs  faisaient  valoir  t  la  possession  immémoriale 
oùils étaient  de  posséder  cumulalivementcesoffices».IlsexposaieDt 
ensuite  que  la  Province  était  pauvre,  le  ressort  des  juridictions  peu 
étendu  et  que  la  charge  de  procureur  ne  procurait  que  de  faibles 
ressources.  —  Les  poursuivants  objectaient  de  leur  côté  que  cette 
dernière  raison  ne  reposait  sur  aucun  fondement  ;  ils  démontraient 
que  l'office  de  procureur  à  G uéret  ne  rapportait  pas  moins  annuelle- 
ment de  deux  mille  livres  et  ils  ajoutaient  que  «  le  siège  n'est  pas  si 
misérable  puisque  les  confrères  mis  en  cause  y  ont  fait  de  très 
belles  fortunes  ».  Abordant  un  autre  ordre  d'idée,  ils  faisaient 
ressortir  paiticulièrement  les  inconvénients  résultant  de  l'exercice 
cumulatif  des  charges  de  procureur  et  de  greffier.  «  Le  procureur, 
disent-ils,  étant  comme  fondé  de  pouvoir,  doit  saisir  et  faire  pro- 
fiterla  <»aitie  de  tout  ce  qui  lui  est  avantageux.  Or,  sa  qualité  de 
greffier  lui  donnant  une  connaissance  parfaite  de  tout  ce  que  le 
Juge  doit  faire  dans  son  ministère,  il  en  profite  relativement  aux 
iutérôts  de  son  cilenti  soit  eu  retardant  Texpéditioa  du  Jugement  de 


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—  263  — 

ses  confrères,  soit  lors  des  requêtes  qui  se  font  à  Phôtel  du  Juge, 
en  rédigeant  les  dépositions  des  témoins,  soit  dans  la  rédaction  des 
jugements  déQnitifs,  soit  en  multipliant  le  plus  possible  par  des 
incîJenls  déplacés  les  jugements  dlnstruction,  parce  qu^iis  aug- 
mentent le  produit  du  greffe,  soit  en  profitant  de  tout  ce  que  les 
occasions  leur  permeltenl  ».  Ils  faisaient  enfin  remarquer  que  les 
inconvénients  qu'ils  venaient  de  signaler  et  qui  s^appliquaient  aux 
affaires  civiles  étaient  encore  plus  grands  lorsqu'ils  s'agissait  d'af- 
faires criminelles,  où  le  greffier  a  dépositaire  de  toutes*  les  pièces 
secrètes,  devenu  procureur  de  la  partie  accusée,  après  avoir  reçu 
les  plaintes  et  informations  comme  greffier,  dirigera  les  réponses  de 
l'accusé,  lors  de  l'interrogatoire  et  sera  sftr  de  l'événement  ». 

Ce  procès  n'était  pas  encore  terminé  en  1775.  Dans  un  nouveau 
mémoire,  imprimé  au  cours  de  cette  dernière  année,  nous  voyons 
que  les  procureurs  poursuivants  n'étaient  plus  qu'au  nombre  de 
trois  :  François  Devilestiveaud,  Joseph  Fayolle  et  François  Delage. 
Dans  ce  mémoire  sont  reproduites  les  mêmes  doléances  et  les 
mêmes  accusations,  précèdemmmenténoncées,  «contre  les  pourvus 
d'offices  incompatibles.  »  A  l'appui  de  ces  plaintes  et  pour  corroborer 
l'affirmation  des  abus  engendrés  par  le  cumul  de  ces  offices,  nous 
trouvons  relaté,  un  fait  qui  n'est  assurément  pas  banal  et  que 
nous  résumons  en  quelques  mots.  Un  des  procureurs  notaires 
mis  en  cause  avait  reçu,  en  sa  qualité  de  notaire,  le  dépôt 
d'une  certaine  somme  d'argent.  Comme  procureur,  il  a  découvrit 
le  secret  de  consommer  cette  somme  en  frais,  au  moyen  d'une 
saisie  qu'il  eut  Part  de  faire  entre  ses  mains  ».  Nous  nous  abstenons 
de  tout  commentaire  qui  ne  pourrait  qu'affaiblir  la  portée  de  ce 
dernier  fait. 


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—  S64  — 


PROCUREURS 


1626.  —  Pardoux  Simmonaud  ; 

1635.  —  Antlioioedu  Dois;  Pardoux  Aobayle  ; 

1660.  —  LéoQord  Doyieau  ;  Jeao  Miette;  Claude  Perdrix; 

1667.  —  Jean  Dumas;  Jeao  Daret,  Annet  Niveau  ;  François-Albert 
Adjoinet;  François  Meillet  ;  Ânloine  Fouquet;  François  Jabrillac; 
Antoine  Dourgeois  ;  Léonard  Nigou  ;  Antboine  Dubois  ;  Pierre 
Niveau;  Jean  Dourgeois;  Antboine  Rochon; 

1680.  —  Silvain  Auby;  François  Albert;  Léonard  Dourgeois; 
Jean  Doutaud  ;  Joseph  Penychon  des  Dains  ;  Léonard  Rimour  ; 
Antoine  Moreau; 

1692.  —  Pierre  Fouquet; 

1695.  —  Silvain  Baret;  Pierre  Fessoyrat  ; 

1697.  —  Philippe  Doileau  ;  Jean  Dumarest  ;  Jacques  Tixier  ; 
Etienne  Rimour; 

1700.  —  Jean  Dissandes; 

1701.  —  Etienne  Barret;  François  Meillet; 

1702.  "  Martial  Cbanaud;Christoflieyeschère;  Marin  Desrierges; 
François  Jabrillac;  Pierre  Rimour  ; 

1703.  —  René  Daret;  Joseph  Dufour; 

1704.  —  Silvain  Daret  ; 

1705.  —  Antboine  Proubet  ; 

1708.  —  Antboine  Dussière;  Guillaume  Veschère; 

1709.  —  Joseph  Hosnier  ;  François  Donnyaud; 
1717.  —  Joseph  Charrière; 

1722,  —  Pierre  Peyronneau  ; 
1723*  —  Pierre  Dumarest; 


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-.265- 

1724.  —  Jacqaeg  B^et  ;  Jean-BuptUte  Baret  ; 

1727.  —  Jean-Baptbte  Coudert; 

1728.  —  Lèoaard  Goguier; 

i729.  ^  SitvaiB  Bouezard  ;  Etienne  Bonnyaad  ; 

1740.  ^  Silvain  Boyleau  ; 

1741.  —  Aotoioe  Hartio  de  Brugaat; 
1743.  —  Joseph  Dmnarest  ; 

1751.  —  Gabriel  Dissandes; 

1752.  —  GuiUaume-AjitoiDB  Niveaa  ; 

17S6.  —  SilvaiD-Claude-Victor  de  Bellefond  ; 
1759.  —  Joseph  Fayolle;  Joseph  de  Saint- Voury; 

1761.  —  Gabriel  Maufus  de  la  Chaume;  Silvain  Coadert; 

1762.  —  Pierre  Baret  d'Auriole  ;  François  de/Villestivdaud  ; 
1764.  ^  Léonard  Bourgeois  ;  Gilles-François  Delage; 
1766.  —  Jean-Baptiste  Bergier  ; 

1769.  —  Silvain  Horeau; 

1780.  -r  Pierre  Lasnier  Desbarres  ;  Antoipe  Baret  ;   François 
Cusiiiet  ;  Charles  Mathieu  ;  François  Delage  ; 

1783.  ^  François-Xavier  Lemoyne  ;  Léonard  Leyraud  ;  Jean- 
François  Lemoyne  du  Breuil. 


NOTAIRES  ET  GREFFIERS 


C'est  une  ordonnance  de  Philippe  le  Bel,  qui  créa  dans  les  domai- 
nes de  la  Couronne  des  charges  de  notaires,  conseillers  du  Roy, 
Au  XVI*  siècle,  il  existait  quatre  catégories  de  notaires  :  1®  le  Notaire 
proprement  dit|  c'est-à-dire  celui  qui  dresse  Tacte;  2*  le  TaMlmt 


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-266-- 

qui  délivre  Tacle;  S^"  le  Garde-notes,  qui  conserve  les  minutes; 
4»  enfin,  le  Garde-scel,  qui  revêt  l*acle  du  sceau  royal  (i). 

Au  début  du  xvii*  siècle,  toutes  ces  diverses  charges,  qui  aupara- 
vant étalent  données  à  ferme,  furent  réunies,  confondues  et  érigées 
en  état  d'offices  de  notaires,  rendues  en  même  temps  héréditaires, 
conformément  à  un  édit  de  1597,  confirmé  plus  tard  par  Tédit  de 
167i.  Ces  offices  étaient  déjà  vénaux  sous  Louis  XII  et  François  !•'; 
leur  vénalité  fut  ensuite  toujours  maintenue  (â). 

A  Guéret,  le  nombre  des  notaires  parait  avoir  été  toujours  relati- 
vement considérable.  Un  édit  de  1667  fixa  ce  nombre  à  dix  ; 
voici  quels  étaient  les  litulaires  de  ces  offices  à  ce  moment  : 

Annet  Pineau; 
François  Jabrillac; 
Guillaume  Desardiller  ; 
François  Heillet  ; 
Anthoine  Fouquet  ; 
Jean  Sudre ; 
Anihoine  Branche  ; 
Guillaume  Chanaud  ; 
Jacques  Baret; 
Pierre  Baret. 


(1)  L'office  de  Tabelliony  créé  en  novembre  1542,  fut  réuni  à  celui 
de  notaire  par  édit  de  mai  1597  —  celui  de  Garde  note$y  créé  en  mai 
1575,  réuni  en  avril  15'/8,  puis  supprimé  par  édit  de  mai  1597,  en 
môme  temps  que  celui  de  tabellion  ;  —  celui  de  garde-scel,  créé  en 
1619,  réuni  k  l'office  de  notaire  en  1697, 

(2)  Pour  être  notaire,  il  fallait  être  âgé  de  vingt-cinq  ans  au  moins, 
ou  avoir  obtenu  !a  dispense  d'âge,  avoir  été  examiné  et  regu  devant 
des  juges  et  avoir  justifié  de  conditions  de  bonne  vie  et  mœurs  et  de 
catholicité.  Les  notaires  pouvaient  être  nobles  et  ne  dérogeaient  pas; 
toutefois  sur  ce  dernier  point,  les  avis  étaient  partagés.  Ils  précô* 
daient  les  procureurs  dans  les  assemblées  publiques  et  particulières 
et  avaient  le  pas  sur  eux  en  toutes  circonstancié.  Ils  pouvaient  être 
avocats,  mais  en  ce  cas  n'avaient  pas  le  pas  sur  leurs  confrères  plus 
nnciens. 


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-267- 

Dans  ie  tableau  suivant,  nous  reproduisons  les  noms  des  notaires, 
que  nous  avons  Irouvés  mentionnés  avant  la  date  de  Tédit  précité, 
ainsi  que  de  la  plupart  des  officiers  ministériels  qui  ont  existes 
après  cette  date  et  jusqu'à  la  Révolution  : 

i589.  —  Bazeillas; 

1626.  ~  Pardoux  Simonnaud  ; 

1639.  —  Silvain  Peyronneau  ; 

!  Cornette  ; 
Désardiller; 
Pierre  Simmonaud  ; 
1681.  —  Anihoine  Peyronneau; 
1689.  —  Anthoine  Legrand  ; 

1694.  —  Charles  Rousseau  ; 

1695.  —  Pierre  Rougier;  ^ 

1696.  —  Jean  Bonnyaud  ; 

1697.  —  Martial  Chanaud  ; 
1699.  —  François  Sudre  ; 
1701.  •*  Toussaint  Socquard  ; 
1714.  —  Jean  Dissandes; 
1716.  —  Etienne  Polier  ; 
1720.  —  JeanBaret; 

1722.  —  Pierre  Peyronneau  ; 
1725.  —  Jean-Jaques  Barel  ; 

1730.  —  Jean-Baptiste  Coudert  ; 

1731.  —  Pierre  Dumaresl  ; 

1732.  —  François  Suard  ; 
1741.  —  Jean-Baptiste  Baret; 

^  Silvain  Boileau; 
(  Pierre-Annet Rougier; 
1747t  «-  François  Rougier; 


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—  268- 

Guillaume  Daireau  ; 
Anlholue  Baret  ; 
Gabriel  Dissandes  ; 
Annet  Bergier  ; 
1755.  —  Joseph  Dumarest  de  la  Yilletelle  ; 
François-Sitvain  Coudert  ; 


1770.  j 

1771.  1 


'  Boileau  de  la  Nouzière  ; 
1760.  —  Jean-Baptii>teCiUet; 
1763.  —  Pierre  Haloron  ; 
1769.  —  Bonnyaod; 

François  Rocque  ; 

Jean  Dumas; 

Elienne  Goguier  ; 

Niveau; 
1773.  —  François-Guillaume  Dareau; 

1778.  —  Martial  Meunier  ; 

1779.  —  Jean-Baptiste  Polier; 
1786.  —  Jean-Baptiste  Volland. 

Aucune  particularité  importante,  digne  d'être  notée,  ne  se  rat- 
tache à  Teiistence  de  ces  officiers  ministériels,  qui,  pour  la  plupart, 
en  dehors  de  leurs  attributions  spéciales,  ne  paraissent  jamais  avoir 
joué  un  rôle  actif  dans  la  vie  publique  de  la  Cité.  Plusieurs  cepen- 
dant furent  appelés  au  cours  du  xviiP  siècle  et  même  auparavant, 
à  exercer  les  fonctions  de  consul  ou  d'écbeviu,  notamment  Pierre 
Rougier  en  1696,  Martial  Ghanaud  en  1697,  François  Sudre  en  1710, 
Pierre  Peyronneau  en  1730,  François  Suard  en  1731,  Baret  en  1734, 
Boyieau  en  1752,  etc.;  mais  aucun  d'eux,  considérés  comme  notai* 
res,  ne  parait  mériter  une  mention  spéciale. 

Les  notaires  de  Guéret  formaient  une  communauté,  qui  avait  8on 
règlement,  ses  statuts  et  à  la  tête  de  laquelle  se  trouvait  un  syndic  : 
en  1711,  ce  syndic  était  M*  Tôlier.  U,  communaati  avait  pour 


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patron  SâinUJean  PBvangéIfstc,  dont  la  fête  se  célébrait  chaqne 
année  le  6  mai  et  se  terminait  par  an  traditionnel  banquet  (i). 
Ce  jour-là,  les  notaires  réunis  délibéraient  sur  toutes  tes  affaires 
qui  pouvaient  intéresser  leur  communauté.  C'est  ainsi  qu*en  1756, 
nous  les  voyons,  dans  cette  réunion  annuelle,  se  plaindre  des 
graves  inconvénients  qu'occasionne  le  trop  grand  nombre  d'offices 
de  notaires^d'où  naissent  l'avilissement  de  la  profession  et  les  abus, 
conséquences  de  cet  avilissement.  Voici  du  reste  le  résuma  du 
procès-verbal  des  observations  qui  furent  présentées  dans  cette 
réunion  : 

ff  Le  remède  à  tous  les  abus  qui  se  commettent  au  sujet  des  actes 
de  Notaires  sérail  d'en  supprimer  une  grande  partie  surtout  dans 
les  campagnes,  où  Ton  en  a  vu  et  où  Ton  en  voit  encore  qui  désho- 
norent leur  état.  Ces  notaires,  sans  étude  ni  capacité,  ont  sçu  à 
peine  écrire  quils  ont  été  pourvus  moyennant  une  médiocre  dépense 
que  leur  ont  coûté  leurs  provisions  et  leur  réception,  et  n'ont  fait 
qu'un  saut  de  la  charue  au  Notariat:  en  sorte  que  chaque  notaire 
ayant  un  territoire  suffisant  autour  de  lui  comme  deux  lieues  ou 
environ,  se  trouverait  avoir  assez  d'occupations  de  son  état,  et  ne 
serait  autre  chose  ;  au  lieu  qu'ayant  chacun  un  district  bien  plus 
réservé,  les  uns  sont  marchands,  d'autres  fermiers,  et  d'autres  (ce 


(1)  Nous  n'avons  pu  avoir  sous  les  yeux  le  panonceau  de  la  com- 
munauté des  notaires  de  Guéret,  panonceau  qui  devait  porter  Timage 
ou  la  représentation  de  Saint- Jean-l'Evangiliste  :  mais  le  musée  de  Gué- 
ret possède  celui  delà  communauté  des  notaires  de  Limoges,  a  C'est 
un  émail  peint  de  Baptiste  II  Nouailher,  plaque  ovale  en  couleurs  sur 
émail  blanc,  hauteur  0.153,  longueur  0,135.  —  Le  saint  à  nimbe 
d'or,  les  bras  croisés  sur  la  poitrine,  est  plongé  nu  dans  la  cuve 
d'huile  bouillante  soutenue  par  un  trépied  de  forme  antique  et  sur- 
montant un  ardent  biasier.  —  Deux  hommes  attisent  le  foyer.  —  A 
gauche,  l'empereur  Domitien,  suivi  de  deux  soldats  et  portant  le 
bâton  du  commandement  ordonne  le  supplice.  Il  est  vêtu  d'une  robe 
rouge  et  d'un  manteau  bleu  fourré  d'Iiermine.  Au  ciel,  au  dessus  de 
la  tète  de  Saint-Je;m,des  nuages  et  une  sorte  de  gloire.—  Contre  émail 
brun  violacé  avec  l'inscription  en  or  : 

«  Rilnnceaii  de  la  co-rmunautè  des  notaires  de  Limoges  donné  par  M.  Four- 
nier,  Doyen.» 

[Sùte  communiquée  par  M.  Maurice  Pineau,  conservateur  du  Musée 
de  Guéret). 


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-  Î70  - 

qni  n*e8t  que  trop  souvent)  sont  cabaretiers^  et  passent  les  actes  en 
beuvantavec  les  parties  qui  ne  conservent  pas  alors  toute  leur  rai- 
son. Si  le  nombre  en  était  ainsi  réduit,  et  que  ceux  qui  subsiste- 
raient pussent  vivre  des  profits,  que  procurerait  leur  état,  on  ne 
verrait  se  présenter,  pour  être  pourvus  dofflces,  que  des  gens  capa- 
bles et  lettrés,  qui  joindraient  i  une  bonne  éducation,  Tétude  des 
devoirs  et  de  la  science  nécessaire  à  leur  état,  qui  sçauraient  quelque 
chose  des  lois  du  Royaume,  et  la  disposition  du  droit  coutumier 
du  pays  où  il  travailleraient.  Alors,  poussés  autant  parles  senti- 
ments d'honneur,  que  par  Tespoir  du  gain,  ils  seraient  exacts  à 
observer  les  ordonnances  et  à  conserver  leurs  actes  et  minutes.  Il 
serait  même  très  utiles  au  public  qu'il  ne  Tût  admis  et  reçu  à  Tofflce 
de  notaire  aucun  sujet  qui  n'eusse  été  auparavant  examiné  et  trouvé 
capable  par  des  notaires  anciens  commis  pour  faire  cet  examen  ;  et 
que  les  provisions  ne  fussent  à  l'avenir  accordées  qu'à  des  gens 
lettrés...  » 

Ils  ajoutaient  que  c  dans  le  baillage  et  sénéchaussée  de  Guéret,  qui 
est  le  seul  qu'il  y  ail  dans  la  Province  de  la  Marche,  il  y  a  moitié 
plus  qu'il  ne  faut  de  notaires  établis;  ils  sont  jusqu'à  une  petite 
lieue  des  portes  de  la  ville  de  Guéret,  dans  laquelle  même  ils  s'avi- 
sent de  venir  passer  des  actes,  quoi  qu'il  y  ail  huit  notaires  actuel- 
lement instrumentaires,  auxquels  il  faudrait  un  arrondissement  de 
trois  lieues  au  moins  »{{). 

Les  notaires  de  Guéret  cumulaient  quelquefois  leurs  fonctions 
avec  celles  de  procureur,  de  greffier  ni  même  avec  la  profession 
de  chirurgien.  Nous  avons  fait  allusion  précédemment,  en  parlant 
des  procureurs,  aux  inconvénients  que  pouvait  occasionner  un 
pareil  cumul.  En  1754,  Guillaume  Dareau,  notaire  et  greffier  en  chef 
de  la  sénéchaussée  criminelle,était  en  même  temps  chirurgien  :  il  est 
difflcile  d'admettre  qnjl  lui  ait  été  possible  de  se  livrer  simultané- 
ment à  l'exercice  de  professions  aussi  dissemblables. 


(j)  Observalions  de  la  communauté  des  notaires  royaux  de  la  ville 
de  Guéret  à  l'occasion  du  dessein  formé  par  le  Conseil  d'assurer 
Texislence  des  minutes  des  notaires  du  royauipe  et  de  supprimer  ou 
créer  des  offlces  où  le  bien  public  le  requerra  »,  —  {Imprimé  à  Limih 
ges^  chez  Chapoulaudy  novemln*e  i756). 


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-  271  - 

Aq  xvin^  siècle,  et  môme  antérieurement,  il  existait  des  agents 
chargés  d'inspecter  et  de  vérifier  les  actes  des  notaires,  et  en  raison 
de  leurs  fondions,  ils  portaient  le  nom  de  contrôleurs  des  actes. 
Certains  Parlements  avaient  rendu  des  arrêts  aux  termes  desquels 
l'exercice  de  ce  contrôle  était  incompatible  avec  la  profession  de 
notaire  ;  mais  il  ne  semble  pas  que  ces  arrêts  aient  reçu  leur  appli- 
cation à  Guéret.  Dans  cette  ville>  en  effet,  les  deux  seuls  contrôleurs 
des  actes,  dont  nous  avons  trouvé  la  mention,  Toussaint  Socquard 
en  1701  et  Etienne  Polier  en  1716,  étaient  tous  les  deux  notaires. 

Les  Greffiers  avaient  pour  fonctions,  comme  aujourd'hui,  d'écrire 
les  arrêts,  sentences,  jugements  et  autres  actes  prononcés  ou  dictés 
par  les  juges,  de  garder  les  minutes  de  ces  aptes  susceptibles  d'être 
conservés,  et  d'en  délivrer  des  expéditions  à  qui  il  appartenait. 

A  Guéret,  les  greffiers  étaient  relativenlent  très  nombreux  (1). 
Il  n'en  existait  pas  seulement  un,  mais  presque  toujours  plusieurs, 
dans  chaque  juridiction.  Au  Présidial,  notamment,  outre  le  greffier 
en  chef,  il  y  avait  : 

Un  greffier  civil  ; 

Un  greffier  criminel  ; 

Un  greffier  d'appeaux  ; 

Un  greffier  garde  des  sacs  ; 

Un  greffier  garde  des  minutes  ; 

Un  greffier  d'écritoire  pour  les  rapports  d'experts  ; 

Un  greffier  pour  les  présentations; 

Un  greffier  pour  les  affirmations  de  voyages,  et  d'autres  encore, 
sans  parler  de  leurs  multiples  commis. 

La  sénéchaussée  comptait  presque  autant  de  ces  officiers  que  le 
Présidial.  Dans  les  autres  juridictions,   le  nombre  en  était  plus 


(1)  Pour  occuper  un  office  de  greffier,  il  faUait  justifier  comme  pour 
les  autres  offices,  de  conditions  d'âge,  de  bonnes  vie  et  mœurs  et  de 
catholicilé. —  Les  greffiers  du  présidial  et  de  la  sénéchaussée  faisaient 
corps  avec  la  Cour  ;  ils  avwient  séance  et  rang  après  les  gens  du  Roy. 
Quand  les  juges  marchaient  en  cérémonie,  les  gretfiers  devaient  êtr(j 
revêtus  «  de  soutane3^  robes  et  bonnets,  d 


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-171- 

rèdnlt  ;  mais  dans  cbàcone,  il  y  arait  an  moins  an  gfefQer  en  chef» 
an  greffier  ordinaire  et  plusieurs  commis. 

Sans  faire  ici  l'èiiumèralion  de  tous  les  greffiers  dont  nous  avons 
pu  relever  les  noms,  nous  nous  bornons  à  indiquer  quelques  uns 
d'entre  eux  : 

En  1787,  Dissandes,  notaire  royal,  était  greffier  en  chef  du  Prési- 
dial  et  de  la  maréchaussée,  —  Dareau,  greffier  en  chef  de  la  séné- 
chaussée criminelle,  —  de  Saint- Voury,  greffier  civil,  —  Goguier  de 
TEtang,  greffier  en  chef  des  eaux  et  forêts  ;  —  Bergier,  greffier  de 
THôlel  de  Ville...  En  1788,  Bonnyaud  était  greffier  en  chef  de  la 
sénéchaussée,— Rocques,  greffier  du  Présidial,—  Halauron,  greffier 
de  la  subdélégation,  —  Guyonis  d'Hautefaye,  greffier  en  chef  des 
Eaux  et  Forêts... 

Plusieurs  de  ces  greffiers  remplissaient  en  même  temps  Fofflce  de 
notaires  ou  de  procureurs. 


HUSSIERS  ET  SERGENTS 


Les  Huissiers  étaient  des  officiers  dont  les  fonctions  consistaient, 
comme  aujourd'hui  du  reste,  à  faire  les  significalions  nécessaires  à 
rinstruction  des  procédures  et  l'exéculion  des  jugements. 

A  Guéret,  comme  partout  ailleurs,  chaque  juridiction  avait  ses 
huissiers  propres,  qui,  à  part  quelques  exceptions,  car  le  cumul 
existait  pour  ces  offices  comme  pour  les  autres,  ne  relevaient 
habituellement  que  d'elle.  C'est  ainsi  que  la  Châtellenie,  la  Séné- 
chaussée, le  Prèsidial,  TEleciion,  la  Maîtrise  des  Eaux  et  Forêts, 
etc.,  avaient  chacune  leurs  huissiers  spéciaux.  En  dehors  de  ces 
derniers,  il  existait  encore  des  huissiers  de  police  et  des  huissiers 
de  1  Hôtel  de  Ville. 


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-  273  - 

Les  offices  d'huissiers,  comme  tous  les  autres  offices,  étaient 
vénaux  et  hérédidaires.  Pour  les  obtenir,  il  suffisait  de  justifier  des 
conditions  précédemment  énumérées,  d'âge,  de  bonne  vie  et  mœurs 
et  de  catholicité  (1). 

Au  Présidial  et  à  la  Sénéchaussée,  il  y  avait  un  premier  huissier 
ou  huissier  en  chef,  qui  jouissait  de  prérogatives  spéciales.  Il  exis- 
tait ensuite  dans  ces  deux  juridictions  des  huissiers  audienciers  de 
deux  ordres  différents,  affectés  exclusivement,  les  uns,  au  siège 
civil,  les  autres,  au  siège  criminel  (2). 

Les  huissiers  devaient  être  vêtus  décemment  «  de  la  robe  et  du 
bonnet  »  et  porter  c  la  verge  ou  baguette,  tant  à  Taudience 
qu'en  l'enclos  du  Palais,  et  aussi  toutes  les  fois  que  les  juges 
marchaient  en  corps  aux  processions  et  autres  cérémonies  publi- 
ques ».  —  il  n'était  pas  nécessaire  toutefois  que  les  juges  marchas- 
sent en  corps  pour  que  les  huissiers  eussent  l'obligation  de  les 
accompagner  et  de  les  escorter  lorsqu'ils  assistaient  à  une  céré- 
monie religieuse.  C'est  là  ce  qui  semble  résulter  d'un  document 
que  nous  avons  sous  les  yeux  et  qu'il  nous  parait  intéressant  de 
reproduire.  Il  s'agit  d'un  procès-verbal  dressé  par  Dissandes  de 
Bosgenest,  conseiller  en  la  sénéchaussée  et  siège  Présidial,  qui  se 
plaint  de  n'avoir  pas  vu  tous  les  huissiers  de  Guéret  se  rendre  «  en 
robe  (le  Palais  »,  pour  «  l'empêcher  d'être  écrasé  par  la  foule  », 
à  la  procession  de  la  Fête-Dieu,  procession  à  laquelle  il  assistait 
lui-même  «  en  robe  de  cérémonie  ». 

«  Aujourd'hui,  vingl-el-un  juin,  mil-sept-cent-quatre-vingt-un, 
nous,  Philippe-Jean  Dissandes  de  Dosgenebt,  conseiller  du  Roy  en 


(1)  Les  huissiers  ne  pouvaient  être  ni  geôliers  ou  guichetiers,  ni 
archers  de  la  mu  réchaussée,  ni  hôteliers,  ni  fermiers  des  amendes, 
ni  (c  solliciteur  de  procès  )>,  ni  notaires  :  mais  sur  plusieurs  de  ces 
divers  ponjts,  les  règlements  étaient  loin  d'être  obse'^vés.  Il  était 
permis  aux  huissiers  de  porter  des  pistolets  ou  autres  armes,  lors- 
qu'ils allaient  à  la  campagne  et  pour  sûreté  de  leurs  personnes  »,dans 
Texercice  de  leurs  fonctions. 

(2)  Les  huissiers  audienciers  étaient  tenus  a  d'être  assidus  aux 
audiences  pour  y  recevoir  les  ordres  des  jujçes,  y  faire  observer  le 
silence,  ouvrir  el  fermer  les  portes  de  l'auditoire,  et  faire  les  signifi- 
cations de  procureur  à  procureur.  »  (Denisarl). 

18 


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-  274  - 

la  sénéchaussée  et  siège  présidial  de  Guéret,  nous  étant  rendu  en 
habit  de  cérémonie  e:i  TEglise  paroissiale  de  cette  ville,  à  IVffet 
d'assister,  ainsi  qu'il  est  d'usage,  à  la  procession  solennelle  du 
Saint-Sacrement,  nous  n'avons  trouvé  que  Bellon,  second  huissier 
audiencier  ès-dils-sièges,  Horaraedieu,  premier  huissier  en  PEIec- 
tion  de  cette  Province,  et  Petit,  premier  huissier  aui  dépôts  de 
sels  de  la  ville  d'Aubusson  ;  —  Devilestivaud,  premier  huissier 
au  dit  siège  présidial  et  sénéchaussée  et  autres  huissiers  résidant 
en  cette  ville  étant  tous  absents,  quoiqu'il  soit  d'un  usage  constant 
et  immémorial  qu'ils  assistent  en  robe  de  Palais  à  la  dite  proces- 
sion, à  Teffet  n'empêcher  la  compagnie  d'être  écrasé  par  la  foule. 
Et  d'autant  que  leur  absence  est  une  négligeance  de  leur  part  et 
une  omission  formelle  de  leur  devoir,  de  retour  en  notre  hôtel, 
nous  avons  mandé  le  dit  Bellon,  le  greffier  ës-dits  sièges,  pour  en 
dresser  procès- verbal,  lequel  sera  communiqué  aux  gens  du  Roy, 
pour  eux  être  requis  ce  qu'ils  aviseront  et  ensuite  être  rapporté 
à  la  Chambre,  être  par  elle  ordonné  ce  qu'il  appartiendra,  et  nous 
ayons  soussigné  avec  notre  greffier  et  le  dit  Bellon  ». 

Le  2  juillet  suivant,  sur  le  vue  de  ce  procès- verbal,  le  Procureur 
du  Roy,  Couturier  de  Fournoue,  a  requiert  pour  le  Roy  qu'avant 
faire  droit  les  huissiers,  qui  n'ont  pas  assisté  à  la  procession,  seront 
tenu  de  comparoir  à  la  Chambre  du  Conseil,  avant  la  première 
audience  qui  se  tiendra,  à  l'effet  de  dire  leurs  raisons  et  les  motifs, 
qui  les  ont  empêchés  d'assister  à  la  dite  procession  :  pour  ce  fait 
et  mon  communiqué  être  requis  ce  qu'il  appartiendra  ». 

Le  lendemain,  le  lieutenant  général,  Condertde  Sardent,  confirma 
celte  dernière  décision  :  «  Soit  fait,  écrit-il,  comme  il  est  requis 
par  le  Procureur  du  Roy  ». 

Nous  ignorons  quelles  furent  pour  les  huissiers  les  conséquences 
de  leur  abstention  d'assister  à  la  procession  de  la  Fête-Dieu. 

Nous  n'avons  relevé  aucune  particularité  intéressante  se  ratta- 
chant à  la  communauté  des  huissiers  de  Guéret.  Nous  ne  nous 
arrêterons  donc  pas  davantage  sur  ce  sujet,  sinon  pour  dire  un  mot 
des  sergents. 


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—  275  — 

Ces  derniers  n^ètaient  en  réalité  que  des  huissiers,  mais  dont  les 
attributions  étaient  limitées  et  moins  étendues  que  celles  des  huis- 
siers audienciers.  Les  sergents  ne  pouvaient,  en  effet,  signifier 
que  des  actes  extrajudiciaires,  comme  exploits  d'ajournement, 
commandements,  sommations,  saisies  exécutoires^  exercer  des 
contraintes,  etc.,  tandis  que  les  huissiers  audienciers^  outre  leurs 
fonctions  propres,  jouissaient  en  outre  de  toutes  les  attributions 
des  sergents. 

Au  XYIP  siècle,  il  existait  à  Guéret,  en  dehors  des  huissiers 
audienciers^  un  grand  nombre  de  sergents.  Au  cours  du  siècle 
suivant,  cette  dernière  qualification  semble  avoir  totalement  dis- 
paru^ et  nous  ne  trouvons  guère  que  la  mention  de  celle  d'huis- 
sier. Voici  les  noms  de  quelques-uns  de  ces  officiers  ministériels, 
relevés  depuis  le  milieu  du  xvii*  siècle  : 

16i7.  —  Antoine  Branche; 

1652.  —  Jacques  Branche  ; 

1654.  —  Pierre  de  la  Foresl  ; 

1680.  —  Pierre  Bellon  ;  Jean  Heillet  ; 

1693.  —  Pierre  de  la  Croix  ; 

1694.  —  Pierre  Boutaud  ; 

1695.  —  Jacques  Bichon  ; 

1696.  —  Charles  Vergne  ; 

1697.  —  Pierre  Lacouque  ;  François  Coudroy  ; 

1698.  ^  Pierre  Cartier;  Jean  Bulejon;  Antoine  Bochon;  Jean 

Niort  ; 

1700.  —  Charles  Rousseau  ;  Jean  Barret,  dit  le  Comte  ; 

1701.  ^  Martial  Fressinet; 

1702.  —  Borie; 

1707.  —  Jean  Vignay; 

1708.  —  Jacques  Vincent  ;  Jean  Jacquet  ; 

170*}.  —  Penot,  le  jeune;  Anioiue  Petit;  Jacques  Dupeyrat; 
Jean  Thomas  de  la  Salesse  ;  Jean  Biguay  ;  Léonard 
Peypou  ;  Jean  Ménissier  ; 


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V 

^..: 


-  Î76  - 

I7i6.  *-  Antoine  Lucas  ; 
^  1719.  —  Gilbeit  Sauceron  ; 

;^  1722.  —  Joseph  de  Vîllesliveaud  ; 

t  1723.  —  Antoine  Bussière  ;  Antoine  Bellon  ; 

^  1729.  —  François  Cillel; 

:'  1740.  —  Eslienne  de  Vîllesliveaud  ; 

1764.  —  Jean-Baptiste  Bellon  ; 

1771.  —  Guillaume  Guillot; 

1776.  —  Léonard  Constantin  Fargesl;  Léonard  Perdrix; 

1778.  —  Guiilaume-Barlhélemy  Gerbaud  ;  Jean  Bellon  ; 

i78l.  — ■  Hommedieu;  Petit; 

1782.  —  Martial  Bichon  ;  François  Aubard; 

1783.  —  François  Balardon  ;  François  Auffaure 

1784.  —  Pierre  Brunet;  Harmand. 


COMMUNAUTES 

DES 

MÉDECINS     ET    DES    CHIRURGIENS 

APOTHICAIRES    ET  SAGES-FEMMES 


Parler  des  médecins  qui  oiercèrent  leur  profession  à.  Guéret, 
au  cours  du  xviii*  siècle,  n'est  pas  chose  facile.  Un  pareil  sujel, 
traité  avec  les  détails  qu'il  comporte,  ferait  cependant  Tobjei  d'un 
chapitre  fort  curieux  et  des  plus  inléressanis,  car  la  connaissance 
des  diverses  pariicularilés  qui  se  rattachaient,  à  cette  é()oque,  à 
l'exercice  de  la  profession  médicale,  ne  manquerait  pas  assurément 
de  nous  initier  aux  habitude^  et  aux  mœurs  des  habitants  de  la  Cité 
et  de  nous  faire  pénétrer  pour  ainsi  dire  dans  leur  vie  intime. 


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-277  - 

Halheureusemenl,  la  difficulté  est  presque  insurmontable  ;  elle 
résulte  surtout  de  la  pénurie  des  renseignements  locaux  recueillis. 
Sur  ce  point,  en  dehors  des  faits  précédemment  consignés  et  qui 
ne  concernent  que  le  service  médical  de  THôlel-Dieu,  nous  devons 
avouer  que  nos  recherches  ont  été  presque  absolument  infruc- 
tueuses. 

Ce  que  nous  pouvons  dire  tout  d^abord,  c'est  que,  sans  parler 
des  chirurgiens  dont  nous  nous  occuperons  bientôt,  le  nombre  des 
médecins  proprement  dits  parait  avoir  été  toujours  relalivement 
restreint  dans  cette  ville,  car  il  nv  semble  pas  qu'à  aucun  moment 
on  ait  pu  en  compter  plus  de  deux  exerçant  simultanément.  Il  est 
vrai  d^ajouter  que  un  ou  deux  médecins,  auxquels  s'adjoignaient  un 
nombre  au  moins  égal  de  chirurgiens,  pouvaient  amplement  suffire 
et  au-delà  pour  répondre  aux  besoins  de  la  population  de  la  Cité  et 
des  paroisses  environnantes. 

Voici  la  liste  des  médecins  dont  nous  avons  pu  relever  les  noms  : 
la  date  fait  connaître  le  moment  où  nous  avons  trouvé  la  première 
mention  de  chacun  de  ces  noms,  sans  toutefois  préjuger  Tépoque 
de  l'installation  à  Guéret  de  ces  divers  médecins. 

1600.  —  Jean-Pierre  Rougier; 

1655.  —  Antoine  Rodier  ;  Antoine  Blandin  ; 

1680.  —  Joseph  Lejeune  de  Fressanges  ; 

1699.  —  René  Bouessard  du  Chesnat; 

1700.  —  Pierre  Tournyol  ; 
1705.  —  Pierre  Blandin  ; 
1709.  —  De  Cathemisse; 
1733.  —  Jean-Baptiste  Blandin; 
1742.  —  Joseph  Pichon  de  Bury  ; 
1763.  —  François-Pierre  Blandin  ; 
f  780.  —  Jean^Baptiste  Pillias. 

La  plupart  de  ces  médecins  étaient  originaires  de  fa  province* 
Quelques-uns  cependant  appatienaieni  à  des  provinces  assez  élol- 


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—  278  - 

gnëôs  et  avaienl  été  conduits  dans  la  Cité  à  la  suite  de  circonstances 
que,  faute  de  documents,  il  n'est  pas  aisé  de  faire  connaître.  G*est 
ainsi  qu'en  1699  vint  s'établir  à  Guéret  Gabriel  Bouessard  du 
Cbesnal,  «  natif  d'Angers  ». 

Le  dix-neuf  décembre  de  cette  même  année,  Bouessard  du 
Chesnat,  pour  se  conformer  aux  édils  et  ordonnances,  compa- 
raissait devant  Louis-Antoine  de  Madot,  lieutenanl-général  de  la 
sénécbausiiée  et  sollicitait  de  lui  son  inscription  sur  les  registres 
du  grefie,  en  vue  d'être  autorisé  à  exercer  la  médecine  dans  la 
capitale  de  la  Haute-Marche.  A  Tappui  de  sa  demande,  il  représen- 
tait «  ses  lettres  de  mai(re-és-aits  en  l'Université  de  Bourges, 
signées  :  Jacobus,  et  scellées...,  ses  lettres  de  bachelier  en  la 
Faculté  do  médecine,  obtenues  eu  la  même  Université,  signées  : 
Alabat,  Couturier,  Le  Blay,  Guiard  et  Barat,  et  scellées...,  et  ses 
lettres  de  licencié  et  Docteur  en  la  Faculté  de  médecine,  à  lui 
accordées  par  la  même  Université,  signées  :  Alabat,  de  Camus, 
Couturier,  Colladon,  (juiard...,  avec  deux  sceaux  ».  L'autorisation 
solicitée  lui  fui  accordée. 

Les  demandes  d*autorisation  de  cette  nature  étaient  nécessaires; 
elles  avaient  pour  but  de  prévenir  les  usurpations  de  litres  et 
'd'empêcher  l'exercice  illégal  de  la  médecine.  Elles  étaient  imposées 
depuis  longtemps  par  divers  édits(i),  qui  furent  toujours  confirmés 
ultérieurement  par  plusieurs  ordonnances  royales,  notamment  par 
celle  de  1707,  qui,  visant  toutes  les  décisions  antérieures^  fixa  en 
quelque  sorte  définitivement  l'exercice  de  la  médecine  par  un 
article  ainsi  conçu  :  «  Nul  ne  pourra,  sous  quelque  prétexte  que 
ce  soil,  exercer  la  médecine,  ni  donner  aucun  remède»  même 
gratuitement,  dans  les  villes  et  bourgs...,  s'il  n'a  obtenu  le  degré 
de  licencié  dans  quelqu'une  de6  Facultés  de  médecine. ..,  à  peine  de 


(1)  Deux  édits  de  Jean  le  Bon  de  1352  ei  1353  font  défenses  d'exercer 
la  médecine  à  toute  personne  qui  n'avait  pas  pris  a  ses  licences  j»  à 
l'Université.  Ultérieurement,  d'autres  rois  prescrivirent  les  mômes 
défenses  et  notamment  rordonnunce  de  Blois  (1579),  qui  dit,  en  son 
art.  87  :  Nul  ne  pourra  pratiquer  la  médecine  qu'il  ne  soit  docteur  en 
ladite  Faculté...  »  Parurent  aussi  dans  le  même  sens  des  édits  de 
iiOuis  XII|  de  Henri  IV  et  de  Louis  XIU.  .     - 


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—  279  - 

deux  cenls  livres  d'amen  Je  x>.  C'est  ainsi  qu'en  i742,  toujours  en 
conforroilé  de  ces  mêmes  ordonnances,  Joseph  Piclion  de  Bury, 
Docteur  en  médecine  de  la  Faculté  de  Montpellier,  en  venant  s*éta- 
blir  à  Guéret^  après  avoir  exercé  un  certain  temps  sa  profession 
dans  le  Limousin,  dut  adresser  une  requête,  en  vue  d'obtenir  son 
inscription  sur  les  registres  du  greffe  de  la  sénéchaussée  et  d'être 
ainsi  autorisé  à  pratiquer  la  médecine  à  Guéret.  Le  11  mai  de  cette 
même  année,  il  se  présentait  donc  à  cet  effet  devant  Guillaume 
Bonnyaud,  doyen  des  conseillers  de  la  juridiction  et  demandait 
l'enregistrement  de  «  ses  lettres  »  de  Docteur. 

Pichon  de  Bury  avait  étudié  la  médecine  à  Montpellier.  La  plupart 
des  médecins^  dont  nous  avons  précédemment  fait  Ténumération, 
—  sinon  tous  —  sortaient  également  de  la  même  Ecole,  à  l'excep- 
tion de  Bouessard  du  Chesnal,  qui  avait  suivi  les  cours  de  TUni- 
versitè  de  Bouiges,  devant  laquelle  il  avait  acquis  tous  ses  grades. 
Il  semble  donc  qu'à  cette  époque,  les  jeunes  gens  de  Guéret  et  de  la 
Haute-Marche,  qui  se  destinaient  à  la  carrière  médicale,  aient  eu, 
soit  par  tradition,  soit  pour  tout  autre  cause  que  nous  ignorons, 
une  propension  marquée  à  se  diriger  vers  la  Faculté  de  Montpellier, 
d*où  ils  revenaient  imprégnés  des  doctrines  humoristes,  qui  y 
étaient  enseignées,  ainsi  du  reste  qu*à  la  Faculté  de  Paris  et  dans 
toutes  les  autres  écoles  (1). 


(1)  Nul  ne  pouvait  devenir  médecin,  s'il  ne  prouvait  d'abord  qu'il 
avail  été  regu  maitre-ès-arta  dans  une  Université,  ce  qui  signiQait 
qu'il  avail  terminé  avec  succès  ses  humanités.  La  durée  et  la  marche 
des  études  étaient  différentes  suivant  les  Facultés.  A  Pans,  la  durée 
des  études  était  de  sept  années.  Au  bout  des  quatre  premières  années, 
l'étudiant  pouvait  postuler  le  grade  de  bachelier,  à  condition  d'avoir 
vingt-cinq  ans  révolus  et  d'avoir  régulièrement  suivi  les  cours  de 
l'Ecole.  Le  temps  du  baccalauréat  durait  deux  ans  et  conduisait  à  la 
licence,  qui  permettait  d'exercer  sans  nulle  entrave  la  profession 
médicale.  Mais  pour  faire  réelement  partie  de  la  Faculté,  il  fallait 
être  Docteur,  titre  qui  ne  pouvait  être  obtenu  qu^en  présence  de  tou*) 
les  maîtres  assemblés  et  après  avoir  traité  une  question  proposée  par 
un  professeur  «  du  banc  des  anciens  ».  —  A  Montpellier,  les  choses 
se  passaient  un  peu  différemment.  Le  baccalauréat  pouvait  être 
obtenu  au  bout  de  six  années  d'études.  Trois  mois  après  avoir  acquis 
ce  diplOme,  mais  à  condition  d'avoir  suivi  des  cours  spéciaux,  le 
bachelier  était  admis  à  subir  les  quatre  examens,  qui  conduiraient  il 
1^  licence*  Ces  examens  une  fois  passèi  avec  sucoéi,  il  pouvait,  huit 
jours  après,  aller  demander  su  iicenoe  à  révoque  de  Montpellier»  Lf 


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-  280- 

L*influcnce  des  «  hameurs  »  dominait  alors  tonte  la  physiologie 
pathologique.  C'était  le  règne  de  la  lymphe,  du  chyle,  de  la  bile, 
de  la  sucnr,  elc,  et  par  leur  mélange  en  diverses  proportions  avec 
le  sang,  on  expliquait  Torigine  de  toutes  les  maladies.  La  (hérapeo- 
lique  qui  découlait  de  cette  doctrine,  Molière,  après  Tavoir  finement 
raillée.  Ta  résumée  en  trois  mois  :  taignare,  pwgare,  clytleritm 
donare,..  Si  notre  immortel  censeur  eût  vécu  au  cours  du  xviiP  siè- 
cle, il  aurait  pu  aussi  bien  qu'au  siècle  pVècédent,  continuer  i 
exercer  sn  verve  caustique  à  Tègard  des  médecins  en  général  et  de 
ceux  de  Guéret  en  particulier. 

Nous  avons  sous  les  yeux  une  note  rédigée  en  1729  par  un  méde- 
cin de  Guéret  et  relative  à  une  grave  maladie  de  poitrine,  dont  était 
atteinte  depuis  longtemps  une  dame,  femme  d*un  des  principaux 
magistrats  de  la  Cité.  Celle  note  fut  transmise  à  Paris,  à  Cluscard, 
médecin  ordinaire  du  Roy,  en  vue  de  l'éclairer  sur  la  siluation  de 
la  malade,  au  sujet  de  laquelle  on  sollicitait  de  lui  une  consultation. 
Nous  en  reproduisons  les  principaux  passages,  qui  suffiront  pour 
donner  une  idée  des  doctrines  régnantes  et  des  moyens  thérapeuti- 
ques usités. 

«  ...  La  maladie  a  commencée  par  un  rhume  léger  dès  l'hiver 
dernier,  mais  qui  a  exercé  sa  tyrannie  dès  les  fêtes  dernières  de 
Pâques.  La  toulx  est  violente,  les  crachats  blancs  et  épais,  sans 
apparence  de  purulence  mesièe,  et  qu'elle  trouve  fort  salés  lors  de 
rexpecloration.  Son  teint  est  fort  flétri  et  son  embompoint  ordinaire 
a  dégénéré  en  maigreur....;  elle  a  quelques  sueuis  sur  la  pointe  du 
jour  et  est  dans  une  insomnie  habituelle...  Depuis  Taugmentalion  de 
sa  maladie,  on  lui  a  fait  trois  petites  saignées  et  on  Ta  seulement 
purgée  une  fois  très  légèrement,  usant  d'une  potion  bèchique  et  du 


nouveau  licencié  devait  ensuite  subir  d'autres  examens  pour  obtenir 
le  lili^  de  docteur,  titre  dont  l'obtention  ne  constituait  plus  alors 
qn'une  simple  formalité,  et  qu'on  appelait  «  l'acte  de  triomphe  D.Dans 
une  assemblée  de  la  Faculté,  un  professeur  prononçait  d'at>ord  un 
discours  et  le  nouveau  docteur  recevait  ensuite  a  le  bonnet,  une  bague 
et  une  ceinture  d*or  »,  On  lui  présentait  alors  le  livre  d'Hippocrate, 
sur  lequel  il  prêtait  serment.  Cette  prestation  faite,  le  môme  profes- 
seur le  faisait  asseoir  sur  une  chaise  à  cOtô  de  lui  :  il  rembrassait,  le 
bénissait  et  lui  donnait  ainsi  le  «  dignm  9»  mtrave  in  docto  oorport», 


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—  281  — 

suc  de  réglisse,  dans  TespéraDce  que  la  douce  chaleur  d'un  prin- 
temps avancé  augmenterait  la  transpiration,  équivalerait  à  Fusjige 
des  remèdes,  qui  conviennent  à  sa  maladie.  Son  attente  a  été  frustrée 
et  nous  prévoyons  que  la  matière  de  la  transpiration  retenue  dans  la 
masse  de  son  sang...  a  exalté  les  sels  qui  entrent  dans  sa  constitu- 
tion, a  dissout  et  le  sang  et  la  lymphe  et  leur  a  communiqué  sa 
matière  saline,  d'où  nous  déduisons  brièvement  les  symptômes  ci- 
dessus,  mais  sans  entrer  dans  une  plus  ample  dissertation...  ».  — 
En  attendant  la  consultation  sollicitée,  le  praticien  deGuéretajoute: 
((  nous  attendons  votre  délibération  sur  le  fond  et  jusqu'à  ce  nous 
purgerons  légèrement  Madame  à  trois  reprises  différentes,  à  divers 
jours.  On  fera  précéder  un  clystère  émollient  et  purgatif  à  chaque 
potion  purgative  et  on  lui  donnera  chaque  soir  du  jour,  auquel  on 
Paura  purgée,  une  potion  anodine  et  narcotique  par  le  sirop  diacade; 
elle  continuera  la  tisane  béchique  et  pectorale,  observant  une  diète 
convenable...  »  (1). 


(1).  •—  La  consultation  de  Gluscard  ne  fit  que  confirmer  la  manière 
devoir  du  médecin  de  Guéret,  tant  au  poinl  de  vue  des  appréciations 
et  du  diagnostic  que  du  traitement  :  a  II  n*y  a  pas  de  doute  que  cette 
maladie  ne  soit  causée  par  Tacreté  de  la  masse  du  sang  et  de  celle  de 
la  lymphe,  qui  se  sépare  dans  les  glandes  du  poumon,  qui  par  son 
épaississement  s'y  ramasse,  et  par  son  séjour  et  par  une  irritation 
entretient  le  rhume  violent  dont  madame  est  affiigée.  Le  mauvais  état 
du  sang  et  de  la  lymphe  vient  du  chyle  aigri,  qui  se  meslant  avec 
le  sang  i'épaissit  et  lui  communique  son  aigreur,  aussi  bien  qu'à  la 
lymphe,  ce  qui  doit  être  suivi  de  crachats  blancs,  épais  et  salés.... 
Pour  la  guérir,  il  faut  s'attacher  uniquement  à  évaquer  les  mauvais 
levains  des  premières  voyes,  à  rendre  le  sang  et  la  lymphe  plus  fluides 
et  les  adoucir.  Pour  cet  effei,  je  suis  d'avis  qu'on  commence  par  luy 
tirer  trois  palettes  de  sang  d'un  des  bras,  observant  de  luy  donner 
la  veille  de  la  saignée  et  le  lendemain  un  lavement  composé  d'une 
cbopiiie  de  décoction  émolliente  et  rafraîchissante  dans  laquelle  on 
fera  bouUir  un  quarteron  de  miel  commun  et  on  y  fera  fondre  un 
gros  de  ciistal  minéral.  Deux  jours  après,  on  la  purgera  avec  une  once 
de  casse  mondée,  délayée  dans  un  demi  setier  d'eau  et  deux  onces 
de  manne,  avec  un  gros  de  sel  végétal,  le  tout  bouilli  jusqu'à  ce  que 
la  manne  soit  fondue,  et  passer  par  un  linge  pour  prendre  à  jeun  et 
un  bouillon  trois  heures  après...  Elle  se  tiendra  le  ventre  libre 
par  des  lavements  ;  elle  se  garantira  du  chagrin  et  de  la  mélancolie 
autant  qu'il  lui  sera  possible...  On  aura  soin  de  purger  Madame  au 
milieu  et  à  la  fin  du  bouillon  au  mou  de  veau^  et  on  lui  fera  prendre 
le  soir  un  demi-gros  de  thôriaque  et  le  bouillon  immédiatement  par 
dessus.  A  PariSy  le  10  juin  1729  d.  Signé  :  a  Ciuscard  ». 


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Les  trois  moyens  coratifs,  auxquels  nous  avons  fait  allusion,  les 
purgatifs,  les  ciystëres  et  la  saignée  étaient  donc  en  grand  honneur, 
même,  ainsi  que  nous  venons  de  le  voir  par  le  fait  relaté  précédem- 
ment, dans  les  maladies  qui,  comme  la  phthysie  pulmonaire,  sem- 
blent d'une  manière  générale  les  contre-indiquer.  Dans  la  plupart  des 
autres  aQections,  graves  ou  légères,  il  n*y  avait  pas  de  chômage 
pour  le  client  et  sous  peine  de  lèse-médecine  il  devait  absorber 
force  purgalions,  sans  trouver  d'autre  délassement  que  celui  que 
pouvait  lui  procurer  fadministration  de  lavements  répétés.  Quant 
à  la  saignée,  nul  ne  trouvait  giâce  devant  elle  :  on  saignait  en  effet 
tout  le  monde,  souvent  sans  motifs,  les  vieillards  aussi  bien  que  les 
enfants.  Les  personnes  dont  la  santé  ne  laissait  rien  à  désirer 
demandaient  elles-mêmes  à  être  plilèbotoniisées  au  moins  deux  fois 
par  an,  au  printemps  et  à  Tautomne.  C'était  là  une  tradition  et  nul 
ne  voulait  se  soustraire  à  son  observation.  La  saignée  du  mois  de 
mai  passait  pour  la  plus  efflcace  et  rhomtne  le  plus  robuste  et  le 
plus  vigoureux  considérait  cette  petite  opération  comme  indispen- 
sable au  maintien  de  Tintëgrité  de  sa  santé  (i). 

La  saignée  était  ainsi  prescrite  quotidiemment  à  de  nombreux 
malades;  mais  les  médecins  ne  la  pratiquaient  pas  eux-mêmes  :  Il 
s'agissait  là  en  effet  d'un  travail  manuel  que  leur  dignité  ne  leur 
permettait  pas  d'exécuter.  Ils  laissaient  ce  soin  aux  chirurgiens, 
qui  0[)éraient  en  leur  présence,  qu'ils  considéraient  en  quelque 
sorte  comme  leurs  subordonnés,  et  vis-à-vis  desquels  ils  afflchaient 
lapréleniion  de  leur  être  de  beaucoup  supérieurs.  Cette  prétention 
était  basée  sur  une  interprétation  de  Tordonnance  de  Blois,  à 
laquelle  nous  avons  déjà  fait  allusion,  ordonnance  confirmée  en- 


Ci)  Le  grand  chirurgien  Dionis  explique  de  la  manière  suivante  la 
nécessité  de  la  saignée:  a  11  est  facile,  dit-il,  de  répondre  à  ceux  qui 
s'étonnent  de  ce  que  on  saigne  plus  en  France,  et  particulièrement  à 
Paris,  qu'en  aucun  lieu  de  l'univers  ;  c'est  parce  que  Ton  y  fait  plus 
de  sang,  le  climat  étant  plus  tempéré,  Tair  plus  épais  et  la  nour- 
riture meilleure.  La  grande  dissipation  qu'on  fait  dans  les  pays  chauds 
s'oppose  à  la  saignée,  et  le  besoin  qu'on  a  de  conserver  sa  chaleur 
naturelle  dans  les  pays  fruids  la  défend...  On  fait  si  bonne  chair  à 
Paris  et  on  y  a  ajouté  tant  de  nouveaux  rugouts  pour  exciter  Tap- 
petit  qu'il  ne  faut  pas  être  surpris,  s'y  on  y  (aXi  plus  de  sang  qu^aii- 
leurs  D.  {CQurêd'opéraUonê  d$  ohir\irgie). 


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suite  par  de  nombreuses  déclarations,  et  qui  slipulail  que  nul  ne 
pouvait  être  admis  à  la  maitrise  en  chirurgie,  sans  que  son  admis- 
sion eût  été  approuvée  par  les  Docteurs  régents  en  médecine  ». 

Quoi  qu'il  en  soit,  une  telle  interprétation  devait  inrailllblement 
provoquer  des  conflits  entre  les  médecins  et  les  chirurgiens,  qui 
s'accusaient  réciproquement  d'empiéter  sur  leurs  attributions  res- 
pectives. Ces  accusations  toutefois  étaient  le  plus  souvent  formulées 
par  les  médecins,  dont  le^  doléances  étaient  portées  devant  les  juri- 
diclions  compêtantes. 

A  Gu  Tel,  nous  avons  trouvé  à  maintes  reprises  des  traces  de 
pareils  conflits,  dont  nous  ne  saurions  donner  une  idée  plus  exacte 
qu'en  rappelant  les  faits  suivants.  En  1766,  il  existait  dans  cette 
ville  deux  médecins,  Jean-Baptiste  Blandin  et  son  flls,  François- 
Pierre  DIandin.  Il  existait  en  même  temps  trois  chirurgiens, 
François  Lasnier  Desbarres,  F»**ançuis  Cusinet  et  Pierre  Poissonnier 
des  Granges.  Ces  derniers,  paraitil,  visitaient  des  malades  c  atteints 
de  maladies  internes,  »  leur  prescrivaient  des  médicaments  et  les 
saignaient  même,  tout  cela  «  sans  ordonnance  ou  avis  »  d'un  méde- 
cin. Jean-Baptiste  Blandin  protesta  contre  ces  agissements  et  il  fut 
secondé  dans  celte  protestation  par  un  de  ses  confrères,  Jean  Arnaud, 
médecin  à  Limoges.  De  concert  avec  lui,  il  adressa  donc  au  procureur 
du  Roy,  Couturier  de  Fournoue,  une  plainte  contre  les  trois  chirur- 
giens que  nous  venons  de  citer  et  qui  furent  appelés  à  se  défendre. 
Blandin  articulait  encore  un  autre  grief,  tout  personnel  à  Pégard  de 
ces  derniers  :  il  se  plaignait  de  n'avoir  pas  été  invité  par  eux  à  faire 
partie  d'un  jury  chargé  d'interroger  les  aspirants  à  la  maîtrise  en 
chirurgie^  jury  dont  il  prétendait  être  membre  de  droit,  en  vertu 
de  sa  qualité  de  cr  médecin  ordinaire,  conseiller  du  Roy.  »  Nous 
reproduisons  les  pièces  de  ce  curieux  procès,  pièces  qui  sont  plus 
éloquentes  que  tout  ce  que  nous  pourrions  dire  : 

et  Vu  l'appointement  à  mettre  du  12  juin  1767  rendu  contre  les 
sieurs  Blandin  et  Jean  Arnaud,  docteurs  en  médecine,  demandeurs 
aux  fins  de  requête,  ordonnances  et  exploit  des  G  et  9  décembre 
1766,  et  les  sieurs  François  Lasnier  Desbarres,  François  Cusinet  et 
Herre  PoisBonoier  des  Granges,  chirurgiens  d^endeurs,  vu  aussi 


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-  284  - 

les  édits  du  Roy,  arrêts  de  son  conseil  et  tous  aulres  règleiuenls 
pour  la  police  el  fonctions  respectives  tant  des  dits  médecins  que 
des  ofQciers  du  Bas  chœur  de  la  médecine  ^  ensemble  les  produc- 
tions respectives  des  parlyes,  tout  vu  et  considéré. 

c(  Je  requiers  pour  le  Roy  que  faisant  droit  sur  les  demandes  et 
contestations  des  parties  formées  en  Tinslance,  il  soit  dit  et  ordonné 
par  la  sentence  qui  interviendra  que  les  règlements  seront  exécutés 
selon  leur  forme  et  teneur^  ce  faisant  que  sans  s^arrèter  à  celles  de 
d*Arnaud,  soit  disant  médecin  de  la  ville  de  Guéret,  qu'il  y  sera 
déclaré  non  recevable  ou  en  tout  cas  mal  fondé  par  le  défaut  de 
qualité  en  sa  personne,  lors  et  au  temps  que  les  demandes  ont  été 
formées  par  la  requête  du  dit  jout%  6  décembre  1765,  pour  n'aVoir 
point  montré  ses  lettres  aux  m^ire  et  échevins  d'établissement  et 
de  résidence  en  cette  ville,  attendu  qu'il  s'est  agrégé  à  la  Faculté  de 
Médecine  établie  en  la  ville  de  Limoges,  où  il  n'a  cessé  d*y  faire 
toutes  les  fonctions  que  peut  exiger  son  art,  et  qu'il  ne  peut  avoir 
aucun  intèrestdans  la  contestation  actuelle. 

a  Et  qu'ayant  seulement  égard  aux  demandes  formées  par  le  dit 
Dlandin  pour  la  même  requête  ès-dits  notns,  il  soit  aussi  dit  par  la 
même  sentence  qu'il  sera  fait  défense  aux  défendeurs,  lorsqu'ils 
seront  appelés  dans  la  ville  et  faubourgs  pour  donner  leurs  soins 
aux  malades  qui  auront  des  maladies  Internes,  ou  pour  des  opéra- 
tions extraordinaires  de  la  main,  et  dans  le  cas  où  il  leur  paraîtra 
du  danger  ou  événement  douteux  sur  le  sort  du  malade,  de  compo- 
ser et  de  donner  aucun  remède  aux  malades,  ni  phlébotomiser, 
sans  ordonnance  ou  avis  du  oit  Blandin  ou  de  tous  autres  médecins 
résideus,  qui  auront  dûment  montré  leurs  httres  de  licence  au 
lieutenant  général  de  police  et  icelles  fait  enregistrer  en  son  greffe, 
ainsi  qu'aux  maire  et  échevins. 

c  Le  tout  suivant  la  forme  prescrite  par  les  règlements,  si  ce  n'est 
dans  les  cas  où  les  dits  médecins  se  t  ou veraient  absents,  malades,  ou 
hors  d'état  de  remplir  les  fonctions  de  leur  ministère,  ou  qu'il  y 
aurait  du  danger  dans  le  retard,  ou  un  lefus  de  la  part  des  dits 
médecins;  en  ce  que  néanmoins,  il  serait  aussi  dit  et  ordonné  pour 
l'intérêt  public  que  par  provision  et  Jusqu'à  ce  qu3 11  y  ait  un  corps 


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-  Î85  - 

d^apothicairêrie  et  de  pharmacie  dûment  formé  suivant  les  règle- 
ments rendus,  quant  à  ce,  il  serait  permis  aux  dils  deffendeurs 
d^avoir  des  drogues  et  des  simples,  qui  seront  de  bon  alloy,  pour 
composer  les  remèdes  qui  pourront  être  nécessaires  dans  tous  les 
genres  de  maladies,  tant  pour  la  ville  que  pour  la  campagne,  et 
qu'à  cet  effet  le  dit  Desbarres,  en  sa  qualité  de  lieutenant  des 
chirurgiens  de  la  province  sera  autorisé  à  faire  la  visite  et  examen 
des  dittes  drogues  et  simples  et  de  tout  ce  qui  peut  intéresser  la 
pharmacie  et  la  chirurgie,  tant  chez  les  chirurgiens  que  tdus  autres 
tnarchands  droguistes  et  épiciers,  etc.,  pour  de  celles,  qui  ne  seront 
pas  recevables,  être  mises  dans  un  sac  et  du  tout  en  être  dressé 
procès-verbal,  assisté  d'un  commissaire  de  police  et  être  remis  au 
greffe,  pour,  sur  les  conclusions  du  procureur  du  Roy  y  être  fait 
droit  |>ar  le  lieutenant-général  de  police  suivant  la  rigueur  des 
règlements. 

«  Et  qn*en  ce  qui  louche  la  réception  des  aspirants  à  la  maîtrise 
en  chirurgie,  il  soit  au  surplus  dit  que  le  dit  Blandin,  en  sa  qualité 
de  conseiller-médecin  ordinaire  du  Roy,  sera  maintenu  dans  le 
droitet  possession  d'assister  à  la  réception  des  aspirants  aux  seuls 
actes  appelés  tentatives,  premier,  dernier  examen  et  à  la  prestation 
de  serment,  et  y  sera  invité  par  chaque  aspirant  et  son  conducteur 
et  sera  reçu  à  TAssemblée  qui  se  tiendra  à  cet  effet  avec  la  décence 
et  la  distinction,  dues  à  la  noblesse  de  la  profession,  ainsi  que  dans 
toutes  autres  assemblées  du  corps  de  la  chirurgie,  où  il  sera 
ap|>elé9  Id  tout  suivant  les  statuts  et  règlements  généraux  confirmé^ 
par  la  déclaration  du  S  août  1730  et  Tarrest  de  renregistrenient 
d'ycelle  du  13  août  1731,  avec  défenses  aux  dits  chirurgiens  de  le 
priver  à  l'avenir  des  dits  privilèges,  et  que  sur  le  surplus  des 
demandes  Jls  en  seront  renvoyé;  et  que  la  sentence  à  intervenir  sera 
exécutée,  attendu  qu'il  s^agit  d'un  fait  de  police  et  de  Texécution 
des  règlemf  nts<  Fait  et  arrêté  au  parquet  des  gens  du  Roy,  à  Guérct, 
.le  19  mars  1768.  —  Couturier  de  Fournoue.  P.  du  Roy.  t 

Le  16  mai  suivant,  la  Chambre  du  Conseil,  composée  de  de  Madot, 
lieutenant-général,  Midre  de  St-Sulpice,  Druillelte  de  Clierduprat, 
Pichon  du  Cloup,   Druillette  de  Ceylloux,  Delafond,  après  avoir 


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—  28&  — 

enteûdn  le  rapporteur,  Rougler  de  Beaamont,  rend  la  sentence 
suivante  : 

c  Disons  que  nous  avons  déclaré  le  dit  Arnaud  n'ayant  fait  aucune 
résidence  fixe  en  cette  ville  non  recevable  dans  sa  demande;  et 
faisant  droit  sur  celle  du  dit  Blandin,  attendu  qui!  n*y  a  point  de 
collège  de  médecins,  ny  corps  d'apothicaires  dans  la  ville»  de  Guéret, 
nous  Peu  avons  débouté.  Ordonnons  ce|»endant  que  le  dit 
Blandin,  en  sa  qualité  de  conseiller-médecin  ordinaire  du  Roy 
sera  gardé  et  maintenu  dans  le  droit  et  possession  d'assister 
aux  acles  appelés  tentatives,  premier,  dernier  examen,  et  à  la' 
prestation  de  serment  des  aspirants  à  la  maîtrise  de  chirurgien  et 
à  cet  effet  sera  invité  par  chaque  aspirant  et  son  conducteur  et  sera 
reçu  a  l'Assemblée  ainsi  que  dans  toutes  autres,  où  il  sera  invité 
avec  toute  la  décence  due  à  sa  profession  ;  faisons  défense  aux  dits 
chirurgiens  de  le  priver  à  l'avenir  des  dits  privilèges  et  droits  et 
les  condamnons  à  luy  payer  ceux  qui  luy  reviennent  à  raison  des 
réceptions  des  nommés  Rousseau  et  Fressinaud  et  les  avons  ren* 
voyé  du  surplus  des  demandes;  condamnons  le  dit  Arnaud  aui 
dépens  frais  à  son  égard,  et  le  dit  Blandin  en  la  moitié  ed  ceux 
faits  à  son  égard;  le  surplus  compensé  et  sera  notre  présente  sen- 
tence exécutée  nonobstant  opposition  ou  appellatioc  quelconque, 
attendu  qu'il  s'agit  de  fait  de  police  ». 

Ces  documents  sont  intéressants  à  plus  d'un  titre;  ils  nous  ren- 
seignent tout  d'abord  sur  les  attributions  respectivement  dévolues 
par  lesédits  et  règlements  aux  médecins,  aux  chirurgiens,  même 
aux  apothicaires  et  nous  font  voir  qu'à  Guéret  les  chirurgiens 
notamment  ne  pouvaient  se  confiner  dans  leur  attributions  propres. 
Ils  nous  font  connaître  ensuite  qu'il  existait  dans  cette  ville 
un  c  médecin  ordinaire,  conseiller  du  Roy  ».  C'était  là  une  sorte 
d'office,  créé  par  une  ordonnance  royale  de  1692,  et  donné  bien 
entendu,  comme  tous  les  antres  offices  institués  à  cette  époque, 
moyennant  finance.  Le  titre  ainsi  conféré  était  purement  honori-. 
fique;  mais  il  flattait  la  vanité  du  titulaire,  le  distinguait  de  ses 
confrères,  le  mettait  en  évidence  et  lui  donnait  une  considération 
plus  grande,  sans  parler  de  quelques  autres  privilèges,  tels  que 


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-287  — 

Texemplion  de  la  collecte,  de  la  milice,  du  logement  des  gens  de 
guerre,  etc.,  dont  jouissaient  également  les  autres  médecins. 
L'obtention  de  ce  titre  en  entraînait  an  autre,  celui  de  médecin 
juré,  chargé  de  faire  des  rapports  à  Texclusion  de  lous  autres, 
«  dans  les  affaires  qui  s*instruiscnt  aux  frais  du  Roy  ».  il  est  vrai 
d'ajouter  qu'à  côté  du  médecin  juré,  il  y  avait  également  des 
chirurgiens  jurés,  jouissant  des  mêmes  attribuliotis.  Cette  cha^rge 
de  «  médecin  ordinaire,  conseiller  du  Roy  »,  fut  successivement 
attribuée,  au  cours  du  xviir  siècle,  à  Pierre  Blandin,  à  Jean-Baptiste 
Blandin,  son  fils,  et  enfin  à  François-Pierre  Blandin  de  Longechaud, 
son  petit- fils. 

Nous  venons  de  résumer  les  rares  et  courtes  notes,  que  nous 
avons  pu  recueillir,  sur  les  médecins  de  Guéret;  nous  avons  fait 
allusion  à  la  rivalité  qui  existait  entre  ces  médecins  et  les  chirur- 
giens de  la  ville  (1),  rivalité  inévitable,  facile  à  concevoir,  étant 
donnée  la  difficulté  d'établir  les  limites  de  leurs  attributions  respec- 
tives. Il  nous  reste  maintenant  à  parler  de  ces  derniers  et  à  indiquer 
certaines  particularités  les  concernant  plus  spécialement  et  qui  sont 
venues  à  notre  connaissance. 

«  Un  chirurgien,  dit  Trévoux,  est  celui  qui  sçait  la  chirurgie,  qui 
en  fait  les  opérations,  qui  saigne,  qui  panse  les  playes  »  (^i).  Si  on 


(4)  Il  n'entre  pas  dans  notre  pensée  de  parler  ici  de  la  lutte  mémo- 
rable qui  durant  plusieurs  siècles  divisa  les  médecins,  les  chirurgiens 
et  les  barbiers  perruquiers.  A  un  moment  donné  ces  derniers  ne 
formèrent  plus  qu'une  seule  corporation  avec  les  chirurgiens  et  la 
lutte  se  trouva  ainsi  circonscrite  entre  médecins  et  chirurgiens.  Les 
premiers  parlaient  latin,  ils  avaient  droit  de  porter  la  robe  longue  et  le 
bonnet  carré  :  cela  leur  suffisait  pour  justifier  le  profond  dédain  que 
leur  inspiraient  les  chirurgiens  barbiers,  qu'ils  considéraient  comme 
de  vils  adversaires,  voués  à  un  métier  manuel  et  par  cela  môme 
indigne  et  méprisable.  Ces  derniers  ne  portaient  ni  la  robe,  ni  le 
bonnet;  ils  ignoraient  le  latin;  ils  prêtaient  serment  à  la  Faculté,  & 
laquelle  ils  payaient  une  redevance  Réunis  dans  leur  collège  de 
Saint-Côme,  s'ils  souffraient  du  mépris  dont  ils  étaient  l'objet  de  la 
part  de  cette  dernière,  ils  ne  rougissaient  point  toutefois  de  leur 
métier.  Ils  travaillaient  et  ne  craignaient  pas  de  se  salir  les  doigts, 
en  ouvrant  des  cadavres  et  en  faisant  des  opérations  auxquelles 
daignaient  assister  les  médecins,  se  dontiant  ainsi  l'apparence  de  les 
diriger  par  leur  présence.  Celte  situation  humiliée  ne  pouvait  toujours 
durer.  En  1724,  un  édit  du  Roy  organisa  l'Ecole  de  Chirurgie  et  y 
créa  cinq  places  de  professeurs,  qui  devaient  ^tre  uQmn^és  par  son 


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—  288  - 

ne  tient  compte  que  de  cette  simple  définition,  les  chirurgiens  de 
Guéret^  sans  avoir  joui  d*une  grande  notoriété,  pas  plus  que  les 
médecins  du  reste,  paraissent  cependant  avoir  été  toujours  à  la 
hauteur  de  leur  situation.  Les  grandes  opérations  leur  étaient 
familières  et  les  amputations  de  membres,  le  trépan,  etc.,  ne  les 
effrayaient  pas;  quant  à  la  saignée  et  au  pansement  des  plaies, 
c'était  Tobjet  de  leurs  occupations  quotidiennes.  En  dehors  des 
opérations  auxquelles  nous  venons  de  faire  allusion,  en  dehors  de 
la  saignée  et  des  pansements,  la  conduite  des  chirurgiens  de 
Gnérel  vis-à-vis  de  leurs  clients,  semble  avoir  toujours  été  celle 
d'une  prudente  expectation,  ainsi  qu'en  témoignent  des  faits  nom- 
breux, parmi  lesquels  nous  nous  bornerons  à  rapporter  le  suivant  : 
L*i  30  janvier  17i9,  Guillaume  Chanaud  fut  appelé  par  Pierre 
Peyronneau,  procureur,  au  village  de  Champegaud,  or  éloigné  d'un 
quart  de  lieue  de  cette  ville,  où  étant  allé,  il  trouva  chez  le  métayer 
du  sieur  de  Ghampegaud,  le  sieur  Prouhet,  Antoine,  couché  et 
étendu  par  terre,  devant  le  feu  ;  il  était  mourant  et  à  la  dernière 
extrémité  ».  Il  lui  fit  avaler  quelque  peu  d'eau-de-yie,  lui  frotta  les 
temples  (sic)  aussi  avec  de  Teau-de-vie.  Il  remarqua  qu'il  «  avait 
une  petite  contusion  au  derrière  de  la  tète  et  sur  Tos  occipital  de 


premier  chirurgien  :  la  Faculté  de  Médecin  le  protesta,  mais  en  vain. 
Cette  conquête  fut  bientôt  suivie  d*une  seconde.  En  1731,  la  Société 
de  chirurgie  fut  instituée  et  siégea  pour  la  première  fois  le  18  décem- 
bre. En  1743,  parut  une  déclaration  royale  qui  restituait  aux  chirur- 
giens tous  les  droits  qui  leur  avaient  été  enlevés  antérieurement,  grâce 
aux  agissements  de  la  Faculté.  Aux  termes  de  cette  ordonnance,  ils 
étaient  séparés  à  jamais  de  la  compagnie  des  barbiers  et  la  maîtrise 
en  chirin-gie  était  relevée  en  môme  lemps  que  son  accès  était  rendu 
plus  difficile  par  la  nécessité  de  subir  préalablement  des  examens. 
Enfin  en  1750  parut  un  arrêt  qui  rendit  définitif  le  triomphe  des  chi- 
rurgiens :  «  La  Faculté  de  médecine,  ni  pareillement  le  doyen, 
docteurs  et  ré jren s  d'icelle,  ne  pourront  exiger  à  l'avenir,  pour  quelque 
cause  ou  prétexte  que  ce  soit,  aucun  serment,  tribut  ou  redevance 
des  dits  maîtres  en  chirurgie,  en  général  ou  en  particulier,  m  les 
mander  à  cet  etTet,  ou  les  troubler  pour  raison  de  ce  dans  Texercice 
de  leur  profession  ou  autrement  ».  Un  autre  article  ajoutait  que  les 
chirurgiens  «  jouiront  des  prérogatives,  honneurs  et  droits  attribués 
aux  autres  arts  libéraux...,  à  l'etTet  d?.  quoi,  ils  ne  pourront  être 
compris  dans  les  rôles  des  arts  et  métiers.  Le  tout  à  la  charge 
d'exercer  leur  profession  sans  mélange  d'aucun  art,  non  libéral  ou 
profession  étrangère  à  la  chirui^gie.  b  (2). 


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peu  de  conséquence,  et  comme' le  dit  Antoine  Prouet  n'était  pars  en 
état  de  recevoir  aucun  secours...  »,  il  se  relira. 

Comme  partout  ailleurs,  dans  les  Tilles ^  les  chirnrgietis  de 
Guéret  avaient  pour  enseigne  des  bassins  blancs  ;  ils  tenaient 
«  boutique  »  où  ils  recevaient  leurs  clients  auxquels  ils  donnaient 
des  conSQ!tatiX)ns  et  les  soins  que  réclamait  leur  état.  En  leur 
absence,  la  «  boutfque  lo  restait  ouverte  et  les  malades  ou  blessés 
ataient  affaire  à  leur  0  garçon  )»  ou  «  apprenti  ».  En  1760,  Antoine 
MÊtadlér  était  l^arçon  chirurgien  chez  Lastiier  Desbarres. 

Voici  les  noms  dé  la  plupart  des  chirurgiens,  que  nous  avons 
relevés  depuis  Tannée  1650  : 

1650.  —  Pierre  Paillon  i 

1669.  —  Pierre  Peronny; 

1674.  —  Pierre  Desrierges  ; 

1680.  —  Jean  Aujean  ; 

1693.  —  Pierre  Richard  ; 

1*109.  —  Guillaume  Chanaud;  chirurgien  juré; 

I7l5.  —  Etienne  Branche,  chirurgien  juré  ; 

Jacques  Cyalis  ; 


1716.     i     j        rrz         . 

Jean  Vincent; 

(  GaittaumeDarean; 

I  Annet'Lnche,  lientenànl  des  cbirnrgiens; 
lîâll  —  Sil^ain  Péyrat,  chirurgien  juré  ; 
1733.  —  Gabriel  Lasnier; 
1745.  —  Annet  Chanattd  ; 
1780.  —  Sudre; 
1^52.  —  Dareaù; 

17S3.  —  François  Lasnier  Desbarres  ; 
1759.  —  Pierre  Cuslnet; 

Pierre  Poissonnier  des  Granges  ; 


'   François  G«isinet; 


19 


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-290- 

<788.  —  François-Pierre  Lasnier  Desbarres  ;  . 
Jean-Baptiste  Peyral  ; 
Dardanne. 


1788. 


Dans  toutes  les  villes  où  il  y  avait  Présidial  et  Sénéchaussée,  il 
existait  un  lieutenant  des  chirurgiens,  nommé,  conformément  à  un 
édit  du  mois  de  septembre  1723,  par  le  premier  chirurgien  du  Roy, 
qui  avait  le  titre  de  «(  chef  et  garde  des  chartes  et  privilèges  de  la 
Chirurgie  et  Barberie  du  Royaume  ».  Ce  lieutenant  des  chirurgiens 
était  assisté  d*uu  greffier,  également  désigné  par  le  premier  chirur- 
gien du  Roy. 

La  principale  fonction  du  lieutenant  des  chirurgiens  consistait 
d'une  part,  à  convoquer  ses  collègues»  lorsque  cette  convocation 
était  nécessaire,  pour  procéder  de  concert  avec  eux  à  Texamen  des 
candidats,  qui  aspiraient  à  la  maîtrise  en  chirurgie,  et,  d'autre  part, 
à  veiller  à  Texécution  des  statuts  et  règlements  auxquels  devaient 
se  conformer  les  membres  de  la  corporation.  Il  exerçait  également 
une  surveillance  sur  les  barbiers  et  perruquiers  de  la  ville,  auxquels 
on  tolérait  l'exercice  de  certaines  pratiques  chirurgicales,  et  qui, 
pour  cette  raison,  étaient  astreints  au  paiement  de  certains  droits 
stipulés  par  divers  édits. 

A  Guéret,  en  1727,  le  lieutenant  des  chirurgiens  était  Annet 
Luche,  qui  remplissait  encore  cette  fonction  en  1754.  A  la  même 
époque,  la  charge  de  greffier  était  exercée  par  Silvain  Peyrat,  qui 
l'occupa  jusqu'en  1759,  année  où  il  fut  remplacé  par  François 
Lasnier  Desbarres,  «  maître  chirur^ifien  ».  —  Ce  n'est  toutefois 
qu'en  1764  —  le  16  février  —  que  ce  dernier  demanda  l'enregistre- 
ment de  ses  lellres  de  provision  au  greffe  de  l'Election,  «  disant 
qu'il  a  plu  au  sieur  Germain  de  la  MurtinièrQ  (1),  chevalier  de 
rOrdre  de  Saint-Michel,  chef  de  la  chirurgie  du  Royaume,  Président 


(1)  Germain  Pichaud  de  la  Martinière  fut  attaché  aux  armées  du 
Roy  dep'jis  1730.  11  était  chirurgien  major  des  gardes  françaises 
lorsqu*en  1847,  il  fut  nommé  preniier  chirurgien  du  Roy  en  rempla- 
cement de  Lapéronie  qui  venait  de  monrir.  Il  le  remplaça  également 
^  TAcadémie  de  Chirurgie  qu'il  présida  pendant  36  ans. 


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-Mi- 

de  TAcadémie  de  Chirargie,  garde  des  chartes,  statuts  et  privilèges 
du  dit  art,  de  le  commettre  et  instituer  comme  greffier  de  la 
communauté  des  maîtres  en  cliirurgie  de  cette  ville,  suivant  ses 
lettres  de  provisions  du  premier  mai  1759,  signées  :  La  Martiniëre, — 
plus  bas,  par  mon  dit  sieur  Leblond  Dalbest,  scellées  du  grand 
sceau  de  cire  rouge...  »  Sur  la  réquisition  de  Rochon  de  Valette, 
procureur  du  Roy  en  TEIection,  ces  lettres  furent  enregistrées  le 
même  jour,  «  pour  jouir  des  exemptions  et  privilèges  dus  aux 
possesseurs  de  semblables  commissions  ». 

En  1780,  le  même  François  Lasnier  Desbarres  était  devenu  lieu- 
tenant des  chirurgiens  ;  à  ce  moment  la  charge  de  greffier  était 
occupée  par  François  Cusinet. 

Ces  charges  de  lieutenant  et  de  greffier  paraissent  toujours  avoir 
été  fort  recherchées  et  cela  ne  saurait  surprendre,  d'abord  en  raison 
de  la  considération  qu'elles  procuraient,  et  ensuite  à  cause  des 
avantages  qui  y  étaient  attachées,  avant  que  ces  avantages  eussent 
été  attribués  aux  chirurgiens  par  les  lois  et  ordonnances  (1). 
Parmi  les  privilèges  fort  appréciés,  dont  jouissaient  les  titulaires  de 
pareilles  charges,  citons  notamment  Texemption  de  la  collecte,  du 
logement  des  gens  de  guerre,  et  de  la  corvée  et  même  quelquefois 
de  la  taille. 

Les  chirurgiens  de  Guéret  formaient  une  corporation  on  commu- 
nauté, qui  avait  ses  règlements  et  ses  statuts,  à  la  tète  de  laquelle 


(1)  Des  lettres  patentes  du  10  août  1756  enregistrées  le  7  septem- 
bre suivant  portent  : 

«  Que  les  maîtres  de  Tart  de  chirurgie  qui  exerceront  purement 
et  simplement  la  chirurgie  sans  mélange  de  profession  méchanique 
et  sans  faire  aucun  commerce  ou  trafic,  soit  par  eux  ou  par  leurs 
femmes,  seront  réputés  exercer  un  art  libéral  et  scientifique... 

«  Qu'ils  seront  compris  dans  le  nombre  des  notables  bourgeois 
des  villes  et  lieux  de  leur  résidence  et  pourront  à  ce  titre  être  revêtus 
des  offices  municipaux  au  même  rang  que  les  notables  bourgeois... 

c  Qu'ils  ne  seront  pas  compris  dans  les  rôles  des  arts  et  métiers, 
ni  assujettis  à  la  taxe  d'industrie. 

«  Qu'ils  seront,  les  dits  chirurgiens,  exempts  de  collecte,  de  taille, 
de  guet  et  de  garde,  de  corvées  et  de  toutes  autres  charges  de  ville  et 
publiques,  dont  sont  exempts,  suivont  les  usages  observés,  les  autres 
notables  bourgeois...  d 


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-292  - 

se  trouvait  un  Prévôt,  et,  comme  toutes  les  communautés  simi. 
laires,  était  placée  sous  le  patronage  de  un  on  plusieurs  saints.  Les 
patrons  des  chirurgiens  étaient  Saints  Côrae  et  Damien.  Cette 
communauté  avait  une  chambre  de  juridiclion,  où  se  réunissaient 
ses  membres  pour  traiter  des  affaires  qui  les  intéressaient,  et  auss* 
pour  faire  subir  des  examens  aux  candidats  à  la  maîtrise,  candidats 
auxquels  ils  délivraient  ensuite,  en  cas  de  succès,  des  lettres  de 
capacité.  C'est  ainsi  que  le  3  janvier  1731,  comparut  devant  eux 
Guillaume-Antoine  Miquel,  de  Jarnages,  qui  «  a  fait  son  apprentis- 
sage sous  Antoine  Miquel,  son  père»  et  a  travaillé  l'espace  de  trois 
années  à  THôtel-Dieu  de  Paris  »  (1).  Ce  candidat  les  avait  requis 
e  de  luy  vouloir  donner  jour  pour  estre  par  eux  procédé  à  ses 
exafnens  et  expériences  ».  Conformément  à  sa  requête,  en  présence 
dé  Branch<^,  prévost  des  chirurgiens  de  la  Marche,  de  Luche,  Cha- 
nâud,5Vincenl,  Cyalis  et  Peyrat,  maîtres  chirurgiens,  il  fut  interrogé 
c  sur  les  principes  de  la  chirurgie...,  et  aussi  sur  Tanatomie  du 
corps  humain,  playes  de  bas  ventre,  de  teste,  sur  la  sai^^née  et 
moyen  de  réduire  lés  fractures  et  luxations,  sur  les  remèdes  et 
a|f)parells  coiivenâblek,  le  tout  en  l*ab^ence  de  M«  Blandîn,  conseiller 
dû  Roy,  médecin  ordinaire  de  Sa  Majesté  ».  Le  certificat  de  capacité 
qui  lui  fut  délivré,  à  la  suite  de  ses  épreuves,  se  termine  ainsi  : 
«  .  • .  Nous,  en  vertu  des  lettres  à  nous  données  par  M*  Hareschal, 
premier  chirurgien  de  Sa  Majesté,  enregistrées  en  la  sénéchaussée 
criminelle  de  cette  ville,  avons  le  dit  Miquel  receu  et  admis  en 
la  ville  de  Jarnages,  y  exercer  le  dit  art,  prendre  enseigne,  tenir 
boutique  ouverte,  jouir  des  droits  et  privilèges,  dont  jouissent 


(1)  a  Nous,  soussignés.  Docteurs  Regens  de  la  Faculté  de  médecine 
de  Paris  et  médecins  de  rilôtel-Dieu,  et  nous  maîtres  chirurgiens  jurés 
à  Paris  et  du  dit  HôleUDieu,  certifions  à  tous  qu'il  appartiendra  que 
Je  nommé  Guillaume-Antoine  Miquel  s'est  présenté  au  dit  Hôtel- 
Dieu  pour  s'y  instruire  en  qualité  d'externe  ;  qu'après  y  avoir  été 
a^dmis,  il  a  assisté  aux  opérations  avec  assiduité  pendant  deux,  ans, 
qu'il  a  même  travaillé  aux  pansements  sous  la  vue  du  maître  et  des 
compagnons  pendant  le  dit  temps,  et  a  assisté  aux  exercices  anato- 
miques  auxffiiels  il  a  été  assidu.  En  foy  dé  quoy,  nous  lui  avons 
délivré  le  présent  certificat  pour  lui  servir  et  valoir  ce  que  déraison. 
P^ait  à  niôtèl-Dieu  de  Paris,  le  vingt-huitième  juillet  mil-sept-cent- 
vingl-un  ».  Signé  :  Herment,  Emmoret,  Méry,  Lubaud,  Ghomel,  Afforty(?) 
fils,  De  Latu,  Regnaut. 


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—  293  — 

les  autres  chirurgiens  regus  pour  la  dite  ville  el  avpus  le  dit 
Guillaume  Mlquel  pris  et  receu  en  tel  cas  requis  et  accou  - 
tumé...  »  {{). 

Quels  étaient  les  honoraires  alloués  aux  chirurgiens?  Sur  ce  poipt, 
pas  plus  que  3ur  les  honoraires  attribués  aux  médecins  (2),  nous 


(1)  Voici  le  procès-verbal  qui  fut  dressé  au  sujet  de  cette  réception  : 

a  Annet  Luche,  lieutenant  des  chirurgiens  de  la  ville  de  Guéret, 
à  tous  ceux  que  les  présentes  lettres  verront,  salut.  Sçavoir  faisons 
que  sur  la  requcsle  à  nous  présenté  par  Guillaume-Antoine  Miquel 
faisant  profession  de  la  religion  catholique,  apostolique  et  lomaine, 
âgé  de  trente  ans,  contenant  que  dès  sa  plus  tendre  jeunesse  il  s*est 
appliqué  -à  Testude  de  lu  chirurgie  et  a  fait  son  apprentissage  soubs 
Antoine  Miquel,  son  père,  et  a  travaiUé  l'espace  de  trois  années  à 
THôtel-Dieu  à  Paris,  suivant  le  certificat  attaché  à  la  ditte  requeste, 
pendant  lequel  temps  il  a  acquis  la  capacité  nécessaire  pour  parve- 
nir à  la  maîtrise  de  chirurgie  pour  la  viUe  de  Jarnages,  il  nous  a  requis 
de  luy  vouloir  donner  jour  pour  estre  procédé  à  ses  examens  et 
expérience  en  notre  chambre  de  juridiction  à  Guéret,  pour,  en  cas 
de  capacité,  luy  e»tre  délivré  des  lettres  de  maîtrise,  à  laqueHe 
requeste,  icelles  pièces  attachées,  nous  avons  renvoyé  le  supliant 
par  devant  le  médecin  royal,  M«»  Guillaume  Ghanaud,  Estienne  Bran- 
che, prévost,  Jacques  Cyalis,  Jean  Vincent  et  Sylvain  Peyral,  tous 
maîtres  de  la  ditte  communauté,  pour  luy  faire  subir  les  examens  à 
la  manière  ordinaire.  En  conséquence  de  quoy  il  s'est  présenté  en 
notre  chambre  de  juiidiction  à  Guéret,  a  été  intérogé  le  trois  janvier 
sur  les  principes  de  la  chirurgie  par  nous  tous  maîtres  susdits,  et 
aussi  sur  l'anatomiedu  corps  humain,  playes  de  bas  ventre,  de  teste, 
sur  la  saigné»  et  moyen  de  réduire  les  fractures  et  luxations,  sur 
les  remèdes  et  appareils  convenables,  le  tout  en  l'absence  de 
Monsieur  Blandin,  conseiller  du  Roy,  médecin  ordinaire  de  Sa  Majesté. 
Le  dit  Guillaume  Miquel  retiré,  après  advis  de  l'assemblée  qui  Ta 
trouvé  capable,  nous,  en  vertu  des  lettres  à  nous  données  par  Monsieur 
Mareschal,  premier  chirurgien  de  Sa  Majesté,  enregistrées  en  la  séné- 
chaussée criminelle  de  cotte  ville,  avons  le  dit  Miquel  reçu  et  admis, 
recevons  et  admettons  M*  chirurgien  juré  pour  résider  en  la  ville  de 
Jarnages,  y  exercer  le  dit  art,  prendre  enseigne,  tenir  boutique 
ouverte,  jouir  des  droits  et  privilèges  dont  jouissent  les  autres 
maîtres  chirurgiens  reçus  pour  la  ditte  ville,  et  avons  du  dit  Guillaume 
Miquel  pris  et  receu  le  serment  en  tel  cas  requis  eX  accoutumé. 
£t  en  témoignage  de  ce,  avons  signé  les  présentes.  Fait  en  notre 
chambre  de  juridiction  à  Guéret,  le  troisième  janvier  mil-sept-cent* 
trente-un.  d 

(2)  Au  sujet  des  honoraires  médicaux,  nous  n'avons  recueilli  que 
des  renseignements  peu  explicites  et  insufQsants  pour  nous  faire 
connaître  le  prix  d'une  visite  ou  d'une  consultation  médicale.  A  titre 
do  document,  voici  une  note  d'honoraires  payés  au  médecin  Fitlias 
en  1781,  par  les  héritiers  de  Madot  !  «  Je  soussigné-,  reconnais  avoii' 
reçu  de  M.  de  Sardent,  tuteur  des  enfants  de  Mé  de  Madot,  ta' somme 


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ne  possédons  de  renseignements.  Ce  que  nous  pouvons  dire  seule- 
ment, c'esl  que  le  prix  qu'ils  réclamaient,  pour  chaque  saignée  par 
eux  pratiquée,  était  de  dix  sols,  quelquefois  quinze  sols.  Ce  que 
nous  pouvons  ajouter  aussi,  c'est  que  la  pratique  chirurgicale  ne 
semble  pas>  pour  ceux  qui  s'y  livraient  exclusivement,  avoir 
jamais  été  fort  lucrative  :  elle  ne  parait  pas,  tout  au  moins,  avoir 
suffi  seule  pour  les  conduire  à  la  fortune,  ni  même,  pour  quelques 
uns,  à  la  simple  aisance.  En  1761,  nous  voyons  en  effet  le  chirurgien 
Jean  Vincent  aller  mourir  à  Tliôpital  à  Tâge  de  soixante  et  un  ans, 
après  avoir  exercé  son  art  pendant  plus  de  35  ans,  tout  en  étant  en 
môme  temps  cabaretier.  D'autres  comme  Jean  Vincent,  à  l'exercice 
de  leur  art,  joignaient  diverses  occupations,  susceptibles  de  leur  pro- 
curer des  ressources,  qui  venaient  s'ajouter  aux  honoraires  chirur- 
gicaux. Ainsi  procédaient  Annel  Luché,  Dareau  et  Sudre,  qui,  tout  eu 
pratiquant  la  chirurgie,  étaient,  le  premier,  fournisseur  aux  dépôts 
de  sel  et  fermier  de  la  Commanderie  de  Maisounisses,  —  le  second, 
notaire  et  greffier  en  chef  de  la  sénéchaussée  criminelle,  —  le  troi- 
sième, marchand  et  fournisseur  aux  dépôts  de  sel.  En  1708,  le 
chirurgien  Cyalis  ne  se  bornait  pas  à  saigner  ses  clients;  il  les  rasait 
aussi  et  soignait  leur  chevelure  :  sur  le  livre  de  dépenses  du  Prési- 
dent Bonnet,  nous  relevons  en  cUet  la  note  suivante,  très  explicite 
à  cet  égard  :  «  Payé  à  Cyalis,  chirurgien,  pour  me  raser,  essencer, 
poudrer  mes  perruques,  4  livres  10  sols  —  à  son  fratrer,  6  sols,  — 
en  tout  4  livres  15  sols  ». 

Les  chirurgiens  avaient  encore  une  autre  ressource  :  aux  termes 
de  la  requête  du  Procureur  du  Roy,  requête  relatée  précédemment, 
il  sembfe  qu'ils  jouissaient  de  la  faculté,  simplement  tolérée,  il  est 
vrai,  en  l'absence  d'un  corps  d'apothicaires,  a  de  tenir  des  drogues 
simples  et  de  bon  algi,  pour  composer  les  drogues  nécessaires,  tant 
pour  la  ville  que  pour  la  campagne  ».  D'après  les  règlements  anté- 


de  150  livres,  tant  pour  le  traitement  d'une  fièvre  tierce  qu'eût  feu 
M.  de  Madot...  que  pour  celui  de  sa  dernière  maladie,  ainsi  que  pour 
les  soins  que  j'ai  donnés  au  fiU  du  vivant  de  son  père«  —  Dont 
quittance. 

a  Ce  22  décembre  1781. 

a  FZLUAS  D.  M.  M.  » 


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—  295  - 

rieurs,  les  apothicaires  avaient  en  effet  seuls  le  droit  exclusif  de  com- 
poser et  de  vendre  des  médicaments,  de  préparer  les  tisanes  et  les 
potions  ordonnées  ou  formulées  par  les  médecins.  Des  arrêts  du  con- 
seil des  20  juin  et  8  juillet  1724  établissaient  cependant  quelques 
exceptions  et  spécifiaient  quelles  espèces  de  remèdes  les  chirurgiens 
pouvaient  «faire  et  tenir  chez  eux  pour  les  plaies,  tumeurs,  fractures 
et  autres  maladies  externes  qu'ils  traiteront,  sans  toutefois  qu'ils 
puissent  vendre  et  débiter  aucun  remède  ji>.  Une  ordonnance  du  12 
avril  1749  vint  encore  confirmer  celte  dernière  disposition,  en 
défendant  à  la  fois  aux  médecins  et  aux  chirurgiens  «  de  composer, 
vendre  ou  débiter  aucun  médicament  ou  remède  destiné  à  entrer 
dans  le  corps  humain  ».  Sur  ce  point,  d'après  le  document  auquel 
nous  venons  de  faire  allusion,  les  chirurgiens  de  Gueret  se  trou- 
vaient priviligiés,  au  détriment  des  apothicaires.  H  est  vrai  d^ajou- 
ter  que  ces  derniers  trouvaient  une  compensation,  car  ils  ne  se 
gênaient  guère  et  ne  se  faisaient  aucun  scrupule  de  pénétrer  dans 
le  domaine  de  la  médecine  et  de  la  chirurgie,  lorsque  l'occasion  se 
préseniait.  Nous  pourrions  citer  de  nombreux  exemples  de  ces 
incursions  illégales  commises  par  des  apothicaires,  entre  autres  par 
Pierre  Richard,  (fui  se  dénonce  lui-même,  n  ...  Mandé  le  30  janvier 
1719  par  les  parents  du  sieur  Antoine  Prouliet,  chanoine,  pour 
l'aller  voir  dans  une  maison  du  village  de  Champegaud,  od  on 
l'avait  porté  du  communal,  où  on  l'avait  trouve  mourant  et  à 
l'extrémité...,  l'ayant  examiné,  il  le  trouva  mourant  et  à  l'agonie, 
qui  ne  parlait  et  n'avait  aucun  sentiment.  Il  lui  donna  de  l'élixir 
pour  ranimer  sa  chaleur  naturelle  et  mettre  son  sang  eu  mouve- 
ment, mais  cela  ne  fit  rien,  comme  il  avait  bien  jugé...  ù  U  attribua 
l'état  du  moribond  «  à  la  rigueur  du  temps  qu'il  avait  fait  la  nuit 
et  au  vin  que  le  chanoine  avait  bu  le  jour  précédent,  ne  luy  ayant 
connu  aucuns  coups  qui  eussent  pu  lui  causer  la  mort...  » 

Dans  les  villes  un  peu  importantes,  et  lorsqu'ils  étaient  en 
nombre  suffisant,  les  apothicaires  formaient  utie  corporation,  qui 
était  tout  à  la  fois  un  collège  d*eûseigaeaieat,  un  jury  de  réception 
pour  les  grades,  uu  corps  disciplinaire,  une  société  ayant  des  droits 
et  des  prérogatives  et  organisée  en  grande  partie,  dans  uQ  but  de 
defoiise,  quaud  les  intérêts  professiouueis  étaient  eu  Jeu.  Rieu  do 


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semblable  n*eusU.à  Goéret^eùle  Qooibre4es  apalbieabre6.n!§xcé(la 
jamais  simullanémeot  le  cbîffre  de  deux.  Ceoi  qui  viorenU'établir 
daus  cette  ville  au  cours  du  xviii*  siècle  avaieut  pris  leurs.grades 
un  peu  partout,  à  Paris,  à  Metz,  à  Verdua  ou  ailleurs,  ^aiosi  que 
nous  Tavons  indiqué  à  propos  de  quelques-uns  en  parlant  de 
rHôtel-Dieu  (1). 

Les  attributions  des  apothicaires  n'étaient  pas  toutefois  exclusive- 
ment limitées  à  la  composition  et  à  la  vente  des  remèdes  (2);  lis 
avaient  encore  un  rôle  très  important  à  remplir,  rôle  fonda|uenlal. 


(1)  Ce  n'était  pas  une  petite  aftaire  que  d'avoir  à  gagner  la  maîtrise 
avec  le  titre  de  maître  apothicaire  Juré  et  le  droit  d'exercer  la  profes- 
sion. ~  Il  faUait  tout  d'abord  être  issu  d'une  bonne  famille,  avoir 
appris  la  gramiqaire  \  il  fallait  ensuite  acquérir  le  Mtre  d'<  appreuti» 
dans  une  t  apolhicairerie  t ,  où  il  était  indispensable  de  rester  de  longues 
années  c  sans  discontinuation  »,  —  puis  passer  en  présence  d'un 
médecin  un  premier  examen  c  sur  la  généralité  de  l'art,  l'élection, 
la  préparation  et  la  mixtion  des  médicaments  d,  en  subir  un  second 
o  sur  les  explications  des  ordonnances  latines  des  médecins...  d,  — 
confectionner  ensuite  un  chef-d'œuvre,  c'est-à-dire  exécuter  une 
formule  pharmaceutique,  secundum  aricm  ;  enfin,  une  fois  cette 
dernière  épreuve  subie  «  glisser  la  culotte  courte,  armer  la  tète  de 
la  perruque  à  trois  tours,  fourrer  ses  pieds  dans  des  souliers  à  bou- 
cle d'argent,  et  aller  rendre  une  visite  respectueuse  au  lieutenant 
général  de  police,  entre  les  mains  duquel  le  nouveau  maître  apotlii- 
caire  prêtait  le  serment  accoutumé  ». 

(2)  Nous  croyons  devoir  reproduire  à  titre  de  renseignements,  les 
différents  prix  de  remèdes  simples  ou  composés,  vendus  par  1^ 
apothicaires  de  Guéret.  D'après  un  mémoire  de  «  drogues  et  médica- 
ments fournis  dans  la  maison  de  Madot  par  l'apothicaire  Poissonnier 
et  sur  ordonnance  de  M.  FUlias  j»,  nous  relevons  les  prix  suivants  : 

cr  Un  large  emplâtre  de  vésicatqire  pour  lui  metl,re  à. la 

nuque 1 1. 10  s. 

a  L'avoir  purgé  avec  son  sirop  ordinaire 1 1. 12s. 

a  Une  forte  médecine 21.158. 

a  Une  purgation  ordinaire 21,  5s. 

jt  Une  forte  prise  d'émétique ,  6s. 

a  Une  prise  de  tartre  siibée.... •  58. 

a  Un  lavement  purgatif 158. 

a  Deux  lavements  émoUients  à  M.  de  Madot  ^s  par 

ordre  de  M.  Filli^ 11.  48. 

a  Une  once  de  quinquina  bouilli  dans  une  chopine 1 1. 10 8. 

a  L'avoir  purgé  avec  le  séné  moudé,  la  rhubarbe  du 
Levant,  le  sel  d'Angleterre,  la  manne  et  le  sirop  de  fleurs 

dépêcher 11.  58. 

€  De^x  bouteilles  de  M^ue  sudoriflque... ....... •••••••  3L 


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~..M7  - 

s'il  est  permis  de  parler  ainsi.  A  Guéret^ap^si  ^l^ien  q/ae  parloot 
ailleurs,  on  les  voyait  en  effet  tous  les  jqfirs,  cliaque  malin  et 
chaque  soir,  au  lever  et  au  couclier  du  soleil,  quitter  leur  boutique, 
parcourir  la  ville  et  aller  visiter  leurs  clients,  portant  gravement  un 
étui  su^peqdu  à  leur  cqu  parunebandouillère.  C'est  <i|in3i  que  pous 
apparaît  Tapotbicaire  Claude  Voysin,  lorsque  en  17Q5,  lors  de 
rémeute  suscitée  ^ar  une  saisie  faite  par  dés  huissiers,  il  intervint 
pour  protéger  le  commis  aux  fermes,  Pérou  :  il  était  assurément 
revêtue  de  sa  bandouillère.  Que  contenait  Tétui  qu'elle  retenait? 
On  le  devine  sans  peine  :  il  renfermait  Tindispensable  instiniment 
qui  servait  à  Tapothicaire  «  à  glisser  sous  le  secret  de  Talcove  un 
iiquide  chaud  à  point,  lulo^  cito  et  jucunde  )>,  opération  à  la  suite 
de  laquelle  il  devait  parfois  attendre  patiemment  le  moment  où  il 
lui  serait  permis  de  pouvoir  apprécier,  —  car  tout  n'était  pas  rose 
dans  le  métier,  —  si  la  matière  était  louable  ou  non. 

Qo^ls  furcint  les  apptMcairçs  appelés  à  e^^ejcer  ainsi  leur  miiiis- 
tère?MQUsne  les  connaissons  p^s  tous  et  nogs  ne^puuvqqs  que 
donner  la  liste  suivante,  sans  doute  bien  incqmplë*.e  : 

4640.  —  Jean  Voysin,  sieur  de  la  Vergue  ; 
1655.  —  Jean  Abert  ; 
1680.  —  Anthoine  Richs^rd  ; 
1692.  —  Philippe  Forest; 

(   Jean  Voysin  ; 

(  Gilbert  Laurent  ; 
16«0.  —  Pierre. Rich^d; 

i   André  Cbillon  ; 

(   Claude  Voysm; 
niO.  —  Olivier  Guéret  ; 
,  17SM).  —  Antoine  Braache  ; 
r.îS.  —  Christophe  Fayolle; 
1730,  .  Joseph  Richard  (fils),  dit  Beausoleil  ; 
173&.  —  Léonard  Poissonnier  des  (Àrai^ges; 


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'1 


—  298  — 
Joseph  Peyrat  ; 


'    LasDier  Desbarres  ; 
1780.  —  Poissonnier. 

Avant  de  terminer  ce  paragraphe,  pour  être  complet  autant  que 
possible^  il  nous  reste  à  dire  un  mot  des  matrones  ou  sages-femmes 
et,  bien  que  les  documents  qui  les  concernent  soient  extrêmement 
rares,  à  rappeler  les  noms  de  quelques-unes  de  celles  qui  ont  exercé 
à  Guéret  au  cours  du  xviii*  siècle. 

Il  est  probable,  il  est  certain  même  que  les  premières  sages- 
femmes  furent  des  personnes  compatissantes  et  charitables,  qui, 
témoins  à  diverses  reprises  des  souffrances  et  des  angoisses  de 
quelques-unes  de  leurs  voisines  en  travail,  cherchèrent  tout  d'abord 
à  leur  venir  en  aide,  à  les  soulager  et  à  hâter  leur  délivrance.  Il  y  a 
lieu  de  penser  qu'ensuite  un  certain  nombre  d'entre  elles,  instruites 
par  Texpérience,  voulurent  utiliser  les  connaissances  qu'elles 
avaient  acquises  et  se  créer  ainsi  une  profession.  Ce  fut  là  ce  qui  se 
passa  sans  doute  dès  le  commencement  du  monde,  et  nous  ne 
craignons  pas  d'ajouter  qu'au  début  du  xvin*  siècle,  à  Guéret,  les 
choses  ne  se  passaient  pas  autrement.  Alors,  dans  cette  ville  il 
n'existait  pas  de  sages-femmes,  au  sens  précis  du  mot,  tel  qu'il 
s'entend  aujourd'hui;  on  ify  voyait  que  quelques  matrones,  des 
«  ventrières  »,  comme  on  les  appelait  dans  les  siècles  précédents. 
Qu'était-ce  donc  qu'une  ventrière?  «  C'est,  dit  Barthélémy  de 
Glanville,  une  femme  qui  a  l'art  d'ayder  à  la  femme  quand  elle 
eafante,  afln  qu'elle  ayt  l'enfant  légèrement  et  que  l'enfant  ne  soit 
en  péril.  Elle  oingt  le  ventre  de  la  femme  qui  enfante  d'aucun 
oignement  pour  faire  yssir  l'enfant  plus  tost  et  à  moins  de  dou- 
leur. Quand  Tenfant  naist,  elle  le  reçoit  et  lui  couppe  le  nombril 
du  long  de  quatre  doigts,  et  le  noue;  et  puis  elle  lave  l'enfant  pour 
en  oster  le  sang,  et  après  elle  le  frotte  de  sel  et  de  miel  pour 
seicher  et  conforter  les  membranes,  et  Tenveloppe  en  blancs 
drappeaulx  »  (1). 

(1)  De  proprietUihuB  rei*um,  1350* 


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—  299  — 

A  la  fin  du  XYii*  siècle,  il  élait  d'un  nsage  à  peu  près  général,  en 
France  tout  au  moins,  d'appeler  des  chirurgiens  auprès  des  fem- 
mes en  couches.  Au  commencement  du  siècle  suivant,  une  tenta- 
tive de  rèaclion  se  produisit  contre  cet  usage  et  le  promoteur  de 
cette  tentative  fut  le  doyen  de  la  Faculté  de  médecine  de  Paris,  le 
D'  Hecquet.  Ce  dévot,  pour  complaire,  dit-il,  «  à  quelques  dames 
chrétiennes  »,  qui,  «  pour  ne  point  se  laisser  réduire  à  Tusage 
presque  établi  aujourd'hui  de  se  faire  accoucher  par  des  hommes, 
ont  demandé  à  s'instruire  sur  celte  coutume  qui  blessait  leur 
pudeur  et  offensait  leur  piété  »,  publia  un  petit  livre  sur  «  Tindé- 
cence  aux  hommes  d'accoucher  les  femmes...  »  (1).  Quels  furent 
les  résultats  de  cette  tentative?  C'est  là  un  point  sur  lequel  il  est 
inutile  de  nous  appesantir  ici.  Disons  toutefois  que  Topinion  de 
Hecquet  n'est  point  partagée  par  le  chirurgien  Dionis,  qui  vante  les 
accoucheurs  et  décrit  avec  complaisance  l'attitude  extérieure  que 
doivent  présenter  ceux  qui  veulent  excercer  fart  obstétrical  (2). 

Quoi  qu'il  en  soit,  ce  qui  demeure  positif,  c'est  qu'à  Guéret,  au 
cours  du  xviii«  siècle,  il  exista  toujours  simultanément  une  ou 
plusieurs  matrones,  dont  les  noms,  pour  quelques-unes,  sont  venus 
à  notre  connaissance,  en  analysant  les  registres  paroissiaux.  Dans 
les  registres  de  l'année  1729,  notamment,  nous  avons  relevé  le  nom 
de  deux  d'entre  elles,  qui  figurent  là  comme  marraines  ou  assistantes 
et  déclarent  la  naissance  d'enfants  illégitimes.  L'une  portait  le 
nom  de  Laranne  (3),  l'autre  s'appelait  Anne -Françoise  Banas- 


(1)  1708. 

(2)  (c  Celui  qui  embrasse  les  accouchements,  dit  Dionis,  doit  être 
bien  fait  de  sa  personne,  n'ayant  aucun  défaut  corporel,  ni  rien  de 
choquant  dans  son  visage.  Il  faut  qu'il  soit  fait  de  manière  qu'une 
femme  puisse  se  mettre  entre  ses  mains  sans  aucune  répugnance. 
Il  ne  doit  être  ni  trop  jeune^  ni  trop  vieux  ;  il  faut  qu'U  soit  dans  la 
vigueur  de  son  &ge  et  qu'il  ait  de  la  force  pour  pouvoir  faire  un 
accouchement  laborieux,  qui  le  met  quelquefois  tout  en  sueur.  » 
(Traité  général  de$  accouchements), 

(3)  ff  Le  13  octobre  1729  a  été  baptisée...  Françoise,  fille  illégitime 
de  François  Robert  du  village  de  Villechenille^  paroisse  de  Giény,et  de 
Jeanne  Jouneau,  du  village  de  Bruffnat,  paroisse  d'AJain,  demeurant 
ci*devant  chez  le  dit  Robert,  qu'elle  a  déclaré  le  pore  de  la  dite 
Françoise,  en  présence  de  la  eage^femme  ditte  Laranne,,^  » 


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-  qpo  - 

,3at  (l)..^n  ce  qui  concerne  leurs  aptitudes  prpfessipqneyes,  poas 
ne  possédons  absoluiQent  aucun  renseignement. 

Plus  tard,  vers  1750,  nous  trouvons  une  autre  matro|^e,la  femme 
Lacroix,  qui,  à  cette  même  époque,  cherche  à  initier  à  Part  des 
accouchements  sa  belle-(ille,  Antoinette  Renard,  fjsmme  de  Niçois 
Lacroix,  tailleur  d'ha))ils  pour  hpmmes.  Antoinette  R^q^rd  paraît 
avoir  eu  du  goût  pour  sa  profe$siQn.  A  un  moment  dpnné,  elle  éprouya 
même  le  besoin  de  perfectionner  sou  instruction  et  c'e^t  ainsi  qu'en 
1761  elle  se  rendit  à  Moulins  poursuivre  les  leçous  que  prufes^$\it 
alors  c  a^^  du  Coudray,  Qn  cette  ville  pour  les  accouchements  o(i). 
Il  est  vrai  d*ajouter  qu'elle  fut  encouragée  dans  cette  entreprise  p^r 
le  corps  municipal  de  Guéret,  qui  lui  alloua  une  somme  de  soixante 
etidouze  livres,  «  pour  payer  les  dépenses  de  son  voyage  et  séjour 
en  la  ville  de  Moulins  et  de  §on  retour  »  (3). 

{{)  a  Le  dixième  jour  du  mois  de  décembre  1729  a  été  baptisé 
Jean,  fils  illégilime  de  Jeanne  Cyallis,  fille  de  Martial  Cyallis,  huissier, 
lequel  est  né  le  sixième  du  présent  mois  ;  ~  a  été  son  parrain,  Jean 
Colombeyron,  masson  du  faubourg  de  la  Gasne,  lequel  m'a  dit  c|ue  la 
ditte  Jeanne  Cyallis  lui  avait  déclaré  que  Jean  Echerant,  trompette  du 
régiment  de  ViUeroy,  de  la  compagnie  de  M.  Vaucorbeil,  était  le  père 
du  dit  baptisé,  et  la  marraine  Jeanne-Françoise  Banassat,  les^quels 
ont  déclaré  ne  savoir  signer  de  ce  requis,  —  Fait  le  jour  et  an  que 
dessus  en  présence  de  Sylvain  Banassat,  meunier,  soussigné  et  de 
Anr^e  Banassat^  femme-sage.  » 

(2)  Il  s*agit  de  M"^  Le  Boursier  du  Coi^dray,  auteur  d*un  «  Abrégé 
de  l'art  des  accouchements,  dans  lequel  on  donne  les  préceptes 
nécessaires  pour  le  mettre  heureusement  en  pratique  o  1759.  — 
tf  Après  avoir  appris  dans  la  Capitale  Tart  que  je  professe,  dit  cet 
auteur,  et  Tavoir  exercé  Tespace  de  seize  ans,  mon  sort  me  conduisit 
en  Province-  »  M»»  du  Coudray  séjourna  en  difTérentes  villes,  à 
Clermont,  à  Moulins,  etc.  Là,  elle  donna  gratuitement  des  leçons  et 
pour  rendre  ces  dernières  plus  pratiques  elle  prit  le  parti,  dit-elle, 
«  de  faire  manœuvrer  ses  élèves  sur  une  machine  que  je  construisis 
à  cet  eCTet  et  qui  représentait  le  bassin  d'une  femme,  la  nature,  son 
orifice,  ses  ligaments,  le  conduit  appelé  vagin,  la  vessie  et  l'intestin 
appelé  rectum.  J'y  joignis,  ajoute-t-elle,  un  modèle  d'enfant  de  gran- 
deur naturelle,  dont  je  rendis  les  jointures  assez  flexibles  pour  pou- 
voir le  mettre  dans  des  positions  différentes,  un  arrièrerfaix,  ayec 
les  membranes  et  la  démonstration  des  eaux  qu'elles  renferment,  le 
cordon  ombilical...  > 

(8)  Nous  avons  relevé  sur  les  registres  paroissiaux  de  1758,  le  nom 
d'une  autre  matrone,  celui  de  Marguerite  Aubaile,  c  femme-sase  a, 
que  nous  voyons  opérer  à  Maindigouret  baptiser  ensuite  <  par  nlces- 
Bité  D  un  enfant  nouveau-né  dans  ce  village. 


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-301  - 

Le  nom  d^one  autre  sage-femme  nous  est  parvenu,  c'est  celui  de 
Marie  Baratbon,  qui  vivait  vers  4775  et  qui  était  alors  qualifiée 
a  maîtresse  sage-femme  ».  Marie  Barathoii  habitait  la  rue  du  Pral; 
elle  parait  avoir  joui  d'une  certaine  réputation;  elle  était  tout  au 
moins  fort  occupée  et  sa  profession  ne  lui  laissait  ((uère  de  loisirs. 
£n  1780,  elle  fut  exemptée  du  logement  des  g'^ns  de  guerre,  a  en 
considération  de  ce  que  son  état  la  mettait  souvent  dans  Tobligation 
de  quitter  son  logement  et  de  ce  qi/il  y  aurait  beaucoup  d'inconvé- 
nient pour  elle  à  le  laisser  occuper  par  des  soldats  d. 

Quels  étaient  les  honoraires  attribués  aux  sages-femmes?  Sur  ce 
point  encore,  pas  plus  que  sur  Jes  honoraires  des  médecins  et  des 
chirurgiens,  nous  ne  sommes  nullement  renseigné.  Tout  ce  que 
nous  savons  c'est  qu'en  1703  une  somme  de  sept  livres  huit  sols 
fut  payée  à  la  sage-femme,  qui  avait  assisté  la  femme  du  Président 
Boimct  pendant  son  accouchement,  donné  ensuite  des  soins  c  à  sa 
fille  Valérie  »  et  <c  avait  porté  cette  dernière  à  l'église  pour  y  être 
baptisée.  » 

Docteur  F.  VILLARD. 
(A  suivre). 


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GUÉRET.  —  IBCPRIMERIE  AMIAULT,  PLACE  DU  MARCHÉ. 


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MÉMOIRES 


DE  LA 


lîIE  m  SCIEICIS 


pLATURELLES    &  yfliRCHÉOLOGïQUËS 


»>!iCî>fe»<yH 


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La  Société  n'entend  être  responsable  ni  des  opinions 
émises  par  les  auteurs  des  Mémoires,  ni  de  la  forme  de  leur 
rédaction. 

MM.  les  Membres  de  la  Société  sont  priés  d'adresser  au 
Président,  avant  le  !•'  Avril,  les  Mémoires  qu'ils  se  propo- 
seraient de  faire  insérer  dans  le  BULLETIN. 


ifr 


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MÉMOIRES 


DE    LA 


fÏATURELLES     &    y^RCHÉOLOGIQUES 


FONDÉE   EN    1832 


DEUXIÈME   SERIE.  —  TOME  NEUVIÈME 

(XIV«  de  la  Collection) 

DEUXIÈME       PARTIE 


C2-><T^ 


GUERET 
Imprimerie  P.  AMIAULT,  Place  du  Marché. 

1904 


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AU  CONSEIL  GÉNÉRAL 


Monsieur  le  Préfet, 

En  réponse  à  votre  lettre  du  !2  juin  courant,  j'ai  l'honneur  de 
vous  adresser  le  comple-rendu  des  opéralions  de  la  Société  des 
Sciences  Nalnr elles  et  Archéologiques  de  la  Creuse,  pendant  Tannée 
1903-ig0&. 

bulletin.  —  Le  Bulletin  est  en  cours  d'impression.  Il  contiendra 
des  articles  du  regretté  Louis  Guibert,  de  MM.  Beuufranchet, 
Delannoy,  Lacrocq,  Pérathon  ;  un  important  travail  de  H.  Gabriel 
Martin  sur  la  ville  d'Aigurande,  qui  présentait  celte  particularité 
d'être  moitié  en  Berry  et  moitié  en  Marche;  la  fin  des  Notes  sur 
Guéret  au  xviii*  siècle,  par  M.  le  Sénateur  Villard.  Noire  Bulletin 
ne  sera  donc  pas  moins  intéressant  que  ceux  des  années  précé- 
dentes. J'espère  donc  que  le  Conseil  général  nous  continuera  son 
allocation  de  800  francs. 

Dons  au  Musée.  —  La  liste  générale  de  ces  dons  sera  insérée  à  la 
fin  du  volume  de  celte  année.  Pour  le  moment  je  me  bornerai  à 
citer  les  plus  importants  : 

Tableau  de  Deshayes  (école  1830),  paysage,  donné  par  M.  Alexis 
Rouart; 

Portrait  de  femme  (très  beau),  signé  L.  Leprévost  et  daté  de 
!827,  donné  également  par  M.  Rouart  ; 

Lot  de  tissus  provenant  des  fouilles  d'Antinoë,  envoyé  par  le 
Ministère, 

Acquisitions.  —  Sans  parler  des  acquisitions  faites  par  la  Biblio- 
thèque, je  citerai  parmi  celles  du  Musée  : 

Burette  très  élégante  el  plateau. 

Cbrisl  bjfsaniin,  émail  cbamplevè  du  XV  siècle. 


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-.  308  - 

Nous  sommes  malheureuseraenl  obligés  de  réduire  outre  mesure 
les  acquisilions,  en  prévision  des  dépenses  qu'entraînera  Tinstalla- 
lion  du  nouveau  Musée.  Il  sera  indispensable  de  faire  redorer  tous 
les  cadres,  de  mettre  les  meubles  en  état,  et  surtout  de  faire  réparer 
certaines  tapisseries,  par  exemple  celle  du  CoUin  Uaillard^  dont 
une  portion  de  Tencadrement  doit  être  refaite.  Pareil  panneau 
provenant  de  la  collection  Leclercq,  vient  d'être  vendu  16.500  fr., 
le  l**^  juin  1904,  à  THôtel  Urouoi.  Nous  avons  fait  récemment 
réparer  la  tapisserie  du  Martyre  de  Sainle-Dai  be^  et  cette  réparation 
nous  a  coûté  plus  de  1.800  francs. 

Nous  ne  pouvons  songer  à  réduire  Timporlance  de  noire  Bulletin, 
très  apprécie  des  Sociétaires  et  du  public  ;  ce  serait  funeste  pour 
notre  Société,  qui  verrait  certainement  diminuer  le  nombre  de  ses 
membres. 

Musée.  —  La  loterie,  autorisée  pour  la  construction  du  Musée, 
parait  avoir  complètement  réussi.  Les  derniers  billets  viennent 
d'être  envoyés  à  l'agence  Fournier,et  Ton  peut  espérer  qu'ils  seront 
placés  pour  le  15  juin,  date  du  tirage. 

Le  bruit  circule  qu'on  emploierait  l'argent  de  la  loterie  à  acheter 
la  maison  Tixier-Lacliassagne  pour  y  installer  la  Mairie  et  qu'on 
céderait  au  Musée  rUèlel  de  Ville  actuel.  Ce  serait  une  grande 
faute,  tant  au  point  de  vue  artistique  qu'à  celui  de  la  conservation 
et  de  l'installalion  des  collections;  et  surtout  ce  serait  absolument 
contraire  aux  dispositions  du  décret^  qui  n'a  autorisé  une  loterie 
qu'à  la  condition  d'en  affecter  le  produit  total  à  la  construction  de 
bâtimenls  neufs  et  à  rinslallation  des  galeries.  Il  ne  saurait  être 
question  d'en  distraire  tout  ou  partie  pour  lui  donner  un  autre 
emploi.  Le  seul  prélèvement  à  faire  est  celui  que  nécessiteront  le 
transport  et  Tinstallalion  des  collections  dans  les  nouveaux  bâti- 
ments, 

Guéret,  Ie7juinl904. 

Le  Président, 

DELANNOY. 


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PROCÉS-VERBAL 

DE 

L'Assemblée  générale  du  14  avril  1904 


Présidence  de  M.  DELANNOY 

Sont  présents  :  HH.  Delannoy,  Commandant  Laroche,  Maurice 
Pineaa,  de  Cessac«  D**  Gomot,  Lefour,  Gallerand,  D'  Bordier, 
Autorde,  Lassarre,  Cusinet,  de  Corbier,  Chanlrelie,  Paquet,  Pineau 
de  Hontpeyroux,  Auclair,  Dufoussat,  Jaraot,  des  Clieises. 

MM.  Germouty,  Queyrat,  Amiault,  Goubaud  ;  M™'»  Picard  de 
Grandchamp,  Fourest  et  de  Fournoûe  ont  exprimé  leurs  regrets  de 
ne  pouvoir  assister  à  la  réunion. 

La  séance  est  ouverte,  et  après  la  lecture  et  l'adoption  du  procès- 
verbal  de  rAssemblée  générale  du  24  avril  1903,  M.  le  Président 
prend  la  parole  : 

c  Messieurs,  celle  année  notre  Société  a  été  durement  éprouvée, 
r  et  la  mort  a  fait  de  nombreux  vides  parmi  nos  membres  titulaires. 
«  Nous  avons  perdu  MM.  Agabriel,  Courly,  Martinet,  Florand. 

«  MM.  Agabriel  et  Courly,  sans  prendre  directement  part  à  nos 
«  travaux,  s'intéressaient  à  tout  ce  qui  nous  concernait.  H. Martinet 
«  a  été  noire  président  pendant  sept  années,  et  en  reconnaissance  des 
or  services  rendus,  vous  lui  aviez  conféré  Tboiforariat,  M«  Florand, 
c  notre  doyen,  faisait  partie  de  la  Société  presque  depuis  sa  fonda* 
c  tion  ;  il  a  exercé  pendant  de  longues  années  les  foDctioos  de 


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-  310- 

c  Trésorier,  el  ne  les  a  quittées  qu*en  1898,  à  cause  de  son  grand 
«  âge,  et  après  s'être  assuré  un  digne  successeur  :  vous  lui  aviez 
ce  conservé  jusqu'à  sa  mort  le  litre  d'administrateur. 

«  Nous  avons  également  à  déplorer  le  décès  d'un  de  nos  membres 
et  correspondants  les  plus  distingués,  M.  Louis  Guibert,  si  connu 
«  par  ses  beaux  travaux  sur  Thistoire  du  Limousin  :  il  m'avait 
a  adressé,  au  mois  de  novembre  dernier,  uu  intéressant  article  : 
«  Histoire  des  Sorciers,  qui  sera  publié  dans  le  Bulletin  de  cette 
c  année.  Une  souscription  ayant  été  ouverte  pour  élever  un  monc- 
0  ment  sur  la  tombe  de  M.  Guibert,  nous  avons  souscrit  pour 
«  20  francs;  tout  en  regrettant  que  la  nK)dicité  de  nos  ressources 
«  ne  nous  permette  pas  de  faire  plus,  j'offre  au  nom  de  la  Société, 
«  les  plus  sincères  condoléances  aux  familles  de  nos  collègues 
«  décédés,  v 

M.  le  Président  présente  alors  les  comptes  de  l'année  1903. 


RECETTES 

En  caisse  au  31  décembre  1902 2.345  60 

Don  de  l'Association  de  la  Creuse 100    d 

Subvention  du  Département 800    »- 

—        de  la  Ville  de  Guéret 600    » 

Vente  de  Bulletins 9  50 

Cotisations  des  Sociétaires 1.040    » 

Restant  des  500  francs  retirés  de  la  Caisse  d'Epargne 

pour  l'achat  (à  489  fr.  25)  de  15  francs  de  rente 21  75 

Deux  Coupons  de  titre  de  rente.  7  50 

ToUI 4.924  35 

(Le  livret,  fia  décembre  1004  réduit  à  1.034  fr.  41). 


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p^-^ 


-  3H  - 


DÉPENSES 

Les  dépenses  sonl  représentées  par  21  mandais  : 

lo  Facture  Adenis 33    3» 

*»        —        -     11245 

3»  Cotisation  Association  Française iO    » 

4°  Dethias,  imprimeur 18  10 

5""  Maugenest  Mitterand 42  50 

6*  Vincent... 9    i 

7»  Betoulle 104  65 

8"»  Alhéritière 20    » 

90  Annales  du  Midi 12    > 

iO®  Facture  Dureisseix 59  65 

i  1*  Mandat  Dercier 50    j» 

12<»  Maugenest  et  Mitterand li    n 

13*  Facture  Reyer  et  Ci« 65  80 

14*      —      Amiault 984  7« 

15<»      —      Tixier  38    » 

le^"  Mandai  Jorraud 1 .000    » 

17*  Facture  Kopf. i    » 

18«      —      de  M.  Pineau 38  85 

19*      —      Lefour 52  30 

20*  Mandat  Rémy 200    j& 

2P      —     Quincaud 200    » 

22*  Facture  Vincent. ...   !  10    ï> 

230      —      Quincaud 16  50 

24*  Mandat  Dercier 50    » 

Les  dépenses  s'élèvent  à 3.204  2S 

Balance  de  Teiercice  1903  : 

Recettes 4.924  35 

Dépenses 3.204  25 

Reste  en  caisse  au  31  décembre  1903. . .  • 1 .720  10 

(Livret  ;l.Û34fr.  42). 


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--  312  — 

Conformémenl  aax  Statuts,  MM.  Cusinet  et  Louis  Lassarre  sont 
désignés  par  M.  le  Ptésident  pour  vérifier  les  comptes  séance 
tenante.  Les  mandats,  factures  et  quittances  sont  mis  à  leur  dispo- 
sition. Les  comptes  de  1903  sont  déclarés  exacts  et  approuvés  par 
TAssembiée. 

M.  le  Président  soumet  ensuite  le  projet  de  budget  pour  1904  : 


RECETTES 

En  Caisse  au  i"  janvier  1904 1.720  10 

Cotisations i.OOO  » 

Subvention  de  la  Ville 600  » 

—  du  Département 800  » 

—  de  la  Société  Amicale  de  la  Creuse. .....  100  * 

Total 4.220  10 


DÉPENSES 

Bulletin i.OOO  » 

Gravures 100  » 

Salaire  du  concierge  et  des  gardiens 250  • 

Abonnements  et  cotisations 40  » 

C«)nservation  des  collections,  ports,  aiïranchissements.  200  > 

Réparation  de  la  tapisserie  Sainte-Barbe  (complément),  500  d 

Achats  pour  le  Musée 200  » 

Bibliothèque  et  reliures 100  d 

Fouilles  et  recherches 150  b 

Dépenses  à  prévoir  pour  mise  en  état  des  collections, 
nettoyage,  réparations,  dorures,  etc..  lors  de  Tinstalla- 

tion  du  nouveau  iMusée 1 .530  10 

Total •.  4.220  10 


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r 


-  313  — 

M.  le  Préfet  de  la  Creuse  nous  a  fait  savoir  que  le  Conseil  général 
nous  avait  accordé  une.  subvention  de  800  fr.  ;  la  Société  Amicale 
nous  a  fait  un  nouveau  don  de  100  francs;  des  remerctments  sont 
volés  à  M.  le  Préfet,  au  Conseil  général  et  à  la  Société  Amicale  de 
la  Creuse. 

Depuis  notre  dernière  réunion,  le  bureau  a  admis  six  nouveaux 
membres  :  M""  Picard  de  Grandchamp,  28  juillet  1903;  MM.  Cbarles 
Désiré,   curé  de  Sainl-Sulpice-le-Guérélois,  iA  décembre  1903 
Gatumeau  (Emile),  intendant  militaire  en  retraite,  27  janvier  1904 
Charles  de  Léobardy,  27  janvier  1904  ;  D'  Queyrat,  26  mars  1904 
Louis  Auclair,  26  mars  1904. 

L'Assemblée  ratifie  toutes  ces  admissions. 

H.  Charriëre  nous  a  adressé  sa  démission,  mais  il  nous  a  exprimé 
en  même  temps  tous  ses  regrets. 

Des  remerctments  sont  votés  pour  dons  faits  au  Musée,  à  MM. 
Masquelez,  le  buste  en  terre  cuite  de  son  père,  ancien  administra- 
teur du  Musée,  et  de  son  oncle  Auguste-Joseph  Masquelez,  colonel 
tué  à  l^ennemi  à  Tâge  de  33  ans;  Guimet,  membre  honoraire; 
Alexis  Rouard;  André  Porthaud;  Autorde;  Paquet;  Paul  Piot  ; 
Besse  et  à  M.  Ducourtieux,  pour  dons  faits  à  la  Bibliothèque. 

La  Loterie  du  Musée  est  en  bonne  voie,  la  moitié  des  billets  est 
déjà  placée;  et, d'après  l'agence  Fournier,  c'est  dans  les  deux  der- 
niers mois  que  la  vente  est  la  plus  active  :  du  reste  si  Topération 
n'est  pas  terminée  au  mois  de  juin,  nous  demanderons  un  délai  de 
trois  mois  pour  le  tirage. 

M.  Tabbé  Dercier  a  continué  ses  fructueuses  recherches.  Il  a 
trouvé  de  nouvelles  monnaies,  d'autres  constructions  et  d'autres 
statues  malheureusement  mutilées.  L'une  d'elles,  que  notre  collè- 
gue attribue  à  Jupiter,  devait  être  d'une  grandeur  double  de  la 
taille  naturelle,  d'après  la  tète  et  une  main  qui  ont  été  retrouvées. 
M.  le  Curé  de  Saint-Goussaud  regrette  de  ne  pouvoir,  comme  il  Ta 
fait  Tannëe  dernière,  vous  faire  connaître  lui-même  ces  détails. 

L'ordre  du  jour  comporte  la  nomination  du  bureau  dans  lequel, 
M  raison  de  la  mort  de  H.  Florand,  il  manque  un  Administrateur* 


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-  3U- 

Les  membres  sortants  sont  d*abord  réélus  par  acclamation  : 

Président  :        M.  Delannoy,  0.  *  ; 

Secrétaire  :        Commandant  Laroche,  0.  'f^  ; 

Vice-Secrétaire  :  D''  Gomot  ; 

Trésorier  :        M.  Lefour; 

Administraient  s  :  MM.  Aulorde,  Gallerand,  D^"  Bordier; 

Ensuite  M.  Rouart,  bienfaiteur  du  Musée,  est  élu  à  Tunanimité 
Administrateur  en  remplacement  de  M.  Florand  ; 

M.  Mirguetest  désigné  par  le  bureau  comme  bibliothécaire  ; 

MM.  Maurice  Pineau  et  de  Cessac,  en  première  ligne,  et  MM.  Jamot 
et  Lassarre,  en  deuxième  ligne,  seront  proposés  à  la  nomination  du 
Conseil  municipal,  comme  conservateurs  du  Musée. 

M.  le  Président  donne  la  parole  à  M.  Pineau,  pour  une  communi- 
cation qu'il  résume  ainsi  : 

«  Le  11  avril,  H.  Besse  m'a  prévenu  que  Ton  venait  de  décou- 
«  vrir  un  cimetière  Gallo-Romain  dans  une  terre  appartenant  à 
«  M.  Marteau,  adjoint  au  maire  de  Ponlarion,  et,  à  moins  de  50O 
«  mètres  de  celte  localité,  c'est  un  laboureur  qui  le  premier  a  mis 
«  au  jour  un  bloc  de  granit  enfoui^  à  quelques  centimètres  seule- 
c  ment,  et  présentant  une  cavité  remplie  de  cendres  et  d'ossements. 

«  Depuis,  une  quinzaine  de  blocs  du  même  genre,  les  uns  cylin- 
c  driques,  les  autres  cubiques,  ont  été  découverts;  l'un,  entre 
f  autres,  par  M.  Besse,  qui  avec  des  ossements  et  des  cendres 
«  renfermait  une  médaille^  complètement  fruste  du  reste. 

«  On  a  trouvé  également  une  quantité  considérable  de  tuiles 
€  romaines  et  des  débris  de  poteries,  mais  aucun  réceptacle  ne 
t  renferme  d'urne. 

m  Le  communal  ancien  où  a  été  faite  cette  découverte  n*est  qu'à 
if  une  petite  distance  de  Guéret;  il  sera  possible,  avec  l'autorisation 
9  du  propriétaire»  d'y  pratiquer  quelques  fouilles  raisonnées.  d 

Un  membre  ayant  alors  demandé  ci  le  Musée  avait  été  compris 
lur  la  liste  des  établissements  que  visitera  H.  le  Mioislre  de  TAgrU 


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—  315  - 

^Iture,  pendant  son  séjour  à  Gaéret  le  22  Mai?  H.  Delannoy 
répond  qu'il  u'a  pas  ëtë  informé  de  cette  visite:  à  ce  propos, 
l'Assemblée  Lonsnltèe  décide  qae  pendant  ie  concours  spécial  le 
Musée  restera  ouvert  au  public. 

Personne  ne  réclamant  la  parole,  Tordre  du  jour  étant  épuisé» 
M.  le  Président  lève  la  séance. 

Lé  Secrétaire^ 
Commandant  LAROCHE. 


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9ISEBVATI0IS  IETEOROLSSIIIIIES 


FAITES  PENDANT  L'ANNÉE  1902 


— -ax5Vï>>»^ 


Extrait  dn  rapport  dressé  le  f6  Août  1903  par  M.  Le  Sbcq-Destour- 
NELLES,  Ingénieur  en  Chef  des  Ponts  et  Chaussées^  membre  de  la 
Commisssion  météorologique  de  la  Creuse. 


La  Commission  météorologique,  însUluée  par  arrêté  de  H.  le 
Préfet  de  la  Creuse  du  12  mai  1879,  s'est  trouvée  désorganisée  en 
1888  en  raison  de  démissions  ou  de  changements  de  fonctionnaires. 

Le  Conseil  général  ayant  décidé,  dans  sa  séance  du  20  août  1891, 
que  ce  service  serait  réorganisé,  un  arrêté  préfectoral  du  10  mars 
1893  a  reconstitué  cette  Commission,  et  il  serait  désirable,  ainsi  que 
nous  Tavons  demandé,  dans  les  précédents  rapports,  qu'elle  pût  se 
réunir  régulièrement,  au  moins  une  fois  par  an,  ce  qui  n'a  pas  eu 
lieu  depuis  longtemps. 


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-  317  - 

Qiioiqull  en  soit,  nous  présentons  pour  Tannée  4902  le  compte- 
rendu  tles  observations  pluviomélriques,  therinométriqueS)  baro- 
luélriques  el  celles  relatives  aux  orages. 


PLUVIOMÉTRIE 


1*  Qmnlité  de  pluie 


Les  13  stations,  qui  ont  adressé  des  observations  pluviomélriques 
compièles,  comprennent  le  service  spécial  des  Ponts  et  Chaussées  et 
les  stations  de  Chénérailles  et  de  La  Souterraine. 

La  hauteur  moyenne  de  pluie  en  4902,  pour  les  43  stations,  est 
de  897»™, S. 

Il  est  tombé  plus  de  4,600»'*  d'eau  à  Gentioux  ; 
—  4,000       —       Guéret; 

•^  900 

— ■  800 


—       La  Souterraine,  Aubusson  ; 


-p^  700 

Et  668"».7  à  Chénérailles. 


Boussac,  Pontarion,  Felle- 
tin; 

Chambon,  Dun,  Ahun,  Béné- 
vent,  Auzances. 


SI  Ton  compare  les  21  années  pour  lesquelles  il  a  été  fourni  des 
relevés  d'ensemble  : 


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-318  - 

1881  qui  a  donné 690«"6 

1883                   939.1 

1884                    80Î.9 

1885                    963  .  3 

1886                    949.2 

1887                    878.6 

1888                     802.2 

1889                    819.7 

1890                    791.6 

1891                    834.3 

1892                    917.1 

1893 667.8 

1894 706.5 

1895                    812.4 

1896                    840.2 

1897                    950.2 

645.7 

682.1 

1900                    910.8 

1901                    863.9 

1902                    897.2 


Moyenne  des  21  années 826  .  9 


On  arrive  à  celle  conclusion  que  1881,  1893, 1894, 188«S  et  1899 
onl  été  des  années  de  sécheresse,  1883,  1885,  1886,  1892, 1897  et 
1900  des  années  pluvieuses,  et,  enfin,  1884,  1887, 1888, 1890, 1891, 
1895, 1896, 1901  et  1902  des  années  moyennes. 


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-319- 


V  Nombre  de  jours  de  pluie 


Pour  les  13  slaiions  doiil  les  observations  sont  complètes,  le  nom- 
bre de  jours  de  pluie  a  varié  entre  99  et  178. 

La  moyenne  e$t  de  138,  suit  plus  de  un  jour  sur  3. 

Nous  donnons  d*au!re  part  : 

l-<  Le  tableau  des  quantités  d'eau  tombées  aux  diflérentes  stations 
pluviomètriques. 


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Le  relevé  mensuel  des  jours  de  pluie. 


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-  920- 


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-  322- 

Belevé  mensuel  des  jours  de  pluie  dans  les  stations  çt/t 
ont  fourni  des  renseignements  complets. 


STATIONS 


Ghambon 

Dun 

I  La  Souterraine. . . 

Boussac 

Aubusson 

» 

Ahun 

Guéret 

Pontarion 

Bénévent 

Ghënérailles 

Fellelin 

Auzances 

Genlioux 


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16  14 


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40  13 


U 

•20 

17 
20 

il 

20 
48 
!6 
10 
21 
11 
21 


TOTAL 
pendant 
Tannée 


129 
162 
178 
150 
157 

111 
152 
142 
132 
100 
157 
99 
168 


TEMPERATURE 

Des  observations  thermonaétriques  complètes  ont  été  faites  dans 
6  stations  :  La  Souterraine,  Aubusson,  Guéret,  Pontarion,  Auzances 
et  Genlioux. 


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-  323  - 

Les  moyennes  des  H  dernières  années  ont  été  de  10°  en  1862, 
9».2  en  J893,  9».4  en  1894. 9».2  en  189S.  8°.4  en  1896,  10  .2  t-ii  1897, 
lOo.l  en  1898, 10».5  en  1899,  9".8en  190U,  1U«.4  en  iWl  eL  lU'.S 
en  1902. 

Températures  minima. 


on 

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STATIONS 

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3 

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0.9 

0.8 

4." 

8,3 

6.4 

5.6 

1       , 
0.5  2.7 

0.3 

2.3 

434Aubusson.J-i  0-8.0|  0.1 

^.0 

5.9 

10. H 

11.6 

n.o 

9.(t 

b.0-1.5 

-0.4 

3.7 

453Guèret '-2. 9-10. 9  >0. 6 

3.7 

8.4 

12.1 

14  5 

11.4 

8.8 

3.3-1-0 

'0.4 

3.8 

465Pontarion..!-0.3.7.3;  1.4 

5.1 

8.3 

9.8 

10.7 

9.8 

10.8|3.1-1.4 

'ÛJ: 

4.1 

SCOAuzances... 

-1.9-8.3.-1.1 

4.1 

6.5 

10.7 

12  0 

9.8 

9  13.1-2  1 

^0.2 

3.7 

850 

Gentioux... 

-4.8 

-8.8 

i 

-1.6 

i.3 

7.1 

11.6 

12.8 

12.3 

10.8 

5.1-1  8 

1 

3.9 

Température  maxima  et  moyenne  générale  de  l'année  iOOf. 


Sta- 

tiODS 


378  U  Sont. 
434  inbossoii. 


453 
465 


Giéret.. 

PoitarioD 
560|iaz&Bees 
850iG'eDtiottx 


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5.1 

9.0 

7.5 


0.5  6.917.0 


5.8;-0.6  6.415.8 

6.3  1.6|  6.514.4 

4.4  1.6  3.811.9 


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W3 


6.6 I2.ffll6.8l6.0]22.228. 325  821.6 
3.o'  7.«l8.020.023.o'26.ol27.022.0 


18.621.5,24  0 


19.123.324.523.7 


18.722.' 


25.425.422.215  8  9.96.8 


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24.820.1 


19.3 


14.3  9.96.1 

15.0|l0.ÛB.0 
13. 8|  T.eJô.O 

13  D  e.oiï.i 


19 


16.5;20.62I.621.917.4 

Moyenne  Générale 


11.3  4.8 


U.l  3.8 10.3 
\m.[  9.3 
U,63,7  10.9| 
H.63,9,  7.7| 

10,6 


14.1 


3,5 


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—  324  - 


PRESSION  BAROMÉTRIQUE 


nés  obi^ervalïons  qtiotidieanes  ont  été  hiîm  cofiiplèlameiu  àux 
stallijasde  la  S^uteiTaine,  Aubussoti»  Guérel,  rorUanoii,  Âuzanci^ 
et  Genliôiix. 

Le  tableau  d  -  dessous  motilre  que  la  hauteur  bar0méln(|U0 
moyeane  varie  entre  716  à  Gentioux  et  737  à  la  Saulerrai»«  ; 


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-  325  — 
ORAGES 


Les  bulleLîns  d'orages  u*ont  été  envoyés  que  par  MM.  Decouchon 
à  Cliénéi ailles,  Maltt^rre  à  Pontarioii  el  Bellet  à  La  Souterraine; 
ntaisiVun  autre  cùte  les  auireB  observateurs  ont  aussi  consigné  sur 
leurs  feuilles  mensuelles  el  sur  des  registres  spéciaux  des  rensei- 
gnements à  ce  sujet. 

Nous  donnons  ci-après  la  nomenclature  des  orages  constatés  soit 
par  ies  tmlleiins,  soit  par  les  feuilles  ou  registres. 


DATES 

STATIONS 

OBSERVATIONS 

i8  Février... 

Bou^sac, 

Tonnerre  et  éclairs,    la 

nuit. 

i*'  mars..,. 

Crocq,  Sairit-Oradour-de 
Cliiiouze, 

Orage  peu  imporlantdans 
la  soirée. 

14    —   

Suil-Estdu  département. 

Temps  orageux. 

12  avril 

Crocq. 

Orage  dans  la  soirée. 

13    —   

CharaboïL 

Quelques  éclairs. 

19    -   

Boussac. 

Orage  peu  important  à 
11  h.  du  soir. 

27    -  

Ch:injbon,      Crocq,     La 
Nouai  Ile,  Uoussac,  La 
Souterraine    et   cora- 

Orages  dans  la  soirée. 

munes  voisines. 

&  mai 

Pontariott,  Uoussac,    La 
Souterraine. 

Orages  peu  importants. 

18    -   

Crocq,     St*Oradour-de- 
Cljirouze,     Montbou- 
cher,  Clîarnl)on. 

Orages»  avec  pluie  el 
grésil  à  Cliambon. 

19    -  

Est  et  Nord  du  dèparte- 
laeuu 

Orages  fréquents  el  vio* 
le.nts.  A  Ghénérailles. 
la  foudre  est  tombée 
sur  le  clocher  el  sur 
uae  maison. 

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-  326  - 


DATES 

STATIONS 

OBSERVATIONS 

20  mai 

Chénérailles,  Puii,  Bous- 
sac. 

Orages,  avec  forte  pluie. 

21    -   

La    Souterraine,     Dun, 
Chaïubon,  Aubusson. 

Pluieet  grêle  à  Aubusson. 

23  - 

Crocq. 

Orages  dans  la    soirée, 
avec  forte  pluie. 

29  - 

Dun. 

Temps  orageux. 

30  -  

• 

Ponlarion,    Soubrebost, 
Cbambon.       Sanient, 
Monlboucher,  La  Sou- 
terraine, Gentioux. 

Orages  peu  importants. 

3«   - 

Dun. 

Pluie  d'orage. 

2  Juin 

Hontboucher. 

Temps  orageux. 

3    --   

Tout  le  déparieraenl. 

Orages  fréquents  et  assez' 
violents,  avec  pluie  et 
grêle  à  La  Nouaille. 

4     -  

Monlboucher. 

Orage  à  4  b.  du  soir,avec 
forte  pluie. 

6     - 

Monlbotfcher,  Pigeroiies. 

Orages  violentsavecgrêle 
abondanteà  Pigeroiies. 

12     -  

Montboucber. 

Orage  à  2  b.  du  soir  avec 
forte  pluie. 

14  et  15  -  ... . 

Bourganeuf. 

Temps  orageux  dans  la 
soirée. 

27  - 

Aubusson,    Sl-Oradour- 
de-Cbirouze,  La  Nou- 
ailie,  Dun,  Guéret. 

Orages  peu  imporlants. 

29  - 

Dun. 

Temps  orageux  dans  la 
soirée. 

30   -  

Tout  le  département. 

Orages  violents  et  fré* 
quenis.  A  Chambon  et 
à  Bûussac,  les  récolles 
sont  bacbées  par  U 

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327    - 


DATES 

•     STATIONS 

OBSERVATIONS 

grêln.  L'établissement 
des  bains  d'Évaux  a 
beaucoup  soufTert.  A 
la  Cellelte,  la  foudib  a 
incendié  une  maison. 

1"  Juillet.... 

Chénérailles,  Sl-Oradour 
Felleiin,Gnérel,  Bous- 
sac,  Aubusson. 

Orages,  avec  forte  pluie  à 
Aubusson. 

7    -   

La  Nouaille,  Sl-Oradour 

Orages  peu  importants. 

8    —  

Fellelin. 

Orage  dans  la  soirée, 
avec  grêle. 

9  - 

Cliambon,  Crocq,  Saiiil- 
Oradour,  Boussac. 

Orages  dans  la  soirée. 

10    -   

Auzanccs. 

Eclairs  fréquents  dans  la 
soirée. 

U  — 

Dun. 

Temps  orageux. 

18    -   

Cliambon,    Aubusson, 
Saint-Oradour,  Crocq, 
Duii,  Gentioux,  Pelle- 
lin,  la  Nouaille. 

Orages  fréquents, etassez 
violents,  avec  grêle  à 
Aubusson,  Crocq  et  La 
Nouaille. 

16  -  

Est  du  déparlement. 

A  Hérinchal  la  foudre  a 
tué  deux  vaches  dans 
un  troupeau. 

17  - 

Cbénérailles,   Auzances. 

Orages  peu  imporlanls. 

23  -  ...... 

St-Merd-la-Breuille. 

La  foudre  a  détruit  une 
grange  et  son  contenu. 

24  - 

Crocq,  Sl-Oradour,  Gen- 
tioux. 

Orages. 

27    -   

Gentioux. 

Orage  peu  important. 

l«'aoûl 

Moitié  Ouest  et  Sud  du 
département. 

La  foudre  est  tombée  à 
LaBussiére,  un  homme 
est  resté  près  d*utte 

.   heure  sans  connais* 

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-  828 


DATES 

STATIONS 

OBSERVATIONS 

sance,  la  faucille  qu'il 

portait  a  été  fondue. 

5  Août 

Guéret.' 

Orage. 

6    - 

Crocq,  St-Oraciour. 

Orages  dans  la  soirée. 

7     -  

Bénévent,Ahun,Pioimat 
Cressat,  Sailli-Laurent, 
Guéret,  Auzances,  La 
Souterraine. 

Orages  peu  importants. 

8     - 

Guéret. 

Orage. 

9     -  .   ... 

Crocq. 

Orage. 

15     - 

Chénérailles. 

Orage  le  soir. 

16     — 

Tout  le  déparlement. 

Orages  fréquents  et  trèt 
violents  à  Ëvaux  et  à 
LaNouaiile  la  grêlera 
vage  les  récoltes.  A  S(- 
Éliei.ne-de-Fursac,  la 
fondre  incendie  une 
maison.  Dans  plusieurs 
communes,  quantité 
d'arbres  fruilii-rs  sont 
déracinés  ou  brisés. 

17     - 

Guéret,    Saint-Oradonr. 

Orages  assez  violents  ;  à' 

et  cantons  de  Chéné- 

Chard,  la  foudre  dé- 

railles et  d'Auzances. 

truit  une  grange  et  son 
contenu.  Grandsdégàls 
à  Peyrat-la-Nonière. 

20     -  

La  Nouaille,  St-Oradour, 
Gentioux. 

Orages. 

23     - 

Cbambon. 

Orage  peu  importanldans 
la  soirée. 

25     -  

Guéret. 

Orage. 

28     - 

Chénérailles* 

Orage. 

•  y       ^    • t  * • • 

Est  et  Nord  du  déparle- 

Orages  fréquents  et  viol 

.  menti 

lente,  A  Guéret  et  #| 

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-  329  — 


DATES 

STATIONS 

OBSERVATIONS 

Pontarjon,    beaucoup 

d'arbres   déracinés. 

Tempête     violente    a 

(Chénérailles  de  4à5h. 

du  soir. 

3  sepUnbn  . . . 

Boussac. 

Ora<çe  peu  imporlanl. 

4      —     ... 

Tout  le  département. 

Dégâls  importants  à  La 
Souterraineet  à  Grocq.. 
An  Quéroy.  commune 
de  St- Maurice,  la  fou- 
dre est  tombée  sur  une 
maison  et  sur  une  êta- 
ble  où  7  brebis  ont  été 
tuées  ;  à  Bussière-Nou- 
velle,  6  maisons,  4 
granges  et  7  écuries 
ont  été  détruites,  perte 
33.000  fr. 

5      -     ... 

Chénèrailies. 

Orage  peu  important 
dans  la  soirée. 

10     -    ... 

Chénérailles. 

Éclairs  dans  la  soirée. 

Ilell2-     ... 

Est  du  département. 

Temps  orageux. 

23      -     ... 

Guéret,  la  Nouaille,  Sl- 

Orages,  avec  forte  pluie 

Oradour,    La  Souter- 

à Guéret. 

raine,  Fellelin,  Ponia- 

rion. 

24      -     ... 

Hontboucher,  Dun,  Gen- 
tioux. 

Orages  peu  importants. 

26     -     ... 

Chambon. 

Temps  orageux. 

28      —     ... 

Montboucher. 

Orage  dans  la  soirée. 

30      -     ... 

Grocq. 

Orage. 

6  octobre... 

Boussac. 

Éclairs  dans  la  soirée. 

9     -     ... 

Saint-Oradour. 

Orage  peu  important. 

14      -     ... 

Chénérailles. 

Temps  orageux. 

6  Novembre. 

Saint-Oradour. 

Manifestalionsorageuses. 

|30    -  

Saint-Oradour. 

Éclairs  et  tonnerre  à  9  h. 

1 

*    ^^B^^^^ï^*»^  W^  * 

du  soir. 

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AU    XVIII*    SIÈCLE 


Nous  avons  lu  récemmeni  un  Factnm  de  4755,  qu'il  nous  pardtt 
intéressant  de  reproduire  en  partie,  comme  pouvatil  donner  une 
idée  des  mœurs  judiciaires  de  l'époque.  CVst  un  Mémoire  du  sieur 
Hoy  de  PierrefiU«,  négociant  à  Felletin,  contre  le  sieur  Masson- 
Dumas^  mattre  Mosnier  do  Gazon,  procureur  en  la  Cour  et  divers 
autres,  accusés  de  faux  témoignage  el  subornation.  Ce  Mémoire  de 
53  pages  in-quarto,  a  été  rédigé  par  Tavocat  Marchand  et  imprimé 
à  i^aris,  ciiez  Grange,  rue  de  la  Parcheminerie. 

Commençons,  avec  Tauteur  du  Mémoire,  par  faire  connaître  les 
principaux  personnages  du  procès  : 

((  Le  sieur  Roy  de  Pierrefitte  est  un  négociant  établi  à  Felletin, 
en  Marche,  où  il  fait  un  gros  commerce  ;  il  est  fils  du  sieur  Roy 
qui,  pendant  trente  ans,  a  été  un  des  subdélégués  des  Intendants 
du  Bourbonnais.  Il  a  un  frère  Roy  de  Marceleix  qui,  depuis  quel- 
ques années,  a  exercé  par  commission  Torfice  de  Greffier  en  la 
Châtellenie  de  Felletin. 

«  Le  sieur  Masson-Dumas,  garde  de  la  Porte,  esl  domicilié  dans 
la  même  ville.  C'est  un  homme  dont  le  père,  tiré  du  sein  de  la 
mendicité,  fit  fortune  à  Paris  dans  les  révolutions  du  système;  il 
était  flis  d'un  cnrdeur  de  laines  et  n'arh^ta  une  charge  chez  le  Roi 
que  pour  exercer  impunément  ses  excès  ccmtrede  pauvres  paysans, 


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-  331  - 

à  qui  il  imposait  par  son  litre  et  le  droit  de  conmitiimus  (1)  qui  y 
esl  attaché. 

ff  Le  12  juillet  1748,  Masson-Dumas  attaqua,  sur  le  grand  clie* 
rniu,  le  sieur  Roy  de  Marceleix,  il  lui  donna  plusieurs  coups  d'épée 
dans  le  visage  et  le  poursuivit,  le  pistolet  à  la  main.  Marceleix 
rendit  plainte  de  ces  faits,  mais  Dumas  trouva  le.  secret,  par  ses 
intrigues,  d'arrêter  le  cours  des  poursuites  faites  contre  lui.  La 
procédure  est  encore  subsistante  au  greffe  de  la  sénéchaussée  de 
Guéret.  » 

Ceci  ne  fait  pas  Téloge  de  la  justice  du  temps,  si  certaines 
influences,  même  de  peu  de  poids,  suffisaient  à  en  interrompre  le 
cours. 

a  Masson- Dumas  se  fit  encore  plusieuis  autres  procès  criminels 
pour  des  violences  exercées  contre  ses  concitoyens,  entre  antres  pour 
délits  très  graves  commis  contre  le  sieur  Bandy  de  la  Brousse, 
ofQcier  dans  le  régiment  qui  était  alors  au  prince  Camille.  L'instruc- 
tion de  cette  affaire  fut  portée  devant  le  sieur  Myomandre  de 
Saint- Pardoux,  homme  qui  a  de  la  fortune  et  qui,  depuis  quelques 
années,  avait/icquis  les  charges  de  lieutenant  civil  et  assesseur  en 
la  Cliâlellenie  de  Felletin.  Dumas  chercha  à  se  faire  un  appui  au 
moyen  d'une  alliance  qu'il  contracta  avec  le  sieur  Myomandre. 
En  effet,  ce  dernier  épousa  la  sœur  de  Masson-Dumas;  ce  mariage, 
comme  l'on  croit  aisément,  ne  servit  qu'à  ralentir  le  cours  de 
rinstruction.  On  fut  obligé  de  la  faire  apporter  en  la  cour,  et  elle 
fut  renvoyée  à  Guéret,  où  elle  se  poursuit  actuellement  par  les 
ordres  de  M.  le  Procureur-Général.  Masson-Dumas  fut  décrété  de 
prise  de  corps. 

Ce  décret  ne  parait  pas  avoir  été  suivi  d'effet,  car  nous  allons 
retrouver  Dunias  à  Paris,  avec  son  beau-frère,  occupé  à  la  pour- 
suite de  ses  procès.  C'est  que,  à  cette  époque,  les  sentences  d'un 
tribunal  n'étaient  valables  que  dans  le  ressort  de  sa  juridiction  ; 


(1)  Droit  de  plaider  devant  un  tribunal  spécial,  les  Requêtes  du 
palais,  pour  les  officiers  attachés  à  la  maison  du  roi. 


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-  332  - 

elles  ne  devenaient  exécutoires  dans  un  autre  ressort  qu'en  vertu 
de  lettres  Aepareatis.  A  défaut  de  ces  letlres,  les  condamnés,  pour 
échapper  à  la  punition,  n^avaient  qu'à  changer  de  province.  Nous 
avons  vu  Aubailly,  condamné  à  mort  par  le  Présidial  de  Guéret, 
s'installer  comme  pâtissier  à  Moulins  (1),  et  même  Bouard,  égale- 
ment condamné  par  le  même  tribunal,  venir  tranquillement  habiter 
lo  village  de  Gorse,  à  la  porte  de  Guèret  (2). 

Mais  revenons  à  notre  procès  : 

0  Le  sieur  Myomandre  avait  aussi  des  procès  personnels.  Il  avait 
poursuivi  de  ses  tracasseries  le  nommé  Brice,  procureur  à  Felletin 
et  avait  presque  réduit  à  la  mendicité  cet  officier  chargé  d'une  très 
nombreuse  famille.  Brice  avait  rendu  plainte  contre  lui  de  fait^odieux, 
entre  autres  d'avoir  fabriqué  un  faux  engagement,  au  moyen  duquel 
il  se  flattait  de. le  faire  enlever.  Le  sieur  Myomandre  a  un  oncle 
soldat  aux  Gardes  françaises,  nommé  Parinet,  qui  était  accusé  d'être 
du  complot.  La  confrontation  des  témoins  avait  été  ordonnée  par 
arrêt  de  la  Tournelle,  du  mois  1752,  mais  Myomandre  avait  trouvé 
moyen  d't^n  éluder  Pexéculion.  Par  arrêt  du  27  janvier  1753,  il  fut 
décrété  d'ajournement  personnel,  et  renvoyé  en  la  Châtellenie  de 
Bellegarde,  où  l'on  procède  actuellement. 

cr  Enfin  Myomandre  avait  rendu,  les  21  novembre  et  5  décembre 
1750,  deux  sentences  par  lesquelles  il  interdisait  Brice  pour  tou- 
jours des  fonctions  de  procureur.  Brice  voulut  avoir  des  expéditions 
de  ces  sentences,  pour  les  faire  réformer  par  les  juges  supérieurs; 
il  s*adressa  au  sieur  Roy  de  Marceleix,  qui  avait  tenu  la  plume  à 
Taudience  (3).  Celui-ci  faisait  ces  expéditions  quand  survint  Myo- 
mandre qui,  en  piésence  de  plusieurs  témoins,  enleva  de  force  le 
registre.  Poursuivi  pour  cette  violence  Myomandre  fut  condamné. 


(1)  Bulletin  de  la  Société  des  Sciences  Naturelle»  et  Archéologiques 
de  la  Creuse,  XII,  383. 

(2)  Bulletin  de  la  Société  des  Sciences  Naturelles  et  Archéologiques 
de  la  Creuse,  XIII,  84. 

(3)  (ï  Roy  de  Marceleix  avait  été  commis  à  l'exercice  du  greffe 
par  .Vl«  Biindy  son  beau-père,  greffier  en  chef,  et  en  cette  qualité, 
il  avait  prêté  serment  devant  (e  sieur  Myomandre  ». 


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à  Guëret,  à  rétablir  les  minutes  du  greffe,  quil  avait  soustraites 
et  même  altérées.  Son  appel  en  la  Cour  fait  la  matière  d'une  autre 
instance,  qui  depuis  longtemps  est  en  état  d'être  jugée-;  elle  est 
entre  les  mains  de  M.  de  Graville,  substitut  de  M.  le  Procureur 
général. 

«  Ces  faits  établissent  les  principes  de  Tassociation  des  sieurs 
Myomandre  et  Masson-Dumas;  ils  font  également  connaître  Tinté- 
rêtqui  unissait  les  sieurs  Hoy  de  Marceleix,  Bandy  et  Brice,  qui 
formaient  tous  des  plaintes  contre  les  deux  premiers. 

«  Tous  vinrent  à  Paris,  vers  le  commencement  de  1753,  pour 
veillera  la  poursuite  de  leurs  procès.  Roy  de  Marceleix  fut  accom- 
pagné de  son  frère,  Roy  de  Pierrefltte,  qui  jusqu'alors  n'avait  eu 
aucun  procès,  ni  aucune  discussion  avec  personne. 

«  Les  sieurs  Hyomandreet  Masson-Dumas  s'associèrent  le  nommé 
Dufrançeix,  qui  fait  ici  le  rôle  princi[)al,  et  qu'il  est  essentiel  de 
connaître.  Ce  Dufrançeix  est  fils  d'un  laboureur,  qni  tient  un  cabaret 
dans  un  village  voisin  de  Felletin  :  il  est  sans  fortune,  sans  éduca- 
tion, sans  talents  ;  cependant  il  a  toujours  vécu  dans  la  plus  grande 
iniiniitè  avec  Myomandre  et  Dumas.  Il  n'était  jamais  venu  à  Paris  ; 
il  s'y  rendit  dans  le  temps  que  le  sieur  de  Myomandre  était  pour- 
suivi civilement  et  criminellement  par  ses  adversaires.  Leur  liaison 
devint  encore  plus  grande,  ils  vivaient  tous  trois  habituellement 
ensemble. 

ff  Le  18  février  1753,  les  frères  Roy,  les  sieurs  Brice  et  Bandy, 
passant  vers  les  2  heures  après-midi  par  la  rue  Galande,  rencon- 
trèrent Dufrançeix.  Après  quelques  pourparlers,  il  s*éieva  entre  eux 
une  rixe  ;  un  des  sieurs  Roy,  craignant  qu'il  ne  fit  usage  de  son 
épée,  la  lui  arracha,  la  cassa  et  la  jeta  par  dessus  une  muraille  voi- 
sine. Dufrançeix  rendit  plainte  de  ces  faits  pardevant  le  commis- 
saire la  Fosse,  il  exposa  que  les  Roy  l'avaient  attaqué  et  que,  sans 
le  secours  de  plusieurs  personnes,  il  aurait  été  dangereusement 
blessé. 

<c  Dufrançeix  ne  manqua  pas  d'aller  rendre  compte  de  ce  qui' 
s'était  passé  à  Masson-Dunias,  qui  alla  se  concerter  avec  M*'  Mosnier 


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-  334- 

de  Gazon  (i),  Procureur  en  la  Cour,  chargé  du  détail  des  affaires 
deMyoraandre.  Il  fut  conclu  entre  eux  quMl  fallait  profiter  de  la 
rixe  qui  s'était  élevée,  pour  perdre  les  adversaires  de  Myomandre 
et  de  Masson-Duroas,  ou  les  contraindre  à  la  nécessité  de  renoncer 
i  toutes  Ipurs  poursuit^^s  contï'e  eux.  Dufranceîx  devint,  dès  ce 
moment,  Tobjet  de  l'obsession  de  Dumas,  qui  le  poussa  à  faire  une 
addition  à  sa  plainte  et  à  y  comprendre  Brice  et  Bandy.  Dufranceîx 
représenta  inutilement  que  Bandy,  qui  est  son  ami,  avait  pris  son 
parti  pendant  la  querelle,  et  que  Brice  s'était  retiré  avant  qu'elle 
commençât  :  on  redoubla  d'efforts  pour  surmonter  sa  répugnance, 
enfln  Dufranceîx  se  laissa  vaincre  par  les  sollicitations.  Cependant, 
arrivé  chez  le  commissaire  la  Fosse,  il  refusa  de  se  prêter  à  la 
calomnie  qu'on  exigeait  de  lui  :  pour  lors  Masson  lui  proposa  d'aller 
prendre  l'avis  du  commissaire  Renard.  Ce  commissaire  complaisant 
fit  écrire  par  son  clerc,  sous  sa  dictée,  le  projet  de  l'addition  de 
plainte  ;  on  retourna  ensuite  chez  le  commissaire  la  Fosse,  à  qui  on 
dicta  le  supplément  qui  venait  d'être  fabriqué.  Il  y  fut  dit  que  les 
Roy  avaient  attaqué  Dufranceîx  parce  qu'il  avait  déposé  contre  eux 
dans  plusieurs  informations  et,  en  outre,  qu'ils  étaient  accompa- 
gnés des  sieurs  Bandy  et  Brice.  Ainsi,  voilà  par  les  soins  de  Masson 
tous  les  adversaires  de  Myomandre  englobés  dans  l'accusation,  et 
c'était  le  but  qu'on  s'était  proposé. 

f  La  plainte  de  Dufranceîx  fut  suivie  d'une  information,  et  Masson- 
Dumas  fut  plusieurs  fois  chez  le  commissaire  la  Fosse  pour  presser 
la  confection  de  cette  information.  Les  accusés  furent  décrétés 
d'assigné  pour  être  ouï  ;  M*  Mosnier  de  Gazon  tenta  de  surprendre 
à  la  Tournelle  criminelle  un  arrêt  sur  requête,  qui  convertit  ce 
décret  en  décret  de  prise  de  corps,  mais  la  Cour  se  contenta  de 
renvoyer  à  l'audience. 

<r  Dufranceîx  ne  soutint  pas  vivement  le  personnage  qu'on  vou- 
lair  lui  faire  faire;  il  fut  voir  les  sieurs  Roy,  mangea  avec  eux  et 


(])  «  Mosnier  de  Gazon  est  de  la  province  de  la  Marche  ;  il  y  possède 
un  bien  (la  terre  des  Ecures)  d'environ  30,000  livres,  conquis  sur  un 
client  auquel  il  avait  consacré  ses  travaux,  » 


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leot*  promir  formellement  d'abaDdonner  sa  procédure.  Cette  tiédeur 
ne  cadrait  nullement  avec  le  système  de  Masson  et  de  son  conseil; 
il  fallut  donc  recourir  à  des  ressources  extraordinaires,  pour  abu- 
ser Dufranceix  et  ranimer  le  feu  de  ses  poursuites. 

«  Dufranceix  était  logé  dans  une  auberge  située  rue  des  Coquil- 
les; il  était  facile  de  l'alarmer,  il  ne  se  piquait  pas  de  bravoure. 
On  s'efforça  donc  de  lui  persuader  que  les  Roy  et  Brice  avaient 
formé  Todieux  projet  de  le  faire  assassiner.  Pour  Tintimider  par 
des  apparences  plus  frappantes,  on  suscita  des  soldats  aux  Gardes(l) 
qui,  à  trois  reprises  difTérentes,  lui  firent  des  insultes,  disant  qu'il 
serait  assassiné  s'il  ne  retirait  pas  sa  plainte.  Il  parait  encore  que, 
pour  fortifier  son  erreur,  on  avait  écrit  ou  supposé  des  lettres  de 
province,  par  lesquelles  on  l'avertissait  que  ses  jours  étaient  mena- 
cés par  les  Roy.  Masson  et  Mosnier  le  déterminèrent  à  rendre 
plainte  devant  le  commissaire  Renard,  disant  qu'il  se  tiouveiaii  des 
témoins  instruits  du  complot. 

a  Masson  conduisit  lui-même  Dufranceix  chez  le  commissaire, 
qui  était  absent;  son  clerc  rédigt^a  la  plainte,  d'après  le  modèle 
qui  avait  été  fourni.  Dufranceix  y  expose  que  les  Roy  et  Brice 
avaient  formé  l'affreux  |)rojel  (suivant  ce  qui  a  été  rapporté)  de 
lui  brûler,  ou  faire  brûler  la  cervelle  d'un  coup  de  pistolet.  Il 
raconte  les  trois  attaques  des  Gardes  Françaises,  la  scène  de  la  rue 
Galande,  les  avis  reçus  de  sa  province.  )» 

Il  ne  restait  plus  qu'à  trouver  des  témoins  complaisants.  Dumas 
et  un  de  ses  cousins,  Delarbre,  compagnon  maçon,  se  chargèrent 
de  ce  soin.  Delarbre  procura  un  manœuvre  Corvisi,  et  un  peintre 
en  bâtiments  Destapes,  qui  lui  devait  de  l'argent;  le  premier  reçut 
6  livres  et  le  second  3  livres.  Il  faut  convenir  que  les  faux  témoins 
ne  coûtaient  pas  cher,  et  cependant  ils  risquaient  la  corde.  Dumas 
trouva  un  laquais  sans  condition,  nommé  Virloy  ou  la  Jeunesse, 
et  xMeunier,  garçon  tapissier,  tous  deux  réduits  à  la  plus  grande 
misère. 


(1)  On  soupçonna  Parinet  d'avoir  suscité  ces  comparses. 


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-  336  - 

Ces  témoins  préparés  allèrent  déposer  devant  le  commissaire 
Renard^  dès  le  lendemain  de  la  plainte. 

Les  deux  premiers,  passant  par  la  me  de  la  Draperie,  avaient 
entendu  deux  particuliers  qui  parlaient  haut  et  avec  chaleur^  disant 
qu'il  fallait  absolument  se  défaire  de  Dnfranceix  et  du  lieutenant  de 
Fell^tin.  Destapes  ajouta  que,  ayant  eu  occasion  d'aller  à  Thôle' 
Saint' Maurice,  rue  Saint- Séverin,  il  y  reconnut  un  des  particuliers 
de  la  rue  de  la  Draperie  (1). 

Virloy  dépose  que,  dînant  à  Tauberge  Durand  où  il  loge  ainsi  que 
Dufranceix,  il  entendit  deux  ouvriers  prévenir  Dufranceix  qu'on 
avait  formé  le  complot  de  Tassassiner  et  que  celui-ci  fut  assailli,  le 
soir  même,  *in  rentrant  à  son  auberge. 

Meunier  fut  encore  plus  explicite.  Le  12  mars,  il  était  dans  un 
café  de  la  place  de  Grève,  où  il  y  a  pour  enseigne  le  Duc  de  Bour^ 
gogne,  A  la  table  voisine  étaient  «  deux  particuliers,  l'un  vêtu  de 
noir,  l'antre  vêtu  d'un  habit  blanchâtre,  avec  une  veste  écarlate 
galonnée,  portant  épée  et  coiffé  d'un  chapeau  bordé  d'or  (2), 
lesquels  prenaient  du  café  avec  deux  soldats  aux  Gardes  »  ;  il  les 
entendit  proposer  de  l'argent  aux  soldats  pour  assassiner  Dufranceix. 
La  lendemain,  il  apprit  que  ce  dernier  avait  été  atlaqué,  la  veille  au 
soir,  par  deux  soldats  aux  Gardes. 

Lorsque  l'information  fut  terminée,  le  clerc  du  commissaire, 
accompagné  de  Dufranceix  emporta  la  minute  avec  celle  de  la 
plainte  chez  Mosnier  de  Gazon  ;  re  procureur,  après  les  avoir  exa- 
minées en  présence  de  Mas^on,  trouva  beaucoup  de  corrections  à 
faire  dans  l'une  et  rautn»,  pièce;  on  fit  nombre  de  ratures  et  de 
renvois. 

«  La  fable  était  grossièrement  imaginée  :  il  fallait  supposer  des 
gens  assez  fous  pour  comploter  hautement,  dans  les  rues  et  dans 


(t)  Destapes  ne  connaissait  pas  les  frères  Roy.  On  avait  cm  lui 
faire  désigner  Roy  de  Marceleix,  à  qui  on  en  voulait  réellement.  Mais 
ce  dernier  avait  quitté  Paris,  ce  fut  son  frère  qui  devint  victime  de 
la  machination. 

(2)  C'étaient  Brice  et  Roy  de  Marceleix  qu'on  avait  voulu  désigner. 


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—  337  — 

les  cafésj  contre  la  vie  de  particuliers  dont  ils  publiaient  le  nom  ; 
il  fallait  adopter  les  jeux  du  hazard  qui,  en  moins  de  deux  fois 
vingt-quatre  heures,  avait  rassemblé  cinq  personnes  qui  ne  se 
connaissaient  pas,  et  dont  quatre  avaient  entendu  fortuiiement  une 
machination  dont  la  cinquième  était  Tobjet. 

«  Tout  ce  brigandage  ne  laissa  pas  d'enfanter,  le  25  mars  suivant, 
quatre  décrets  de  prise  de  corps,  qui  furent  lancés  contre  deux 
quidams,  dont  un  vêtu  de  noir  et  Paulre  vêtu  de  blanc  avec  une 
veste  galonnée  en  or,  tous  deux  portant  Pépée,  et  deux  autres 
quidams,  soldais  aux  Gardes,  qui  devaient  être,  indiqués  par  la 
partie  civile.  » 

Le  28  mars,  Roy  de  Pierrefitte  fut  incarcéré  au  Châlelet  et  inter- 
rogé par  M.  Guéretde  Voisin,  qui  accorda  sa  mise  en  liberté  sous 
caution,  malgré  les  efforts  de  Mosnier  de  Gazon. 

«  Roy  était  à  peine  sorti  des  prisons  qu'il  fut  assigné  à  Teffet  de 
s'y  remettre,  pour  être  confronté  aux  témoins  qui  Pavaient  chargé, 
Masson  et  ses  émissaires  avaient  employé  leur  temps  à  manœuvrer 
auprès  des  témoins  auxquels  ils  donnèrent  encore  72  livres  ». 

La  confrontation  eut  lieu  le  lendemain.  Destapes  varia  dans  sa 
déposition;  pressé  par  M.  le  Noir,  lieutenant  particulier,  il  fl-nit  par 
avouer  qu'il  avait  menti,  ainsi  que  les  autres  témoins.  <x  II  déclara 
qu'il  avait  déjeuné,  le  matin  même,  avec  Dufranceix,  et  qu'on  lui 
avait  donné  36  livres  pour  déposer  ;  il  ajouta  que  sa  déposition  lui 
avait  été  donnée  par  écrit,  qu'il  était  ivre  (i)  quand  il  la  porta  au 
clerc  du  commissaire  pour  la  transcrire;  il  dit  que  Dufranceix  Pavait 
conduit  chez  un  procureur  demeurant  rue  de  Bièvre,  et  que  Masson 
lui  avait  plusieurs  fois  recommandé  la  suite  de  cette  affaire  ». 

Les  trois  autres  témoins  persistèrent  dans  leur  déposition  et 
furent  mis  au  cachot.  Ils  maintinrent  leurs  dires  pendant  plusieurs 
jours  et  se  décidèrent  enfin  à  avouer  or  qu'ils  n'avaient  aucune 
connaissance  des  faits  dont  ils  avaient  déposé  ». 


(1)  Il  était  tellement  ivre  qu'il  se  laissait  tomber  sur  le  bureau  du 
commissaire,  et  le  clerc  était  obligé  de  lui  relever  la  tête  de  temps 
en  temps  pour  Paider  à  se  soutenir. 


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-  338- 

«  Dufranceii  ne  voulut  affirmer  ni  disconvenir  de  la  réalité  du 
complot.  Il  se  retrancha  à  soutenir  que  Masson  el  Mosnier  lui 
avaient  assuré  que  les  Roy  avait  comploté  contre  sa  vie  et  celle  de 
Myomandre,  qu'ils  Pavaient  déterminé  à  rendre  plainte  de  ces  faits, 
sous  la  promesse  de  lui  fournir  des  témoins  qui  en  déposeraient,  il 
nia  fermement  avoir  corrompu  aucun  des  témoins  ». 

Le  lieutenant  particulier  lança  un  décret  de  prise  de  corps  contre 
Masson  el  un  décret  d'ajournement  personnel  contre  Mosnier  de 
Gazon.  Le  premier  fut  arrêté  el  on  trouva  sur  lui  des  lettres  faisant 
connaître  des  intelligences  criminelles.  Mosnier  fut  aussi  décrété  de 
prise  de  corps  (i),  «  et  constitué  dans  les  prisons  »  avec  le  clerc  du 
commissaire  R<^nard  ;  le  commissaire  lui-même  fut  décrété  d'ajour- 
nement personnel. 

«  Au  mois  de  septembre  1753,  Mosnier  de  Gafcon,  Masson,  Delar- 
bre  et  Dufranceix  se  pourvurent  à  un  tribunal  extraordinaire  nour 
tâcher  d'obtenir  leur  liberté.  Cette  demande  fut  rejelée  vi  la  procé- 
dure continua  d'être  instruite  au  Châtelel.  Destapes  et  Corvisi 
moururent  avant  le  prononcé  du  jugement  (2). 

«  Enfin,  le  17  janvier  1755,  intervint  au  Châtelel  sentence,  par 
laquelle  Dufranceix  a  été  condamné  à  être  rompu  ;  Virloy,  dit  la 
Jeunesse,  et  Meunier  ont  aussi  été  condamnés  à  être  pendus;  et  Ton 
a  sursis  au  jugement  des  autres  accusés  jusqu^aprés  l'exécution  de 
ces  criminels  avérés  (3).  Le  sieur  Roy  a  été  déchargé  de  la  calom- 
nieuse accusation  qu*on  lui  avait  suscitée  ;  et  sur  la  plainte  rendue 
contre  lui,  à  l'occasion  de  la  rixe  survenue  dans  la  rue  Galande, 
les  parties  ont  été  mises  hors  de  cour. 


(1)  Il  avait  eu  le  temps  de  faire  disparaître  ses  papiers  compromet- 
tants, notamment  les  lettres  qu'il  recevait,  presque  chaque  jour,  de 
Miomandre. 

(2)  Les  coupables,  et  même  les  accusés,  étaient  trop  souvent  plon- 
gés dans  d'infects  cachots  humides  et  snns  oir,  où  ils  ne  recevaient 
qu'une  nourriture  ioisufUsante.  Le  palais  de  Fresnes  n'était  pas 
encore  construit. 

(3)  Attendre,  pour  juger  les  suborneurs  que  les  suhoniés  aient 
disparu.  Singulière  manière  d'arriver  à  la  découverte  de  la  vérité  ! 


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—  339  — 

Sur  l'appel  de  celte  senlence,  Roy  présenta  sa  requête  en  la  Cour 
et  conclulà  ce  que  la  justice  lui  accordât  solidairemeul,  contre  les 
coupables,  des  réparations  civiles  proportionnées  aux  peines,  aui 
chagrins  et  aux  pertes  qu*il  a  éprouvées  par  la  plus  insigne  des 
perfidies.  Sa  fortune  a  éprouvé  un  dommage  de  plus  de  60.000 
livres,  soit  en  pertes  réelles,  soit  en  occasions  utiles  dont  il  ne  lui 
a  pas  été  permis  de  profiter. 

«  Inutilement  le  sieur  Roy  aspirerail-il  à  obtenir  les  réparations 
civiles  qui  lui  sont  dues,  si  riosiruction  se  bornait  à  la  conviction 
de  Dufranceix  et  des  faux  témoins.  Ils  sont  accablés  de  la  plus 
grande  misère  ;  c'est  cette  misère  môme  et  l'espoir  de  la  soulager, 
qui  ont  occasionné  le  personnage  inique  qu'on  leur  a  fait  soutenir. 
Ils  ont  été  subornés,  conséquemment  il  y  a  eu  des  suborneurs  inté- 
ressés à  les  corrompre  à  prix  d'argent.  C'est  le  point  essentiel  que 
la  justice  doit  absolument  éclaircir,  et  Ton  espère  qu'il  se  trouvera 
des  indices  assez  forts,  pour  que  les  premiers  coupables  n'échap- 
pent pas  à  ses  lumières,  a 

Ces  conclusions  ont-elles  été  adoptées?  Le  jugement  du  17  janvier 
1755  a-l-il  été  réformé  ?  Nous  n'en  savons  rien. 

Myomandre  n'avait  pas  été  mis  en  cause;  il  semble  n'avoir  pris 
qu'une  part  assez  légère  à  l'affaire, dont  les  détails  lui  sont  peut-être 
restés  inconnus. 

CesontMasson-Dumas  et  Mosnier  de  Gazon  qui  ont  tout  conduit.  Il 
pourrait  se  faire  qu'il  ne  fussent  pas  aussi  coupables  que  le  prétend 
le  Mémoire,  Dans  les  documents  de  cette  nature,  les  faits  sont  sou- 
vent dénaturés  et  toujours  exagérés.  Il  n'est  pas  facile  de  discerner 
la^vérité,  même  quand  on  a  sous  les  yeux  les  Mémoires  des  deux  par- 
ties. Quand  l'un  dit  blanc,  l'antre  dit  noir,  sur  le  même  fait,  et  tous 
deux  affirment  la  sincérité  de  leurs  dires. 

Quoi  qu'il  en  soit,  Roy  de  Pierrefitte  l'a  échappé  belle.  Il  eût  été 
fort  probablement  condamné  à  mort,  si  Destapes  avait,  comme  ses 
complices,  persisté  dans  son  faux  témoignagne. 

H.  DELANNOY. 


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HISTOIRES  DE  SORCIERS 


La  croyance  à  la  sotxellerie  et  aux  sorciers  est  universefle  :. 
on  peut  dire  qu'elle  remoule  presque  à  l'origine  du  monde.  Dès 
les  temps  les  plus  reculés  nous  la  voyons  se  manifester  et 
elle  se  trahit  aui  époques  de  civilisation  raffinée  et  de  haute 
culture  intellecluelle.  Dans  les  pays  de  littératures  classiques, 
comme  chez  les  peuples  réputés  harbares,  tout  atteste  la  crainte 
inspirée  par  les  puissances  occultes,  la  foi  dans  refiicacité  de 
certaines  pratiques,  dans  les  vertus  de  certaines  préparations,  dans 
Taction  que,  par  divers  moyens,  un  homme  peut  acquérir  sur  les 
êtres  supérieurs  et  sur  les  éléments. 

Les  poètes  de  Tantiquité  nous  initient  à  maintes  superstitions 
dont  quelques-unes  ne  sont  pas  tout  à  fait  éteintes  de  nos  jours. 
Les  historiens  les  plus  graves  témoignent  que  certains  personnages 
ont  possédé  des  secrets  merveilleux,  un  pouvoir  surnaturel^  qu'on 
leur  a  attribué  des  accointances  mystérieuses  avec  les  Dieux,  les 
génies,  les  esprits  d'en  haut  et  d'en  bas.  Les  conteurs  anciens, 
Apulée  en  particulier,  font  de  la  magie,  de  la  sorcellerie,  des 
croyances  populaires  répandues  dans  tout  le  monde  païen  au  sujet 
de  l'existence  de  dénions,  bons  ou  mauvais,  un  des  ressorts  habi- 
tuels des  aventures  à  travers  lesquelles  ils  promènent  les  héros, 
souvent  peu  recommandables,  de  leurs  romans.  Les  Pères  de 
TEglise,  enfin,  mentionnent  souvent  des  faits  de  cet  ordre  auxquels 
ils  paraissent  attacher  foi  et,  en  maint  endroit  de  leurs  œuvres, 
signalent,  pour  les  condamner,  les  mille  pratiques  supeislitieuses 
de  leurs  contemporaini. 


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-  3il  — 

Le  soufDe  bienfaisant  el  moralisateur  du  chrislianisme  ne  put 
dissiper  ces  vieux  rêves  et  effacer  des  légendes  dont  plus  d'une, 
sans  nul  doute,  enveloppait  d'exagérations  el  de  détails  fantasti- 
ques un  fait  réel.  La  superstition  trouve  partout  son  aliment  : 
les  diables  se  substituèrent  aux  démons  et  aux  génies,  et  il  n'y  eut 
pas  grand'cbose  de  cbangè  dans  les  caucliemars  banlant  Timagina- 
tion  populaire.  Nos  pères  du  pays  de  France  ont  cru  à  la  sorcellerie, 
et  ils  y  ont  cru  ferme.  Des  histoires  extraordinaires  flottaisnt 
dans  Tespritdetous:  savants  et  ignorants.  Beaucoupse  persuadaient 
quils  avaient  vu  les  choses  merveilleuses  dont  ils  parlaient.  Â  côté 
d'Imposteurs  éhonlés,  un  grand  nombre  de  malheureux  fanatiques 
ou  crédules  à  Texcès,  affirmèrent  qu'ils  avaient  assisté  aux  scènes 
les  plus  ignobles  et  les  plus  extravagantes,  s'accusèrent  eux-mêmes 
des  pratiques  les  plus  condamnables^  des  crimes  les  plus  affreux, 
et  moururent  réconciliés  avec  TEglise  et  confessant  encore  sur  le 
bilcber  toutes  ces  horreurs.  Et  chaque  siècle,  à  son  tour,  nous  a 
laissé  des  récits  dans  lesquels,  à  côté  de  la  preuve  des  égarements 
et  de  la  scélératesse  de  certains  êtres,  de  la  folie  de  certains  autres 
et  de  la  malice  toujours  en  éveil  du  d  Père  du  L'éché»,  on  trouve 
réclatant  témoignage  de  la  persistante  et  inépuisable  crédulité  de 
rhomme(l). 


(1)  Cette  crédulité  n'a  même  pas  encore  disparu  de  nos  jours,  dans 
notre  pays. 

Le  parquet  de  Bourges  s'est  transporté  à  Saint-Martin-d*Auxigny, 
le  14  avril  1904,  pour  instruire  une  étrange  affaire. 

«  Un  vieillard  de  sorxanie-cinq  ans,  du  nom  de  Mérot,  demeurant 
a  à  Saint-Georges-sur-Mouloy,  avait  voué  à  un  nommé  Janet,  âgé  de 
«  quarante-cinq  ans,  domicilié  au  hameau  de  la  Pipièr^  une  haine 
«  des  plus  violentes. 

«  Mérot  était  convaincu  que  Janet  était  sorcier  et  il  attribuait  à  ses 
«  sortilèges  deux  maladies  qu'il  avait  eues  successivement. 

«  Loin  de  chercher  à  le  dissuader,  le  pseudo-sorcier  ne  cessait  de 
a  plaisanter  à  ce  sujet  sa  prétendue  victime  et  alla  même  jusqu'à  lui 
a  déclarer  que  ses  tourments  étaient  loin  d'être  unis. 

a  Cette  menace  exaspéra  Mérot  qui  résolut,  pour  faire  cesser  ces 
((  sortilèges,  de  tuer  le  sorcier. 

«  Et  mettant  aussitôt  son  projet  à  exécution  Mérot  se  rendit  ches 


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—  342  — 


Nos  vieilles-chroniques,  nos  chansons  de  gestes,  nos  livres  de 
piété  et  d'édification  contiennent  des  milliers  d'histoires  à  dormir 
dehout,  dont  la  plupart  furent  assurément  prises,  même  par  nos 
ancêtres,  pour  ce  qu'elles  valent,  mais  dont  beaucoup  ont  été 
prises  pour  l'expression  de  la  vérité.  Un  certain  nombre  de  ces 
récits  témoignent  de  la  haute  idée  qu'on  avait  alors  des  arts  magi- 
ques et  de  la  terreur  qu'inspiraient  leurs  adeptes.  Au  moyen-âge  la 
sorcière  est  restée  telle  que  nous  l'ont  représentée  les  écrivains 
de  l'antiquité  et  qu'ils  nous  la  montrent  dans  les  antres  mystérieux 
de  la  Thessalie,  le  pays  par  excellence  des  prodiges  et  des  sorti- 
lèges. Comme  son  aïeule  de  Tépoque  classique,  c'est  parfois  une 
stryge,  une  lamie,  un  être  presqu'en  dehors  de  l'humanité;  mais 
c'est  toujours  une  ouvrière  en  maléfices  et  une  empoisonneuse. 
Elle  connaît  les  vertus  secrètes  des  herbes  :  il  en  est  de  bienfai- 
santes; mais  il  en  est  aussi  de  terribles.  La  sorcière  à  qui  on 
s'adresse  pour  se  procurer  la  plante  qui  fait  réussir  dans  une 
entreprise  ou  celle  qui  éveille  l'amour,  vend  aussi  celle  qui  débar- 
rasse d'un  ennemi  ou  d'une  rivale.  Le  poison  a  joué  dans  tous  les 
siècles  un  rôle  qui,  pour  être  infârne,  n'en  a  pas  moins  été  fort 
important.  Le  moyen-âge  en  a  usé  plus  qu'on  ne  le  croit  commu- 
nément. 

Il  est  souvent  parlé  dans  notre  histoire  de  personnages  qui 
meurent  «  polionaii  »,  ayant  pris  un  breuvage  malfaisant,  tantôt 
c'est  un  innocent  remède  auquel  on  a  mêlé  quelque  venin 
terrible,  tantôt  du' vin  préparé  par  des  mains  criminelles;  c'est 


a  Janet.  lui  fit  les  reproches  les  plus  vifs  et,  au  cours  de  la  querelle, 
a  le  frappa  à  la  tête  d'un  violent  coup  de  bâton. 

<r  L'infortuné  Janet  roula  sans  connaissance  sur  le  sol  ;  puis  après 
a  avoir  repris  ses  sens  s'alita,  eut  une  syncope  et  expira.  »  (Petit 
Pan$ien).  D. 


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—  343  - 

Dn  fruit  dont  la  saveur  exquise  n'a  pas  été  altérée  par  deux  ou 
trois  gouttes  d'une  drogue  mortelle;  c'est  une  mauvaise  sauce, 
un  mauvais  bouillon  :  on  ne  peut  encore,  à  cette  époque,  parler  de 
«  mauvais  café  ».  Le  mot  de  potio,  qui  avait  eu  d'abord  un  sens 
général  et  pour  ainsi  dire  indifférent,  s'^ppliquanl  à  toutes  sortes 
de  préparations,  salutaires  ou  pernicieuses,  finit  par  n'être  plus 
employé  qu'en  mauvaise  part,  et  polionare  signifia  uniquement 
<s.  empoisonner  ». 

Les  femmes  et  les  clercs  surlout  recoururent  à  cette  arme 
déloyale  et  lâclie,  sûre  néanmoins  et  contre  laquelle  il  n'y  avait 
pas  de  défense.  En  face  des  épées  et  des  lances,  qui  étaient  dans  la 
main  des  forts,  c'était  proprement  leur  arme,  à  eux  les  faibles. 
Ils  savaient  en  user.  Personne  ne  pouvait  se  flatter  d*ètre  à  l'abri 
des  empoisonneurs.  Dans  notre  région  comme  ailleurs,  les  chroni- 
ques mentionnent,  presque  à  chaque  page,  quelque  moit  soudaine 
attribuée  à  un  breuvage  criminel.  C'est  lantôt  un  baron,  tantôt  un 
évéque  ou  un  abbé,  dont  un  ennemi,  un  compétiteur,  un  parent, 
se  débarrasse  en  recourant  à  l'art  qui  rendra  plus  tard  célèbre  le 
nom  de  M"^"*  Lafarge  et  celui  de  la  triste  maison  de  Glandier.  Les 
moines  de  Saint-Martial  qui  ont  tour  à  tour  tenu  registre  des 
événements  de  leur  temps,  imputent  souvent  au  poison  les  morts 
soudaines  et  suspectes  qu'ils  rapportent.  Feuilletons  leurs  livres. 
Nous  y  lisons  que  le  roi  Lotbaire,  à  son  retour  d'Aquitaine,  est 
empoisonné  —  veneno  extinclus  —  par  sa  femme,  et  que  son  fils, 
Louis  y,  succombe  aussi  après  avoir  bu  quelque  potion  infernale, 
potio  maleficii.  Notons  cette  pensée  d'intervention  des  puissances  téné- 
breuses, maléfice  qui  accompagne  souvent  la  mention  de  ces  empoi- 
sonnements. Nous  parlerons  plus  loin  de  l'envoûtement,  pratique 
pour  ainsi  dire  parallèle,  et  relevant  uniquement  des  arts  occultes. 
—  Continuons  notre  dépouillemenL  En  1100,  Guillaume  d'Uriel, 
évéque  de  Limoges,  meurt  à  son  tour,  victime  d'un  crime  analogue. 
En  1207^  Roger  Falastel  ou  Pallasteau,  de  Dun  (on  sait  que  la  petite 
ville  roarchoise  a  conservé  le  nom  de  ses  anciens  seigneurs  accolé 
au  sien)  est  l'objet,  à  La  Joncbère,  d'une  tentative  semblable.  Il  est 
empoisonné  avec  deux  autres  personnes,  dont  Tuue  est  un  ceitain 
Gainier  du  Dognon.  C*eit  ia  femme  de  Gasnier  qui^est  Tauleur» 


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-  344  — 

tout  au  moins  Tinspiratrice  du  crime  ;  mais  précisément  le  mari  de 
l*e[upoisonneusc  reçoit  des  soins  immédials  el  échappe  à  la  nioit. 
Le  ciironiqueur  ne  dit  pas  ce  qui  advint  de  la  coupable.  En  1210, 
TaLbé  de  Fonlgombaud  est  enlevé  avec  une  foudroyante  rapidité, 
on  âllribue  Tévénement  à  quelque  breuvage;  en  1216,  c'est  le  tour 
du  loi  Jean  Sans-Terre,  qui  succombe  de  la  même  façon  ;  en  1295, 
Jt^an  de  Brouilles,  prévôt  de  La  Souterraine,  meurt  à  son  tour 
potionatus,  Hugues  Gérald,  évéque  de  Cabors,  est  accusé  en  1317 
d'iivoir  commis  des  empoisonnements  —  buperpotiouibiis.  Convaincu 
ÙB  plusieurs  crimes,  condamné  à  être  dégradé  du  sacerdoce,  livré 
au  bras  séculier,  il  est  écorcbé  et  on  (raine,  sur  une  claie,  son  corps 
puiiLelant  au  bûcber. 

La  sorcière  n'était  pas  seulement  une  mégère  vendant  aux  unâ 
â^s  philtres,  aux  autres  des  poisons.  Elle  conservait  tous  les  secrets 
redoutables  de  la  magicienne  anlique  et  se  livrait  en  particulier  à 
i'envoûlemenl,  opération  connue  des  âges  les  plus  reculés  et  qui,  on 
le  sait,  avait  été  une  des  pratiques  favorites  des  contemporains 
d'Ovide  et  de  Catulle.  Ces  images  de  cire  ou  de  terre  que  (antôl  on 
perçait  de  longues  aiguilles,  tantôt  on  faisait  fondre  à  la  chaleur 
d'un  brasier  ou  on  enterrait  avec  des  reptiles  et  des  herbes  véné- 
neuses, les  abandonnant  à  Thumidité  et  à  la  pourriture,  —  étaient 
dans  la  plus  pure  tradition  de  Tantiquité.  Plus  d'un  procès  du 
moyen-âge,  plus  d'une  affaire  célèbre  du  seizième  et  du  dix-septième 
siècles  font  revivre  Canidie  et  les  autres  sorcières  qu'Horace, 
Apulée  et  tant  d'autres  ont  dépeintes  sous  des  traits  si  noirs. 
Néanmoins  les  magiciennes  françaises,  italiennes,  espagnoles, 
alU  mandes,  ne  paraissent  pas  être  en  possession  de  toute  la  puis- 
lance  de  leurs  devancières  du  monde  païen  et  des  pays  du  Nord. 
Elles  ne  commandent  pas  aux  astres  ni  aux  éléments;  —  bien  peu 
se  glissent  la  nuit  dans  les  maisons  bien  closes  el  vont,  redoutables, 
Buccuber,  épuiser  en  quelques  moments  tout  h  sang  d'un  être 
bîeji  portant  el  vigoureux;  rarement  elles  évoquent  les  morts,  et 
seuls  les  fantômes  des  «  mauvais  f,  de  ceux  qui  ont  entendu  de  la 
huuchc)  du  Christ  l'arrêt  suprême  de  condamnation,  surgissent  de 
lu  tombe  à  leurs  adjurations.  C'est  en  général  dans  une  sphère 
pluîi  leslreiule  et  plus  modeste  que  s'exeixe  leur  influence,  qu'elles 


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—  345  — 

réussissent  à  dominer  la  nalure,  à  diriger  ses  forces,  eU  pour 
employer  l'énergique  expression  du  poêle  ialin,  à  faire  violence 
aux  Dieux  : 

Vim  factura  Diis... 

Celle  réserve  faite,  les  sorcières,  vieilles  ou  jeunes,  du  moyen- 
âge,  ne  diffèrent  guère  de  leurs  devancières  :  ni  leurs  réputations, 
ni  leurs  mœurs  ne  valent  mieux.  Elles  appartiennent  à  la  même 
famille.  Après  lout,  le  Sabbut  tel  que  le  représentent  des  milliers  de 
descriptions  émanant  d'accusés  bu  de  témoins,  dans  les  procès  de 
sorcellerie,  depuis  le  quinzième  siècle,  procède  en  droite  ligne  de 
deux  traditions,  de  deux  courants  :  Tun  d'origine  méridionale, 
l'autre  conçu  dans  les  brumes  du  Nord.  On  y  retrouve  à  la  fois  les 
réunions  mystérieuses  que  tenaient,  la  nuit,  les  ouvrières  en  sortilèges 
de  Rome,  dans  le  grand  cimetière  des  pauvres,  au  Honl-Esquilin, 
et  les  chevauchées  des  déesses  et  demi-déesses  Scandinaves  et  des 
sorcières  gauloise^  à  travers  les  airs.  En  général,  les  servantes  du 
Diable,  au  moyen-âge,  sont  toutefois  moins  batailleuses  et  moins 
altérées  de  sang  que  les  guerrières  d'Odin  et  les  fidèles  suivantes  de 
Benzonia. 


II 


On  trouve,  jusque  dans  nos  temps  modernes,  jusqu'à  nos  jours, 
les  héritiers  des  sorciers  et  des  magiciens  de  tous  les  siècles,  les 
observateurs  de  toutes  les  folles  superstitions  et  les  imitateurs  de 
toutes  les  inimaginables  pratiques  des  âges  les  plus  reculés.  La 
Pythonisse  d'Endor  comme  les  enchanteurs  de  Pharaon,  Pythagore 
et  Apollonius  de  Tyane,  comme  le  fameux  Simon  et  les  théurges 
des  siècles  suivants,  ont  leurs  continuateurs  dans  les  villes  aussi 
bien  qu'aux  champs,  sur  les  territoires  nouveaux  comme  au  fond 
des  quartiers  mystérieux  de  nos  vieilles  ciiés  Européennes  et  des 
obscurs  dédales  des  temples  ruinés  de  rinde  ;  sur  toute  la  surface 
âu  mondai 


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—  346  — 

Aux  dernières  pages  de  sa  chronique,  si  précieuse  pour  noire 
liistoire  d'Aquitaine,  Adémar  de  Chabannes  raconte  ce  qui  advint 
à  Guillaume  II,  comte  d'Angoulème,  son  contemporain.  Robuste  et 
bitJi  portant,  ce  seigneur  senlil  tout  à  coup  ses  forces  diminuer  et 
siiti  èuergie  s'éteindre  :  La  vie  peu  à  peu  {^abandonnait.  On  accusa 
une  magicienne  avérée  d'avoir  employé  contre  lui  les  lessources 
diahtiliquts  de  son  art  artes  maleficas  contra  eum  exercuisse.  Elle 
fut  jetée  en  prison  ;  mais  on  ne  put  tirer  d'elle  aucun  aveu  et  on 
eui  recours  au  jugement  de  Dieu  pour  arriver  à  connaître  la  vérité. 
Un  duel  judiciaire  fut  ordonné.  Le  champion  de  la  sorcière  suc- 
comba ;  on  remporta  hors  de  la  lice  dans  Tèlal  le  plus  pitoyable. 
I/:ucusèe  n'en  persista  pas  moins  à  refuser  de  parler.  On  eut  beau 
la  soumettre  à  la  toiture  :  le  démon  lui  gardait  la  bouche  fermée 
comme  il  lui  tenait  le  cœur  endurci  et  on  ne  put  obtenir  d'elle  un 
seul  mol.  Enfin,  trois  femmes  qui  Pavaient  assistée  dans  ses  téné- 
breuses opérations  se  décidèrent  à  révéler  ce  qu'elles  savaient. 
LcJ  tni^gicienne  avait  envoûté  l'infortuné  baron.  Les  dénonciatrices 
liviONvrirent  aux  officiers  du  comte  une  cachette  d'où  on  tira  des 
ligures  en  terre,  presque  pourries  par  suite  de  leur  séjou**  prolongé 
dans  le  sol,  —  qwisdam  faniaslicas  ex  limo  imagwos  jim  pultefac- 
ins  ditilnmilale.  Le  comie  déclara  qu'il  voulait  qu'on  fit  gtâce  à  la 
coupable  :  mais  il  ne  se  rétablit  pas  et  s'eleignit  le  6  avril  10S8. 
La  sorcière  et  ses  complices  furent,  peu  après  sa  mort,  brûlées, 
horâ  des  remparts  d'Angoulème. 

Au  moyen  âge,  les  lépreux  et  les  juifs  étaient  considérés  par  le 
fieijple  comme  se  livrant  communément  à  des  opérations  occultes 
et  ilepositaires  de  maints  secrets  de  magie.  Le  vulgaire  attribuait 
Hiorrible  mal  qui  rongeait  les  premiers  à  un^  cause  surnaturelle, 
el  volontiers  s'imaginait  qu'entre  le  démon  et  eux,  devait  pres- 
que nécessairement,  se  nouer  des  relations.  De  plus,  c'était  une 
croyance  générale  que  des  bains  de  sang  humain  pouvaient  seuls 
les  guérir.  Le  célèbre  roman  d'Awis  etAmiie  fournit  à  cet  égard  de 
ctjrieuses  indications.  Ans  1  accusail-on  les  hôles  des  maladreries 
de  voter  les  enfants  pour  les  pgorger.  La  même  accusation,  on  le 
sait,  pesait  sur  les  juifs,  à  qui  on  prêtait  certains  rites  sanguinaires: 
ils  |iraliquaienl  du  reste  l'alchimie  et  aus&i  la  kabb&le,qu1l8  avaient 


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-  347  - 

empruntée  aux  Chaldéens.  Enfin  la  profanation  des  hoslics  consa- 
crées, qu'on  leur  imputa  souvent,  et  plus  (i'une  fois,  seml)le-t-il, 
avec  raison,  devait,  dans  Tesprit  des  populations,  tes  amener  à 
entretenir  un  coupable  commerce  avec  Satan.  Ils  étaient  en  quel- 
que sorte  les  uns  et  les  autres,  ses  alliés  naturels  dans  leur  guerre 
au  Christ. 

Néanmoinsce  fui  surtout  comme  empoisonneurs  qu'au  quatorzième 
siècle  on  redouta  et  on  poursuivit  les  lépreux,  et  que  s'acharna 
conlr'eux  l'opinion  publique,  plus  d'une  fois  ils  avaient  été  accusés 
de  l'empoisonnement  des  eaux.  Ces  imputations  prirent,  vers  1320, 
un  caractère  plus  précis  et  pli»s  grave.  On  prèleiidit  qu'ils  avaient 
comploté  de  jeter,  des  substances  d'une  violence  extraordinaire 
dans  toutes  les  sources  et  tous  les  puits,  afin  que  les  chrétiens  qui 
s'y  désaltéreraient  périssent  aussitôt  ou  fussent  atteints  de  la  lèpre. 
S'il  faut  en  croire  plusieurs  de  nos  chroniqueurs,  un  lépreux  d'im- 
portance —  quidam  magnns  leprosus  —  confessa  pendant  le  séjour 
du  roi  Philippe  V  à  Poitiers,  en  1321,  qu'un  riche  juif  lui  avait  pro- 
posé une  somme  considérable  pour  déterminer  ses  compagnons 
d'infortune  à  commettre  un  aussi  abominable  forfait.  Il  déclara  que, 
dans  la  composition  des  drogues  dont  on  devait  se  Servir  à  cet  eilet, 
entraient  du  sang  humun,  de  l'urine  et  trois  espèces  d'herbes  qu'il 
ne  sut  ou  ne  voulut  pas  dé>igner  avec  précision.  Le  Seigneur  de 
Parthenai  envoya  au  roi  le  texte  même  de  ces  aveux,  revêtu  de  son 
sceau.  Ce  fut  partout  une  explosion  d'indignation  et  décolère.  De 
toutes  parts  on  signala  des  faits  qui  étaient  plus  ou  moins  de  nature 
à  confirmer  les  déclarations  du  juif.  Le  continuateur  de  la  chroni- 
que de  Gérald  de  Frachel,  qui  donne  le  récit,  conforme  du  re^te  à 
celui  laissé  par  d'autres  écrivains  du  temps,  du  fait  rappelé  plus 
haut,  raconte  à  ce  propos  qu'une  lépreuse  traversa  un  bourg  du 
Poitou  où  il  se  trouvait  à  ce  moment  lui-même»  cette  femme,  crai- 
gnant d'être  prise,  s«^  débarrassa  d'un  petit  paquet  qu'elle  portait, 
plie  dans  un  linge.  Ce  paquet  fut  remis  à  la  justice  :  on  y  trouva  la 
tête  d'un  serpent,  les  pattes  d'un  crapaud,  et  quelque  chose  qui 
parut  être  des  cheveux  de  femme,  le  tout  imbibé  d'un  liquide  vis- 
queux, noir  et  fétide. 


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--^y^p- 


—  348  - 

On  sait  qn'à  la  snile  d'une  ordonnance  de  Philippe  V,  du  21  juin 
132!,  les  lépreux  furent  arrêtés  dans  toute  la  France  et  empri- 
sonnés. Le  peuple  était  exaspéré  contr'eux,  et  Tautorilé  royale  sem- 
1)]g  avoir  en  cette  occurence  subi  la  pression  de  Topinion.  Du  reste 
les  exécutions  avaient,  dans  maintes  provinces,  devancé  les  ordres 
du  sonverain  :  dans  le  diocèse  de  Limoges,  les  lépreux  adultes 
avaient  tous  été  mis  à  moit,  et  une  chronique  de  Tabbaye  d'Uzer- 
cbe«  récemment  publiée,  nous  donne  le  détail  des  exécutions  qui  se 
succédèrent  pendant  un  mois:  du  13  mai  au  il  juin,  quarante-cinq 
de  ces  malheureux  montèrent  sur  le  bûcher  dans  ie  seul  territoire  de 
In  jnsrîce  du  monastère,  on  ne  fit  grâce  qu'aux  enfants  et  aux  fem- 
mes eitceintes.  Il  en  fut  ainsi  dans  plusieurs  provinces  voisines, 
notamment  en  Quercy,  en  Périgord,  et  dans  l'Agénois. 

Ces  mesures  d'extermination,  qui,  en  Allemagne  et  dans  d'autres 
pays  de  l'Europe  orienlale,  avaient  été  à  la  même  époque  prises 
coîitre  les  juifs,  ne  se  renouvelèrent  pas.  Elles  furent  même,  en  ce 
qui  concerne  du  moins  les  lépreux  Limousins,  dont  les  survivants 
avaient  été  marqués  au  fer  rouge  et  étroitement  renfermés  dans 
certaifies  maladreries,  suivies  presque  immédiatement  d'une  détente 
inexplicable.  Quelques  semaines  après  les  exécutions  barbares  que 
nous  venons  de  signaler,  nos  lépreux  virent  s'ouvrir  les  portes  de 
leur  s  prisons.  Ils  continuèrent  à  vivre  à  part,  dans  des  établisse- 
menUs  spéciaux  ;  mais  ils  n'y  étaient  pas  continuellement  séquestrés. 
Pi  [}ouvaient  sortir,  en  se  conformant  à  quelques  prescriptions,  en 
porttitit  notamment,  comme  les  juifs,  sur  leurs  habits,  une  marque 
disilnciive  apparente.  Beaucoup  reprirent  leurs  habitudes  de  vaga- 
bondage. Leur  nombre  avait  diminué;  ils  avaient  perdu  leur 
arrogance  et  ne  menaçaient  plus.  On  les  laissa  en  paix. 

Quant  aux  juifs,  ils  avaient  été  chassés  par  les  Evèques,  dès  les 
premières  années  ilu  onzième  siècle,  du  territoire  du  diocèse,  et 
depuis  cette  époque,  on  ne  trouve  que  fort  peu  de  Iraces  de  leur 
présence  dans  le  Limousin  et  dans  la  Marche.  On  assure  toutefois 
qu'une  petite  colonie  subsista  à  Bellac  ;  mais  elle  fit  peu  parler 
dVIle. 


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-349  - 


III 


Les  procès  de  sorcellerie  de  la  dernière  période  du  moyen  âge 
ont  lai>sè  moins  d'échos  dans  notre  région  qne  ceux  des  seiz  ème  et 
dix-seplième  siècles.  Néanmoins  nous  savons  que  dès  le  quatorzième 
et  surtout  au  cours  du  suivant,  dans  le  peuple,  comme  parmi  les 
clercs,  les  pratiques  de  la  magie  se  répandirent  de  plus  en  plus.  Les 
adeptes  des  aris  occultes  devinrent  légion,  un  sorcier  de  Paris,  le 
célèbre  Trois- Echelles,  contiuiporain  d*Henri  H  et  de  Charles  IX, 
n'évaluait  pas  à  moins  de  cent  mille,  le  nombre  de  personnes 
adonnées  à  cette  époque  aux  arts  occultes,  dans  le  seul  royaume  de 
France. 

La  Renaissance,  a  remarqué  un  observateur  très  documenté  et 
très  judicieux,  un  homme  de  lettres  d'une  érudition  rare  et  d'une 
merveilleuse  sagacité,  le  regretté  Emile  Montégut,  fut  la  période  de 
la  crédulité  par  excellence  et  le  règne  de  la  magie.  Et  il  justifie  ce 
jugement,  qui  pourra  causer  quel(|ue  surprise  à  beaucoup  de  per- 
sonnes ayant  seulement  une  notion  superficielle  de  l'histoire  de  cette 
étrange  époque  qui  fut  loin  de  réaliser  un  progrès  moral  et  d'être 
marquée  par  un  rplèvemenl  des  âmes.  Dans  la  curieuse  étiide  qu'il 
consacre  à  John  Aubrey,  en  tête  de  ses  Hruresdelecinre,  notre  com- 
patriote écrit  ces  lignes  d'une  incontestable  vérité:  «  Loin  de 
a  détruire  les  superstitions,  la  Renaissance,  au  contraire,  leur  prêta 
a  main  forte...  Ce  n'est  pas  au  moyen  âge:  C'est  au  seizième  siècle 
«  et  dans  la  première  moitié  du  dix-septième  que  la  sorcellerie  a 
«  trouvé  ses  historiographes  et  ses  statisticiens  ;  et  ceux-là  ne  sont 
«  pas  d'obscurs  exorcistes  ou  des  moines  ignorants:  ce  sont  <les 
€  savants  sérieux,  dont  quelques-uns  presque  illustres...  » 

Une  véritable  épidémie  de  sorcellerie  s'abbattit  en  effet,  précisé- 
ment à  celte  époque,  sur  les  pays  les  plus  civilisés  de  l'Europe.  A  la 
cour  des  derniers  Valois,  toutes  les  vieilles  pratiques  de  la  magie 
d*Orient  et  de  Rome  furent  i  émises  en  honneur,   pendant  que  les 


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aîèges  royaux  et  les  justices  féodales  qui  subsistaient  encore  antè- 
rfeurciïit^ntà  Tordonnance  de  Moulins,  poursuivaient  sans  pitié  les 
sorciers  ut  les  sorcières.  Des  bûchers  s'allnniaienl  partout  :  à  Paris, 
à  Rouen,  à  Aix,  à  Rennes,  à  Bordeaux.  Le  parlement  de  Toulouse 
pnmonr?!,  au  cours  du  seizième  siècle,  un  nombre  prodigieux  de 
cuiuiajuïî;i Lions  pour  actes  se  ratlachant  à  l'exercice  des  arts  occultes. 
Nous  avons  noté  quelque  part  ce  fait  inouï  qui  mériterait  confirma- 
UoiJ  ei  qui^.  nous  ne  rappelons  que  sous  toute  réserve  :  par  un  seul 
mi'él,  celte  cour  aurait  envoyé  quatre  cenls  femmes  à  la  mort.  Mais 
si  crueilMs  qu'aient  été  les  exécutions  en  France,  elles  restèrent  au- 
dessous  de  ce  qu'on  devait  voir  un  peu  plus  tard  en  Angleterre.  Les 
liistorlens  n'onl  pas  évalué  à  moins  de  quarante  mille  le  nombre 
des  (ïersoiines  condamnées  au  dernier  supplice  pour  sorcellerie  et 
crimes  s^  rapportants  la  pratique  de  la  magie,  au  cours  du  dix- 
seplièm*^  siècle,  dans  l'étendue  de  ce  royaume. 

Ufjiis  Itiwiii  la  réj'ion  du  centre,  la  croyance  au  pouvoir  des  sor- 
ciers, à  l'influence  des  sortilèges,  la  terreur  qu'ils  inspiraient  étaient 
la  même  que  dans  les  landes  de  la  Gascogne  ou  sur  les  côtes  de  la 
llreNigiie.  L'accusation  de  sorcellerie,  que  la  législation  de  l'époque 
b3rl)srri  iHinissait  d'une  grosse  amende  quand  elle  ne  pouvait  être 
jiïblitiee,  fut  souvent  portée  par  haine  ou  par  esprit  de  vengeance 
romre  des  gens  inofTensifs  ou  du  moins  très  innocents  de  tout  com- 
nit^rce  avtx  le  mauvais  esp.**it.  Beaucoup  réussissaient  à  se  défendre 
vi  parfois  à  rejeter  sur.leurs  accusateurs  les  terribles  conséquences 
de  eus  imputations.  Dans  quelques  documents  on  trouve  mention 
iU*  prtM'ts  intentés  par  les  victimes  aux  auteurs  des  calomnies,  des 
deiiurKiîitions,  des  bruits  mis  en  circulation  sur  leur  compte.  On 
po*iî^C(ii'  notamment  (ies  monitoires  de  l'autorité  ecclésiastique  rela- 
lîf«  à  des  affaires  de  ce  genre.  Nous  devons  à  l'obligeance  de  M.  du 
Verdier  de  Marsilly,  ancien  commissaire  du  gouvernement  au  Con- 
seK  di5  ^^iierre  du  là*»  corps,  commuiiicalion  de  curieuses  lettres  de 
l'official  de  Bourges,  datées  du  31  mai  1644  et  ayant  trait  au  sujet- 
(|iii  lum^  occupe.  Un  nommé  Claude  Jaulhat,  sa  femme  et  sa  fille, 
n  gi  IIS  lift  labeur  »  à  la  Presclie,  paroisse  de  Givrelle,  (aujourd'hui 
conimuiie  de  Domérat,  Allier)  s'étaient  plaints  de  ce  que  des  gens 
im\  iiitei'tionnés  les  représentaient  comniedes  sorciers  allant  toutes 


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les  nuits  au  sabbat,  ((  conférant  et  communiant  avec  les  diables  et 
pactisant  avec  eux  d.  On  leur  reprochait  même  d'avoir  a  par  leurs 
sortilèges  fait  geler  les  vignes  et  causé  Tenlière  perte  des  fruits  du 
pays  ».  Il  y  en  avait  assez  pour  les  faire  massacrer  par  leurs  voisins. 
Désireux  de  se  laver  de  ces  accusations,  Jaulhat  et  sa  famille  s'étaient 
adressés  à  Tautorité  ecclésiastique  qui  fit  par  trois  dimanches 
publier  à  la  messe  paroissiale  des  monitoires,  invitant  tous  ceux 
qui  auraient  connaissance  de  la  vérité  ou  de  la  fausseté  des  faits 
imputés  à  la  malheureuse  famille,  à  les  révéler  au  curé.  Nous  igno- 
rons le  résultat  de  cette  espèce  d'enquête  et  ne  saurions  dire  si 
Jaulhat  réussit  à  se  débarrasser  d'une  réputation  de  sorcier,  fort 
dangereuse  sous  l'ancien  régime  et  qui  pouvait  mener  un  homme 
très  loin  —  au  bûcher  par  exemple,  comme  le  prouveront  les  his- 
toires très  véridiques,  dans  leur  dénouement  tout  au  moins,  que 
nous  rapporterons  plus  loin  sur  Tautorité  d'auteurs  graves  et 
connus. 


IV 


Sorcier  ou  loup  garou,  c'était  tout  un,  aux  yeux  des  gens  de  la 
campagne,  en  beaucoup  de  pays  du  moins.  On  a  cru,  dans  toute  la 
région,  et  beaucoup  de  paysans  croient  encore  que  certains  hommes 
peuvent  se  changer  en  loup  et  courent  la  nuit,  attaquant  les  chiens, 
les  déchirant  à  belles  dents,  sautant  sur  les  épaules  des  passants 
attardés,  les  chevauchant  sans  pitié,  les  contraignant  à  fournir  des 
courses  interminables  à  travers  la  campagne,  les  égaraiU  dans  les 
landes,  les  bois,  les  marécages,  les  abandonnant  enfin,  brisés, 
meurtris,  affolés,  presque  morts  de  fatigue  et  de  peur,  dans 
quelque  lieu  désert,  au  pied  d'une  vieille  croix  ou  d'un  tronc 
d'arbre  frappé  par  la  foudre.  Les  opinions  en  cette  matière  sont  du 
reste  très  diverses.  Pour  les  uns,  le  loup  garou  n'est  qu'un  sorcier 
pouvant  à  son  gré  prendre  la  forme  d'une  bête  fauve  ou  seulement 
se  revêtant  d'une  peau  de  loup  et  vagabondant  ainsi  pour  le  seul 
plaisir  de  faire  du  mal  aux  hommes  et  aux  animaux.  Pour  d'autres, 

4 


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—  382  - 

lô  loup  garou  est  une  variété  de  vampire,  s'échappant  du  tombeau 
potir  tourmenter  les  vivants,  jusqu'à  ce  qu'on  Tait  délivré  de  sa 
peine  par  des  prières,  ou  qu'on  ait  fait  subir  à  son  cadavre  cer- 
taines mutilations,  mais  le  plus  grand  nombre  le  considèrent 
comme  sorle  de  Juif  Errant,  objet  d'une  malédiclion  spéciale  et 
exécutant  un  arrêt  auquel  il  ne  peui  se  soustraire.  11  faut  que 
chaque  nuit  il  courre  et  alianne,  exposé  à  toute  espèce  de  dangers, 
aux  poursuites,  aux  coups,  aux  plus  cruelles  mésaventures.  Son 
sang  coule  souvent.  Parfois,  il  laisse  un  de  ses  membres  sur  la 
place  et  rentre  mourant  à  son  logis,  où  sa  blessure  Je  dénonce  à 
rhorreur  des  siens  et  à  la  vengeance  du  voisinage.  Plus  d'un  de 
ces  malheureux  a  été  brûlé  comme  sorrier.  On  connnîi  l'histoire  de 
celte  dame,  femme  d'un  seigneur  de  rAuvergne,qui  toutes  les  nuits 
courait  le  pays,  sous  la  ligure  d'un  loup,  terreur  des  bergers  et  des 
passants.  Un  ami  de  son  mari,  chassant  dans  les  environs  du 
ctiûleau  de  celui-ci,  se  laissa  un  jour  emporter  à  la  poursuite  de  je 
ne  sais  quel  gibier  après  le  coucher  du  soleil.  Il  errait  dans  un 
bois,  cherchant  à  retrouver  son  chemin  à  travers  les  ténèbres 
grandissantes^  lorsque  tout  à  coup,  une  énorme  louve  se  dressa 
devant  lui.  Le  chasseur  était  sur  ses  gardes  :  d'un  vigoureux  coup 
dM  couteau»  il  abattit  net  la  patte  de  l'animal,  qui  s'enfuit  en 
poussant  des  hurlements  de  douleur.  Le  veneur  se  remit  en  che- 
min et  ne  tarda  pas  à  atteindre  le  manoir  où  l'attendait  un  cordial 
acf'ueil.  Il  conta  à  son  ami  son  aventure  et  voulut  lui  montrer  la 
pylte  de  la  louve,  qu'il  avait  ramassée.  Quel  ne  fut  pas  leur 
étonnement  et  leur  horreur  à  tons  deux,  quand  l'arrivant  lira  de 
sa  gibecière  une  main  de  femme  dont  nn  des  doigts  portail  un 
Hiineau.  Le  châtelain  reconnut  en  frémissanl  l'anneau  de  sa  propre 
femme,  celle-ci  justement  venait  de  le  faire  prévenir  qu'un  malaise 
subit  l'empêchait  de  quitter  ses  appartements.  Le  mari  terrifié, 
€$u?rdn,  en  proie  à  une  angoisse  épouvantHl)ie  se  précipita  vers  la 
chambre  de  la  sorcière,  la  trouva  pâle,  défaite,  à  demi  morte, 
renversée  sur  un  coussin  et  le  bras  enveloppé  de  linges  sanglants. 
En  vain  la  dame  chercha  à  dissimuler  sa  blessure.  Elle  fut  livrée  à 
là  justice  et  périt  sur  le  bûcher. 
Nous  ne  donnons  ce  récit  que  comme  un  échantillon  des  contes 


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—  353  — 

qui  ont  couru  un  peu  partout,  et  que,  dans  nos  provinces  du 
centre-,  en  Berri,  dans  la  Marche  el  le  Limousin,  en  Bourbonnais, 
en  Poitou,  on  entend  encore  répéter  dans  les  veillées,  où  ils  sont 
toujours  assurés  du  même  succès. 

Hais  souvent  on  ne  parvient  pas  à  démêler  si,  dans  les  fantasti- 
ques histoires  qui  font  frissonner  de  peur  Tassistance,  il  est  ques- 
tion de  loups  garons,  ou  d*animaux  féroces.  Il  semble  que  plus 
d'une  fois,  les  héros  des  aventures  transcrites  ainsi  par  les  vieux 
conteurs  aux  oreilles  des  jeunes  générations,  n'aient  pas  su  au 
juste  à  qui  ils  avaient  eu  affaire.  La  même  incertitude  se  trahit 
dans  les  documents  relatifs  à  certains  événements  dont  on  ne  peut 
guère  mettre  en  doute  l'authenticité.  Ainsi  il  résulte  d'une  lettre 
écrite  aux  magistrats  municipaux  de  Limoges  par  un  médecin  de 
Marvéjols,  du  nom  de  Rochevalier,  au  moment  où  les  courses  et 
sanglants  exploits  de  la  fameuse  bêle  du  Gévaudan  frappaient 
d'épouvante  la  population  tout  entière  de  trois  ou  quatre  provinces^ 
qu'en  1699,  un  animal  féroce  d'une  espèce  inconnue  avait  exercé 
des  ravages  analogues  et  causé  en  Limousin  une  semblable  panique 
et  que  l'autorité  avait  dû  organiser  conlr'elle  des  battues  formida- 
bles. {liuUelin  de  la  Société  Archéologique  el  Hislorique  du  Limousin, 
t.  XXX,  p.  97).  Les  registres  paroissiaux  de  Saint-Fiel  notent  qu'en 
1712,  «  il  a  couru  dans  le  pays  quelques  lougaroux,  qui  ont  mangé 
plusieurs  enfants  :  ce  qui  est  arrivé  en  4610,  et  enfin  la  même 
chose  arriva  en  1668  ».  La  Cure  de  Sainl-Fiel^  par  S.  Dardy,  ch. 
(àJémoires  de  la  Société  des  Sciences  Naturelles  et  Archéologiques  de. 
la  Creuse,  f*  série,  tome  6,  page  106). 

Le  rédacteur  de  ce  curieux  nfemento  ajoute  qu'on  a  pourchassé 
les  terribles  animaux,  mais  sans  pouvoir  leur  donner  la  mort  : 
«  ce  qui  fait  croire,  rjoute-t-il  naïvement,  que  c'est  des  sorciers  ». 
A  la  même  catégorie  ont  appartenu  sans  doute  la  bête  féioce, 
innommée,  qui,  en  1619,  dévora  plusieurs  personnes  en  Limousin, 
et  celle  qui,  en  1698,  aurait  fait  périr  une  centaine  d'hommes, 
femmes  ou  enfants  au  témoignage  des  registres  de  la  par<^  isse  de 
Saint- Vaury  :  la  même,  il  faut  le  croire,  qui,  d'après  une  note  du 
curé  de  Vallières^  aurait  en   1699  mis  à  mort  une  douzaine  de 


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-  354  - 

pauvres  petits  et  blessé  plusieurs  adultes  (1).  Le  fonds  constilué 
aux  Archives  de  la  Haute -Vienne,  par  les  précieuses  copies 
d'Auguste  Bosvieux,  contient  plusieurs  mentions  de  ce  genre. 

Antre  est  le  loup  garou,  dont  nous  venons  de  conter  les  sanglants 
exploits  :  le  loup  garou  hideux,  malfaisant,  féroce,  que  Texcellent 
J.-F.  Bonnafoux,  dans  son  précieux  et  pittoresque  opuscule  sur  les 
Légendes  el  Croyances  superstitieuses  conservées  dans  le  département 
de  la  Creuse  (Guéret,  veuve  Betoulle,  4867),  nous  montre  tapi  dans 
Tombre  auprès  de  la  fontaine  Piquerelle  et  guettant  sa  proie; 
autre  est  le  «r  meneur  de  loups  o,  qui  possède  de  merveilleux 
secrets  pour  commander  aux  bêles  lauves  el  les  détourner  des 
troupeaux,  des  domaines  et  des  villages  qu'il  a  sous  sa  protection. 
Lui  aussi  est  un  sorcier,  et  passe  pour  vagabonder  souvent  comme 
ses  pareils.  C'est  parfois  un  vieux  berger  qui,  la  nuit,  paît  d'autres 
troupeaux  que  ceux  qu'il  conduit  le  jour,  et  qu'on  rencontre  cou- 
rant au  clair  de  lune  à  travers  les  bois  et  les  landes,  escorté 
de  loups  maigres,  affamés,  hurlant,  bondissant  autour  de  lui. 
Néanmoins  il  est  généralement  bienfaisant  et  modère  son  troupeau 
au  lieu  de  l'exciter.  Les  incantations  qui  lui  sont  familières,  et  qu*il 
révèle,  sur  la  fin  de  sa  vie,  d'oniinaire  à  son  lit  de  mort  seulement, 
à  un  de  ses  enfants  ou  à  une  personne  de  son  choix,  sont  toutes 
puissantes  :  le  loup  est  dominé,  subjugué,  saisi,  «  enclavelé  »  par 
la  redoutable  formule,  et  se  trouve  contraint  de  suivre  la  direction 
que  lui  impose  la  volonté  souveraine  du  maître. 

C'est  surtout  des  men**urs  de  loups,  des  guérisseurs,  des  metzer 
au  geste  ample  et  au  regard  profond,  et  aussi  des  vieux  rites  du 
culte  des  eaux  et  des  pratiques  christianisées  mais  où  certains 
détails  caractéristiques  lai^^sent  reconnaître  une  origine  païenne, que 
traite  iM.  Gaston  Vuillier,  dans  une  série  d'articles  publiés  il  y  a 
trois  ans  par  le  Tour  dn  Monde  ei  illustrés  de  dessins  d'une  fan- 
taisie saisissante.  Dans  cette  visite  chez  les  Magiciens  el  les  Sorciers 


(I)  On  ne  peut  guère  douter  que  l'animal  signalé  aux  registres  de 
Sainl-Vaury  et  de  Vallières  ne  soit  celui  auquel  fait  allusion  la  lettre 
du  médecin  Rochevalier  rappelée  plus  haut. 


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—  385  — 

de  la  Corrèz^^  où  il  est  notre  guide,  il  consacre  des  pages  attachan- 
tes aux  euclateleurs  et  nous  montre  à  Tœuvre  une  catégorie  parti- 
culière de  sorcières,  très  différente  de  celle  dont  nous  avons,  dans 
ces  dernières  pages,  narré  les  naéfaits. 

Des  loups  garous  et  des  meneurs  de  loups,  nous  passerions  par 
une  transition  toute  naturelle  à  la  chasse  volante,  appelée  ailleurs 
chasse  gaiière,  chasse  infernale,  lé  Grand  Veneur  etc.  Mais  cet 
ordre  de  phénomènes  pas  plus  que  lout  ce  qui  a  trait  aux  fées  aux 
ondines,  aux  sylphes,  aux  femmes  blanches,  aux  demoiselles  ne 
rentre  pas  dans  le  cadre  de  notre  élude  et  nous  transporterait  dans 
le  domaine  des  apparitions  fantastiques  qui  n'ont  souvent  aucune 
relation  avec  les  sorciers  et  la  sorcellerie.  Aussi  nous  arrêterons- 
nous  sur  ce  chemin  où  il  est  aisé  de  s'égarer,  et  nous  bornerons- 
nous  à  renvoyer  aux  ouvra^^es  généra^ix,  et  pour  notre  pays,  à  la 
brochure  de  M.  Bonnafoux  que  nous  avons  déjà  citée,  aux  Esquisses 
Marchoises  {\e  M.  Louis  Duval,  aux  bulletins  de  nos  Sociétés  Savan- 
tes et  à  quelques  feuillets  épars  des  ouvrages  consacrés  aux  mœurs 
d'autrefois  et  aux  croyances  superstitieuses  de  notre  pays.  Néan- 
moins parmi  les  apparitions  qui  ont  frappé  d'une  façon  toute  parti- 
culière rimaginatiun  du  peu()le  dans  notre  province,  nous  mention- 
nerons les  cortèges  funèbres  dont  il  est  souvent  parlé  aux  veillées  : 
ces  visions  importunes  et  qui  parfois  se  reproduisent  avec  une 
persistance  obsédante,  de  convois  escortés  de  prêtres,  de  personnes 
connues,  souvent  d'êtres  ayant  un  caractère  fantastique;  —  et  cette 
fameuse  a  procession  de  Bellac  )>,  moitié  religieuse,  moitié  païenne, 
composée  d'un  nombre  incalculable  de  fantômes  et  qui  se  montra, 
sous  le  règne  de  Louis  XIII,  aux  regards  terrifiés  d'un  ecclésiastique 
et  à%  trois  marchands  poitevins,  dans  une  plaine  à  peu  de  distance 
de  la  vieille  capitale  de  la  Basse-Marche.  Cette  apparition  a  été 
longuement  décrite  par  l'auteur  d'une  rare  plaquette,  imprimée 
en  1621  à  Paris' et  portant  ce  titre  :  Signes  merveilleux  apparus  en 
forme  de  procession,  arrivé  pfès  la  ville  de  Bilac^  en  Limousin  (sic). 


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-  356  — 


Le  JèsuKe  belge  Martin  Deirio  a  entassé  dans  les  éditions  succes- 
sives ùe  fion  fâineui  livre  sur  la  Magie  {Disqnisitionum  magicarum 
Libri  iej)  imprimé  pour  la  première  fois  à  Mayence  en  1S93, 
quantité  li'liisloires  à  fnire  frémir.  Il  en  a  emprunté  bon  nombre  à 
d'aiUres  écrivains  du  seizième  siècle,  entr'autres  à  un  conseiller  au 
Partenieni  de  Bordeaux,  Florimond  de  Raymond  qui  jouit  d'une 
certaîaa  iiutoriété  en  matière  de  démonomanie  et  de  possession. 
C'est  dans  un  ouvrage  de  ce  magistrat  VAnlcchrùl  (les bibliographes 
u'onl  pu  jusqu'ici  découvrir  un  seul  exemplaire  de  la  première 
êdilioi)  de  ce  livre)  qu'il  a  trouvé  le  récit  d'un  procès  de  sorcellerie 
dont  il  a  jugé  intéressant  de  conserver  le  souvenir. 

Uue  jeune  femme,  Jeanne  Bosdeau,  avait  été  accusée  de  sorcelle- 
rie et  traînée  devant  le  juge  ordinaire  de  la  châtellenie  de  «  Soli- 
grjac  n  en  Limousin  ;  car  nous  ne  connaissons  de  Salignac  qu'en 
Pèrigord  (i)  et  en  Saintonge.  Les  sorciers  n'étaient  pas  rares  de  ce 


(!)  li  s'apit,  je  crois,  du  Grand-Bourg  de  Salagnac,  qui  jusqu'à  la 
Rt'voïiïtiôii  a  fait  partie  de  la  province  du  Limousin.  M.  Guibert,à  qui 
i  avais  soumis  cette  observation,  m'a  répondu  le  12  novembre  1903  : 
H  J'nvfiis  |.  ensé  comme  vous,  à  propos  de  l'appel  porté  devant  le 
Pî^rlenient  de  Bordeaux;  mais  je  m'étais  figuré  que  le  Grand-Bourg 
tjlait  dattri  la  Haute- Marche,  et  il  aurait  alors  ressorti  dans  ce  cas  du 
Parlement  de  Paris.  Néanmoins  il  est  aisé  d'ajouter  en  note  que 
peut-éïlre  s'agit-il  de  Salagnac  ». 

Le  nom  de  Bodeau,  encore  aujourd'tiui,  n*est  pas  rare  dans  la 
Creuse  ;  je  connais  deux  Bodeau  à  Saint-Sulpice-le-Guérétois. 

La  Miiidie  avait  aussi  ses  sorciers.  On  lit  dans  une  pièce  de  pro- 
cédiire  d(^  1473  (fonds  des  Ternes)  :  L'étang  de  Valensanges,  acheté 
pKP  les  leligrieux  des  Ternes  en  1466,  fut  péché  par  eux  en  1467  et 
1470,  et  cela  sans  opposition  du  sieur  de  la  Voreille,  a  qui  estait  au 
pays,  ciir  il  fit  lors  brusler  deux  filles  sorcières  qui  estaient  en  ses 
prisons,  et  en  les  faisant  brusler  tomba  de  sa  haquenée  ».  C'est 
seuleQierU  loi^s  de  la  pêche  de  1473  que  le  sieur  de  la  Voreille,  Jacques 
de  Rocliedragon,  réclama  une  partie  du  poisson;  d'où  le  procès.  Les 
deu3t  llUes  sotciôres  ont  donc  été  brûlées  en  1467  ou  1470. 

La  Voreille  est  un  hameau  de  la  commune  de  Peyrat-la-Nonière* 

D. 


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-  387  - 

côté,  et  nous  verrons  pins  loin  que  le  Sabbat  s'est  souvent  tenu 
dans  une  lande  à  peu  de  distance  du  Yigen. 

L'accusée  fut  convaincue  par  ses  propres  aveux  d'avoir  eu  com- 
merce avec  le  démon  et  condamnée  à  mort. 

Les  sorciers  tiennent  à  la  vie  comme  les  autres  hommes.  Jeanne 
Bosdeau  appela  au  Parlement  de  Bordeaux  de  la  sentence  du  juge 
ordinaire  de  Solignac.  Elle  était  évidemment  peu  au  fait  des  dispo- 
sillons  des  magistrats  de  cette  cour  suprême^  qui  furent  au  dix- 
septième  siècle  et  qui  étaient  dès  lors  les  ennemis  les  plus  implaca- 
blés  des  magiciens.  Jeanne  Bosdeau,  nous  Tavons  dit,  ne  niait  pas, 
mais,  rapporte  le  magistral  bordelais,  confessait  tout  au  contraire 
avec  une  merveilleuse  franchise  et  naïveté.  Elle  raconta  à  la  Cour, 
sans  qu'on  eût  besoin  de  recourir  à  la  question,  comment  elle  avait 
été  débauchée  par  un  italien  et  amenée  par  lui,  la  veille  de  la 
Saint-Jean,  sur  les  minuit,  au  milieu  d'une  lande  où  son  compagnon 
traça  avec  une  baguette^  un  grand  cercle,  en  marmottant  des 
paroles  mystérieuses  qu'il  lisait  dans  un  livre  noir.  Soudain 
apparut  un  bouc  de  haute  taille,  aussi  noir  que  le  livre;  deux 
femmes  raccompagnaient.  Puis  se  montra  auprès  de  ce  groupe  un 
homme  habillé  en  prêtre. 

—  «  Qui  est  cette  fille  »  demanda  le  bouc  à  l'Italien  ?  —  «  Je  te 
la  conduis  pour  être  des  tiennes  »  répondit  celui-ci.  Alors  on  ilt 
faire  à  Jeanne  le  signe  de  croix  avec  la  main  gauche,  et  le  bouc  lui 
ordonna  de  le  saluer. 

Tout  le  monde  sait  quel  ragoûtant  hommage  on  rendait  au 
diable  dans  les  assemblées  tenues  jous  sa  présidence.  Du  reste,  les 
choses  ne  se  passaient  point  dans  les  ténèbres,  et  il  y  avait,  au 
moins  autour  de  l'Esprit  Malin,  un  luminaire  sufflsant.  Le  bouc  — 
c*ëtait-en  général  sous  la  forme  caractéristique  du  puant  animal 
que  le  démon  se  montrait  dans  ces  réunions  —  portail  une  chandelle 
noire  plantée  entre  ses  deux  cornes.  Il  l'allumait  en  «  tirant  du 
feu  de  dessous  sa  queue  )),  et  les  personnes  présentes,  à  qui  une 
sorcière  distribuait  des  chandelles,  venaient  tour  à  tour  les  allumer 
à  la  sienne.  Chacun  après  avoir  donné  au  bouc  le  baiser  d^usagOi 
jetait  son  offrande  dans  un  plat  d*argenti 


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—  358- 

Puis  sorcières,  sorciers  et  diables  dansaient  en  rond,  se  liant 
ensemble  de  mille  manières  et  se  tournant  le  dos  on  tournant  le 
dosa  Satan,  demeuré  au  milieu  du  c  cerne  ».  Quand  ils  étaient  las 
ils  s'asseyaient  autour  d'un  festin  qui  n'avait  rien  d'appétissant  pour 
des  gens  qui  ne  se  sont  pas  <]onnés  au  diable.  On  y  mangeait  des 
enfants,  raconteul  les  uns,  des  restes  de  cadavres  exhumés  et  tontes 
sortes  de  rebuis  sans  nom,  assurent  les  autres.  Puis  «  on  distribuait 
les  métiers  de  sorcellerie,  et  chacun  rendait  compte  de  ce  qu'il 
avait  fait.  Les  eslats  estoienl  pour  empoisonner,  ensorceler,  lier, 
guérir  malades  avec  charmes,  faire  perdre  les  fruicts  de  la  terre  et 
telles  autres  mescbancetez  ». 

La  cérémonie  capitale  du  Sabbat  était  la  parodie  de  la  messe. 
L'offlciant,  revêtu  d*une  chappe  noire  sans  croix^  tournait  le  dos 
à  l'Autel.  L'hostie  était  faite  <r  d'un  rond  de  rave  noire  ».  On  mettait 
de  Teau  dans  le  calice,  et  à  rËlévation,  tout  le  monde  criait  : 
«  MuUre,  aide-nous!  »  A  la  fin  de  la  cérémonie,  le  diable  asper- 
geait l'assistance  d'un  liquide  infect  qui,  on  peut  l'imaginer,  n'était 
point  de  l'eau  bénite... 

Jeanne  reconnut  avoir  eu  des  accointances  toutes  particulières 
avec  le  démon,  qui  avait  demandé  une  boucle  de  ses  cheveux.  Elle 
donna  même  sur  ctt  abominable  commerce  certains  détails  que 
leur  naturalisme  ne  nous  permet  pas  de  reproduire.  D'autres 
sorcières,  favorisées  aussi  des  préférences  de  Satan,  ont  fait  des 
déclarations  analogues. 

La  sentence  du  juge  de  Solignac  fut  confirmée,  et  Jeanne  Bosdeau 
périt  sur  le  bûcher.  Nous  ne  connaisons  du  reste  aucune  des  parti- 
cularités de  son  exécution,  et  l'histoire  de  la  malheurese  sorcière 
serait  oubliée  si  Raymond  et  Deirio  ne  nous  avaient  pas  conservé 
le  récit  de  ses  aveux. 


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—  359  - 


VI 


On  sera  peut  être  surpris  d'apprendre  que  les  prêtres  suspects  de 
se  livrer  aux  pratiques  de  la  sorcellerie  irétaient  pas  rares.  Dans 
les  procès  jugés  tant  à  Paris  qu'à  Toulouse  et  à  Bordeaux,  on  en 
rencontre  un  certain  nombre.  Plusieurs  avouèrent,  furent  condam- 
nés et  périrent  dans  les  flammes.  La  parodie  de  la  messe  consti- 
tuant la  cérémonie  capitale  du  Sabbat,  il  était  de  croyance  générale 
que  cette  messe  «  noire  »  ne  pouvait  être  célébrée  que  par  un 
mauvais  prêtre,  si  Satan  ne  se  chargeait  pas  lui-même  de  ce  soin. 
Aussi  les  sorciers  accueillaient-ils  volontiers,  recherchaient- ils 
même  les  ecclésiastiques  pour  les  associer  à  leurs  pratiques  sacri- 
lèges. L'Esprit  mauvais^  quand  on  lui  présentait  un  prêtre  au 
Sabbat,  le  recevait  avec  une  satisfaction  notable,  et  souvent  s'etlor- 
çait  de  se  rattacher  par  des  engagements  spéciaux,  en  lui  accordant 
des  faveurs  et  un  pouvoir  qu'il  ne  donnait  qu'exceptionnellement  à 
ses  fidèles. 

Un  des  livres  les  plus  singuliers  qui  aient  été  écrits  sur  les  sor- 
ciers, leurs  pratiques  et  leur  châtiment,  est  le  célèbre  ouvrage  de 
Pierre  Delancre,  conseiller,  comme  de  Raymond,  au  Parlement  de 
Bordeaux.  Ce  volume  a  été  publié  en  1613  à  Paris^  chez  Nicolas 
Buon,  sous  ce  titre  :  Tableau  de  rinconstatice  des  mauvais  anges  et 
démons,  où  il  est  amplenienl  traité  des  sorciers  et  de  la  sorcellerie. 

Le  traité  de  Delancre,  aussi  souvent  cité  que  la  Démonomanie  de 
Bodin,  et  dont  quelques  pages  offrent  des  récits  absolument  décon- 
certants, prouve  que  les  hommes  éclairés,  les  magistrats  les  plus 
sérieux  et  les  plus  expérimentés  n'avaient  pas  moins  foi  que  les 
ignorants  dans  la  puissance  des  sortilèges.  On  trouve  dans  cet 
instructif  volume  plusieurs  faits  qui  se  rapportent  au  Limousin. 

L'auteur  conte  notamment  qu'en  1598  un  prêtre  du  village  de 
Las  Fossas,  paroisse  de  Pageas,  près  Cbâlus,  Pierre  Aupetit,  âgé 
d'environ  cinquante  ans  et  depuis  trente  ans  dans  les  ordres,  fut 


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-  360  - 

accusé  de  sorcellerie.  Le  vice-sénéchal  procéda  à  une  information 
contre  lui.  L'accusé  qui  avait  été  décrété  de  prise  de  corps,  refusa 
de  répondre  aux  interrogatoires  et  se  borna  à  demander  son  renvoi 
devant  l'autorité  ecclésiastique;  mais  le  Présidial  prononça  qu'il 
apfiartenait  bien  au  vice-sénéchal  de  procéder,  avec  le  concours 
toutefois  d'un  représentant  de  la  juridiction  diocésaine.  Le  magis- 
trat fut  donc  assisté  de  l'offlcial  ou  de  son  assesseur,  et  d'un  conseil- 
ler du  nom  de  du  Peyrat. 

Il  y  avait  eu,  de  toute  évidence,  des  dénonciations  fort  explicites 
contre  Aupetit,  car  les  instructeurs  lui  posèrent  une  série  de 
questions  extrêmement  précises.  On  lui  demanda  s'il  n'était  pas 
aile  cr  au  Sabbat  de  kb'mciras  (1)  et  lande  appelée  au  Devert, 
paroisse  du  Vigen  »,  s'il  n'avait  pas  vu  «  messire  Antoine  du  Mons 
de  Saint-Laurent,  qui  fournissoit  de  chandelle  au  Sabbat  pour 
radoialion  »;  si  lui  même  a  ne  portoil  pas  le  fusil  pour  allumer 
jesililes  chandelles»,  et  s'il  ne  demanda  pas  au  diable  un  talisman 
de  séduction;  ne  se^rottait-il  pas  d'une  certaine  graisse  que  les 
familiers  des  pratiques  occultes  désignaient  sous  le  nom  significatif 
de  liberlé.  Etait-il  allé  au  Sabbat  dans  la  lande  de  Matliegoute,  près 
Saint-Junien  ?  Ne  savail-il  pas  a  embarrer  et  désembarrer,  se  rendre 
invisible  estant  prisonnier  i^.  Ne  se  souvenait-il  pas  qu'un  jour,  à 
Muihegoute,  «  lisant  un  livre,  il  fit  venir  un  grand  nombre  de 
fuclions  qui  cryaient  a  force  et  luy  respondoient  :  Titan,  liran, 
Hamassien,  Ramitssien,  nous  demandons  cercles  et  cernes  pour  faire 
iUiMsemblée  que  nous  l\wons  promis.  • 

Le  malheureux  déclara  qu1l  ne  savait  ce  qu'on  voulait  dire.  Il 
n'en  fut  pas  moins  «  condamné  par  sentence  du  vi-seneschal  et 
Presidiaux  »  à  être  brûlé  vif,  après  avoir  été  envoyé  à  l'évoque 
pour  être  dégradé  du  sacerdoce.  L'arrêt  disposait  qu'avant  le 
supplice  il  serait  appliqué  à  la  cr  question  et  torture  ». 

Une  fois  de  plus,  <lans  celte  affaire,  la  question  arracha  des 
aveux  au  patient.  Aupetit,  livré  aux  mains  du  tortionnaire,  reconnut 

(1)  Eit-ce  une  mauvoUe  leotui*e|  pour  Ménlèra0« 


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—  361  - 

être  allé  au  Sabbat  à  Mathegoute,  où  «  TAveagle  les  mandoit  à 
rassemblée  »,  et  ailleurs,  notamment  au  Puy-de-Dôme.  Il  déclara 
qu'il  faisait  usage  d'un  !ivre  a  escrit  comme  un  imprimé,  avec  des 
mots  estranges  et  qu'il  n'entendoit  nullement  ».  Le  diable,  ajoutait- 
il,  se  montrait  ordinairement  sous  la  forme  d'un  «  mouton  plus 
noir  que  blanc  jd,  disait  lui-même  qu'il  était  le  mauvais  Esprit, 
demandant  aux  personnes  présentes  ce  qu'elles  voulaient  de  lui, 
si  elles  croyaient  en  lui.  Aupetit  raconta  la  céiémonie  classique  de 
Tadoration  et  de  l'hommage.  L'esprit  du  mal,  dit-il,  distiibuait 
lui-même  «  les  chandelles  »  à  ses  serviteurs. 

Il  fallait  que  le  sorcier  abandonnât  spécialement  au  Démon  quel- 
que membre  de  son  corps.  Ainsi  Aupetit  commença  par  lui  faire 
don  de  son  petit  doigt  que  Satan  prit,  «  tourna  »  et  a  lequel  depuis 
il  n'a  jamais  peu  plier  »,  puis  d'un  autre  de  ses  doigts,  puis  d'un 
autre  encore.  Finalement,  à  un  Sabbat  tenu  dans  la  lande  de 
Mathegoute,  il  se  donna  tout  entier,  corps  et  âme,  et  oblint  ainsi 
du  Diable  de  nouvelles  faveurs,  un  pouvoir  plus  étendu. 

Aupetit  avait  été,  comme  tant  d'autres,  victime  de  l'ardent  pro- 
sélytisme qu'on  trouve  souvent  chez  les  ))ersonnes  qui  pratiquent 
les  arts  occultes,  «  feu  Gratoulet,  insigne  sorcier  de  son  temps», 
l'avait  initié  aux  secrets  magiques  et  lui  avait  appris  à  emharrer^ 
c'est-à-dire  à  rendre  les -mariages  stériles,  à  nouer  l'aiguillette 
comme  on  disait,  à  étanclier  et  à  arrêter  le  sang  et  diverses  autres 
pratiques.  Il  sut  plus  tard  «  faire  perdre  les  châtaignes  et  autres 
fruits,  faire  mourir  les  hommes,  les  femmes  et  les  enfants...  guérir 
des  fièvres  frénétiques  »  et  de  beaucoup  d'autres  maladies;  jeter 
les  personnes  dont  il  voulait  se  venger  dans  une  langueur  dont  rien 
ne  pouvait  les  tirer,  enfin,  avoir  les  femmes  sur  lesquelles  il  avait 
jeté  son  dévolu.  C'était  là  une  des  grandes  faveurs  que  le  diable 
promettait  à  ses  fidèles.  On  imagine  avec  qu'elles  instances  celle-ci 
était  sollicitée. 

Pour  obtenir  ces  résultats,  le  sorcier  recourait  à  certaines  for* 
mules  et  employait  de  mystérieux  procédés  que  le  démon  lui-même 
lui  enseignait.  Il  y  avait  aussi  une  poudre  noire  d*une  puissance 
Urribiei  II  suffisait  d'en  Jeter  quelques  grains  dans  les  vôtements 


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—  362- 

d'une  personne  bien  pjrlante  pour  qu'elle  mourût  aussitôt.  Dans 
beaucoup  de  cas,  le  sorcier  devait  faire  des  signes  de  croix,  mais  au 
au  nom  du  diable.  Pour  donner  du  mal  à  quelqu'un,  il  disait  : 
a  malheur  te  soit  donné  au  nom  de  Beeizebut,  Vach,  Vech,  Stest, 
Sty,  Stu...  »  Il  traçait  souvent  des  cernes,  des  cercles,  soit  autour 
des  arbres,  soit  autour  des  jardins,  pour  faire  périr  les  fruits. 
Le  a  cerne  o  avait  des  vertus  cabalisliqu«>s,  c'était  en  c  cerne  x> 
que  se  rangeaient  les  sorciers  au  Sabbat.  Le  diable  se  tenait  au 
centre. 

Le  sorcier  pouvait  appeler  Satan  quand  il  avait  besoin  de  lui. 
Celui-ci  se  montrait  d'ordinaire  sous  la  forme  d'un  «  mouton»; 
mais  il  apparaissait  aussi  sons  les  traits  d'un  homme  noir;  d'autres 
fois  quand  Âupetil  voulait  guérir  un  malade,  le  malin  esprit  pour 
l'accompagner  prenait  la  forme  d'une  grosse  mouche  et  bourdonnant 
à  son  oreille,  lui  disait  ce  qu'il  fallait  faire  et  lui  suggérait!  de  pro- 
noncer des  mots  d'une  vertu  extraordinaire  dont  le  guérisseur  ne 
comprenait  pas  le  sens.  D'antres  fois  c'était  d'un  papillon  que  Satan 
prenait  le  corps.  Ce  n'était  pas  là  toutes  les  métamorphoses  du 
mauvais  Esprit,  qui  se  montrait  sous  Taspect  de  n'importe  quel 
animal.  Il  était  apparu  en  chat  dans  «  l'estude  »  de  Gratoulet.  — 
Sa  voii  ressemblait  à  celle  a  d'une  personne  renfermée  ».  Il  parlait 
aux  sorciers  «  en  langage  vulgaire  »,  aussi  bien  et  aussi  distincte- 
ment que  pouvait  parler  Aupetit  lui  même. 

Celui-ci  avoua  qu'il  s'oignait,  quand  il  allait  au  Sabbat,  d'une 
certaine  graisse  et  que,  au  moyen  de  cette  seule  pratique,  en 
c  disant  le  nom  du  diable  ï>,  il  pouvait  voyager  dans  les  airs  e^ 
traverser  des  espaces  considérables  pour  se  rendre  à  l'assemblée. 
Le  voyage  s'effectuait  très  rapidement  et  «  luy  sembloit  qu'il  avoit 
des  ailes  ».  Il  n'est  nulle  part  parlé  du  fameux  balai,  qu'en  certains 
pays  chevauchaient  les  sorciers.  Parfois  c'était  le  diable  lui-même  qui 
oignait  ses  suppôts  ou  les  transportait.  Les  sorciers  étaient  avertis 
des  réunions  diaboliques  par  une  nuée  «  au  dedans  de  laquelle  il 
se  voyoit  comme  un  mouton  ».  Et  le  Sabbat  se  tenait  à  Mathegouta 
ou  ailleurs  a  oi!i  l'assignation  en  étoit  baillée  »• 

Malgré  ses  fréquentes  relations  avec  le  Diable^  Aopetlt  déclara 


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-  363  - 

qu^il  n'avait  jamais  pu  se  défendre  d'éprouver  de  la  frayeur  quand 
le  Malin  Esprit  s'approchait  de  lui  ;  Satan  ne  manquait  pas  de  le 
rassurer. 

Nous  aurions  désiré  trouver  dans  l'ouvrage  de  Delancre  plus  de 
renseignements  sur  ce  Gratoulet,  qui  avait  été  le  premier  maître  du 
prêtre  de  Pageas,  surtout  sur  les  relations  d'Aupetit  lui-même  avec 
d'aulres  sorciers  et  sorcières  et  sur  les  mèfails  dont  il  s'élait  rendu 
coupable  en  usant  du  pouvoir  obtenu  de  Beizébnth  ;  mais  l'écrivain 
bordelais  ne  s'énonce  en  termes  catégoriques  que  sur  un  seul  fait  : 
Le  prêtre  a  jeié  un  peu  de  la  fameuse  poudre  noire  «  dans  le  sein  à 
un  nommé  Picliin  de  La  Jourdanie  »  (près  Pageas),  qui  est  mort 
aussitôt.  Il  en  a  aussi  «  baillé  autrefois  à  un  Jean  de  Maum  à  qui  il 
voulait  mal  0.  Mais  il  n'indique  pas  si  son  mauvais  dessein  à  l'égard 
de  cet  honime  produisit  le  même  effet.  Plus  loin,  il  est  vrai,  le 
sorcier  déclare  que  tous  ceux  contre  lesquels  il  a  eu  recours  aux 
sortilèges  ont  succombé.  Il  confesse  aussi  avoir  «  embarré  une 
Harsale  de  Majoubert  »,  paroisse  de  Pageas,  m  en  mettant  un  liard 
dans  une  esguillelte  et  invoquant  le  nom  du  Diable  ».  Il  reconnaît 
au  surplus  qu'il  a  ((  faict  de  grands  maux  et  commis  plusieurs 
maléfices...  ayant  faict  mourir  ceux  qu'il  a  nommés  et  languir 
plusieurs  autres  de  diverses  maladies  ». 

C'était  pourtant  un  sorcier  guérisseur,  qui  pratiquait  la  médecine 
diabolique  pour  de  l'argent.  Ayant  la  faculté  de  guérir  sur  le  champ 
ou  de  retarder  la  guérison,  «  lorsqu'on  le  payoit  bien,  il  guéris- 
sait les  malades  tout  aussitôt,  sinon  il  les  faisoit  languir  jusqu'à  ce 
qu'ils  l'eussent  bien  contenté  9. 

Aupetit  se  livra-t-il  lui  aussi  au  prosélytisme  et  chercha-t-il  à 
recruter  des  serviteurs  au  Diable?  Cela  semble  résulter  d'un  pas- 
sage de  ses  aveux  dans  lequel  il  déclare  que  «  si  Bourdeau  d'Aixe 
se  fust  voullu  graisser  de  ladite  graisse  (la  graisse  du  Sabbat)»  il  luy 
eust  montré  le  Diable  i>.  D'autres  peut  être,  moins  avisés  que 
Bourdeau,  s'étaient  laissés  persuader.  Mais  il  n'en  est  pas  parlé  au 
livre  de  Delancre,  ni  dans  les  divers  recueils  où  sont  rapportés, 
d'une  façon  moins  complète,  les  aveux  du  sorcier  de  Las  Fossas. 

L'affaire  d'Aupetit  acquérait  aux  yeux  du  juge  une  gravité  parti- 


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-  364  - 

culîère  à  cause  du  caractère  sacré  dont  le  sorcier  était  revêtu.  On 
lui  demanda  comment  il  avait  pu  continuer,  par  le  plus  horrible 
àt'%  sacrilèges,  à  célébrer  le  service  divin  tout  en  entretenant  des 
nipporLs  suivis  avec  le  Démon.  Il  confessa  que  «  par  Tordre  de 
Sat^n  I»,  il  disait  la  messe  «  plus  en  intention  de  prier  le  Diable  que 
non  à  I  honneur  de  Dieu  ;;,  et  qu'au  lieu  de  prononcer  les  paroles 
dB  Un  consécration,  il  invoquait  Belzébutb,  suivant  la  recommanda- 
tion que  celui-ci  lui  en  avait  faite  au  Sabbat...  Mais  Thomme  a  de 
sinj^uliers  retours  sur  lui-même  et  la  conscience  d'Aupetit  le  tour- 
na'iH;^ît  quelquefois.  11  lui  prenait  des  remords  terribles  de  ses 
crirnt'S,  des  velléités  d:;  revenir  au  bien.  Parfois  même  il  arrivait 
à  l  iadîgne  ecclésiastique  d'essayer  de  célébrer  «  par  dévotion  »  les 
sîiirtl^  rnyi'téres.  Soudain  «  Beelzebut  se  presentoit  a  luy  en  forme 
de  (iHfullon  et  luy  deiïendoit  de  dire  les  paroles  de  la  messe,  ains 
c*i\\o^  qu'il  lui  avoit  apprises  :  si  bien  qu'il  luy  brouilloit  l'entende- 
ment pour  l'ipduire  à  faire  comme  auparavant  ».  Et  si  le  malbeu- 
rtîux  i'î)Ouvanté  de  ses  trahisons  et  de  ses  sacrilèges  «  s»;  vouloit 
cûr»reNserou  faire  autres  actes  de  dévotion  »  le  Diable,  se  montrait 
aussitôt  à  lui  n  et  faisoit  tant  qu'il  Tempeschoit  et  le  lourmentoit... 
et  surtout  le  lourmentoit  lorhqu*il  estoit  sur  le  point  de  se  repentir 
et  demander  pardon  à  Dieu  ». 

L^  prêtre  Aupetit  persista  dans  sa  confession  jusqu'à  la  mort.  Il 
ExMi  le  supplice  du  feu  auquel  il  avait  été  condamné.  Ce  fut  pro- 
bablement à  Limoges  qu'eut  lieu  l'exécution.  Nous  n'avons  néan- 
moins trouvé  aucune  mention  du  fait  dans  les  documents  de  nos 
archives  locales. 

Vers  la  même  époque,  on  poursuivit  sous  l'accusation  de  sorcel- 
lerie, plusieurs  ecclésiastiques  du  Poitou,  du  Bourbonnais  et  de 
rAuvt^rgne;  la  plupart  furent,  condamnés  et  exécutés.  Citons  un 
n  ligieux  du  nom  de  Vidal  de  la  Porte,  qui  aurait  été  convaincu  de 
^'él^c  servi  de  sortilèges  en  mainte  occasion  et  à  qui  on  imputait 
ta  sti'iililé  de  plusieurs  mai  inges  :  Il  avait  «  embarré  »  l'époux  on 
rèjuMise.  Les  juges  de  Hiom  le  condamnèrent  à  être  pendu,  puis 
POU  norps  brûlé.  On  connaît  l'histoire  dramatique  d'Urbain  Grandier, 
curé  de  Saint-Pierre-du-Maiché  à  Loudun,  racharneuaent  de  ses 


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-  365  -^ 

ennemis,  les  scènes  oifieuses  dont  le  cotivent  des  UrsiiUnes  de 
celte  ville  fut  le  ihéâtre,  répou  van  laide  procès  doiil  les  écfios  ne 
sont  point  encore  entièrenoenl  éteinte.  Une  seule  alï.iire  de  sorcrel- 
lerie  peut-être  a  eu  plus  de  retentissenjenl  que  celle  là  :  le  procès 
du  fameux  prêtre,  Louis  Gautlridi  île  la  paroisse  des  Accoules  à 
Marseille,  condamné  au  feu,  en  !611,  par  lerarlement  de  Provence, 


VU 


Les  aveux  d'Aupetlt  et  les  détails  sur  le  Sabbal,  les  apparitions 
du  Diable,  le  pouvoir  donné  par  lui  â  ses  adeptes,  qu'arraclièrent 
au  malheureux  les  mogis^trals  de  Mrnogrs,  ^e  retrouvent  presque 
textuellement  en  des  procès  jugés  ranuée  suivante  parle  siège  séné- 
chal de  Montmorillon,  en  Poitou.  Toute  une  f.^niilie  de  s{)rciers  des 
environs  fut  traduite  devant  les  membres  de  co  tribunal,  qui  u>n 
étaient  pas,  senible-til,  à  leurs  débuts  rians  la  poursuite  des  adeptes 
des  arts  occulies  ;  cette  famille  se  composîdl  du  ibef  de  la  maison, 
Pierre  Bonnevault,  cultivateur;  de  sa  femme  Jeanne  lie  Taiilelroux; 
de  son  frère,  Jean,  et  d'un,  parent,  Malhiirin,  qui  porlalL  le  intime 
nom.  Une  curieuse  plaquette:  DwortM  softtmnire  des  fortilèges  et 
vénéfices  tirés  des  procès  criminels  jugé»  an  stt^ge  toyfjt  de  Monimo- 
rt7/o/i,  nous  a  gardé  le  récit  de  cette  affaire  et  tle  quelques  autres 
de  la  même  nature.  Nous  pouvons  y  constater  ce  fait  qui  résulte  de 
maint  autre  document  :  on  était  sorcier  de  père  en  flis.  Pierre 
Bonnevault  confessa  qu'il  avait  été  riiené  au  sabbat  par  ses  parents 
eux-mêmes  ;  qu'il  donnait  à  Satan  le  nom  tle  inattre  et  qu'il  avai^ 
obtenu  de  lui  diverses  faveurs,  entr'autres  le  cadeau  d'une  petite 
provision  de  cette  terrible  poudre,  dont  nous  avons  entendu  Aupelil 
expliquer  les  propriétés  malfaisantes.  Bonnevault  avoua  eti  avoir 
fait  usage  et  donné  aussi  la  mort  à  plus^ieurs  personnes;  son  frère 
Gt  des  déclarations  analogues.  Il  était  sauvent  allé  an  sabbat  et 
paria,  à  peu  près  dans  les  mêmes  termes  qu'Aupelit,  de  l^homuiage 
rendu  au  Diable  dans  ces  réunions,  descbandt-lles  qu'on  y  allumait, 
des  désordres  qui  s'y  commettaient.  Il  raconta  que  le  démon  s'étaU 


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-  366- 

tour  à  tour  montré  à  lui  sous  la  forme  d*un  homme  noir,  d'un  chat 
el d'un  chien.  Le  sorcier  ne  se  servait  ni  du  balai  classique,  ni 
d'aucune  autre  monlnre  pour  se  rendre  aux  assemblées  de  sorciers: 
Il  se  frottait  avec  la  fameuse  graisse  dont  nous  avons  eu  déjà  occa- 
sion de  parler,  et  un  souffle  puissant,  une  sorte  de  vent  Tenievait 
de  terre  pour  le  déposer  dans  Tendroit  où  se  tenait  le  sabbat.  Jean 
reconnut  qu'il  y  avait  mené  un  jeune  homme  et  que  celui-ci  avait 
promis  au  dinble  un  des  doigts  de  sa  main.  Dans  ce  détail  encore 
nous  retrouvons  comme  un  écho  des  déclarations  du  prêtre  de 
Pageas.  Jean  Bonnevault,  qui  se  reconnut  coupable  de  la  mort  de 
plusieurs  pauvres  gens,  voulut  donner  à  ses  juges,  au  cours  même 
de  l'audience,  une  preuve  de  la  puissance  du  démon.  Il  l'appela  à 
son  aide  et  celui-ci  Tenleva  de  terre  à  une  hauteur  de  cinq  pieds; 
mais  II  te  laissa  ensuite  retomber,  et  ke  sorcier  déclara  au  tribunal 
que  le  serment  prêté  par  lui  à  la  justice  avait  fait  perdre  à  son 
patron  le  pouvoir  de  le  tirer  des  mains  des  magistrats. 

Jeanne  de  Tailletroux  avait  été  conduite  au  Sabbat  par  son  mari, 
et  depuis  vingt-cinq  ans  elle  fréquentait  rassemblée  diabolique. 
Le  «  maître  »  lui  avait  demandé,  comme  à  Jeanne  Bosdeau  d'être 
sienne,  et  elle  lui  avait  donné  un  petit  morceau  de  sa  robe  comme 
gage  de  cette  possession.  Ainsi  que  la  sorcière  de  Solignac,  celle  de 
Montmorillon  avait  élé  l'objet  des  carresses  particulièrres  de  Satan, 
qu'elle  avait  vu,  au  début  de  leurs  relations  du  moins,  sous  la  forme 
d'un  homme  noir.  Celle-là  encore  avait  jeté  des  sorts,  fait  avorter 
les  récoltes,  périr  des  hommes  et  des  animaux. 

Le  parent  impliqué  dans  le  procès,  Mathurin  avait  été,  lui,  mis 
en  rapports  avec  le  mauvais  esprit  par  sa  première  femme,  Beitbo- 
mée  de  La  Bedouche,  sorcière  et  fille  de  sorciers.  Toutefois,  dès 
l'âge  de  seize  ans  l'accusé  s'était  livré  à  des  pratiques  criminelles. 
Cette  Berthomée  était  une  vraie  magicienne  d'Apulée,  dans  le  goût 
classique,  et  Mathurin  conta  aux  juges  royaux,  qu'il  l'avait  un  jour 
surprise  en  train  de  faire  sécher  dans  un  four  des  crapauds  et  des 
serpents,  pour  préparer  les  abominables  mixtures  dont  elle  se  ser- 
vait dans  ses  maléfices.  Bertliomée  conduisit  son  mari  au  Sabbat, 
qui,  assura  le  malheureux,  se  tenait  quatre  fois  par  an  :  le  Hardi- 


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-867- 

Gras,  la  veille  de  Pâques,  la  veille  de  la  Saint-Jean  et  la  veille  de 
Noël.  Malhurln  aiirail  ëlé  convaincu,  s'il  faul  en  croire  le  Discours 
Sommaire,  d'avoir  donné,  par  ses  sortilèges  la  mort  à  sept  person- 
nes au  moins. 

Toute  la  famille  fui  condamnée  au  feu. 

Les  magistrats  de  Montmorillon  firent  encore  brûler  une  vieille 
mendiante  de  quatre-vingts  ans,  que  Malburin  Donnevault  avait 
dénoncée,  affirmant  l'avoir  vu  au  Sabbat.  Elle  s'appelait  Léonarde 
Chastenet  et  pouvait  bien  être  d'origine  Limousine.  Ct'lle-ci, 
comme  Jeanne  de  Taiiletroux,  avait  été  présentée  au  diable  par  son 
mari,  au  contraire  de  Malhurln  qui  avait  été  initié,  tout  au  moins 
conduit  aux  assemblées  de  sorciers  par  sa  femme. 

Léonarde  avait  été,  elle  aussi,  une  des  favorites  du  Diable,  qui 
lui  demanda  de  ses  cheveux.  Elle  donnait  du  reste,  sur  ce  com- 
merce, des  renseignements  identiques  à  ceux  qu'on  trouve  dans  les 
aveux  de  presque  toutes  les  femmes  ayant  été  l'objet  de  la  prédilec- 
tion de  Satan  :  prédilection  qui  n'avait  rien  de  bien  flatteur  s'éten- 
dant  tour  à  tour  à  toutes  ou  presque  toutes  les  habituées  des  réu- 
nions diaboliques.  La  vieille  mendiante  raconta  les  détails  du 
Sabbat  tels  que  nous  les  avons  recueillis  dans  d'autres  confessions. 
Elle  déclara  qu'elle  y  avait  vu  souvent  le  démon  sous  la  forme  d'un 
grand  bouc  mal  odorant.  Elle  s'était  défendue  d'avoir  fait  usage  des 
poudres  qu'il  lui  avait  données.  Mais  des  témoins  la  chargèrent. 
Une  femme  l'accusa  de  l'avoir  rendue  malade  à  l'aide  d'un  sorlillège. 
Dix-neuf  personnes  assurèrent  qu'elle  avait  donné  par  ses  malé- 
fices la  mort  à  cinq  laboureurs  el  fait  avorter  trois  femmes  encein- 
tes, crever  des  bestiaux,  périr  des  récolles.  Elle  finit  par  recon- 
naître, en  partie  du  moins,  la  vérité  de  ces  imputations.  Elle  ajouta 
que  le  diable  rétait  venu  visiter  dans  sa  prison  sous  la  forme  d'un 
chat,  l'avait  réconfortée,  et,  comme  elle  lui  disait  qu'elle  voudrait 
être  morte,  il  lui  avait  remis  deux  petits  morceaux  d'une  substance 
ayant  l'aspect  de  la  cire,  assurant  que  si  elle  en  mangeait,  elle 
mourrait  aussitôt.  Malgré  la  triste  perspective  qu'elle  n'entrevoyait 
que  trop  clairement,  la  mendiante  recula  devant  le  suicide  ;  elle 

5 


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-368  - 

livra  aux  juges  la  drogue  infernale.  On  ne  put  savoir  de  quoi  au 
juste  elle  était  composée,  et  la  cire  fut  brûlée  avec  la  sorcière. 

Peu  d'années  auparavant,  en  1583,  Jeanne  Bonnel,  de  Boissy  en 
Forez,  était  montée  sur  le  bûcher  pour  s'être  vantée  d'avoir  eu  com- 
merce avec  le  malin  Esprit.  On  la  prit  au  mot,  et  elle  paya  de  sa 
vie  les  merveilleux  récits  dont  elle  avait  voulu  éblouir  ses  voisines. 


VIII 


Les  juges  de  Montmorîllon  examinèrent  d'autres  sorciers  que 
ceux  dont  nous  avons  parlé  plus  haut.  Quelques-uns  réussirent  à 
sortir  vivants  des  griffes  de  la  justice.  Il  s'en  trouva  du  reste  qui, 
par  dégoût  ou  par  remords,  avaient  depuis  longtemps  rompu  tout 
commerce  avec  le  malin  esprit.  De  ce  nombre  était  une  nonagénaire, 
Jeanne  Lescorière,  qui  sans  doute  radotait  un  peu.  Elle  avait  jadis 
fréquenté  le  Sabbat  et  vu  à  l'assemblée  maudite  le  diable  qui  s'y 
montrait  tantôt  sous  la  figure  d'un  bouc,  tantôt  sous  la  forme 
humaine.  Elle  lui  avait  donné  le  galon  qui  nouait  ses  cheveux 
et  en  avait  reçu  un  écu  en  échange.  Elle  entretint  longtemps 
des  relations  avec  lui,  le  faisant  venir  auprès  d'elle  à  son  gré.  La 
j  nuit,  c'était  un  chat  qui  répondait  à  son  appel  ;  le  jour,  c'était  un 
chien.  La  vieille  femme  assura  ne  s'être  jamais  servie  de  la  fameuse 
poudre  noire,  dont  Satan  lui  avait  cependant  donné  une  provision  ; 
elle  avoua  néanmoins  qu'elle  avait  un  jour  prié  le  maître  de  la  dé- 
barrasser d'une  voisine  et  qu'il  avait  exaucé  cette  demande;  qu'une 
autrefois  traversant  un  village  et  étant  poursuivie  et  mordue  par 
les  chiens,  elle  appela  à  son  secours  le  diable;  aussitôt  la  meute 
hurlante  fut  foudroyée. 

Sur  le  Sabbat,  Marie  Lescorière  fit  des  récits  de  tous  points  sem- 
blables à  ceux  que  nous  connaissons  déjà  ;  mais  elle  déclara  que, 
croyant  en  Dieu  et  ne  voulant  pas  obéir  au  Démon  qui  recomman- 
dait par  dessus  tout  à  ses  adeptes  de  ne  jamais  prier  elle  avait 
renoncé  à  tout  rapport  avec  Satan  et  cessé  de  se  rendre  aux  assem- 


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blées  nocturnes  des  sorciers.  Le  «  maître  »  l'en  avait  durement 
réprimandée.  Il  s'était  même  efforcé  tan  lot  par  des  promesses,  tan- 
tôt par  des  menaces  et  par  de  mauvais  traitements,  de  la  faire  sortir 
de  la  bonne  voie  où  elle  était  rentrée,  et  de  la  ramener  au  nombre 
de  ses  fidèles.  Une  fois,  il  lui-  avait  jeté  des  pierres  ;  une  autre  fois, 
elle  Tavait  vu  apparaître  la  nuit  dans  sa  chambre,  sous  la  forme 
d'un  gros  chat;  il  sauta  sur  sa  poitrine  et  tenla  de  Tétouffer  ;  mais 
elle  s'en  débarrassa  et  persévéra  dans  sa  conversion.  Quand  elle 
parut  devant  les  magistrats  de  Montmorillon,  elle  affirma  que  depuis 
quarante  ans  elle  n'avait  mis  le  pied  au  Sabbat. 

La  sorcellerie  paraît  avoir  été  à  cette  époque  1res  répandue  dans 
les  campagnes  du  Poitou.  Les  juges  de  cette  province  ne  se  mon- 
trèrent pas  moins  rigoureux  que  ceux  de  la  Gu^enne^  de  la  Gasco- 
gne et  de  la  Provence.  C'est  encore  en  vertu  d'une  sentence  du 
siège  sénéchal  de  Montmorillon  que  BerlhoméduLignon^dii  Cham- 
pagnal,  subit  le  dernier  supplice.  Celui-là  encore  avait  été  amené 
au  Sabbat  par  ses  parents.  Il  y  avait  vu  le  diable  apparaître  sous  la 
forme  d'un  bouc  noir.  Il  avait  assisté  aux  scènes  dont  les  Bonne- 
vault  et  Âupelit  avaient  été  témoins.  Il  les  rapporta  d'une  manière 
identique  :  comme  les  autres  il  avait  vu  Satan,  allumé  des  chandelles 
en  son  honneur,  reçu  des  poudres  malfaisantes.  Il  confessa  du  reste 
avoir,  par  l'emploi  de  ces  drogues  diaboliques,  causé  la  mort  de 
plusieurs  animaux  et  même  de  plusieurs  honrjnes.  Berlhomè 
déclara  qu'il  appelait  le  démon  quand  il  avait  besoin  de  lui,  et  que 
celui-ci  répondait  à  son  appel.  Il  arrivait  vers  le  sorcier  «  comme 
un  tourbillon  de  vent  »,  passant  à  travers  les  murs  et  les  portes. 
L'accusé  avoua  même  aux  magistrats  que,  comme  la  vieille  men- 
diante dont  on  a  lu  plus  haut  la  confession,  il  avait  reçu  la  visite  du 
maître  dans  sa  prison  ;  mais  le  malin  Esprit,  si  habile  et  si  puis- 
sant qu'il  fût.  ne  pouvait  malgré  les  belles  promesses  faites  à  ses 
suppôts,  les  tirer  des  mains  de  la  justice,  quand  celle-ci  s'était 
emparée  d'eux. 

Tous  les  pauvres  diables  qui  défilèrent  devant  les  magistrats  de 
Montmorillon  étaient  des  paysans  ou  des  habitants  de  petites  bour- 
gades. Mais  la  population  des  villes  ne  croyait  pas  moins  fermement 


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-370- 

que  celle  des  campagnes  au  pouvoir  des  sorciers  et  à  Tinfluence  de 
leurs  maléfices.  C'est  encore  à  Delancre  que  nous  devons  Thistoire 
d'une  boulangère  de  Limoges  qui,  un  certain  matin  de  Tannée  1609, 
retira  de  son  four  du  pain  «  si  noir,  si  insipide  el  si  infect  )>  que 
i(  chacun  avoit  quasi  horreur  de  le  voir,  à  plus  forte  raison  d'en 
manger  j».  La  pauvre  femmf*,  n'y  comprenant  rien,  fit  part  de  celle 
mésaventure  à  son  confesseur  et  ne  lui  cacha  pas  qu'elle  soupçon- 
nait de  ce  méchant  tour  une  sienno  ennemie  ayant  du  reste  <x  quel- 
que bruit  et  réputation  de  sorcière  ».  Le  prêtre  lui  conseilla  de 
jeter  dans  sa  pâte  quelques  menus  fragments  d\Aguu$  Dei  en  cire  : 
ce  qu'elle  fit.  Son  pain  se  trouva  le  meilleur  «  qu'elle  eut  faict  en 
sa  vie  ».  Croyant  l'effet  du  maléfice  détruit  elle  cessa  de  mêler  des 
bribes  d'agnut  dans  sa  farine  :  la  pâte  a  se  trouva  si  noire  et  puante 
que  du  fumier.  Et  le  bruit  du  sortilège  en  courut  par  toute  la  ville]). 
Ou  ne  dit  pas  si  la  sorcière  eut,  à  la  suite  de  cette  aventure,  des 
démêlés  avec  la  justice. 


IX 


Nous  arrivons  au  plus  important  de  tous  les  procès  de  sorcellerie 
qui  se  soient  déroulés  dans  notre  région,  c'est  du  moins  celui  qui 
eut  te  plus  de  retentissement  et  qui  parait  avoir  laissé  le  plus  long 
souvenir. 

L'auteur  des  Annales  Manuscrites  de  Limoges  eldipv es  lui  lecarme 
Bouaventure  de  Sainl-Araable,  au  troisième  volume  de  sa  copieuse 
el  indigeste  Histoire  de  Saint-Marlialy  donnent  quelques  déifiiissur 
celte  affaire,  dont  les  péripéties  principales  se  déroulèrent  à  Limo- 
ges même  et  qui  eut  pour  dénouement  le  supplice  de  six  malheureux, 
trois  paysans  et  trois  femmes.  Comme  nous  le  disions  plus  haut,  le 
procès  paraît  avoir  laissé  une  vive  impressien  dans  iVs[)ril  des  con- 
temporains :  il  a  été  du  reste  le  sujet  d'un  petit  opuscule  apparte- 
nant à  celle  très  curieuse  collection  de  récits  populaires  et  édifiants, 
publiés  sous  le  titre  de  «  Miracles...  Prodiges...  Estrange  récit... 


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-â7i  - 

Choses  merveilles  adoennes...)y  parus  enlre  1600  et  1640,  répaûdiis  à 
un  très  grand  nombre  d'exemplaires  jusque  dans  les  campagnes,  et 
dont  la  maison  Louis  Perrin,  de  Lyon,  a  réimprimé  des  fac-similé  il 
y  avingl-cinq  ans. 

La  brochure  porte  pour  tilre  :  «  Récil  véritable  des  choses  eslran- 
ges  et  prodigieuses  arrivées  en  Vexécution  de  trois  sorciers  et  magi- 
ciens deffaits  en  la  ville  de  Lymoges  le  vingt  quatriesme  d'avril  mil 
six  cens  trente.  A  Bourdeaux,  par  J.  Ducoq,  demeurant  en  la  rue 
S.  James,  à  l'enseigne  du  Coq.—  Jouxte  la  copie  imprimée  à  Lymo- 
ges ».  —  Nous  devons  dire  que  nous  ne  connaissons  pas  un  seul 
exemplaire  du  prototype  Limousin  ici  mentionné  et  que  nos  biblio- 
philes les  plus  autorisés,  M.  Fray  Fournier,  M.  René  Fage,  M.  Paul 
Ducourtieux  ne  sont,  sur  ce  point,  pas  plus  avancés  que  nous.  Il 
n'est  pas  impossible  que  cette  prétendue  édition  n'ait  jamais  existé 
et  que  l'imprimeur  de  Bordeaux  ait  simplement  voulu,  par  celte 
mention,  accréditer  son  livret  en  présentant  la  brochure  comme  la 
reproduction  d'un  récit  publié  dans  la  ville  même  où  s'étaient  pro- 
duits les  faits  extraordinaires  annoncés  au  lecteur  par  un  titre 
aussi  alléchant. 

En  réalité,  l'affaire  elle-même  est  assez  banale.  Il  s'agit  de  pau^ 
vres  ensorceleurs  de  campagne,  trois  paysans,  trois  vieillards  dont 
le  plus  jeune  avait  soixante  ans  :  Galletou,  Jassou  etPaulier.  ^  Une 
veuve,  Jeanne  Rouilhat,  qui  possédait  une  métairie  à  Erain,  près  le 
château  de  Rochefort  (aujourd'hui  commune  de  Séreilhac),  accusa 
Pautier,  son  voisin,  d'avoir  j^lé  un  sort  à  son  neveu  et  à  sa  jeune 
servante.  Le  premier  était  tout  à  coup  devenu  hydropique  et 
atteint  de  paralysie;  la  seconde  paraissait,  à  certains  mometiEs, 
avoir  complètement  perdu  l'esprit.  Hors  d'elle-même,  elle  courait 
de  côté  et  d'autre  en  poussant  des  cris  épouvantables.  Son  corps 
tout  entier  était  secoué  par  d'affreuses  convulsions.  Elle  touninit 
«  la  tête  devant  derrière,  rapporte  VAnnalisie,  et  «  sortait  la  langue 
de  la  bouche  de  façon  esirange  ».  La  veuve  Rouilhat  ayant  quIUé 
Erain,  oii  elle  ne  séjournait  sans  doute  que  dans  la  belle  saison, 
retourna  dans  sa  maison  de  Limoges,  située  près  de  l'Arbre  d'Aigou- 
lèae.  Lola  de  s'améliorer,  Télat  de  la  domestique  empira.  Les  crisei 


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-â7î- 

qui  secouaient  la  malheureuse  fille  devinrent  plus  fréquentes  et  plus 
violentes  à  la  fois.  Le  bruit  se  répandit  bientôt  dans  la  ville,  qu'il  y 
avait  une  fille  possédée  du  démon  dans  le  quartier  des  Arènes. 
Naiiibie  de  personnages  notables  vinrent  se  rendre  compte  par 
eux-jLièmes  de  la  réalité  des  faits.  Ils  assistèrent  à  des  scènes 
extniordinaires,  analogues  à  celles  dont  le  couvent  des  Ursulines  de 
Lou(iun  devait  être  deux  ans  plus  lard  le  théâtre.  A  plusieurs 
reprises,  les  religieux  Récollets  allèrent  chez  la  veuve  Rouilhat  et 
tentèrent  sans  doute  d'exorciser  la  malade.  Celle-ci  dénonça  les 
trois  paysans  comme  les  auteurs  du  sortilège,  affirmant  qu'ils 
étiiienl  la  cause  des  souffrances  qu^elle  endurait,  et  répétant  qu'elle 
les  apercevait  distinctement  ((  accompagnez  de  plusieurs  démons 
effroyables  ».  Au  cours  de  ces  séances  les  assistants  voyaient  «  jeter 
des  pierres  à  diverses  foys  »  sans  pouvoir  se  rendre  compte  d'où 
elles  venaient.  Sous  leurs  yeux,  la  jeune  fille  se  tordait,  et  on  lui 
entendait  pousser  de  véritables  hurlements. 


La  Justice  finit  par  s'émouvoir  de  ces  faits.  Elle  interrogea  la 
Veuve  Rouilhat,  dont  les  déclarations  confirmèrent  celles  de  sa 
ilurni^siîque.  Galletou,  suivant  elle,  aurait  un  jour  dit  que  Pautier 
«  avojt  baillé  ce  malheur  ».  Il  n'en  fallut  pas  davantange.  Deux 
memlires  du  Présidial  se  rendirent  à  Séreilhac  :  les  trois  paysans 
fur^-'iil  arrêtés  et  jetés  en  prison.  On  ne  les  sut  pas  plus  tôt  sous  les 
verrous  que  les  langues,  jusque  là  paralysées  p^r  la  crainte,  se 
délièrent  et  se  donnèrent  carrière  :  les  plaintes  affinèrent  :  il  ne  se 
présenta  pas  moins  de  quarante-cinq  témoins  pour  charger  les  trois 
sorciers.  Interrogés  l'un  après  Tautre,  les  accusés  comparurent 
devant  la  cour  avec  un  maintien  assuré,  ((  bien  que  ce  ne  fust  que 
des  tiiiots  et  rustiques  paysans  ».  Néanmoins,  on  releva,  au  cours 
de  leurs  divers  interrogatoires  certaines  contradictions  entre  leurs 
dires.  Le  premier,  Galletou,  qui  était  le  plus  âgé,  fut  appliqué  à  la 
queËtion;  il  se  fit  «  grandement  presser  »,  sMl  faut  en  croire  le 


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-373- 

récit  imprimé  à  Bordeaux,  à  ce  point  que  «  trois  cordes  se  rompi- 
rent »  pendant  que  les  magistrats  le  tinrent  dans  la  diambre  de  la 
torture.  Comme  il  était  encore  devant  eux,  une  mouche  vint  se 
poser  sur  sa  joue.  Il  déclara  que  c'était  son  démon,  appelé  Xibertj 
et  que  celui-ci  Tempêcliait  de  parler.  Toutefois,  menacé  d'être  de 
nouveau  tourmenté^  il  se  décida  à  avouer,  malgré  la  présence  du 
Diable  se  reconnut  «  sorcier  et  magicien  »,  et  déclara  que  Pautier 
était  bien  Fauteur  des  maléfices. 

Jassou  à  son  tour,  après  avoir  «  asprement  enduré  »  les  tour- 
ments auxquels  il  fut  soumis  par  le  bourreau,  confessa  qu'il  était 
allé  au  Sabbat  el  y  avait  vu  Paulier;  il  reconnut  avoir  «  donné  et 
commis  plusieurs  maux  par  sa  maudite  sorcellerie  ». 

Les  magistrats  firent  appliquer  Pautier  à  la  question  ordinaire  et 
extraordinaire,  mais  sans  pouvoir  obtenir  de  lui  aucun  aveu. 
Comme  dans  le  procès  de  la  sorcière  d'Angoulème  le  démon  s'oppo- 
sait à  ce  qu'il  confessât  ses  méfaits.  C'était  la  règle. 

Pendant  les  interrogatoires  qui  avaient  précédé  la  torture,  on 
avait  fait  venir  au  Palais  la  domestique  et  le  neveu  de  la  veuve 
Roulihat,  et  on  les  avait  mis  en  présence  des  trois  paysans.  La  vue 
de  ceux-ci  redoubla  leurs  tourments.  La  domestique  surtout  entra 
dans  de  véritables  convulsions,  donna  aux  juges  le  plus  horrible 
spectacle  et  poussa  des  cris  qui  n'avaient  rien  d'humain.  Tous  deux 
déclarèrent  de  nouveau  qu'ils  voyaient  des  démons  autour  des 
sorciers,  ajoutant  que  l'un  d'eux  faisait  signe  que  le  sort  avait  bien 
été  jeté  par  Paulier. 

Par  sentence  de  la  Cour,  les  trois  accusés  furent  condamnés  à 
a  estre  pendus  et  estranglez,  chacun  en  une  potance,  pour  estre 
brusiez,  et  les  cendres  au  vent  »,  après  avoir  fait  amende  hono- 
rable. 

L'exécution  eut  lieu  le  iï  avril  1630.  Les  trois  condamnés  furent 
d'abord  conduits  devant  la  porte  de  Téglise  de  Saint-Michel-des- 
Lions,  et  là,  agenouillés  sur  la  pierre,  un  énorme  flambeau  allumé  à 
la  main,  ils  demandèrent  pardon  à  Dieu,  au  roi  et  à,  la  Justice. 
De  là,  tenant  toujours  la  torche  au  polug,  iU  furent  menas  juiqu'aa 


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-3^4- 

creux  des  Arènes,  où  le  supplice  devait  avoir  lieu.  On  voyait,  sur  la 
vieille  place  qui  avait  entendu  les  sermons  de  Saint-Antoine  de 
Padoue  trois  potences  plantées,  et  un  grand  bûcher  dressé  à  côté 
du  gibet. 

Galletou,  qui  fut  exécuté  le  premier,  confirma  ses  aveux  et  témoi- 
gna un  grand  repentir;  il  en  fut  de  même  de  Jassou*  Ils  étaient 
assistés  par  des  religieux  Récoliets,  qui  leur  avaient  inspiré  les 
sentiments  de  contrition  les  plus  touchants.  Quant  à  Pautier,  il 
résista  jusqu'à  la  fin  aux  pressantes  instances  des  fils  de  Saint- 
François.  Deux  d'entr'eux,  le  vicaire  du  couvent  et  le  P.  Benoist 
ne  qtiUlèreut  pas  le  patient  et  jusqu'à  la  dernière  minute,  s'effor- 
cèrent d'attendrir  son  cœur,  d'obtenir  de  lui,  sinon  un  aveu^  du 
moins  un  témoignage  de  repentir  de  ses  fautes  et  de  confiance  en 
Dieu.  Pendant  la  demi-heure  que  dura  l'exécution  de  ses  coujpa- 
gnons,  les  religieux  redoublèrent  leurs  supplications.  Quand  le  tour 
de  Pautier  fut  venu,  un  des  Récollets  se  tint  longtemps  sur  réchclle 
auprès  du  condamné  ;  il  Tadjura  encore  une  fois  d'imiter  ses  deux 
complices,  qui  étaient  morts,  comme  le  Bon  larron  en  détestant 
leurs  crimes  et  en  se  réfugiant  dans  les  bras  de  Dieu.  Les  magistrats 
qui  assistaient  à  celte  scène  joignirent  leurs  instances  à  celles  des 
religieux  et  supplièrent  le  malheureux  de  dire  un  mot  de  contrition 
avant  d'être  précipité  par  le  bourreau  dans  réternité.  Ce  fut  en  vain. 
On  se  d?cida  enfin  à  donner  le  signal,  et  l'exécuteur  «  j^ta  »  le 
pendu,  c'est-à-dire  le  laissa  tomber  du  haut  de  l'échelle,  la  corde 
au  cou,  on  vit  alors,  s'il  faut  en  croire  les  divers  récits  que  nous 
possédons,  s'envoler  «  de  dessus  l'espaule  droite  de  Pautier,  proche 
de  l'aureille,  son  démon  en  forme  d'un  moucheron  de  la  grosseur 
d'une  noix,  qui  passa  sur  la  potence  en  ciflant,  traînant  une  petite 
queue  après  luy  en  forme  de  fumée  :  ou  l'exécuteur,  le  voyant,  eust 
comme  frayeur,  et  cria  :  Jésus!  Maiie  !  la  potence  venant  à  trem- 
bler; ce  qui  fust  veu  par  plus  de  deux  mille  personnes.  Et  fust 
entendu  un  murmure  en  l'air,  en  forme  d'un  tonnerre,  a 

L'auteur  des  Annales  manuscrites,  qui  note  un  certain  nombre  de 
détails  qu'on  ne  trouve  pas  dans  la  brochure,  parle  aussi  de  ce 
ctgro8  frelon».  Il  assure  que  celui-ci  n'avoit  pas  quitté  Pautier 


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-376  - 

le  jour  du  supplice,  quMl  s'était  posé  sur  son  épaule,  et  s'était  mis 
ensuite  à  voler  autour  de  la  tête  du  malheureux.  Le  bourreau  avait 
en  vain  cherché  à  le  chasser...  Nous  avons  vu.  au  procès  du  prêtre 
Aupetit,  le  diable  se  montrer  au  sorcier  sous  la  figure  d'une  m(»u- 
che.  C'était  dans  la  tradition.  On  sait  au  surplus  que  Belzébuth, 
forme  corrompue  de  Baazebub,  signifie  :  Baal  des  mouch<>s  ou 
BaaI-Houche. 


XI 


Les  deux  ensorcelés,  qui  avaient,  placés  près  du  gibet,  assisté  à 
Inexécution,  déclarèrent  qu'ils  avaient  vu  «  six  diables  »  emportant 
l'âme  de  Pautier.  La  domestique  de  la  veuve  Rouilhat  demeura 
quelque  temps  «  comme  hébétée  »,  mais  e!ie  se  remit  ensuite  et  se 
trouva  délivrée  pour  toujours  des  horribles  accès  qui  Pavaient 
pendant  plusieurs  mois  torturée.  Quant  à  Fenfant,  il  resta  à  peu 
près  muet  et  paralytique  jusqu'aux  ostensions  de  l'année  suivante, 
où  il  fut  miraculeusement  guéri.  Le  vendredi,  9  mai  1631,  sa  mère 
l'avait  porté  à  la  basilique  de  Saitit-Martial,  où  il  vénéra  le  chef  de 
l'apôtre  d'Aquitaine.  Dans  la  nuit  il  se  réveilla,  et,  à  la  grande 
surprise  de  tous  les  siens,  on  l'entendit  parler  distinctement.  Il 
priait  qu'on  le  ramenât  le  lendemain  à  la  collégiale  visiter  les  reli- 
ques :  ce  qui  fut  fait.  Il  n'eût  pas  plus  tôt  posé  les  lèvres  sur  le 
crâne  du  patron  de  la  ville  que  son  mal  disparut;  il  jeta  ses 
béquilles,  et  alla  sans  avoir  besoin  d'aucune  aide,  baiser  avec 
ferveur  les  restes  des  autres  saints  exposés  dans  le  sanctuaire. 

Galetou  et  Jassou  avaieni  dénoncé,  comme  se  livrant  aux  prati- 
ques de  la  sorcellerie,  un  certain  nombre  de  personnes  de  leur 
voisinage;  celles-ci  furent  arrêtées  et  se  trouvaient  renfermées,  au 
moment  du  supplice  des  trois  paysans  d'Evain,  dans  les  prisons 
royales  do  Limoges.  Les  magistrats  de  notre  Présidial  ne  se  mon- 
trèrent pas  moins  rigoureux  que  les  parlemen'aires  de  Bordeaux. 
Us  C0Qdamn6i*eDl  trois  de  ces  accusés  —  trois  femmes  —  au  dernier 


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—  376  - 

supplice.  Deux  d'enlr'elles  furent  brûlées  aux  Arènes  quelques 
jours  après  la  mon  (Ii3  Taulier  et  de  ses  compagnons.  On  ne 
connaît  ni  le  lieu  ni  les  circonstances  de  Texécution  de  la  troisième. 

Il  ne  semble  pas  que,  depuis  cette  époque,  aucun  procès  de 
sorcelkrie  présentant  quelque  intérêt  ait  été  porté  devant  les  juges 
locaux  et  royaux  de  notre  province.  Plusieurs  malfaiteurs  furent 
accusés  d'avoir  eu  recours  à  des  sortilèges,  et  un  voleur  qui  s'était 
fait  une  certaine  réputation  et  qui  fut  roué  ou  pendu  à  Limoges, 
vers  le  milieu  du  dix-huitième  siècle,  après  une  série  d'exploits 
analogues  à  ceux  qui,  vers  4850,  illustièrent  le  fameux  Burgou^ 
se  vantait  de  connaître  un  talisman,  irrésistible  pour  ouvrir  les 
serrures  les  plus  solides.  Hais  ce  côté  de  Taflaire  ne  paraît  pas 
avoir  beaucoup  excité  la  curiosité  du  public  et  le  détail  ne  serait 
probablement  pas  arrivé  jusqu'à  nous  sans  une  mention  de  l'abbé 
Legros^  insérée,  si  nous  ne  nous  trompons,  à  sa  précieuse  Conli- 
HuattQu  des  Annales.  Notons  au  surplus  que  plus  d'un  voleur  et 
plus  d'un  escroc  ont  exploité  les  dispositions  superstitieuses  de  nos 
paysans  et  se  sont  donnés  pour  sorciers,  afin  de  mieux  persuader 
et  de  [iiieux  dominer  leurs  dupes.  Le  légendaire  Burgou^  dont  nous 
avons  prononcé  plus  haut  le  nom  et  dont  la  bande  terrorisa,  par 
ses  exploits  aussi  Qudacieux  que  variés,  l'arrondissement  de  Koche- 
chftuart  et  les  cantons  voisins  de  la  Charente,  de  la  Dordogne  et  de 
la  Haute-Vienne,  prétendait  posséder  de  merveilleux  secrets  et 
avait  réussi  à  en  convaincre  les  paysans.  Cette  réputation  de 
sorcier  ne  contribua  pas  peu  à  assurer  le  succès  de  ses  opérations 
et  â  reculer  le  moment  ou  les  gendarmes  se  saisirent  de  lui  et  où  la 
justice  put  enfin  lui  demander  des  compies.  Il  fut  condamné;  mais 
ronitiie  voleur,  point  comme  sorcier,  on  ne  l'envoya  pas  au  bûcher. 
Nlhis  nous  rappelons  avoir,  il  y  a  quelque  trente  ans,  rencontré, 
sur  la  route,  à  peu  de  distance  de  Saint-Junien,  ce  personnage 
presque  célèbre,  qui  nous  fut  présenté  par  le  Procureur  de  la 
République  lui-même.  L'aspect  du  voleur-sorcier  était  plutôt  misé- 
rable et  il  ne  paraissait  pas  avoir  conservé  avec  le  malin  Esprit  de 
sérieuses  relations.  Le  pauvre  diable  mendiait  :  il  salua  jusqu'à 
terre  le  magistral  qu*il  connaissait  bien  ;  nous  lui  dounftmes  quel« 


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-  377  - 

ques  sous;  il  nous  remercia  poliment  et  s^éloigna,  courbé  en  deux, 
tout  cassé  et  geignant,  appuyé  sur  son  bâlon,  mais  flallé  de  Tatlen- 
lion  dont  il  était  Fobjet  et  de  la  crainte  qu'il  lisait  dans  les  regards 
des  paysans  sur  son  passage  :  crainte  qui,  mieux  que  piiiè,  arra- 
chait au  campagnard  Taumône  sollicitée  par  le  vieux  nieud iatil. 
Ainsi  finissent  de  nos  jours  les  sorciers. 

Louis  GDIBERT. 


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Sir  lis  MM%  hplim  im  la  Crsuse 

PENDANT  LA  RÉVOLUTION 

(suite)  (1) 


III 
Société  Popoiaire  de  Guérel 


I  gg-ttim  I 


L^s  Archives  Départemenlales  possèdent  deux  registres  des  déli- 
béralions  de  celte  société  (2).  L'un  (in-quarto,  21  pages)  conlienl  les 
procès-verbaux  depuis  la  première  séance  (21  mars  1793)  jusqu'à 
celle  du  23  avril  suivant.  L'aulre  (in-folio,  232  pages)  conlienl  les 
procès  -  verbaux  depuis  une  séance  de  septembre  1793  dont  la 
date  est  illisible  mais  qui  est  antérieure  au  15,  jusqu'à  celle  du  26 
prairia!  sans  date  d'aimée,  mais  de  l'an  II  certainement.  Comme 
il  existe  douze  pages  blancbes  à  la  fin  du  registre,  et  qu'il  n'est  pas 
vraisemblable  qu'on  ait  abandonné  un  registre  non  fini  pour  en 

(1)  Voir  la  i'»"»  partie  de  cette  étude  dans  le  Bulletin  2»  série,  tome  8, 
1"  partie,  pages  197  et  suivantes. 

(2)  Ces  registres  étaient  considérés  comme  perdus  (Duval.  Archi- 
ves révolutionnaires  de  la  Creuse,  p.  222).  Ils  étaient  heureusement 
devenus  la  propriété  de  M.  Masembert,  qui  habite  à  Saint- Geo rges- 
de-Cousmiers  (If- ère).  M.  Masembert  les  avait  trouvés  dans  la 
bibliothèque  de  l'un  de  ses  ascendants,  M.  J.  Louis-Claude  Coland  de 
la  Salcette,  qui  fut  préfet  de  la  Creuse  du  13  avril  1802  au  0  mars  1807, 
il  l6â  a  aimablement  offerts  aux  Arcbites  en  septembre  1887. 


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-  379  - 

commencer  on  autre,  il  y  a  lieu  de  supposer  que  cette  séance  du 
26  prairial  an  II  est  la  dernière  lenue  par  la  Société  ou  du  moins 
la  dernière  dont  on  ait  rédigé  le  procès-verbal.  Nous  sommes  donc 
en  présence  d'un  document  presque  complet,  la  seule  lacune  cer- 
taine allant  de  la  fin  d'avril  au  milieu  de  septembre  1793. 

A  raison  de  la  longueur  de  ce  document,  de  la  multiplicité  des 
faits  qu'il  relate,  il  nous  a  paru  difOcile  d'en  faire  l'élude  sous  une 
forme  synthétique  comme  nous  avons  pu  le  faire  pour  le  court 
registre  de  Vallières.  Nous  allons  donc  en  présenter  une  analyse 
complète,  en  suivant  Tordre  des  séances  et  en  citant  i?*  eaienso  les 
passages  les  plus  importants. 

C'est  le  il  mars  4793  que,  dans  la  salle  électorale  du  département 
de  la  Creuse,  la  Société  populaire  de  Guéret  a  été  fondée  sur  l'ini- 
tiative du  citoyen  Marc-AntoineHuguet.dépuléde  la  Creuseà  la  Conven- 
tion Nationale,par  plusieurs  palriotesqui  voulaient  «ressérer^parl'ins- 
«  truction,  les  liens  qui  doivent  unir  tous  les  véritables  Français  et 
c  déjouer  les  trames  des  ennemis  de  la  chose  publique.  » 

Amabie  Faure,  procureur  général  syndic,  fut  élu  président  par  les 
40  présents.  Champagne,  garde  magasin  du  timbre,  Yillard  et 
Planier  furent  nommés  secrétaires. 


Séance  du  24  mars  1195 

i°  Communication  de  la  «  Société  des  amis  de  la  Liberté,  qui  fra- 
cc  ternisent  avec  la  Société  Centrale  séant  aux  ci-devant  Jacobins  à 
«  Paris  ».  —  On  décide  de  lui  faire  parvenir  la  souscription  de  14 
sous  par  membre  qu'elle  demande  (objet  non  indiqué). 

2<^  Communication  de  la  «  Société  des  amis  de  la  République  de 
Nevers  ». —  Approbation  de  son  adresse  à  la  Convention. 

3*  Communication  d'une  lettre  du  ministre  de  la  marine  sur  la 
culture  du  chanvre.  —  On  invite  l'Administration  à  en  faire  impri- 
mer un  extrait  pour  le  répandre  dans  les  campagnes  afin  d'encou- 
rager cette  culture. 


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-380- 

24  adhésions  nouvelles  :  dont  Lafont  et  Sylvain  Rousseau,  prëlres, 
et  Mau[ias,  curé  de  Glény. 

Un  membre  dit  : 

■  Citoyens,  ce  sont  les  vertus  civiques  qui  forment  la  base  la  plus 
«  i^tabie  d*un  gouvernement  républicain.  Si  vous  les  honorez  digne- 
c  ment,  bientôt  vous  verrez  naître  parmi  vous  les  beaux  jours  de 
a  Lacédémone.  » 

Il  propose  d'afficher  et  publier  «  la  liste  des  citoyens  généreux 
fit  de  ia  commune  de  Guéret  qui  se  sont  inscrits  volontairement 
«  pour  repousser  les  ennemis  de  la  liberté  qui  ont  souillé  le  terri- 
«  toire  de  la  République  en  se  présentant  à  main  armée  dans  les 
■  départements  de  la  Vendée  et  des  Deux-Sèvres.  » 

Mm is  ce  titre  froisse  des  susceptibilités.  On  efface  l'épilhète  de 
généreux  •  parce  que  tous  les  véritables  amis  de  la  Républiquedoi- 
a  \e\\i  l'être  par  essence.  » 


Séance  du  25  mars 
On  vote  le  règlement  ainsi  conçu  : 

Réglemeot  de  police  de  la  Société  Popalaire  Répabliciioe  de  Gnérel 


Préambule 


Piop^iger  Tamour  de  la  Liberté  et  de  l'Egalité,  en  faire  sentir  tout 
le  prijt;  concourir  avec  zèle  uu  maintien  de  la  République  une  et 
indivisible;  tel  est  le  but  que  se  propose  la  Société;  tous  ceux  qui 
semni  pénétrés  de  cet  esprit  et  animés  du  môme  zèle  pourront  y 
être  admis  dès  l'âge  de  18  ans,  si  la  pureté  de  leur  civisme  est  certi- 
fiée par  si:ç  de  ses  membres. 


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\-^\m  '• 


-381  - 

Respect  et  obéissance  à  la  loi,  voilà  le  flambeau  qui  dirigera  la 
Société  ;  elle  ne  se  donne  donc  de  règlement  que  pour  mettre  de 
Tordre  dans  la  tenue  de  ses  séances. 

ART.  1er 

La  Société  sera  présidée  par  un  de  ses  membres,  qui,  après  avoir 
occupé  le  fauteuil  pendant  un  mois,  sera  remplacé  par  la  voye  du 
scrutin  à  la  pluralité  absolue  ;  il  ne  pourra  être  réélu  qu'après  un 
mois  d'intervale. 

ART.  2m* 

Il  y  aura  trois  secrétaires  et  trois  commissaires  de  correspondance 
dont  un  tiers  sera  renouvelle  de  quinzaine  en  quinzaine,  par  la  voye 
du  scrutin  à  la  [pluralité  relative,  de  manière  que  chacun  reste  en 
exercice  pendant  un  mois  et  demi,  à  Texception  des  deux  premiers 
renouvellements,  où  les  plus  jeunes  d'âge  sortiront  successivement. 

ART.  3«»e 

La  Société  adopte  pour  la  police  de  ses  séances,  la  discussion  des 
matières,  le  recueil  des  opinions,  la  rédaction,  la  lecture  et  la  signa- 
ture des  procès-verbaux,  Tordre  qui  s'observe  dans  les  assemblées 
primaires. 

ART.  4n»e 

Les  dépenses  seront  réglées  avec  économie,  et  pour  y  subvenir 
chaque  membre  déposera  la  somme  de  cinq  livres  entre  les  mains 
d'un  trésorier  membre  de  la  Société,  nommé  par  la  voye  du  scrutin  à 
la  pluraUté  absolue,  qui  se  concertera  avec  les  commissaires  sur  le 
règlement  des  dépenses  ordinaires  dont  il  pourra  faire  l'acquittement 
sans  consulter  la  Société. 

ART.  5me 
Le  trésorier  sera  remplacé  tous  les  six  mois  et  pourra  fttre  réélu. 


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.882- 


ART.  6«« 

Il  y  aura  un  scrutin  épuratoire  à  la  première  séance  du  mois  de 
mai  prochain,  lequel  sera  renouvelle  de  deux  mois  en  deux  mois. 

ART.  7n« 

La  Société  tiendra  des  séances  publiques  les  jeudi  et  dimanche  de 
chaque  semaine  à  5  heures  du  soir;  mais  pour  être  à  portée  de  con- 
naître ie  vœu  des  membres  sur  les  matières  qui  seront  mises  en  déli- 
bération, ils  occuperont  une  partie  de  la  salle  distincte  et  séparée  de 
celle  qui  sera  destinée  au  public. 

ART.  8«o 

L'Assemblée  ne  sera  censée  formée,  que  lorsqu'elle  sera  composée 
d'un  nombre  égal  au  tiers  des  membres  domiciliés  dans  la  ville  de 
Guéret. 


Séance  du  57  mars 

Tenue  en  présence  du  citoyen  Chambon,  député  du  département 
de  la  Corrèze. 

On  procède  à  la  constitution  du  bureau.  Sont  nommés  : 

Président  :        Ainable    Faure,     procureur    général  syndic  du 

département. 
Commissaires:  Purat,  jugeau  tribunal. 

Champagne,  garde  magasin  du  timbre. 

Gerbaud,  accusateur  public. 
Secrétaires  :      Martial  Villard,  fils,  négociant. 

Planier,  ingénieur  des  Ponts-et-chaussés. 

Baret- Beau  vais,  officier  municipal. 
Trésorier  :        Dumarest,  jug3  au  Iribunal. 

Admission  de  trois  jeunes  gens  qui  n'ont  pas  encore  «  Tâge  com- 
pétent ». 


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-  383  — 


Séance  du  50  Mars 

Tenue  en  présence  des  citoyens  Monestier  elPeliljean(l)  commis- 
saires de  la  Convention,  auxquels  le  président  souhaite  la  bien- 
venue. 

Un  des  secrétaires  prononce  un  discours  dans  lequel,  «  après 
c  avoir  parcouru  les  plus  mémorable3  époques  de  la  Révolution,  il  a 
«  présenté  quelques  réflexions  sur  la  stérilité  du  sol  du  déparle- 
«  ment,  le  fardeau  trop  onéreux  des  impositions  et  la  nécessité  de 
9  vivifier  du  moins  par  le  commerce  un  pays  assez  peuplé,  mais  où 
«  la  terre  ne  produisant  pas  les  denrées  de  première  nécessité, 
«  force  une  porlion  très  considérable  de  ses  habitants  à  aller,  cha- 
cr  que  année,  offrir  leurs  bras  et  feur  travail  dans  les  autres  dépar- 
«  lements,  afin  de  se  procurer  les  moyens  de  subsister.  » 

«  Le  citoyen  Monestier  s'étant  levé,  a  répondu  que  l'esprit  public 
«  lui  avait  paru  bon  dans  le  département  de  la  Creuse,  parce  que 
«  les  mœurs  y  étaient  douces  et  les  hommes  vertueux,  et  que  toutes 
«  les  fois  que  ce  concours  existait,  les  administrations  en  comman- 
a  dant  au  nom  de  la  loi  ne  portaient  que  des  parolles  de  paix  et  de 
a  consolation. 

«  Il  s'est  ensuite  étendu  sur  Tobjet  des  Sociétés  populaires  qui 
((  doit  être  d'éclairer  le  peuple  en  lui  apprenant  à  lire  dans  le  livre 
9  des  lois  —  dans  ce  moment  il  a  ajouté: 

a  Si  les  lumières  arrivaient  au  peuple  comme  les  rayons  du  soleil, 
«  il  serait  dans  Tordre  politique  ce  qu'il  est  dans  l'ordre  animal  ; 
«  mais  combien  d'hommes  voués  par  étal  à  le  livrer  à  Terreur, 
«  d'abord  les  journalistt^s  ({ui  n'écrivent  jamais  pour  la  gloire  mais 
«  pour  la  cupidité,  les  prêtres  insermentés  qui,  au  nom  du  Dieu  de 


(1)  Monestier  (J.-B.  Benoît),  député  du  Puy-de-Dôme  à  la  Conven- 
tion, Peliljean  (Claude-Lazare),  député  de  VAllier  à  la  Convention, 
avaient  été  nommés  commissaires  près  la  Creuse  et  le  Puy-de-Dôme 
par  décrets  du  9  et  du  12  ujars  1793  (V.  Duval.  Archives  révolution- 
naires de  la  Creuse,  p.  144). 

6 


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-384- 

et  paix  soufflent  sur  lui  les  poisons  de  la  discorde,  et  la  ci-devant 
«  caste  privilégiée,  qui  n*a  point  encore  renoncé  au  fol  espoir  de  lui 
c  donner  de  nouveaux  fers. 

«  Voulant  détruire  les  erreurs  qu'on  avait  cherché  à  répandre  à 
f  Toccasion  du  jugement  de  Louis  Canet,  il  a  dit  que  la  Convention 
«  n'avait  point  cumulé  tous  les  pouvoirs,  puisque  rassemblée  légis- 
«  laiive  en  commençant  la  procédure  avait  fait  les  fonctions  de 
«  jury  d'accusation.  A  Tégard  de  la  liberté  des  opinions  il  a  prouvé 
«  qu'elle  existait  à  un  tel  point  même  dans  le  sein  de  la  Convention» 
«  que  ceux  des  députés  qui  n'ont  pas  pensé  devoir  voter  la  mort 
ff  du  Tyran,  n'ont  pas  essuyé  la  plus  légère  persécution  tandis  que 

<  Michel  Lepelletier  a  été  immolé. 

«  Il  a  encore  applaudi  aux  mesures  prises  à  Guéret  pour  Parres- 
c  talion  des  personnes  suspectes. 

«  Enfin  après  avoir  parlé  des  gouvernements,  il  a  fait  voir  que 

<  la  République  une  et  indivisible  est  le  seul  mode  qui  nous  con- 
cr  vienne  sous  tous  les  rapports,  et  qu'en  conséquence  il  engageait 
«  tous  les  Français,  tous  les  véritables  amis  de  la  liberté  et  de  Téga- 
a  lité  à  se  rallier  autour  de  la  Convention.  » 

On  décide,  après  avoir  vivement  applaudi  le  discours  deMonestier, 
d'adresser  aux  autres  Sociétés  Populaires  du  département  une  lettre 
pour  les  inviter  à  correspondre  avec  celle  de  Guéret. 

Puis,  sur  la  question  de  déportation  des  prêtres,  Monestier  pro- 
nonce un  second  discours,  ainsi  conçu  : 

«  C'est  le  plus  grand  acte  de  sagesse  qu'ait  pu  faire  la  Société  que 
«  de  mettre  cette  question  à  l'ordre  du  jour.  Les  Rois  de  la  terre 
ce  n'eussent  été  que  des  hommes,  si  les  prêtres  ne  leur  avaient  pas 
a  persuadés  qu'ils  étaient  des  Rois.  Oui  citoyens!  les  prêtres  quand 
((  ils  ne  sont  pas  parfaitement  bons  sont  de  tous  les  hommes  les 
€  plus  pervers,  soit  par  leurs  habitudes,  soit  par  leurs  intérêts,  soit 
f<  enfin  par  leur  envie  de  dominer  en  gouvernant  les  consciences. 
«  C*est  ici  qu'il  faut  avouer  qu'il  ne  peut  pas  exister  de  parti 
a  moyen.  Voyez-les  tantôt  disant  aux  peuples  avec  Tapôtre  Paul, 
a  toutes  puissances  viennent  de  Dieu  et  soyez  y  soumis,  mais  c'est 


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-385- 

«  de  la  leor  qu'ils  entendent  parler,  tantôt  enfin  tronquant  Tévan- 
a  gile,  le  plus  sublime  des  livres,  et  où  Ton  trouve  les  véritables 
«  principes  de  la  liberlë  et  de  régalité,  pour  le  faire  servir  à  leur 
«  ambition  et  à  leurs  fureurs.  x> 

cr  Dans  ce  momenl  des  applaudissements  très  multipliais  ont  înler- 
((  rompu  Torateur  qui  a  continué  en  ces  termes  :  La  nation^ fallguèe 
«  de  tant  d'hypocrisie  et  des  maux  incalculables  qui  en  rèsutlaieni, 
«  leur  avait  dit  :  nous  ne  vous  demandons  pas  compte  i\ti  vos  opt- 
«  nions  qui  nous  importent  peu,  mais  de  nous  avouer  ^i  vous 
«  aimez  la  liberté  et  Tégalitéque  vous  prêchiez  aux  hotniues  uvaiit 
«  la  Révolution.  Ont-ils  voulu  en  faire  le  serment?  et  liuns  le 
c  moment  où  la  nation  entière  en  leur  tendant  les  bras,  leur  disait 
«  soyez  encore  nos  consolateurs  dans  nos  afflictions,  porioz-nous 
a  des  paroles  de  paix  et  de  bienveillance  au  nom  du  Dieu  des  aiisé- 
c(  ricordes,  n'ont-ils  pas  semé  le  trouble  et  la  désolatiojj  dans  les 
«  familles,  et  cherché  à  allumer  les  torches  de  la  guerre  civile  ?  » 

a  Voilà,  citoyens,  les  hommes  pervers  contre  lesquels  la  Cot^ven- 
«  tion  a  été  obligée  de  prendre  des  mesures  de  rigueur;  vous  étiez 
«  perdus  si  elle  ne  IVût  pas  fait  ;  il  faut  donc  qu'on  fasse  exéiiiter 
«  avec  un  bras  de  fer  la  loi  pour  la  déportation  des  prêtres  valides 
a  et  celle  concernant  la  réclusion  des  inflrmes.  Sans  celii  vous  ne 
«  devez  plus  espérer  ni  repos  ni  bonheur.  »  De  nombreux  applau- 
«  dissements  donnés  de  nouveau  à  l'orateur,  ont  dû  lui  prouver  la 
9  profonde  impression  qu'il  a  faite  sur  la  Société  et  fo!il  regretter 
«  aux  secrétaires  de  n'avoir  pu  saisir  que  les  traits  les  pi  us  frappants 
«  de  ce  discours.  » 

Proposition  d'un  membre  de  demander  à  la  Convention  (rétendre 
la  mesure  concernant  les  prêtres  valides  aux  prêtres  infirmes  et 
sexagénaires,  aux  proches  des  émigrés  et  à  tous  ceux  qui  troublent 
Tordre  public. 

Séance  du  7  avril 

Communication  d'une  lettre  (objet  non  indiqué)  des  amis  de  la 
Liberté  et  de  l'Ëgalité  de  Gray. 


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Vûte  d^achal  de  journaux  <  écrits  dans  des  principes  purs  ».  On 
s'abonnera  aux  Débats  des  Jacobins  et  au  Républicain. 

Lemoyne,  vicaire  épiscopal,  est  choisi  pour  les  lire  au  peuplé 
t  tous  les  jours  de  fêles  et  les  dimanches  à  Pissue  des  vêpres  ». 


Séance  du  44  avril 

Lecture  de  lettres  des  sociétés  des  départements.  «  On  remarque 
avec  satisfaction  qu'elles  sont  toutes  dans  les  meilleurs  principes  d. 

Le  trésorier  est  autorisé  à  prélever  sur  la  caisse  14  .sous  par 
chaque  membre  pour  les  adresser  à  la  c  Société  des  amis  de  la 
Libi^i  Lé  et  de  rEgalité  qui  fraternise  avec  la  Société  centrale  séant 
aux  ci-devant  Jacobins  de  la  rue  Saint-Honoré,  à  Paris.  » 

Un  membre  demande  la  dénonciation  à  la  Convention  du  ministre 
îg  rintèrieur  qui  n'a  pas  encore  fait  parvenir  aux  corps  adminis- 
ttalifs  le  décret  sur  la  déportation  des  prêtres. 

Adopté. 

Séance  du  21  avril 

Moîiestier  demande  qu'on  raye  du  procès-verbal  de  la  séance 
préi^édente  une  proposition  tendant  à  décacheter  les  lettres  des 
suspecta.  Elle  est  contraire  à  la  loi,  dit- il,  et  d'ailleurs  inutile. 
«  Ecrira  qui  voudra,  recevra  qui  pourra  ». 

Adopté. 

(Au  procès-verbal  précédent,  la  phrase  sur  ce  sujet  est  effacée 
coLiipiéLenient  et  rendue  illisible). 

Communication  de  lettres  de  Rennes  et  Poitiers  (objet  non  indi- 
qué). 

Communication  d'une  lettre  de  Boussac  ;  la  nouvelle  société 
populaire  demande  son  affiliation  ;  —  Accordée. 


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—  387  - 

Moneslier  se  plaiol  vivement  qu'il  soit  a  honteux  que  le  recrule- 
«  ment  se  fasse  aussi  mal  dans  ce  déparlement  d  ;  il  demande  que 
le  contingent  fourni  par  Guéret  (36  hommes)  soit  augmenté  de  15. 

Le  citoyen  curé  de  La  Souterraine  c  attribue  la  lenteur  du 
«  recrutement  aux  manœuvres  des  ci-devant  nobles,  des  prêtres, 
«  des  aristocrates  et  des  modérés.  r> 

Monestier  annonce  qu'il  va  quitter  la  séance  pour  affaires  admi- 
nistratives et  invite  les  membres  à  assi&ter  à  l'exemple  d'égalité 
qu'il  va  donner  en  interrogeant  un  ci-devant  noble  ((  qui  avait  trop 
longtemps  abusé  de  son  autorité)»  avec  plus  de  justice  que  a  sa  caste 
n'en  avait  jamais  montré»  (1). 


Séance  du  25  avril 

Proposition  que  tous  les  ci-devant  nobles  fussent  tenus  de  rap- 
porter leurs  litres  «  pour  les  joindre  à  l'auto-dafé  qui  doit  être  fait 
«  du  procès-verbal  qu'ils  avaient  fait  dresser  en  1789  pour  la 
«  convocation  des  États  généraux.  » 

Un  des  commissaires  de  la  Convention  fait  observer  qu'en  agissant 
ainsi  la  société  sortirait  de  son  tôle.  «  Les  sociétés  populaires,  dit-il, 
a  ne  sont  que  des  sentinelles  qui  ne  peuvent,  en  aucun  cas,  avoir 
«  aucune  puissance  exécutrice.  » 

Il  propose  seulement  de  faire  une  adresse  à  la  municipalité  pour 
rinviter  à  se  faire  rapporter  les  titres  des  nobles,  et  d'envoyer  copie 
de  cette  adresse  aux  autres  sociétés  du  département  pour  les  inviter 
à  en  faire  autant. 

Proposition  d'un  autre  membre  pour  une  adresse  du  même  genre 
au  Conseil  général  du  département. 

Le  tout  est  adopté. 


(1)  Il  s'agit  de  rinterrogalolre  de  Henry-François  deLigondais,  dont 
le  procès-verbal  a  été  intégralement  reproduit  dans  Duval,  Archives 
révolutionnaires  de  la  Creuse,  p.  145  et  suiv. 


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-  388  - 

pj  oposilion  que  tous  les  membres  de  la  société  ci-devant  nobles 
déposent  leurs  titres  sur  le  bureau. 

Le  citoyen  Baret-Beauvais  dit  «  q^i'il  avait  à  la  véritéeu  le  malheur 
i  de  faire  ci-devant  partie  de  la  caste  nobiliaire  par  une  acquisition 
4f  qu'avait  faite  feu  son  père,  mais  que  depuis  longtemps  il  en  avait 
et  tellement  abjuré  les  erreurs  qu'il  offrait  avec  le  plus  grand  plaisir 
t  la  remise  de  tous  ses  titres.  » 

L'assemblée  Tapplaudit  et,  un  moment  après,  il  rapporte  ses 

litres. 

Un  commissaire  de  la  Convention  s'étonne  qu'on  n'ait  pas  élevé 
dans  le  département  une  seule  pierre  pour  perpétuer  le  souvenir  du 
martyr  de  la  liberté,  «  Timmortel  Michel  Lepelletier  (i)  ». 

Prochainement  la  Société  recevra  une  gravure  représentant  le 
monument  que  la  Convention  lui  a  élevé.  Le  jour  où  cette  gravure 
arrivera  devra  être  consacré  uniquement  au  souvenir  de  Lepelletier; 
cVst  autour  de  sa  tombe  qu'on  doit  «  brûler  les  restes  de  la  ci- 
devant  noblesse  »  (2). 


Séance  du  43  septembre 

ÉLECTION  DU  BUREAU 

Lemoyne,  président; 

Faure,  vice-président  ; 

P.-J.  Planier, 

J.-P.  Baret,       \  secrétaires; 

Bourgeois, 


(t)  Michel  Lepelletier  de  Saint-Fargeau,  député  à  la  Convention, 
assassiné  le  20  janvier  1703,  par  le  garde  du  corps  Paris. 

(2)  Ici  finit  le  premier  registre.  La  séance,  datée  iliisiblement,  qui 
commence  le  deuxième  registre,  n'otlVe  aucun  intérêt. 


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Parot,      J  * 

Rochon,   /   commissaires; 

Micheiet,  ) 

Dumarest,  juge,  trésorier. 


Séance  du  30  septembre 


Lecture  d'une  lettre  du  district  de  Guëret  à  la  municipalité  «  dans 
«  laquelle  on  demande  des  renseigneraenls  sur  la  conduiie  de 
«  Balhéon-Verlrieu,  émigré».  On  invile  les  ciloy^iis  pi êseiils  à  en 
fournir,  a  Plusieurs  donnent  de  nouveaux  témoignages  de  son 
incivisme  ». 

Vote  d'une  adresse  à  la  Convention  «  portant  approbation  des 
«  journées  des  31  mai,  2-3  juin  derniers  et  pour  i'c^rïgager  à  rester 
c  à  son  poste  jusqu'à  la  paix  ». 

Vole  d'une  pétition  à  la  municipalité  pour  rengager  à  ne  permet- 
tre à  aucun  étranger  de  s'établir  dans  cette  ville  sans  avoir  justifié 
d'un  certificat  de  civisme. 

Lecture  et  vote  du  règlement  qui  est  identique  à  celui  déjà  votéj 
sauf  les  modificalions  suivantes  : 

Art.  4.—  Le  chiffre  de  cotisation  n*est  pas  indiqué  et  Chacun 
déposera  ce  qu'il  jugera  à  propos  ». 

Art.  5.  —  Le  trésorier  sera  remplacé  tous  les  mois. 

Art.  6.  —  Un  scrutin  épuratoire  aura  lieu  au  mois  d'ocïobre, 
on  le  renouvellera  de  mois  en  mois  et  toutes  les  fois  que  It  mem- 
bres le  demanderont. 

Art.  7.  —  Les  séances  publiques  seront  tenues  las  mardis  et 
vendredis  à  7  heures  et  le  dimanche  à  4  heures, 


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-390  — 


Séance  du  23  septembre 

Commtiincatîon  d'un  arrèU' ^ii  dêpnriemeiitqni  prescrit  la  forma- 
lîon  if  iHi  comité  îles  snhâiî^Laiices  de  4  membres  dont  un  doit  être 
pm  parmi  k's  sociélalres  non  foncLionnaires  publics. 

On  apporte  U  loi  du  11  septembre  sur  les  subsistances,  parvenue 
à  llosl^iit  p^r  lin  ^^ourrier  extraordinaire.  On  en  fait  lecture  «  aux 
a  cris  mille  fuis  répètes  île  vive  la  Convention  Nationale!  vive  la 
<r  Morita^ruî  !  n 

Un  commissaire  fait  Fi^voir  que  la  municipalité  de  Guéret  a  pris 
un  ïirrtHe  rorjforrne  îiu  vft'U  de  la  société  au  sujet  des  étrangers.  — 
Deux  adreï^ses  ù  b  Cotiveiitloo  sont  votées  : 


h  heïhè  [tnptiUirc  ilr  duni  à  la  Conveotioi  Nalionale 


Nous  as*oMS  nntôiKîu  lire  avec  indignation  une  pétition  du  nommé 
Batliùon-VorLrieu,  éitiigro,  Ueit^ouraiit  à  Paris  depuis  4  ou  5  mois, 
dans  liir|uoUiî  il  dtîmatide  à  juâtitïei"  île  sa  résidence  afin  que  son  nom 
soiï.  rayé  sur  la  liste  des  émigrés  de  notre  département. 

Noire  sia^ièlé  ne  portera  jamui:?  à  Tégard  de  ses  concitoyens  que 
des  (larolets  de  pnïx  et  de  liicnveillance.  Mais  quand  elle  verra  le 
fauteur  de  tuoLes  les  éraigraliooa  qui  ont  eu  lieu  dans  cette  ville 
Vfojloir  recouvrer  par  des  sui>lerfuges  les  droits  d*un  bon  citoyen, 
elle  fera  entendre  ses  justes  réclamations. 

Bwlhéon»  nidif  de  Lyon,  et  eïivoyé  ici  en  1781  par  lettre  de  cachet, 
aprit^s  avùJr  été  cliM^isé  dn  régiment  ci-devant  appelé  Roi-Cavalerie, 
y  a  eoïi$tatJHiienl  njsidê  jusqu'au  mois  de  juin  1791,  époque  à  laquelle 
il  se  retira  à  Paris  avec  les  nommés  Rebière,  mari  et  femme.  Peu  de 
temps  après  son  arrivée  d  fit  émigrer  Rebière  et  passa  lui-môme  à 
Cobifcnu.  Cejieiidnnt,  comme  son  objet  était  probablement  de  faire  de 
nouvelles  recrueS|il  revint  à  Paris  et  y  séjourna  jusqu'au  30 août  1792. 
Il  ee  rendit  ensuite  à  Rouen  avec  ia  femme  Rebière  où  il  passa  seu- 


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—  391  — 

lement  quelques  mois.  Enfin  il  alla  s'établir  à  Boulogne-sur-Mer 
parce  qu'il  était  plus  à  portée  d'entretenir  des  relations  avec  la  nation 
anglaise,  au  sein  de  laquelle  il  avait  autrefois  demeuré. 

La  loi  sur  Témigration  ayant  été  émise,  ce  particulier  ne  justifia 
d'aucuns  certificats  de  résidence  et  fut  par  conséquent  inscrit  sur  la 
liste  des  émigrés.  Il  se  pourvut  quelque  temps  après  et  en  envoya  de 
Boulogne-sur-Mer.  Mais  comme  un  décret  avait  déclaré  qu'on  ne 
devait  avoir  aucun  égard  aux  passe-ports  qui  avaient  été  délivrés 
dans  cette  commune,  la  vente  de  son  mobilier  fut  ordonnée  au  mois 
d'avril  dernier  par  un  arrêté  du  département,  délibérant  avec  les 
commissaires  de  la  Convention  Nationale,  Monestier  et  Petitjean. 

Aujourd'hui  cet  individu  se  présente  de  nouveau  muni  de  certificats 
de  résidence  de  la  même  municipalilé.  Mais  Fi  la  loi  a  prohibé  les 
passeports  émanés  d'elle,  peut  on  ajouter  foi  à  ses  certificats  de 
résidence  ? 

Tels  sont,  représentants  du  Peuple,  les  motifs  de  l'adresse  des  véri- 
tables sans-culotes  de  la  ville  de  Guéret.  Ils  vous  demandent  d'éten- 
dre la  loi  sur  les  passe-ports  de  Boulogne-sur-Mer  aux  certificats  de 
résidence  de  la  même  municipalité,  en  confirmant  l'arrêté  pris  par  le 
Directoire  du  département  délibérant  avec  les  commissaires  de  la 
Convention. 

Le  moment  est  arrivé,  représentants  du  Peuple,  où  la  clémence 
envers  nos  ennemis  cesse  d'être  une  vertu.  Il  faut  que  nous  périssions 
tous  ou  que  la  République  survive  à  leurs  infâmes  complots.  Il  faut 
enfin  voir  renaître  le  règne  de  la  loi  qui  punit  le  seul  coupable,  pro- 
tège le  faible  et  venge  l'innocent. 


Deoiième  adresse  à  la  Coore otioo 

Les  sans-culottes  de  Guéret  ont  applaudi,  dans  le  temps,  aux  évé- 
nements du  31  mai  et  jours  suivants  ;  ils  ont  adhéré  avec  empresse- 
ment à  tous  les  décrets  émanés  de  la  Convention  à  ce  sujet  ;  ils  ont 
vu  avec  transport  les  heureux  effets  qui  en  sont  résultés  ;  ils  ont 
célébré  avec  enthousiasme  le  triomphe  de  la  Montagne. 

Les  brouillards  fangeux,  qui  s'élevaient  du  Marais,  n'ont  plus, 
depuis  cette  époque,  mis  d'obstacles  à  la  dilatation  de  Tair  pur  et 


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salutaire  (|ue  respiraient  les  Montagnards,  Le  soleil  qui  viviAait  le 
sommet  de  la  Convention  a  répandu  ses  rayons  bienfaisans  sur  la 
plaine  ;  la  souveraineté  du  peuple  s'est  fait  entendre  ;  les  tables  de  la 
constitution  ont  été  tracées,  elles  ont  servi  de  point  de  ralliement  à 
tous  les  républicains,  et  l'acceptation  unanime  de  cette  constitution, 
tant  attendue,  est  devenue  Teffroi  des  despotes. 

La  trahison  de  Custines  a  stimulé  l'ardeur  guerrière  des  defTen- 
seurs  de  la  Patrie  ;  elle  a  excité  le  zèle  et  la  surveillance  des  repré- 
sentants ;  nos  armées  marchent  de  succès  en  succès;  les  sages 
mesures  que  prennent  les  commissaires  de  la  Convention  dans  les 
départements  déjouent  tous  les  complots  et  jamais  le  gouvernement 
n'a  développé  autant  d'énergie. 

Continuez,  braves  Montagnards,  à  remplir  dignement  votre  mis- 
sion ;  vous  êtes  investis  de  la  confiance  du  peuple;  répondez  à  ses 
désirs  en  guidant  pour  son  utilité  la  marche  de  la  Constitution  qui 
est  votre  ouvrage. 

Le  peuple,  qui  est  l'unique  souverain,  maintient  ses  représentans 
à  leur  poste.  Il  exige  d'eux  qu'ils  ne  le  quittent  qu'après  avoir 
écrasé  la  tête  du  fédéralisme,  qu'après  que  le  sol  de  la  liberté  sera 
balayé  des  ennemis  extérieurs  et  intérieurs  qui  le  souillent,  qu'après 
eifln  que  les  soldats  des  tyrans  coalisés,  las  de  vivre  dans  l'escla- 
vage, auront  plongé  dans  le  cœur  de  ces  monstres  le  fer  dont  ils  les 
ont  armé  pour  égorger  les  hommes  libres. 

Proposition  de  former  un  comité  de  surveillance  à  cause  du  peu 
d'ordre  dans  la  tenue  des  séances.  Ajourné. 


Séance  du  24  septembre 

Deux  secrétaires  offrent  en  don  chacun  une  sonnette. 

Lecture  d'un  défenseur  de  la  patrie  dans  Tarmèe  du  Rhin  qui 
donne  des  nouvelles  satisfaisantes  de  l'affaire  de  (f  Kell  j»  et  ce  de  la 
valeur  acoulumè  de  nos  troupes.  » 

Nomination  de  trois  commissaires  (Dumarest,  Pollier,  Daret* 
Beauvais)  au  sujet  des  secours  à  accorder  aux  parents  des  défen- 
seurs de  la  pairie.  Ces  commissaires  a  les  aideront  de  leurs  lumières 


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a  et  même  de  leurs  bourses,  s'il  le  faut,  sauf  à  être  remboursés  de 
«  leurs  avances  sur  les  fonds  de  la  Société  9. 


Séance  du  25  seplembre 

Entrée  d'Ingrand,  représentant  du  peuple  et  commissaire  de  la 
Convention  dans  Tlndre  et  la  Creuse  (1),  accueilli  aux  cris  de  vive  la 
République!  vive  la  Montagne  et  les  jacobins!  Le  président  lui 
offre  le  fauteuil;  il  refuse  en  disant  qu'il  est  venu  seulement  en  sa 
qualité  de  jacobin  et  présente  le  diplôme  de  a  la  Société  mère.  ï> 

On  votePimpression  d'un  avis  qui  sera  envoyé  aux  municipalités 
pour  leur  faire  connaître  la  nomination  des  commissaires  (barges 
de  s^occuper  des  parents  des  défenseurs  de  lu  pairie  pour  qu'elles 
puissent  avoir  recours  à  eux  en  cas  de  besoin. 

Pétition  à  la  municipalité  de  Guéret  pour  qu'elle  s'assure  que  les 
«  ci-devant  chevaliers  dits  de  Sl-Lonis  »  ont  fait  le  dépôt  (confor- 
mément au  décret)  de  leurs  croix  et  de  leurs  brevets. 

Séance  du  S6  seplembre 

Proposition  analogue  à  celle  relative  aux  chevaliers  de  St-Louis 
pour  les  titres  féodaux  dont  «  le  seul  nom  révolte  )>  celui  qui  fait 
la  proposition.  Ajournée. 

Séance  du  21  septembre 

(Séance  qualifiée  au  procès-verbal  de  permanente) 

On  veut  procéder  au  scrutin  épuraloire.  On  consulte  le  représen- 
tant du  peuple  sur  la  manière  d'y  procéder.  Il  indique  le  système 


(1)  Ingrand  (François-Pierre),  député  de  la  Vienne  à  la  Législative 
et  à  la  Convention. 


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—  39i  — 

(le  ((  la  Société  mère  »  :  nominalion  de  censeurs  qui  opèrent  en  pré- 
sence de  la  Société.  Accepté.  On  fiie  le  nombre  des  censeurs  à  13  à 
choisir  par  le  Président.  Ils  commencent  leurs  opérations;  la  séance 
se  prolonge  jusqu'à  2  heures  du  matin. 


Séance  du  38  sepleinbre 

Séance  reprise  à  9  heures  du  matin. 

Nomination  de  commissaires  pour  célébrer  le  lendemain  la  fête  de 
la  Montagne,  y  inviter  le  représentant  du  peuple  et  faire  une  distri- 
bution de  pain  aux  indigents. 

Les  commissaires  envoyés  auprès  d'Ingrand  rapportent  qu'il  leur 
a  observé  a  que  ses  moments  étaient  pressés  et  qu'il  était  obligé  de 
((  partir  le  lendemain,  mais  lorsqu'ils  l'ont  engagé  de  rester  au 
fi  nom  de  l'humanité  et  de  la  philantropie,  il  a  ajouté  que  toutes  ses 
c(  affaires  cédaient  a  leur  voix.  » 


Séance  du  29  septembre 

Les  censeurs  communiquent  le  résultat  de  leurs  opérations  (non 
indiqué).  Arrive  le  représentant  du  peuple;  il  prend  le  fauteuil  de 
la  présidence  et  improvise  un  discours.  Puis  on  se  rend  sur  la  place 
de  la  Révolution  où  la  fête  commence  à  5  heures.  Voici  la  descrip- 
tion de  cette  fête  : 

Les  tambours  et  un  cœur  de  musicien  précèdent  les  citoyens  de 
tous  les  états  portants  ou  revêtus  des  signes  caraclérisliques  de  leur 
proffession.  Ici  le  magistrat  du  peuple  donne  la  main  à  l'honnête 
agriculteur  ;  là,  l'utile  artisan,  si  longtemps  et  si  injustement  opprimé, 
conduit  l'époque  {aie).  Plus  loin  l'administrateur  conduit  les  pas 
chancellans  du  verlueuxvieillard.  Le  représentant  du  peuple  Ingrand, 
qui  termine  le  cortège,  conduit  d'une  main  la  femme  la  plus  pau- 
vre de  cette  citée  et  de  l'autre  la  plus  âgée  ;  les  enfans  de  ces  deux 
mères  de  famille  l'environnent.  Jamais  spectacle  plus  beau  ot  plus 


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-396- 

majestueux  n'avait  été  donné.  Oui  !  s'écriait  le  peuple,  c'est  aujour- 
d'hui la  fête  de  Tégalité.  Bon  représentant,  jouissez  des  bénédictions 
du  pauvre  et  portez  ces  vœux  à  la  Convention. 

Cependant  on  arrive  au  lieu  de  la  fête.  En  face  de  Tarbre  de  la 
liberté,  on  avoit  élevé  une  montagne.  Dans  ces  flancs  caverneux  on 
voyait  les  tombeaux  du  despotisme,  du  féodalisme  et  de  tous  ces 
animaux  impurs  qui  ont  fait  pendant  tant  de  siècles  le  maliieur  des 
Français.  Des  couronnes  à  moitié  enfouis  dans  la  boue  et  servant  de 
repaire  aux  crapauds  et  aux  couleuvres  étaient  Talégorie  dont  il 
s*étoit  servi  pour  perpétuer  la  mémoire  des  glorieuses  époques  de 
la  Révolution  depuis  les  journées  du  10  août  1792. 

Sur  un  des  côtés  delà  montagne,  une  charrue  annonçoit  les  travaux 
des  agriculteurs  et  à  côté  on  lisoit  :  w  voilà  le  service  que  le  peuple 
infatigable  rend  à  la  Société.  »  Sur  le  côté  opposé,  on  avoit  placés 
des  sacs  de  bled  sur  lesquels  on  avoit  écrit  m  Loi  du  11  septembre 
1793  concernant  les  subsistances.  Félicité  publique  assurée.  » 

Le  sommet  de  la  montagne  étoit  terminé  par  une  piramide.  Sur 
Tune  de  ses  faces  on  avoit  gravé  :  «  Sans  la  montagne  nous  ne  pou- 
vons nous  sauver  »  et  plus  bas  :  or  Vive  le  Représentant  du  Peuple  !  » 

Le  contour  de  la  montagne  étoit  deffendu  par  une  haye  de  piques, 
image  des  sentiments  des  habitans  de  la  ville  de  Guéret  qui  sont 
prest  à  verser  jusqu'à  la  dernière  goutte  de  leur  sang  pour  la  deffen- 
dre  contre  ses  ennemis. 

Enfin  un  faisceau  de  piques  égales  au  nombre  à  celui  des  départe- 
ments avoit  été  placé  sur  le  devant  de  la  montagne  et  sur  le  ruban 
tricolor  qui  les  unissait,  on  avoit  écrit  «  Notre  force  est  dans  l'union 
de  tous.  ». 

Dans  les  différents  groupes,  des  citoyens  et  citoyennes  portaient 
des  piques  ornées  des  inscriptions  suivantes  : 

a  Peuple,  la  Constitution  est  dans  la  sauvegarde  de  tes  vertus.  » 

«  Vieilles.se  nous  t'honorons,  » 

€  Compagne  de.  nos  travaux,  que  vos  enfans  succent  avec  votre 
a  lait  le  saint  amour  de  la  République.  » 

«  Organes  de  la  loi,  nous  vous  sommes  soumis.  » 

a  Citoyens  qui  vous  êtes  dévoués  pour  combattre  les  tyrans,  votre 


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-396- 

t  mémoire  sera  éternelle  et  leurs  noms  seront  en  horreur  à  tous  les 
f  siècles.  A 

(c  Peuple  qui  fut  opprimé,  connais  le  prix  de  la  liberté. 

flf  A.rts  utiles  à  la  Société,  vous  n'aurez  plus  à  gémir  sous  les  fers 
M  de  Tesclavage.  » 

«  Génie,  émanation  de  la  divinité,  apprends  aux  hommes  de  tous 
tr  pays  leurs  droits  et  leurs  devoirs. 

Le  Représentant  du  Peuple  se  place  en  face  de  la  montagne.  Alors 
le  Président  de  la  Société  prononce  un  discours  dans  lequel  il  exprime 
avec  énergie  les  vœux  de  la  Société  pour  la  République  une  et  indi- 
visible, pour  la  Montagne,  pour  le  Représentant  du  Peuple,  et  sa 
haine  pour  les  tyrans.  Il  voue  en  même  temps  sa  reconnaissance  la 
plus  inaltérable  et  l'amitié  la  plus  sincère  à  nos  frères  de  Paiis  et 
leur  témoigne  notre  reconn naissance  à  l'occasion  de  l'accueil  frater- 
nel qu'ils  ont  fait  à  nos  frères,  les  envoies  des  assemblées  primaires. 

Ce  discours  terminé,  quelques  nuages  s'élèvent  du  sommet  de  la 
montagne.  Le  peuple  garde  le  plus  profond  silence.  Mais  bientôt  on 
voit  poindre  quelques  rayons  de  lumière.  A  leur  aspect  les  nuages 
disparaissent,  l'astre  du  jour  s'élève  majestueusement  et  dans  son 
orbite  on  lit  ces  mots:  «  Constitution  républicaine  librement  acceptée 
<ï  par  le  peuple  français  le  10  août  1793.  » 

Dans  cet  instant  on  entend  plus  que  les  cris  bruyans  et  sans  cesse 
répétés  de  vive  la  Constitution  !  Vive  la  République  !  Vive  la  Montagne! 
Vive  le  Représentant  du  Peuple  !  on  chante  Thimne  des  Marselliois 
El  le  même  cortège  parcourt  la  ville.  A  tous  les  carrefours,  des  com  - 
niissaires  de  la  Société  distribuent  à  leurs  frères  infortunés  le  pain 
que  la  Société  avoit  fait  préparer.  Amis,  elle  eut  désirée  que  ses 
facultés  eussent  égalés  son  civisme  :  alors  elle  vous  eut  fait  préparer 
un  festin  et  le  plaisir  d'être  avec  vous.eut  été  une  de  ses  plus  douces 
jouissances  ! 

Le  même  ordre  a  été  observé  en  reconduisant  le  représentant  du 
peuple.  Un  des  secrétaires  a  recueillie  ses  dernières  paroles.  Il  les 
transmet  à  la  Société  : 

0  Bons  citoyens,  s'est-ii  écrié,  je  n'oublirai  jamais  la  fête  que  vous 
u  m'avez  donnée  puisque  vos  cœurs  en  avoient  fait  les  aprèts. 
fl  Soyés  toujours  ce  que  vous  avez  été  jusqu'à  présent.  L'union  et  la 
«  paix  reigneront  dans  votre  cité.  Voilà  le  vœu  d'un  citoyen  qui 
0  demande  votre  amitié,  d 


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-397- 


Séance  du  y*'  Octobre 

On  décide  d'envoyer  des  copies  de  la  description  de  la*  fête  à  la 
Convention,  anx  Jacobins  de  Paris,  à  Ingrand  vt  anx  Sociétés  du 
département  On  décide  de  faire  imprimer  des  cartes  dVnirée  pour 
reconnaître  plus  facilement  les  membres  de  la  Société  et  «  maître 
plus  d'ordre  dans  la  tenue  des  séances.  » 


Séance  du  4  Octobre 

On  agite  la  question  de  savoir  si  les  séances  continueront  d'être 
tenues  dans  la  salle  du  tribunal  ;  un  membre  propose  d'en  Ilmut 
une  dans  la  salie  électorale,  celle  du  dimancbe.  Rejeté. 

On  décide  la  formation  d*un  comité  de  surveillance  composé  de 
12  membres. 

Séance  du  6  Octobre 

Ajournement  de  cette  nomination,  a  rause  du  petit  nombre  de 
membres  présents. 

Un  membre  invite  tes  sociétaires  à  fournir  tous  renseignements 
de  nature  à  faire  connaître  les  citoyens  suspects,  le  président  insiste. 
(T  Personne  ne  s'est  présenté.  » 

Séance  du  8  Octobre 


On  abandonne  l'idée  d'un  comité  de  surveillance,  le  président 
faisant  observer  qu'il  ferait  double  emploi  avec  celui  établi  dans  la 
viUe,  conformément  à  la  loi. 


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-  398  - 

Lecture  de  l'adresse  au  district  relative  aux  décorations  et  brevets 
a  dont  les  despotes  amusaient  la  solte  vanité  de  leurs  esclaves,  j» 

Mention  honorable  du  civisme  du  citoyen  Vachez  flls  et  de  la 
femme  Simonet  qui  oiit  déposé  sur  Tautel  de  la  Patrie  le  premier 
3  livres,  la  seconde  24  sous.  La  citoyenne  Guichard  offre  30  sous. 

Dénonciation  de  Pigeaud,  commissaires  aux  subsistances,  pour 
avoir  dit  à  un  boulanger  :  <n  Ayès  soin  de  moi,  j'aurès  soin  de  vous  ». 
On  entend  la  justification  de  l'accusé. 


Séance  du  49^  jour  du  dernier  mois  de  l'an  second 
de  la  République  C^) 

Lecture  de  trois  pétitions  relatives  à  la  citoyenne  Dechaizes,  à  la 
citoyenne  Martin  femme  Coudert,  à  la  citoyenne  Zégre  (objet  non 
Jntiiqué).  Renvoi  au  comité  de  surveillance. 

CIraudon,  receveur  d'enregistrement,  offre  5  livres  pour  la  fête 
rie  la  Montagne;  comme  il  ne  fait  point  partie  de  la  Société,  une 
rnontion  honorable  est  faite  de  ce  don. 

Lacugne  offre  6  livres  pour  subvenir  aux  besoins  de  la  guerre  et 
refuse  la  mention  honorable. 

Ouverture  d'un  registre  de  bienfaisance  pour  venir  au  secours 
dfis  infortunés. 

Discussion  pour  savoir  si  les  citoyennes  membres  de  la  Société 
auront  voix  déiihérative  ou  consultative,  u  Cette  discussion  devient 
€  très  orageuse;  le  président  se  couvre,  le  calme  renaît,  p  Question 

ajournée. 

Discussion  sur  le  cas  d'un  citoyen  qui  avait  caché  de  la  farine 
il^ns  ses  fagots.  On  décide  que  la  solution  de  cette  affaire  regarde 
utiiquement  les  autorités. 


(1)  Cette  date  est  évidemment  erronée  ;  c'est  premier  mois  qu'il  faut 
lire,  au  lieu  de  dernier. 


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-  399- 


Séance  du  22^  jour  du  /"  mois  de  la  Uépublique  (sic) 

Lecture  d'une  lettre  d'un  citoyen  de  Guéret  contenant  un  assi- 
gnat de  50  livres  qu'il  offre  pour  sa  contribution  à  la  fêle  de  la  Mon- 
tagne. Il  demande  que  si  son  don  élait  rejeté  —  «  vu  qu'il  a  été 
effacé  de  la  liste  des  sociétaires  »,  —  son  nom  soit  ignoré. 

Les  censeurs,  au  sujet  de  l'épuration,  exposentqu'il  n'ont  entendu 
donner  que  leur  opinion,  laissant  à  rassemblée  le  soin  de  <)écider. 
Approuvé.  On  fait  l'appel  nominal. 

Rjchon,  Marambault,  Fillias,  Leyraud,  Coudert-Lavillatte  et 
Peyronneau  père  sont  rétablis  sur  la  liste  de  la  Société. 

Un  membre  propose  une  pétition  au  comité  de  surveillance  pour 
obtenir  que  «  la  fille  Layrequi  devait  être  conduite  à  Blessac  comme 
«  suspecte  soit  mise  en  liberté  et  se  marie  avec  le  citoyen  Barretqui 
c(  promet  la  ramener  aux  principes  républicains.  »  Adoplé. 

Séance  du  2i^  jour,  /"  mois  an  11 

Annonce  de  la  prise  de  Lyon  par  l'armée  de  la  République  :  «  de 
«  bruyants  applaudissements  expriment  la  vive  allégresse  des  sans 
«  culottes.  »  On  se  rend  «  en  course  »  à  l'arbre  de  la  liberté,  on 
danse  la  farandole  autour,  puis  on  parcourt  la  ville  en  chantant 
riiymne  des  Marseillais. 

Admission  de  Grand,  Administrateur  du  département,  sur  présen- 
tation de  son  diplôme  de  la  Société  de  Bourganeuf,  affiliée  à  celle 
de  Guérel. 

Désignation,  à  la  demande  du  commandant  de  la  garde  nationale, 
de  quatre  membres  pour  accompagner  les  femmes  qu'on  doit  trans- 
portera Blessac.  —  Ceux  désignés  offrent  de  faire  le  voyage  à  leurs 
Irais  et  de  donner  aux  pauvres  leurs  rétributions  (i). 


(1)  Il  s'agit  des  femmes  arrêtées  comme  suspectes  et  qui  subissaient 
leur  détention  à  Blessnc,  district  d'Aubuàsoii,  localité  désignée  parle 
Comité  de  surveillance  établi  près  le  Directoire  du  département 
(Arrêté  du  7  octobre  1793,  art.  5).  —  Sur  les  arrestations  de  suspects 
V.  Diival.  Archives  Révolutionnaires  de  la  Creuse,  2n»8  partie.  Les 
Comités  Révolutionnaires,  Passim. 


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—  400  — 

Nomination  de  commissaires,  à  la  demande  du  district,  pour 
hâter  dans  les  municipalités  la  confection  des  rôles  de  secours  aux 
parents  des  défenseurs  de  la  Patrie. 

Renouvellement  du  bureau. 

Président  :  le  sans  culotte  Purat; 
Vice-Président  :  le  sans  culotte  Lemoyne  ; 
Lacugnes,  j 

Voilant,  >       Secrétaires. 

Dissandes  François,     ) 

Séance  du  7^  jour,  5*  décade  /"  mois  an  II 


Lecture  du  Dullelin  du  Journal  de  la  Montagne.  La  Société  y  voit 
n  avec  satisfaction  l'acte  d'accusation  contre  Marie-Anloinette.  » 

Admission  d'un  membre  de  la  Société  de  Moulins,  d'un  membre 
de  la  Société  des  Jacobins,  et  d'un  de  la  Société  de  Bonssac. 

Remise  des  120  francs  représentant  Tindoranité  de  ceux  qui  sont 
allés  à  Blessac.  Cette  somme  sera  distribuée  aux  pauvres. 

Invitation  au  district  do  taxer  le  lait,  les  œufs,  les  cbâtaignes, 
les  pommes  de  terre,  les  fruits  et  «  autres  comestibles  »;  —  péti- 
tion à  la  municipalité  pour  qu'elle  défende  aux  aubergistes, 
revendeurs  et  regratiers  d'entrer  au  marché  avant  une  heure  déter- 
minée, et  à  tous  citoyens  et  marchands  d'acheter  ailleurs  qu'au 
marché. 

Les  sans  culottes  Grand,  Bergier  et  Polier  sont  nommés  secré- 
taires. 

Vacher  fils,  Viveaud,  commis  au  département  et  Simonet,  cen- 
seurs. 


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-  401  - 

Séance  du  28  Vendémiaire  an  1! 

Dénonciation  au  district  de  Léobon  et  Louis  Améaiime,  de  la 
Paroisse  de  Saint- Léger,  comme  accapareurs  de  beurre. 

Le  sans  culotte  Desmarets  est  maintenu  comme  trésorîen 

Séance  du  9"«  jour  5"  décade  /•'  mois  an  H 

Admission  et  affiliation  de  Bourgeois,  membre  de  la  Société  de 
Saint-Pourçain. 

Après  une  longue  discussion,  qui  avait  commencé  à  ta  séance 
précédente,  pétition  au  district  pour  qu'il  établisse  la  lihtt^  ths  non 
propriétaires  qui,  d'après  la  loi,  ont  dryil  à  un  arpeîit  de  tFTrain 
soit  des  communaux,  soit  des  biens  des  émigrés;  —  peiitioii  au 
même  pour  que  les  biens  des  émigrés  soient  divisés  en  portions 
dont  la  valeur  n'excéderait  pas  500  francs  «  afin  que  chacun  des 
citoyens  eut  la  faculté  de  devenir  propriétaire.  » 

Séance  du  dej^ier  jour  5*  décade  (sic) 

On  revient  à  la  question  des  subsistances  disculée  aux  deux  pré- 
cédentes séances. 

Un  membre  rappelle  que,  d'après  les  renseignements  mômes  de 
Padministration,  la  situation  du  département  est  mauvaise,  que 
<r  chaque  individu  n'a  à  manger  par  jour  qu'environ  8  onces  de 
pain.  » 

On  décide  de  charger  les  députés  du  département  de  remetire 
des  adresses  au  président  de  la  Convention,  au  comité  des  suhsis^ 
tances  et  au  Ministre  de  Tlntérieur  afin  que  le  dépnrlemtiat  soit 
pourvu  de  graias  et  de  farines^ 


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-402-^ 


Séance  du  1*^  jour  1^  décade  2^  mois  an  II 

Lecture  d'une  letire  du  général  en  chef  de  rarnr)ée  de  la  Vendée 
«  contenant  Thourense  nouvelle  de  la  prise  de  Cholet,  un  des 
cf  repaires  des  brigands  avec  de  nombreuses  pièces  d'arlillerie.  » 

Invitation  à  la  municipalité  de  faire  des  visites  domiciliaires  chez 
tous  les  débitants  (dont  plusieurs,  depuis  la  taxe,  ont  fermé  leurs 
caves)  pour  s'assurer  de  leurs  provisions  et  les  obliger,  pour  la 
vente,  à  se  conformer  à  la  loi. 

Un  membre  propose  d'adopter  la  même  mesure  pour  tous  les 
marchands.  Adopté. 

Dénonciation  de  Pijaud  pour  avoir  vendu  à  la  citoyenne  Jean- 
donnet  une  paire  de  sabots  15  sols,  tandis  que  la  taxe  est  de  8  sols 
6  deniers. 

Pijaud  répond  c  que  lorsqull  avait  vendu  les  sabots,  il  n'avait 
pas  entendu  publier  la  taxe,  que  d'ailleurs  il  n'était  pas  étonnant 
que  des  sabots  artistement  brodés,  ce  qui  demandait  beaucoup  de 
temps,  se  vendissent  au-delà  de  la  taxe  d  et  il  dénonce  de  son 
côté  la  fille  Jeandonnet  pour  lui  avoir  vendu  le  même  jour  une 
bouteille  de  vin  blanc  t  fr.,  tandis  qu'il  n'était  taxé  que  8  sols. 

La  Société  décide  qu'elle  ne  se  chargera  pas  de  la  dénonciation 
(un  membre  avait  observé  que  les  contrevenants  pouvaient  être  de 
Ixmne  foi).  Le  Président  dit  que  les  dénonciateurs  pourront  dénon- 
cer eux-mêmes,  «  la  dénonciation  étant  une  vertu  nécessaire,  sur- 
tout lorsqu'elle  tend  au  maintien  de  Tordre  public.  » 

Nomination  de  trois  commissaires  pour  faire,  conjointement  avec 
la  municipalité,  la  distribution  des  grains  et  farines,  plusieurs 
citoyens  s'étant  plaints  de  la  façon  dont  cette  distribution  est  faite. 

Séance  du  4*  jour  Z'®  décade  S*"  mois  an  II 

Discours  d'un  membre  qui  déclare  avoir  été  trompé  dans  sa 
dénonciation  contre  la  municipalité  pour  la  distribution  des  grains. 


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-  403  - 

Il  reconnaît  qae  les  (c  corps  administratifs  de  celte  cité  sont  animés 
des  sentiments  de  véritables  républicains  »  ;  insertion  du  discours 
au  procès-verbal. 


Séatice  du  Séjour  /'•  décade  ^  mois  an  II 
Dénonciation  d'accapareurs  de  beurre  au  Poat-à-la-Dauge. 

Séance  du  Séjour  1'^  décade  ^  mois  an  II 

Pétition  à  la  municipalité  pour  qu'elle  élève  sur  la  place  du 
marché  une  colonne  sur  laquelle  on  affichera  les  lois  et  les  actes 
administratifs. 

Nomination  de  20  commissaires  qui  iront,  les  jours^de  marché^  à 
rentrée  des  roules  pour  surveiller  les  accapareurs. 

Lecture  d'une  lettre  contenant  ce  les  détails  les  plus  intéressants  d 
sur  la  fin  des  guerres  de  la  Vendée  «  ce  boulevard  de  Tanglomanie  et 
du  royalisme.  • 

a  Trois  envoyés  du  pouvoir  exécutif  présentent  des  lettres  de 
«  recommandation  de  nos  frères  les  Jacobins  de  Paris.  La  Société 
«  les  accueille  avec  transport  ;  le  président  leur  donne  le  baiser 
«  fraternel.  » 

Un  membre  propose  :  i^  Que  la  Société  fasse  au  peuple,  «  pour 
réclairer  »  la  lecture  de  la  déclaration  des  Droits  de  THoDome  et  de 
la  Constitution;  S""  le  vote  d'une  adresse  à  la  Convention  pour  Tin- 
viter  à  «  envoyer  des  missionnaires  qui  se  rendront  dans  les  cam- 
<x  pagnes  et  en  éclaireront  les  habitants  sur  leurs  droits  et  leurs 
ff  devoirs.  x> 

La  première  proposition  est  seule  votée  ;  la  Société  se  borne  à 
recommander  aui  municipalités  de  redoubler  de  zèle  et  de  vigilance 
pour  instruire  le  peuple. 


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-404  - 


Séance  du  7*  jour  /"  décade  2^  mois  an  II 

Dénonciation  à  Taccnsaleur  public  du  la  municipalité  de  St-Vaury 
qui  a  violé  la  loi  en  faisant  arrêter  les  «  trois  citoyens  qui  avaient 
conduit  les  restes  de  Valéry  Dargier  »  (1).  Volé  à  runanimité. 

Lecture  d'une  lettre  de  Tentrepreneur  de  la  route  de  la  Châtre  qui 
annonce  Touverture  de  son  atelier  pour  le  mardi  suivant  ;  les 
ouvriers  nécessiteux  sont  invilés  à  s'y  rendre. 

Lecture  d'une  lelUe  d'Ingrand,  représentant  du  peuple,  qui  rap- 
porte l'accident  qui  lui  est  survenu  depuis  son  départ  de  Guéret  et 
«  voue  de  nouveau  à  la  Société  son  amitié  la  plus  inaltérable  ».  — 
Vote  de  remerciements  et  de  félicitations  pour  avoir  échappé  à  l'ac- 
cident. 


Séance  du  8^  jour  y®  décade  2^  mois  an  11 

0 

Vole  d'une  adresse  au  Ministre  pour  l'informer  qu'il  y  a  à  Guéret 
des  canonniers  sans  emploi  et  sans  subsistance  a  depuis  la  prise  de 
Saumur  par  les  brigands  de  la  Vendée,  o 

Pétition  à  la  municipalité  pour  qu'on  fasse  des  visites  domiciliai- 
res chez  ((  les  gens  riches  »  qui  accaparent  les  subsistances  et  pour 
qu'on  ne  puisse  acheter  qu'en  vertu  de  bons  délivrés  par  la  munici- 
palité. 

Le  comité  des  subsistances  est  chargé  d'étudier  les  mesures  utiles 
pour  obliger  les  marchands  à  s'approvisionner. 


(1)  Valéry  Dargier  avait  été  guillotiné  la  veille  à  Guéret,  sur  la  place 
Marchedieu,  à  5  heures  de  raprès-midi,  «  pour  avoir  émigré,  c'est-à- 
dire  portf'j  les  armes  contre  la  République.  »  (Journal  manuscrit  de 
J.-B.  Niveau,  publié  dans  le  Bulletin  de  la  Société  des  Sciences 
Archéologiques  de  la  Creuse^  tome  VII,  page  411). 


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-408  — 


Séance  du  9^  jour  /'•  décade  Si""  mois  an  II 

Renvoi  au  comité  des  subsistances  d'une  motion  ayant  pour  objet 
((  d'interdire  toute  espèce  de  pâtisserie  et  de  ne  permeltrela  fabrica- 
nt tion  que  d'un  seul  pain  appelé  pain  de  règalité.  » 


Séance  du  4^' jour  2^  décade  St^  mois  an  II 

AfQIialion  de  la  Société  populaire  de  Bénévent. 

Rapport  des  commissaires  au  sujet  d'une  pétition  qu'à  une  séance 
précédente,  ils  avaient  été  chargés  de  faire  au  district  pour  la  taxe 
des  voitures  à  bœuf  qui  vont  chercher  du  vin  aux  vignobles.  —  Le 
directoire  les  a  autorisés  à  dire  à  la  Société  :  i^  que  chaque  voiture 
allant  à  Monlluçon  et  revenant  chargée  de  trois  pièces  de  vin  serait 
taxée  à  raison  de  30  livres;  2"  que  les  mêmes  voitures  allant  eu 
Berry  seraient  taxées  à  raison  de  40  livres  à  cause  de  la  difficulté 
des  chemins. 

Séance  du  2^  jour  2^  décade  S^  m^is  an  11 

Rapport  de  deux  commissaires  : 

Au  Pont  de  Glénic  ils  ont  rencontré  un  homme  portant  dans  un 
sac  trois  boules  de  beurre  qu'il  cherchait  à  déposer  dans  une  mai- 
son. Ils  lui  ont  demandé  ce  qu'il  voulait  faire  de  ce  beurre  et  pour- 
quoi il  ne  le  portait  pas  au  marché  de  Guéret.  Il  leur  a  répondu  que 
ce  beurre  n'était  pas  à  lui  ;  qu'il  se  nommait  Léonard  Baudet,  du 
village  des  Epinards,  commune  de  Châtelus,  mais  qu'il  ne  connais- 
sait pas  celui  qui  lui  avait  remis  le  beurre,  c  ce  qui  a  fait  présumer 
aux  commissaires  que  ce  particulier  était  en  contravention.  )> 

On  Invite  le  district  à  sévir. 

Les  commissaires  ajoalent  qu'il  résulte  de  leurs  Informations  que 


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-  406  - 

c  les  accapareurs  se  plaçaient  près  d'un  arbre  situé  sur  une  émi- 
«  nence  au-delà  du  pont  de  Glény  dont  ils  étaient  à  portée  de  voir 
«  venir  de  loin  les  personnes  qui  pouvaient  les  surveiller.  »  De 
plus,  pendant  qu'ils  exerçaient  leurs  surveillance  hors  de  la  ville, 
plusieurs  particuliers  profilaient  de  leur  absence  pour  déposer 
leurs  denrées  dans  les  premières  maisons. 

On  décide  de  nommer  d'autres  commissaires  pour  surveiller  les 
accapareurs  au-delà  du  pont  de  Glény  et  en  ville. 

Un  membre  observe  que  les  personnes  qui  portent  leurs  denrées 
au  marché  sont  cr  tellement  obsédées  par  les  acheteurs  »  qu'il  est  à 
craindre  que  bientôt  te  marché  ne  soit  dégarni.  Il  faudrait  comman- 
der «  une  garde  exprès  pour  prévenir  les  abus.  »  —  On  décide  de 
s'en  rapporter  à  la  sagesse  de  la  municipalité. 

Séance  du  Séjour  2^  décade  2^  mois  an  II 

Un  membre  observe  que  le  local  de  la  Société  est  insuffisant  ;  la 
municipalité  en  a  bien  olTert  un  autre,  mais  la  Société  est  trop  pau- 
vre pour  payer  les  réparations  dont  il  a  besoin. 

On  décide  de  déléguer  à  Paris  le  citoyen  Lemoine  pour  représen- 
ter au  Gouvernemetit  Textrème  disette  «  où  se  trouve  notre  départe- 
ment. » 

Séance  du  4^  jour  2^  décade  2^  mois  an  II 
(séance  extraordinaire) 

Afin  de  rétablir  la  confiance  et  de  ramener  les  approvisionne- 
ments sur  les  marchés  d'où  la  taxe  les  a  éloignés,  pétition  au  dis- 
trict pour  qu'il  fasse  comprendre  aux  habitants  des  campagnes 
qu'il  est  de  leur  intérêt  et  de  leur  devoir  de  conduire  leurs  denrées 
au  marché. 

Un  membre  se  plaint  que  le  citoyen  Cassier  ait  fait  deux  fois  des 
déQoacialions  inexacies  à  propos  d'accaparements. 


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-  407- 


Séance  du  4®  jour  2^  décade  2^  mois  an  II 

Pétition  au  district  pour  l'engager  à  accorder:  i°un  boisseau 
de  blé  par  quinzaine  pour  chaque  individu  âgé  de  plus  do  12  ans; 
2^  un  demi  boisseau  pour  chaque  individu  âgé  de  moins  de  12  ans. 

Un  membre  rapporte  qu'un  propriétaire  de  Lavergne  lui  a  dit 
qu'il  avait  40  setiers  (iebléen  sus  de  son  approvisionnement,  qu'il 
voulait  les  conduire  au  marché  de  Guéret,  mais  qu'il  eo  était 
empêché  par  l'opposition  formelle  de  la  municipalité  de  Sainte- 
Feyre.  —  Pétition  au  district  pour  que  ce  blé  soit  conduit  à  Guéret. 

Séance  du  6*  jour  2^  décade  2^  mois  an  11 

Dénonciation  à  la  Convention,  au  comité  de  sûreté  générale,  au 
ministre  et  au  directoire  du  déparlement  de  l'Allier,  des  adminis- 
trateurs du  district  de  Hontiuçon  pour  avoir  iliégalemeiU  élevé  la 
taxe  du  vin. 

Proposition  pour  une  pétition  au  comité  de  surveillance  tendant 
à  la  mise  en  liberté  de  Zëgre,  maître  de  musique.  Rejetée. 

Les  citoyens  qui  veulent  travailler  à  faire  des  «  sarols  o  pour 
les  défenseurs  de  la  Patrie  sont  invités  à  se  faire  inscrire. 

Séance  du  48  Brumaire  an  II 

Ouverture  d'un  registre  pour  l'inscription  des  citoyens  qui  vou- 
dront être  employés  à  battre  des  grains. 

Envoi  de  commissaires  au  district  pour  que  l'autorisation  soit 
donnée  «  aux  commissaires  nommés  par  la  Société  pour  surveiller 
((  les  accapareurs,  d'étendre  leur  surveillance  dans  les  communes 
((  voisines,  y  saisir  les  contrevenants  et  leurs  marchandises  et  y 
«  constater  les  contravention!  )»• 


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—  408  — 

Dénonciation  d'un  citoyen  pour  êlre  aile  dans  les  campagnes 
acçijparer  les  denrées.  —  Un  membre  observe  que  «  le  délinquant 
<ï  étant  reconnu  pour  n'avoir  pas  le  jugement  très  sain  »  il  suffit  de 
sîgui^ler  le  fait  à  la  municipalité.  —  Adopté. 


Séance  du  49  Brumaire 

Conformément  à  la  proposition  faite  à  loules  les  Sociétés  popu- 
laires par  celle  <^  cy-devant Saint-Denis,  aujourd'hui  LaFranciade  », 
on  ouvre  deux  registres,  Tun  pour  Fenrôiemeut  de  ceux  qui  veulent 
!>ervir  dans  la  cavalerie,  Taulre  pour  les  souscriptions  destinées  à 
équiper  les  cavaliers. 

Pétition  au  comité  de  surveillance  pour  l'engager  à  fournir  des 
guérites  et  des  eu  potes  aux  factionnaires  préposés  à  la  garde  des 
pt:;rsonnes  enfermées  à  la  maison  d'arrêt  ;  et  à  faire  placer  des 
réverbères  ou  des  pots  à  feu  à  l'extérieur  de  celte  maison  «  afin  que 
tf  les  sentinelles  soient  à  môme  de  prévenir  toute  malveillance.  » 


Séance  du  20  Brumaire 

La  municipalité  fait  savoir  qu'elle  ne  peut  donner  à  chaque  habi- 
Laiil,  selon  le  désir  de  la  Société,  la  quantité  de  blé  indiquée  à  une 
séance  précédente,  mais  qu'elle  a  pris  des  mesures  pour  que  le 
samedi  suivant  il  soit  conduit  au  niarchè  30  setiers  de  grains. 

On  décide  de  demander  au  citoyen  Ingrand  que  le  superflu  des 
grai»s  du  département  de  la  Vienne  soit  conduit  dans  celui  de  la 

Creusa. 

On  se  plaint  que  les  commissaires  aux  accaparements  s'acquittent 
ma]  lie  leur  mission,  et  on  décide  que  tous  les  sociétaires  participe- 
ront par  quinzaine  à  ce  service. 

Sur  la  proposition  delà  municipalité  de  Dijon  on  fait  une  pétition 
auK  corps  administratifs  et  à  la  municipabté  pour  qu'on,  prenne 


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-  409  — 

f  les  mesures  les  plus  promptes  et  les  plus  efflcaces  pour  empêcher 
«  la  circulation  de  ralmanach  intitulé  Le  Véritable  âlessager  boiteux 
((  de  Berne  pour  Tannée  4794,  de  faire  une  proclamation  pour  [né- 
«  venir  les  effets  du  venin  que  distille  cet  ouvrage  ou  pamphltit 
cr  infâme  et  déclarer  suspect  quiconque  vendra  ou  achètera  œ  même 
«  almanach.  » 


Séance  du  2i  Brumaire 

Un  membre  se  plaint  qu'on  ne  puisse  se  procurer  de  la  chaudella 
chez  les  marchands.  «  Eiant  allé  chez  le  citoyen  Simonel  qui  la 
fabrique,  il  y  a  vu  une  quantité  considérable  de  suif,  appartenoiit 
au  citoyen  Charles,  Receveur  de  Châtelus,  destiné  à  être  mis  eu 
œuvre.  »  Comme  ce  citoyen  n'a  pas  besoin  de  tout  ce  suifjl  y  a  lieu 
de  lui  livrer  son  nécessaire  et  de  distribuer  le  surplus  sur  le  |i[ed  de 
la  taxe. 

Une  commission  est  nommée  pour  régler  cette  question  avec  la 
municipalité. 

Séance  du  32  Brumaire 

Sur  rinvitation  du  département,  la  Société  se  rend  «r  à  une  fête 
funèbre  préparée  pour  les  mânes  de  Beauvais  »(!).  Les  corps  adraî- 
nislralifs  sont  venus  au-devant  d'elle.  Le  citoyen  Plaiiictisihc  a 
prononcé  un  discours;  puis  on  a  déposé  sur  le  buste  de  Beauvais 
une  couronne  civique  et  a  chanté  plusieurs  couplets  en  mémoire  de 
ce  digne  représentant  du  peuple.  »  «  Enfin  le  Président  dcî  la 
«  Société  a  prononcé  un  discours  terminé  par  une  inviLuitmi  de 
«  tous  les  spectateurs  de  jurer  sur  les  mânes  de  Beauvais  de  mou- 


(i)  Beauvais  de  Préaux  (Charles-Nicolas),  député  de  Paris  h  la 
Législative  et  à  la  Convention.  Envoyé  en  mission  à  Toulon,  il  y  ftit 
arrêté  quand  la  ville  fut  livrée  aux  Anglais  et  mourut  des  mauvais 
traitements  qu'il  avait  éprouvés  dans  sa  prison. 


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—  4i0  - 

<r  rir  plutôt  que  de  renoncer  à  la  Liberté  si  chère  à  tous  les  cœurs.  ï> 
Ce  serment  est  prèle  par  tous  les  assistants  aux  cris  répétés  de 
«  vive  la  Convention!  vive  la  Montagne  !  » 

Il  est  rendu  compte  dos  explications  que  le  citoyen  Simonet  a 
fournies  à  la  municipalité.  Il  est  exact  que  Charles  lui  a  remis 
132  livres  de  suif  pour  les  convertir  en  chandelles.  La  municipalité 
a  jugé  cette  quantité  trop  considérable  pour  les  besoins  de  Charles; 
elle  a  décidé  qu'on  lui  délivrerait  50  livres  de  chandelles  ;  le  sur- 
plus sera  délivré  aux  citoyens  au  prix  de  la  taxe. 

On  décide  l'envoi  à  la  Convention,  à  la  Société  des  Jacobins  et  à 
toutes  les  Sociétés  qui  correspondent  avec  celle  de  Guère!  d'un 
procès-verbal  imprimé  relatant  la  fête  civique  dont  il  est  question 
plus  haut.  Un  membre  voudrait  que  ce  procès-verbal  contint  le 
texte  des  deux  discours  prononcés.  Mais  devant  la  résistance  des 
orateurs  qui  donnent  contre  l'impression  de  leurs  discours  <{  des 
motifs  qui  ont  paru  plausibles  lo,  on  se  bornera  à  une  simple 
mention. 

On  se  plaint  de  la  lenteur  apportée  par  les  commissaires  nommés 
à  déposer  leur  rapport  sur  la  taxe  des  denrées. 

Les  commissaires  protestent.  La  cause  du  retard  est  le  peu 
d'empressement  de  leurs  concitoyens  à  leur  donner  «  les  notions 
générales  et  particulières  d  qu'ils  attendaient  d'eux.  Sur  l'observa- 
tion d'un  membre  que  ce  travail  n'est  pas  aussi  difficile  que  le  pré- 
tendent les  commissaires,  ceux-ci  sont  invités  à  fournir  leur  rapport 
dans  le  délai  de  trois  jours. 


Séance  du  23  Brumaire 

Lecture  d*une  lettre  accompagnant  Tenvoi  à  la  Société  de  U 
exemplaires  d'une  adresse  du  département  à  ses  concitoyens  ;  on 
applaudit  au  sentiment  républicain  de  cette  adresse;  —  d'une  lettre 
du  district  demandant  à  la  Société  de  lui  fournir  tous  renseigne- 
ments utiles  pour  la  formation  de  Tétat  des  biens  des  émigrés  et 
de  leurs  parents. 


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-  411  - 

Invitation  à  la  municipalité  d^envoyer  à  la  Convention  tous  les 
vases  d'or  et  d'argent  et  les  ornements  galonnés  d'or  et  d'argent  qui 
se  trouvent  dans  les  églises  de  la  commune  et  ceux  appartenant  aux 
ci-devant  religieux  ;  —  de  faire  disparaître  au  plus  tôt  l'autel  qui 
est  dans  l'antichambre  du  ci-devant  Palais  de  Juslice. 

La  citoyenne  Reby  dépose  sur  le  bureau,  pour  Tusage  des  soldais 
de  la  République,  deux  chemises  qu'elle  dit  provenir  de  la  famille 
Du  Rochat.  La  Société  décide  que  l'offrande  doit  être  faite  à  la 
commune  de  Saint-Vaury  où  réside  la  famille  Du  Rochat.  La  même 
citoyenne  promet  de  fournir  quatre  chemises  pour  la  même  desti- 
nation. 

Un  membre  annonce  que  le  citoyen  Binet  a  déposé  à  la  Messagerie, 
à  Paris,  les  bustes  de  Marat  et  de  Lepeiletier  qu'il  envoie  à  la 
Société. 

On  décide  que  tous  les  Sociétaires  qui  ont  été  députés  à  la  fédé- 
ration de  1790  devront  déposer  la  médaille  qui  leur  fut  alors 
donnée.  Séance  tenante,  le  citoyen  Volant  remet  la  sienne. 

Un  nouvel  admis,  le  citoyen  Simon-Jude  Lavaud  dépose  sur  le 
bureau  une  médaille  en  argent  frappée  à  l'époque  du  mariage  de 
Louis  XV. 

On  décide  que  tous  les  Sociétaires  qui  faisaient  partie  de  l'ancien 
ordre  judiciaire  devront  déposer  les  provisions  dont  ils  étaient 
pourvus  et  leurs  costumes.  La  municipaliiè  est  invitée  à  se  faire 
rapporter  toutes  les  provisions  et  tous  les  parchemins  signés  de  la 
main  du  ci  devant  roi. 

Dans  la  huitaine,  sous  peine  de  radiation,  tous  les  prêtres  socié- 
taires devront  déposer  leurs  leltn's  de  prêtrise  et  «  abjurer  un 
«  état  qui  n'avait  pour  but  que  de  proléger  le  fanatisme.  » 


Séance  du  26  Brumaire 

Demande  d'affiliation  par  la  Société  populaire  de  La  Chapelle- 
TailleferL  L'affiliation  est  accordée. 


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-  412  — 

Le  citoyen  Lafont,  prêtre,  dépose  sur  le  bureau  ses  lettres  de 
prêtrise;  c  il  prononce  un  discours  d'énergie  et  de  patriotisme  dans 
«  lequel  il  déclare  formellement  abjurer  ses  fonctions  qui  ne 
«  respire  que  le  charlatanisme.  »  Copie  de  ce  discours  et  du  procès- 
verbal  de  la  séance  sera  envoyée  à  la  Société  des  Jacobins  et  à 
toutes  les  Sociétés  populaires  affiliées  à  celle  de  Guéret. 

Renouvellement  du  bureau.  Sont  nommés  :  président  :  Gerbaud- 
Malganne;  secrétaires  :  Aubreton,  Lavaud  et  Monnel. 


Séaïice  du  27  Brumaire 

Un  membre  propose  de  rapporter  la  décision  prise  à  la  séance  du 
23  Brumaire  c  tendant  à  obliger  les  prêtres  fonctionnaires  publics 
«  à  déposer  sur  le  bureau  de  la  Société  leurs  litres  de  prêtrise.  » 
On  lui  répond  qu'il  n'appartient  pas  à  un  seul  membre  de  protester 
contre  un  «  arrêté  de  la  Société,  arrêté  d'aulantplus  sage  qu'il  a  été 
«  imité  par  la  Société  des  Jacobins  »  Inquelle  a  présenté  un  travail 
à  la  Convention  sur  ce  sujet.  La  décision  du  23  Brumaire  est  main- 
tenue. 

On  nomme  six  censeurs  parce  que  les  trois  en  fonctions  ne  suffi- 
sent pas  c  pour  maintenir  Tordre  et  la  tranquillité  de  la  Société.  » 

Les  citoyens  Lacroix  et  Voilant  déposent  deux  plaques  de  bonnets 
de  grenadiers  portant  des  emblèmes  de  la  royauté.  Ils  invitent  leurs 
camarades  à  faire  semblables  dons. 

Lecture  par  un  commissaire  de  la  liste  des  objets  omis  dans  la 
taxe  des  denrées.  Ce  travail  est  approuvé  et  transmis  au  district. 

On  décide  d'exclure  des  séances  les  enfants  au-dessous  de  45  ans. 


Séance  du  28  Brumaire 

Les  citoyens  Raby,  Pinaud  et  Loriol  déposent  leurs  médailles  de 
|a  fédération  de  1790. 


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—  413  — 

On  décide  que  les  citoyens  ivres  seront  expulsés  des  séances. 

Le  citoyen  Tourniol,  capitaine  d'une  compagnie  de  la  première 
réquisition,  offre  une  garde  de  cinq  liommes  pour  maintenir  Tordre. 
Offre  accejitée. 

Le  citoyen  Nesmond  dépose  «  différents  titres  de  prétendue 
noblesse,  el  un  assignai  de  cinq  livres  à  litre  de  don.  Dès  qu'il  aura 
retrouvé  ses  litres  de  prêtrise  d  il  les  déposera  ;  dès  maintenant  il 
abjure,  ne  voulant  être  que  ta  le  prédicateur  de  la  morale  et  de  la 
Taison.  »  . 

Le  citoyen  Lemoine  dépose  ses  lettres  de  vicaire  et  un  secrétaire 
lit  l'extrait  du  procès-verbal  de  la  municipalité  de  Guéret  relatif  à 
son  abjuration.  La  Société,  satisfaite  de  la  conduite  de  Lemoine, 
décide  renvoi  du  procès-verbal  à  la  Convention. 

Adresse  au  district  pour  la  nomination  d'un  garde  champêtre. 

On  communique  à  la  Société  le  résultat  de  la  pétition  du  23  Bru- 
maire :  «  les  hochets  de  la  superstition  ont  été  enlevés  de  toutes 
«  les  églises;  les  ci-devant  Darnabites  ont  été  au-devant  des  com- 
«  missaires  et  se  sont  montré  en  vrais  républicains  en  apportant 
c  eux-mêmes  les  différents  vases  tant  en  or  qu'en  argent  qui  ser- 
a  vainiit  au  culte.  » 

On  dénonce  à  la  Convention  le  district  de  Montiuçon  qui  s'obstine 
à  défendre  aux  vignerons  de  vendre  du  vin  aux  personnes  n'habi- 
tant pas  ce  district. 


Séance  du  29  Brumaire 


Lecture  d'une  lettre  de  la  Société  de  Clermonl-Ferrand  qui  invite 
celle  de  Guéret  à  déléguer  or  des  commissaires  vrais  républicains 
«  qui  aient  passé  au  scrutin  épuratoire  »,  pour  assister  le  30  Bru- 
maire, à  l'inauguration  des  bustes  de  Marat,  Chalier  et  Deauvais. 
Remerciements  à  «  nos  frères  »  de  Clermont  pour  leur  «  invitation 
bonnète  »  qui  arrive  trop  tard. 


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-  414  - 

Le  citoyen  Seîglière  fait  déposer  sur  le  bureau  un  calice  avec  sa 
patène,  une  monture d'épée,  deux  paires  déboucles  et  deux  cachets, 
le  tout  en  argent,  pour  que  le  prix  provenant  de  la  vente  soit 
employé  à  Téquipement  d'un  cavalier. 

Le  citoyen  Baret  fait  déposer  des  parchemins  qui  constatent  sou 
èlnt  de  prêtre  et  une  letlre  où  il  s'excuse  de  ne  pouvoir  faire  ce 
iU*\)6i  lui  même,  renonçant,  dit-il,  à  loules  fondions  ecclésiastiques. 
h  est  invité  à  faire  son  abjuration  devant  la  municipalité  et  il  faudra 
qu'il  en  rapporte  un  extrait  en  forme  pour  que  la  Société  la  consi- 
dère comme  authentique.  La  même  observation  est  faite  pour 
l'abjuration  des  citoyens  Lafond  et  Nesmond. 

On  propose  qu'à  l'exemple  des  prêtres  a  les  avocats,  procureurs 
et  tous  individus  tenant  à  des  ci-devant  corps  judiciaires  x>  soient 
tenus  de  déposer  les  titres  et  pièces  relatifs  à  leurs  fondions. 

On  propose  que  tous  les  Sociétaires  soient  tenus  de  déposer  deux 
chemises  «  pour  servir  à  nos  frères  d'armes.  » 

Un  Sociétaire  demande  la  démolition  du  clocher  de  la  commune, 
le  prix  de  la  vent)  des  matériaux  dovant  être  employé  à  secourir 
les  malheureux.  Il  ajoute  que  si  on  veut  lui  en  faire  l'abandon  il 
oiïre  i.OOO  livres,  prenant  à  sa  charge  les  réparations  de  la  voûte. 

Un  autre  membre  fait  observer  que  la  Société  n'a  pas  le  droit  de 
vendre  une  propriété  communale  et  on  passe  à  Tordre  du  jour. 

La  dénonciation  contre  le  district  de  Moiitluçon  ne  semble  pas  à 
un  Sociétaire  rédigée  en  termes  assez  pressants.  Il  demande  qu'on 
tu  nio<iine  et  qu'on  l'envoie  à  un  des  nienibres  de  la  Société  actuel- 
temenl  à  Paris  pour  qu'il  la  présente  lui-même  à  la  barre  de  la 
Convention,  au  ministre  et  aux  Jacobins. 

Dépôt  par  le  citoyen  Purat  de  ses  lettres  de  bachelier  et  de  sa 
prestation  de  serinent,  par  le  citoyen  Perdrix  de  sa  provision  de 
Procureur  en  la  justice  de  Brouille  et  par  le  citoyeu  Coudert  de  ses 
lettre  de  bachelier,  de  licencié  avec  sa  prestation  de  serment  et  ses 
provisions  de  maître  particulier,  le  tout  accompagné  de  20  livres  en 
numéraire  qu'il  destine  à  rèquipement  d'un  cavalier. 


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-418- 


Séance  du  50  Brumaire 


Communication  de  deux  lellresde  la  commission  des  subsistances. 
Tune  demandant  des  renseignements  sur  le  maximum  fixé  par  le 
district,  l'autre  demandant  des  noms  de  vrais  sans  culottes  pour 
remplir  les  fonctions  de  commissaires  et  d'agents  dans  les  départe- 
ments. Renvoyé  à  la  séance  suivante. 

Lecture  d'une  proclamation  des  représentants  du  peuple  à  l'armée 
du  Rhin.  Une  pétition  sera  adressée  au  département  pour  que  cette 
proclamation  soit  réimprimée  et  envoyée  à  toutes  les  communes 
avec  invitation  aux  districts  et  aux  Sociétés  populaires  de  nommer 
(les  commissaires  pour  expliquer  aux  habitants  des  campagnes  les 
principes  de  la  morale  et  de  la  raison. 

Les  commissaires  sont  invités  à  rappeler  à  la  municipalité  qu'il 
faut  démolir  l'autel  de  l'ancien  palais  de  justice  et  qu'il  y  a  lieu 
également  de  démolir  les  croix  existant  dans  les  rues  pour  employer 
les  matériaux  en  provenant  à  construire  une  pyramide  où  on  affi- 
chera les  lois. 

Dépôt  par  le  citoyen  Lafond,  ci-devant  prêtre,  de  24  livres  en 
numéraire  destinées  à  l'équipement  d'un  cavalier,  de  différentes 
lettres  du  ci-devant  évêque  de  Limoges  et  d'un  extrait  du  procès- 
verbal  de  son  abjuration. 

Pétition  à  la  municipalité  pour  qu'elle  adresse  à  la  Convention 
l'extrait  des  procès-verbaux  d'abjuration. 

Dépôt  par  divers  Sociétaires  de  diplômes  et  de  titres  relatifs  à 
leurs  anciennes  fonctions.  Le  citoyen  Dumarest  joint  aux  siens  une 
paire  de  boucles  de  souliers  et  un  cachet  en  argent  <r  aux  empreintes 
des  armoiries  adoptées  par  sa  famille.  » 

Pétition  au  comité  de  surveillance  pour  qu'on  enlève  des  maisons 
de  réclusion  tous  les  objets  relatifs  au  culte  et  qu'on  y  place  des 
sentinelles  aux  portes  extérieures  et  intérieures  jusqu'à  ce  que  la 
visite  ait  été  régulièrement  faite. 

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-416  - 


Séance  du  2  Frimaire 

Un  membre  demande  la  formalion  d'une  armée  révoluliounaire 
pour  pourvoir  à  rapprovisionnemenr.  On  lui  répond  que  cette 
formalion  esl  inutile  puisque  les  corps  administratifs  ont  mis  à 
exécution  la  loi  sur  les  subsistances.  On  passe  à  Tordre  du  jour  et 
c  la  Société  invile  à  ne  plus  faire  pareille  motion.  » 

On  décide  de  charger  le  comité  des  subsistances  formé  par  le 
déparlement  de  répondre  aux  lettres  de  la  commission  lues  à  la 
séance  précédente. 

Un  membre  propose  d'inviter  les  citoyennes  sociétaires  à  faire 
des  bas  pour  les  volontaires  de  la  première  réquisition  qui  sont  sur 
le  point  de  partir.  Séance  tenante  19  citoyennes  se  font  inscrire. 

Dépôt  de  titres  divers  (lettres  de  bachelier  et  du  licencié,  provi- 
sion d'huissier,  lettres  en  l'art  de  chirurgie).  Le  citoyen  Fayolle 
offre  six  livres  en  numéraire,  le  citoyen  Lafond  48  livres,  le  citoyen 
Tixier  deux  paires  de  boucles  en  argent* 

Thomasson,  prêtre,  fait  dire  par  un  sociétaire  qu'il  est  prêt  à 
déposer  ses  titres  de  prêtrise.  Il  demande  que  la  «Société s'intéresse 
<(  à  lui  pour  le  faire  payer  d'un  traitement  qu'il  croit  lui  être  dû  ». 
La  question  est  ajournée  jusqu'à  ce  qu'il  ait  déposé  ses  titres. 

Un  citoyen  expose  que  le  trésorier  du  ci-devant  corps  des  avocats 
de  cette  ville  a  des  comptes  à  rendre  et  demande  qu'on  l'invite  à  le 
faire.  Le  citoyen  trésorier  promet  de  se  conformer  à  ce  désir. 

Séance  du  3  Frimaire 

Lecture  d'une  lettre  du  citoyen  Lemoine,  membre  de  la  Société, 
actuellement  à  Paris,  où  il  dit  «  qu'il  ne  doute  pas  que  la  Société 
((  renonçant  au  culte  extérieur,  fruit  du  fanatisme  et  de  la  supers- 
«  tition,  n'ait  arrêté  une  pétition  à  la  commune  pour  Tinxiter  à 
«  mettre  bas  les  hochets  d'or  et  d'argent,  sans  exceptet  un  calice 


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-417  - 

«  appartenant  à  la  commune  que  le  citoyen  Fêry  a  emporté  à  la 
«  campagne.  »  Si  on  veut  lui  envoyer  ces  objets,  il  les  déposera 
lui-môme  sur  i^autel  de  la  Patrie. 

On  décide  de  lui  répondre  que  <f  la  Société  a  prévenu  ses  vœux, 
«  que  tous  les  hochets  de  la  superstition  sont  à  Las  a  et  qu'on  va 
inviter  la  municipalité  à  lui  adresser  sur  le  rhanip  les  matières 
d'or  et  d'argent  avec  extrait  des  procès- verbaux  d*ab]uralion  des 
prèlres. 

Féry  demande  la  parole.  Le  calice  dont  i!  se  sert  à  la  campagne 
appartient  au  citoyen  Rochon.  Quant  aux  deux  qui  maiiqueiiL  à  la 
commune,  Tun  est  chez  le  citoyen  FayoUe,  l'autre  au  ci-devant 
évèché.  Il  dépose  ses  litres  de  prêtre  et  de  prieur  de  l'abhaye  du 
Palais  avec  une  médaille  de  la  fédération  de  1790.  On  Tinvîte  à  faire 
son  abjuration. 

Communication  du  procès-verbal  de  Tinîiugij ration  du  buste  de 
Le  Pelletier  célébrée  à  la  Société  populaire  de  Moulins  en  présence 
du  représentant  du  peuple  Fouché. 

Lecture  d'un  décret  de  la  Convention  invitant  les  citoyens  à 
donner  des  chemises,  des  bas  et  des  souliers  pour  les  défenseurs  de 
la  Patrie. 

Offrandes  diverses  :  médaille  de  la  fédération,  4  cht^mlse^ï^  deux 
paires  de  bas,  10  livres  4  sols  en  numéraire. 

Le  citoyen  Lacugne,  envoyé  par  le  départemenl  auprès  du  repré- 
sentant du  peuple  Ingrand,  remet  une  Ultre  de  celui-ci  faisant 
savoir  qu'il  ne  peut  fournir  de  blé  à  la  Creuse,  le  département  d^  la 
Vienne  en  étant  dépourvu  par  suite  des  fournitures  qu'il  a  faites  à 
l'armée. 


Séance  du  4  Frimaire 


Un  membre  propose  d'inviter  la  municipalité  à  convoquer  la 
commune  pour  procéder  à  la  réélection  des  membres  compos:int  lo 


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-  418  - 

comité  de  surveillance,  ceux  qui  le  composent  étant  en  partie  des 
fonctionnaires  publics. 

Un  autre  membre  fait  observer  que  le  comité  de  Guérel  n'est  pas 
seulement  local,  mais  qu'il  a  pour  mission  de  correspondre  avec  les 
autres  comités  du  déparlement. 

Une  pétition  sera  adressée  au  département  pour  qu'il  communi- 
que à  la  Société,  dès  qu'il  Taora  reçue,  la  loi  sur  le  renouvellement 
des  comités  de  surveillance. 

A  raison  du  tumulte  qui  régne  dans  l'Assemblée,  on  tiendra  désor- 
mais les  séances  dans  la  salle  électorale. 

Oflrandes  diverses  :  le  citoyen  Fillias  donne  dix  livres  en  assignats 
pour  le  soulagement  des  sociétaires  les  plus  nécessiteux,  le  citoyen 
Fortune  une  plaque  de  bonnet  de  grenadier,  le  citoyen  Finet  flis 
un  christ  en  cuivre  et  une  plaque  de  bonnet  de  grenadier. 

Le  citoyen  Lemoine  est  rappelé  à  l'ordre  pour  s'être  servi  du  mot 
«  paysan  ».  Le  président  lui  fait  observer  que  «  n'y  ayant  plus  de 
«  seigneurs,  il  n'y  avait  plus  de  paysans.  » 

Un  membre  propose  de  frapper  d'une  amende  d'un  sol  <r  les 
«  sociétaires  qui  ne  se  tutoieraient  pas  en  parlant  à  une  seule 
c  personne  ».  La  Société  passe  à  l'ordre  du  jour  pour  cette  propo- 
sition. 


Séame  du  5  Frimaire 


Le  citoyen  Féry,  ci-devant  vicaire  épiscopal,  est  dénoncé  pour 
avoir  employé  dans  son  acte  d'abdication  «  des  expressions  restric- 
tives qui  ne  remplissent  pas  les  vœux  et  arrêtés  <ie  la  Société  ». 
Il  est  rayé  du  tableau  de  la  Société  et  le  procès-verbal  de  sa 
«  fausse  abdication  »  sera  envoyé  au  comité  de  surveillance. 

Un  membre  de  la  commune  annonce  à  la  Société  qu'il  a  été  déposé 
sur  Taulel  de  la  patrie,  par  deux  citoyens,  20  cuillers  et  deux 
grandes  cuillers  à  ragoût  en  argent. 


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-  419  - 

Le  citoyen  Létang,  administrateur  du  département,  est  désigné 
pour  être  adjoint  au  citoyen  Lemoine  actuellement  à  Paris  afin 
d^offrir  à  la  Convention  ccies  hochets  du  fanatisme  et  les  dons  des 
bons  citoyens  »  de  la  commune  de  Guéret.  Il  sera  porteur  d'une 
lettre  à  la  Convention  exprimant  la  pureté  des  principes  républi- 
cains de  la  Société. 

Offrandes  diverses  :  deux  chemises,  2i  livres  en  numéraire,  deux 
paires  de  boucles  en  argent.  Le  citoyen  Dumarest  est  nommé  com- 
missaire à  la  réception  des  dons. 

Un  membre  expose  que  ec  les  commissaires  nommés  par  la  muni- 
«  cipalité  pour  la  recherche  des  hochets  du  fanatisme  ont,  malgré 
^i  leur  vigilance,  oublié  un  calice  à  Tbôpital  et  un  buste  du  ci- 
ce  devant  Béat  Pardoux.  s.  Cette  question  est  ajournée. 


Séance  du  6  Frimaire 

Nombreux  dons  (boucles,  couverts,  cachets  d'argent,  chemises, 
bas,  42  livres  en  numéraire). 

Desbordes,  juge  de  paix  du  canton  de  Compreignat,  district  de 
Limoges,  dépose  les  pouvoirs  qui  lui  ont  été  donnés  par  Lanot(i), 
représentant  du  peuple  dans  la  Haute- Vienne  et  la  Corrëze.  Il  pro- 
nonce un  discours  dans  lequel  cr  il  trace  à  grands  traits  le  système 
a  perfide  des  prêtres,  ces  vils  charlatans  qui  cherchent  encore 
«  à  s'élever  sur  les  décombres  du  fanatisme.  Grâce  aux  heureux 
«  effoi-ts  de  la  Montagne  leur  hypocrisie  est  dévoilée  à  jamais.  Le 
«  flambeau  de  la  raison  a  éclairé  PUnivers  et  le  peuple  ne  veut  plus 
((  ni  les  fers  des  tyrans,  ni  ceux  des  prêtres.  i> 

On  Tapplaudit  et  on  vole  Timpression  de  son  discours  qui  sera 
ftnvoyé  à  toutes  les  Sociétés  populaires  et  aux  communes  du  dépar- 
lement. 

(1)  Lanot,  député  de  la  Corrè2e  à  la  Convention. 


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—  420  — 

Féry,  rayé  du  tableau  de  la  Société  à  la  séance  de  la  veille,  vient 
afiirraer  son  repentir  et  «  promet  de  renoncer  pour  toujours  à  sa 
funeste  doctrine,  i» 

Un  membre  expose  que  «  la  calomnie  n'a  point  épargné  le  ver- 
tueux Ingrand,  représenlant  du  peuple  »  et  qu'on  viont  de  le 
dénoncer  au  Comité  de  Salut  Public. 

<r  Un  mouvement  d'indignation  saisit  l'Assemblée.  »  Plusieurs 
sociétaires  prennent  In  parole  pour  affirmer  le  civisme  d'Ingrand 
et  les  preuves  qu'il  en  a  données  à  Guéret  On  décide  :  !<>  d'envoyer 
une  adresse  au  Comité  de  Salut  Public  pour  le  désabuser  «  sur  les 
fausses  inculpations  faites  à  Ingrand  •  ;  i"*  d'inviter  Lanot  à  venir 
prendre  connaissance  de  Tesprit  public  dans  la  Creuse. 

Un  sociétaire  dit  alors  qu'on  n'a  pas  dénoncé  seulement  Ingrand; 
une  dénor.ciation  contre  le  département  de  la  Crense  a  été  faite  à  la 
Société  populaire  de  Limoges,  et  elle  a  été  insérée  dans  un  numéro 
du  Journal  de  la  Hante-Vienne.  L'administration  du  département  de 
la  Creuse  a  protesté  par  une  lettre. 

La  Socitité,  après  avoir  «  manifesté  la  plus  grande  surprise  » 
approuve  la  con<Iuite  des  administrateurs  et  décide  qu'une  copie  du 
procès-verbal  de  la  séance  sera  envoyée  aux  représentants  du  peu- 
ple Ingrand  et  Lanot,  ainsi  qu'à  la  Société  populaire  de  Limoges. 

Un  membre  demande  que  Desbordes  reçoive  du  Président,  au 
nom  de  la  S)clèté,  l'accolade  fraternelle.  Le  Président  embrasse 
Desbordes  qui  dit  : 

((  Frères  et  amis,  ce  jour  est  le  plus  beau  de  ma  vie  puisqu'en 
remplissant  ma  mission,  je  puis  rendre  justice  au  Montagnard 
Ingrand,  à  vos  administrateurs  ainsi  qu'à  vous.  Je  porterai  dans  le 
sein  du  représentant  Lanot  et  de  la  Société  populaire  de  Limoges 
vos  sentiments  républicains  et  votre  attachement  inviolable  à  la 
Constitution  et  à  la  Montagne.  • 

On  invite  la  commune  à  demander  :  l'^  que  tout  le  vieux  linge  se 
trouvant  dans  les  maisons  de  l'arrondissement  soit  réuni  ;  i^  qu'on 
le  remette  aux  mères  de  famille  afin  que  celles-ci,  aidées  do  leurs 
enfants,  en  fassent  de  la  charpie  dont  on  a  besoin  aux  armée». 


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-  iîl  - 

Un  socielaire  annonce  qu'on  vient  de  découvrir  encore  une 
custode^  deux  calices,  une  croix  et  «  la  partie  en  argent  du  Béat 
Pardoux  ».  Tous  ces  objets  seront  envoyés  à  la  Convention  avec 
Targenterie  des  églises. 

Séance  du  7  Frimaire 

Communication  par  le  Président  : 

1<>  D'une  adresse  des  sans  culottes  de  la  Société  révolutionnaire 
de  Cliarlres  à  la  Convention.  On  en  approuve  «  Tesprit  et  l'expres- 
sion »  et  on  en  fait  mention  honorable  au  procès-verbal  ; 

2"  D'une  lettre  du  Comité  de  Salut  Public  à  la  Société  l'invitant  à 
fournir  Tétat  nominatif  des  citoyens  du  district  qui  peuvent  digne- 
ment remplir  des  fonctions  publiques; 

3°  D'une  lettre  des  administrateurs  du  disirict  qui  demandent  à 
la  Société  de  nommer  deux  commissaires  devant  se  joindre  à  ceux 
désignés  par  les  autorités  constituées  pour  établir  l'elat  que  le 
Comité  de  Salut  Public  a  également  demandé  au  disirict. 

La  Société  «  s'en  rapporte  au  bureau  pour  le  choix  de  ces  commis- 
saires. x>  Le  bureau  choisit  les  citoyens  Planier  et  Raby  aîné,  qui 
acceptent  «  leur  pénible  commission  et  promettent  de  la  remplir 
<K  avec  ce  zélé  et  cette  impartialité  dignes  du  vrai  républicain.  » 

Dons  divers  (chemises,  boucles  d'argent,  couverts,  12  livres  en 
numéraire,  5  en  assignats).  Jean  Péronneaud,  trésorier  du  ci-devant 
corps  des  avocats,  offre  le  reliquat  de  sa  caisse  (chiffre  non  indiqué). 

Féry  vient  réitérer  son  abdication.  On  le  réintégre  sur  la  liste  des 
sociétaires. 

Lecture  du  procés*verbal  de  a  l'abdication  du  charlatanisme 
sacerdotal  »  faîte  par  Paul-Ambroise  Sudre  et  Jean-Pierre  Fuyolle. 
Ces  abdications  devront  être  réitérées  devant  la  Société. 

Le  ci-devant  prêtre  Lafund  prononce  un  discours  énergique  (non 
reproduit).  On  l'applaudit,  on  en  vote  l'impression  et  l'envoi  à  la 
Société  des  Jacot)ins  de  Paris  et  &  loules  celles  afilliéesi 


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—  «2- 

Yote  d*ane  adresse  de  félicitations  à  la  Convention  pour  «  les 
t  moyens  sages  qu'elle  vient  d'employer  pour  nous  débarrasser  de  la 
or  secte  sacerdotale,  en  invitant  les  ministres  à  l'abjuration  de  leur 
«  erreur.  » 

Plaintes  au  sujet  de  la  mauvaise  tenue  des  procès-verbaux  des 
séances  par  les  secrétaires. 

A  raison  du  grand  froid  dont  on  souffre  dans  la  salle  électorale,  la 
Société  demandera  au  département  l'autorisation  de  tenir  ses 
séances  dans  l'église  des  ci-devant  Barnabites. 


Séance  du  9  Frimaire 


Offrandes  diverses  en  nature  et  en  numéraire. 

Leclure  par  le  Président  a  d'une  lettre  du  citoyen  Lacelle,  d'Ajain, 
€  ci-devant  noble  ;  elle  porte  l'envoi  de  douze  couverts  en  argent  et 
€  d'une  croix  du  ci-devant  ordre  des  chevaliers  de  Saint-Louis. 
«  L'auteur  de  celle  lettre  prie  la  Société  d'agréer  son  offrande.  » 
L'offrande  est  acceptée  et  on  enverra  au  citoyen  Lacelle  copie  du 
procès- verbal. 

Communication  de  la  réponse  du  département  qui  consent  à 
prêter  l'église  des  Barnabites. 

Pour  répondre  à  la  lettre  du  Comité  du  Salut  Public,  relative  à  la 
désignation  des  fonctionnaires  publics,  on  décide  de  nommer  i3 
commissaires  à  une  séance  suivante. 

On  décide  :  1®  que  les  citoyennes  qui  feront  de  la  charpie  devront 
se  servir  do  linge  blanchi  à  la  lessive;  2«*  qu'elles  travailleront  dans 
un  appartement  désigné  par  la  municipalité;  3"^  que,  là,  le  citoyen 
Desbarres  père,  ofûcier  de  santé,  visitera  les  linges  et  les  embaU 
lages. 

Les  sociétaii*es  qui  avaient  des  chaises  dans  la  ci-devant  église 
sont  invités  à  les  apporter  dans  la  salle  des  séance». 


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—  423  — 


Séance  du  iO  Frimaire 

Un  membre  fait  observer  que  le  nouveau  local  choisi  par  la 
Société  pour  la  tenue  de  ses  séances  est  inbabilôbie  à  raison  de  la 
rigueur  de  la  saison.  Il  demande  qu'on  tienne  séance  dans  la  salle 
d'audience  des  tribunaux.  La  question  est  renvoyée  à  une  autre 
séance  avec  invitation  aux  sociétaires  de  «  trouver  le  moyen  d'évi- 
er ter  rinconvénienl  de  changer  si  souvent  le  lieu  des  séances.  » 

Nombreux  dons  patriotiques. 

Ouverture  d'un  registre  pour  inscrire  ceux  qui  voudront  se  vouer 
à  la  défense  des  criminels  détenus  dans  la  maison  de  justice. 

Dépôt  d'un  procès-verbal  de  la  municipalité  constatant  la  remise 
par  le  citoyen  Pradon  ((  de  ses  lettres  de  lieutenant  des  perruquiers 
€  de  cette  ville,  de  l'effigie  de  Louis-le-Racourci  et  du  discours  par 
«  lui  prononcé  lors  de  son  acceptation  de  la  Constitution  de  1789.» 

Lecture  d'une  lettre  que  le  citoyen  Cressant,  volontaire  du  l«f 
bataillon  dans  l'armée  de  la  Moselle,  a  écrite  à  son  père.  La  Société 
applaudit  au  courage  de  ce  défenseur  de  la  République  dont  la 
lettre  sera  annexée  au  procès-verbal. 

Nomination  des  commissaires  qui  doivent  se  rendre  sur  les 
avenues  pour  surveiller  l'accaparement  les  jours  de  foire  et  de 
marché. 

Séance  du  U  Frimaire 

Rejet  d'une  proposition  tendant  à  rayer  les  sociétaires  qui  n'au- 
ront pas  assisté  à  la  séance.  ' 

Lecture  d'une  lettre  du  citoyen  Garant,  non  sociétaire,  qui 
annonce  l'envoi  de  18  couverts,  3  grandes  cuillers  à  ragoût,  un 
calice  et  sa  patène,  un  porte-huilier^  le  tout  en  argent,  et  18  che« 
mises.  L'offrande  est  acceptée. 


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-424- 

Un  membre  propose  (llnterdire  «  les  visites  domiciliaires  des 
«  noces,  ceux  qui  les  rendent  n'allant  pas  ordinairement  chez  tous 
«  les  citoyens,  » 

Un  autre  demande  que  la  parole  ne  soit  pas  donnée  plus  de  trois 
fols  sur  un  même  sujet,  au  même  membre  dans  une  seule  séance. 

Après  une  longue  discussion  on  passe  à  Tordre  du  jour  sur  la 
première  proposition  et,  sur  la  seconde,  on  maintient  le  règlement 
en  vigueur. 

Séance  du  42  Frimaire 

Nombreux  dons  (chemises,  bas,  montre  à  boîtier  d'or,  épée  à 
poignée  d'argent,  etc.) 

On  admet  à  la  séance,  sur  présentation  de  sa  carie,  un  sans 
culotte  de  la  Société  populaire  de  Limoges. 

Communication  d'une  adresse  des  représentants  du  peuple  com- 
posant le  Comité  d'aliénation  des  biens  des  émigrés,  qui  demande 
îles  renseignements  sur  ce  sujet. 

Communication  d'une  lettre  du  comité  des  décrets  demandant  des 
renseignements  sur  le  suppléant  de  Guyer,  représentant  du  peuple, 
décédé  depuis  peu.  Ce  suppléant  est  le  citoyen  Faure,  procureur 
général  du  département.  La  Société  «  rend  bommage  à  son  civisme 
soutenu  et  inaltérable,  jd 

Nomination  des  treize  commissaires  qui  doivent  s'occuper  de 
dresser  la  liste  de  pjésentation  des  fonctionnaires. 

Sont  nommés  :  Lacugne,  Dumarest,  Purat  juge,  Lavaud,  Coulis- 
sou,  Lassaussay,  Cboinel,  Lafond,  Lemoigne,  Raby  aîné,  Pollier, 
Pural  aine.  (Celui  qui  obtient  le  plus  de  voix,  Lacugne,  en  a  41). 

Séance  du  i5  Frimaire 

Nombreux  dons  (Vergne  donne  une  tabatière  de  femme,  un 
boîtier  de  montre,  les  garnitures  d*un  cbaiielet,  le  tout  en  argent; 
Alexis  Darrct  remetO  cbemises  ei  102  livres  en  numéraire). 


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—  425  — 

Désignation  de  Laurent  et  Barret  de  Beauvais  pour  remplacer 
deux  des  treize  commissaires  (Rei>y  et  Pural,  juge)  qui  ont  été 
nommés  commissaires  aux  mêmes  fins  par  le  district. 

L'afQlialion  demandée  par  la  Sociélé  populaire  de  Sainle-Feyre 
est  accordée.  Cette  demande  a  été  présentée  par  quatre  députés  de 
cette  Société  ;  Tun  d'eux,  le  sans  culotte  Rousseau,  prononce  un 
discours.  Le  Président  donne  l'accolade  fraternelle  aux  députés. 

Nomination  de  commissaires  pour  s'occuper  des  travaux  de  la 
route  de  Guéret  à  La  Châtre. 

Séance  du  H  Frimaire 

Nombreux  dons  et  dépôt  de  titres. 

Lecture  d'une  lettre  annonçant  qu'il  a  été  accordé  à  la  Creuse 
40.000  quintaux  de  grain  à  prendre  dans  la  Vienne. 

Lecture  d'une  pétition  communiquée  par  le  district  aux  termes 
de  laquelle  François  Silvain  Couder-Lavillalte  restreint  à  100  livres 
la  somme  qu'il  demande  pour  cession  de  terrain  nécessaire  «  à  la 
commodité  de  la  route  de  Guéret  à  Sainle-Feyre.  i»  Le  district  invite 
la  Sociélé  à  ouvrir  une  souscription  pour  régler  celle  réclamation. 
Imuiédialement  on  trouve  une  somme  bien  supérieure  et  Couder 
déclare  a  que  son  inleulion  était  que  cette  somme  fut  distribuée  à 
«  la  classe  de  nos  frères  les  plus  indigents.  i> 

On  arrête  de  nouveau  l'ouverture  d'un  registre  pour  recevoir  les 
noms  des  citoyens  n  qui  ont  des  talents  d  et  qui  voudront  se  charger 
de  la  défense  des  criminels. 

On  décide  la  clôture  du  registre  destiné  à  mentionner  le  dépôt  des 
titres  relatifs  aux  différents  étals  et  méliers.  Tous  les  membres  qui 
n'auront  pas  effectué  le  dépôt  prescrit  seront  rayés.  Il  est  interdit 
aux  secrétaires,  à  peine  de  radiation,  de  délivrer  des  extraits  de  ce 
registre. 

Un  membre  expose  que  la  salle  oi]iron  tient  les  séances  est  incom- 
mode, qu'on  n'y  peut  maintenir  l'ordre.  Il  propose  de  se  réunir  à  la 
maisou  commune,  la  question  est  ajournée. 


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—  426  - 


Séance  du  4 G  Frimaire 

Dons  divers.  Dépôt  de  litres  universitaires,  de  lettres  de  juge  et 
de  procureur,  elc. 

€  Une  leltre  sera  écrite  au  citoyen  Ingrand  pour  le  féliciter 
d'avoir  été  lavé,  par  un  décret  de  la  Convention  des  inculpations 
failtes  contre  luy.  » 

On  décide  de  tenir  les  séances  à  la  maison  commune,  la  munici- 
palité ayant  donné  son  assentiment.  Sous  la  direction  de  plusieurs 
commissaires,  on  fera  dans  ce  local  les  réparations  «  utiles  et 
commodes  x>  ;  on  demandera  des  boisures  et  des  bancs  à  la  munici- 
palité et  on  invitera  les  menuisiers  à  y  travailler. 

Pour  distribuer  la  somme  de  lOO  livres  abandonnée  par  le  citoyen 
Couder  Lavillatte,  une  commission  est  nommée. 


Séance  du  /7  Frimaire 

Dons  divers. 

Demande  d'affiliation  de  la  Société  populaire  de  Dun.  Celte 
demande  est  ajournée  parce  qu'elle  n'est  pas  accompagnée  d'un 
extrait  du  procès-verbal  de  cette  Société. 

Un  membre  propose  que,  pour  subvenir  aux  frais  de  la  guerre 
on  réunisse  o  tous  les  vieux  livres  de  cbicane  »  et  qu'on  les  envoie 
dans  les  papeteries  pour  servir  à  la  fabrication  de  nouveaux  papiers. 
Cette  proposiiion  est  rejetée  par  le  motif  qu'il  existe  un  décret  pro- 
hibant la  destruction  des  vieux  livres. 

Pétition  au  district  pour  que  les  greffiers  des  anciens  tribunaux 
criminels  déposent  sur  l'autel  de  la  Patrie  les  matières  d*or  et  d'ar- 
gent et  antres  objets  utilisables  qu'ils  peuvent  détenir. 

Admission  du  citoyen  Meunier,  père  de  deux  enfants  défen- 
seurs de  la  Patrie,  qui  avait  été  refusé  au  scrutin  épuralolre.  Hais 


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-427- 

depuis  ce  temps,  sa  conduite  a  été  irréprochable  et  plusieurs  mem- 
bres afflrment  son  civisme. 

Dénonciation  d'un  citoyen  non  nommé  pour  avoir  vendu  de 
l'huile  de  noix  30  sols  au  lieu  de  13.  Le  citoyen  dénoncé  reconnaît 
le  fait,  mais  c'était  de  Phuile  «  propre  à  faire  de  la  salade  »,  et  la 
municipalité  lui  avait  dit  que  la  taxe  ne  frappait  pas  cette  huile. 


Séance  du  i8  Frimaire 

Les  deux  sociétaires  qui  ont  porté  à  la  commune  de  la  Chapelle- 
Taillefert  Textrait  du  procès-verbal  constatant  Taffiliation  de  la 
Société  de  cette  commune  avec  celle  de  Guéret  rendent  compte  de 
cette  mission.  «  La  Sociélé  de  la  Chapelle  leur  a  témoigné  toute 
«  TafTection  dont  des  véritables  frères  sont  capables,  leur  a  donné 
a  Taccolade  et  les  a  invité  à  un  banquet  patriotique  dans  lequel  ils 
«  ont  bus  en  véritables  et  sincères  républiquains  et  ont  portés 
<!r  maintes  et  maintes  santés  à  la  Convention,  à  la  Montagne,  à  la 
a  Liberté,  TEgalité,  TUnité,  rindivisihilité  de  la  Répnblique,  à  la 
«  Société  des  Jacobins,  à  Funion  des  Sociétés  de  la  Chapelle  et  de 
«  Guéret.  enfin  à  tontes  les  Sociétés  et  vrai  frères  français.  « 

Un  sociétaire  fait  remarquer  que.  bien  que  le  dimanche  ne  doive 
plus  être  observé,  a  il  a  vu  avec  indignation  et  la  dernière  surprise 
«  que  ces  jours  là,  la  ci-devant  église  paroissiale  était  ouverte 
€  et  que  quelques  citoyens  poussaient  encore  la  fatuité  jusqu'à 
«  faire  brûler  des  cierges  qui  pourraient  être  plus  ut  ilementemployé 
((  vu  la  rareté  de  la  lumière.  Il  a  demandé  que  ladilte  église  soit 
(C  clause  tous  les  jours,  sauf  les  jours  de  décade.  » 

Cette  proposition  est  adoptée  à  rnnanimité,  sauf  par  *(  quelques 
«  femmes  bigotes  qui  ont  témoigné  leur  mécontentement  en  se 
«  retirant,  » 

Désignation  de  six  orateurs  (Gerbaud,  Lavillatte,  Legrand,  Pla- 
nier,  Polier  et  Cartaud)  «  pour  prêcher  les  jours  de  décade  les  prin- 
a  cipes  de  la  raison  et  de  la  philosophie.  »  Ils  comipenceropl  le  §0 
frimaire, 


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-428- 

On  vote  une  pétition  à  la  municipalité  <  tendant  à  ce  que  tous  les 
((  citoyens  soient  enterrés  dans  le  même  lieu  et  non  les  uns  au 
«  calvaire  et  autre  lieu,  afin  de  détruire  cette  distinction  de  pêni- 
«  tents  noirs  ou  blancs,  c;ir  puisqu'il  n'y  a  pas  de  distinction  pen- 
«  dant  la  vie,  il  ne  doit  pas  y  en  avoir  après  la  mort.  » 

Proposition  de  remplacer  la  croix  du  cimetière  par  une  statue 
«  représentant  le  sommeil  avec  une  inscription  analogue.  »  Sur  l'ob- 
servation que  la  Convention  «  s'occupe  à  piendre  à  cet  égard  les 
mesures  nécessaires  d,  on  ajourne  la  question  en  décidant  seule- 
ment d'inviter  la  municipalité  â  faire  supprimer  la  croix  du  cime- 
tière et  toutes  les  autres  croix. 

Proposition  d'inviter  les  tailleurs  d'habits,  qui  «  depuis  la  Cons- 
titution ont  beaucoup  travaille  et  gagné  à  proportion  »  à  faire  cha- 
cun gratis  «  deux  sarrauds  ou  habits  uniformes  ».  Cette  motion  est 
adoptée  malgré  Tobservation  d'un  sociétaire  au  sujet  du  travail 
qu'ont  les  tailleurs  pour  les  uniformes  des  volontaires,  travail  dont 
il  vaudrait  mieux  ne  pas  les  distraire. 

Un  sociétaire  dit  qne  sans  prévenir  Huguet,  ci-devant  évèque  de 
la  Creuse,  la  municipalité  a  transféré  ses  bureaux  dans  la  maison 
qu'il  occupait  précédemment.  Comme  Huguet  fait  partie  de  la 
Société,  celle-ci  devrait  exiger  qu'on  lui  écrivit  pour  lui  demander 
son  assentiment.  On  passe  à  l'ordre  du  jour  par  le  motif  que 
«  la  municipalité  est  trop  sage  pour  avoir  fait  des  déniarches 
irréfléchies.  » 

Le  citoyen  Faure,  appelé  à  la  Convention,  est  chargé  de  déposer 
les  offrandes  de  la  commune  sur  l'autel  de  la  Patrie. 

Dénonciation  de  Louis  Dalby,  dit  Virematin,  des  Salles,  commune 
de  Sainte-Feyre,  pour  vendre  journellement  chez  lui  de  l'huile  à 
brûler  au-dessus  de  la  taxe.  Aucune  décision  n'est  prise  parce  que 
d'autres  dénonciations  se  produisent  contre  le  citoyen  Rochon  et  la 
citoyenne  Duvernel.  Les  divers  dénonciateurs  sont  invités  à  se 
rendre  chez  les  secrétaires  pour  s'expliquer;  la  Société  examinera 
ensuite  leur  dénonciation. 


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-429  - 


Séance  du  49  Frimaire 

On  décide  d'enlever  de  l'arbre  de  la  Liberté  les  drapanx  anglais 
et  américain  el  de  les  remplacer  par  le  seul  drapeau  tricolore  ;  de 
planter  un  ai  bre  delà  Fralernilé  «  avec  racine  »  en  prenant  cet 
arbre  dans  le  bois  de  Lâge  appartenant  à  Tournyol,  émigré.  Trois 
commissaires  sont  nommés  pour  s'enlendre  avec  la  municipalité 
quant  au  cboix  de  Templacenjent  et  à  l'organisation  de  la  fêle. 

On  passe  à  l'ordre  du  jour  sur  la  proposition  de  porter  au  pied 
de  l'arbre  de  la  Liberté  les  corps  des  patriotes,  en  privant  de  cet 
honneur  ceux  des  aristocrates  et  des  suspects. 

On  règle  les  détails  de  la  fête  qui  sera  célébrée  le  jour  où  arrive- 
ront les  bustes  de  Maral  et  deLepelletier  :  on  préparera  des  piédes- 
taux, les  bustes  seront  portés  en  triomphe  au  chant  de  l'hymne 
a  veillons  au  salut  de  l'Empire!  ));des  détachements  de  gardes  natio- 
naux, de  vétérans  el  de  gendarmes  iront  à  leur  avance,  et  les  Socié-* 
tés  populaires  du  district  seront  invitées  à  envoyer  deux  commis- 
saires pour  la  cérémonie  de  l'inauguration. 

Le  citoyen  Berger  chante  une  chanson  patriotique  très  applaudie 
el  dont  l'impression  est  votée. 

Pétition  à  la  municipalité  pour  que  les  bouliques  soient  fermées 
les  jours  de  décade,  à  l'exception  de  celles  des  perruquiers,  et  pour 
que  les  citoyennes  de  la  commune  soient  invitées  à  célébrer  les 
décades.  Le  président  invile  les  citoyennes  sociétaires  à  soigner  leur 
toilette  ces  jours-là  et  non  les  ci-devant  dimanches  et  fêles. 

Lecture  dune  lettre  du  citoyen  Lagra vêlais,  maire  d'Azerables,  et 
du  procès-verbal  d'une  fêle  civique  qui  a  lieu  dans  cette  commune. 
Des  félicitations  sont  votées. 

Séance  du  20  Frimaire 

Un  sociétaire  se  plaint  que  l'on  n'ait  pas  discuté  en  séance  publi- 
que la  dénonciation  portée  contre  Rochon.  On  précise  cette  déqon- 


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-  430  - 

cialion  :  Rochon  a  dit  que  la  Convention  n'était  plus  libre  depuis  les 
journées  des  31  mai,  !«'  et  2  juin.  Finet  flis  aine  affirme  que  Ton  a 
cherché  à  corrompre  Langniland,  le  dénonciateur  de  Rochon,  pour 
l'empêcher  de  parler.  Lui-même,  Finet,  se  fait  le  dénonciateur  de 
Rochon  qui,  dit-il,  a  exprimé  à  Paris  le  désir  de  voir  organiser  la 
guerre  civile  dans  la  République.  Po.tier  ajoute  que  l'opinion  a  Gué- 
ret  considère  Rochon  comme  a  un  Feuillant,  un  royaliste,  un  giron- 
diste,  partisan  des  Guadet,  Vergniaud,  Gensonné  et  autres.  »  Fina- 
lement et  pour  suivre  l'exemple  de  la  Société  des  Jacobins,  on  décide 
d'attendre  le  retour  de  Rochon  afin  qu'il  puisse  s'expliquer  contra- 
dictoirement  avec  ses  dénonciateurs. 

Un  membre  voit  «  avec  chagrin  ))  que  plusieurs  citoyens  se  dis- 
pensent de  porter  la  cocarde  tricolore.  Pétition  à  la  municipalité 
pour  que  ces  citoyens  soient  rappelés  au  respect  de  la  loi.  Le  pré- 
sident invite  les  sociétaires  à  dénoncer  ceux  qui  n'obéiront  pas. 

Dons  divers. 

Communication  d'une  lettre  du  Directoire  du  département  invi- 
tant les  citoyennes  sociétaires  à  se  rendre  le  lendemain  matin  à 
8  heures,  dans  la  salle  du  Conseil,  pour  travailler  au  raccommodage 
des  sacs  à  grains.  Celles  qui  ne  pourront  pas  faire  le  sacrifice  de 
leur  temps  seront  payées. 

Lecture  d'une  lettre  contenant  demande  d'affiliation  au  nom  de  la 
Société  populaire  de  Jarnages.  Ajournée  jusqu'à  ce  qu'un  procès- 
verbal  constatant  la  demande  ait  été  envoyé. 

Séance  du  2i  Frimaire 

Lecture  d'une  lettre  du  citoyen  Létang,  officier  du  second  batail- 
lon de  la  Creuse,  datée  de  Strasbourg,  contenant  des  nouvelles 
satisfaisantes  de  l'armée. 

Un  sociétaire  se  plaint  qu'on  ne  corresponde  plus  avec  les  Jaco- 
bins. On  lui  fait  remarquer  qu'on  leiir  a  envoyé,  il  y  a  tout  au  plus 
15  ji)urs,  le  procès-verbal  concernant  Ingrand  et  que  sa  plainte  est 
donc  mal  fondée, 


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-  431  — 

On  adresse  à  la  Société  de  Sainte-Feyre  des  félicitations  pour 
Tempressenjent  qu'ejle  a  mis  à  faire  déposer  au  district  «  les  diffé- 
«  rents  hochets  d'or,  d'argent  et  de  cuivre  et  son  adiiésion  aux 
«  journées  des  31  mai,  1<»' et  2  juin.  » 

Affiliation  de  la  Société  de  Donnât  représentée  par  deux  commis- 
saires auxquels  le  président  donne  l'accolade  fraternelle. 

Lecture  d'un  procès-verbal,  déposé  par  «  un  citoyen  étranger  * 
relatant  une  fête  civique  célébrée  à  Drive,  département  de  la  Gorr 
rèze,  en  Thonneur  des  martyrs  de  la  Liberté.  On  vote  des  remercie- 
ments à  ce  citoyen  et  on  charge  le  président  de  lui  donner  le  baiser 
fraternel. 

Un  sociétaire  dit  que  les  gardes  nationaux  de  la  commune  portent 
encore  des  boulons  a  aux  armes  du  ci-devant  ».  Ils  sont  invités  à 
les  enlever  le  plus  promplement  possible. 

Un  sociétaire  propose  que  les  femmes  soient  exclues  de  la  Société, 
ainsi  que  les  citoyens  qui  ne  sont  pas  sociétaires.  Le  président  lui 
objecte  que,  d'après  la  loi,  les  séances  des  Sociétés  Populaires  sont 
publiques.  Un  autre  membre  demande  alors  que  les  personnes  non 
sociétaires  soient  séparées  des  sociétaires,  car  il  est  impossible, 
avec  l'organisation  actuelle,  quand  on  met  aux  voix  une  motion,  de 
savoir  si  ceux  qui  votent  ont  le  droit  de  le  faire.  Le  président  recon- 
naît l'exactitude  de  l'observation  mais  on  ne  peut  y  faire  droit  à  rai- 
son de  l'exiguïté  du  local.  Il  invite  les  commissaires  à  hâter  Tamé- 
nagement  du  nouveau  local  avec  d'autant  plus  de  raison  que  le 
dimanche  suivant  le  tribunal  criminel  doit  commencer  à  tenir 
séance  dans  le  local  actuel  de  la  Société. 

Louis  LACROCQ. 
(il  suivre). 


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AFFRANCHISSEMENTS 

pAR    LES    ^EIGNEURS    DE     pLAlRAVAUX 


Ciaîr.ivaux,  ou  Ciaravaud,  Clarœ  Vallès,  aujourd'hui  simple  vil- 
lage chtif-lieu  tienne  commune  du  canton  de  La  Courtine  (Creuse), 
étint  au  rtt{»yf^ii-âge  une  petite  ville  assez  considérable.  Suivant  la 
IruJition,  elle  fut  détruite  par  les  Anglais  vers  le  milieu  du  quin- 
zième tiède.  Son  territoire,  silué  aux  sources  de  la  Creuse,  était 
partie  en  Marche,  partie  en  Franc-Aleu.  Dépendance  de  l'aucien 
arcliiprélié  d  Aubusson,Clairavaux  fut  donné,  en  i09i.  à  Tabbaye  de 
Siitjl-M.iilial  de  Limoges.  Le  22 octobre  1250,  Gui  II,  vicomte  d'Au- 
btisf^ori,  corïfîrma  une  cession  de  droils  qui  avait  été  faite  par  son 
pèn*,  le  vicoîïjle  Raînand  VI,  au  prieuré  de  Notre-Dame  de  Claira- 
vaiJ\  {[). 

Au  fïoinl  de  vue  féodal,  Clairavaux  qui  relevait  prinntivement  de 
in  baronnie  d'Herment  fit  pariie,  à  dater  du  mois  d'août  1335,  du 
doriiïiirie  des  ducs  de  Bourbonnais.  Son  château  qui  existait  encore 
à  la